Jean-Luc Raymond

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jeudi 21 décembre 2006

Veilleur du Web (tendance 028)

Nouvelle rubrique : tendance. Un mot, une expression, un lieu, une chose comme reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans l'avenir, porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le prononce, dans son champ énonciatif et contextuel. Mot, expression à suivre, objet utile ou inutile, lieu en devenir...


Dans un article du quotidien Les Echos du 20 décembre (cahier Innovations), on parle d'une fonction relativement nouvelle au sein de l'entreprise ou reconnue comme telle, le "veilleur du Web" : "Ecouter la rumeur pour anticiper la crise" :

"On les appelle "les veilleurs du Web". Ils travaillent seuls ou en équipe au sein du département veille de l'entreprise. Leur mission ? Ecouter les rumeurs qui circulent sur les blogs, podcasts et autres forums de discussion pour repérer les signaux faibles et alerter le dirigeant. Aucun bruit de fond ne doit échapper à leur vigilance : ressenti d'un internaute sur un nouveau produit ou sur les effets secondaires d'un médicament, atteinte à l'image de marque, commentaire d'un concurrent... Tout contenu en ligne peut revêtir une dimension stratégique. "Une crise peut mettre du temps à éclater, mais écouter la musique d'ambiance qui se joue sur le Net permet d'identifier les signes précurseurs", déclare Pierre-Antoine Lorenzi, PDG de Serenus Conseil, cabinet spécialisé en management des risques.

"La blogosphère agit comme une cage de résonance. Une crise peut se produire à n'importe quel moment, partout dans le monde. Il faut pouvoir écouter les rumeurs, fédérer les sources d'information et sélectionner celles qui sont les plus pertinentes", insiste Aline Duru, responsable du département veille chez Total. Le groupe travaille avec une équipe de quatre veilleurs et réfléchit actuellement à une approche globalisée de la veille."


On retrouve toutefois l'expression "veilleur du web", il y a presque 10 ans, le 6 mars 1997, dans un papier de L'Expansion : "Les petits malins d'Internet. Ils font fortune avec peu d'argent et beaucoup d'idées". Comme quoi, cette fonction à la croisée du marketig et de la communication n'est pas nouvelle :

"Jean-Christophe Beau, veilleur du Web, www.a-media.com (site non disponible)

Il a attrapé le virus d'Internet chez Peugeot, en initiant la présence du constructeur sur le Web. En janvier 1996, Jean-Christophe Beau refuse poliment une promotion et part créer sa société à Lyon, Média Track, "un compromis entre la veille technologique et la pige publicitaire", explique-t-il. Son équipe de neuf personnes passe toutes ses journées à surfer sur le Web, traquant les nouvelles relatives au secteur automobile. Ses clients ont pour nom Peugeot, Opel, et bientôt Renault, BMW, Mercedes et Ford. Tous doivent se plier à cette règle d'airain : Jamais de papier. Les rapports hebdomadaires sont accessibles sur le Web pour les abonnés "équipés" d'un mot de passe. Il en coûte à l'utilisateur de 7 000 (pour le rapport simple) à 30 000 francs (pour un dossier très complet) par mois.

Média Track travaille également à la demande, comme pour L'Oréal, qui souhaitait comprendre les enjeux du secteur cosmétique sur Internet. La société bâtit même des plans média en ligne afin d'aider les entreprises à augmenter le trafic sur leur site Web. Elle se charge d'inscrire le site sur des moteurs de recherche efficaces et de placer les bandeaux publicitaires aux bons endroits sur Internet."

mercredi 20 décembre 2006

Ego-navigation (tendance 027)

Nouvelle rubrique : tendance. Un mot, une expression, un lieu, une chose comme reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans l'avenir, porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le prononce, dans son champ énonciatif et contextuel. Mot, expression à suivre, objet utile ou inutile, lieu en devenir...


Un phénomène se développe avec les connexions permanentes à Internet (ADSL, Wifi, cable...). Il s'agit de l'ego-navigation ou "egosurfing" en anglais), l'un des phénomènes de désordre psychologique lié à l'Internet décrit par Christian Leduc dans un article du 19 décembre 2006 pour Branchez-Vous : "Etes-vous dépendant à Internet ?" :

"Parmi les dépendances recensées dans le texte à saveur humoristique du magazine britannique se retrouve en premier lieu l'«ego-navigation» : lorsque vous effectuez constamment des recherches dans Google sur votre personne pour s'assurer de votre réputation sur le Web. Si vous extrapolez ensuite vos recherches sur vos amis, vos collègues ou votre ancienne flamme, vous faites alors du «voyeurisme grâce à Google», constate le New Scientist."


Branchez-Vous fait référence à un papier de Richard Fischer pour New Scientist de décembre 2006 qui décrit des phénomènes de dépendance à l'Internet et donne la parole à des chercheurs sur ce thème : "Just Can't Get Enough".
Ces "maladies modernes" sont liées à l'utilisation de moteurs de recherches, de lecteurs mp3, de logiciels et de plateformes de réseaux sociaux ou dites "Web 2.0" :

"Blog streaking, Cheesepodding, Crackberry, Cyberchondria, Egosurfing, Infornography, You Tube narcissism, Google-stalking, MySpace impersonation, Powerpointlessness, Wikipediholism Excessive."

Visuarios, le partage de savoirs en vidéo

Via l'excellent blog de veille de Florence Meichel, la découverte de Visuarios ("broadcast your skills"), une plateforme d'hébergement très originale de vidéos thématiques oeuvrant pour la diffusion et le partage de savoirs-faire dans tous les domaines (apprendre à dessiner un visage, faire une recette de cuisine, apprendre à retoucher une photo avec un logiciel...). Les internautes déposent leurs savoir-faire en vidéo sur le site et peuvent le mettre à disposition d'autres visiteurs pour rediffusion sur des sites ou blogs. Le partage de savoir prend alors tout son sens.


Pour apprendre comment faire, chaque vidéo est démonstratrice, didactique et demande à l'internaute spectateur de devenir acteur en reproduisant les gestes. On appelle cela l'apprentissage par mimétisme ; c'est l'un des fondamentaux de l'espèce humaine et est très répandu chez les enfants : regarder, observer et reproduire une façon de faire, une construction, une élaboration... Visuarios est un outil créé par une société espagnole de Barcelone qui dépasse les frontières car là, c'est l'image qui est plus importante que le texte ou le son. Un véritable mode d'échange pluriculturel.

mardi 19 décembre 2006

Sur YouTube, des communautés de sourds qui s'expriment et communiquent

Les plateformes de partage vidéo connaissent des utilisations inattendues. Si les personnes handicapées exploitent les technologies avec une dextérité surprenante, elles font naître des usages différents, immédiats et pratiques à partir d'outils souvent basiques (de simples webcams, par exemple) mais essentiels pour développer un mode communicationnel qui revêt tout son sens.


C'est ainsi que sur YouTube, on note l'existence de cercles de personnes sourdes qui créent des groupes d'échange en langue des signes tel Rob Wilks de Deaf UK donnant son opinion sur la modération des propos d'un cercle de malentendants qui communiquent entre eux, qui mettent en scène des création artistiques comme ce sketch à deux ou ce karaoke humoristique en vidéo pour personnes malendantes qui nous réunit tous, entendants ou pas.


Comme le fait remarquer l'article de Making Light "Deaf video: the street finds its own uses (again)", la volonté des personnes sourdes de communiquer entre elles en utilisant YouTube comme caisse de résonnance permet d'informer à plus large échelle sur des préoccupations ou une actualité entre sourds, de porter un message politique, de se raconter au quotidien, de construire des récits ou de fournir des didacticiels/tutoriels vidéo telle cette explication du RSS en langue des signes. Via TechBee.

lundi 18 décembre 2006

Interestingness (tendance 025)

Nouvelle rubrique : tendance. Un mot, une expression, un lieu, une chose comme reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans l'avenir, porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le prononce, dans son champ énonciatif et contextuel. Mot, expression à suivre, objet utile ou inutile, lieu en devenir...


L'interestingness ou en français "la notion d'intérêt" caractérise le fonctionnement de plusieurs plateformes du Web 2.0 (ou nouveau Web) autour de la popularité d'objets mis en ligne (textes, images et vidéos) comme par exemple la plateforme FlickR qui place l'interestingness au coeur de son écosystème :

"There are lots of things that make a photo 'interesting' (or not) in the Flickr. Where the clickthroughs are coming from; who comments on it and when; who marks it as a favorite; its tags and many more things which are constantly changing. Interestingness changes over time, as more and more fantastic photos and stories are added to Flickr. We've added some pages (and changed some existing ones) to help you explore Flickr's most interesting photos."

Traduction :

"Il y a beaucoup de choses qui font qu'une photo est 'intéressante' (ou pas) sur Flickr. D'où viennent les visiteurs (clickthroughs) ; qui la commente et quand, qui la marque comme favorite ; ses mots-clés et bien d'autres choses qui changent constamment. L'intérêt change avec le temps, et de plus en plus de photos et d'histoires sont ajoutées sur Flickr."


Le blog Mains blanches explique l'importance de cette notion d'intérêt dans l'article : "Flickr : autour des photos, le jeu de société" et comment l'interestingness est agissant pour et par certains utilisateurs :

"Bref, qu'est-ce au juste qu'une image "intéressante" sur Flickr, qui nous impose au passage sa version par la technique sans pour autant nous la présenter vraiment ? C'est un peu comme l'algorithme mis au point par Google pour afficher ses résultats : on n'en a pas une vue très claire. Ce qui n'empêche pas de nombreux internautes d'avoir recours, y compris moi-même, acceptant tacitement de prêter le flanc aux manipulations. Voilà un jeu bien étrange dont on ne connaît pas clairement les règles.

Ce qui est clair, au moins, c'est qu'une image n'est pas qualifiée d' "intéressante" directement, sur la base de critères artistiques ou techniques, mais en fonction de l'activité des utilisateurs autour de ladite image. C'est le temps passé sur Flickr, votre sociabilité, votre présentation de vous-même et de vos photos, ainsi que votre capacité à générer un certain trafic autour de vos images qui comptent, et cela change tout."


Un utilisateur de FlickR déclare que "Les voies de l'interestingness de FlickR sont impénétrables". L'interestingness est un enjeu économique de poids. TechDirt affirme le 31 octobre 2006 que Yahoo essaie de breveter l'interestingness comme processus technique : "How Interesting: Yahoo Tries To Patent Interestingness". On attache à la notion d'intérêt la valeur de classement qui compte dans les enjeux du marché publicitaire du Web 2.0.


Pour explorer plus avant le concept d'interestingness, on peut consulter un billet de Seo by the sea (27 octobre 2006) qui propose des liens et une explication sur la notion d'intérêt : "Flickr Interestingness Rankings Patents Released".

Culture 2.0, séminaire de prospective des usages culturels numériques organisé par le Ministère de la Culture

Depuis le mois d'octobre 2006 et jusqu'au 20 février 2007, le Ministère de la Culture en partenariat L'Institut de Recherche et d'Innovation du Centre Pompidou (IRI) propose un séminaire de prospective des usages culturels numériques intitulé "Culture 2.0". Au coeur de ces rencontres, des échanges entre des acteurs économiques du secteur des nouvelles technologies, des chercheurs et des agents du Département des Etudes de la Prospective et des Statistiques (DEPS) du Ministère de la Culture avec un programme très étoffé (cf. cette page) :

"L'attention tend à se déplacer désormais vers les usages numériques culturels eux mêmes, sinon vers les "contenus". Ce changement de perspective amène à s'interroger sur la manière dont les logiciels, les services en ligne, les compétences et savoir-faire "numériques" des "usagers" informent les pratiques culturelles. L'objectif de ce séminaire est de dégager les lignes de force qui travaillent tant l'offre culturelle que les pratiques culturelles. Le séminaire se propose d'explorer avec des chercheurs et des praticiens les problématiques d'usages émergents. Il portera une attention particulière aux usages liés à l'univers du "Web 2.0".

Plutôt que de passer en revue l'impact du numérique sur chacune des grandes filières culturelles (l'audiovisuel, l'écrit, la photographie ou la musique), le parti a été retenu d'organiser le séminaire autour de quelques grandes thématiques d'usage transversales aux filières."

Au premier semestre 2007, un séminaire public qui constitue une phase de débats et de réflexions à partir des résultats du séminaire interne, sera proposé à destination de publics du Centre Pompidou. Il sera consacré à une mise en débat exploratoire d'une prospective de la culture et donnera lieu à un cahier de synthèse.


Pour le séminaire de prospective, un blog Culture 2.0 a été ouvert qui comprend des ressources (liens et articles) et des contributions d'intervenants.

dimanche 17 décembre 2006

You (tendance 024)

Nouvelle rubrique : tendance. Un mot, une expression, un lieu, une chose comme reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans l'avenir, porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le prononce, dans son champ énonciatif et contextuel. Mot, expression à suivre, objet utile ou inutile, lieu en devenir...


L'hebdomadaire américain Time a choisi sa personnalité de l'année 2006 (TIME's Person of the Year for 2006) : "You" ("vous, toi"). Avec ce sous-titre en illustration de sa une : "Yes, you. You control the Information Age. Welcome to your world." ("Oui, vous. Vous contrôlez l'âge de l'information. Bienvenu dans votre monde").


Placer ainsi le "vous" comme une tendance idéalisée de notre monde, c'est consacrer l'individu comme acteur de la société de la connaissance ; un homme qui réagit aux évènements de ce monde sur Internet, qui écrit sur la base de connaissances Wikipédia, qui met en ligne ses vidéos sur YouTube ou possède "son" MySpace où il a des amis. Tout ceci a été rendu possible grace au World Wide Web et à ces petites contributions de millions de personnes. C'est le discours de Time.


Dans un lyrisme et un enthousiasme sans mesure, l'éditorial de Lev Grossman dresse un hymne au Web 2.0, une expérimentation qu'il qualifie "de citoyen à citoyen", d'individu à individu :

"But that's what makes all this interesting. Web 2.0 is a massive social experiment, and like any experiment worth trying, it could fail. There's no road map for how an organism that's not a bacterium lives and works together on this planet in numbers in excess of 6 billion. But 2006 gave us some ideas. This is an opportunity to build a new kind of international understanding, not politician to politician, great man to great man, but citizen to citizen, person to person. It's a chance for people to look at a computer screen and really, genuinely wonder who's out there looking back at them. Go on. Tell us you're not just a little bit curious."


Time fait le portrait de 15 individus qui correspondent à l'expression "Power the people" et Richard Stengel explique ce choix de la personnalité de l'année 2006.

mardi 12 décembre 2006

Achats en ligne, MIRAVI, intérêt du buzz 2.0... (brèves citoyennes de clavier)

Pour les fêtes, le Forum des Droits sur l'Internet a édité une nouvelle version de son guide pratique gratuit qui vous conseille pour bien acheter en ligne sachant qu'un cyber-acheteur averti en vaut deux : "Achats en ligne. Suivez le guide".


Pédagogique et bluffant, le nouveau site de l'Agence Spatiale Européenne : MIRAVI (Meris Image Rapid Visualization) qui permet d'observer la Terre (notamment les phénomènes climatiques) via des images satellites fréquemment mises à jour.


Sur le Web 2 ou nouveau Web, 2 articles de réflexion : "L'internaute, acteur majeur du Web" par Christian Bensi (sur le sujet crucial de la relation formelle et informelle entre Web collaboratif et information) et "L'intérêt du Buzz 2.0 en questions" par Sébastien Sauteur (sur le thème Web 2.0 et collectivités territoriales avec une mise en perspective à partir de sa pratique de terrain dans un organisme médico-social).


Recherche : Notes de David Weinberger sur la brillante présentation de la doctorante américaine Danah Boyd sur les usages par les jeunes américains des réseaux sociaux sur Internet lors de la conférence LeWeb3 à Paris ce jour.


Entrepreneuriat : le MEDEF de Paris publie un guide pratique de l'Intelligence économique pour les PME à télécharger ici (en .pdf, 52 pages), le nouveau portail Guide & Support de CORDIS est en ligne (service d'information qui vous tient au courant des activités et initiatives de la Communauté européenne dans le domaine de la recherche et du développement (R&D) et de l'innovation).

Unconference (tendance 023)

Nouvelle rubrique : tendance. Un mot, une expression, un lieu, une chose comme reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans l'avenir, porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le prononce, dans son champ énonciatif et contextuel. Mot, expression à suivre, objet utile ou inutile, lieu en devenir...


Unconference n'a pas encore de traduction en français. On pourrait toutefois dire qu'il s'agit d'une nonconférence ou d'une aconférence. L'acronyme est abordé dans Wikipédia en anglais comme "une conférence où les sessions sont conduites et créées par les participants, au jour le jour, durant le déroulement de l'événement, plus qu'à l'avance par un seul organisateur ou un groupe d'organisateurs."

"An unconference is a conference where the content of the sessions is driven and created by the participants, generally day-by-day during the course of the event, rather than by a single organizer, or small group of organizers, in advance. To date, the term is primarily in use in the geek community. Unconference processes like Open Space Technology, however, have been around for over 20 years in other contexts."

Ces unconferences existent dans le monde de l'informatique depuis plus de 20 ans mais la formalisation du terme est due à Dave Winer dans un article publié au premier semestre 2006 (sachant qu'il en a établi le principe 3 ans auparavant en l'expérimentant à BloggerCon) : "What is an unconference" et indique que les personnes dans le public deviennent des participants et non plus seulement des "auditeurs".


Dave Winer renvoie sur un de ses articles de 2003 donnant un mode d'emploi de l'unconference : "BloggerCon for Newbies" ; il place chaque participant sur un pied d'égalité, montre le rôle crucial de l'animateur de la conférence et y décrit l'importance du Wifi pour pouvoir échanger entre les participants via un outil de messagerie instantanée, pour pouvoir diffuser en audio ou en vidéo la conférence ou publier des articles ou de la prise de notes sur son blog.


Scott Berkun, explique, comment, selon lui, réussir à animer une unconference : "How to run a great unconference session". C'est un petit guide pratique sur les choses à faire et à éviter avec quelques repères. Enfin, le blog Unconference est une ressource qui repère des conférences ou des méthodes de conduite de réunion sur la même thématique.

lundi 11 décembre 2006

Vaporware (tendance 022)

Nouvelle rubrique : tendance. Un mot, une expression, un lieu, une chose comme reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans l'avenir, porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le prononce, dans son champ énonciatif et contextuel. Mot, expression à suivre, objet utile ou inutile, lieu en devenir...


Le Web 2.0 faisant et l'éventualité d'une bulle fait revenir au goût du jour un mot qui n'est pas encore diffusé dans le grand public, mais qui semble être repris dans des articles de la Presse informatique depuis quelques semaines avec insistance : Vaporware (ou en français "fumiciel" ou encore "logiciel fantôme").


Le Journal du Net propose cette définition pour le mot vaporware :

"Logiciel dont tout le monde parle, que l'on aimerait bien pouvoir utiliser mais dont la date de disponibilité annoncée par l'éditeur est largement dépassée. A tel point qu'on se demande s'il sortira un jour ! La plupart des grands fournisseurs ont été critiqués sur leur facheuse habitude de promettre des nouvelles versions, aux fonctions améliorées, dans des délais qu'ils ne peuvent pas tenir. Juste pour s'assurer que leur clientèle ne partira pas à la concurrence..."


Wikipédia en délivre une définition plus affirmée en matière de marketing et de compétition :

"Un vaporware ou logiciel fantôme est un logiciel annoncé longtemps, toujours retardé, et qui ne verra probablement jamais le jour. Le mot est récent, il vient de l'anglais vapor, qui se réfère à la vapeur, que l'on peut voir, entendre, sentir parfois, mais qui n'a pas de consistance réelle; et de ware, terminaison de nombreux produits de l'industrie informatique tels hardware, software, firmware, etc. Qualifier un produit de vaporware vise à le décrédibiliser. L'intention peut être neutre, ou agressive (par exemple, détourner des utilisateurs potentiels pour son propre compte, si l'on est promoteur d'un produit concurrent). À l'inverse, promouvoir un vaporware peut être une activité délibérée à l'encontre d'un concurrent visant, par exemple à détourner des clients d'un produit concurrent en les incitant à attendre."


Le mot Vaporware n'est pas nouveau. Le dictionnaire de l'informatique et d'internet en fait état depuis plusieurs années :

"Logiciel dont la sortie est déjà annoncée, avant d'avoir été programmé ou en cours de création, mais pour lequel divers problèmes de développement n'ont pas encore été résolus. Cela permet de tuer le marché car les utilisateurs attendent la sortie du logiciel annoncé. Ovation fut un célèbre "vaporware". Ce logiciel intégré, annoncé en 1984, n'a jamais vu le jour. De nos jours Microsoft est le grand champion depuis de nombreuses années. (Windows, Windows 2000)"

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