Jean-Luc Raymond

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lundi 16 octobre 2006

Référentiel de compétences des métiers du multimédia en Europe, NAME, Nomenclature Analytique du Multimédia Européen

L'association APRONET (Association des Professionnels internet TIC des collectivités locales publiques) pointe à partir de sa bourse d'échanges de savoir-faire vers le référentiel de compétences des métiers du multimédia en Europe (NAME : Nomenclature Analytique du Multimédia Européen) : un travail financé par la Commission Européenne dans le cadre du Programme Leonardo da Vinci, coordonné par Aquitaine Multimédia et qui a demandé 2 ans de travail.


Les principales associations professionnelles multimédia d'Europe représentant plusieurs milliers d'entreprises du secteur ont collaboré pour établir ce référentiel avec 4 familles de métiers pour la conception : conduite de projet, scénarisation, conception et réalisation graphique, développement; et 3 familles de métiers pour l'exploitation : administration de site, webmarketing, métiers divers d'exploitation.


Les 26 métiers observés et les 96 tâches étudiées font l'objet de traductions dans neufs langues (Français, Anglais, Allemand, Espagnol, Portuguais, Italien, Néerlandais, Finlandais, Slovène).


Cet outil est en libre accès (sur inscription par courrier électronique) et permet donc à tous les acteurs du secteur entreprises, organismes de formation, institutions, salariés ou demandeurs d'emploi) de mieux identifier les métiers du multimédia en Europe.


Source :

Privilis (octobre 2006). NAME Multimedia (En ligne), Privilis, Bordeaux, Site (Page consultée le 16 octobre 2006)

dimanche 15 octobre 2006

Thomas Friedman, la Terre est plate, une brève histoire du XXIe siècle

Thomas Friedman est un journaliste américain au New York Times et détenteur de trois Prix Pulitzer. Dans son dernier ouvrage, The World is Flat traduit en La Terre est plate, paru aux Editions Saint-Simon, ce mois-ci, Thomas Friedman (voir son site) s'exprime sur la globalisation. Son livre s'est déjà vendu à 3 millions d'exemplaires aux États-Unis. Le magazine Challenges de cette semaine en publie un extrait.


Thomas Friedman découpe le phénomène de la mondialisation en 3 étapes : le monde de taille moyenne ou "comment collaborer avec les autres nations à l'échelle mondiale" (de 1492 à 1800), le petit monde ou "l'économie mondiale" (de 1800 à 2000) et aujourd'hui, le petit monde en train de devenir minuscule, en même temps que le terrain s'aplatit : "ce ne sont plus ni les pays ni les entreprises qui guident le processus, mais les individus".


Thomas Friedman caractérise ce "nouveau Monde mondialisé" :

"Ce monde plat résulte de la convergence de l'ordinateur personnel (qui a permis à chacun de produire ses propres documents numérisés), du câble à la fibre optique (qui a permis d'avoir accès à de plus en plus d'informations pour un coût quasiment nul) et de l'essor des logiciels de workflow (qui a permis à des individus de collaborer sur le même contenu numérique quelle que soit la distance géographique qui les sépare). Personne n'avait prévu cette convergence. Elle s'est simplement produite, vers l'an 2000, et les hommes ont alors compris qu'ils pouvaient désormais agir à l'échelle planétaire en tant qu'individus. Ils pouvaient travailler avec d'autres individus, et non plus seulement en concurrence avec eux. Chacun doit donc se demander : Quelle est ma place, en tant qu'individu, au sein de la concurrence mondiale ? Comment puis-je, personnellement, collaborer avec d'autres individus à l'échelle planétaire ? (...)

En matière de création de valeur, le monde passe d'un système vertical à un système plus horizontal, tandis que l'on voit s'effondrer les murs, les plafonds et les planchers : les sociétés vont donc faire face à beaucoup de bouleversements à la fois. Et ces changements n'affecteront pas seulement l'économie, mais aussi la manière dont les individus, les communautés et les entreprises s'organisent.

La définition même de l'entreprise et de communauté en sera transformée, de même que notre identité de consommateurs, d'employés, d'actionnaires ou de citoyens, notre identité politique et le rôle joué par les gouvernements. Après la triple convergence qui a commencé vers l'an 2000, nous allons devoir "résoudre les énigmes". (...)

Où commencent et où s'arrêtent les entreprises ? Les relations entre les différents groupes de travailleurs devront être repensées, de même que les relations entre les entreprises et les communautés."


Source :

Friedman, Thomas (12 octobre 2006). La Terre est plate, une brève histoire du XXIe siècle, Éditions Saint-Simon, Paris, 283 p.

samedi 14 octobre 2006

Cyber-réputation et notoriété en ligne

Dans son édition du 12 octobre 2006, L'Express sous la plume de la journaliste Mélodie Proust consacre un article à la cyber-réputation avec cette accroche "Pour la recherche d'information ou les affaires, la Toile peut s'avérer très indiscrète. Des agences spécialisées proposent d'améliorer votre image en ligne".


La notoriété en ligne ou cyber-réputation peut aussi jouer des tours. Lorsqu'un employeur reçoit un CV, il utilise de plus en plus Internet pour en savoir plus, en recherchant le nom du candidat dans un simple moteur de recherche.


Des sociétés se spécialisent dans la gestion de la cyber-réputation et pour la corriger en agissant sur le classement des requêtes dans les moteurs de recherche les plus connus ou en créant une notoriété sur le nom d'une personne.


Ainsi, IC Agency (Interactive Communication Agency), agence basée en Suisse s'est spécialisée dans ce secteur ; citation de David Sadigh, cofondateur d'IC Agency :

"Quelqu'un qui a eu des problèmes avec la justice dans les années 1970 n'a aucune envie de voir ressurgir son passé trente ans plus tard. Nous lui permettons de gommer cet antécédent préjudiciable qui l'empêcherait de se réinsérer socialement."

Source :

Proust, Mélodie (12 octobre 2006). "La Cyber-réputation" (En ligne), L'Express, n)2884, Paris, p.96

jeudi 28 septembre 2006

Jacques Cotta, 7 millions de travailleurs pauvres, la face cachée des temps modernes

Le journaliste Jacques Cotta a publié chez Fayard, le 27 septembre, un récit-essai sur une population française oubliée : les 7 millions de travailleurs pauvres : "7 millions de travailleurs pauvres. La face cachée des temps modernes".


Il y décrit de façon magistrale la vie au quotidien d'hommes et de femmes sans logis qui, la plupart du temps, errent chaque soir pour trouver un logement digne de ce nom, cherchent de quoi manger et désirent se laver ; ces mêmes personnes qui travaillent chaque jour pour un salaire dérisoire.


Crise du logement oblige, ces travailleurs pauvres sont victimes de la gentrification, terme barbare mais urbain, leur faible niveau de revenus les excluant de la ville mais aussi de la périphérie des villes. De plus en plus rejetées dans le rural, ces personnes se voient rejeter de la possibilité d'avoir un travail stable du fait de la difficulté à se déplacer par les modes de transports en commun, leur accès à la culture demeure limité, ne parlons même pas d'un accès à Internet digne de ce nom. Le livre de Jacques Cotta évoque ces gens-là, ceux qui n'ont pas d'organisations représentatives, ceux qui se taisent, dans la société française, qui n'existent pas sauf dans des statistiques liées à des revenus :

"Depuis que j'ai quitté l'homme au costume, je reste en butte à quelques questions qui se bousculent. Qui sont vraiment ces nouveaux pauvres, ces "poor workers" à la française ? La clocharde vautrée est détectable, mais eux ? Y a-t-il une trajectoire bien identifiée qui mène à cette nouvelle pauvreté, ou chaque cas est-il particulier ? Comment ces nouveaux pauvres ont-ils basculé ? Comment vivent-ils au quotidien ? Pour quelle raison l'homme qui vient de me parler a-t-il tout d'un coup sombré ? Il est environ 20h30, la pluie a cessé, et l'agitation habituelledu quartier a repris le dessus. Sous les appareils de chauffage extérieurs, les terrasses sont pleines, la musique resonge, couvrant le bruit des voitures qui passent à toute allure.

Malgré les apparences, statistiquement, il y a là des hommes et des femmes directement concernés que je ne peux repérer. Ils sont en effet 7 millions de France à connaître cette pauvreté, à ne pouvoir se nourrir, subvenir à leurs besoins élémentaires, se loger. Plus de 3 sans domicile fixe sur 10 ont un boulot et pourtant, comme l'homme que j'ai quitté à l'instant, cherchent soir après soir où dormir. Comment les reconnaître alors qu'ils sont comme vous, comme tout le monde, comme moi ?"


Statistiquement en France, plus de 7 millions de salariés perçoivent un salaire inférieur à 722 euros par mois et se trouvent dans l'incapacité de se nourrir, de se loger ou de s'habiller décemment, de même que leur famille. Plus de 12 millions ont moins de 843 euros de revenu mensuel. Entre la moitié et les deux tiers des femmes qui travaillent ont un contrat d'intégration (CES, CIE, CES...) et touchent moins de 750 euros par mois, ont un enfant, vivent seules ou avec un conjoint au chômage et forment 90 % des familles monoparentales.


Alors que la France n'a jamais été aussi riche - le Produit Intérieur Brut est en progression constante depuis le début des années 1990 - la précarité s'est développée sur un mode exponentiel. En 10 ans, l'intérim a augmenté de 130 %, le nombre de CDD de 60 %, les CDI de seulement 2 %. Plus d'un million de personnes bénéficient du RMI, plus de 500 000 de l'allocation solidarité.


Daniel Mermet (France-Inter) a consacré son émission "Là-bas si j'y suis" du 27 septembre à un entretien avec le journaliste Jaques Cotta à l'occasion de la sortie de son livre 7 millions de pauvres. Vous pouvez écouter cette émission à cette adresse.


Source :

Cotta, Jacques (27 septembre 2006). 7 millions de travailleurs pauvres, la face cachée des temps modernes, Fayard, Paris, 308 p.

mercredi 6 septembre 2006

Création d'entreprise et solidarité numérique, questionnements sur l'appropriation à l'Internet, une coopérative d'activité TIC en Wallonie

Sébastien Cayrolles, créateur de Ceovia, une entreprise de services sur Internet en Région Dijonnaise ("nouveau média qui va donner enfin l'occasion aux particuliers et aux professionnels de communiquer localement"), compte son aventure sur son blog : Scayaux : un créateur d'entreprise à Dijon.


Habitant de Auxonne, il informe aussi sur l'activité d'une association locale "qui procure des séances d'aide pour maîtriser l'informatique" et se questionne dans un autre article sur Internet comme espace de solidarité avec une piste de solution technique en problématisant son propos sur la culture numérique :

"Outre ces problèmes techniques de raccord au web, il y a bien évidemment le problème de la culture numérique. Il y a de nombreuses personnes avec qui j'aimerais bien échanger des photos, des séances de webcam, des lectures. Mais je crois qu'il est à peu près impensable de les convertir à Internet en l'état actuel des choses."


Aujourd'hui, les enjeux de créations d'entreprises axées sur des activités locales numériques se heurtent à des interrogations liées à l'appropriation d'Internet par les utilisateurs : quelles sont les compétences développées, à développer ? Celles qui bien évidemment conditionnent des activités économiques sur des territoires...


Dans le domaine de la création d'entreprise, la solidarité numérique peut jouer à plein comme cette idée judicieuse qui est devenue réalité, l'association Technocité Asbl (centre de compétence de la Région Wallonne en Belgique, qui a pour mission de diffuser très largement les Technologies de l'Information et de la Communication et d'en favoriser l'usage par l'initiation, la formation et le perfectionnement) créée une coopérative d'activité avec le centre de formation d'Hornu qui a pour but de faciliter l'engagement vers une activité indépendante. Pour Technocité, Pascal Kaiser décrit cette action :

"On a formé énormément de gens, à 50 % des demandeurs d'emploi. Et nos formations sont high-tech. Elles coûtent cher en matériel et en formateurs. D'où l'idée d’avoir une certaine traçabilitéde ces formations. De permettre de transformer l'essai. Il y a un fort déficit d'esprit d'entreprise. Les jeunes qui débutent comme indépendants ne savent pas se vendre, hésitent à se lancer… Or, ça peut fonctionner très fort en free-lance. C'est pour ça qu'on veut proposer une formule relativement souple qui donnera la possibilité de travailler 1 an comme free-lance tout en gardant son droit au chômage si l'activité s'arrête. On va aussi proposer des coachings en comptabilité à la demande, et surtout la possibilité de se retrouver dans des groupes de personnes tous dans la même situation."

mardi 5 septembre 2006

William J. Mitchell, la ville du XXIe siècle

William J. Mitchell est professeur au MIT (Massachusetts Institute of Technology, voir son site) et à la tête du MIT's Program in Media Arts and Sciences qui comprend le MIT media Lab.


Dans le numéro 91 de la revue scientifique en sciences humaines et sociales Sociétés, il s'interroge via l'article "L'espace entre les mots : Symboles, espace et ville" sur l'organisation de l'espace urbain comme constitutive de la relation de la communication dans une dimension narrative ; l'espace comme comme environnement qui se dote technologiquement d'éléments, de symboles et d'informations importés et valorisés in situ ; extrait :

"Ces déplacements, dislocations, insertions et combinaisons d'information numérique en rapport avec les environnements architecturaux et urbains ont toujours été lourds de conséquences, et le seront encore davantage à l'avenir. Un acheteur jadis était cantonné au monde clos d'un magasin ; on peut maintenant passer un coup de fil de son portable pour savoir quoi acheter pour le dîner, ou surfer sur Internet pour comparer les prix. Au moment de payer, un appareil sans fil lira les codes barres sur les produits achetés, les encaissera tout en mettant à jour le système d'inventaire des stocks. Un responsable politique peut désormais rester en contact au moyen de son Blackberry et donner des instructions, le tout sans quitter la salle de réunion, ni interrompre le débat qui s'y tient. L'étudiant dans son amphithéâtre n'interagissait auparavant qu'avec les éléments fournis par le professeur ; il peut désormais taper sur Google le sujet de l'intervention depuis son ordinateur portable, et rassembler des ressources accumulées autour du sujet du cours. (...) 

Contrairement à ce qu'on imaginait couramment il y a quelque temps pourtant, l'ubiquité qui caractérise les réseaux numériques n'a pas tout simplement gommé les différences entre les lieux, permettant à n'importe quoi de se produire n'importe où, à n'importe quel moment. Au contraire, cela s'est mué en mécanisme d'injection permanente d'informations au sein de contextes autrefois inaccessibles, ajoutant une nouvelle couche de sens. 

À mesure que ces différents modes et moyens de communication ont fait leur apparition les uns après les autres, ils se sont partiellement substitués à leurs prédécesseurs ; on peut, par exemple, choisir de décrocher le téléphone ou d'envoyer un e-mail au lieu de donner rendez-vous quelque part à un ami pour une conversation en tête à tête. La plupart du temps cependant, les nouvelles formes d'information se surajoutent et viennent compléter ce qui existait auparavant. Le mot écrit n'a pas mis un terme aux échanges parlés, et le mot électronique n'a pas tué l'imprimerie.

Toutes les pratiques de communication que j'ai décrites ici - de la discussion entre personnes rassemblées à portée de voix à propos de choses à portée de main à l'inscription et la lecture d'étiquettes, la construction et le téléchargement de pages web accessibles à l'échelle planétaire, l'envoi et à la réception d'e-mails jusqu'aux réunions en ligne depuis son ordinateur - travaillent ensemble à la fois dans le but de donner sens aux édifices et aux villes et d'en tirer du sens. Les fonctions sociales et culturelles des espaces construits sont devenues indissociables de l'opération simultanée de multiples systèmes de communication à l'oeuvre autour et à l'intérieur d'eux. On ne peut plus (n’a-t-on jamais pu ?) comprendre l'architecture en tant que médium autonome fait de masses, d'espaces et de lumière ; elle sert de nos jours de base construite à la rencontre et à l'extraction de sens à partir de flots d'information auditive, textuelle, graphique et numérique se recoupant au travers de réseaux planétaires."


Source :

Mitchell, William J. (2006). Trad. Bosqué, Clément. "L'espace entre les mots : Symboles, espace et ville" in Sociétés n°91, De Boeck, Bruxelles, pp.20-21

jeudi 31 août 2006

La révolution Web 2.0, Quand le Net devient une communauté, Dossier de Courrier International

L'hebdomadaire Courrier International, dans son édition du 31 août (n°826), consacre sa couverture et un dossier central de 7 pages à l'actualité de l'Internet marchand : "La révolution Web 2.0 : Quand le Net devient une communauté" montrant les différentes facettes du concept Web 2.0, d'un enthousiasme certain à un scepticisme affirmé. Retour sur ce dossier et ses composantes.


Quand les internautes tissent eux-mêmes leur toile (Newsweek, Etats-Unis) - (à lire en ligne ici)


Le premier article reprend des extraits d'un papier de Newsweek du 3 avril 2006 intitulé "The New Wisdom Of the Web" (par Steven Levy et Brad Stone) traduit en un titre évocateur : "Quand les internautes tissent eux-mêmes leur toile". Les auteurs décrivent le phénomène Web 2.0 comme une nouvelle génération de sites dont le fonctionnement est fondé sur la participation des internautes prenant pour exemple le succès commercial fulgurant des mini-sites MySpace et la stratégie exemplaire de la plateforme FlickR, qui permet la création d'espaces en ligne de partage de photos.


Le contenu apporté par les utilisateurs ("user-generated content") est le nerf de la guerre que se livrent les services Web 2.0 mais cela va plus loin, les internautes (consommateurs) étant invités à organiser ces données (souvent l'un ne va pas sans l'autre). C'est l'exemple de Del.icio.us créé il y a 2 ans par l'américain Joshua Schachter, un site où les internautes du monde entier inscrivent des URL, les caractérisent et catégorisent par des marqueurs ou mots-clés ("tags"), le tout étant réutilisé et partagé par les utilisateurs de Del.icio.us.


L'article des deux journalistes va plus loin en insistant sur la porosité des données échangées et partagées entre des sites et plateformes concurrentes rendue possible via les API, le RSS ou AJAX :

"La plus belle illustration de ce fonctionnement est le système des mash-ups (mixages ou applications composites). C'est au départ une technique de hackers, qui consiste à extraire des éléments (vidéos, musique, images...) de leur site initial et à les combiner avec d'autres, pour informer ou faire rigoler. Certains ont aussi "emprunté" une liste d'appartements libres proposés sur Craigslist [un service de petites annonces classées et localisées] pour l'installer sur une carte de Google Maps".


La conclusion sonne comme un hymne au Web 2.0 dans une forme très lyrique et inconditionnelle :

"MySpace, FlickR et les autres ne sont pas des endroits où aller, mais des choses à faire, un moyen de s'exprimer, de rencontrer d'autres personnes et d'étendre ses propres horizons. Le cyberespace était un endroit lointain. La Toile, c'est chez nous".


Web 2.0, un concept à tiroirs (Slate, Etats-Unis)


Deuxième article du Dossier Web 2.0 de Courrier International, "Web 2.0, un concept à tiroirs", paru sur Slate le 29 mars 2006 sous le titre originel : "Web 2.0: The new Internet "boom" doesn't live up to its name" ou un essai de définition du Web 2.0 par Paul Boutin. S'agit-il d'une technologie, d'un état d'esprit ou d'une manière de monétiser Internet ?


A cela, le journaliste et ex-ingénieur au Massachusetts Institute of Technology s'interroge sur la terminologie Web 2.0 recouvrant des réalités différentes et non imbriquées (Paul Boutin parle même de "choses antinomiques") dès lors qu'on se place du côté de Tim O'Reilly, celui a qui a lancé le terme en 2003 ("un méli-mélo d'outils et de sites qui encouragent la collaboration et la participation"), du côté des développeurs ("tous les logiciels et langages utilisés pour créer les fonctionnalités époustouflantes des sites labellisés en tant que tel") ou dans une troisième acception dite "tactique Web 2.0" vue de la Silicon Valley ("une volonté de faire de l'argent en finançant un site alimenté en contenu par ses utilisateurs").


Au delà de l'image cool du "2.0" utilisé à toutes les sauces du marketing aujourd'hui, Paul Boutin fait preuve d'ironie au regard du marché de l'Internet :

"La récupération commerciale du Web 2.0 est la clé pour comprendre ce que le terme désigne réellement. C'est parce qu'ils ont raté le boom du Web 1.0 que la nouvelle génération de créateurs d'entreprises colle l'étiquette Web 2.0 sur tout ce qui se fait. (...)

Il existe un moyen tout simple de décrire la nouvelle culture de la participation en ligne sans avoir à invoquer le Web 2.0. Dites simplement Internet. Vous verrez alors que tout le monde comprend enfin ce que vous voulez dire".


Transférer son bureau en Sicile (Aera, Japon)


Tiré de l'hebdomadaire nippon AERA, l'article de Hiroki et Hideo Sato "Transférer son bureau en Sicile" montre qu'Internet modifie les habitudes de travail au Japon dans le secteur des nouvelles technologies, que l'internationalisation des services est nécessaire et permet le développement de certaines contrées dans le monde.


Il est montré en exemple un groupe de 5 personnes (collègues de travail et confrères) en "voyage de création" de 24 heures dans une ville thermale proche du Mont Fuji, qui ont pour objectif de créer un produit durant ce laps de temps, une pratique qui tend à se répandre au pays du soleil levant, le concept du "bureau à l'étranger" pour transférer temporairement son lieu de travail en dehors du Japon (dans le cas évoqué à Florence, en Italie) ou le "one day free" pendant lequel l'employé ingénieur de la société Mixi (blogs, partage de photos en ligne...) est bien à son bureau, mais ne participe durant cette journée au choix dans la semaine à aucune réunion et est dispensé des tâches courantes.


Autre fait japonais, une expression inédite prononcée par Yosuke Akatmatsu, créateur de l'entreprise Sidefeed, une société "au coeur de la tendance Web 2.0" avec système de notation de blogs : privilégier les blogueurs influents qu'il appelle les "intellectuels commerciaux" et propose la plupart des services de son entreprise en anglais... La moitié de ses utilisateurs habitent un pays anglophone!


Enfin, il est cité dans cet article les propos de Sayaka Murata, de l'ONG japonaise Kamonohashi Project qui donne accès à l'informatique et à l'Internet à des enfants cambodgiens défavorisés et leur enseigne l'outils informatique :

"Des adolescents qui fouillaient les montagnes d'immondices pour trouver de quoi survivre chaque jour sont capables aujourd'hui de créer un site Internet"...


... Et de citer le service Google Adsense qui permet à des internautes de ce pays de gagner avec ce programme de publicités plus de 10 000 yens par mois (soit 68 euros)... Ce n'est pas de l'argent de poche dans cette contrée! Et de conclure en franchissant un pas, avec un optimisme forcené:

"La véritable valeur du Web 2.0 sera peut-être de réduire la fracture entre les pays industrialisés et ceux en voie de développement."


Le nouveau royaume des idiots (Der Spiegel, Allemagne)
  - (à lire en ligne ici)


Dernier article du Dossier Web 2.0 de Courrier International, une interview pour Der Spiegel du philosophe allemand et spécialiste de la Communication et des médias Norbert Bolz qui est très critique sur les utilisations des nouvelles formes de communication : "[Elles] conduisent au règne de l'opinion, de l'exhibitionnisme, de la précipitation et à la fin de la raison". Norbert Bolz n'est pas tendre en effet dans ces propos :

"En quoi la navigation sur le Net change-t-elle nos habitudes de pensée ? La raison occidentale avec sa structure thèse-antithèse-synthèse peut-elle encore fonctionner dans notre culture versatile du clic ?

Chez Kant, la raison n'est assurément pas limitée par le temps. Avec Habermas, on peut encore discuter pendant un temps infini. Cela est toutefois de plus en plus irréaliste. Aujourd'hui, il s’agit de passer au crible le plus de matériel possible en un temps le plus court possible. En un mot : la raison classique était indépendante du temps ; aujourd'hui, nous n'avons pas la tranquillité nécessaire pour traiter les informations les unes à la suite des autres. Il vaut mieux repérer l'important en quelques secondes que maîtriser la déduction."


Une conclusion en forme d'interrogation et de doute sur le Web 2.0, sur les valeurs défendues par ses plus ardents partisans et sur la perte de recul temporel pour porter un regard critique et citoyen sur les outils Web 2.0, leur impact, les données diffusées, disponibles et échangées dans une "culture de l'instantanéité" qui prône l'immédiat comme constante essentielle de la valeur de l'information.

dimanche 20 août 2006

Guide pratique sur les Espaces Publics Numériques en Hongrie : “Telecottage Handbook: How to establish and run a successful telecentre”

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Le Programme des Nations Unies pour le Développement (U.N.D.P. - United Nations Development Program) vient de publier un guide - vademecum en anglais sur l’expérience hongroise des telecottages hongrois (équivalents de nos Espaces Publics Numériques français, voir le site Telehaz.hu) : “Telecottage Handbook: How to establish and run a successful telecentre” (en .pdf, 90 pages, à télécharger à cette adresse) dans une dynamique de faciliter le développement de télécentres et d’EPN en se posant des questions sur le montage du projet : gestion du projet en amont,  idées d’activités à développer, questions financières à prendre en compte, indicateurs des effets de leviers créés par la fréquentation des telecottages.


Le point fort de ce guide pratique est d’insister sur les bénéfices locaux de l’implantation d’un telecottage en terme de dynamiques citoyennes participatives, d’administration électronique, de développement économique. Des bonnes pratiques sont présentées tout au long de ce guide, agrémenté de tableaux récapitulatifs et points explicatifs.


Ce guide est à compléter par un document pratique (livre d’exercices de 30 pages, à télécharger en document Word) co-écrit par Matyas Gaspar (fondateur du 1er telecottage en Hongrie en 1996, et actuel président de l’Europen Union of Telecottage Association, E.U.T.A. à Budapest), Eva Bernat et Peter Palvolgyi : “How community telecentres serve local development - guide for local practitionners” (Comment les Espaces Publics Numériques peuvent contribuer au développement local - guide pour les acteurs de terrain) qui aide à l’analyse des pratiques et de l’environnement d’un Espace Public Numérique dans le cadre d’une création d’E.P.N. ou d’une redéfinition de projet.


Source :

Misnikov, Yuri (June 2006). Telecottage Handbook: How to establish and run a successful telecentre. A practical guide for community development practitioners on strategies for ICT-enabled community empowerment (based on the Hungarian telecottage movement experience) [En ligne], Collection How to Build Open Information Societies, UNDP Regional Bureau for Europe and the Commonwealth of Independent States, Bratislava, 1 p. (Page consultée le 20 août 2006)

mercredi 9 août 2006

Utilisation d’internet par les personnes à la rue, sans domicile fixe

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Dans un remarquable article pour le quotidien Le Monde (mercredi 9 août 2006) : “Arthur, Le campeur du pont Marie”, le journaliste Yves Eudes conte le parcours et la vie de Arthur (”électricien à Varsovie, venu tenter sa chance en France ; il y a vécu quelques belles années avant de se retrouver à la rue”… à Paris).

Dans l’histoire d’Arthur en France, l’accès à l’Internet a joué un double rôle ; celui d’une arnaque tout d’abord :

“Fin 2003, Arthur, qui surfe souvent sur Internet, reçoit par e-mail une proposition commerciale : un promoteur cherche des sous-traitants pour construire tout un lotissement de pavillons. Pour entrer dans l’affaire, il suffit d’investir 1 000 euros. Aussitôt, il envoie un chèque et souscrit un prêt bancaire de 35 000 euros pour acheter du matériel. Puis il attend, mais rien ne vient. Quand il va se renseigner à l’adresse indiquée sur Internet, il découvre que le promoteur n’existe pas : “Une arnaque toute simple, comment ai-je pu être aussi naïf, aussi con ? J’avais confiance en la France.”"


Vivant dans la rue, sous le pont Marie, à Paris, en plein hiver, l’accès public à l’Internet, lui a sauvé la vie, en quelque sorte :

“Après avoir passé un hiver épouvantable, recroquevillés à quatre sur un seul matelas, ils réussissent à obtenir des tentes : “Quand on a entendu dire que Médecins du monde distribuait des tentes, je suis allé à la bibliothèque de Beaubourg pour leur envoyer un e-mail, et ensuite on est allé les voir. Ils nous ont fait attendre deux mois, mais une nuit, ils ont débarqué avec les tentes. Notre vie a changé d’un seul coup : maintenant on a un chez-nous, comme un petit village. On est protégé, on a un peu d’intimité, on se repose mieux. C’est aussi un endroit pour laisser nos affaires, c’est essentiel.” Depuis, ils vivent dans la hantise d’être expulsés : “On organise des tours de garde. L’un de nous doit toujours rester près des tentes pour les surveiller, pour empêcher les services municipaux ou la police de profiter de notre absence pour tout jeter à la Seine.”


L’Internet n’est pas salvateur mais le besoin d’informations utiles est souligné par les pratiques de certains usagers à la rue fréquentant des espaces multimédias gratuits à Paris. Encore faut-il être capable de localiser les infos nécessaires à leurs besoins et à leurs envies et à accompagner ces personnes dans un parcours d’apprentissage des technologies. Aussi, il ne faut pas choisir les champs d’utilisation de l’ordinateur et de l’Internet à la place de ces publics.


En parallèle, aux États-Unis, le célèbre blogueur sans domicile fixe (”homeless”) Kevin Barbieux qui s’est lui-même surnommé “The Homeless Guy” (consulter son blog) vient de créer une page de vente sur eBay sur un mode décalé : il souhaite mettre en vente des objets ayant trait à son statut de SDF et débute par la mise aux enchères de sa carte lui ayant permis de se nourrir à Las Vegas.


En juillet dernier, Kevin Barbieux a créé un second blog Cheap Advice où il répond à des questions moyennant de toutes petites sommes versées sur un compte PayPal concernant la vie dans la rue ou les services sociaux. Kevin Barbieux, “l’expert”, cherche à partager son savoir et ses connaissances des services d’aides avec les internautes ; une idée judicieuse.

Source :

Eudes, Yves (9 août 2006). “Arthur, Le campeur du pont Marie” [En ligne], Le Monde, Paris, p.10 (Page consultée le 9 août 2006)

mardi 8 août 2006

Trophée Service Plus : les services de demain à la personne

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Le premier Trophée Service Plus (voir le site), organisé par Senior Plus (voir site) et Good Futur (voir site) avec le soutien du Groupe Caisse d’Épargne (voir site) et sous le parrainage de l’Agence nationale des services à la personne (voir site), le 17 novembre 2006, récompensera l’innovation, la qualité et la croissance des services à la personne.


Un appel à projets est lancé : les candidatures peuvent être déposées entre le 13 juillet et le 16 octobre 2006. Le dossier d’inscription se télécharge sur le site Trophée Service Plus à cette adresse.


Le Trophée Service Plus a pour objectif d’encourager l’émergence de réalisations dans le secteur des services à la personne en repérant des prestataires répondant aux attentes d’un marché nouveau et d’accompagner sa structuration. Les principaux critères d’éligibilité sont l’innovation, la qualité et la croissance.

Le Trophée Service Plus décernera quatre prix :

- Prix de l’innovation
- Prix de la qualité
- Prix de la croissance
- Prix spécial du jury

Le Trophée Service Plus est ouvert aux projets conduits par des entreprises commerciales ou de l’économie sociale dans les cinq grands domaines définis par la Convention nationale pour le développement des services à la personne signée le 22 novembre 2004 : services à la famille ; services associés à la promotion de la santé à domicile ou sur le lieu de travail ; services associés à la qualité de vie quotidienne à domicile ou sur le lieu de travail ; services associés au logement et au cadre de vie ; services d’intermédiation.


Les lauréats présenteront leur projet devant les professionnels du secteur et des investisseurs qu’ils pourront rencontrer. Ils gagneront en visibilité et en crédibilité.


Le comité de sélection, composé de professionnels de la communication et de l’innovation, d’investisseurs et de créateurs d’entreprises reconnus, examinera tous les dossiers pour retenir douze lauréats. A l’issue de la sélection, le comité élira quatre gagnants.


Calendrier : 13 juillet – 16 octobre : Appel à projets ; 23 octobre : Sélection des 12 lauréats ; 7 novembre : Passage devant le comité de sélection, élection des 4 gagnants ; 17 novembre : Remise du Trophée Service Plus et présentation des 8 lauréats et 4 gagnants sur le Salon Senior Plus.


Source :

Edel, Laurent (juillet 2006). Trophée Service Plus [En ligne], Good Futur, Paris, Site (Page consultée le 8 août 2006)

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