Jean-Luc Raymond

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Tag - travail

Fil des billets

dimanche 19 novembre 2006

Entrepreneur de la connaissance (tendance 014)

Nouvelle rubrique : tendance. Un mot, une expression, un lieu, une chose comme reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans l'avenir, porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le prononce, dans son champ énonciatif et contextuel. Mot, expression à suivre, objet utile ou inutile, lieu en devenir...


Dans le "Petit précis d'efficacité collective Tome 01 : Travailler autrement" édité en par Microsoft France en Creative Commons, au 1er semestre 2006 (à commander gracieusement sur cette page), Richard Collin, expert français en Knowledge Management et Président d'ICCE introduit la notion d'entrepreneur de la connaissance en titrant une partie de son article "Travailler, produire et créer autrement" : "Chacun devient un entrepreneur de la connaissance" et en contextualisant son approche :

"Parce que le monde change très vite, chacun peut et doit devenir "chercheur". Chacun peut et devenir professeur, parce qu'il ne suffit pas de produire des informations et des connaissances, il faut aussi les formaliser et les communiquer. Enfin, chacun peut et doit devenir un manager dans sa propre sphère, parce que la coopération et le dialogue entre savoir-faire différents deviennent des exercices indispensables, parce que la décision et la navigation dans un environnement complexe et incertain sont désormais le lot de tous. L'autonomie et l'initiative se déclinent ainsi sous le visage de l'entrepreneur de la connaissance".


L'expression "entrepreneur de la connaissance" est un vocable tiré du Knowledge Management. Il constitue le leitmotiv d'un article du Pôle productique de Rhône-Alpes : "Que chacun devienne un entrepreneur de la connaissance" :

"Les systèmes à base de connaissances, les blogs et wikis, les messageries intelligentes et multimedia, les outils numériques pour la modélisation et la simulation collent à cette nouvelle vision du savoir, à condition, précisément, que nos modes d'organisation et nos mentalités n'y fassent pas obstacle.
Ainsi, l'organisation la mieux armée est celle dont le plus grand nombre de membres sont des agents d'innovations, des "entrepreneurs" au sein de leur structure (Suit la définition déjà inscrite plus haut)".


Sur son site Internet, le penseur canadien Michel Cartier consacre un article au knowledge worker (entrepreneur de la connaissance) qu'il considère en 2003 comme une nouvelle catégorie de travailleurs : "Les travailleurs de l'information" :

"La nouvelle économie fait donc émerger une nouvelle catégorie de travailleurs : ceux de l'information. Ceux-ci doivent créer, capitaliser et partager le capital de connaissances entre les employés de l'entreprise et les partenaires de celle-ci. Une étude américaine a révélé que lorsqu'une entreprise perd un employé, ce sont 30 000 $ en valeur information qui disparaît de son capital savoir. Ce sont des gens dont le métier est en train de muter (RH et veille par exemple), d'autres dont les pratiques sont remplacées par de nouvelles (CRM) ou certaines qui n'existaient pas il y a cinq ans (Web et multimédia)."

mercredi 15 novembre 2006

Chindogu (tendance 010)

Nouvelle rubrique : tendance. Un mot, une expression, une chose comme reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans l'avenir, porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le prononce, dans son champ énonciatif et contextuel. Mot, expression à suivre, objet utile ou inutile...


Dans son édition papier du mercredi 15 novembre 2006, le quotidien Les Echos évoque le mot japonais Chindogu qui désigne une catégorie bien précise d'objets. L'info est reprise sur le blog Les Echos Innovation dans l'article : L'art difficile d'inventer l'inutile :

"Chindogu vient du japonais "chin" (étrange) et "dogu" (objet). Les chindogus sont des objets utilisables mais inutiles. La complication et la gêne qu'entraînent leur emploi doivent être supérieures au bénéfice qu'ils apportent ­ou sont censés apporter. Exemples : la brosse à dents à double tête pour brosser le haut et le bas, la fourchette à moteur pour enrouler les spaghetti ou les chaussons pour chats en "chiffons à poussière" permettant à minou de faire le ménage rien qu'en se déplaçant. On voudrait pouvoir se laisser aller à une liste exhaustive, tant l'énumération en est réjouissante."


Le blog belge No Bug précisait en 2001 qu'un chindogu (l"art de l'idée non utile") répond à 10 préceptes énoncés parmi lesquelles des idées d'actualités qui rapprochent les chindogu de l'univers des logiciels libres et de la notion de bien commun :

"(...) Un chindogu ne peut être vendu (...) un chindogu ne peut être breveté : offert au monde, il est pour tous et ne peut être protégé par des brevets (...)."


On peut trouver des exemples de chindogu sur cette page en français et aussi sur cette page en anglais. Dans une interview en anglais (2 pages), Kenji Kawakami (créateur japonais du concept de chindogu) précise sa vision de ces objets par rapport au monde actuel et il précise que les chindogu s'inscrivent dans une approche analogique voulant favoriser la communication en opposition du monde numérique :

"Chindogu is analog. There's always some process in analog products, and these processes themselves can be their purpose. We think analog. Humans are originally analog beings. Digital is a way to get human ideas, but your fingers, your food are analog. The entrances and exits (to the human body) are always analog. If you look at digital products, they all isolate people and leave them in their own small world, depriving them of the joy of communicating with others. I can't deny that they make life more exciting and convenient, but they also make human relationships more shallow and superficial."

mardi 14 novembre 2006

Territoires urbains, exclusions, représentations et sphères de vie

En ces temps d'accélération de créations hybrides de plateformes du nouveau Web autour de cartographies annotées par certains utilisateurs internautes et d'une redécouverte du territoire réel au regard du territoire virtuel, quelques relectures s'imposent pour prendre un peu de recul sur la notion de territoire et de ville contemporaine.


En février 2006, le sociologue Jacques Donzelot publie l'article scientifique "La ville à 3 vitesses" dans la collection Arguments du PUCA (Plan Urbanisme Construction Architecture) du Ministère des Transports et de l'Équipement, qui comprend des textes synthétiques sur l'actualité des questionnements relatifs à la recherche urbaine. Jacques Donzelot y décrit 3 phénomènes majeurs du rapport des habitants à la ville moderne : la relégation, la péri-urbanisation et la gentrification. Les classes moyennes et précaires se voient rejeter des villes centres :

"Il y a la mondialisation par le bas qui se traduit par la concentration de ces minorités visibles dans les territoires de la relégation. Et puis la mondialisation par le haut qui correspond à la classe émergente associée à la gentrification. Entre ces deux pôles, aucune commune mesure ne permet l'établissement d'une relation, conflictuelle ou non. Elles vivent dans la même ville. Mais celle-ci ne relie pas l'une et l'autre des extrémités de ses habitants. Elle vit plutôt au rythme des malaises de la population qui s'intercale entre ces deux éléments sans établir une continuité efficace. Car cette population de classes moyennes qui constitue la principale part de la société contribue à la relégation autant qu'elle se sent rejetée par le processus de gentrification. Autant les classes moyennes ont constitué la solution de la ville industrielle, autant elles sont devenues le problème dans la ville mondialisée. Il n'est pas de moyen que la ville puisse à nouveau "faire société" qui ne nécessite d'apporter une solution aux classes moyennes, celles qui s'estiment, à juste titre, "les oubliées" de la nouvelle configuration pour la pure et simple raison qu'elles se trouvent en position de la subir."


Les classes créatives, puissantes financièrement, tiennent le pouvoir économique et se concentrent dans les villes centres, autour de bouillonnements culturels et technologiques, bénéficiant d'accès à des infrastructures techniques à haut, voire très haut débit.


Dans son essai "La société hypermoderne" (Editions de l'Aube, 2000), François Ascher, Professeur d'Urbanisme à l'Université de Paris 8, décrit la société moderne dans l'évolution urbaine et les liens sociaux dans la cité, plus nombreux, mais moins forts, qui font naître une société de la connaissance, un capitalisme cognitif sur lequel les individus pensent peser et ainsi transformer le territoire par les techniques c'est-à-dire les technologies. Les villes changent car la société et l'économie cognitive imprègnent notamment via les technologies ("les nouvelles technologies urbaines"), leurs modes de conception, de production et de gestion :

"Les conceptions et représentations de la métapole seront inévitablement en phase avec la société hypertexte et avec ses représentations multidimensionnelles du monde. Il ne pourra y avoir de séparation radicale entre les manières dont la société se pense et fonctionne, ses paradigmes, et les manières de concevoir les espaces des villes. Le monde du virtuel pénétrera inévitablement les théories et les pratiques de l'urbanisme et de l'architecture urbaine et donnera naissance à des combinaisons nouvelles. Le virtuel augmentera de différentes manières l'actuel. Demain, l'espace des villes n'intégrera pas les TIC seulement comme des métaphores, mais ressemblera davantage, lui aussi, à un hypertexte dans lequel les citadins se fabriqueront des urbanités variées et changeantes. D'ores et déjà, comme le souligne Antoine Picon, les citadins se déplacent souvent dans les villes tels des joueurs de jeux informatiques, sans consulter des modes d'emploi qui n'existent pas ou sont inutilisables, et se dirigeant par "essais, erreurs et reconnaissance".


Plus les technologies se font sensibles dans la reconstruction d'un territoire virtuel pouvant paraître pratique, volontairement organisé, sécurisant, voire utopique, plus elles semblent buter sur la réalité physique tangible du territoire local réel.


Illustration chiffrée, le blog Neighbourhoods, sur le modèle des parcours de vie, rappelle aujourd'hui la sphère territoriale de vie des enfants britanniques, une échelle extrêmement réduite : la notion de pas de porte (à 60 m du domicile en ligne droite, à 100 m en marchant), le voisinage (à 260 m de la maison en ligne droite, à 400 m à pied) et le local (à 600 m de l'habitation en ligne droite et à 1 km en marchant). Soudainement, le territoire se fait plus humain.

dimanche 12 novembre 2006

Accès public à l'Internet en Afrique : 4 mémoires d'étudiants, travaux de recherche au Mali, Sénégal et au Burkina-Faso

L'association des EPNologues publie 4 travaux d'étudiants du Master 2 CGNPT (Université Paris 10 Nanterre) très intéressants sur l'accès public en Afrique ; une perception de la réalité de l'appropriation des technologies via des expériences différentes et enrichissantes du point de vue humain et pédagogique :


Au Mali, un état des lieux des TIC et des usages diversifiés des technologies

Loïc Baron (Septembre 2006), "Etude des TIC au Mali, lors du Forum Social Mondial 2006. Projet : De l'Ilot Bamako en collaboration avec l'association GNTM de Saint-Denis" (à télécharger ici en .pdf, 72 pages). Au coeur de ce projet, un travail avec un Espace Public Numérique de Saint-Denis (93) permettant à des jeunes du quartier de se rendre au Forum Social Mondial à Bamako (Mali). Un voyage d'études illustré fait un état des lieux de l'accès public à l'Internet au Mali, des utilisations de l'Internet par les Maliens. Extrait :

"Utilisation du GSM dans le désert. Mohamed possède quelques chameaux et un troupeau de chèvres. C'est un Touareg nomade. Mais le seul élevage ne permet pas de vivre convenablement. Sa femme et lui réalisent des objets d’artisanat. Ils invitent des touristes en ballade à dos de chameau qui passent quelques nuits dans leur campement. Ces activités touristiques leur permettent d'acheter en ville des produits de première nécessité. Mais l'arrivée du GSM a considérablement modifié leur mode de vie. En effet, depuis
que Mohamed a acheté un téléphone portable, ils peuvent recevoir des coups de téléphones venant de Tombouctou ville. Ces appels sont ceux de partenaires de Tombouctou qui leur indique l'arrivée de touristes qui souhaitent partir en expédition
dans le désert. Mais la couverture GSM est limitée autour de la ville de Tombouctou. Les touaregs impliqués dans l'activité touristique établissent donc leur campement en fonction de ce nouveau paramètre : être à portée du réseau de téléphonie mobile."

A Dakar, citoyenneté numérique et administration en ligne

Abdoul Aziz Wane (Septembre 2005). "Autre Mairie de Dakar : Audit des Espaces Publics d'Accès Internet : Utilisation des TICs pour une qualité de service public et de bonne gouvernance locale" (à télécharger ici en .pdf, 114 pages). Ce mémoire s'intéresse à la réalité de l'accès public à Internet à Dakar avant de dégager les enjeux des TIC de l'administration locale et d'entrevoir un programme d'actions global par la mairie de Dakar d'appropriation de l'internet, auprès des citoyens de la capitale du Sénégal. Abdoul Aziz Wane dresse une typologie des publics menacés d'exclusion numérique :

"D'après les témoignages recueillis auprès des populations aux alentours des CyberCentres et chez les particuliers (pères et mères de familles), il a été constaté que quelques sous-groupes de la population Dakaroise sont significativement en
marge d'Internet :
- la tranche d'âge des 50 ans et plus (90% de non-utilisateurs),
- ceux qui n'ont pas de diplôme du secondaire (79% de non-utilisateurs),
- ceux qui n'ont pas d'activité professionnelle et ne sont pas demandeurs d'emploi (62% de non-utilisateurs),
Dans une moindre mesure :
- les chômeurs (49% de non-utilisateurs),
- les ouvriers (49% de non-utilisateurs)."


Espaces Numériques Scolaires au Sénégal : pluralité d'expériences

Maty Diallo / Dia (Septembre 2005) "Accès au grand public des Espaces Numériques Scolaires au Sénégal : Situation actuelle et perspectives" (à télécharger ici en .pdf, 97 pages). Ce mémoire de fin d'études dresse un panorama des ENS (Espaces Numériques Scolaires) au Sénégal, des lieux qui sont soit le fait d'une initiative interne (projet d'école ou d'établissement ou encore dans le cadre de partenariat Nord-Sud), soit nés sous l'impulsion des Autorités du Ministère de l'Education ou des Collectivités locales dans le cadre de la décentralisation. Par une méthodologie d'enquête quantitative et qualitative, Maty Diallo / Dia présente la pluralité des approches et des usages en ENS. Dans sa conclusion, il propose des axes de développement pragmatiques :

"Dans le même sens, les Pouvoirs locaux pourraient, toujours en relation avec les ONG, les mouvements associatifs, les artisans, pêcheurs, automobilistes, agriculteurs, les commerçants, etc., initier et promouvoir le développement de cyber-écoles. L'idée serait d'utiliser la puissance des TIC dans les ENS au service de la communauté, afin de mettre en commun les expériences et les activités des groupes socioprofessionnels, dans le but d'une mutualisation des moyens. Ces cyber-écoles, relativement bien implantées, pourraient permettre de faire face aux frais financiers qu'occasionnent aujourd'hui la construction tout azimut de cybercafés et dont les coûts sont souvent de portée des possibilités des habitants. Compte tenu de ce facteur limitant, la mutualisation envisagée pourrait se faire dans le cadre de salles multimédias qui regrouperaient
l'essentiel des moyens informatiques et de communication. Afin d'assurer la pérennisation du projet, il peut être prévu un couplage avec des activités de services telles que l'animation d'un cybercafé, la formation, la vente de produits locaux (artisanat, tourisme) en ligne, la réalisation de sites Web pour les PME locales, etc."


E-formation et formation au Burkina-Faso via des Espaces Publics Numériques en réseau

Emmanuel Tassr Sawadogo (Septembre 2005). "Offre de e-formation en milieu rural au Burkina Faso : Etude de faisabilité d'un projet pilote" (à télécharger ici en .pdf, 79 pages). L'objectif principal de ce projet est la construction d'une offre de e-formation et d'information pour le développement aux communautés rurales du territoire du Sanmatenga, une des 45 provinces du Burkina Faso, en partenariat avec InFoDev (structure de formation et d'information au Burkina). Le mémoire est présenté sous la forme d'une gestion de projet technique. A propos des publics concernés :

"Le choix d'InFoDev de s'intéresser au monde rural prédéfinit les publics cible du projet qui prend désormais le nom de Projet Sanem. En effet, les zones rurales sont constituées presque exclusivement de petits agriculteurs et d'éleveurs. Ces deux secteurs d'activités occupent 85% de la population du Burkina Faso et, paradoxalement, il n'y a pas d’offre de formation
structurée pour ces publics ; ce qui donne déjà à ce projet son caractère innovant. Ce caractère innovant du projet justifie d'ailleurs l'enquête menée pour dresser le relevé des besoins en formation et en information spécifiques à ce milieu. La politique d'InFoDev, le porteur du présent projet, est d'utiliser la médiation de l'ordinateur dans une série d'offres de formation en direction de ces publics localisés dans la province du Sanmatenga dans la perspective d'un développement humain durable et d'éviter les supports non interactifs à quotient phatique médiocre (...) En terme de disponibilité, les deux saisons qui s'alternent dans le pays rythment la vie : la saison des pluies ou hivernage, qui s'étend de mi-mai à mi-octobre est la période et pendant laquelle la totalité des populations rurales sont sollicitées à temps plein dans les travaux champêtres. En revanche, la saison sèche, qui va de la mi-octobre à la première moitié du mois de mai est une période sans activités majeures et offre donc une plage temporelle de disponibilité des publics pour s’impliquer dans d'éventuelles formations."

vendredi 10 novembre 2006

Creative Commons, qu'est-ce que c'est ? A quoi ça sert ?

Les licences Creative Commons sont de plus en plus utilisées sur les publications personnelles et collectives dans le partage de la création. Le Journal du Net publie un point complet et synthétique sur les licences Creative Commons sous la plume de Guillaume Devaux "Creative Commons : une réécriture du droit d'auteur à l'ère du Web" en 5 questions/réponses : 1. Quelle est l'origine des Creative Commons ? ; 2. Qu'est-ce qu'une licence Creative Commons ? ; 3. Quel est l'objectif de ces licences ? ; 4. Que se passe-t-il en cas d'usage commercial d'une oeuvre sous licence Creative Commons ? ; 5. Comment expliquer le succès des Creative Commons, en particulier sur Internet ?


Sur la définition de Creative Commons :

"La licence Creative Commons est un dérivé flexible du droit d'auteur adapté à tous les supports, numériques ou non, et qui repose sur un tronc commun : l'autorisation tacite de reproduction non exclusive de l'œuvre. A ce tronc commun, viennent se greffer quatre conditions complémentaires auxquelles les créateurs d'œuvres peuvent choisir de souscrire ou non : le respect du nom de l'auteur, le choix d'une utilisation non commerciale par les utilisateurs de l'oeuvre, la limitation de la réutilisation de tout ou partie de l'œuvre et l'autorisation du partage à l'identique, c'est-à-dire l'obligation de rediffuser selon la même licence. Autrement dit : si l'œuvre initiale est modifiée, le résultat sera tributaire des mêmes conditions d'utilisation et sera donc lui-même modifiable. La licence Creative Commons est donc un contrat conclu entre l'auteur et le destinataire de l'œuvre autorisant ce dernier à utiliser l'œuvre selon ces conditions préderminées. Une signalétique simplifiée résume les caractéristiques générales des licences, facilitant ainsi l'information des utilisateurs non juristes."


A compléter par une vidéo en anglais signalée par Henri Labarre sur son blog 2803 : Les Creative Commons expliquées simplement, par le film sous-titré en français Soyez Créatifs diffusé sur le site ressource Creative Commons France

Wikinomics ou wikinomie (tendance 005)

Nouvelle rubrique : tendance. Un mot, une expression, une chose comme reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans l'avenir, porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le prononce, dans son champ énonciatif et contextuel. Mot, expression à suivre, objet utile ou inutile...


Journaliste et fin observateur des technologies et de leurs usages depuis des années, Francis Pisani évoque sur son blog un nouveau mot : "Encore un nouveau terme : Wikinomics".


Ce mot est le titre d'un ouvrage de Don Tapscott et Antony D. Williams à paraître en janvier 2007 chez Portfolio : Wikinomics: How Mass Collaboration Changes Everything (Wikinomics: comment la collaboration de masse change tout).


L'idée de ce livre et du terme Wikinomics (à traduire par Wikinomie ?) soutenu par le think tank New Paradigm est relevée par Francis Pisani :

"Alors que les hiérarchies ne disparaissent pas, de profonds changements dans la nature de la technologie, de la démographie et de l'économie globale sont en train de donner lieu à la montée de nouveaux modèles de production basés sur la communauté, la collaboration, et l'auto-organisation plus que sur la hiérarchie et le contrôle."


On peut en savoir plus sur le site Internet consacré à la promotion de l'ouvrage : Wikinomics, y télécharger l'introduction et le premier chapitre du livre en .pdf : "1. Wikinomics: The Art And Science of Peer Production". Les deux auteurs y expliquent l'emploi du terme Wikinomics :

"To succeed, it will not be sufficient to simply intensify existing management strategies. Leaders must think differently abut how to compete and be profitable, and embrace a new art and science of collaboration we call wikinomics. This is more than open source, social networking, so-called crowdsourcing, smart mobs, crowd wisdom, or other ideas that touch upon the subject. Rather, we are talking about deep changes in the structure and modus operandi of the corporation and our economy, based on new competitive principles such as openness, peering, sharing, and acting globally."


Plus loin, ils caractérisent le mot wikinomics (wikinomie) en 4 idées fortes de l'économie mondialisée où les "armes" de la collaboration massive jouent à plein :

"The new art and science of wikinomics is based on four powerful new ideas: openness, peering, sharing, and acting globally. These new principles are replacing some old tenets of business."


Sur l'emploi de la racine Wiki, Don Tapscott et Antony D. Williams font une analogie avec un nouveau lieu de travail :

"The "wiki workplace" wraps up the journey with a look at how mass collaboration is taking root in the workplace and creating a new corporate meritocracry that is sweeking away the hierarchical silos in its path and connecting internal teams to a wealth of external networks."

Jean-Pierre Corniou, la connaissance n'est pas un stock mais un flux

Jean-Pierre Corniou (haut-fonctionnaire, ex-Directeur des Systèmes d'Information de grandes entreprises dont Renault) s'est exprimé lors des Rencontres ICC 2006, (Anticiper, Décider et Innover dans l'économie de la connaissance) au Palais Brongniart, le 19 octobre, lors de la plénière Décider, Innover et Agir dans l'Economie de la connaissance. Luc Legay a enregistré en vidéo une partie de l'intervention de Jean-Pierre Corniou sur le thème "Information et connaissances" dont voici la transcription écrite :

"Dans un monde bruissant d'informations et de connaissances, on ne peut pas s'en tenir à un savoir statique. La connaissance n'est pas un stock mais un flux. Ce n'est pas parce que vous avez fait Polytechnique à 22 ans, qu'à 50 ans, vous êtes toujours compétitif. Et ça, c'est extrêmement important de remettre en question notre processus d'élaboration du modèle élitiste et donc du pouvoir en le réinjectant, en le repositionnant de façon dynamique par rapport à l'émergence de ces formes nouvelles.


Plus que jamais, l'éducation au discernement, la réflexion critique, l'intelligence cognitive vont être des facteurs de différenciation. Et à cet égard, la manière dont marchent les outils staliniens que sont les appareils de formation initiaux m'inquiètent considérablement parce qu'au lieu d'avoir des machines productivistes dont le taux de rendement est catastrophiquement faible comme l'enseignement français (on forme 25 000 ingénieurs par an sur une classe d'âge de 750 000 jeunes avec un taux de non-productivité considérable), il faut absolument et de façon immédiate repenser ce qu'on apprend à l'école parce qu'on apprend à l'école, ce n'est pas du tout à utiliser les moteurs de recherche, c'est un savoir mort, statique, écrit dans des livres par des inspecteurs généraux qui n'ont pas ouvert leur ordinateur de leur vie parce qu'ils ne savent pas ce que c'est. Et donc, il faut repenser le processus éducatif. Et des pays comme la Finlande, la Corée du Sud, ont complètement revu leur méthode d'éducation et fabriquent des gens dont le discernement, la capacité d'analyse, la compréhension fine de l'information sont le vecteur de la connaissance.


C'est le process d'acquisition et de restitution de connaissances qui va aujourd'hui être discriminant dans la société et dans le monde de l'entreprise. Ce n'est plus l'information acquise à l'instant T qui, de toute façon, est morte. Nous sommes en dynamique et nous ne sommes plus dans un monde statique. Voilà la manière dont je perçois ce management de la complexité. Apprendre en entreprise, apprendre à l'école, apprendre en tant que citoyen, apprendre dans l'ensemble de la société civile à décrypter la complexité de ce monde ; ne plus en avoir peur, la maîtriser et se lancer dans une vision extrêmement dynamique de la société de la connaissance qui n'est pas la gestion d'un stock accaparé par une minorité de gens et qui est une production collective. (...)


La recherche d'informations, c'est absolument consubstantiel à l'intelligence humaine. Nous avons des capteurs d'informations qui sont permanents et qui sont constants. On est fabriqué comme cela. On capte la température. On capte le mouvement. On capte la lumière. Aujourd'hui, on capte avec des outils, de l'information de toute nature et notre processus cérébral est de transformer cette information, ces "data", ces données en information et ces informations en connaissances. C'est ça l'intelligence humaine. On est équipé d'une CPU ultrapuissante pour faire cela et évidemment tout ça nous permet de prendre des décisions, de faire comme disent les Québécois "de poser des gestes".


Je trouve absolument génial qu'on soit dans une ère d'excès d'information. Tant mieux. On est passé dans l'ère de la rareté, dans l'air du pouvoir qui nous interdisait d'échanger de l'information, et attention, attention, il y a des gens qui veulent nous ramener à ça, tous les jours, parce que l'information fait peur. Elle dérange. Elle est contradictoire. Elle est bruissante. Toute l'expérience humaine, toute la richesse collective est née sur la capitalisation et l'échange d'informations transformées en connaissances. Donc, je n'ai pas peur d'avoir trop d'informations, je me réjouis.


Par contre, il faut accroître notre bande passante. Il faut savoir mieux lire. J'écris dans 
mon blog qu'Internet réhabilitait l'écrit. Bien sûr. Je pense aussi qu'il faut savoir lire les images. Je regrette que Dominique Wolton ne soit pas là parce que c'est extrêmement intéressant ce qu'il dit, son propos sur la lecture de l'image. Je trouve qu'apprendre aux enfants - il se trouve que ma femme est enseignante dans le primaire, elle a 18 élèves - et je déplore qu'il n'y ait pas 18 ordinateurs personnels dans sa classe lui permettant d'apprendre la géographie avec Google Earth.


Je crois qu'il faut qu'on apprenne à travailler dans un monde multimédia où nos sens sont sollicités de façon très complexe... Mais allez visiter une cathédrale à l'époque où les gens ne savaient pas lire. La richesse sémantique d'une cathédrale est quelque chose de fabuleux. La lecture d'un paysage, la lecture d'une ville, la lecture de la nature, ce sont des choses remarquables. Il y a énormément d'informations. Donc, je crois qu'il faut se réjouir de l'abondance d'informations. Il faut déplorer que nos process et nos algorithmes de traitement de l'information soient encore si pauvres et si mal préparés par les systèmes éducatifs."

jeudi 9 novembre 2006

Micro-Usine Personnalisée, MUP (tendance 004)

Nouvelle rubrique : tendance. Un mot, une expression comme reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans l'avenir, porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le prononce, dans son champ énonciatif et contextuel. Mot ou expression à suivre...


Dans un article publié ce jour : "Comment imprimer des objets chez soi. Après les TIC, voici les MUP !" (2 pages), le quotidien Le Monde revient, sous la plume du prospectiviste Joël de Rosnay, sur un phénomène qui bouleverse le monde de l'imprimerie : les Micro-Usines Personnalisées ou MUP :

"La révolution Internet, comme le disait très justement Nicolas Negroponte, ancien Directeur du Media Lab du MIT, a contribué, grâce à la numérisation, à "transformer des atomes en bits". Aujourd'hui il devient possible de retransformer des bits en atomes ! C'est-à-dire en objets physiques, chez soi, dans son atelier de bricolage ou dans une PME. Cette révolution est rendue possible grâce ce que l'on appelle les imprimantes 3D, ou encore les machines de prototypage rapide (rapid prototyping machines). Encore très coûteuse il y a un an, ces imprimantes 3D peuvent être connectées à un PC et utilisées chez soi à des prix désormais abordables."


Joël de Rosnay cite l'exemple de sa planche de surf clonée en 2005, grâce à un robot 3D. Que peut-on faire avec sa micro-usine personnalisée ?

"Fabriquer les objets les plus divers. Par exemple des maquettes en trois dimensions pour les architectes, comme des bâtiments qu'ils souhaitent montrer à leurs clients ou des expositions en projet pour des musées ; des pièces de rechange, des engrenages pour des PME ou pour des passionnés de bricolage ; des modèles moléculaires, des crânes ou des squelettes pour l'enseignement scientifique ; des coques personnalisées pour téléphones portables ; divers bibelots, breloques, colliers ou bracelets. Mais il y a plus. Non seulement on peut fabriquer des objets en ajoutant des matériaux, couche par couche, qu'il s'agisse de plastiques ou d'alliages, mais l'on peut aussi sculpter de la matière brute pour lui donner forme grâce à des systèmes à commande numérique permettant d'usiner le bois ou la mousse plastique."


Joël de Rosnay prédit des conflits entre les producteurs d'objets standardisés (usines...) et des micro-producteurs (PME, associations) qui vont produire à petites séries. Le scientifique français utilise aussi une expression équivalente à Micro-Usine Personnalisée : Nano-Usine Personnalisée (N.U.P.).


L'article de Joël de Rosnay est aussi publié sur Agoravox. Un dossier en 5 pages en .pdf de Antoine Ferreira pour Jautomatise.com explique ce qu'est une micro-usine et les enjeux économiques qui en découlent : "Vers les Micro-Usines automatisées du futur".


Source :

De Rosnay, Joël (9 novembre 2006). "Comment imprimer des objets chez soi. Après les TIC, voici les MUP !" (En ligne), Le Monde, Paris, 2 p. (Page consultée le 9 novembre 2006).

Jacques Attali, Une brève histoire de l'avenir

Dans son nouvel ouvrage de prospective, Une brève histoire de l'avenir, Jacques Attali dessine le futur de l'homme et de la société "hyper". Il prédit que les progrès techniques vont bouleverser le travail, le loisir, l'éducation, la santé, les cultures et les systèmes politiques. La seule rareté de notre monde sera le temps. Dans un point consacré aux technologies, Jacques Attali y décrit le phénomène d'ubiquité nomade, à l'horizon 2030, chacun étant connecté dans l'espace et dans le temps. Extrait :

"Avant 2030, chacun, sauf les plus pauvres, sera connecté en tous lieux à tous les réseaux d'information par des infrastructures à haut débit, mobiles (HSPDA, WiBro, WiFi, WiMax) et fixes (fibre optique). Chacun sera ainsi en situation d'ubiquité nomade. Cela a déjà commencé : Google vient de mettre à disposition des habitants de la ville californienne où est situé son siège, Mountain View, et de ceux de San Francisco, un accès gratuit et universel à Internet sans fil à haut débit. En Corée, des villes entières sont maintenant équipées de réseaux de téléphonie mobile HSDPA, dix fois plus performants que la 3G, et d'accès à Internet mobile (WiBro). Ces infrastructures numériques permettront aussi aux collectivités de mieux gérer la sécurité urbaine, les encombrements dans les transports et la prévention des catastrophes.

Cette mise en réseau des membres de la classe créative dispersés en plusieurs lieux favorisera la création en commun à distance, sans avoir à se réunir dans un même "coeur", de logiciels, de services, de produits, de productions. Des langages permettront d'écrire des programmes accessibles au plus grand nombre et de structurer l'information pour donner accès simultanément aux données et au sens."

(...)

"On assistera à l'ultrapersonnalisation des contenus en fonction des besoins et centres d'intérêt de chaque individu : combinaison de textes, fichiers audio et vidéo sélectionnés selon ses centres d'intérêt. Les distinctions entre presse, radio, télévision et "nouveaux médias" seront de moins en moins pertinentes. Les médias devront, pour survivre, accepter cette marche inéluctable vers des médias gratuits, participatifs et ultra-personnalisés.

Les livres deviendront aussi accessibles sur des écrans bon marché et aussi fins que du papier e-paper et e-ink : nouvel objet nomade en forme de rouleau, donnant ainsi une réalité commerciale aux livres électroniques. Ils ne remplaceront pas les livres, mais auront d'autres usages, pour des oeuvres éphémères, sans cesse actualisées, et écrites spécialement pour ces nouveaux supports."

Sur l'ouvrage de Jacques Attali, Une brève histoire de l'avenir, à consulter : Jacques Attali interviewé par Jean-Pierre Elkabbach sur Europe 1 (25 octobre 2006) et Un entretien avec Christophe Barbier pour l'Express (26 octobre 2006), 


Source :

Attali, Jacques (octobre 2006). Une brève histoire de l'avenir, Fayard, Paris, pp.188-192.

mercredi 18 octobre 2006

Recherche d'emploi sur Internet : Jobetic, un blog avec des ressources indispensables et un guide de la recherche d'emploi sur Internet

Jobetic est l'un des blogs les plus intéressants consacré à la recherche d'emploi sur Internet. Il a été créé par l'équipe d'Alias Presse, une agence de Presse spécialisée sur le thème de l'emploi, du monde de l'entreprise, des technologies et de l'innovation dont la journaliste Corinne Zerbib est fer de lance. Corinne Zerbib est d'ailleurs l'auteur d'un ouvrage de référence à petit prix : "Rechercher un emploi sur Internet" (collection Vie Active, aux Éditions J'ai lu, 2005).


Jobetic fait une veille conséquente sur l'emploi et internet, et outre l'actualité du secteur, met à disposition des ressources essentielles comme l'annuaire des job boards (sites Internet généralistes d'offres d'emploi), une lettre d'informations gratuite envoyée par courrier électronique, une rubrique Secteurs qui traite du recrutement en régions.


Plus pertinent encore, le blog Jobetic a regroupé différents articles dans un guide de la recherche d'emploi sur Internet s'enrichissant au fur et à mesure avec ces différents chapitres :

Adaptez votre candidature aux 'nouveaux' médias,
Planifiez votre recherche d'emploi,
Préparez vos e-CV et lettre de motivation,
Anticipez le CV universel,
Chassez les offres d'emploi en ligne,
Lancez vos candidatures spontanées,
Suivez vos candidatures,
Créez votre blog emploi,
Entrez dans les réseaux,
Cooptez-vous les uns les autres.


Source :

Collectif (octobre 2006). Jobetic (En ligne). Alias Presse, Hermanville-sur-Mer, Blog (Page consultée le 18 octobre 2006)

- page 4 de 8 -