Jean-Luc Raymond

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Tag - territoire

Fil des billets

jeudi 2 novembre 2006

Visage de l'Internet marocain

La connaissance de l'utilisation de l'Internet en Afrique est très parcellaire. Il est assez difficile de donner un visage aux habitudes des internautes de ces pays, d'en dégager des tendances fortes. Le réseau de chercheurs d'Africanti observe depuis plusieurs années l'internet et les nouvelles technologies du Sud. C'est l'une des rares initiatives francophones d'ampleur sur le sujet à compléter par le catalogue de liens d'Africanti et des sites plus locaux ou régionaux.


Le rôle joué par les diasporas (notamment en Europe) pour l'appropriation d'Internet dans les pays africains reste peu souligné dans les grands médias de l'actualité d'Internet. Celle-ci constitue un apport majeur dans l'invitation à la communication pour les familles en Afrique, dans le fait de pouvoir rester en contact avec "le pays" par courrier électronique, mais aussi en pouvant consulter des sites internet de la Presse quotidienne comme Le Soleil (Sénégal), L'Essor ou Le Républicain (au Mali). Le portail panafricain Afrik.com, créé en 2000 par des journalistes, demeure aujourd'hui un site incontournable qui couvre l'actualité de 52 pays du Sud. On ne mesure pas assez ici, en Europe Occidentale, le rôle joué par ces médias.


Autre fait pour être "relié" au pays, les forums d'expression. Ils sont nombreux, dans différentes langues, foisonnants d'expression, d'opinions, de questions et de réponses et d'infos. La plupart des personnes qui y interviennent sont issues de la diaspora mais ont en commun une culture. C'est le cas de Yabiladi par exemple, un étonnant "portail du Maroc et des Marocains dans le monde avec une série de services dédiés aux Marocains : Forum, chat,...". Se plonger dans les forums de Yabiladi est un exercice passionnant : on y découvre les traditions marocaines, des recettes de cuisine, des conseils pour le voyage... Mille et une choses sur des sujets divers avec une réactivité et un échange permanent ; une agora virtuelle dont les préoccupations sont réelles. Yabiladi reprend également des informations marocaines et laisse aux internautes la possibilité de les commenter.


Ainsi, la semaine dernière, Yabiladi a publié sur son site un article de l'hebdomadaire marocain TelQuel (du 27 octobre 2006) : "L'autre Maroc du Net. Au royaume des excès" qui donne une vision critique de l'utilisation de l'Internet au Maroc, un dossier complexe, apparemment passionné, qui conte la jeune histoire du Web dans ce pays, une population d'internautes qui semble saisir à bras le corps la "vague" de l'expression. Un article très intéressant, car non monolithique sur la diversité de l'Internet au Maroc où l'on montre que la nouveauté technologique n'est pas forcément adoptée par les utilisateurs.


En lisant de tels papiers, on comprend mieux le développement d'Internet dans les pays du Sud et on peut aussi avoir un autre regard sur le Web mondialisé vu de la vieille Europe. Extrait :

"Les premiers frémissements de ce raz-de-marée verbal se sont fait sentir avec l'apparition du service gratuit de chat vocal en ligne PalTalk en 2000. Une sorte de "jouqa" (foule) bruyante, où se retrouvaient des internautes des quatre coins du globe. Dans le tas, les chatteurs marocains étaient parmi les plus actifs. Ils ont pris d'assaut les salons de discussions pour y dire tout et son contraire, avec une préférence prononcée pour trois thèmes de prédilection : le sexe, la religion et… l'engueulade gratuite. Un engouement qui trouve son origine dans la nature même du service : en remplaçant le texte par la parole, "le chat vocal a décomplexé ceux qui avaient un problème avec l'écrit", analyse Rachid Jankari, pour expliquer la lame de fond qui a inondé le Net marocain.


Et malgré la vogue des logiciels de messagerie vocale (MSN Messenger, Yahoo! Messenger…) et de téléphonie sur Internet (Skype), PalTalk reste toujours aussi encombré de participants marocains. C'est que ce souk de la parlotte offre l'avantage d'être un espace de rencontres plus ou moins anarchique." (...)


"Il y a quelques années à peine, l'Internet marocain balbutiait comme un bébé, tétant le sein d'une connexion aussi lente qu'une tortue neurasthénique. Aujourd'hui, la Toile marocaine ressemblerait plutôt à un adolescent en pleine crise de croissance. Le pays compte désormais 5000 cybercafés, environ 3 millions d'utilisateurs et 400 000 abonnés, dont 80% à une connexion haut débit, sésame indispensable pour accéder au multimédia. Ainsi, de consommateurs passifs figés devant une page web fixe, les internautes sont devenus acteurs du monde virtuel, via leurs sites personnels, leurs blogs, leurs vidéos ou bien les exploits des hackers marocains. Certes, comme tout ado trop vite grandi, le web marocain est encore brouillon et commet pas mal d’erreurs de jeunesse. Les hormones en ébullition, on s'enflamme vite à cet âge. Ce qui a le don de crisper les milieux conservateurs, prompts à crier au loup au premier scandale sexuel impliquant des Marocains. Mais bonne nouvelle : l'internaute marocain, même s'il dérape bien souvent, est en voie de s'approprier l'outil Internet."



Source :

Hamdani, Hassan et Smyej, Hicham (27 octobre 2006). "Enquête. L'autre Maroc du Net. Au royaume des excès" (En ligne) TelQuel, n°244, Rabat, Maroc, Dossier (page consultée le 2 novembre 2006)

mercredi 1 novembre 2006

Jaccède.com, pour une ville accessible

Jaccède.com est un nouveau service utile en ligne s'inscrivant dans une démarche coopérative. Ce site Internet gratuit collecte et diffuse des informations sur des lieux accessibles et pour les personnes à mobilité réduite en France. Après inscription, les personnes peuvent ajouter des lieux accessibles à la base de données.

L'idée vient de Damien Birambeau, parisien et atteint d'une myopathie de Duchenne et de l'association de création multimédia Créactif dont il est à l'origine, associé à Eddie Baret (graphiste et webmestre) et Julie Carbonnel (qui anime la plateforme). Des bénévoles alimentent la base depuis la création de Jaccède.com et le concept participatif de ce site, militant, mobilisateur et participatif séduit : 238 lieux sont inscrits à ce jour par 144 membres contributeurs. La recherche des lieux accessibles figurant sur Jaccède.com est multicritères : par type de lieu, par code postal ou commune. À noter qu'il existe une version mobile de Jaccède.com.

Ce projet bénéficie du soutien de partenaires publics, privés et associatifs : Association Française contre les Myopathies, Région Ile-de-France, Mairie de Paris...

lundi 30 octobre 2006

Que sont devenus les emplois jeunes des collectivités locales ?

A une époque, on a pu facilement gloser sur les emplois jeunes et leur utilité, voire sur la sortie du dispositif pour nombre de ces employés qui ont fait partie du dispositif du Ministère du Travail "nouveaux services, nouveaux emplois" dès la fin des années 90. Aujourd'hui, on reconnaît peu l'apport de ces salariés au sein des collectivités territoriales qui ont pourtant rempli des missions de service public. Ils sont le creuset de l'animation multimédia dans les Espaces Publics Numériques, des lieux naissants où ils ont souvent inventé, créé avec des moyens raisonnables dans un contexte de découverte des nouvelles technologies pour la majorité des Français. On oublie souvent de dire que plus de 10 % des Français, selon les statistiques, ont découvert les utilisations possibles de l'ordinateur et de l'internet dans des espaces multimédias à but non lucratif. Que sont devenus ces emploi jeunes ? Comment se sont-ils intégrés dans la vie professionnelle à l'issue de ce contrat de 5 ans ?


Une étude de la DARES (Direction de l'Animation de la Recherche, des Études et des Statistiques, Ministère de l'Emploi, de la cohésion sociale et du logement) publiée ce jour s'est intéressée au devenir des emplois jeunes : "Que sont devenus les "emplois-jeunes" des collectivités locales, établissements publics et associations ?" (téléchargeable en pdf avec des tableaux au format Excel).


La conclusion montre l'efficacité du dispositif dans son ensemble comme le souligne ce résumé :

"Trois quarts des jeunes embauchés début 1999 en emploi-jeune dans une collectivité locale, un établissement public ou une association et restés au moins deux années en poste ont occupé un emploi immédiatement après leur sortie du dispositif. Parmi eux, 61 % sont restés chez leur employeur sur un contrat de droit commun ou en stage et 23 % ont été maintenus sur leur poste emploi-jeune grâce à une aide supplémentaire de trois ans en vue de sa pérennisation, les autres trouvant un emploi chez un autre employeur.

L'insertion professionnelle a été rapide quand le jeune a choisi de rompre son contrat avant le terme des cinq ans d'aide de l'État : près des deux tiers avaient déjà trouvé un emploi au moment où ils ont rompu leur contrat. L'insertion a été en revanche plus difficile quand le contrat est arrivé à son terme et que le jeune n'a pas pu rester chez son employeur.

Pendant leur emploi-jeune, six jeunes sur dix ont préparé un diplôme ou un concours d'entrée dans la fonction publique et quatre sur dix l'ont obtenu. Si la réussite au concours a été le gage d'une insertion professionnelle rapide et stable, l'obtention d'un diplôme ou d'un titre a eu peu d'impact sur l'insertion des jeunes à 18 mois."


Source :

Rotman, Gilles (30 octobre 2006). "Que sont devenus les "emplois-jeunes" des collectivités locales, établissements publics et associations ?" (En ligne), in Premières Synthèses, n°44.1, Direction de l'Animation de la Recherche, des Études et des Statistiques, Ministère de l'Emploi, de la cohésion sociale et du logement, Paris, 6 p. et annexes (Page consultée le 30 octobre 2006)

vendredi 20 octobre 2006

TICE et Développement, revue scientifique publiée par l'Université de Yaoundé sur les problématiques numériques et d'enseignements

TICE et Développement est le nom d'une jeune revue scientifique publiée en ligne par l'Université de Yaoundé 1 (Cameroun) en partenariat avec l'Agence Universitaire de la Francophonie sur le thème : "Recherche sur les TICE dans les pays francophones du Sud". Les chercheurs africains peuvent ainsi vulgariser leurs travaux scientifiques plus facilement. La publication fonctionne sur la base d'un partenariat entre les universités du Nord (Mons, Montréal, Strasbourg) et celles du Sud (Dakar, Alger, Maurice, Yaoundé, Tunisie). Tous les 6 mois, avec un nouveau numéro, TICE et développement met en avant les travaux des enseignants et chercheurs en charge de la formation des enseignants :

"La revue se propose aussi de constituer et d'étendre des réseaux de chercheurs en vue de mettre en commun les protocoles de recherche, les outils épistémologiques relatifs aux TICE. On pense par exemple aux données et aux outils d'interprétation, puis au mode de validation des résultats. La revue se propose enfin d'analyser la place des TICE dans la société traditionnelle et dans les systèmes éducatifs de nos pays respectifs. Les thématiques qui constitueront le contenu de TICE ET DÉVELOPEMENT vont donc concerner les usages des TICE dans les sociétés francophones, leur impact dans les systèmes éducatifs et les modes d'apprentissage et d'appropriation. Trois axes thématiques sont retenus :
- L'analyse des pratiques de terrain incluant non seulement l'enseignement, mais aussi l'évaluation ;
- La recherche pour l'innovation de l'enseignement/apprentissage ;
- Les travaux de recherche sur l'intégration des TICE dans la société et sur la contribution des TIC à la culture citoyenne."


Les n°1 et n°2 sont consultables en ligne. Thèmes des prochains numéros :
TICE et Développement n° 3 : Quelles plates-formes d'enseignement à distance pour l'Afrique ?
TICE et Développement n° 4 : Dispositifs et pédagogie pour un enseignement en ligne ?
TICE et Développement n° 5 : Quelles normes pour l'enseignement en ligne en Afrique ?
Info via le Café pédagogique.


Source :

Essono, Louis Martin Onguene (octobre 2006). TICE et Développement (En ligne), Université de Yaoundé 1, Cameroun, Site (Page consultée le 20 octobre 2006).

mercredi 18 octobre 2006

Recherche d'emploi sur Internet : Jobetic, un blog avec des ressources indispensables et un guide de la recherche d'emploi sur Internet

Jobetic est l'un des blogs les plus intéressants consacré à la recherche d'emploi sur Internet. Il a été créé par l'équipe d'Alias Presse, une agence de Presse spécialisée sur le thème de l'emploi, du monde de l'entreprise, des technologies et de l'innovation dont la journaliste Corinne Zerbib est fer de lance. Corinne Zerbib est d'ailleurs l'auteur d'un ouvrage de référence à petit prix : "Rechercher un emploi sur Internet" (collection Vie Active, aux Éditions J'ai lu, 2005).


Jobetic fait une veille conséquente sur l'emploi et internet, et outre l'actualité du secteur, met à disposition des ressources essentielles comme l'annuaire des job boards (sites Internet généralistes d'offres d'emploi), une lettre d'informations gratuite envoyée par courrier électronique, une rubrique Secteurs qui traite du recrutement en régions.


Plus pertinent encore, le blog Jobetic a regroupé différents articles dans un guide de la recherche d'emploi sur Internet s'enrichissant au fur et à mesure avec ces différents chapitres :

Adaptez votre candidature aux 'nouveaux' médias,
Planifiez votre recherche d'emploi,
Préparez vos e-CV et lettre de motivation,
Anticipez le CV universel,
Chassez les offres d'emploi en ligne,
Lancez vos candidatures spontanées,
Suivez vos candidatures,
Créez votre blog emploi,
Entrez dans les réseaux,
Cooptez-vous les uns les autres.


Source :

Collectif (octobre 2006). Jobetic (En ligne). Alias Presse, Hermanville-sur-Mer, Blog (Page consultée le 18 octobre 2006)

Ile Sans Fil lance le Hub des Artistes Locaux à Montréal, connecter les communautés à leurs artistes

Île Sans Fil (voir site) est l'initiative d'un groupe communautaire à but non lucratif qui s'est donné pour mission de fournir un accès à internet sans fil public et gratuit aux utilisateurs de portables et de PDA à travers la ville de Montréal au Canada en utilisant des logiciels libres et du Wifi afin de partager des connexions Internet haut débit. Les personnes dotées d'un outil Wifisé peuvent se connecter à partir de points d'accès gratuits (cafés, boutiques, organismes et individus), 105 hotspots répartis sur Montréal. Ce sont plus de 24000 personnes qui utilisent régulièrement les accès d'Île Sans Fil.


Plus que de l'accès Wifi, Île Sans Fil vise à ce que les gens qui utilisent des connexions Wifi entrent en contact, que de l'information locale soit fournie en ligne et que le lieu physique "point d'accès Île Sans Fil" puisse favoriser l'interaction entre les usagers du Wifi. Pour cela, un portail permet de voir et de communiquer avec les autres personnes connectées dans la même air d'accès.


Aujourd'hui, Île Sans Fil va plus loin avec le projet HAL (Hub des Artistes Locaux) : "Connecter les communautés à leurs artistes" (lire le communiqué de Presse) en partenariat avec des médias locaux (la radio étudiante CHOQ.FM et CUTV, Concordia University Television) qui associe culture et mobilité, diffusion médiatique interactions sur un territoire restreint, celui des points d'accès Wifi d'Île Sans Fil :

"Première internationale, HAL encourage les Montréalais à découvrir leurs artistes et producteurs locaux par l'entremise de juke-boxes sans-fil, capables de diffuser du contenu audio et vidéo à haute résolution. Notamment, HAL permet une riche diffusion médiatique, basée sur un concept géographique - un contenu culturel unique est rendu disponible à des endroits spécifiques (...) Il suffit de démarrer le logiciel iTunes (disponible pour Windows et Mac) et de cliquer sur le lien HAL qui apparaîtra au même instant. À ce jour, 12 hotspots d'Île Sans Fil sont munis de la technologie HAL et un treizième sera rendu disponible d'ici la fin du mois de décembre prochain.

Le projet HAL promeut le mandat d'Île Sans Fil, soit l'autonomisation des communautés locales de Montréal, à travers la création et l'implantation d'une technologie basée sur la communauté (...) Tout comme les autres projets d'ISF, l'ensemble de la technologie et des connaissances développées par l'entremise de HAL sera partagé publiquement afin d'encourager son adoption par d'autres communautés."


Sur cette page, vous trouverez plus d'informations sur HAL : Pourquoi HAL ? Comment fonctionne HAL ? Où puis-je trouver HAL ? Comment utiliser HAL ? Quel est le contenu disponible sur HAL ? La liste des partenaires, une Foire Aux Questions et une carte des HAL déployés.


D'un accès Wifi qui "individualise" la connexion Internet, Île Sans Fil s'intéresse au collectif et au partage de ressources culturelles sur un territoire produites par des artistes producteurs médiatiques qui n'ont pas de place où diffuser leurs contenus ; une initiative technologique qui tient à favoriser la culture locale.


Source :

Collectif (octobre 2006). Ile Sans Fil (En ligne), Ile Sans Fil, Montréal, Site (Page consultée le 18 octobre 2006)

mardi 17 octobre 2006

Pauvreté en France

Aujourd'hui, 17 octobre, la 19e Journée Mondiale du Refus de la Misère, un événement récurrent chaque année organisé chaque année par un groupement d'associations parmi lesquelles ATD Quart Monde et le Secours Catholique. Parmi les manifestations de ce rendez-vous 2006, un appel afin que "l'accès aux droits fondamentaux devienne la priorité des politiques publiques, et que l'État n'abandonne pas sa responsabilité de garant du droit".


Dans son hors-série "Les Chiffres de l'économie 2007" qui vient de paraître, Alternatives économique dresse un panorama statistique éloquent de la pauvreté, complexe, car aux populations marginalisées, s'ajoutent les travailleurs pauvres : "6 % de personnes pauvres en 2003, contre 12 % en 1970. La tendance est nette : la pauvreté a été sérieusement réduite dans notre pays, mais elle ne diminue quasiment plus depuis 1990, alimentée par un niveau de chômage qui se maintient à un niveau élevé." De nos jours, la pauvreté a plusieurs visages : plus d'un million de salariés perçoivent des revenus inférieurs au seuil de pauvreté. Fin 2005, on comptait 1,3 million de bénéficiaires du Revenu Minimun d'Insertion (R.M.I.); soit deux fois plus qu'en décembre 1992. En France, 6 millions de personnes vivent des allocations de minima sociaux plus de 10 % de la population.


Ce jour, les articles sur la pauvreté pleuvent dans les médias qui donnent écho à cette journée et à des conditions de vie précaires (logement, travail, santé, moyens de subsistance, de se cultiver...). Petite revue de Presse sur le sujet :


"La misère, au bas de notre porte" (France 3 Ouest) :

"L'eau courante est arrivée il y a huit jours, alors qu'ils sont installés là depuis plus de trois mois. Pas d'électricité, des bougies éclairent la nuit. Pas de gaz, si ce n'est une poignée de bouteilles pour la cuisine. Pas de chauffage sinon des braseros quand arrivent les premiers froids."

"Exclus, l'inaccessible santé" (Libération) :

""En 2005, 22 % des personnes rencontrées dans nos centres de soins ne pouvaient bénéficier d'aucune couverture maladie." Ce taux a doublé depuis quatre ans. "Quant à ceux qui pourraient relever d'une couverture maladie, 82 % n'avaient pas encore pu obtenir son ouverture lorsqu'ils sont venus à Médecins du monde [MDM]." En d'autres termes, les précaires en situation régulière ou non ­sont de plus en plus exclus des soins. Et, au final, de plus en plus malades, souffrant de pathologies lourdes et chroniques."

"Dire non à la misère" (France 3 Alsace) :

"On estime qu'en France, 4 à 7 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté, c'est à dire avec moins de 650 € par mois. Selon le Président d'Emmaüs France, Martin Hirsch, il y a de plus en plus de travailleurs pauvres, et de jeunes laissés-pour-compte."

"La Fondation Abbé Pierre s'inquiète" (Le Nouvel Observateur) :

"La Fondation Abbé Pierre dénonce la difficulté croissante pour les plus modestes de payer leur logement. Qu'on soit un étudiant logé dans le privé, ou un ménage à revenu modeste vivant en habitation à loyer modéré (HLM), il est de plus en plus difficile de faire face aux dépenses du logement chaque mois."

"34 % des généralistes refusent des patients relevant de l'aide médicale d'État, selon Médecins du monde" (Le Monde) :

"Près de quatre médecins sur dix refusent les soins aux bénéficiaires de l'aide médicale d'Etat (AME) ou tentent de les dissuader de venir les consulter, et près d'un médecin sur dix refuse ces soins aux patients relevant de la couverture maladie universelle (CMU), affirme Médecins du monde après un "testing" auprès de médecins généralistes. Il s'agit de la quatrième enquête depuis 2002 sur ce sujet "tabou" du refus de soins, rappelle Médecins du monde, et de la plus large par le nombre de médecins testés (725) et de régions concernées (10 villes)."

"Interview de Jacques Cotta, auteur du livre : 7 millions de travailleurs pauvres" (ActuChomage) :

"La pauvreté concentrée créé en général des tensions importantes que j'ai pu vérifier au cours de mon enquête, notamment dans les foyers la nuit, mais aussi sur les marchés lorsque les "glaneurs" convoitent parfois les mêmes prises : ici un cageot de salades défraîchies, là quelques fruits abandonnés par leur vendeur... Cette tension est bien compréhensible et d'autant plus exacerbée que s'opposent des travailleurs pauvres encore impliqués dans des relations sociales et liées à la notion de travail à des pauvres en perdition totale, plus clochardisés et souvent alcoolisés. Mais lorsque des travailleurs pauvres sont confrontés les uns aux autres de façon durable, par exemple dans quelques logements de fortune ou encore dans les tentes fournies par MDM, c'est la solidarité qui joue à plein. Ils ne font ni la différence d'origine, ni de langue, ni de nationalité. Ils sont dans la même galère et ensemble veulent en sortir."

À noter qu'en ce 17 octobre, l'Observatoire des Inégalités produit un dossier statistique sur la Pauvreté en France. Le même observatoire publie l'ouvrage "L'état des inégalités en France 2007" coordonné par Louis Maurin, aux Éditions Belin :

"Pourquoi les fils et les filles d’ouvriers ne sont-ils que 6 % des élèves de grandes écoles alors qu'ils représentent un tiers des enfants ? Comment expliquer que les hommes perçoivent - tous temps de travail confondus - des revenus supérieurs de 40 % à ceux des femmes ? Pourquoi le taux de chômage dépasse-t-il les 30 % pour certaines minorités d'origine étrangère, du Maghreb notamment ? Sait-on qu'il y a aujourd’hui en France 7 millions de personnes en dessous du seuil de pauvreté, dont un million d’enfants pauvres ?"

lundi 16 octobre 2006

Cartographier les échanges et flux de populations dans le monde globalisé

L'Université de Princeton dans le New Jersey porte un projet passionnant : l'International Networks Archive conduit par le département de sociologie de la faculté. Dans un monde globalisé tel que le nôtre, les réseaux politiques, économiques, sociaux et culturels s'imbriquent dans des faisceaux de réseaux. Si l'on analyse communément les mouvements mondialisés de marchandises, les flux de population sont peu construits sous forme de représentations. Dans le monde, 600 millions de personnes voyagent par an pour différentes raisons et cela ne résulte pas forcément de raisons purement économiques.


L'International Networks Archive tente de rassembler des données et de les cartographier dans les champs des mouvements de biens et de personnes sur la planète afin d'en fournir des représentations comparatives dans 2 champs précis : la communication globale et les technologies de l'information ; la communication et l'inégalité dans le monde. Deux chiffres qui expliquent ces préoccupations : 95 % des machines connectées à Internet se situent dans des pays développés et 90 % des sites Internet les plus visités dans le monde sont américains.


En donnant à voir des cartes et représentations des échanges dans notre monde contemporain, l'International Networks Archive montre comment l'économie est transformée par des contrats internationaux, quelles sont les régions isolées de ces réseaux et comment s'établit une nouvelle hiérarchie des territoires sur notre planète.


Le site International Networks Archive comprend des papiers scientifiques, des données thématiques qui servent à élaborer des cartographies. Ainsi, Mapping Globalization traduit en cartes, en historiques et en analyses de données des tendances de la globalisation. Des infographies présentent la guerre du marché de l'eau, les filières du marché du tabac... Des cartes interactives permettent enfin de construire ses propres représentations en associant des territoires et des thématiques (marchés, infrastructures de communication), des cartes où la géographie habituelle est déformée.


Source :

Centeno, Miguel Angel (octobre 2006). "International Networks Archive" (En ligne), Princeton University's Sociology Department, New Jersey, Site (Page consultée le 16 octobre 2006).

dimanche 15 octobre 2006

Thomas Friedman, la Terre est plate, une brève histoire du XXIe siècle

Thomas Friedman est un journaliste américain au New York Times et détenteur de trois Prix Pulitzer. Dans son dernier ouvrage, The World is Flat traduit en La Terre est plate, paru aux Editions Saint-Simon, ce mois-ci, Thomas Friedman (voir son site) s'exprime sur la globalisation. Son livre s'est déjà vendu à 3 millions d'exemplaires aux États-Unis. Le magazine Challenges de cette semaine en publie un extrait.


Thomas Friedman découpe le phénomène de la mondialisation en 3 étapes : le monde de taille moyenne ou "comment collaborer avec les autres nations à l'échelle mondiale" (de 1492 à 1800), le petit monde ou "l'économie mondiale" (de 1800 à 2000) et aujourd'hui, le petit monde en train de devenir minuscule, en même temps que le terrain s'aplatit : "ce ne sont plus ni les pays ni les entreprises qui guident le processus, mais les individus".


Thomas Friedman caractérise ce "nouveau Monde mondialisé" :

"Ce monde plat résulte de la convergence de l'ordinateur personnel (qui a permis à chacun de produire ses propres documents numérisés), du câble à la fibre optique (qui a permis d'avoir accès à de plus en plus d'informations pour un coût quasiment nul) et de l'essor des logiciels de workflow (qui a permis à des individus de collaborer sur le même contenu numérique quelle que soit la distance géographique qui les sépare). Personne n'avait prévu cette convergence. Elle s'est simplement produite, vers l'an 2000, et les hommes ont alors compris qu'ils pouvaient désormais agir à l'échelle planétaire en tant qu'individus. Ils pouvaient travailler avec d'autres individus, et non plus seulement en concurrence avec eux. Chacun doit donc se demander : Quelle est ma place, en tant qu'individu, au sein de la concurrence mondiale ? Comment puis-je, personnellement, collaborer avec d'autres individus à l'échelle planétaire ? (...)

En matière de création de valeur, le monde passe d'un système vertical à un système plus horizontal, tandis que l'on voit s'effondrer les murs, les plafonds et les planchers : les sociétés vont donc faire face à beaucoup de bouleversements à la fois. Et ces changements n'affecteront pas seulement l'économie, mais aussi la manière dont les individus, les communautés et les entreprises s'organisent.

La définition même de l'entreprise et de communauté en sera transformée, de même que notre identité de consommateurs, d'employés, d'actionnaires ou de citoyens, notre identité politique et le rôle joué par les gouvernements. Après la triple convergence qui a commencé vers l'an 2000, nous allons devoir "résoudre les énigmes". (...)

Où commencent et où s'arrêtent les entreprises ? Les relations entre les différents groupes de travailleurs devront être repensées, de même que les relations entre les entreprises et les communautés."


Source :

Friedman, Thomas (12 octobre 2006). La Terre est plate, une brève histoire du XXIe siècle, Éditions Saint-Simon, Paris, 283 p.

samedi 14 octobre 2006

Le marché citoyen, l'annuaire pour consommer autrement

Consommer autrement, association loi de 1901, dans laquelle est impliqué le très actif chef de projet internet Sébastien Ravut, a lancé Le Marché Citoyen, un annuaire pour consommer autrement qui recense plus 270 commerçants bios, équitables et solidaires en Ile-de-France respectant un ou plusieurs critères économiques, sociaux ou environnementaux définis dans une charte. Classés en 270 rubriques, ces commerçants et entreprises sont classés en 8 thématiques : restauration et alimentation, habillement, santé et beauté, services, voyages, habitat, loisirs et transports.

Chaque entreprise ou commerçant bénéficie d'une fiche d'information gratuite et des espaces de communication responsable et publicitaires sont proposés. Les internautes peuvent commenter les fiches de l'annuaire en laissant une appréciation sur les produits et services, l'engagement citoyen des commerçants et entreprises référencés.

Une bonne idée qui invite à mieux connaitre l'économie sociale et solidaire, des activités engagées dans une démarche coopérative et des services avec une approche "quotidien durable" affirmée.

Source :

Ravut, Sébastien (octobre 2006). Le marché citoyen - l'annuaire pour consommer autrement en Ile-de-France (En ligne). Association Consommer Autrement, Paris, Site (Page consultée le 14 octobre 2006)

- page 9 de 12 -