Jean-Luc Raymond

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samedi 16 février 2008

Pratiques Internet en réseau des adolescents et identité numérique, 3 articles scientifiques de Danah Boyd

Les articles scientifiques en Sciences Humaines de chercheurs américains sont peu traduits en français ou bien il faut compter de nombreux mois pour pouvoir les consulter dans la langue de Molière. Doctorante en Science de l'Information à l'Université de Californie (Berkeley), Danah Boyd est l'une des spécialistes des usages en réseau du multimédia par les jeunes et les adolescents et porte actuellement ses travaux sur la notion d'identité numérique.

La chercheuse américaine Danah Boyd vient d'informer sur son blog de la mise à disposition de trois de ces papiers scientifiques récents :

Titre original : "Identity Production in a Networked Culture: Why Youth Heart MySpace" (2006). Traduction de Noël Burch. Paru sous le titre "Pourquoi les jeunes adorent MySpace" dans le numéro 21 de la revue Médiamorphoses (Septembre 2007, Armand Colin) : "2.0 ? Culture numérique, cultures expressives" :

"Je vais parler aujourd’hui de l’utilisation par des adolescents d’un site Internet nommé MySpace.com. Une description d’abord, puis une analyse de l’usage qu’en font les jeunes comme outil de production d’identité et de socialisation dans la société étasunienne contemporaine (...)"

Titre original : "Information Access in a Networked World" (2007). Traduction de Tilly Bayard-Richard :

"Nos jeunes grandissent dans une société qui est fortement structurée en réseaux. Réseaux d'information, réseaux de personnes, réseaux d'équipements. Ce ne sont pas les réseaux en eux-mêmes qui sont nouveaux, c'est le rôle qu'ils jouent qui est aujourd'hui pour tous plus important qu'il ne l'a jamais été par le passé. Et si nous y voyons une révolution technologique, c'est simplement parce que ce sont les nouvelles technologies qui ont permis leur mise au grand jour (...)"

Titre original : "Social Network Sites: Public, Private, or What?" (2007). Traduction de Tilly Bayard-Richard :

"Les réseaux sociaux numériques comme MySpace, Facebook,et Bebo sont omniprésents et les jeunes passent aujourd'hui une grande partie de leur temps à les utiliser pour communiquer avec le monde extérieur. La vie publique est-elle touchée par les nouvelles technologies sociales, et de quelle façon ? Où se situent les différences, si elles existent, entre les sphères sociales qui ne s'appuient pas sur les nouveaux médias, et ces réseaux sociaux numériques ?
Cet article explore les mécanismes et la dynamique sociale de la vie publique numérique avec pour objectif d'aider les enseignants à mieux comprendre le rôle qui est le leur dans l'initiation des jeunes à la vie en société (...)"

dimanche 20 mai 2007

Sites internet d'observation des changements de la nature en matière de réchauffement climatique : citoyens, scientifiques et territoires unis par un même projet

Un champ de nouveaux sites Internet liées à la vigilance citoyenne en matière de réchauffement climatique et d'observation des changements de la nature est en train de poindre le bout de son nez auprès du grand public. Ils unissent des chercheurs, associations, habitants et territoires.

A la base de ces sites, une exploration de la flore sur un territoire donné, de façon méthodique où la contribution est celle de l'internaute qui rapporte ses clichés et ses observations textuelles.

Scolaires, clubs nature, associations et particuliers sont invités à participer à partir de protocoles de suivi en ligne (fiches de protocoles, espèces d'arbres et de plantes à observer en priorité ; fiches de relevés mais aussi calendrier d’observation, guide photo des stades à observer ; des feuilles de suivi terrain). Les enfants contribuent en classe à ces travaux pédagogiques par un relevé où chacun se sent responsable.

Pour contribuer, deux adresses de sites et de projets de ce type : Phénoclim est un programme de recherche sur l'impact du changement climatique sur la végétation dans les Alpes né à l'automne 2004 et qui se poursuit sur plusieurs années. Les observations concernent les départements 73, 74, 38, 01, 26, 04, 05 et 06 entre 200 et 2200 mètres d'altitude. Au niveau national, deux sites du CNRS, l'un pour les adultes (http://www.obs-saisons.fr), l'autre pour les plus jeunes (http://www.obs-saisons.fr/junior), permettent de télécharger des protocoles très simples pour effectuer et saisir en ligne ses propres observations. Consulter cet article pour en savoir plus sur cette initiative sur le territoire français.

Enfin, il est intéressant de constater que devant l'urgence déclarée et désormais médiatisée des problèmes, les expertises se croisent et que les contributions ne sont plus uniquement scientifiques. Les relevés faits par les citoyens sont tout aussi importants.

mercredi 9 mai 2007

Festival des Robots de Mantes-la-Jolie du 23 au 27 mai 2007

Du 23 au 27 mai, la Ville de Mantes-La-Jolie organise au Parc des Expositions le premier Festival des Robots avec des compétitions de robots, des conférences, expos et animations. L'entrée est gratuite. Une excellente initiative pour découvrir quels sont les robots d'aujourd'hui et réfléchir à leur place au quotidien et dans la vie professionnelle dans l'avenir.

Le jeudi 24 mai à 10 heures, un workshop sur la mécatronique appliquée appliquée aux transports et la locomotion avec des chercheurs et universitaires. Le lendemain, toujours à 10 heures, une conférence sur l'implication de la robotique dans le développement durable et la vie quotidienne avec des représentants de l'Etat, d'associations, chercheurs et sociétés spécialisées.

Côté animations : mercredi 23 mai de 14h à 19h : lancement du championnat Devyanin, Coupe du Monde de la Robotique Mobile (championnat regroupant des équipes universitaires du monde entier). Samedi 26 mai de 14h à 19h : lancement de la Coupe de Robotique d'Ile-de-France.

Plus de renseignements sur la page dédiée au Festival sur le site de la Ville de Mantes-la-Jolie et par courrier électronique à lefestivaldesrobots@lepublicsysteme.fr

lundi 7 mai 2007

Communautés virtuelles, penser et agir en réseau, Internet, une présence immanente

Publié fin 2006, l'ouvrage scientifique : "Communautés virtuelles, Penser et agir en réseau" sous la direction de Serge Proulx, Louise Poissant et Michel Sénécal (aux Presses de l'Université Laval, collection Laboratoire de communautique appliquée) est composé d'articles proposant de parcourir le concept de communautés virtuelles (définition, pratiques, fondements historiques, théories, actions de coopération, dispositifs interactifs, implantations de communautés virtuelles) et où sont abordés les différents types de communautés (en ligne ou non) : communauté interprétative, communauté de pratique, réseau d'usagers en ligne, communauté imaginée, communauté médiatisée et communauté épistémique.

"Communautés virtuelles, Penser et agir en réseau" présente trois grandes parties : 1. Communautés virtuelles : promesses et désillusions ; 2. Dispositifs interactifs : l'ère de l'interface ; 3. Cartographie des communautés virtuelles.

Dans cet ouvrage, Barry Wellman et Bernie Hogan (Université de Toronto) indiquent dans leur article "Internet, une présence immanente" (lire leur papier original en .pdf : "The Immanent Internet") qu'Internet est étroitement lié à un changement de paradigme élargi qui touche actuellement le rapport des individus entre eux. Anciennent plutôt homogènes, très généraux et unifiants, les groupes ont pris aujourd'hui la forme de réseaux sociaux plus hétérogènes, spécialisés et faiblement reliés. Extrait :

"Avant même l'avènement du téléphone et de l'avion, déjà on entretenait des relations à distance avec les amis ou la famille. Dans les pays développés, la connectivité a été encouragée, depuis les années 1960 au moins, par des changements sociaux touchant la carrière et les horaires familiaux dédoublés, la libéralisation des lois sur le divorce qui ont réduit les cellules familiales ainsi que les changements technologiques qui ont accru la mobilité individuelle et la communication. Les déplacements aériens et autoroutiers, devenus abordables, ont facilité les fréquentations malgré la distance. Le faible coût des appels locaux et interurbains - et maintenant par Internet - permet un contact rapide, contraint plus par les décalages horaires que par la distance.

Par conséquent, il se pourrait qu'on entretienne plus de relations à distance avec les amis, la famille et les collègues que jamais auparavant. Il est maintenant facile pour l'internaute de trouver une communauté éparse qui partage ses intérêts et de participer activement à celle-ci. Les groupes ont peut-être connu un déclin, mais assurément pas la connectivité.

L'individualisme en réseau a de profonds effets sur la cohésion sociale. Plutôt que de faire partie d'une hiérarchie de groupes toujours plus englobants, à l'image des poupées russes, l'individu appartient maintenant à des communautés multiples et partielles. Ce n'est pas une question d'aller de lieu en lieu, mais de personne en personne. L'individu se préoccupe moins de s'assurer l'appui du groupe que de chacun des membres du réseau.

En dépit des réseaux sociaux moins denses, les liens sociaux ont augmenté. La connectivité Internet s'ajoute au contact physique et téléphonique ; la plupart d'entre nous avions cessé de correspondre par courrier bien avant. La possibilité de conserver ses courriels en attendant de les lire accroît les contacts à distance, sans compter la rapidité d'Internet qui approche la vitesse de la lumière, le seul délai considérable du courriel étant celui du décalage entre l'envoi et la lecture. En outre, le courriel est perçu comme étant moins intrusif que le téléphone ou les rencontres. Il en résulte que nos contacts interpersonnels sont plus nombreux et fréquents que jamais auparavant.

Bien que la spécialisation des goûts et des combinaisons de rôles ne soit pas le produit d'Internet, la conception de ce dernier, culturellement enracinée dans un type spécifique d'individualisme, considère l'individu sans tenir compte du lieu ou de structures imposées socialement telles que la famille. En dépit du nombre accru d'internautes, pourtant, la distribution inégale d'Internet dans nos sociétés de réseau individualisés suscite l'exclusion sociale. Non seulement moins de personnes pauvres, peu instruites, de régions rurales et non anglophones accèdent à Internet, mais cela contribue à les exclure des possibilités que procure Internet : information, socialisation et accès à des ressources utilitaires. Cette disparité s'accroît tant entre les pays qu'au sein de ceux-ci.

Dans la foulée du virage vers l'individualisme du réseau, c'est la nature même de la citoyenneté qui change. Cette transformation s'est amorcée avant l'avènement d'Internet, mais c'est la présence immanente de ce dernier qui l'accélère et la remodèle. Pendant que grimpe la connectivité, la cohésion fléchit. Les journalistes demandent souvent : "Est-ce une bonne ou une mauvaise chose ?" Ce à quoi nous répondons : "C'est ainsi, sans plus." Ce sont les conséquences qui seront bonnes ou mauvaises."

jeudi 8 février 2007

Gérard Blanchard, Typographie à l'ère de l'informatique et de l'Internet

Typographe, responsable pendant de nombreuses années des Rencontres internationales de Lure, Gérard Blanchard fut un brillant sémiologue et chercheur. J'ai eu la chance de l'avoir comme professeur à l'Université de Paris 3 - Sorbonne Nouvelle lors de mes études initiales. C'était un personne passsionnée et passionnante qui savait transmettre son goût immodéré pour la typographie et l'analyse de l'image, et m'a beaucoup appris sur l'art de la mise en page alors que la Publication Assistée par Ordinateur se faisait naissante.


Gérard Blanchard était un proche de Roland Barthes qui a dirigé sa thèse en 1980. Je viens de redécouvrir un ouvrage de référence de Gérard Blanchard (décédé en 1998) qui fut sa dernière publication : "Aide au choix de la typo-graphie, Cours supérieur, A l'usage des personnes qui pratiquent la PAO (Mac et PC)" (Alexandre Perrousseaux éditeur). Pour les personnes s'intéressant à la typographie, la consultation de ce livre apporte des bases sur la connotation des caractères et typos à travers l'Histoire et jusqu'aux Années 90. Gérard Blanchard évoque le rôle de l'informatique et de l'Internet sur la transformation de la typographie dans un dialogue :

"Le metteur en page. - Typographie ? Pourquoi utilises-tu cette vieille expression ?

L'auteur. - Il n'y en a pas d'autres. On y est confronté tout de suite en ouvrant son ordinateur. Une des premières questions c'est : Quelle typographie ? C'est-à-dire le choix d'un caractère.

Le metteur en page. - Alors, pourquoi l'utilises-tu en séparant les deux mots : typo et graphie ?

L'auteur - Pour montrer que quelque chose d'irréversible s'est produit avec la micro-informatique ; la typo est devenue graphie et la graphie image. La typo-graphie n'est pas seulement une légende d'image, mais une image à part entière qui émerge de plus en plus à la connaissance de notre regard, à cause de son affichage généralisé sur les murs et de son affichage-écran qui commence à poser des problèmes nouveaux de lecture."


En fin d'ouvrage, Gérard Blanchard évoque les typo-graphies "nomades" sur le Web :

"Avec le XXIe siècle le temps n'est plus ce qu'il était (...) Aujourd'hui, nous sommes dans les marges de la typo-graphie, que Mallarmé aborda il y a un siècle (...) L'image numérique, l'informatique et les télécommunications (Internet) nous invite à une navigation dans un nouvel espace. C'est une nouvelle guerre de course, entre des textes que balisent des mots clefs, des icônes animés, des signaux sonores et des couleurs qu'il est loisible d'arranger selon les lois encore incertaines d'un blason reconsidéré ou selon une palette de peintre. La création des passages (les liens) est la première obligation exigée par les nouveaux médias. (...)

Outre la répartition des paquets de textes dans des "lieux de mémoires", le son, l'animation, la couleur jouent un rôle capital, mais déroutant pour les amateurs de beaux livres et pour les typographes qui n'en finissent pas d'épuiser l'héritage de Gutenberg à travers ses avatars électroniques."

dimanche 28 janvier 2007

Lutte contre la Fracture Numérique : le Libre marque des points !, conférence à Solutions Linux 2007, le 31 janvier

Le Salon Solutions Linux 2007 (CNIT - Paris La Défense, Hall Marie Curie, du 30 janvier au 1er février 2007) propose une conférence gratuite sur le thème : "Lutte contre la fracture numérique : Le Libre marque des points !", le mercredi 31 janvier de 9h30 à 12h, axée sur le développement numérique en Afrique.

Parmi les intervenants de la matinée :

- Frantz Fongang, Chef de projet formations présentielles, Programme "Soutien des TICs à l'enseignement supérieur et à la recherche", "Rectorat-Services Centraux de l'Agence Universitaire de la Francophonie" : "Centre Linux et Logiciels libres pour le Développement (C3LD)et certification internationale (LPI)",

- William Turner, Coordinateur du projet Diaspora Knowledge Network, UNESCO,

- Pierre Bonis, Chef du bureau pour les NTIC, Ministère des Affaires Etrangères : "Lutte contre la fracture numérique : enjeux et perspectives",

- Papa Amadou Konté, Chargé des Nouvelles technologies à la Mairie de Dakar : "Logiciel libre et système d'information de de la Mairie de Dakar. Opportunités et craintes",

- Olakanmi Adewara, formateur ADEN - "Obafemi Awolowo University" Ile-Ife – Nigéria et Nicolas Pejout, projet ADEN (dispositif complet pour la création de points d’accès publics à l’Internet dans des zones numériquement enclavées) du Ministère des Affaires Etrangères : "Le libre au service du développement : l'exemple du projet ADEN",

- et Gonzague Ladmiral, président d'EAH - François Jaffrennou, vice-président et chef du convoi Burkina Faso 2007 - Aurélien Lemoine, chef du Projet Wedus.org avec l'école d'Ingénieurs EFREI. Il s'agit d'un portail éducatif à destination des collégiens et lycéens des pays en voie de développement.

samedi 27 janvier 2007

Lawrence Lessig, L'avenir des idées, Le sort des biens communs à l'heure des réseaux numériques, téléchargeable gratuitement

L'essai de Lawrence Lessig "L'avenir des idées - Le sort des biens communs à l'heure des réseaux numériques" publié il y a quelques mois en français aux Presses Universitaires de Lyon est désormais téléchargeable gratuitement sur le site des PUL à cette adresse en .pdf (306 pages) ; une traduction de l'anglais par Jean-Baptiste Soufron et Alain Bony.


Ouvrage essentiel que le New York Times a qualifié ainsi : "un livre qui vous secoue et vous fait prendre conscience de ce que l'on perd lorsque les idées sont transformées en propriété intellectuelle", "L'avenir des idées" de Lawrence Lessig montre (avec de nombreux exemples) comment les excès de la réglementation et les dérives monoplistiques (notamment le droit d'auteur) dans l'univers de l'Internet ont pour conséquence directe de diminuer les capacités d'innovation et de créativité. L'analyse est abordée sous 3 angles : juridique, politique et philosophique.


Au coeur de ces questions, notre avenir à tous et des questions essentielles : pouvons-nous définir et préserver des biens communs informationnels ? Saurons-nous sauvegarder l'échange de connaissances en ligne ? Quelle place pour le partage de savoirs sur Internet ?


Ce cyberespace, véritable "cité numérique" est un espace de pouvoir, de créativité, d'échange où est établi un jeu d'acteurs industriels qui ont pour dénominateurs communs d'influer mondialement sur nos cultures et sur des projets politiques. A nous de comprendre et d'agir pour que l'innovation et l'expressivité soient aussi au coeur de nos préoccupations. C'est ce à quoi l'essai de Lawrence Lessig nous fait invariablement réfléchir :

"Les innovations que j'ai décrites découlent de l'environnement constitué par le Net. Cet environnement est une association équilibrée entre réglementation et liberté. Il est sensible aux modifications de cet équilibre. Si les contraintes sur la couche des contenus deviennent plus lourdes, l'innovation qui repose sur des contenus libres sera freinée. Si l'accès garanti par le bien commun de la couche du code est soumis à des conditions ou des limitations, alors l'innovation qui en dépend sera menacée. Cet environnement établit un équilibre entre ce qui est libre et ce qui est sous contrôle. Préserver cet environnement implique aussi de préserver cet équilibre."


Lawrence Lessig est Professeur de Droit à la Stanford Law School. Titre original de l'ouvrage : "L'avenir des idées - Le sort des biens communs à l'heure des réseaux numériques" : "The Future of ideas - The Fate Of The Commons In A Connected World".

lundi 15 janvier 2007

100 façons de visualiser l'information, A periodic table of visualization methods

Comment cartographier l'information ? Comment l'explorer ? Les typologies sont diffuses et avec Internet, on a parfois l'impression que le concept d'information se cherche à nouveau.


A ce challenge impossible, Ralph Lengler et Martin J. Eppler (chercheurs à l'Université de Lugano, Suisse qui travaillent sur la Visual literacy) viennent de répondre de façon magistrale sous la forme de la simili-table périodique des éléments de Mendeleïev en présentant une table périodique des méthodes de visualisation ("A periodic table of visualization methods") qui s'affiche sur une page de format A4 en mode portrait.


La présentation de cette table est extrêmement claire : chacun des 100 éléments représente une méthode de visualisation de l'information classée en colonnes de 6 couleurs différentes. On distingue 6 familles de visualisation : données, information, concept, stratégie, métaphore et composé ("data, information, concept, strategy, metaphor et compound").


Une légende dans chaque carré d'élément permet de distinguer : le type de visualisation (procédural ou structurel : process or structure) ; s'il s'agit d'une pensée divergente/divergent (ajout de la complexité) ou convergente/convergent (diminution de la complexité) ou le mode de visualisation (détail ou synthèse ; detail or overview, ou les 2 à la fois).


En survolant chaque élément avec la souris, la méthode de visualisation apparaît afin de se la remémorer plus facilement avec un exemple.


Cette table périodique de 100 méthodes ou façons de visualiser l'information est d'une grande utilité dans la gestion de projets, le domaine de la fomation, le management et les ressources humaines.


En complément, Ralph Lengler et Martin J. Eppler ont écrit un article scientifique pour expliciter cette table périodique de 100 façons de visualiser l'information : "Towards A Periodic Table of Visualization Methods for Management" (6 pages à télécharger ici en .pdf). Via le Center for Teaching and Learning at The University of Georgia.

dimanche 14 janvier 2007

Repenser la solidarité, Serge Paugam

"Repenser la solidarité, l'apport des sciences sociales" de Serge Paugam est un ouvrage différent sur la solidarité. Il comprend 992 pages et a réuni 50 contributeurs (49 Euros aux Presses Universitaires de France, collection Le Lien social). Imposant, ce livre est une élaboration collective de chercheurs et de penseurs suite à un séminaire pluridisciplinaire du CNRS et de l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales : "Repenser la solidarité au 21e siècle" qui s'est déroulé en 2005 et 2006 à l'Ecole Normale Supérieure de Paris.


Serge Paugam est sociologue (directeur de recherche au CNRS et directeur d'études à l'EHESS). C'est l'un des chercheurs qui fait référence sur la pauvreté et la précarité depuis de nombreuses années. Cette publication collective est donc un évènement qui s'attache à comprendre les phénomènes de ségrégation urbaines et scolaires, la crise du salariat, les inégalités de genre, les discriminations multiples, les inégalités entre générations... C'est aussi un ensemble de pages avec des propositions concrètes pour lutter contre la pauvreté, l'exclusion et favoriser les solidarités.


Voici un extrait d'une interview de Serge Paugam pour CCAS Infos (janvier 2007, n°275) à propos de "Repenser la solidarité, l'apport des sciences sociales" :

"Il est impossible de rappeler ici l'ensemble des propositions avancées par les cinquante chercheurs qui ont participé à cet ouvrage. Les auteurs ont cherché les moyens de renouveler l'éthique de la solidarité à la fois au sens des principes généraux de justice sociale et au sens de l'application concrète de ces derniers dans les modes de l'intervention sociale. Ils ont aussi fait l'inventaire des solutions visant à concilier efficacité économique et solidarité sociale dans un environnement marqué par la concurrence internationale. Ils ont évalué les moyens de mieux articuler les solidarités privée et publique. Ils ont enfin fait des propositions pour créer des synergies entre les différentes échelles de la solidarité, du local au national et du national ou supranational. C'est sans arrière-pensées politiques ou morales, en ayant uniquement pour dessein de clarifier le débat et de dissiper les fréquentes confusions entourant les questions de solidarité que les auteurs de cet ouvrage s'adressent aux responsables politiques, aux syndicats, au patronat, aux associations, bref à tous les citoyens attentifs aux enjeux des réformes en cours ou à venir."


Les auteurs de l'ouvrage "Repenser la solidarité au XXIe siècle" organisent un débat "Repenser la solidarité, un enjeu pour la France", le 17 janvier à 19 heures, à la Maison de la Mutualité (24 rue Saint-Victor, Paris 5e), à l'occasion de la publication du livre, en présence de personnalités du monde universitaire, syndical et politique. Seront notamment présents : Martin Hirsch, François Chérèque... Renseignements par téléphone au 01 58 10 31 10 ou par courrier électronique à solidarite@puf.com.

vendredi 12 janvier 2007

Séminaires et intervention au Master 2 Management de l'Intégration des Technologies de l'Information et de la Communication (MITIC), Université de Marne-la-Vallée

Je me suis rendu cet après-midi à l'un des séminaires de la spécialité Collectivités Territoriales du Master 2 Management de l'Intégration des Technologies de l'Information et de la Communication (MITIC) de l'Université de Marne-la-Vallée. Le programme de ces cours est coordonné par Bernard Corbineau (enseignant-chercheur et responsable de la spécialité) et comprend 14 rendez-vous sur toute l'année universitaire avec une présentation des thématiques par les étudiants en duo.


Des discutants et intervenants professionnels sont également présents et apportent leur éclairage sur les sujets. Peuvent assister ponctuellement à ces séminaires, des personnes impliquées dans le monde de l'informatique, de l'internet et des collectivités locales ainsi que des étudiants en universités ou grandes écoles. Le programme complet des séminaires M2 MITIC est indiqué sur le blog créé par les étudiants.


Pour en revenir au sujet de ce séminaire, Delphine Cuq et Sylvain Héraut sont intervenus sur le thème : "Etude des usages et des expériences menées en milieu rural et analyse autour de la notion de fracture numérique" avec un exposé très vivant où ils ont mis en relief les problèmes d'infrastructures (accès haut débit) dans les zones blanches en France et ont souligné des expériences intéressantes de création d'Espaces Publics Numériques dans le milieu rural ou de services publics de proximité utilisant des réseaux à large bande. Quelques unes de leurs références sont répertoriées sur le blog de la spécialité.


Gilles Coester (DIACT) a présenté quelques points forts de l'action de l'Etat dans l'aménagement du territoire en matière d'infrastructures haut débit et Hervé Deleersnyder (chargé de mission TIC, Communauté de communes de l'Atrébatie) est intervenu en visioconférence soulignant combien l'accès au haut débit est important dans le rural pour l'accès à l'administration électronique, la possibilité d'acheter en ligne pour les consommateurs ou pour une démarche de démocratie participative en ligne. En fin de séminaire, a été présenté une solution commerciale de mise en valeur du patrimoine touristique et patrimonial via un système d'information géographique multimédia à contenu rédactionnel et vidéo : SIGM, actuellement en expérimentation en Seine-et-Marne.


Ecouter des étudiants (tous quasiment sont en apprentissage), parler, argumenter et contextualiser l'actualité de l'Internet et les enjeux des technologies s'avère d'une grande utilité. Ils appartiennent à une génération des moins de 25 ans, rompus à l'utilisation des différents outils TIC et leur vision de notre monde et de son avenir décrit des interrogations notamment sur l'équité de l'accès et de l'appropriation de l'informatique et de l'internet, des notions comme le service universel Internet. Assister à l'un de ces séminaires est "rafraichissant" lorsqu'on est plongé dans des pratiques au quotidien afin de saisir des réflexions abouties ou en cours sur notre avenir.


Pour la deuxième année consécutive, j'interviens en mars dans ce Master 2 MITIC pour les 2 spécialités : collectivités locales et entreprises. Nouveau thème que j'aborderai cette année : le Nouvel Internet, en invitant les étudiants à poser un regard critique sur ce thème d'actualité. Nous y réfléchirons ensemble avec des ressources bibliographiques hors ligne, des informations en ligne et des outils technologiques.

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