Jean-Luc Raymond

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Tag - territoire

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dimanche 21 janvier 2007

Eric Maurin, la ségrégation urbaine et la gentrification

Economiste, directeur de recherche à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (Paris), Eric Maurin est l'auteur de plusieurs ouvrages dont "Le Ghetto français" où il met en avant le phénomène urbain de la gentrification qui exclut les populations paupérisées et classes moyennes des villes centres.


Dans l'ouvrage collectif "Repenser la solidarité. L'apport des sciences sociales" sous la direction de Serge Paugam qui vient de paraître (PUF, collection Le Lien Social), Eric Maurin évoque de nouveau la gentrification et le séparatisme social de l'habitation et des lieux de vie dans un brillant article : "La ségrégation urbaine, son intensité et ses causes". Au regard des connexions aux technologies et des infrastructures dans les villes, cette ségrégation urbaine trouve en écho particulier. Extrait de l'article d'Eric Maurin :

"L'une des formes marquantes de la ségrégation territoriale est aujourd'hui celle qui éloigne les personnes les plus riches de la société - matériellement comme culturellement - de toutes les autres. Selon l'Enquête Emploi de l'INSEE, lorsqu'on divise le territoire en petits voisinages d'une trentaine de logements adjacents, on constate que les 10 % de personnes ayant les salaires les plus élevés se concentrent dans leur très grande majorité dans une petite majorité de voisinages. Inversement on ne trouve aucune personne à salaire élevé dans près de la moitié des voisinages, ceux-là même où se concentrent par ailleurs les 10 % de salariés les plus pauvres. Au total, les 10 % de salariés les plus riches et les 10 % les plus pauvres ne résident quasi jamais dans les mêmes voisinages. (...)

La concentration de la richesse dans quelques voisinages seulement est l'expression d'un choix, celui des personnes les plus aisées et les mieux informées de s'installer dans les environnements les plus stables et les plus protégés possible. La focalisation de la demande de logement des personnes les plus riches sur quelques voisinages seulement contribue à y maintenir le prix des logements à des niveaux élevés. Mécaniquement les personnes les plus pauvres sont condamnées à habiter ailleurs. Il en résulte une concentration territoriale des personnes les plus pauvres, mais il s'agit beaucoup plus d'un phénomène par défaut que le résultat d'une stratégie active de leur part (de type communautaire par exemple). C'est sans doute la raison pour laquelle, contrairement à une idée reçue, les personnes les plus pauvres et les plus démunies de diplômes sont aujourd'hui plutôt moins concentrées sur le territoire que les personnes les plus riches. Tandis que celles-ci mobilisent désormais toutes leurs ressources pour s'isoler, celles là subissent les dynamiques de la ségrégation. La richesse - notamment celle que confère un diplôme prestigieux - est moins visible à l'oeil nu que la pauvreté et c'est peut-être ce qui explique la relative transparence des enclaves chic."

Fracture numérique, développement durable, innovation, utilisation des téléphones mobiles chez les enfants... (brèves citoyennes de clavier)

Pour réfléchir, deux articles à lire dans le magazine Sciences Humaines de février : "Le Développement durable" par Sylvie Brunel, Géographe (apparition, principes, contradictions et applications) et "Les jeunes "guerriers des cités"" par Thomas Sauvadet, Sociologue (enquête au cœur des bandes de jeunes, révélatrice d'un microcosme avec ses liens de solidarités, ses codes mais aussi ses lois implacables).


Fracture numérique : Le Môle de Recherche Breton MARSOUIN révise son positionnement de recherche sur la fracture numérique à l'occasion d'un appel à communications : "Espaces publics & TIC : les TIC sont-elles un outil servant le débat public, et en même temps font-elles l'objet d'un débat sur leur usage qui dépasse la question un peu vaine de la "fracture numérique"?". Dans le bilan du bulletin E-Veille 2005-2006 du Ministère des Services Gouvernementaux du Québec, tout un chapitre sur "l'Inclusion numérique : un défi de taille auquel s'attaquent les gouvernements" (en .pdf).


Tutoriels : "Concevoir un sudoku en Flash" (par Le Journal du Net développeur) ; pour la recherche d'emploi : "Faire aboutir ses candidatures spontanées" (par le Journal du Management) ; dans le milieu professionnel, avec les outils technologiques : "S'organiser pour gagner en efficacité" (toujours par le Journal du Management).


Mobilité : "Comment les enfants britanniques de 6 à 13 ans utilisent le téléphone portable ?", résultat d'une étude de Intuitive Media Research : "69 % des 6-13 ans déclarent, en effet, envoyer des SMS à leurs connaissances. Viennent ensuite la prise de photos, qui représente 58 % des réponses, puis la réalisation de vidéos (43 %). Envoyer des MMS est moins répandu mais touche tout de même 42 % de cette classe d'âges. Enfin, les jeux sur téléphone avec des amis ne rallient que 39 % de l'échantillon."


Innovation : "Knowledge and the diversity of innovation systems: a comparative analysis of European regions", article scientifique de Christophe Carricazeaux et Frédéric Gaschet, Université Bordeaux 4, en .pdf de 44 pages qui analyse la diversité des configurations régionales européennes en termes d'accumulation de connaissance et de performances socio-économiques. L'hypothèse est que les liens dynamiques entre connaissance, innovation et performances sont spécifiques au contexte institutionnel au sein duquel interagissent des agents hétérogènes.


Lieux : Edicom nous informe que le Japon a inauguré ce dimanche le plus vaste musée d'art du monde consacré exclusivement à des expositions temporaires (le Centre national d'art de Tokyo), un espace qui veut incarner l'esprit du "21e siècle", ouvert aux collections du monde entier, aux jeunes talents et aux nouvelles technologies. A Paris, jusqu'à fin mars 2007, la Maison A et le Studio B se visitent au 38 bis rue Hallé, 14e arrondissement ; des maisons intelligentes avec innovations technologiques et écologiques.


Sites internet locaux : nouveau, le blog de Bretteville l'Orgueilleuse (plus de 2000 habitants, dans le Calvados) par le Maire Loïc Cavellec qui témoigne de la vie de la commune et des différents projets. A Faulquemont (5500 habitants, Moselle), ce sont les agents qui alimentent le site Internet de la commune selon leur domaine de compétences et ils apprécient l'interactivité du système (article de la Gazette des Communes du 22 janvier 2007).

samedi 20 janvier 2007

Jean-Pierre Vernant, le progrès

Agrégé de philosophie et spécialiste de la Grèce Antique, Jean-Pierre Vernant est décédé le 9 janvier 2007 à Sèvres à l'âge de 93 ans. Son oeuvre a été marquée par une connaissance renouvelée des Grecs vs. l'Occident moderne, notamment en terme d'exercice de la démocratie.


Le Nouvel Observateur de cette semaine rend hommage à Jean-Pierre Vernant avec un article intitulé "Ma traversée du siècle" qui reprend ses mots dans un entretien pour l'hebdomadaire en juillet 2004. Le philosophe aborde notamment la notion de progrès :

"Il y a eu toute une période où un grand nombre de gens, en Occident, ont vécu avec l'idée que le passé et le présent n'avaient pas d'autre sens que de préparer un avenir qui apporterait des solutions et briserait les égoïsmes nationaux et les injustices sociales. Je ne crois plus au progrès. J'ai cru à un moment donné dans ma jeunesse, qui n'était pas une jeunesse folle, qu'il y avait un progrès. (...) De la même façon que le développement des sciences physiques et chimiques donnait une maîtrise de la nature, l'essor de la sociologie pouvait nous apporter une certaine maîtrise de l'évolution sociale. (...) Aujourd'hui, je me rends compte qu'il y a un élément temporel capital : l'imprévisibilité. Après tout, la physique contemporaine ne croit plus à la causalité mécanique. Dans le domaine de la vie sociale ou intellectuelle, il y a également de l'imprévisibilité, et je dirais que c'est ce qui nous sauve : c'est d'autant plus intéressant que c'est imprévisible. C'est-à-dire qu'on est toujours surpris par ce qui arrive, et que l'explication du fait intervient toujours a posteriori. On s'aperçoit que les techniques que nous avons développées, les formes d'énergie que nous avons découvertes, peuvent avoir des conséquences que leurs découvreurs n'imaginaient pas du tout. Notre avenir humain est remis en cause par le développement technique. Il y a le Prométhée de Marx, qui veut changer le monde. Mais le Prométhée grec n'était pas celui-là. Le progrès est une idée grecque dans la mesure où l'on passe du stade de la barbarie ou de la vie quasi animale à la vie civilisée. Le tout, pour Prométhée, est de ne jamais renoncer."

dimanche 14 janvier 2007

Repenser la solidarité, Serge Paugam

"Repenser la solidarité, l'apport des sciences sociales" de Serge Paugam est un ouvrage différent sur la solidarité. Il comprend 992 pages et a réuni 50 contributeurs (49 Euros aux Presses Universitaires de France, collection Le Lien social). Imposant, ce livre est une élaboration collective de chercheurs et de penseurs suite à un séminaire pluridisciplinaire du CNRS et de l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales : "Repenser la solidarité au 21e siècle" qui s'est déroulé en 2005 et 2006 à l'Ecole Normale Supérieure de Paris.


Serge Paugam est sociologue (directeur de recherche au CNRS et directeur d'études à l'EHESS). C'est l'un des chercheurs qui fait référence sur la pauvreté et la précarité depuis de nombreuses années. Cette publication collective est donc un évènement qui s'attache à comprendre les phénomènes de ségrégation urbaines et scolaires, la crise du salariat, les inégalités de genre, les discriminations multiples, les inégalités entre générations... C'est aussi un ensemble de pages avec des propositions concrètes pour lutter contre la pauvreté, l'exclusion et favoriser les solidarités.


Voici un extrait d'une interview de Serge Paugam pour CCAS Infos (janvier 2007, n°275) à propos de "Repenser la solidarité, l'apport des sciences sociales" :

"Il est impossible de rappeler ici l'ensemble des propositions avancées par les cinquante chercheurs qui ont participé à cet ouvrage. Les auteurs ont cherché les moyens de renouveler l'éthique de la solidarité à la fois au sens des principes généraux de justice sociale et au sens de l'application concrète de ces derniers dans les modes de l'intervention sociale. Ils ont aussi fait l'inventaire des solutions visant à concilier efficacité économique et solidarité sociale dans un environnement marqué par la concurrence internationale. Ils ont évalué les moyens de mieux articuler les solidarités privée et publique. Ils ont enfin fait des propositions pour créer des synergies entre les différentes échelles de la solidarité, du local au national et du national ou supranational. C'est sans arrière-pensées politiques ou morales, en ayant uniquement pour dessein de clarifier le débat et de dissiper les fréquentes confusions entourant les questions de solidarité que les auteurs de cet ouvrage s'adressent aux responsables politiques, aux syndicats, au patronat, aux associations, bref à tous les citoyens attentifs aux enjeux des réformes en cours ou à venir."


Les auteurs de l'ouvrage "Repenser la solidarité au XXIe siècle" organisent un débat "Repenser la solidarité, un enjeu pour la France", le 17 janvier à 19 heures, à la Maison de la Mutualité (24 rue Saint-Victor, Paris 5e), à l'occasion de la publication du livre, en présence de personnalités du monde universitaire, syndical et politique. Seront notamment présents : Martin Hirsch, François Chérèque... Renseignements par téléphone au 01 58 10 31 10 ou par courrier électronique à solidarite@puf.com.

samedi 13 janvier 2007

Mobi, Third age suit, une combinaison qui simule le quotidien des seniors

Le Monde 2 de cette semaine (numéro 152 du 13 au 19 janvier) évoque l'expérience d'une innovation : Mobi, un simulateur de vieillesse sous la forme d'une combinaison qui permet aux plus jeunes de ressentir les sensations de savoir ce que c'est que d'avoir 80 ans. Extrait de cet article : "Une combinaison simule le quotidien des seniors. Coup de vieux sur l'innovation" par Pascale Krémer :

"Mobi, cette combinaison qui simule le vieillissement est une invention des chercheurs de l'université anglaise de Leads conçue, à l'origine, pour répondre à une demande du constructeur Ford (afin de faire comprendre aux trentenaires et quadragénaires qui conçoivent les autos les besoins spécifiques des plus de 50 ans). (...)

Sur une sorte de bleu de travail en coton épais se surajoutent des prothèses qui raidissent les principales articulations, simulant l'effet de l'arthrose. (...)

Armés de cette combinaison qui vaut tous les discours théoriques, Sophie Schmitt et Cristelle Ghekière (fondatrices de Seniosphère, un cabinet de conseils en innovations sur le marché des seniors, qui se sont emparées pour l'Europe - hors Grande-Bretagne - de la licence du "third age suit" - "costume du 3e âge") sensibilisent l'entreprise à la "planète senior" et l'aident à repenser son offre, à développer aussi de nouveaux produits et services : "Lors des formations, on choisit quelqu'un pour enfiler Mobi et décrire ses sensations aux autres. Ce qui est frappant, c'est de voir que même un jeune adopte instantanément la démarche et le comportement d'un septuagénaire.""

Le 1er février de 19h55 à 20h, on éteint tout

Le journaliste John Paul Lepers signale sur son blog l'initiative de l'Alliance pour la Planète (groupement national d'associations environnementales en France) qui invite les citoyens à se mobiliser pour une action coordonnée le 1er février de 19h55 à 20h qui consiste à éteindre ses systèmes de veille électriques et ses lumières pour alerter l'opinion publique, les médias et les politiques sur les préoccupations environnementales :

"Le 1er février 2007, dans toute la France :
Participez à la plus grande mobilisation des citoyens contre le Changement Climatique !
L'Alliance pour la Planète (groupement national d'associations environnementales) lance un appel simple à tous les citoyens, 5 minutes de répit pour la planète :

Tout le monde éteint ses veilles et  lumières le 1er février 2007 entre 19h55 et 20h00.

Il ne s'agit pas d'économiser 5 minutes d'électricité uniquement ce jour-là, mais d'attirer l'attention des citoyens, des médias et des décideurs sur le gaspillage d'énergie et l'urgence de passer à l'action ! 5 minutes de répit pour la planète : ça ne prend pas longtemps, ça ne coûte rien, et ça montrera aux candidats à la Présidentielle que le changement climatique est un sujet qui doit peser dans le débat politique. Pourquoi le 1er février ? Ce jour là sortira, à Paris, le nouveau rapport du groupe d'experts climatiques des Nations Unies. Cet événement aura lieu en France : il ne faut pas laisser passer cette occasion de braquer les projecteurs sur l'urgence de la situation climatique mondiale. Si nous y participons tous, cette action aura un réel poids médiatique et politique, moins de trois mois avant l'élection présidentielle! Faites circuler au maximum cet appel autour de vous et dans tous vos réseaux ! Faites-le aussi apparaître sur votre site Internet et dans vos news letters."

vendredi 12 janvier 2007

Séminaires et intervention au Master 2 Management de l'Intégration des Technologies de l'Information et de la Communication (MITIC), Université de Marne-la-Vallée

Je me suis rendu cet après-midi à l'un des séminaires de la spécialité Collectivités Territoriales du Master 2 Management de l'Intégration des Technologies de l'Information et de la Communication (MITIC) de l'Université de Marne-la-Vallée. Le programme de ces cours est coordonné par Bernard Corbineau (enseignant-chercheur et responsable de la spécialité) et comprend 14 rendez-vous sur toute l'année universitaire avec une présentation des thématiques par les étudiants en duo.


Des discutants et intervenants professionnels sont également présents et apportent leur éclairage sur les sujets. Peuvent assister ponctuellement à ces séminaires, des personnes impliquées dans le monde de l'informatique, de l'internet et des collectivités locales ainsi que des étudiants en universités ou grandes écoles. Le programme complet des séminaires M2 MITIC est indiqué sur le blog créé par les étudiants.


Pour en revenir au sujet de ce séminaire, Delphine Cuq et Sylvain Héraut sont intervenus sur le thème : "Etude des usages et des expériences menées en milieu rural et analyse autour de la notion de fracture numérique" avec un exposé très vivant où ils ont mis en relief les problèmes d'infrastructures (accès haut débit) dans les zones blanches en France et ont souligné des expériences intéressantes de création d'Espaces Publics Numériques dans le milieu rural ou de services publics de proximité utilisant des réseaux à large bande. Quelques unes de leurs références sont répertoriées sur le blog de la spécialité.


Gilles Coester (DIACT) a présenté quelques points forts de l'action de l'Etat dans l'aménagement du territoire en matière d'infrastructures haut débit et Hervé Deleersnyder (chargé de mission TIC, Communauté de communes de l'Atrébatie) est intervenu en visioconférence soulignant combien l'accès au haut débit est important dans le rural pour l'accès à l'administration électronique, la possibilité d'acheter en ligne pour les consommateurs ou pour une démarche de démocratie participative en ligne. En fin de séminaire, a été présenté une solution commerciale de mise en valeur du patrimoine touristique et patrimonial via un système d'information géographique multimédia à contenu rédactionnel et vidéo : SIGM, actuellement en expérimentation en Seine-et-Marne.


Ecouter des étudiants (tous quasiment sont en apprentissage), parler, argumenter et contextualiser l'actualité de l'Internet et les enjeux des technologies s'avère d'une grande utilité. Ils appartiennent à une génération des moins de 25 ans, rompus à l'utilisation des différents outils TIC et leur vision de notre monde et de son avenir décrit des interrogations notamment sur l'équité de l'accès et de l'appropriation de l'informatique et de l'internet, des notions comme le service universel Internet. Assister à l'un de ces séminaires est "rafraichissant" lorsqu'on est plongé dans des pratiques au quotidien afin de saisir des réflexions abouties ou en cours sur notre avenir.


Pour la deuxième année consécutive, j'interviens en mars dans ce Master 2 MITIC pour les 2 spécialités : collectivités locales et entreprises. Nouveau thème que j'aborderai cette année : le Nouvel Internet, en invitant les étudiants à poser un regard critique sur ce thème d'actualité. Nous y réfléchirons ensemble avec des ressources bibliographiques hors ligne, des informations en ligne et des outils technologiques.

mercredi 10 janvier 2007

L'Internet et les réseaux de solidarités, une étude sur les solidarités numériques en réseau

En février 2005, l'Eurotechnopolis Institut a publié un document remarquable sur l'Internet et des initiatives liées aux solidarités et à l'Economie Solidaire : "L'Internet et les Réseaux de Solidarités" (31 pages en .pdf, à télécharger ici). Intéressant car cette étude rapporte des dizaines de projets, montre leur implantation dans une dynamique territoriale locale ou plus sectorielle et les classe de manière pertinente dans des champs participatifs divers et variés.


Ce document met en lumière la solidarité numérique comme un fait ancien sur Internet souvent lié à un activisme politique et à des préoccupations d'une vision différente de la société en matière d'environnement, d'économie sociale et solidaire et de réseaux non monétaires. Souvent, les réseaux de solidarités sur le Web sont l'écho ou précurseurs de mobilisations citoyennes, ont un aspect extrêmement pratiques et cherchent à recréer du "lien social" ; Internet n'étant qu'un outil pour des objectifs concrets.


L'étude "L'Internet et les Réseaux de Solidarités" souligne l'importance des animateurs des réseaux ("les médiateurs du lien social") et livre quelques enseignements pour l'avenir. Il est notamment proposé de favoriser la création de services d'épargnes solidarité (par système de points, de temps troqué), de soutenir les écoles qui veulent lancer des projets de solidarités entre jeunes et d'aider plus avant les actions de solidarités numériques des collectivités territoriales.

mardi 9 janvier 2007

Placeblog (tendance 043)

La rubrique tendance, c'est un mot, une expression, un lieu, une chose comme reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans l'avenir, porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le prononce, dans son champ énonciatif et contextuel. Mot, expression à suivre, objet utile ou inutile, lieu en devenir...


Selon Jean-Pierre Cloutier, observateur canadien attentif des Technologies de l'Information et de la Communication depuis plus d'une dizaine d'années, le placeblogging est une nouvelle tendance dans le monde des blogs. Il en traduit une définition dans son billet du 7 janvier 2007 : "Nouvelle année, nouvelle tendance : le placeblogging" :

"Selon Lisa Williams, on appelle parfois les placeblogs des sites "hyperlocaux" parce que certains traitent en grand détail de nouvelles dans un quartier donné, et on a tendance à les associer au terme "journalisme citoyen" car ils sont produits par des non journalistes. Mais, dit-elle, les placeblogs débordent du cadre de la nouvelle. Ils constituent un acte d'attention soutenue dans le temps à une localité. Ils peuvent être produits par une personne, un groupe ou encore être ouverts à toute une collectivité. Bien qu'il puisse comporter des nouvelles, un placeblog n'est pas un journal. Un placeblog traite de l'expérience de vivre dans une collectivité, des gens qui y habitent, des petites frustrations et des grandes joies qu'on y vit, et tout ça dans un style non traditionnel."


Lisa Williams est la créatrice du site Placeblogger.com, annuaire de 760 placeblogs à travers le monde. La définition en anglais des placeblogs est consultable à cette adresse.

lundi 8 janvier 2007

Démocratie participative locale sur Internet, recommandations pour les collectivités locales

En Espagne, sur leurs blogs, des acteurs de terrain des collectivités territoriales discutent autour d'idées, de suggestions et de conseils formalisés pour une démarche participative citoyenne en ligne des internautes. Ces articles qui se répondent les uns les autres, se complètent montrent des champs des possibles et traduisent avec des mots des recommandations pour une expression des citoyens sur Internet sur leurs préoccupations locales et dans un mode d'interaction avec les collectivités locales.


Dans cette perspective, le blog collectif Administraciones en Redes vient de publier un article dont la lecture est passionnante : "Conductas politicas para  para la participación ciudadana" ("Conduites politiques pour la participation des citoyens"). En voici une traduction personnelle condensée. Ces points de travail sont également précieux dans la conduite/gestions de projets collaboratifs en ligne ; un manifeste de la participation collaborative sur Internet :


"(version Wiki pour politiciens 2.0)


A toi, professionnel de la politique, représentant de la volonté populaire ou gestionnaire de services publics, qui croit que la démocratie est plus que de voter année après année, qui rêve d'un système dans lequel la politique est un peu plus qu'une dispute habituelle entre des partis, qui souhaite être utile à ta société et qui désire que cette société accorde une légitimité au travail des politiciens, aspirant-politicien 2.0, j'offre ce catalogue de conduites pour la participation des citoyens.Et, à toi, lecteur -mon semblable, mon frère !- je t'invite à corriger, à compléter cette lettre très particulière aux Rois Mages :


1. Participation signifie partager le pouvoir.
Donner une information n'est pas la même chose que d'offrir la possibilité de participer. Rassembler des informations n'est pas permettre une participation. La participation signifie aussi la prise de décisions. Il s'établira une société civile forte quand on ouvrira les processus de décisions à la participation des citoyens.


2. Écoute, écoute, écoute.
Il est probable qu'il existe déjà une conversation sur le sujet qui te préoccupe. Si la conversation existe déjà, on peut consulter ce qui est dit et repérer qui sont les protagonistes dans ce réseau de dialogue. Internet est un locuteur très important doté d'outils pour l'écoute : Technorati, BlogSearch, Del.ici.ous...


3. Si la conversation existe déjà quelque part, il est plus adéquat de ne pas l'initier (elle existe déjà, tu te rappelles ?), de la monopoliser (pour que réduire sa diversité ?), ni de se l'accaparer (tu ne pourras pas). Il suffit d'y participer. Avec le temps, peut-être deviendras-tu un noeud significatif du réseau conversationnel.


4. Quand la conversation n'existe pas, il faut se poser la question si cela vaut la peine de l'entamer. Si le sujet n'a pas été présent jusqu'à maintenant dans les conversations, peut-être que cela n'intéresse pas les citoyens. Comment les intéresser ? Les gens prennent part à des conversations qui s'avèrent proches d'eux, habituelles, faciles, naturelles et qui offrent quelque chose de tangible à améliorer dans leur vie.


5. Lie, relie, relie. Participe aux conversations des autres mais ne sois pas le leader de toutes les conversations. Il faut s'adapter aux conversations en se faisant petit, en escaladant pas à pas la connaissancedu sujet et il faut aussi avoir de la mémoire. Il n'y a pas de meilleure façon d'obtenir que quelqu'un s'intéresse à une thématique que de le proposer en démontrant que tu t'intéresses aussi à ce que proposent les autres.


6. Ouvre-toi au monde. Pense que dans une conversation, une institution n'est pas un interlocuteur. La conversation est une affaire de personnes. Tu devras prendre des risques. Il faudra prononcer des affirmations comme provisoires et les rectifier. Sois transparent. Il faut aussi réfléchir.


7. L'attitude fait tout dans une relation entre des personnes. Il ne faut pas tout gaspiller avec une attitude qui n'est pas compréhensible. Il faut avoir de l'humour, être persévérant, élégant, tolérant, agir avec constance. Sois un simple citoyen qui participe à une conversation, mon ami.


8. Ne te préoccupe pas trop du nombre de personnes qui prennent part à la conversation mais surtout à la quantité de bonnes conversations qui s'établissent. Prendre part à une conversation est un acte volontaire. Ne pas s'intéresser à comment empêcher qu'une personne fasse un mauvais usage du pouvoir ; prendre plutôt le soin de comment pouvoir faire pour que beaucoup de personnes fassent un bon usage du pouvoir. Les menaces sont toujours plus évidentes que les avantages parce que le changement fait peur.


9. Tu dois savoir qu'il n'y a pas d'obéissance aveugle, ni même borgne. Les participants aiment se différencier les uns des autres. Si le projet collectif n'implique pas que mon avis soit considéré, je ne peux pas croire au projet.


10. Les citoyens adultes méritent d'être traités comme tels. Ne sois pas paternel, ni maternel avec eux. Laisse-leur la liberté et la responsabilité. Ils prendront en charge ce qui les concernent. Ils peuvent se tromper. La participation implique le respect des participants.


11. Les destinataires des politiques publiques peuvent améliorer leur conception et leur implantation locale et, évidemment, trouver que les décisions suite aux discussions soient plus conformes à leurs désirs. Toutefois, n'espère pas à court terme que les résultats soient extraordinaires. Le principal est l'ampleur prise par la participation. Évaluer la participation peut la tuer avant que celle-ci grandisse réellement. Le premier objectif est de construire une Communauté active, avancer pas à pas vers une citoyenneté véritablement civique.


12. Enfin, il faut avoir en tête ces trois principes : (1) La mauvaise participation est contre-indiquée, parce qu'elle sème la méfiance et le découragement. (2) L'absence de participation est encore pire que la mauvaise participation. (3) Il est dangereux de faire passer comme participation la simple manipulation."

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