Jean-Luc Raymond

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mardi 21 avril 2009

Interview Twitter, le privé révélé dans un mode public, l'oversharing comme mode de partage

Difficile de faire un choix parmi les sollicitations d'interview sur mon activité liée à Twitter, une plateforme que j'utilise assidument depuis 2 ans. Je coordonne régulièrement des formations Twitter ainsi que des missions de conseils pour l'utilisation de Twitter dans le monde de l'entreprise, de la communication, du marketing et de la publicité.

J'ai répondu récemment aux questions de Bertrand Audrin, étudiant en Sciences de l'Information et de la Communication à l'Université de Neuchâtel (Suisse) qui s'intéresse à l'importance des réseaux de microblogging dans la révélation de l'actualité. Je me suis volontiers plié à l'exercice... Voici le texte envoyé à Bertrand Audrin.

En tant que spécialiste de l'information et de la communication, que pensez-vous de la croissance exponentielle que vit Twitter: phénomène de mode ou naissance d'un nouveau média ?


Twitter est un média (microblogging) dans un média (web). Il inaugure une nouvelle forme d'outils du Web qui consiste à faire de ce qui est privé, des mentions publiques. Par sa plasticité (interface de programmation) et l'écosystème qui l’entoure, la plateforme (interfaces clients, outils annexes, plateformes Web liées) situe son intérêt non pas dans ce qui se fait son essence (la limite des 140 caractères) mais ce qui se joue dans sa périphérie immédiate. Les outils annexes entretiennent un rapport de dépendance par rapport à Twitter dans une distanciation relative.

Je pense que le microblogging en est encore à ses balbutiements, telle que l'était la forme blog dans les années 2001-2002. Le fait que les médias et l'univers marchand s'y intéressent très fortement montre que l'outil Twitter est utile dans différents domaines, façons de l'utiliser : communication, marketing, distribution, diffusion, alertes, créations. Plus la forme est restreinte (là, elle est textuelle) plus elle donne lieu à des champs possibles d'imagination. Twitter est simple car textuel. Il évacue en quelque sorte la complexité du blogging et de l'éditorial tout en recréant un contenu. Twitter est très paradoxal dans son approche. C'est ce qui le rend souvent déconcertant lorsque je débute ma présentation de l'outil de microblogging en Formation Twitter (des sessions que je conduis régulièrement depuis un an et demi, en Belgique notamment). L'usage de Twitter n'est absolument pas prédéterminé. La phrase "What are you doing ?" est un prétexte à "hacker", à "braconner" (au sens de Michel de Certeau) ce qui est demandé pour utiliser Twitter différemment.

Les polarités d'extension au-delà de l'outil via des applications tierces rendent son avenir très malléable et comme base d'utilisations en situation de mobilité à venir. L’outil Twitter va, par ailleurs évoluer ; celui-ci est encore très jeune dans sa forme. La puissance du réseau social Twitter est fortement liée désormais à une expansion très importante du nombre d'utilisateurs ce qui le rend de plus en plus incontournable comme outil grand public... Donc, sollicité directement en corollaire par l'univers publicitaire.

De même, on assiste à des groupes d'utilisateurs qui s'agrègent en grappes de conversations selon les contrées de notre monde : les TwitterMoms américaines, les bibliothécaires en France, des webdesigners francophiles en Roumanie, des étudiants en journalisme au Brésil… Il n'y a pas une seule sphère du microblogging mais réellement plusieurs sphères et une multitude d'ensembles plus ou moins importants en nombre d'utilisateurs et en nombre de messages échangés qui cohabitent souvent, mais qui s'ignorent indépendamment les uns des autres. Il y a déjà des microblogging très empreints de différences culturelles comme il y a des Web.

On a beaucoup parlé de Twitter dans la révélation de l'actualité ces derniers temps, est-ce le retour du journalisme citoyen ?


C'est un leurre que de parler de journalisme citoyen pour Twitter. Le terme "information" tel que je l'emploie signifie une info justement vérifiée/recoupée au sens journalistique. Dire qu'un témoignage est une information ne suffit pas, car il faut en saisir des éléments contextualisants. En Moldavie récemment ou à Mumbai, beaucoup de médias ont (faussement) relayés que Twitter était une source d'informations. Pour Mumbai, l'info a été démentie par la Presse anglo-saxonne. Pour les mouvements de manifestations en Moldavie, la supercherie était aussi de mise d'après des recoupements.

Twitter a sa force dans les alertes (enlèvements, tremblements de terre, incendie, etc.) mais cela ne suffit pas pour faire de chaque utilisateur de Twitter, un journaliste en puissance. La force et la faiblesse de Twitter est de se situer dans l'age de "Oversharing", le partager toujours plus qui lui-même se situe dans une économie du flux, une vie liquide comme le décrit le sociologue Zygmunt Bauman. Dans ce flux, l'information peut difficilement surnager. En revanche, c'est la capillarité des tweets en réaction à un évènement qui est foncièrement intéressante comme un effet boule de neige : positif, négatif... mais surtout émotionnel, une capacité à mobiliser l'esprit et à capter l'attention. Or, nous sommes dans une économie de l'attention qui capte le temps de l'individu et son émotion via des outils Web. C'est cette mobilisation qui peut être employée de différentes manières.

Le risque qu'une information fausse soit répandue existe-t-il, ou celle-ci se trouverait-elle étouffée dans l'océan de tweets ?


C'est difficile à dire, car il n'y a pas eu à ma connaissance d'exemple probant analysé scientifiquement qui puisse faire preuve de quelconque autorité sur ce sujet. La valeur d'un tweet dépend souvent de sa capacité de rediffusion. Or, pour être rediffusé à un nombre important de followers, le tweet se doit de l'être par un compte ayant beaucoup de followers. On peut se dire qu'un compte avec beaucoup de "followers" a ou n'a pas d'autorité ; c'est une fausse question ou assertion. C'est plus la crédibilité qui compte et la crédibilité est encore très fortement liée aux grands médias : CNN, BBC, les quotidiens... Un simple individu hors du champ journalistique a peu de chance de voir une info rediffusée à grande échelle sur Twitter.

Quand il s'agit de parler de microblogging, on envisage plutôt un système nombriliste, dans cette optique, comment se déplace-t-on vers un média sérieux ?


Sérieux est peut-être un terme impropre, car Twitter même participe à cette construction du divertissement (entertainment) à l'aspect médiatique (news and views). Il participe donc grandement à une réplication des médias de masse en associant le pouvoir de la publicité, à celui de la communication, au marketing, à l'émotionnel et à l'information (cf. les écrits du philosophe Bernard Stiegler et d'Ars Industrialis). Il y a un mix de tout cela dans Twitter, une combinaison de positionnements individuels et ou collectifs.

Le nombrilisme est plutôt un égocentrisme très fortement présent dans les blogs, bien que peu avoué. D'ici à dire qu'il en est de même dans Twitter, il n'y a qu'un pas. Twitter est fortement individualisé dans l'expression (effet de "reply") mais chaque message (hors message direct) s'adresse à une multitude : c'est un espace privé révélé au public. En ce sens, c'est ce qu'il y a de réellement nouveau avec Twitter : une capacité d'ouverture qui est maîtrisée dans un monde ouvert (Facebook est l'antithèse de Twitter sur ce plan-là).

Twitter est-il assimilable à un réseau social, ou peut-on le considérer comme un flux d'information continu ?


A un flux, oui. Un flux textuel ordonnancé de façon antéchronologique. Chaque Tweet publié est évanescent par nature. Il s'oublie dans la "timeline" dès lors que prononcé. C'est dire que Twitter est un outil d'engagement, au toujours plus si l'on veut gagner en visibilité. C'est du "personal branding" exacerbé (la marque, c'est moi) et il est d'ailleurs marquant de constater le nombre de consultants et travailleurs individuels qui se trouvent sur Twitter, notamment dans le monde anglo-saxon.

Twitter est un outil d'exposition d'une image de soi recomposée, refaçonnée dans un effort de "vente" de ses services, de mise en avant de ses compétences... C'est une image assez instantanée de Twitter. Elle correspond à un média qui s'affirme statistiquement comme utilisé majoritairement par des personnes entre 30 et 50 ans. Il augure différemment de MySpace (population adolescente) et du raz-de-marée Facebook (l'existence par les autres). Twitter est d'abord un espace personnel maîtrisé et contrôlé qui interagit dans un flux, avec un flux mais dans une capacité de choix avant tout textuel parce que l'outil est textuel avant d'être hypertextuel.

L'internaute lambda peut-il aisément aller pêcher ses informations exclusives sur les systèmes de microblogging ? Comment doit-il s'y prendre ?


Je crois que l'équipe de Twitter se cherche. Elle perçoit difficilement comment l'utilisation de l'outil évolue. Si aujourd'hui, la tendance est au RT ("retweet" pour s'affirmer sur Twitter), rien ne dit qu'il en sera de même dans 6 mois et qu'une utilisation nouvelle et mobile de Twitter s'affirmera davantage. En ce sens, Twitter avait mésestimé la capacité du moteur de recherche TwitterSearch qu'elle a racheté.

Cette fonctionnalité est devenue centrale dans Twitter : se servir de TwitterSearch, c'est donner du sens au pouvoir du consommateur qui conseille, donne avis, précise, indique. Twitter est un annuaire de contenus de témoignages conversationnels : TwitterSearch comme relais indispensable de signifiance, et ce moteur de recherche a une valeur par la consistance de son contenu aussi bien que par son caractère instantané. De ce fait, Google est très éloigné de la vague de Twitter et apparait comme un géant aux pieds d’argile : contenu pléthorique, signifiance brouillée et qualité de restitution de la requête pas toujours, de loin, très pertinente. Google ne se situe pas dans une économie du flux ; la société peine à réagir.

Comme dans tout outil Web, la valeur de l'information recueillie dépend plus de la stratégie humaine mise en place que d'une gadgétisation dans l'utilisation d'une multiplicité d'applications. C'est la composante Temps qui s'affirme avant tout : Combien de temps puis-je consacrer quotidiennement à Twitter ? Quel est mon objectif ? Quelle est la cible ? Quelle méthodologie vais-je mettre en place ? Quelles sont les sources pertinentes sur Twitter et quelles sont celles qui fournissent des "signaux faibles" ?

J’effectue des missions de conseil auprès d'entreprises et d'ONG qui souhaitent être présents sur Twitter avec des résultats significatifs dans le dialogue entamé avec des utilisateurs de Twitter qualifiés et quantifiés. C'est ce dialogue qui importe : inviter chaque personne présente sur Twitter à ne pas se situer dans un espace Web traditionnel. Les Twitter de flux RSS autocentrés sur la rediffusion de liens de leur propre site ou flux de façon uniforme et répétée n'ont aucun intérêt, car il y a là une incompréhension notoire même des possibilités de Twitter… Triste reproduction de Twitter comme le fil RSS d'un site ou le méta- de son propre site.

En revanche, Twitter peut être un média des annexes pour un média traditionnel. Évoquer les dessous, les à côté d'un média, résumer ce qui est prégnant ou l'émotion de vie ou de fonctionnement d'une chaîne TV, d'une station de radio, d'un journal papier... Mettre en forme une ambiance, conter des mini-histoires sont des façons de se différencier pour un média, de créer une expérience avec les lecteurs/contributeurs. Impliquer les lecteurs/contributeurs au sein du média est une préoccupation qui paraît évidente pour qui comprend bien Twitter et son fonctionnement.

Et réciproquement, le citoyen moyen peut faire part d'un fait à n'importe quel instant; quelles sont les chances qu'il soit entendu ?


Encore faible sur Twitter, je le pense sincèrement. Il n'y a pas beaucoup de salut en dehors des médias traditionnels et aussi de plateformes vidéo comme YouTube (le visuel a gagné la partie sur le Web de la rediffusion) ou encore de Facebook pour la réactivité événementielle. Le flux est bien un flot sur Twitter et pour se distinguer, il est nécessaire de se spécialiser, d'habituer une audience, de la fidéliser. Les cercles relationnels communs, bien souvent, se greffent de nouveau tels quels sur Twitter. Utiliser Twitter, ce n'est pas par essence "S'entretenir avec soi-même" ; c'est créer du sens parce que l'autre/les autres font que "nous" existons dans un cadre relationnel. Un pluriel qui a le sens de la multitude. Sans cette multitude, l’écho demeure faible.

Les réseaux de microblogging sont-ils un territoire à enjeux pour les médias traditionnels? Doivent-ils avoir le rôle de suiveur, ou de blogueurs ?


Oui, ils le sont à la condition que les médias traditionnels ne répliquent pas seulement leur info telle quelle sur Twitter. Ils doivent réinventer des utilisations qui les engagent à faire vivre une expérience au lecteur/contributeur/consommateur. Ce sont des enjeux qui sont très liés au marketing car la question médiatique actuelle essentielle concernant Twitter est : Où se trouve le business model de la présence média sur Twitter ? Et au-delà de cette question : Est-ce rentable ? Y-a-t-il un retour sur investissement ? À cette question, est fortement associé l'intérêt éditorial. Comment écrire sur Twitter ? Qu'y dire ? Twitter présente une forme textuelle fluctuante, mais le peu de caractères à mettre en forme invite le rédacteur professionnel à adopter un discours proche de l'argumentation promotionnelle, communicationnelle et publicitaire.

A bien y regarder, il y a peu de médias qui réinventent leur média sur Twitter. Quelques exemples sont toutefois intéressants comme Rue89 avec Twittpiques ou cette expérience d'étudiants de l'Ecole Supérieure de Journalisme de Lille, l'an dernier lors des élections municipales en France. Ce dernier exemple montre que le microjournalisme, qui est étudié dans des travaux de recherche au Brésil actuellement, est très naissant avec une forme non aboutie, qui se cherche… une forme passionnante pour qui s’y intéresse.

Comment voyez-vous l'avenir des services du genre de Twitter ? Ont-ils le potentiel nécessaire pour devenir des grands acteurs dans le domaine de l'information ?


Twitter est un outil qui s'inscrit dans une pléiade d'outils qui peuvent donner à voir l'information autrement. C'est la nature même du journalisme Rich Media que de saisir les outils Web, audio et vidéo, cartographies, lignes du temps... Comme facilitateurs de compréhension, de décryptage et d'approfondissement de l'information.

J'apprécie ainsi l'approche du journaliste français Alain Joannès qui est exigeant sur cette question d'une info vraiment pluriforme Rich Media. Twitter peut être une des pièces du dispositif Rich Media mis en place par un média traditionnel. Le Rich Media replace les annexes de l'information dans un schéma global d'explicitation et cela s’avère dans notre monde, indispensable : donner des clés mais ne pas expliquer à la place de… Belle idée, non ?

dimanche 11 janvier 2009

Roland Piquepaille

Roland Piquepaille passed away. Une bien triste nouvelle en ce mois de janvier : le décès de Roland Piquepaille, 62 ans, lundi dernier. Ingénieur et blogueur français établi à Paris, Roland Piquepaille éditait depuis des années, son blog Roland Piquepaille's Technology Trends (initialement IT Technology Trends) avec une passion sans faille, un carnet Web sur l'innovation, les découvertes scientifiques, ces technologies qui font bouger le monde, qui interrogent sur notre avenir... En prenant soin de vulgariser avec ses mots, des images et illustrations.

Roland Piquepaille a été l'un de mes modèles phares dans l'univers des blogs. J'ai eu la chance de le connaître dès 2003 via Howard Rheingold, Roland participant tout comme moi, au blog collectif Smartmobs.com. Nous partagions de temps à autre un verre ou un déjeuner. C'était devenu un rendez-vous régulier où nous échangions nos découvertes de veille, discutions de la façon d'écrire, de partager sur le Web et au-delà du Web. Il était également passionné par la culture américaine et l'univers politique outre-Atlantique.

Roland Piquepaille me fit découvrir l'outil Del.icio.us, sa méthode de travail au quotidien pour recueillir efficacement des informations sur Internet. Il avait des modèles dans le monde du Web dont Dave Winer et Jonathan Schwartz.

Ex-employé de Silicon Graphics et de Cray Research entre autres, blogueur historique sur le logiciel Radio Userland, Roland Piquepaille avait une terrible exigence envers lui-même, une rythmique implacable : mettre en ligne chaque jour sur son blog, un seul et unique billet toujours étonnant, inédit, surprenant... En sélectionnant minutieusement ses sources. Sa façon de faire s'inscrivait hors du temps : Roland a toujours été très lu dans le monde anglo-saxon, mais sa modestie ne l'a jamais poussé à le claironner sur les médias ou ailleurs.

L'aura et la qualité des articles de Roland Piquepaille en ont fait une figure de proue de Slashdot. Depuis plusieurs années, il travaillait pour ZDNet en maintenant le blog Emerging Tech. Il a également édité pendant un an et demi, un blog sur le blogging en entreprises avec de nombreuses interviews : Blogs for Companies.

De Roland, je garderai en mémoire l'appétit d'apprendre, de comprendre, de partager ses découvertes, une curiosité d'esprit sans faille, une constance d'action au-delà des modes du Web, une qualité d'écriture et de synthèse remarquables et une réelle modestie, de celui, qui pour moi, était le plus grand blogueur français.

Mes pensées à son épouse américaine Suzanne et à sa famille.

Rest In Peace.

Mise à jour : Slashdot indique qu'une cérémonie aura lieu au Père Lachaise, Paris, le lundi 12 janvier à 10h30.

jeudi 22 février 2007

Formation Web 2.0

Depuis juin 2006, j'ai modélisé et je conduis régulièrement une formation Web 2.0 au centre de compétence TechnofuturTIC à Gosselies (Charleroi, Belgique), lieu aidé par la Région wallonne et des Fonds structurels européens, qui propose des formations techniques de tout niveau et des séminaires sur les enjeux et l'innovation dans le domaine les Technologies de l'Information et de la Communication. Ma prochaine session de formation Web 2.0 à TechnofuturTIC se déroulera en avril.


La plupart des séminaires sont en accès gratuits pour les Wallons et la mixité des publics (fonctionnaires territoriaux, chefs d'entreprises, cadres , employés, personnes du secteur associatif, checheurs d'emploi...) accueillis lors des sessions en font des ferments de questions, réponses mais surtout des échanges constructifs et nutritifs car chacun selon sa problématique, ses centres d'intérêt peut apprendre de l'autre, comprendre un positionnement professionnel ou associatif, ou saisir un projet qui se façonne. Cet univers est véritablement passionnant. Il enrichit intellectuellement et techniquement aussi bien les stagiaires que le formateur.


Une formation Web 2.0 participative


Conduite sur deux jours, la formation Web 2.0 intitulée "Réseaux sociaux et web collaboratif : enjeux du Web 2.0", permet par une approche participative des stagiaires de définir un visage du « nouveau Web », à réfléchir sur les usages d’outils qui façonnent le Web d’aujourd’hui et de demain avec, bien entendu, une mise en pratique effective et un recul critique nécessaire.


Des ressources écrites sur le Web 2.0


A la place de la traditionnelle présentation PowerPoint donnée aux stagiaires, il est offert à chaque participant un dossier documentaire de plus de 30 pages comprenant : des définitions du Web 2.0, un glossaire spécialisé, une liste d’outils, services et plateformes Web 2.0, des références de sites et blogs sur le sujet ainsi que des schémas explicatifs sur le Web 2.0.


En complément, il est délivré à chaque stagiaire une Revue de Presse exhaustive (couvrant un an d’actualités) de plus de 50 pages sur le Web 2.0.


Un contenu de formation en constante évolution


Ces deux ressources sont mises à jour à chaque session tout comme le contenu de la formation qui présente 20 % de nouveautés  à chaque nouvelle session.


Des résultats et l'avis des stagiaires


A l’issue de ces sessions, des stagiaires ont créé des blogs, utilisent Del.icio.us dans leur travail de veille, placent leurs vidéos sur YouTube et échangent avec d’autres internautes… Les messages suivants sont un aperçu de l’avis de stagiaires à la suite de la formation.


«Merci pour ces informations et pour les 2 jours de formation. C’est vrai que si Internet évolue techniquement tous les jours dans un monde «virtuel», il est aussi important de garder l’aspect humain et donc ce contact direct au travers de sessions où chacun peut partager et exprimer ses expériences.»

Olivier D., Charleroi, créateur d’entreprise.


«Un tout grand merci pour la documentation et pour la formation.»

Elise G. Bruxelles, cadre dans une association Européenne dans l’industrie chimique.


«Je recommande vivement cette formation sur le Web 2.0. C’est une mine d’informations.»

Caroline M., Bruxelles, chef de projet dans une agence Web.


«Et encore bravo pour votre remarquable prestation.»

Roland M., Bruxelles, dirigeant d’association de projets Européens.


«Netvibes est un outil intéressant que je consulte maintenant régulièrement.»

Richard B., Hotton, employé communal.


«Plus j'y repense, plus j'ai trouvé cette formation pleine de choses très très utiles. Je suis en train d'en faire une synthèse pour mes collègues.»

Sophie F., Bruxelles, cadre dans une association Européenne.


Contenu de la formation


L'accès à Internet de plus en plus généralisé permet d'envisager de nouveaux modes de relations collaboratives entre les individus dans la sphère privée et dans le milieu des Asbl, le monde de l’entreprise et les entités administratives.


D’une micro-informatique à base de logiciels installés sur son ordinateur, l’utilisateur travaille, partage, interagit et coopère en ligne via de multiples applications gratuites disponibles sur le Web qui replacent l’individu au cœur de la production d’informations ; données qui peuvent se lier à d’autres et être la source de nouveaux projets et activités, jouer un rôle prépondérant dans le domaine de la veille et du marketing viral.


Ce séminaire de fomation propose de faire le point sur ce qu’on appelle le Web 2.0 et sa réalité par une approche concrète du concept (aspects techniques, collaborations sociales, transformations organisationnelles et modèles économiques) via la présentation, des exercices guidées et la mise en perspective d’outils internet :

  • blogs,
  • syndication de contenu,
  • marqueurs et réseaux sociaux,
  • cartographies d’échanges,
  • logiciels collaboratifs en ligne,
  • partage audio et vidéo,
  • etc.


Sont également abordés des notions générales du Web 2.0 qui transforment et structurent l’Internet d’aujourd’hui et de demain :

  • le journalisme citoyen,
  • les indicateurs d’influence,
  • l’intelligence coopérative,
  • et les tendances majeures de l’utilisation de l’Internet par les moins de 25 ans.

mardi 6 février 2007

Rencontres Wallonnes de l'Internet Citoyen 2007 à Charleroi, mission de préparation

Je viens de terminer l'écriture d'un document préparatoire de préconfiguration des ReWICS (Rencontres Wallonnes de l'Internet Citoyen), une rencontre annuelle d'une journée qui réunit au CEME de Charleroi (Belgique) en mars plus de 700 participants, pour la plupart du secteur public, associatif et non marchand de l'Internet. L'édition 2007 des ReWICS se déroulera le 19 mars 2007 avec le thème générique "Innover socialement par les technologies de l'information". Retenez la date et n'hésitez pas à vous y rendre. L'inscription en ligne et la participation sont gratuites.


Intervenant habituel et visiteur passionné de ces rencontres depuis plus de 4 ans, je participe cette année à l'élaboration du programme où j'ai établi une problématique générale "Apprendre ensemble, les savoirs en réseau" et une déclinaison de ce thème en débats, ateliers, rencontres et animations qui me paraissent pertinents au regard non seulement de l'actualité de l'Internet mais plus largement des enjeux des Technologies de l'Information et de la Communication.


Vous trouverez à cette adresse, le texte d'introduction à ce document préparatoire pour l'organisation : "Apprendre ensemble, les savoirs en réseau" décliné en 4 points qui traduisent des préoccupations fortes liées à l'utilisation des technologies :

  • Le pouvoir des savoirs est un enjeu de société investi par le secteur économique privé,
  • Les temps et les espaces bouleversés qui produisent des effets de rupture et une désocialisation pour les plus faibles,
  • Construire une identité numérique est une variante de la capacité d'investigation des champs de connaissance sur le Web,
  • La recréation d'un champ de l'apprentissage et des savoirs en réseau par des capacités d'expressivité, d'échange et d'innovation sociale.


Avec l'infobésité actuelle, les discours technicistes voudraient sans doute nous faire oublier que le citoyen lambda n'a pas toutes les compétences que nous possédons, nous qui sommes rompus aux nouveautés "outils" et "plateformes" à la mode. J'ai donc essayé de dégager des traits pertinents : notamment le lien à l'apprentissage tout au long de la vie et à l'éducation critique aux nouvelles technologies qui sont plus que jamais d'actualité mais aussi des enjeux territoriaux d'appropriation et de coopération notamment de l'informatique et de l'internet.


Au-delà de ces considérations qui me semblent essentielles, c'est plus encore dans la mise en réseau des acteurs et l'animation de ces réseaux que se situe la créativité, le dynamisme, les capacités de création d'emplois de demain. Le savoir n'est plus monolithique et les techniques imprègnent les moindres recoins de nos vies. Avec les technologies, le capital humain et immatériel est la source de nouvelles initiatives de proximité, signes de nouveaux faisceaux d'innovation sociale. Aux citoyens d'investir ces potentialités participatives et collaboratives.

lundi 29 janvier 2007

Tirer profit de la dynamique communautaire sur internet par Manuel Da Rocha (livre blanc)

Manuel Da Rocha (Sopra Business Consulting Group) a publié courant 2006 un livre blanc de 37 pages très intéressant : "Tirer profit de la dynamique communautaire sur internet" (téléchargeable ici en .pdf).


Ces deux dernières années, le développement renouvelé des communautés en ligne ne pouvait pas désintéresser le monde de l'entreprise. Pour le privé, participer à la vie d'une communauté sur Internet, c'est s'inscrire dans une stratégie marketing et commerciale spécifique, qui demande des compétences particulières et une gestion de projet adaptée. La dynamique communautaire demande d'abord a être comprise (clés de lecture) avant de s'engager dans une démarche commerciale et d'une solution de type communautaire.

"Il y a une différence fondamentale entre une action de marketing relationnel et l'animation d'une communauté en ligne : la première utilise la relation comme un moyen de toucher sa cible en collectant au passage toute l'information possible ; la seconde fait de la relation son objectif et de l'authenticité du lien son moyen, pour générer indirectement une meilleure connaissance des individus. Dans cette nouvelle donne, l'entreprise doit savoir perdre une partie du contrôle unilatéral de la relation qui l'unissait jusqu'à présent à son client, et doit au contraire s'attacher à respecter ses valeurs et les rites de la dynamique communautaire auxquels il adhère. Toute action marketing qui voudrait faire de la relation un moyen - et non pas un objectif - entrainerait un rejet immédiat de la part des membres de la communauté."


En présentant une typologie des communautés et l'aspect communautés vs. entreprises, le livre blanc "Tirer profit de la dynamique communautaire sur internet" de Manuel Da Rocha place l'aspect de réseau social sur Internet au coeur de la démarche Internet de l'entreprise pour développer son marché. Via Info TechArt 2.0 par Luc Fayard.

samedi 20 janvier 2007

Industrie musicale, dématérialisation, modèle économique publicitaire renouvelé, culture remix et nouvelles formes de créations musicales snacking

Depuis le début des années 2000, l'Internet, la téléphonie mobile et l'apparition des lecteurs mp3 bouleversent l'univers de la musique avec comme effet visible, des modes de distribution de la musique qui changent : on passe d'un support matériel à immatériel d'où un changement de valeurs et de symbolique importants de ce type de création artistique dans notre esprit associé à la consommation même de l'oeuvre sonore construite.


Les modèles économiques des major companies du disque stabilisés depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale ne sont plus pertinents et rentables. Production, composition, édition, fabrication, distribution, promotion et répartition des Droits sont aujourd'hui remis en cause.


La massification du nombre d'utilisateurs d'Internet, de possesseurs de téléphones portables et de lecteurs mp3 a favorisé cette "perte" de valeurs patrimoniales d'une culture métier de l'industrie du disque en faveur d'une musique instrumentée par d'autres acteurs de l'industrie : les fournisseurs d'accès à Internet (passage obligé), les opérateurs de téléphonie mobile, les constructeurs d'appareillage physique (lecteurs mp3, téléphones portables) et logiciels principalement pour lire des fichiers. La "convergence" téléphonie portable - lecteur mp3 magnifiée actuellement par la campagne de communication de l'iPhone générée et relayée sur Internet est l'une des étapes de ce processus.


Il faut se souvenir que les acteurs du marketing sans une véritable culture métier du disque ont investi les organigrammes de direction de l'industrie du disque au début des années 90 suite à l'apparition du support CD.


Cette nouvelle industrie musicale est dominée aujourd'hui par des acteurs médiatiques informatiques qui ont façonné une restriction des droits d'usage et de partage des créations (Microsoft, Apple, Sony), des médias traditionnels qui ont investi dans des plateformes en ligne comme News Corp. de Rupert Murdoch (qui possède MySpace), des sociétés informatiques médiatiques ayant valorisé la musique via des capacités de recherche et d'indexation multimédia textuelles, imagées, animées et vidéo (Google, Yahoo) et tout un champ qui se façonne mêlant le non marchand au marchand (BitTorrent, réseaux de pair à pair...). Tous ont un point commun : chercher dans la publicité le nirvana d'une nouvelle rentabilité où la musique devient en quelque sorte un "addendum" à une promotion autre.


En parallèle, l'irruption du peer-to-peer (au sens large et générique) et de réseaux d'échanges immatériels induisent un nouveau changement de paradigme chez les consommateurs de musique : la remise en cause de la valeur du coût de la démarche de création musicale et une course à se procurer de manière gratuite ce qui était "traditionnellement" payant. Les acteurs de ce marché, en amont, intermédiaires ou utilisateurs doivent supporter le coût incompressible de la bande passante, donc de l'utilisation des tuyaux.


Au-delà du changement des modes de distribution, ce nouveau "business model" publicitaire renouvelé (la musique a toujours entretenu depuis le début du 20e siècle un rapport très étroit avec l'univers publicitaire et le marketing) est micro-discriminant car il induit une communautarisation des genres musicaux et au sein de plateformes "reliant" des individus profilés ayant les mêmes désirs et affects (gothiques, punk, rap...).


Cet écosystème publicitaire médiatique et économique (adjectif intimement liés) fait renaître d'une part une culture du remix (générer une oeuvre musicale d'autres oeuvres musicales existantes) ; lire à ce propos l'article d'Anne-Marie Boisvert : "Idées sur le remix : du bricolage : une culture assemblée avec les moyens du bord" (avril, mai 2003) :

"(...) La culture remix : une culture qui embrasse le recyclage et le glanage, et dont l'originalité est d'avoir transformé les oeuvres préenregistrées et les moyens de diffusion comme les tables tournantes (outils traditionnels des DJs) en moyens de création. Ici, ce sont les moyens de reproduction qui précèdent et servent à la production6. Ainsi, le concept même d'oeuvre originale s'estompe et perd son sens.

La culture remix est une culture de la citation et du remake, certes, mais aussi une culture de l'intervention et de la réinvention, avec pour but le divertissement, mais aussi la communion et la libération. L'artiste aux commandes fait sciemment place au hasard (entre autres, sous la forme de glitches) et aux moyens du bord dans son processus créatif. Car le résultat importe, mais moins que le processus, la performance et l'événement. La culture remix emprunte ainsi à la société postindustrielle sa sursaturation sensorielle, en la reproduisant dans un contexte esthétique qui la canalise. Ses oeuvres demeurent ouvertes, introduisant, au moins pour un moment, un sens dans la cacophonie du monde, au moyen d'assemblages bricolés et éphémères, toujours sujets à transformation et toujours susceptibles d'une réorganisation."


D'autre part, l'écosystème publicitaire médiatique et économique génère des nouvelles formes courtes d'oeuvres (sonneries musicales, mini-extraits vidéo, cartes postales virtuelles musicales) que le quotidien Le Monde qualifie du côté des consommateurs, d'effet snacking dans un article du 19 janvier 2007 : "L'image en renfort de la musique", venant peu à peu se placer à côté des traditionnels morceaux et albums mais ne qui manqueront pas, avec le temps, à se substituer à ces derniers, dans la forme même créative :

""Carl Watts, directeur des programmes chez Sony-BMG, est chargé de développer des formats vidéo courts (1 min 30 maximum), adaptés aux usages des nouveaux médias, aux sites d'artistes et aux baladeurs vidéo, téléphones portables, consoles de jeu numériques. Ces "divertissements informatifs" ont gagné des noms génériques : le blogsong (un artiste explique, avec son morceau en fond sonore, son état d'esprit lors de la création du titre) ; le live and rare (extrait de concert inédit) ; le in the mix (travail en studio)... Chez Sony-BMG, on travaille à la réalisation de "documentaires" sur les artistes, des 52-minutes faciles à tronçonner sous forme de feuilleton quotidien, et destinés à forger l'image marketing d'un artiste.

Après le clip, le "snacking"

Tout cela devient du "contenu embarqué", c'est-à-dire proposé à la vente sur les consoles, téléphones, cartes mémoires, clés USB. On peut aussi les visionner sur le Net - nous voici dans la sphère du "marketing viral", où l'internaute sert de relais immédiat. "Les années 1980 ont connu le clip, poursuit Carl Watts. En 2006, les formats courts correspondent aux habitudes du "snacking" (picorage) des consommateurs.""

lundi 15 janvier 2007

100 façons de visualiser l'information, A periodic table of visualization methods

Comment cartographier l'information ? Comment l'explorer ? Les typologies sont diffuses et avec Internet, on a parfois l'impression que le concept d'information se cherche à nouveau.


A ce challenge impossible, Ralph Lengler et Martin J. Eppler (chercheurs à l'Université de Lugano, Suisse qui travaillent sur la Visual literacy) viennent de répondre de façon magistrale sous la forme de la simili-table périodique des éléments de Mendeleïev en présentant une table périodique des méthodes de visualisation ("A periodic table of visualization methods") qui s'affiche sur une page de format A4 en mode portrait.


La présentation de cette table est extrêmement claire : chacun des 100 éléments représente une méthode de visualisation de l'information classée en colonnes de 6 couleurs différentes. On distingue 6 familles de visualisation : données, information, concept, stratégie, métaphore et composé ("data, information, concept, strategy, metaphor et compound").


Une légende dans chaque carré d'élément permet de distinguer : le type de visualisation (procédural ou structurel : process or structure) ; s'il s'agit d'une pensée divergente/divergent (ajout de la complexité) ou convergente/convergent (diminution de la complexité) ou le mode de visualisation (détail ou synthèse ; detail or overview, ou les 2 à la fois).


En survolant chaque élément avec la souris, la méthode de visualisation apparaît afin de se la remémorer plus facilement avec un exemple.


Cette table périodique de 100 méthodes ou façons de visualiser l'information est d'une grande utilité dans la gestion de projets, le domaine de la fomation, le management et les ressources humaines.


En complément, Ralph Lengler et Martin J. Eppler ont écrit un article scientifique pour expliciter cette table périodique de 100 façons de visualiser l'information : "Towards A Periodic Table of Visualization Methods for Management" (6 pages à télécharger ici en .pdf). Via le Center for Teaching and Learning at The University of Georgia.

dimanche 31 décembre 2006

Sites Internet et blogs à suivre en 2007

Voici une sélection de sites Internet et blogs (par ordre alphabétique) à suivre en 2007, en français, en anglais et en espagnol. Ils font avancer le monde, réfléchissent à notre présent, à l'avenir et se penchent aussi sur des solidarités numériques.


Collaboratif

Alpes solidaires : Portail exemplaire sur l'Economie Sociale et Solidaire à Grenoble et dans ses environs.

CaféBabel : Magazine européen en 7 langues avec du contenu créé par des rédactions locales et où les contributions sont les bienvenues.

IciLévis.com : Portail animé par les citoyens et citoyennes de Lévis au Québec. Impressionnant contenu informatif participatif pour une petite bourgade.

Numérique : Blog collectif, coopératif et collaboratif des Espaces Publics Numériques au Québec (les CAC). Montre l'utilité de ces lieux d'accès publics à l'Internet via les articles des animateurs multimédias salariés et bénévoles.

Webtrotteur St Maurice de Beynost : Smehene , Méliné et Naty sont trois adolescentes qui réalisent des interviews de personnalités et citoyens impliqués dans la commune de Saint-Maurice-de-Beynost dans l'Ain ; un beau projet local rafraîchissant.


En français

Christian Fauré : Réflexions philosophiques sur le monde d'aujourd'hui et sur la mémoire. Pour prendre de la distance sur notre vie quotidienne. Au passage, belle définition du Web 2.0 par Christian Fauré : "Une application Web 2.0 est un formulaire de saisie en ligne proposant des services adossés aux contenus saisis par les particuliers."

CoopLog : Porte le sous-titre/claim "le blog des technologies qui rassemblent". Fine analyse et mise en perspective des tendances de l'Internet, du Web 2.0 et des services où le contenu des utilisateurs prime ; ceci en des articles compacts.

Jobetic : Indispensable lecture que ce site collaboratif sur la recherche d'emploi sur Internet. A faire connaître autour de soi.

L'autisme ou communiquer autrement : "À vivre avec un enfant autiste, on apprend à voir la vie avec d'autres yeux" écrit en préambule de ce blog, la maman d'Antoine, qui, du Québec, décrit une vie marquée par les difficultés d'Antoine (rentrée des classes, la communication via des pictogrammes...) mais il y a aussi des moments de bonheur.

Les films de poche faits main : Producteur et directeur artistique, Matthieu Chéreau propose un fil d'actualités et de problématiques liées au film de poche (vidéo réalisée avec une caméra numérique tenant dans la poche, qu'il s'agisse d'un téléphone, d'un appareil photo ou encore d'un PDA) : économie, esthétique...

Marketing et Droit de la musique dans l'environnement numérique: l'évolution du marché musical au regard des nouvelles technologies. Nouveautés techniques, marketing, internet et Droit.

SDF : Chronique nécrologique ou épitaphes numériques ? Ce blog à part rend hommage aux SDF décédés avec des informations factuelles. Réalité sinistre.

Sémiotruc : Par Audrey Bartis. Art, images, sémiologie et quotidien.


En anglais

Indexed: Représentations graphiques de concepts et petites choses de la vie quotidienne.

NewTeeVee : Le nouveau blog de Giga OM consacré au phénomène de la vidéo en ligne sous toutes ses coutures (plateformes, peer to peer, modèles économiques, logiciels...).

The Business Innovation Insider : L'un des blogs les plus en pointe sur l'économie de l'innovation dans des champs d'activités divers et variés.

The Nata village blog : 5000 habitants résident à Nata, village du Botswana ravagé le VIH/Sida. Au Botswana, 37% de la population est infectée par le virus du Sida et ce taux est encore plus élevé à Nata qui compte plus de 400 orphelins. Ce blog raconte le combat du village contre le Sida à travers des portraits locaux, des initiatives de prévention, des drames humains aussi. Une leçon d'humanité et d'espoir.

Twopointtouch : Le blog du journaliste anglais Ian Delaney sur le Web 2.0 et les médias sociaux. Informatif, didactique et réflexif.


En espagnol

Administraciones en red : Articles sur les initiatives d'administrations qui travaillent en réseau.

Consultoria artesana en la red : Gestion des connaissances dans les organisations. "Ingrédients" nécessaires : personnes, circulation de l'information, réseaux sociaux et des technologies.

Ciudad e Innovacion : Blog d'Alain Jorda sur l'innovation et la société de la connaissance dans les collectivités locales. Passionnant.

lundi 25 décembre 2006

Howard Rheingold, convergences et mobilité

En avril 2006, à Mill Valley en Californie, Howard Rheingold, penseur américain de la mobilité, prospectiviste des nouvelles technologies, chargé de cours à l'Université de Berkeley et Stanford, a écrit le préambule du premier cahier de tendances de Jean-Claude Decaux "Mobilités : la clé des villes" édité en un nombre restreint d'exemplaires en juin 2006. Howard Rheingold intitule son article "Convergences" dessine le paysage d'une redéfinition par les citadins de leur conception de la mobilité :

""Mobile" veut dire que l'on est connecté à son réseau social, que l'on organise son temps et ses rendez-vous à la volée, que l'on s'associe spontanément à des "flashmobs" (événements spontanés), que l'on improvise des fêtes, que l'on rejoint une manifestation annoncée par SMS, que l'on consulte ses e-mails ou que l'on soit, que l'on publie une image sur le Web, que l'on envoie une vidéo à ses amis, que l'on consulte un service cartographique pour définir un parcours sur mesure... Avis aux technophiles : il est déjà possible de croiser son répertoire téléphonique avec des cartes de ville - cette pratique naissante se fait appeler MoSoSo (Mobile Social Software). Tout comme les communautés virtuelles ont fleuri dans les années 1990 et que le téléphone mobile s'est généralisé en 2000, on peut supposer que la géolocalisation, doublée d'applications MoSoSo, va, à son tour, engendrer des comportements techno-sociaux qu'il nous est impossible d'imaginer à ce jour. Toutes ces technologies de poche ou celles embarquées dans notre environnement quotidien modifient notre rapport à la ville et à sa périphérie. A travers elles, nous étendons le centre au-delà de ses limites, messageries, e-mail vocal, conférences téléphoniques et "podcasts" transforment notre rapport à l'espace, au temps et aux transports. Le "temps mort" des longs trajets ne fait-il pas désormais partie du temps de travail ? La voiture ne devient-elle pas une extension de notre bureau ? Paradoxalement, alors que les outils de la mobilité favorisent un étalement urbain irréfléchi, les enjeux écologiques poussent les villes à encourager des comportements, des énergies et des infrastructures de transports plus durables.

Qu'ils soient en ville, en périphérie ou en mégapole, les individus se servent de leurs téléphones ou de leurs ordinateurs de poche pour synchroniser habilement leurs parcours aux modes de transports disponibles, simulant ainsi des modes de transports publics "à leur disposition", où et quand il faut.

Les travailleurs indépendants et les travailleurs à domicile composent leur propre temps d'activité, d'autres travaillent indifféremment à l'heure de Hong Kong ou de New York, d'autres encore arrivent du monde entier à toute heure... Les rythmes et les horaires de la ville subissent, eux aussi, une mutation profonde. Munis de nouveaux outils, les citadins s'amusent à jouer avec l'éphémère en créant une ville jadis impossible. E-mails et SMS suffisent à coordonner des événements communautaires, à réunir ou à donner naissance à des masses critiques (réunions de cyclistes et de "rollers"), à se donner rendez-vous pour une projection de film en plein air ou en appartement (micro-cinéma)...

Au début du XXe siècle, le chemin de fer, l'ascenseur et le téléphone ont rendu possible une nouvelle vie urbaine : la ville des gratte-ciel, la ville des petites et moyennes entreprises, la ville des flux péri-urbains, la ville des foules anonymes... Au début du XXIe siècle, les outils de l'ubiquité se combinent pour créer de nouvelles villes, de nouveaux comportements sociaux et, ainsi, une nouvelle définition de l'être mobile."

jeudi 21 décembre 2006

Veilleur du Web (tendance 028)

Nouvelle rubrique : tendance. Un mot, une expression, un lieu, une chose comme reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans l'avenir, porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le prononce, dans son champ énonciatif et contextuel. Mot, expression à suivre, objet utile ou inutile, lieu en devenir...


Dans un article du quotidien Les Echos du 20 décembre (cahier Innovations), on parle d'une fonction relativement nouvelle au sein de l'entreprise ou reconnue comme telle, le "veilleur du Web" : "Ecouter la rumeur pour anticiper la crise" :

"On les appelle "les veilleurs du Web". Ils travaillent seuls ou en équipe au sein du département veille de l'entreprise. Leur mission ? Ecouter les rumeurs qui circulent sur les blogs, podcasts et autres forums de discussion pour repérer les signaux faibles et alerter le dirigeant. Aucun bruit de fond ne doit échapper à leur vigilance : ressenti d'un internaute sur un nouveau produit ou sur les effets secondaires d'un médicament, atteinte à l'image de marque, commentaire d'un concurrent... Tout contenu en ligne peut revêtir une dimension stratégique. "Une crise peut mettre du temps à éclater, mais écouter la musique d'ambiance qui se joue sur le Net permet d'identifier les signes précurseurs", déclare Pierre-Antoine Lorenzi, PDG de Serenus Conseil, cabinet spécialisé en management des risques.

"La blogosphère agit comme une cage de résonance. Une crise peut se produire à n'importe quel moment, partout dans le monde. Il faut pouvoir écouter les rumeurs, fédérer les sources d'information et sélectionner celles qui sont les plus pertinentes", insiste Aline Duru, responsable du département veille chez Total. Le groupe travaille avec une équipe de quatre veilleurs et réfléchit actuellement à une approche globalisée de la veille."


On retrouve toutefois l'expression "veilleur du web", il y a presque 10 ans, le 6 mars 1997, dans un papier de L'Expansion : "Les petits malins d'Internet. Ils font fortune avec peu d'argent et beaucoup d'idées". Comme quoi, cette fonction à la croisée du marketig et de la communication n'est pas nouvelle :

"Jean-Christophe Beau, veilleur du Web, www.a-media.com (site non disponible)

Il a attrapé le virus d'Internet chez Peugeot, en initiant la présence du constructeur sur le Web. En janvier 1996, Jean-Christophe Beau refuse poliment une promotion et part créer sa société à Lyon, Média Track, "un compromis entre la veille technologique et la pige publicitaire", explique-t-il. Son équipe de neuf personnes passe toutes ses journées à surfer sur le Web, traquant les nouvelles relatives au secteur automobile. Ses clients ont pour nom Peugeot, Opel, et bientôt Renault, BMW, Mercedes et Ford. Tous doivent se plier à cette règle d'airain : Jamais de papier. Les rapports hebdomadaires sont accessibles sur le Web pour les abonnés "équipés" d'un mot de passe. Il en coûte à l'utilisateur de 7 000 (pour le rapport simple) à 30 000 francs (pour un dossier très complet) par mois.

Média Track travaille également à la demande, comme pour L'Oréal, qui souhaitait comprendre les enjeux du secteur cosmétique sur Internet. La société bâtit même des plans média en ligne afin d'aider les entreprises à augmenter le trafic sur leur site Web. Elle se charge d'inscrire le site sur des moteurs de recherche efficaces et de placer les bandeaux publicitaires aux bons endroits sur Internet."

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