Jean-Luc Raymond

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Tag - travail

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samedi 15 juillet 2006

Précarité, médiation, lien social et TIC : compte-rendu des échanges au Forum des usages coopératifs de Brest et création d’un groupe de travail PSAUME “Populations socialement défavorisées et TIC”

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Dans le cadre du 2e Forum des Usages Coopératifs à Brest du 5 au 7 juillet 2006, un fil rouge de rencontres sur le thème “Précarité, médiation, lien social et TIC” a eu lieu en matinée et en après-midi au cours des 3 journées :

“Cette session est un lieu de partage d’expériences et de réflexions sur l’usage des TIC auprès de populations en quête de réinsertion. Elle interpelle les chercheurs et acteurs de terrain sur la problématique de la médiation, tant elle implique des processus de reconquête de l’estime de soi et de re-création de liens avec les autres”.

Nicolas Jullien, chercheur et coordinateur du réseau MARSOUIN propose sur le site de P.S.A.U.M.E. (Populations Socialement défavorisées et TIC : Analyse des (non-)Usages, des Médiations et des Expériences) un Compte-rendu des échanges des trois jours de rencontre :

* Mercredi 5 juillet : Aller au-devant des publics éloignés (animatrice : Annabelle Boutet).

Intervenants : Nathalie Lareur (A.G.E.H.B. Le Phare), Yves Bucas-Français (espace multimédia Cyberagora, Association Emmaüs), Régine Roué (Centre Social Kérourien)

* Jeudi 6 juillet en matinée : Quel(s) public(s) pour les espaces publics (animatrice : Annabelle Boutet).

Intervenants : Catherine Bigot (Conseil Régional de Bretagne), Emmanuel Mayoud (CyberPlourin), Paul Person (Club informatique pénitencier, Brest), Gaël Ferragu (Résidence Ker Digemer, Bellevue, Brest) 

* Jeudi 6 juillet en après-midi : Invitation au dialogue entre chercheurs et acteurs (animateurs : Annabelle Boutet et Nicolas Jullien)

Intervenants : Florence Gallemand (CURAPP, Université de Picardie Jules Verne), Pascal Plantard (CREAD, Université Rennes 2), Serge Proulx (LabCMO, Université de Québec, Montréal)

* Vendredi 7 juillet en matinée : Illettrisme et ordinateur (animatrice : Annabelle Boutet)

Intervenants : Pascal Kieger (ASF Espace Formation, Gouesnou, Finistère), Abdel Boureghda (Centre ICOM, Handicap International, Lyon)

* Vendredi 7 juillet en après-midi : Invitation au dialogue entre chercheurs et acteurs (animateurs : Annabelle Boutet et Nicolas Jullien)

Intervenants : Paola Bazan Becerra (Programas Nuevas Technologias, ITDG, Pérou), Claire Lobet (Directrice de Recherche de Namur), Françoise Navarre (chercheuse en psychologie à l’Asbl C.I.G.E.R.), Véronique Laurent (chercheuse F.U.N.D.P. Namur).

Pour faire suite à ce fil de rencontres, le projet de recherche P.S.A.U.M.E. mené par le laboratoire des usages de Brest et la Ville de Brest propose la création d’un groupe de travail sur le sujet des “populations socialement défavorisées et TIC : Analyse des (non-)Usages, des Médiations et des Expériences” s’adressant aux acteurs impliqués dans ces pratiques de médiation, d’observation participante et de travail auprès des populations socialement défavorisées avec l’ouverture d’une liste de diffusion PSAUME et la restructuration du site Internet PSAUME pour accueillir les contributions. On s’appuie ici sur le travail réalisé dans deux projets de recherche antérieurs les projets Psaume et Internet de rue et les rencontres avec ATD Quart-monde, Emmaüs et d’autres acteurs en 2005-2006 en intégrant les apports des laboratoires présentant aux rencontres.

Source :
Jullien, Nicolas (12 juillet 2006). “Compte-rendu des échanges des trois jours de rencontre. Forum des usages coopératifs 2006” [En ligne], PSAUME, MARSOUIN, Brest, 1 p. (Page consultée le 15 juillet 2006)

lundi 26 juin 2006

Diplôme d’Université : Accessibilité des sites Web aux personnes handicapées (Paris 6)

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Depuis 2005, l'Université Pierre et Marie Curie (Paris 6) propose en partenariat avec l'association BrailleNet le premier Diplôme d'Université en France sur l'accessibilité du Web : "Accessibilité des sites Web aux personnes handicapées". Cette formation s'inscrit dans le cadre de l'obligation légale pour les sites des services publics d'être accessibles et pour tous de participer à la construction d'une société numérique équitable.


Ce diplôme de 99 heures sur 6 semaines s'adresse aux responsables de projets Internet/multimédia, responsables informatiques, développeurs, intégrateurs HTML, ergonomes, graphistes Web, webmasters. La formation est sanctionnée par l'obtention d'un Diplôme d'Université de niveau Bac+3.

Objectifs opérationnels de la formation diplomante : 

"Organiser une veille stratégique, législative et technologique sur les questions d'accessibilité du Web

Evaluer l'accessibilité d'un site et service Internet et Intranet.

Conseiller pour sa mise en conformité, connaître les outils du marché (évaluation, gestion de contenu…).

Intégrer les normes d'accessibilité à toutes les étapes d'un projet Internet."


Source :

Chagnon, Gilles (juin 2006). "Fiche du diplôme : Accessibilité du Web : enjeux, normes et application" [En ligne], Université Pierre et Marie Curie, Formation permanente, 1 p. (Page consultée le 26 juin 2006)

dimanche 18 juin 2006

Information dans les C.P.A.S. en Belgique, rôle de l’informatique et de l’internet auprès de publics cibles prioritaires, précaires et demandeurs d’emploi

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Rapport de recherche belge de Cédric Burton, Véronique Laurent, Françoise Navarre, Claire Lobet-Maris et Yves Poullet (Facultés Universitaires Notre-Dame de la Paix de Namur, voir site), les "Résultats de l'enquête quantitative préparatoire au colloque des secrétaires de C.P.A.S. d'avril 2006 sur l'informatisation du secteur" (en .pdf) présentés à Herbeumont, les 27 et 28 avril 2006, dans le cadre du projet de recherche "Usages d'Internet dans les C.P.A.S., un cadre pluridisciplinaire" sous 3 axes de recherche (impacts organisationnels de l'informatique, usages sociaux des TIC, construction sociale des TIC) sont instructifs.

Les C.P.A.S. sont quasi-équivalents à nos C.C.A.S. (Centre Communal d'Actions Sociales). Cette enquête a porté sur l'ensemble des C.P.A.S. de Wallonie (soit 262 Centres) à partir de questions fermées et ouvertes posées au personnel des C.P.A.S. relevant des opinions, des perceptions et des réalités.

Un volet entier est consacré aux "usagers des C.P.A.S. au regard des T.I.C." avec ces interrogations ?

"La fracture numérique fait-elle partie des problématiques à gérer dans le cadre des missions de base d'un C.P.A.S. ? Quelles sont les initiatives proposées dans cette matière par les C.P.A.S. ? Pour qui ? Avec qui ? Quels sont les avantages et les risques liés à l'intégration des nouvelles technologies de l'information et de la communication dans des populations socialement défavorisées ? Les travailleurs sociaux sont-ils preneurs de ce type d'expérience ?"

48 % des C.P.A.S. participent à un ou plusieurs projet(s) technologiques intégrant les usagers prenant le plus souvent la forme d'Espaces Publics Numériques, et notamment dans les quartiers défavorisés et des communes importantes (plus de 25 000 habitants). Parmi les freins identifiés de la mise en place d'initiatives TIC pour les usagers, est avancé le manque de coordination des initiatives par les C.P.A.S.

Le libre accès, les activités en ligne et les usages hors ligne sont mentionnés dans les catégories d'usages des services proposés par les centres avec une prédominance pour des activités de découverte et d'initiation dans le cadre d'un encadrement ponctuel et des formations bureautique hors ligne.

En outre :

"Certains projets, minoritaires, proposent des actions d'insertion sociale pour et par l'usage des technologies ; ces dernières pouvant alors être présentées comme porteuses de perspectives nouvelles pour l'intégration des personnes défavorisées (Ecrivain public numérique ; E-Agora démocratie participative ; Emancipation sociale)."

Dans les "projets technologiques" des C.P.A.S., l'accès apparaît comme une nécessité autant sociale qu'économique en s'adressant d'abord aux bénéficiaires des minimas sociaux et aux demandeurs d'emploi.

L'attitude par rapport aux publics cibles dans les C.P.A.S. est la suivante :

"Les usagers ayant recours au service de médiation de la dette sont autant concernés par des usages hors ligne (impression de documents, formation aux logiciels bureautiques) qu'en ligne (recherche sur le Web, qu'elle soit ou non accompagnée d'un encadrement pédagogique) ;

L'ouverture à l'ensemble des citoyens est généralement liée à des EPN qui proposent un libre accès aux infrastructures technologiques ;

La formation aux principaux services Internet s'adresse quant à elle principalement aux demandeurs d'emplois."

Toutefois, l'évaluation des projets technologiques manque de clarté tout comme la vision positive ou non des initiatives auprès des usagers mais "tous les C.P.A.S. participant à plusieurs projets technologiques possèdent une perception positive ou très positive de ce type d'expérience."

Dans les difficultés évoquées par les C.P.A.S. menant un projet technologique : il y a tout d'abord des problèmes d'effectif, des problèmes de qualification et ensuite des difficultés financières. Le rôle pivot des travailleurs sociaux dans la compréhension des opportunités liées aux nouvelles technologies et le travail à partir de programmes locaux et régionaux est souligné. 

Les usagers peuvent tirer 4 types d'avantages de projets TIC dans les C.P.A.S. :

"Un axe visant l'accès à l'information et au savoir ;

Un axe relatif à l'intégration sociale ;

Un axe reprenant des avantages touchant l'efficience professionnelle".

Le personnel des C.P.A.S. est convaincu de l'utilité de l'utilisation des TIC dans le contexte du travail au quotidien et dans le rôle de mise à disposition accompagnée de l'informatique et de l'Internet auprès des publics des centres. Les résultats de cette étude confortent les conclusions observées de plusieurs recherches françaises en sociologie des usages de ces dernières années dans des contextes d'utilisation collective des TIC pour une primo-appropriation.

Source :

Burton, Cédric, Laurent, Véronique, Navarre, François, Lobet-Maris, Claire et Poullet, Yves (27 avril 2006). "Usages d'Internet dans les C.P.A.S., un cadre pluridisciplinaire. Résultats de l'enquête quantitative préparatoire au colloque des secrétaires de C.P.A.S. d'avril 2006 sur l'informatisation du secteur", Facultés Universitaires Notre-Dame de la Paix de Namur, Enquête, 98 p. (Page consultée le 19 juin 2006)

Olivier Blondeau, que penser du néo-luddisme ?

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Interrogé par Cyril de Graeve et Ariel Kyrou pour le dernier numéro du mensuel Chronic'Art, le sociologue Olivier Blondeau (voir cette page ressource) donne son point de vue sur l'esprit du luddisme dans les nouvelles technologies. Qu'est-ce que le luddisme ? Une "grande révolte des ouvriers anglais du début du XIXe siècle au cours de laquelle de nombreuses machines censées remplacer les hommes étaient détruites".

"La technologie est devenue un symbole pour représenter la société de contrôle qu'on tente de nous imposer - comme la bombe atomique, primordiale de ce point de vue, nous a ouvert les yeux quant à la possibilité de nier, d'annihiler l'humanité. Les hackers n'ont pas le même rapport à l'ordinateur que celui des ouvriers tisserands avec la machine à filer que les industriels voulaient leur imposer. Parce que cette machine d'un autre âge était coûteuse et déshumanisante, qu'elle brisait leur communauté et que les ouvriers ne pouvaient pas ni se l'approprier ni la détourner à leurs propres fins. Dorénavant, presque n'importe qui peut construire une machine tout seul chez soi. On peut même élaborer aisément des programmes qui nuisent aux pouvoirs et à ceux qui les servent, comme des virus par exemple. Ce qui nous ramène à l'essence même du luddisme, puisque l'objectif consiste ici à enrayer le système, à casser toutes les machines de contrôle. Le but des hackers, c'est d'utiliser une certaine technologie, quitte à la détourner de ses fonctions initiales afin de faire prendre conscience du caractère oppressif de la technologie telle qu'elle sert le pouvoir dominant. Tout comme le luddisme, ils rejettent un certain usage de la technique plus qu'ils ne rejettent la technique en tant que telle."

Source :

De Graeve, Cyril et Kyrou, Ariel (juin 2006). "Hack the code", Chronic'Art, Paris, n°26, pp. 32-33

dimanche 7 mai 2006

Nidouillet, café des enfants social et solidaire à Caen avec 6 blogs pour expliquer et présenter le projet

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Il y avait déjà le Cafézoïde à Paris qui est un modèle du genre. Alexandra Blanchon, maman d'une enfant de 6 ans, s'est inspirée de cette expérience réussie du café pour enfants associatif parisien pour créer à Caen (17 rue des Boutiques. Tél. : 06 12 96 87 88), un lieu de convivialité-café intitulé "Nidouillet" au sens social du terme où les enfants accompagnés des parents peuvent pratiquer des activités d'éveil conçues et élaborées ensemble dans le respect de règles comme la libre expression, la démarche participative, l'éco-citoyenneté, le commerce équitable…


L'idée d'Alexandra est née après la naissance de sa fille où elle s'est retrouvée avec d'autres mamans pour échanger sur leurs pratiques éducatives et artistiques. Ce déclic leur fera créer l'association Carte Blanche (animation des temps du midi à l'école). Alexandra va suivre dans la foulée une formation auprès de la couveuse d'entreprise de l'Université de Caen pour affiner son projet.


L'ARDES (Association Régionale pour le Développement de l'Economie Solidaire) l'a soutenu en 2004 pour la création d'un café des enfants nomade lors des journées du développement durable à Louvigny (Picardie) qui rencontre un grand succès et génère un partenariat avec une galerie d'art.


Le Café des Enfants "fixe" Nidouillet a vu le jour le 17 mars à Caen, dans le quartier de la Folie-Couvrechef. Alexandra a mobilisé 24000 Euros via des partenaires privés (Fondation Vinci, Fondation JM Bruneau) et publics (Direction Régionale Jeunesse et Sports, Ville de Caen, Région de Basse-Normandie) et a loué un local au pied des immeubles. Au 1er trimestre 2006, se poursuivent les travaux d'aménagement des locaux avant l'ouverture.


L'adhésion annuelle (1 Euro par enfant, 5 Euros par adulte) permet aux participants d'accéder au "bar" et aux activités libres en journée. Les associations du quartier participent à l'animation du lieu tout comme les parents qui imaginent des activités et partagent leur savoir-faire lors d'une matinée "boîte à outil". Ce sont les petites et grandes idées qui font fonctionner Nidouillet.


Solidaire "numériquement", le café pour enfants Nidouillet a décidé de ne pas créer de site internet mais de communiquer sur ses activités via un réseau de 7 blogs qui montre le dynamisme de la structure et son attachement à des valeurs d'expression et de transparence sur Internet :

- Nidouillet présente le programme d'activités et les nouveautés du café associatif pour enfants,

- Fonctionnement pour savoir comment marche le Nidouillet,

- L'Association qui propose en ligne les statuts de Nidouillet,

- Exposition et produits : "dans le café des enfants, les murs sont expos et un coin pour le commerce équitable et commerce artisanal",

- Le Journal des enfants : "tous les jours le lieu sera vécu par vous, par les enfants et nous, voici le journal semaine par semaine du Nidouillet",

- Des Partenaires : "le Nidouillet sans ses multiples partenaires n'existerait",

- et l'Histoire de l'aménagement de Nidouillet : La construction d'un lieu : "voici le Nidouillet qui se construit au jour le jour".


Sources :

Associated Press (3 avril 2006). “Un Café pour les enfants ouvert en France” [En ligne], Cyberpresse, Montréal, 1 p. (Page consultée le 7 mai 2006)

Zazial, Christiane (6 novembre 2003). “Un café pour les enfants : Le Cafézoïde”  [En ligne], France 5 Les Maternelles, Paris, 1 p. (Page consultée le 7 mai 2006)

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