Jean-Luc Raymond

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jeudi 5 octobre 2006

Dictionnaire du Web 2.0 en version illustrée

Le Journal du Net dévoile aujourd'hui son dictionnaire du Web 2.0 pour novices, illustré par des exemples de plateformes et d'outils pour chaque terme choisi. Un diaporama passe en revue les mots phares du Web 2.0 avec des exemples triés sur le volet : 
Crowdsourcing et Wiki (exemple : Fotolia),
Folksonomy et tags (exemple : Del.icio.us),
Social networking (exemple : MySpace),
Syndication, RSS, XML et Atom (exemple : Feedburner),
Blogosphère et blogrolls (exemple : Technorati),
Podcasts et vidéocasts (exemple : Odeo),
Ajax (exemple : Netvibes),
Mashup et API (exemple : Google Maps),
Long tail (exemple : Criteo),
... et un ensemble d'articles sur le Web 2.0 déjà publiés par le Journal du Net.

mercredi 4 octobre 2006

Competitio.us : outil de veille gratuit en ligne

Les services en ligne Web 2.0 fleurissent chaque jour. Le site Competitio.us (beta) se différencie par une offre gratuite donnant la possibilité à l'internaute de construire une veille à partir de l'URL d'un concurrent. Competitio.us recherche des infos en terme d'audience, d'évolution de la structure du site Internet (comparaison de fonctionnalités), de citations et d'infos du concurrent sur des sites ou blogs. C'est un outil de veille concurrentiel gratuit basique intéressant ne se substituant pas aux outils spécialisés de veille plus pointus.

lundi 2 octobre 2006

Référencement 2.0 par Olivier Andrieu : nouveau livre sur l'optimisation du référencement de sites internet

Olivier Andrieu s'est imposé depuis plus de 10 ans comme l'un des meilleurs spécialistes français de la recherche sur Internet et du référencement Web. Depuis, la parution de son ouvrage "Créer du trafic sur son site Web" en 2000 (aux Editions Eyrolles), Olivier Andrieu a poursuivi son aventure sur Internet sur son site Abondance.com ("Toute l'info et l'actu sur les annuaires et moteurs de recherche : recherche d'information et référencement").

Olivier Andrieu vient de publier un nouvel ouvrage "Référencement 2.0" uniquement disponible en .pdf (en vente sur la boutique Abondance), 256 pages, entièrement dédié au référencement, fournissant des clés pour mieux optimiser votre site afin de lui donner une meilleure visibilité sur les moteurs de recherche en 11 chapitres :

Généralités - Définitions ; Préparation d'un référencement ; Optimisation des pages du site ; Les contraintes, obstacles ou frein au référencement ; Référencement ou comment entrer dans les bases de données des outils de recherche ; Comment ne pas être référencé ? ; Les liens sponsorisés ; Le suivi du référencement ; Référencement internalisé ou externalisé ; Conclusion et Webographie.

Voici quelques exemples de positionnement obtenus en suivant les conseils du livre "Référencement 2.0", une foire aux questions sur l'ouvrage.

Sur son blog, Olivier Andrieu dresse un panorama synthétique de l'évolution du référencement Internet depuis 1994 :

"Au début des années 2000, (on a assisté à) la création de pages satellites et (à) une "industrialisation" de certains acteurs, créant quelques "usines à pages satellites" générant des dizaines, parfois des centaines voire plus, de ces documents, le plus souvent pour de gros clients et, donc, de gros budgets.
L'année 2006 marque de façon certaine une nouvelle ère dans ce domaine, avec la fin de ces pages satellites, comme le début des années 2000 a marqué la fin des balises meta.

Aussi, pour mieux marquer cette rupture, depuis l'époque de la "rustine" vers une optimisation des "vraies" pages d'un site web (tout en rappelant que certaines sociétés de référencement suivent cette ligne de conduite depuis presque 10 ans...), j'ai choisi le titre "Référencement 2.0". Un peu, aussi, pour indiquer que l'être humain, quelque part, reprend la main dans le référencement par rapport aux "usines à pages satellites" parfois mises en place dans le passé..."

Source :

Andrieu, Olivier (27 septembre 2006). Livre-referencement.com (En ligne). Olivier Andrieu, Heiligenstein, Site (Page consultée le 2 octobre 2006)

dimanche 1 octobre 2006

Le blog Bruits et Chuchotements sur le devenir des bibliothèques et les outils collaboratifs professionnels

Le blog Bruit et Chuchotements s'avère une lecture pertinente si l'on s'intéresse au devenir du monde des bibliothèques et de la documentation sans cesse "secoué" par les technologies de l'information et de la communication. Son auteur cherche à trouver du lien entre des outils "collaboratifs" et à les rendre utiles pour ses confrères bibliothécaires.

Il maintient aussi un fil d'actualités personnalisé sur des projets innovants agissants du monde des livres comme SpecFlic 2.0, installation interactive sous d'une performance multisupports (acteurs + décor + diffusion d'un film vers les PC et téléphones du public, cf. photo ci-dessus), qui s'est déroulée le 9 août dans la cour de la Bibliothèque de San Jose en Californie et qui imagine un bibliothécaire devenu en 2030 "l'Infosphérien", celui qui aide l'usager à voyager dans l'Infosphère, réceptacle mental de l'information universelle. Dans 25 ans, la bibliothèque sera-t-elle un musée ?

La notion de services se développe de plus en plus dans les bibliothèques donnant lieu à de fines analyses, avec comme corollaire des stratégies marketing souvent éloignées des conceptions culturelles classiques d'une bibliothèque de service public et non de services au public. Ce débat sur fond d'arguments budgétaires introduit un système économique dans l'antre des bibliothèques donnant lieu à des débats : Des services (Des services pour concrétiser le rôle social des bibliothèques ; Les services se développent sous la pression & la motivation ; Offrir du bruit ou du calme ? Les deux).

En lien chez Bruit et Chuchotements, Bibliopédia, un wiki "pour le partage d'expériences et de ressources en bibliothèques et centres de documentation" avec de nombreuses ressources pratiques, méthodologiques et de connaissances des publics.

mercredi 6 septembre 2006

Web 2.0 et Web selon Philippe Quéau

Philippe Quéau, penseur, chercheur et expert reconnu du monde de l'Internet, représentant de l'UNESCO pour le Maghreb, s'exprime aujourd'hui sur son blog Metaxu, sur le Web 2.0 et la vie économique actuelle de l'internet avec son billet The Winner Takes All ; extrait :

"Je ne crois pas que Web 2.0 soit foncièrement différent de Web 1.0 car dans les deux cas il y a un phénomène profondément identique qui est à l’oeuvre, celui des "rendements croissants". Ce phénomène n’est pas propre au web, mais existe dans beaucoup d’aspects de la vie économique, en particulier dans le domaine des réseaux, et explique en partie la création des monopoles.
Le problème c’est que dans le monde du web, comme jadis dans le ferroviaire (on se rappelle les "barons voleurs" du 19e siècle), il y a une tendance à exacerber les rendements croissants jusqu’à des monopoles absolus. Alors, le vainqueur prend tout. "The winner takes all".

(...)

Ce qu’il importe de voir, c’est que le Web, malgré l’apparente facilité donnée à l’expression des individus (blogs, vlogs, etc.) nous enferme dans une logique de masse, qui nous livre poings et pieds liés aux futurs Léviathan du contrôle social et économique. Une prise de conscience elle-même massive, de nature politique, démocratique, est sans doute la seule solution."


Source :

Quéau, Philippe (5 septembre 2006). "The Winner Takes All" (En ligne), Philippe Quéau, Rabat, Blog (Page consultée le 6 septembre 2006)

jeudi 31 août 2006

La révolution Web 2.0, Quand le Net devient une communauté, Dossier de Courrier International

L'hebdomadaire Courrier International, dans son édition du 31 août (n°826), consacre sa couverture et un dossier central de 7 pages à l'actualité de l'Internet marchand : "La révolution Web 2.0 : Quand le Net devient une communauté" montrant les différentes facettes du concept Web 2.0, d'un enthousiasme certain à un scepticisme affirmé. Retour sur ce dossier et ses composantes.


Quand les internautes tissent eux-mêmes leur toile (Newsweek, Etats-Unis) - (à lire en ligne ici)


Le premier article reprend des extraits d'un papier de Newsweek du 3 avril 2006 intitulé "The New Wisdom Of the Web" (par Steven Levy et Brad Stone) traduit en un titre évocateur : "Quand les internautes tissent eux-mêmes leur toile". Les auteurs décrivent le phénomène Web 2.0 comme une nouvelle génération de sites dont le fonctionnement est fondé sur la participation des internautes prenant pour exemple le succès commercial fulgurant des mini-sites MySpace et la stratégie exemplaire de la plateforme FlickR, qui permet la création d'espaces en ligne de partage de photos.


Le contenu apporté par les utilisateurs ("user-generated content") est le nerf de la guerre que se livrent les services Web 2.0 mais cela va plus loin, les internautes (consommateurs) étant invités à organiser ces données (souvent l'un ne va pas sans l'autre). C'est l'exemple de Del.icio.us créé il y a 2 ans par l'américain Joshua Schachter, un site où les internautes du monde entier inscrivent des URL, les caractérisent et catégorisent par des marqueurs ou mots-clés ("tags"), le tout étant réutilisé et partagé par les utilisateurs de Del.icio.us.


L'article des deux journalistes va plus loin en insistant sur la porosité des données échangées et partagées entre des sites et plateformes concurrentes rendue possible via les API, le RSS ou AJAX :

"La plus belle illustration de ce fonctionnement est le système des mash-ups (mixages ou applications composites). C'est au départ une technique de hackers, qui consiste à extraire des éléments (vidéos, musique, images...) de leur site initial et à les combiner avec d'autres, pour informer ou faire rigoler. Certains ont aussi "emprunté" une liste d'appartements libres proposés sur Craigslist [un service de petites annonces classées et localisées] pour l'installer sur une carte de Google Maps".


La conclusion sonne comme un hymne au Web 2.0 dans une forme très lyrique et inconditionnelle :

"MySpace, FlickR et les autres ne sont pas des endroits où aller, mais des choses à faire, un moyen de s'exprimer, de rencontrer d'autres personnes et d'étendre ses propres horizons. Le cyberespace était un endroit lointain. La Toile, c'est chez nous".


Web 2.0, un concept à tiroirs (Slate, Etats-Unis)


Deuxième article du Dossier Web 2.0 de Courrier International, "Web 2.0, un concept à tiroirs", paru sur Slate le 29 mars 2006 sous le titre originel : "Web 2.0: The new Internet "boom" doesn't live up to its name" ou un essai de définition du Web 2.0 par Paul Boutin. S'agit-il d'une technologie, d'un état d'esprit ou d'une manière de monétiser Internet ?


A cela, le journaliste et ex-ingénieur au Massachusetts Institute of Technology s'interroge sur la terminologie Web 2.0 recouvrant des réalités différentes et non imbriquées (Paul Boutin parle même de "choses antinomiques") dès lors qu'on se place du côté de Tim O'Reilly, celui a qui a lancé le terme en 2003 ("un méli-mélo d'outils et de sites qui encouragent la collaboration et la participation"), du côté des développeurs ("tous les logiciels et langages utilisés pour créer les fonctionnalités époustouflantes des sites labellisés en tant que tel") ou dans une troisième acception dite "tactique Web 2.0" vue de la Silicon Valley ("une volonté de faire de l'argent en finançant un site alimenté en contenu par ses utilisateurs").


Au delà de l'image cool du "2.0" utilisé à toutes les sauces du marketing aujourd'hui, Paul Boutin fait preuve d'ironie au regard du marché de l'Internet :

"La récupération commerciale du Web 2.0 est la clé pour comprendre ce que le terme désigne réellement. C'est parce qu'ils ont raté le boom du Web 1.0 que la nouvelle génération de créateurs d'entreprises colle l'étiquette Web 2.0 sur tout ce qui se fait. (...)

Il existe un moyen tout simple de décrire la nouvelle culture de la participation en ligne sans avoir à invoquer le Web 2.0. Dites simplement Internet. Vous verrez alors que tout le monde comprend enfin ce que vous voulez dire".


Transférer son bureau en Sicile (Aera, Japon)


Tiré de l'hebdomadaire nippon AERA, l'article de Hiroki et Hideo Sato "Transférer son bureau en Sicile" montre qu'Internet modifie les habitudes de travail au Japon dans le secteur des nouvelles technologies, que l'internationalisation des services est nécessaire et permet le développement de certaines contrées dans le monde.


Il est montré en exemple un groupe de 5 personnes (collègues de travail et confrères) en "voyage de création" de 24 heures dans une ville thermale proche du Mont Fuji, qui ont pour objectif de créer un produit durant ce laps de temps, une pratique qui tend à se répandre au pays du soleil levant, le concept du "bureau à l'étranger" pour transférer temporairement son lieu de travail en dehors du Japon (dans le cas évoqué à Florence, en Italie) ou le "one day free" pendant lequel l'employé ingénieur de la société Mixi (blogs, partage de photos en ligne...) est bien à son bureau, mais ne participe durant cette journée au choix dans la semaine à aucune réunion et est dispensé des tâches courantes.


Autre fait japonais, une expression inédite prononcée par Yosuke Akatmatsu, créateur de l'entreprise Sidefeed, une société "au coeur de la tendance Web 2.0" avec système de notation de blogs : privilégier les blogueurs influents qu'il appelle les "intellectuels commerciaux" et propose la plupart des services de son entreprise en anglais... La moitié de ses utilisateurs habitent un pays anglophone!


Enfin, il est cité dans cet article les propos de Sayaka Murata, de l'ONG japonaise Kamonohashi Project qui donne accès à l'informatique et à l'Internet à des enfants cambodgiens défavorisés et leur enseigne l'outils informatique :

"Des adolescents qui fouillaient les montagnes d'immondices pour trouver de quoi survivre chaque jour sont capables aujourd'hui de créer un site Internet"...


... Et de citer le service Google Adsense qui permet à des internautes de ce pays de gagner avec ce programme de publicités plus de 10 000 yens par mois (soit 68 euros)... Ce n'est pas de l'argent de poche dans cette contrée! Et de conclure en franchissant un pas, avec un optimisme forcené:

"La véritable valeur du Web 2.0 sera peut-être de réduire la fracture entre les pays industrialisés et ceux en voie de développement."


Le nouveau royaume des idiots (Der Spiegel, Allemagne)
  - (à lire en ligne ici)


Dernier article du Dossier Web 2.0 de Courrier International, une interview pour Der Spiegel du philosophe allemand et spécialiste de la Communication et des médias Norbert Bolz qui est très critique sur les utilisations des nouvelles formes de communication : "[Elles] conduisent au règne de l'opinion, de l'exhibitionnisme, de la précipitation et à la fin de la raison". Norbert Bolz n'est pas tendre en effet dans ces propos :

"En quoi la navigation sur le Net change-t-elle nos habitudes de pensée ? La raison occidentale avec sa structure thèse-antithèse-synthèse peut-elle encore fonctionner dans notre culture versatile du clic ?

Chez Kant, la raison n'est assurément pas limitée par le temps. Avec Habermas, on peut encore discuter pendant un temps infini. Cela est toutefois de plus en plus irréaliste. Aujourd'hui, il s’agit de passer au crible le plus de matériel possible en un temps le plus court possible. En un mot : la raison classique était indépendante du temps ; aujourd'hui, nous n'avons pas la tranquillité nécessaire pour traiter les informations les unes à la suite des autres. Il vaut mieux repérer l'important en quelques secondes que maîtriser la déduction."


Une conclusion en forme d'interrogation et de doute sur le Web 2.0, sur les valeurs défendues par ses plus ardents partisans et sur la perte de recul temporel pour porter un regard critique et citoyen sur les outils Web 2.0, leur impact, les données diffusées, disponibles et échangées dans une "culture de l'instantanéité" qui prône l'immédiat comme constante essentielle de la valeur de l'information.

lundi 28 août 2006

Comment faire du podcasting ? Tutoriel de Mickael Mahabot sur le podcasting

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Mickael Mahabot, élève-ingénieur Supinfo (Océan Indien) est l’auteur d’un tutoriel pratique sur le podcast : “Comment faire du podcasting”, mis en ligne sur le portail de l’école en mai dernier ; un dossier compact, informatif et explicatif sur le sujet (voir site) :

“Cet article permet d’en connaître un peu plus sur ce nouveau phénomène qu’est le Podcasting, et montre comment réaliser simplement son propre Podcast, puis comment le diffuser.”

Au sommaire :

Introduction

1. Qu’est-ce que le podcasting ?

2. Comment créer son podcast ? (podcast audio, podcast vidéo et podcast enrichi)

3. Mettre en ligne son podcast (qu’est-ce que le flux RSS ? récupérer son podcast)

Conclusion


Source :

Mahabot, Mickaël (23 mai 2006). “Comment faire du podcasting” [En ligne], Supinfo Projects, Supinfo Ecole Supérieure d’Informatique, Paris, 5 p. (Page consultée le 28 août 2006)

mardi 8 août 2006

Podcasting de services publics locaux : quelques exemples type d’utilisation et un portail local citoyen de podcasts

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Est-ce un nouveau canal de communication intégré pour les sites Internet locaux de services publics ? On connait l’utilisation du podcasting ou balladodiffusion (”moyen habituellement gratuit de diffusion de fichiers audio ou vidéo sur Internet”) à partir de sites publics locaux pour :

- la rediffusion de conseils municipaux (à Fontenay-sous-Bois, France),

- un mini-journal local audio à diffusion régulière, hebdomadaire (informations municipales, sports et interviews, à Warren, Michigan, États-Unis… avec même un videopodcast sur le même thème),

- des infos mensuelles (agenda avec un axe très loisirs et culture, à Issy-les-Moulineaux, France),

- des nouvelles plus ou moins régulières avec une thématique différente traitée à chaque fois (à Boston, États-Unis),

- des podcasts audio et vidéos couvrant une actualité saisonnière (l’été, à Montélimar, France),

- des podcasts culturels facilitant la découverte et la visite d’un lieu (comme ceux du Musée Historique de la Ville de Haguenau, France).

Phénomène intéressant, certains citoyens et associations locales se regroupent pour créer des portails locaux de podcasts thématiques sous la forme d’un réseau structuré comme celui de Charlottesville (Virginie, États-Unis) : Charlottesville Podcasting Network. Il est question de sports, arts, politique, discours locaux, documentaires audio, critiques de films… Ce portail fourre-tout existe depuis avril 2005 et des bénévoles assurent une initiation et une formation audio pour que des citoyens découvrent comment manier le son sur Internet dans le but de les faire devenir des podcasteurs en herbe.


En Grande-Bretagne, le site Internet public du Lincolnshire County Council va plus loin avec des podcasts proposant les dernières nouvelles du Comté, un agenda et les offres d’emplois administratifs du Comté.


Va-t-on assister dans les prochains mois à une généralisation de podcasts offrant de nouveaux services à la population ? C’est une question majeure. Le podcasting peut aussi faciliter la vie de citoyens faiblement alphabétisés ; les services publics devraient s’atteler à cet aspect d’une administration en ligne plus respectueuse de la diversité des profils des publics.

lundi 7 août 2006

Serge Proulx et Johanne Saint-Charles : “L’appropriation personnelle d’une innovation : le cas d’Internet” et l’appropriation de la culture technique chez les usagers débutants

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Dans un article passionnant et synthétique de 2004 pour un numéro de la revue scientifique Informations Sociales sur le Destin des innovations, intitulé “L’appropriation personnelle d’une innovation : le cas d’Internet” (6 pages téléchargeables en .pdf), les chercheurs québécois Serge Proulx et Johanne Saint-Charles décrivent à partir d’un échantillon qualitatif stratifié de 48 usagers adultes de l’Internet (exposés ou non à la culture informatique) des trajectoires d’appropriation de l’innovation Internet de manière à bien l’intégrer dans leurs pratiques quotidiennes. Ils s’attachent “au rôle des réseaux personnels (constituant l’entourage des usagers) dans l’appropriation d’Internet : amis, famille, collègues à l’école ou au travail, appuis fournis par la fréquentation des réseaux en ligne”.


Dans une dernière partie, Serge Proulx et Johanne Saint-Charles s’intéressent à l’appropriation de la culture technique, en particulier chez les usagers débutants ; extrait :

“Nous avions décidé de distinguer a priori entre le groupe des “usagers débutants”, des “usagers intermédiaires” et le groupe des “usagers avancés” : au fil de l’enquête, nous avons éprouvé une certaine difficulté avec cette catégorisation. En effet, la plupart des répondants avaient tendance à se situer eux-mêmes dans la catégorie des “usagers intermédiaires”. Cette catégorisation ne permettait peut-être pas suffisamment de discriminer entre les pratiques consistant à simplement faire usage de logiciels (c’est le cas le plus souvent en bureautique, par exemple) et les pratiques liées à la programmation (l’informatique proprement dite). Il s’agit en fait de deux types distincts d’expertise : par exemple, un usager peut être un expert dans l’usage d’un logiciel spécialisé tout en étant en même temps ignare en programmation informatique. Et la proposition symétrique est tout aussi vraie.

D’autres usagers – à plusieurs reprises, il s’agissait de personnes moins scolarisées quoique ce genre de récits s’est retrouvé aussi dans toutes les catégories de répondants – marquaient unfort intérêt pour la quincaillerie informatique (exemples : comparaison des possibilités de performance technique de tel ordinateur vis-à-vis de tel autre ; plaisir éprouvé à monter et démonter un ordinateur personnel) sans pour autant s’intéresser vraiment à des logiciels particuliers et à l’usage effectif de ces logiciels dans leurs pratiques quotidiennes. Comme si, pour plusieurs personnes, l’ordinateur exerçait un intérêt mais, en même temps, ils ne savaient pas trop comment ils pouvaient l’utiliser (dans leur pratique quotidienne, ils n’écrivent pas; ils ne ressentent pas le besoin de faire des recherches avec Internet, etc.). Le plaisir que ce type d’usagers éprouvent serait lié au monde de l’informatique et des logiciels comme un monde à découvrir en soi, indépendamment des usages effectifs que l’on pourrait développer. Parmi ces usagers, nous retrouvons ceux et celles qui développent une attitude exploratoire et ludique face au monde de l’informatique (par opposition à un usage de l’ordinateur comme outil) : ainsi, certains désirent avoir accès à tel nouveau logiciel de manière à pouvoir l’explorer de toutes les manières. Suite à cette exploration relativement rapide, ils chercheront de nouveaux logiciels à découvrir, simplement pour le plaisir de la découverte. Dans une recherche précédente, nous avions désigné cette catégorie d’utilisateurs comme les usagers ludiques en opposition à la catégorie des usagers utilitaires qui se servent de l’ordinateur comme un outil à l’intérieur d’une pratique (…). Ces derniers auront tendance à utiliser le même logiciel pendant plusieurs années sans éprouver le désir d’en changer. Nous avons retrouvé plus fréquemment des usagers ludiques parmi les hommes et parmi les répondants les moins scolarisés. Il serait intéressant d’approfondir cette hypothèse dans une perspective diachronique : alors que les usagers plus jeunes ont vécu l’informatique comme un “donné” rapidement banalisé – un peu comme le téléphone pour la génération précédente – les usagers de plus de 30 ans ont appréhendé progressivement l’univers de l’informatique comme un nouveau monde à découvrir et à explorer, parfois par le jeu, parfois sur les lieux du travail.”


Source :

Proulx, Serge et Saint-Charles, Johanne (2004). “L’appropriation personnelle d’une innovation : le cas d’Internet” [En ligne], in Informations Sociales, n°116, Le Destin des innovations, Caisse Nationale des Allocations Familiales, Paris, 6 p. (Page consultée le 8 août 2006)

jeudi 3 août 2006

Information : besoins et usages : caractériser les besoins, les compétences indispensables et redéfinir la fracture numérique

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Lors de la journée d’étude Thémat’IC 2006 de l’IUT Département Information-Communication de l’Université Robert Schuman de Strasbourg ayant lieu le 17 mars sur le thème : “Information : besoins et usages”, des chercheurs, enseignants et documentalistes ont présenté des travaux recouvrant la notion générique de “besoin d’information” et se sont interrogés sur le lien entre les notions de besoin, d’offre et d’usage de l’information dans notre société contemporaine.


Les actes de cette rencontre, récemment publiés, font état de plusieurs éléments de recherche particulièrement intéressants renvoyant aux notions de compétences numériques et informationnelles qu’un internaute peut développer dans son apprentissage de l’internet. En parallèle, on retiendra que certains publics ne peuvent pas développer ces compétences et sont donc exclus de pratiques numériques… Une fracture numérique d’usages sensible et évidemment liée au capital social, culturel et cognitif de chaque individu.


En introduction de la journée, Sophie Kennel, directrice des études du département Information-Communication de l’IUT Robert Schumann s’interroge sur le contexte d’absence d’usage de l’information (lire la communication) :

“Osera-t-on (…) aller jusqu’à dire aussi que l’absence d’usage n’est que le signe de l’absence de besoin ? N’est-ce pas l’usage qui engendre le besoin d’information ? Est-ce parce que nous avons Google News en page d’accueil de notre navigateur Web que nous ressentons la nécessité de nous informer sur le monde ? Ou est-ce alors le système qui crée le besoin ? Mais n risque alors de tomber dans le domaine commercial de l’offre génératrice du besoin.

Car il est évident que prétendre à une réflexion sur le besoin d’information ne peut rester pertinent que dans une réflexion plus large. Qu’il s’agisse d’un système d’information personnel ou collectif et organisationnel, volontaire ou prescrit, en situation personnelle ou de travail, il est indispensable de considérer les imbrications entre besoin et usage, compétences et savoirs, offre et pratiques informationnelles”.


Brigitte Simonnot, Maître de conférences en Sciences de l’Information et de la Communication à l’Université Paul Verlaine de Metz problématise le besoin d’information dans ces principes et les compétences mises en oeuvre ou à développer (lire la communication) ; avec un accompagnement humain parfois nécessaire qui se dessine :

“Pour répondre à un besoin d’information, il est nécessaire d’aider dans certains cas l’individu d’une part à se former une idée assez précise de la tâche qu’il doit effectuer, du but à atteindre et, en parallèle, si besoin est, à s’approprier peu à peu le domaine du sujet de sa recherche : acquisition du vocabulaire, repérage des sources pertinentes, appropriation des modes de raisonnement du domaine, etc.”


Le besoin d’information et la recherche d’information sont donc complexes et pluriformes dans leur approche, et nécessitent des compétences spécifiques. Sur ce point précis, Brigitte Simonnot ajoute :

“Identifier un besoin d’information n’est pas naturel ou inné. On peut ressentir un besoin sans savoir le caractériser, ne pas savoir de quelle information on a besoin ou ne pas avoir conscience qu’il y a problème ou lacune dans ses connaissances (…). On peut aussi ne pas être conscient de la dynamique dans laquelle le besoin d’information va nous faire entrer. (…) Pour chercher efficacement de l’information, il faut des connaissances préalables : on ne cherche que si l’on sait que l’on ne sait pas et que l’on peut trouver.”


Michèle Archambault, professeur documentaliste, s’intéresse au sujet suivant : “Les jeunes et le besoin d’information” (lire la communication). Elle décrit via une analyse critique pertinente l’environnement informationnel dont les jeunes disposent (offre d’information) et caractérise les pratiques courantes de recherche sur Internet chez les jeunes. Michèle Archambault fait ainsi ce constat dans un contexte de recherche d’information pour un jeune :

“Une question personnelle induit le réflexe d’une mobilisation des connaissances. André Tricot nous a appris que plus une personne a des connaissances plus elle a conscience de ses manques, plus elle élargit son champ d’investigation et donc identifie son besoin d’information, en prend clairement conscience. Le capital culturel et le besoin d’information sont donc liés. Ceci est visible chez le public jeune et se manifeste non par une formulation plus précise du besoin d’information mais par une fréquence moins importante d’interrogation et une rapidité accrue dans la démarche. Le jeune qui identifie clairement son besoin d’information cherche moins et trouve plus vite. Celui qui n’identifie pas son besoin est perpétuellement en quête et reste insatisfait. On se trouve dans la situation paradoxale où celui qui cherche tout le temps (manipule sans cesse) n’apprend pas à cerner son besoin et, à l’inverse, celui qui sait identifier le besoin, poser et traiter une question passe moins de temps devant les systèmes. L’observation de ces pratiques nous montre donc également que la maîtrise des outils et techniques n’est pas une question de fond”.


Plus loin dans sa présentation, Michèle Archambault conclut, en partie, sur une définition renouvelée de la fracture numérique :

“Il est temps de tourner le dos aux fausses définitions (la fracture numérique ne réside pas dans le fait que certains possèdent un ordinateur et d’autres pas, mais dans celui, plus grave, que certains n’ont aucune distance face à ce que l’outil leur propose”.


Source :

Collectif ( 16 avril 2006). “Actes de la journée d’étude Thémat’IC 2006 : “Information : besoins et usages”” [En ligne], IUT Département Information-Communication, Université Robert Schuman, Strasbourg, 1 p. (Page consultée le 3 août 2006)

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