Je me suis rendu
cet après-midi à l'un des séminaires de la spécialité Collectivités
Territoriales du Master 2 Management de l'Intégration des Technologies de
l'Information et de la Communication (MITIC) de
l'Université de Marne-la-Vallée. Le programme de ces
cours est coordonné par Bernard Corbineau (enseignant-chercheur et responsable de la
spécialité) et comprend 14 rendez-vous sur toute l'année universitaire avec une
présentation des thématiques par les étudiants en duo.
Des discutants et intervenants professionnels sont également présents et
apportent leur éclairage sur les sujets. Peuvent assister ponctuellement à
ces séminaires, des personnes impliquées dans le monde de l'informatique, de
l'internet et des collectivités locales ainsi que des étudiants en universités
ou grandes écoles. Le programme complet des séminaires M2 MITIC est indiqué sur le blog créé
par les étudiants.
Pour en revenir au sujet de ce séminaire, Delphine Cuq et Sylvain Héraut sont
intervenus sur le thème : "Etude des usages et des expériences menées en milieu
rural et analyse autour de la notion de fracture numérique" avec un exposé très
vivant où ils ont mis en relief les problèmes d'infrastructures (accès haut
débit) dans les zones blanches en France et ont souligné des expériences
intéressantes de création d'Espaces Publics Numériques dans le milieu rural ou
de services publics de proximité utilisant des réseaux à large bande. Quelques
unes de leurs références sont répertoriées sur
le blog de la spécialité.
Gilles Coester (DIACT) a présenté quelques points forts de l'action de l'Etat dans
l'aménagement du territoire en matière d'infrastructures haut débit et
Hervé Deleersnyder (chargé de mission TIC, Communauté de communes de
l'Atrébatie) est intervenu en visioconférence soulignant combien l'accès au
haut débit est important dans le rural pour l'accès à l'administration
électronique, la possibilité d'acheter en ligne pour les consommateurs ou pour
une démarche de démocratie participative en ligne. En fin de séminaire, a été
présenté une solution commerciale de mise en valeur du patrimoine touristique
et patrimonial via un système d'information géographique multimédia à contenu
rédactionnel et vidéo : SIGM, actuellement en expérimentation en Seine-et-Marne.
Ecouter des étudiants (tous quasiment sont en apprentissage), parler,
argumenter et contextualiser l'actualité de l'Internet et les enjeux des
technologies s'avère d'une grande utilité. Ils appartiennent à une génération
des moins de 25 ans, rompus à l'utilisation des différents outils TIC et leur
vision de notre monde et de son avenir décrit des interrogations notamment sur
l'équité de l'accès et de l'appropriation de l'informatique et de l'internet,
des notions comme le service universel Internet. Assister à l'un de ces
séminaires est "rafraichissant" lorsqu'on est plongé dans des pratiques au
quotidien afin de saisir des réflexions abouties ou en cours sur notre
avenir.
Pour la deuxième année consécutive, j'interviens en mars dans ce Master 2
MITIC pour les 2 spécialités : collectivités locales et entreprises. Nouveau
thème que j'aborderai cette année : le Nouvel Internet, en invitant les
étudiants à poser un regard critique sur ce thème d'actualité. Nous y
réfléchirons ensemble avec des ressources bibliographiques hors ligne, des
informations en ligne et des outils technologiques.
Tag - territoire
vendredi 12 janvier 2007
Séminaires et intervention au Master 2 Management de l'Intégration des Technologies de l'Information et de la Communication (MITIC), Université de Marne-la-Vallée
Par Jean-Luc Raymond le vendredi 12 janvier 2007, 23:48 - Mes missions
mercredi 10 janvier 2007
L'Internet et les réseaux de solidarités, une étude sur les solidarités numériques en réseau
Par Jean-Luc Raymond le mercredi 10 janvier 2007, 17:16
En février
2005, l'Eurotechnopolis Institut a publié un document remarquable sur
l'Internet et des initiatives liées aux solidarités et à l'Economie Solidaire :
"L'Internet et les Réseaux de Solidarités" (31 pages en .pdf, à télécharger ici). Intéressant car cette étude rapporte des dizaines
de projets, montre leur implantation dans une dynamique territoriale locale ou
plus sectorielle et les classe de manière pertinente dans des champs
participatifs divers et variés.
Ce document met en lumière la solidarité numérique comme un fait ancien
sur Internet souvent lié à un activisme politique et à des préoccupations d'une
vision différente de la société en matière d'environnement,
d'économie sociale et solidaire et de réseaux non monétaires.
Souvent, les réseaux de solidarités sur le Web sont l'écho ou
précurseurs de mobilisations citoyennes, ont un aspect extrêmement pratiques et
cherchent à recréer du "lien social" ; Internet n'étant qu'un outil pour des
objectifs concrets.
L'étude "L'Internet et les Réseaux de Solidarités" souligne l'importance des
animateurs des réseaux ("les médiateurs du lien social") et livre
quelques enseignements pour l'avenir. Il est notamment proposé de favoriser la
création de services d'épargnes solidarité (par système de points, de temps
troqué), de soutenir les écoles qui veulent lancer des projets de solidarités
entre jeunes et d'aider plus avant les actions de solidarités
numériques des collectivités territoriales.
mardi 9 janvier 2007
Placeblog (tendance 043)
Par Jean-Luc Raymond le mardi 9 janvier 2007, 16:02 - Tendance
La rubrique
tendance, c'est un mot, une expression, un lieu, une chose comme
reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans l'avenir,
porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le prononce, dans
son champ énonciatif et contextuel. Mot, expression à suivre, objet utile ou
inutile, lieu en devenir...
Selon Jean-Pierre Cloutier, observateur canadien attentif des Technologies de
l'Information et de la Communication depuis plus d'une dizaine d'années, le
placeblogging est une nouvelle tendance dans le monde des blogs. Il
en traduit une définition dans son billet du 7 janvier 2007 : "Nouvelle année, nouvelle tendance : le placeblogging" :
"Selon Lisa Williams, on appelle parfois les placeblogs des sites "hyperlocaux" parce que certains traitent en grand détail de nouvelles dans un quartier donné, et on a tendance à les associer au terme "journalisme citoyen" car ils sont produits par des non journalistes. Mais, dit-elle, les placeblogs débordent du cadre de la nouvelle. Ils constituent un acte d'attention soutenue dans le temps à une localité. Ils peuvent être produits par une personne, un groupe ou encore être ouverts à toute une collectivité. Bien qu'il puisse comporter des nouvelles, un placeblog n'est pas un journal. Un placeblog traite de l'expérience de vivre dans une collectivité, des gens qui y habitent, des petites frustrations et des grandes joies qu'on y vit, et tout ça dans un style non traditionnel."
Lisa Williams est la créatrice du site Placeblogger.com, annuaire de
760 placeblogs à travers le monde. La définition en anglais des placeblogs est
consultable à cette
adresse.
lundi 8 janvier 2007
Démocratie participative locale sur Internet, recommandations pour les collectivités locales
Par Jean-Luc Raymond le lundi 8 janvier 2007, 10:34
En
Espagne, sur leurs blogs, des acteurs de terrain des collectivités
territoriales discutent autour d'idées, de suggestions et de conseils
formalisés pour une démarche participative citoyenne en ligne des internautes.
Ces articles qui se répondent les uns les autres, se complètent montrent des
champs des possibles et traduisent avec des mots des recommandations pour une
expression des citoyens sur Internet sur leurs préoccupations locales et dans
un mode d'interaction avec les collectivités locales.
Dans cette perspective, le blog collectif Administraciones en Redes vient de
publier un article dont la lecture est passionnante : "Conductas politicas para para la participación ciudadana"
("Conduites politiques pour la participation des citoyens"). En voici une
traduction personnelle condensée. Ces points de travail sont également précieux
dans la conduite/gestions de projets collaboratifs en ligne ; un manifeste de
la participation collaborative sur Internet :
"(version Wiki pour politiciens 2.0)
A toi, professionnel de la politique, représentant de la volonté populaire ou
gestionnaire de services publics, qui croit que la démocratie est plus que de
voter année après année, qui rêve d'un système dans lequel la politique est un
peu plus qu'une dispute habituelle entre des partis, qui souhaite être
utile à ta société et qui désire que cette société accorde une légitimité
au travail des politiciens, aspirant-politicien 2.0, j'offre ce catalogue
de conduites pour la participation des citoyens.Et, à toi, lecteur -mon
semblable, mon frère !- je t'invite à corriger, à compléter cette lettre très
particulière aux Rois Mages :
1. Participation signifie partager le pouvoir. Donner une information
n'est pas la même chose que d'offrir la possibilité de participer.
Rassembler des informations n'est pas permettre une participation. La
participation signifie aussi la prise de décisions. Il s'établira une société
civile forte quand on ouvrira les processus de décisions à la participation des
citoyens.
2. Écoute, écoute, écoute. Il est probable qu'il existe déjà une
conversation sur le sujet qui te préoccupe. Si la conversation existe déjà, on
peut consulter ce qui est dit et repérer qui sont les protagonistes dans ce
réseau de dialogue. Internet est un locuteur très important doté d'outils
pour l'écoute : Technorati,
BlogSearch,
Del.ici.ous...
3. Si la conversation existe déjà quelque part, il est plus adéquat de
ne pas l'initier (elle existe déjà, tu te rappelles ?), de la
monopoliser (pour que réduire sa diversité ?), ni de se l'accaparer (tu ne
pourras pas). Il suffit d'y participer. Avec le temps, peut-être deviendras-tu
un noeud significatif du réseau conversationnel.
4. Quand la conversation n'existe pas, il faut se poser
la question si cela vaut la peine de l'entamer. Si le
sujet n'a pas été présent jusqu'à maintenant dans les conversations,
peut-être que cela n'intéresse pas les citoyens. Comment les intéresser
? Les gens prennent part à des conversations qui s'avèrent proches d'eux,
habituelles, faciles, naturelles et qui offrent quelque chose de tangible à
améliorer dans leur vie.
5. Lie, relie, relie. Participe aux conversations
des autres mais ne sois pas le leader de toutes les
conversations. Il faut s'adapter aux conversations en se faisant petit, en
escaladant pas à pas la connaissancedu sujet et il faut aussi avoir de la
mémoire. Il n'y a pas de meilleure façon d'obtenir que quelqu'un
s'intéresse à une thématique que de le proposer en
démontrant que tu t'intéresses aussi à ce que proposent les autres.
6. Ouvre-toi au monde. Pense que dans une conversation, une
institution n'est pas un interlocuteur. La conversation est une affaire de
personnes. Tu devras prendre des risques. Il faudra prononcer des affirmations
comme provisoires et les rectifier. Sois transparent. Il faut
aussi réfléchir.
7. L'attitude fait tout dans une relation entre des personnes.
Il ne faut pas tout gaspiller avec une attitude qui n'est pas compréhensible.
Il faut avoir de l'humour, être persévérant, élégant, tolérant, agir avec
constance. Sois un simple citoyen qui participe à une conversation, mon
ami.
8. Ne te préoccupe pas trop du nombre de personnes qui prennent part à
la conversation mais surtout à la quantité de bonnes conversations qui
s'établissent. Prendre part à une conversation est un acte volontaire. Ne pas
s'intéresser à comment empêcher qu'une personne fasse un mauvais
usage du pouvoir ; prendre plutôt le soin de comment pouvoir faire
pour que beaucoup de personnes fassent un bon usage du pouvoir. Les
menaces sont toujours plus évidentes que les avantages parce que le changement
fait peur.
9. Tu dois savoir qu'il n'y a pas d'obéissance aveugle, ni même
borgne. Les participants aiment se différencier les uns des autres. Si
le projet collectif n'implique pas que mon avis soit considéré, je ne peux pas
croire au projet.
10. Les citoyens adultes méritent d'être traités comme tels.
Ne sois pas paternel, ni maternel avec eux. Laisse-leur la liberté et la
responsabilité. Ils prendront en charge ce qui les concernent. Ils peuvent se
tromper. La participation implique le respect des participants.
11. Les destinataires des politiques publiques peuvent améliorer leur
conception et leur implantation locale et,
évidemment, trouver que les décisions suite aux
discussions soient plus conformes à leurs désirs. Toutefois, n'espère
pas à court terme que les résultats soient extraordinaires. Le principal est
l'ampleur prise par la participation. Évaluer la participation peut la tuer
avant que celle-ci grandisse réellement. Le premier objectif est
de construire une Communauté active, avancer pas à pas vers une
citoyenneté véritablement civique.
12. Enfin, il faut avoir en tête ces trois principes
: (1) La mauvaise participation est contre-indiquée, parce qu'elle
sème la méfiance et le découragement. (2) L'absence de participation est
encore pire que la mauvaise participation. (3) Il est dangereux de faire passer
comme participation la simple manipulation."
dimanche 7 janvier 2007
Auberge numérique (tendance 042)
Par Jean-Luc Raymond le dimanche 7 janvier 2007, 23:50 - Tendance
La rubrique
tendance, c'est un mot, une expression, un lieu, une chose comme
reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans l'avenir,
porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le prononce, dans
son champ énonciatif et contextuel. Mot, expression à suivre, objet utile ou
inutile, lieu en devenir...
C'est une association belge, l'Asbl Fobagra qui créé un concept nouveau
d'Espace Public Numérique, une sorte d'auberge numérique inaugurée le 1er juin
2006 avec la mission locale de Schaerbeek (Bruxelles). De quoi s'agit-il ? Un
partenariat unit deux Asbl : l'une met à disposition le local (la
mission locale) et l'autre (Fobagra) fournit le matériel informatique
reconditionné et en assure la maintenance technique.
Ce projet original va plus loin dans la démarche qui lie les deux Asbl. La
mission locale "hôte" dispose d'une salle informatique et de l'utilisation du
matériel informatique à moindre coût qu'elle utilise à mi-temps. L'autre
mi-temps est investi par Fobagra pour développer un service de maintenance et
de formation à l'informatique en recrutant des personnes faiblement qualifiées
pour qu'elles apprennent un métier d'agent de maintenance ou de formateur
qualifié au multimédia. Le lieu peut aussi être loué ponctuellement à des
associations locales.
L'auberge numérique est donc tout à la fois un Espace Public Numérique ouvert
sur la ville et ses habitants, et également un espace de formation et de
professionnalisation pour des personnes en difficulté. On y optimise les
coûts d'équipement, de fonctionnement, et son taux d'occupation pour des
services citoyens. Une belle innovation sociale qui devrait essaimer dans
d'autres communes en Belgique.
Coordonnées :
Espace Public Numérique 1030 - Maison de l'Emploi - auberge
numérique
Rue de Jérusalem, 6
1030 Schaerbeek
Tél. : 02 247 77 20
Asbl Fobagra
Rue d'Alost, 7
1000 Bruxelles
Tél. : 02/213 37 90
Courriel : fobagra@win.be
Site : http://www.fobagra.org
Deux faits majeurs en 2007 : un habitant sur deux vit dans une ville, plus d'un milliard de téléphones portables vendus dans le monde
Par Jean-Luc Raymond le dimanche 7 janvier 2007, 23:20
Le
monde avance et la mondialisation est un fait. En 2007, deux faits majeurs sont
annoncés dans les prévisions et statistiques délivrées en fin d'année
2006.
Le rapport 2006/2007 de l'ONU sur l'état des villes dans Le Monde est
alarmiste. Cet article de l'ONU fournit des chiffres à l'appui. Dans les villes, pour la population
mondiale, les moyens décents de vivre, la salubrité publique et
un accès minimum aux services de base (électricité, eau) sont des exceptions.
Alors qu'en 1950, un habitant sur trois habitait une ville ; en 2007, ils
seront un sur deux. L'effet conurbation est grandissant avec tous les problèmes
liés à cette densification de l'espace urbain des villes-centre : Le Caire
(11,1 millions d'habitants), Bombay (18,2 millions)...
Autre fait saillant, selon le Gartner Group, les ventes de téléphones portables
dépasseront en 2007, le milliard d'unités (1,103 milliards). Le nombre de
lignes mobiles va considérablement augmenter jusqu'en 2010 : 11 % par an alors
que les lignes fixes vont croître de 1,3 % par an. Des pays comme la Chine ou
le Brésil vont largement adopter la téléphonie mobile sans avoir connu
massivement la téléphonie fixe. Jamais dans l'histoire de l'humanité, une
technique/outil technologique ne s'était aussi rapidement répandu et aussi
massivement. Plus de chiffres sur le marché de la téléphonie mobile dans le
monde avec cet article du Journal du Net.
Jacques Attali, les sociétés occidentales à l'épreuve de penser l'avenir
Par Jean-Luc Raymond le dimanche 7 janvier 2007, 23:01
Dans le quotidien Le Monde du 6 janvier 2007, Jacques Attali, souligne
la vision à court terme des sociétés occidentales et cette incapacité à se
projeter dans l'avenir : "La démocratie à l'épreuve du futur" ; un entretien qui fait
écho à son dernier essai best seller de prospective à l'horizon
2030 : Jacques Attali
Une brève histoire de l'avenir (chez Fayard).
Il y évoque le pouvoir des technologies comme moyen de surveillance accru ;
extrait :
"Quelles peuvent être les solutions pour les démocraties des grands pays ?
Une des réponses actuelles est le rajeunissement de la classe politique, alors que le monde vieillit. Le pouvoir est ainsi donné à des personnes qui vont en rendre compte pendant vingt ans, d'où leur intérêt à s'occuper du long terme. C'est déjà fait partout dans le monde, sauf en France. L'opinion publique va dans ce sens. Les jeunes sont mûrs plus tôt. Même s'ils ne votent pas, ils s'inquiètent du monde qu'on va leur laisser. D'autant plus qu'ils ont à leur disposition des moyens d'expressions de plus en plus efficaces : Internet, les blogs, le Web 2.0.
Les démocraties arriveront-elles assez vite à se projeter dans l'avenir ? Rien n'est moins sûr. Le retour de la dictature est possible. Ainsi, dès aujourd'hui, l'émergence des nouvelles technologies et des techniques de surveillance menace les libertés individuelles. Il faut donc les intégrer dans une nouvelle conception du droit. Si cela n'a pas lieu, le XXIe siècle sera peut-être aussi terrible que le XXe siècle, avec la même parenthèse totalitaire (1917-1989), mais avec encore plus de dommages."
samedi 6 janvier 2007
Axel Honneth, les trois sphères de reconnaissance de l'individu
Par Jean-Luc Raymond le samedi 6 janvier 2007, 23:01
Le philosophe
Axel Honneth (ex-assistant de Jürgen Habermas) est l'un des chefs de file de
l'Ecole de Francfort et s'attache à une philosophie
sociale qui insiste sur l'importance de la relation à autrui, à soi-même et
au monde. Dans le numéro de décembre 2006 - janvier 2007 de Philosophie
Magazine, il est interrogé par Alexandra Laignel-Lavastine sur la
reconnaissance de l'individu et la lutte pour la reconnaissance ; extrait :
"Je distingue trois sphères de reconnaissance, auxquelles correspondent trois types de relation à soi. La première est la sphère de l'amour qui touche aux liens affectifs unissant une personne à un groupe restreint. Seule la solidité et la réciprocité de ces liens confèrent à l'individu cette confiance en soi sans laquelle il ne pourra participer avec assurance à la vie publique. La deuxième sphère est juridico-politique : c'est parce qu'un individu est reconnu comme un sujet universel, porteur de droits et de devoirs, qu'il peut comprendre ses actes comme une manifestation - respectée par tous - de sa propre autonomie. En cela, la reconnaissance juridique se montre indispensable à l'acquisition du respect de soi. Mais ce n'est pas tout. Pour parvenir à établir une relation ininterrompue avec eux-mêmes, les humains doivent encore jouir d'une considération sociale leur permettant de se rapporter positivement à leurs qualités particulières, à leurs capacités concrètes ou à certaines valeurs décrivant leur identité culturelle. Cette troisième sphère - celle de l'estime sociale - est indispensable à l'acquisition de l'estime de soi, ce qu'on appelle le "sentiment de sa propre valeur".
Si l'une de ces trois formes de reconnaissance fait défaut, l'offense sera vécue comme une atteinte menaçant de ruiner l'identité de l'individu tout entier - que cette atteinte porte sur son intégrité physique, juridique ou morale. Il s'ensuit qu'une des questions majeures de notre époque est de savoir quelle forme doit prendre une culture morale et politique soucieuse de conférer aux méprisés et aux exclus la force individuelle d'articuler leurs expériences dans l'espace démocratique au lieu de les mettre en actes dans le cadre de contre-cultures violentes."
A lire : La
Société du mépris. Vers une nouvelle théorie critique par Axel Honneth (aux Ed. La Découverte, octobre 2006),
La démocratie participative numérique et les collectivités territoriales
Par Jean-Luc Raymond le samedi 6 janvier 2007, 22:02
La Gazette des Communes consacre sa une du 8 janvier 2007 à :
"Internet : Les nouveaux usages de la démocratie participative" avec un dossier
de 8 pages sur le sujet, coordonné par Maud Parnaudeau. C'est à ma connaissance
une première pour l'hebdomadaire de référence des collectivités territoriales
en France.
Selon la Gazette, l'essor des réseaux numériques dans la démocratie locale est
une "extension" de l'utilisation des Technologies de l'Information et de la
Communication. Pourtant, les expériences de démocratie locale sur Internet ont
été moteurs dans le processus historique d'Internet. On redécouvre aujourd'hui
cette espoir de démocratie locale via le réseau avec la massification du nombre
d'internautes.
Le numérique participatif est dans l'air du temps et les Technologies de
l'Information et de la Communication sont d'abord considérées par
l'immense majorité des collectivités locales comme un média.
Le souci de la transparence via Internet contribue-t-il à un effort
démocratique ? Rien ne le prouve. Si le pouvoir des internautes semble plus
grand, les actions individuelles ou collectives peuvent faire pression sur les
élus mas c'est d'abord l'information et la consultation qui prime pour la
collectivité territoriale.
Quid de la liberté d'expression ? Elle est présente sur Internet remettant en
cause le fonctionnement même de la démocratie représentative. Si la
communication et la publication d'internautes est possible dans les faits et
techniquement par le citoyen lambda sous forme de blogs, forums, podcasts
audio, vidéos, ce fait en ligne qui agrège les opinions n'est pas forcément
représentatif des opinions des citoyens.
Soulignons que le nombre d'internautes en France n'est pas encore écrasant
et que les outils techniques évolués sont exploités par les personnes qui
savent s'en servir ; une partie très importante de la population n'y a pas
recours faute d'accès, de compétences, du niveau d'instruction et d'une culture
numérique inexistante.
Dernier point, l'essor des réseaux numériques joue le rôle certain d'aiguillon
auprès des pouvoirs politiqurs locaux même si cette forme est largement
surévaluée dans le paysage médiatique ambiant.
L'expression citoyenne n'est pas l'expression politique traditionnelle même si
elle est foncièrement une expression politique d'engagement dans une réflexion
et/ou une critique de la vie de la cité.
Cette distanciation entre ces deux modes d'expression n'est pas seulement
culturelle ; elle mêle des intérêts de pouvoir, de représentation, de marchés
économiques et de questions sociales redondantes.
Vincent Feltesse, maire de Blanquefort en Gironde, résume ainsi cette nouvelle forme de
contestation dans le dossier de la Gazette des Communes :
"Il est vrai qu'internet est davantage un outil de contestation que de construction. Les personnes peinent à s'emparer des espaces de discussion ouverts par les institutions ; il y a un phénomène de défiance. Aussi, pour provoquer des échanges, il peut être plus efficace de poster des messages sur des blogs citoyens que de créer des blogs institutionnels".
Quelques expériences des collectivités locales évoquées dans ce
dossier sur la démocratie locale à l'heure du numérique :
- Wiki-Brest (encyclopédie brestoise dans lequel chaque internaute peut
publier des textes, images ou des sons ayant trait au territoire) ;
- Ma ville en poche à
Laxou (portail local consultable sur téléphone mobile) ;
- La WebTV du
département de la Seine-Maritime ;
- les blogs Au
Fil de Dream+ (mis en place dans le cadre d'un projet de la Région
Nord-Pas-de-Calais sur la démocratie locale numérique) et Démocratie
participative (initié par le Conseil Régional Rhône-Alpes).
jeudi 4 janvier 2007
Guide solidarité Paris 2007 publié sur Internet
Par Jean-Luc Raymond le jeudi 4 janvier 2007, 22:20
Vademecum
indispensable des dispositifs d'aide aux personnes en situation d'exclusion, le
Guide Solidarité Paris 2007 vient de paraître. Ce livret édité chaque
année par la Mairie de Paris apporte des réponses concrètes en orientant les
personnes en difficulté vers des structures, des lieux d'accueil et d'aide
sociale spécialisées pour favoriser une réinsertion.
Le guide comprend des rubriques identifiées par des pictogrammes signifiants
portant différentes couleurs : S'orienter ; Chercher un hébergement ; Se
nourrir ; Se réinsérer ; Se soigner ; Vivre au quotidien. Pour chaque adresse,
sont mentionnés les services fournis et les horaires d'ouverture. Les lieux
d'accès à internet sont également indiqués.
Le Guide Solidarité Paris 2007 est téléchargeable à cette adresse (64 pages, en .pdf). La
rubrique Personnes en difficultés du portail Solidarités de la Mairie de
Paris reprend le contenu du guide, point par point, pour une consultation sans
téléchargement.
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