Jean-Luc Raymond

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mercredi 9 mai 2007

Améliorez sa communication et son approche marketing avec Internet et l'informatique

Pour une association, une PME ou une TPE, avoir une stratégie Internet ne s'improvise pas. Encore faut-il pouvoir être guidé efficacement dans l'utilisation du Web et de l'informatique... Courrier électronique utile, lettre d'information qui se distingue, site Internet qui se démarque par son écriture et son référencement, utilisation des outils du nouveau Web (ou Web 2.0) à bon escient... Dans cet aréopage de choses à connaître, ne pas s'y perdre est un challenge permanent.

A recommander dans ce contexte, la lecture régulière du blog ConseilsMarketing.fr qui se distingue par la praticité de ses conseils avec des articles se présentant comme des mini-guides de pratiques éprouvées sur différents aspects de la communication Internet (entre autre!) ; exemples avec Comment augmenter le taux de lecture de sa newsletter ?Comment écrire un mailing percutant ?Comment rédiger un bon communiqué de Presse ?6 façons d'attirer des visiteurs de qualité sur son site Internet ? ; 15 conseils pour se faire connaître grâce aux Digg Like ! ...

lundi 7 mai 2007

Apprendre à utiliser Twitter

En janvier, on évoquait sur ce blog Twitter "Un service pour blogs, téléphones (par textos), IM (Gtalk, etc) qui permet de résumer en 150 signes ce que vous êtes en train de faire ou quelles sont vos profondes pensées du moment, pour le communiquer au monde entier ou à vos amis et connaissances (liste restreinte)".

Dans la lignée du nouveau Web ou Web 2.0, cette application de "résonnance" permanente ou indicielle de connexion continue via du micro-blogging centré sur l'utilisateur et son faisceau proche de relations bénéficie d'un écho important chez les prescripteurs de l'Internet renforcée par des outils annexes tels qu'un moteur de recherche (Twitterment), un Top 100 des conversations les plus consultées (Twitterholic), la localisation de propos d'adeptes de Twitter (Twittervision), un plugin pour le navigateur Firefox avec des fonctionnalités de partage et d'affichage d'infos supplémentaires (PowerTwitter) et un wiki des fans de Twitter qui recense les réseaux des utilisateurs de Twitter et des outils additionnels.

Pour mieux comprendre comment fonctionne Twitter, pour apprendre à l'utiliser et en entrevoir les usages, Christophe Ducamp a récemment traduit le texte de Fred Stutzman "Twitter : le Guide Officiel en 12 minutes" en 4 points : Explorer Twitter ; Twitter : utilisez-le comme vous voulez ; Culture RSS et science de l'interruption ; les hyper-gazouilleurs et l'armée montante de Twitter.

vendredi 4 mai 2007

Musique 2.0 de Borey Sok, Solutions pratiques pour nouveaux usages marketing

L'un des livres les plus remarqués de ces deux dernières années sur l'évolution du marché musical et ses conséquences sur de nouveaux modes marketing qui se conjuguent à une diffusion des créations par le Web est sans conteste l'ouvrage de Borey Sok "Musique 2.0" sous-titré "Solutions pratiques pour nouveaux usages marketing" (paru chez Irma Editions, collection Revolutic en avril 2007), version remodelée de son mémoire de fin d'études en Master de Marketing : "Le marketing sauvera-t-il l’industrie du disque de la crise ?" (ISC Paris).

Après le cadre du paysage musical posé (la crise de l'industrie du disque), Borey Sok explique comment il est possible de s'adapter à la nouvelle donne marketing d'un foisonnement de la création dominé par la diffusion Internet et le peer-to-peer. Il n'annonce pas la fin du support CD mais son déclin, se concentre sur les nouveaux modes de rémunération de la musique (notamment l'abonnement et la location de musique) et développe un long point sur les possibilités offertes de développement de marché via des outils mobiles. Enfin, Borey Sok aborde le "rôle" renouvelé du consommateur de musique : "L'internaute "acteur" et l'artiste au centre des nouvelles solutions" de promotion et de commercialisation des oeuvres sonores. 20 pages d'annexes viennent compléter ce livre résolument pratique qui donne des clés pour mieux comprendre, appréhender et agir dans l'univers musical mondial qui se restructure tout en se dématérialisant.

Extrait de "Musique 2.0 : solutions pratiques pour nouveaux usages marketing" de Borey Sok sur ce paysage musical reconfiguré tout comme la position des acteurs :

"On ne peut plus parler d'industrie du disque lorsqu'il suffit de produire un fichier numérique pour le retrouver partout dans le monde. L'avenir est dans la convergence des nouvelles technologies. Les regards sont tournés vers le mobile, véritable appareil représentatif de cette fusion des nouvelles technologies.

Pour l'internaute, Internet l'a rapproché des artistes et lui permet de devenir un acteur majeur dans la vie d'un artiste. L'interactivité et la richesse des contenus vont accroître son appétence pour la musique et sa volonté de communiquer avec l'artiste. Il devient donc aussi un acteur actif et non un simple acheteur de CD.

L'opportunité qu'offre le web élargit complètement l'expérience musicale. Il ne s'agit donc plus uniquement d'écouter un chanteur, mais de l'aider à se faire connaître en partageant sa propre expérience.

Les artistes, quant à eux, doivent élargir leurs compétences au marketing, à la promotion et à la maîtrise des outils informatiques. De nouvelles portes s'ouvrent devant eux."

mercredi 2 mai 2007

Web 2.0, nouvel âge du net ? Dossier d'Aquitaine Numérique

Dans sa publication bimestrielle "L'Aquitaine Numérique" (n°5, mai 2007), Aquitaine Europe Communication consacre un dossier de 8 pages sur le nouveau Web : "Web 2.0, nouvel âge (du net) ?" (en .pdf, à télécharger à cette adresse) complet en terme de pratiques, d'enjeux, de modèles d'affaires, du rôle central de l'internaute. Au sommaire :

1. Massification des accès, démocratisation des outils : Toujours plus d'internautes à haut débit ; des usages qui se diversifient ; équipement numérique à grande vitesse ; capacité individuelle accrue d'édition ; publication pour (presque) tou ; vers un internaute Web 2.0 ?

2. Web communautaire et web lego : Créations de contenus par l'internaute ; création de valeur par les internautes ; le "virage social" du Web ; gratification "sociale" de la participation ; toujours plus de transversalité ; la force de la syndication ;  le Web "Lego".

3. Vers un nouvel âge : Les "widgets" débarquent sur le bureau ; "Webisation" des applicatifs ; entreprise 2.0 ; bénéfice 2.0 ? ; Régulation 2.0 ; foisonnement à la marge, concentration au centre.


Ce long article comprend également un lexique de l'usager 2.0, un point juridique sur le Web 2.0 et 2 mini-interviews : Benjamin Rosoor (gérant de Web Report) sur la question de la qualité des contenus et Claire Decroix (animatrice à l'Echangeur Bordeaux Aquitaine) sur le thème des outils de travail collaboratifs (blogs, wikis) pour les PME et TPE. Des références complémentaires au dossier Web 2.0 figurent en ligne à cet URL.

"L’expression «Web 2.0» a commencé à circuler sur internet il y a bientôt deux ans; elle formalise le sentiment qu’après la période initiale de la bulle internet et des désillusions engendrées par son éclatement, une deuxième période aurait commencé, fondée sur des bases à la fois technologiques, sociales et économiques différentes. Le concept comme l’étiquette ont désormais largement débordé de la sphère spécialisée, y compris dans le monde «réel» où apparaissent des services estampillés 2.0, pour peu qu’ils aient une dimension communautaire ou participative – certains y voient une révolution encore plus profonde, de nature à transformer nos sociétés : n’a-t-on pas récemment organisé une conférence «Politique 2.0»? Le présent dossier s’attache à remettre cette évolution en contexte, à en cerner les composantes techniques et sociétales, en un mot : à faire le point avant que ne s’ouvre la prochaine étape, que certains se sont empressés de baptiser… web 3."

mardi 1 mai 2007

Ecrire pour le web : conseils pratiques

C'est l'un des blogs les plus pratiques du moment, lancé par la consultante belge Muriel Vandermeulen : Ecrire pour le Web est un carnet Web qui délivre des conseils avisés sur la thématique précitée qui se décline en lisibilité, en acessibilité, à réfléchir aussi bien à la forme qu'au fond, au contenu.

Un vademecum sur l'écriture Web pratico-pratique qui ne se perd pas en circonvolutions avec des articles développant une méthodologie claire basée sur des exemples et des ressources francophones et anglo-saxonnes sortant quelque peu des sentiers battus, qui vous aideront pour mener à bien des projets Web.

The long tail, l'ère de l'hyperchoix par Geoffrey Delcroix

Dans l'édition d'Avril 2007 (n°329) du magazine scientifique d'analyse et de prospective Futuribles, Geoffrey Delcroix, chargé d'études, analyse le phénomène de Long Tail conceptualisé par le journaliste Chris Anderson dans son article de Wired magazine en octobre 2004, qui fait désormais référence.

Dans son papier "L'ère de l'hyperchoix" pour Futuribles, Geoffrey Delcroix met en perspective The Long Tail : "Les marchés de biens culturels fonctionneraient désormais grâce au principe de la "longue traîne", selon lequel les quelques produits culturels qui se vendent le plus sont côtoyés par des "niches" de produits plus discrets mais qui trouvent aussi leur public. (...) Grâce au e-commerce, il devient possible de disposer d'une multitude d'articles sur Internet pour une durée indéfinie et des coûts minimaux. Un concept qui au final, il faut l'admettre, se révèle également favorable aux consommateurs et à la diversité culturelle."

Il explicite les deux principes et neuf règles de la longue traîne :

"Deux principes :
1) Rendre tout disponible.
2) Aider l'utilisateur à trouver.

Neuf règles :
1) Posséder un inventaire large sans les stocks qui vont avec.
2) Faire travailler les clients.
3) Il n'existe pas une seule méthode de distribution idéale.
4) Il n'existe pas un type de produit normé (par exemple, pour vendre de la musique, il est possible de vendre des disques compacts, des chansons à l'unité...).
5) Il n'existe pas un prix unique.
6) Partager des informations.
7) Penser "et" et pas "ou".
8) Il faut avoir confiance dans le marché pour faire son travail.
9) Il faut comprendre le pouvoir de la gratuité."

dimanche 29 avril 2007

Promessothèque, Dites au monde, Je le ferai, mais à condition que vous m'aidiez

Au Royaume-Uni, il existe depuis quelques mois un service étonnant sur le Web intitulé The Pledge Bank (autrement dit "La banque d'engagement"). Je rêvais de voir ce service traduit en Français ; c'est désormais chose faite (partiellement) avec la Promessothèque.

Cette plateforme développée en logiciel libre (licence Affero GPL) par l'association britannique MySociety permet à chaque citoyen localement de faire une promesse ou un engagement et de le mettre en oeuvre si d'autres personnes s'inscrivent pour participer à cet engagement ou à cette promesse. Cela peut être une idée d'entraide pour acheter un réfrigérateur à une personne précaire, se donner la possiblité durant une journée de nettoyer un bois, d'adresser une pétition à un homme politique, d'acheter des produits issus du commerce équitable... Les promesses fructueuses et infructueuses, réalisées et non réalisées demeurent en ligne comme mémoires de l'action et idées pour de futurs projets.

Tom Steinberg qui coordonne MySociety définit ainsi cette plateforme : "Dites au monde "Je le ferai, mais à condition que vous m'aidiez". "Nous savons tous ce qu'est un sentiment d'impuissance et que nous ne pouvons pas vraiment changer nous-mêmes ce que nous voudrions voir changer. Promessothèque vise à combattre ce sentiment..."".

La Promessothèque vise à associer le caractère local et microlocal d'un engagement et Internet en s'inscrivant son engagement sur une plateforme à but non lucratif. Une belle idée citoyenne et solidaire qui conquiert le monde anglo-saxon et pas seulement... The Pledge Bank existe aussi en espagnol, portugais, russe, ukrainien, allemand, esperanto... Un bel exemple de citoyenneté à la mode Web 2.0.

lundi 9 avril 2007

Moovement.fr et Wanajob.com, la recherche d'emploi à la mode Google et RSS

La bataille est relancée sur le front de la recherche d'emploi sur Internet. Jusqu'à maintenant, les job boards, ces sites Internet spécialisés sur l'emploi qui centralisent des annonces avec une recherche multi-critères tiennent le haut du pavé. Une petite révolution tranquille a été amorcée en France il y a quelques jours, avec l'apparition de moteurs de recherche d'emploi dépouillés "façon Google" où les demandeurs d'emploi n'ont pas à s'inscrire, où l'on va directement à l'information demandée à partir d'une demande formalisée avec 2 champs : emploi recherché et localisation. Ces moteurs permettent de générer des flux RSS en fonction des emplois recherchés. En compétition donc, deux moteurs de recherche d'emploi : Moovement.fr et Wanajob.com.

Moovement.fr (lancé par Richard Menneveux et Jacques Froissant) demande à formaliser sa recherche par un intitulé de poste et une localisation. Pour un début, on peut regretter le manque d'explication de la syntaxe à adopter pour une recherche avancée. Il est en effet tout à fait possible de rechercher un même intitulé de poste dans des lieux différents. Les résultats s'affichent par pertinence ou par date (à la mode de Google Actualités). Il est pour le moment impossible d'obtenir des résultats par numéro de département. Sans doute des améliorations à venir... En revanche, chaque recherche peut être conservée en mémoire et générer un fil RSS pour éviter de visiter systématiquement le moteur pour une recherche similaire dans le temps.

Wanajob.com permet de lancer une requête sur le même principe en introduisant la notion plus large de mot clé (le mot "internet" figurant dans l'intitulé ou le descriptif de l'annonce par exemple) et en reconnaissant les numéros de département. Là encore, pas d'explicitation sur la méthodologie à adopter pour une recherche avancée. Dans les résultats, de nouveaux tris sont possibles (à la mode du moteur de recherche Exalead) particulièrement pertinents : communes, date de publication, diplômes ou fonction, types de contrats, salaire mensuel et types d'emploi. Chaque recherche peut être sauvegardée avec un fil RSS propre.

Ces moteurs de recherches d'emploi seront-ils largement adoptés par les internautes dans les années à venir ? Tout le laisse supposer. Aux Etats-Unis, des moteurs de recherche d'emploi à la mode Web 2.0 ont déjà fait leur apparition depuis plusieurs mois : Juju.comIndeed.com ou encore SimplyHired.com. Ils ont pour trait commun de proposer un module de recherche avancée et d'annoncer le nombre d'offres d'emploi parcourus. Ils se différencient pourtant avec des plus singuliers : SimplyHired permet de diffuser simultanément un même CV à plusieurs job boards ; Indeed a adjoint un forum à son moteur ; Juju permet de rechercher un emploi dans une zone définie en miles autour d'une ville.

En Amérique du Nord, Monster, géant des job boards sur Internet, a déjà réagi, en simplifiant sur sa page d'accueil, son moteur de recherche et en le rendant plus convivial.

Sur ce sujet, lire l'article de Corinne Zerbib pour Jobetic : "Les offres d'emploi enfin 'googlisées'" (5 avril 2007).

jeudi 8 mars 2007

MySpace, confessional du 21e siècle ?

MySpace est le site communautaire où l’on a "que des amis". Créer et posséder sa page sur MySpace, c’est figurer sur une plateforme qui comprend 140 millions de membres dans le monde dont 1,3 millions d’inscrits en France. Dans son édition du 15 au 21 février 2007, l’hebdomadaire Le Nouvel Observateur décrit en 3 pages sous la plume de la journaliste Ména Mauger le phénomène MySpace dans un article "E-moi, e-moi, e-moi".


Le journaliste, écrivain et scénariste Serge Raffy parle de MySpace et d’autres plateformes comme des lieux où se développe un nombrilisme de masse :

"Les adeptes de MySpace.com, Second Life, YouTube vivent par procuration dans de espaces virtuels. Ils s’y abîment au sens littéral, se perdent, se retrouvent dans un extraordinaire labyrinthe d’images, de sons et de couleurs, à la recherche de l’âme sœur, de l’idéal ou de la bonne occase. Ils cherchent des amis, des compagnons de voyage dans le monde virtuel. Ils s’inventent des vies, comme si la leur sentait le rance et l’ennui. Ils courent, courent, zappent, s’épuisent dans des marathons qui s’appellent des forums, chats. Des confessionnaux du XXIe siècle où l’on peut tout dire, puisque tout est possible, comme dirait un candidat à l’élection présidentielle ? Cette explosion des ego annonce-t-elle l’ère de la générosité ou bien celle de la schizophrénie généralisée ?"

mardi 27 février 2007

Wikipédia par Michel Serres

Dans la chronique hebdomadaire du dimanche 25 février, Le Sens de l'info diffusée sur France Info, l'académicien Michel Serres évoque Wikipédia. Voici la transcription écrite de cette chronique.

"Je suis un enthousiaste de Wikipédia parce que ce n'est pas un dictionnaire. A l'Académie, nous faisons un dictionnaire. Là, c'est une encyclopédie c'est-à-dire une collection pas de mots mais de connaissances. Je suis un enthousiaste de Wikipédia pour plusieurs raisons.


La première raison, c'est sa gratuité et je crois que j'ai consacré ma vie à la connaissance, d'une certaine manière parce qu'elle est gratuite. Comme elle est gratuite, elle est productrice. Je prends un exemple : si vous avez du pain et moi 2 euros et si je vous achète du pain parce que j'ai faim ; vous allez avoir deux euros et moi du pain. Cet équilibre qu'on appelle le jeu à somme nulle est le principe même de l'économie, c'est-à-dire, il équilibre. Tandis que si vous savez un théorème ou quelque chose concernant le vivant et que vous me l'enseignez, vous me le donnez mais vous le gardez et par conséquent, ce n'est plus un jeu à somme nulle et c'est producteur de sens illimité. C'est gagnant-gagnant. L'école enseigne le gagnant-gagnant et l'économie n'enseigne que des jeux à somme nulle.


Deuxièmement, c'est libre. Alors là, il va y avoir des critiques. Puisque c'est libre, ce n'est pas validé. On a fait des calculs là-dessus et ils sont vraiment éblouissants parce que s'il y a une encyclopédie qui est une bonne référence, c'est l'encyclopédie Britannica. On a calculé qu'il y avait 2,93 erreurs par article dans l'Encyclopédia Britannica tandis qu'il y avait 3,86 erreurs par article dans Wikipédia. La différence est pratiquement nulle. Alors, on se dit que la liberté, là, a donné des résultats extraordinairement bons.


Je vais vous raconter une histoire sur la vérité de Wikipédia. Il y a quelques années, j'ai publié une livre qui s'appelait Rameaux et à la fin de cet ouvrage, il y a un grand chapitre sur Saint-Paul. Un de mes lecteurs américains m'a raconté l'histoire suivante, c'est que lisant ce livre-là, il a voulu vérifier ce que j'avancais dans ce chapitre. Il a trouvé Wikipédia et je disais dans mon chapitre que Saint-Paul avait passé sa jeunesse dans des études à Jérusalem... Et non, dans Wikipédia, il y avait marqué que Saint-Paul dans sa jeunesse avait vendu des ice cream à la vanille dans le New Jersey. Alors, il a été très étonné. Ca lui est arrivé un matin à 10 h 30 et il est revenu sur Wikipédia à midi et cette astuce-là était supprimée.


Par conséquent, la vérité est rétablie par des correcteurs anonymes et libres. C'est une entreprise qui m'enchante parce que, pour une fois, c'est une entreprise qui n'est pas gouvernée par des experts. J'ai une grande grande confiance dans les experts, bien entendu. A qui voulez-vous que je fasse confiance sinon à des experts ? Mais cette confiance envers les experts est limitée puisque les experts, qu'ils soient mathématiciens, astronomes ou médecins ne sont que des hommes. Par conséquent, ils peuvent se tromper et il y a là dans cette entreprise de liberté, de communauté, de vérification mutuelle, quelque chose qui, dans la gratuité, la liberté, m'enchante complètement et me donne une sorte de confiance dans ce que peut être un groupement humain.


Le savoir absolu n'existe pas pour la bonne raison que dès qu'on est un peu dans le savoir, on voit à quel point il évolue à toute vitesse. J'ai dit dans une autre émission qu'aujourd'hui, les professeurs de sciences n'enseignent que la moitié de ce qu'ils ont eux même appris. Le savoir est dans une progression exponentielle. Comment voulez-vous qu'il soit un jour absolu ? Il y a une telle grande différence entre le savoir et la connaissance, ou l'entendement et l'intelligence, que la marge de progrès est infinie.


Revenons aux difficultés de Wikipédia aujourd'hui et je voudrais ajouter sur la gratuité que Wikipédia n'est pas le seul site qui soit gratuit. Si vous prenez l'Open Source par exemple, vous pouvez vous procurer des logiciels gratuitement qui sont, du point de vue de leur performance, 10 fois
supérieurs aux logiciels qu'on utilise habituellement et qui sont fournis par des ingénieurs qui sont parfaitement bénévoles. D'ailleurs, Wikipédia est dirigée par une française qui s'appelle Florence Nibart-Devouard qui est parfaitement bénévole, elle aussi. Il n'y a que des bénévoles et cela donne vraiment tort à tous nos prophètes de malheur. Il y a aujourd'hui une encyclopédie libre, gratuite à la disposition de tout le monde et qui est le plus souvent vraie.


Il y a des vandales partout mais ce que je trouve d'extraordinaire dans l'organisation de Wikipédia, c'est qu'elle est auto-organisée pour lutter contre les vandales. D'une certaine manière, c'est un miracle d'auto-organisation, d'auto-gestion. On a l'impression qu'en matière de liberté et de vérité, l'honnêteté l'a emporté sur le vandalisme ce qui est rare dans notre monde moderne."

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