Mardi
23 janvier, j'ai participé dans les locaux de TechnofuturTIC à Gosselies
(Belgique) à la première rencontre 2007 du réseau des EPN de Wallonie qui
a réuni plus d'une trentaine de personnes : animateurs multimédias,
responsables d'EPN, personnel communal impliqués dans les lieux d'accès publics
à l'Internet, pour la plupart d'entre eux, récemment ouverts. J'ai publié, il y
a quelques jours, un compte-rendu de cette réunion sur le blog EPN-Ressources.be.
Il y a les EPN qui démarrent et les animateurs confirmés. Tous ont le souci de
bien faire, de se rendre utile et déjà quelques préoccupations pointent le
bout du nez : Comment accueillir un public de séniors ? Avec quels
partenaires locaux puis-je travailler localement ? Comment gérer son temps et
donner du temps pour le réseau ? Des questions non techniques pourtant si
essentielles. J'y ai apporté quelques réponses oralement, collectivement
puis individuellement, et poursuivrai ce travail dans les mois qui
viennent.
Je collabore par mon expertise au centre de Ressources des EPN de
Wallonie sur le volet conseil, animation de réseau, fourniture de contenus sur
le blog collectif et l'Egroupware privé et, aussi, par la préparation
et la conduite de plusieurs sessions de formation spécifiques
pour les EPN de Wallonie dont : "Evaluation et validation de l’information
sur Internet", "Mobilité et
EPN : soyez mobiles!", "Avoir
une démarche de développement durable au sein et dans les activités
d'un EPN", "Connaître son
territoire et travailler en réseau", "Actions de recherche d’emploi dans un
EPN", "Appropriation de
l'informatique et de l'internet par des publics précaires". Ces thèmes
seront explorés dans une démarche participative et avec une
coconstruction de propositions concrètes.
La formation complétant l'animation de réseau est l'un des points forts de la
politique des Espaces Publics Numériques soutenu par la Région Wallonie. On
mesure combien ce programme s'intéresse à fournir aux personnes en charge des
EPN des réponses de terrain à leurs préoccupations, sans langue de
bois et perte de temps, ni effet d'annonce en favorisant aussi l'entraide et
l'échange de savoirs entre les animateurs multimédias. Les multiples rencontres
favorisent la connaissance de ce qui se fait ailleurs. Se lancer dans
l'aventure de l'ouverture et de l'animation d'un Espace Public Numérique est
une grande aventure, un début de possibles...
Tag - territoire
mercredi 31 janvier 2007
Animation du réseau des Espaces Publics Numériques de Wallonie
Par Jean-Luc Raymond le mercredi 31 janvier 2007, 09:50 - Mes missions
lundi 29 janvier 2007
Second Life, jusqu'où ira la fascination médiatique actuelle pour l'univers virtuel Second Life ?
Par Jean-Luc Raymond le lundi 29 janvier 2007, 23:06
Le samedi
20 janvier, Metropolis, l'émission hebdomadaire d'actualité culturelle de
la Chaîne TV ARTE, a consacré un reportage de présentation sur le monde virtuel
Second Life (à
visionner ici, 5 mn 34 s), un univers persistant qui bénéficie
actuellement d'une couverture médiatique mondiale très porteuse lui assurant
une visibilité étonnante et un engouement certain dans une frénésie de
communication produisant un effet de mode. A la fin du reportage, le
journaliste pointe son propos sur certaines limites de Second Life :
"Linden Lab (la société éditrice de Second Life) s'est assurée par contrat tous les droits de régulation des échanges. Linden Lab ne fixe pas seulement les cours, mais aussi le montant des échanges et le délai pendant lequel on peut changer. Linden Lab est la banque mondiale du monde virtuel de Second Life ce qui fait que la partie pourrait bien finir soudainement. Les résidents du jeu en discutent entre eux. Être connecté à l'économie réelle implique certains risques pour le monde virtuel.
Le professeur Winfred Kaminski (Haute Ecole de Cologne, Institut de Recherche des médias) ajoute : "J'ai l'impression que c'est un peu comme le système des chaînes. Je crains que les derniers arrivants y laissent des plumes. Certains peuvent bien évidemment y tirer profit, mais il faut que quelqu'un paye parce que Second Life vit d'espérances. Bien sûr, les espérances font partie de l'économie, mais elles doivent à un moment ou à un autre être exaucées. J'ai peur que pour certains, le réveil soit douloureux. Si les joueurs participants du monde entier veulent transformer leur Linden Dollars en vrais Dollars, nous aurons ce qu'on appelle un crash et la bulle éclatera"."
Sur son blog, l'artiste et philosophe Gregory Chatonsky évoque aujourd'hui
Second Life sous l'angle critique d'une façon brillante : "La Seconde fois" :
"Si Second Life a un tel succès médiatique, alors qu’il n’est pas très différent d’Alpha World par exemple, c’est sans doute que l’idéologie technologique a repris espoir avec la seconde vague Internet. Il n’est pas ici question d’innovation technologique mais simplement d’un contexte économique qui permet ou non l’articulation des techniques et des matières et donc l’imaginaire (puisqu’il s’agit de cela) de se développer. Les technologies sont dans une relation de dépendance aux discours qui sont eux-mêmes le produit d’une économie qui elle-même est le fruit d’une spéculation langagière (je te fais croire à mes mots et tu me fournis des investissements pour réaliser mon langage et faire advenir la réalité économique que j’ai anticipé).
Le caractère médiatique de SL reprend les vieux arguments des années 80 et 90 sur la réalité virtuelle et réalise fantasmatiquement la promesse du cyberespace de Gibson: caractère fascinant d’une communauté numérique, effroi devant les risques des abîmes numériques, dénonciation de la coupure psychotique entre la vraie réalité et cette réalité de simulacres (www.getafirstlife.com), etc. Autant de concepts qui plongent de lointaines racines dans notre tradition occidentale et dans la dénonciation de la représentation et de l’image.
Le fait que les médias eux-mêmes aient dénoncés le caractère factice de la surmédiatisation se laissant intoxiqués par le service de communication de Second Life (nombre d’habitants surestimés, gain financier imaginaire, etc.) ne doit pas nous cacher que c’est tout un discours déjà entendu qui se redéploye. Second Life est donc un Second Discours, un goût de déjà-vu (Matrix). Les technologies elles-mêmes se recyclent et l’innovation contemporaine n’est plus celle moderne, elle n’est pas un inanticipable, elle est une revenance."
dimanche 28 janvier 2007
Constructions durables Aquitaine, site Internet du Centre de ressources construction et aménagement durable en Aquitaine
Par Jean-Luc Raymond le dimanche 28 janvier 2007, 16:46
Capitaliser les
informations dans le développement durable sur Internet devient un enjeu de
poids tant les savoirs dans ce domaine semblent épars. En outre, les
français ont été peu sensibilisés jusqu'à maintenant par les pouvoirs
publics aux bons gestes pour sauvegarder l'environnement et avoir une
démarche globalement responsable tout au long de la vie.
Internet investit ce champ et en particulier les collectivités territoriales
qui au-delà d'une politique d'Agenda 21 ("projet de développement durable, conçu à
l'échelle d'un territoire") mettent en place sur leurs sites des
informations en premier lieu relatives au recyclage des déchets et
aussi à de bonnes pratiques responsables.
Plus rares, les initiatives régionales thématiques exemplaires tel le nouveau
site Internet Constructions Durables Aquitaine (Centre de ressources
construction durable et aménagement durable en Aquitaine) lancé le 16
janvier 2007 par la Région
Aquitaine, l'Ademe Aquitaine et Nobatek (centre de recherche technologique spécialisé dans la
construction durable) avec pour double objectif :
"1) Informer sur les démarches environnementales dans la construction et l’aménagement afin de promouvoir leur application en Aquitaine, en proposant une information claire et structurée sur les démarches et leurs avancées : mise à disposition de références (bibliographie), d’outils, agenda, etc.
2. Capitaliser et illustrer par l’exemple en créant un observatoire des opérations en Aquitaine. Certaines de ces opérations sont analysées de manière détaillée afin de mettre en avant les solutions techniques mises en place pour répondre aux problématiques posées."
Ce site est donc destiné aux institutions, collectivités locales, aux
professionnels du bâtiment et au grand public pour répondre à la
question : Comment construire durablement en Aquitaine ? Un enjeu de
taille lorsqu'on sait que le secteur du bâtiment représente en France : 46
% des consommations énergétiques, 25% des émissions de CO2, 16% de nos
consommations d’eau et plus de 31 millions de tonnes de déchets par an...
samedi 27 janvier 2007
Journée européenne de la protection des données, Alerte aux traces
Par Jean-Luc Raymond le samedi 27 janvier 2007, 21:18

Ce dimanche, se déroule la journée européenne de protection des données personnelles et de la vie privée. Une page complète du site du Conseil de l'Europe recense les initiatives sur notre continent dédiées à cette journée. En France, la Commission Nationale de l'Infomatique et des Libertés (CNIL) se mobilise avec une campagne d'information : "Alerte aux traces" :
"De nombreux actes de la vie quotidienne (téléphoner, utiliser sa carte bancaire ou surfer sur internet...) génèrent des "traces" porteuses d'informations sur notre identité. L'utilisation anodine de technologies performantes nous conduit naturellement à dévoiler toujours plus d'informations sur nous, sans pour autant savoir qui y aura accès, pour quoi faire et pour combien de temps. Ces données peuvent être exploitées de plus en plus vite, en plus grand nombre et sont potentiellement accessibles en tout point du globe. Notre vie privée se réduit ainsi petit à petit avec le risque que ce mouvement soit irréversible."
A cette occasion, le journaliste Thomas Bronnec s'entretient avec Yann Padova,
secrétaire général de la CNIL, dans un article pour l'Express publié le
vendredi 26 janvier 2006 : "Les
technologies rognent les libertés". Extrait de cette interview sur le côté
intrusif de l'exploitation des technologies où l'on met en avant une
sensibilisation indispensable des citoyens sur ces questions :
"Comment s'exprime ce côté intrusif ?
"C'est très simple. Voici quelques exemples, illustrés à travers ces animations. Utiliser un GPS pour se guider sur les routes, c'est très pratique, mais à tout instant on peut savoir où vous êtes, combien de kilomètres vous avez parcouru, etc. C'est la même chose pour ce qu'on appelle la "télébilletique", c'est à dire l'émission des cartes de transport équipées d'une puce. Cela facilite la vie quotidienne, c'est vrai, mais c'est aussi une atteinte à la liberté d'aller et venir anonymement . Or c'est un droit fondamental en démocratie, tout comme la liberté de réunion ou la liberté d'expression. Les technologies, si on n'y prend garde, rognent ces libertés. Si vous avez publié une tribune politique sur le web et que votre employeur, en tapant votre nom sur Google comme cela se fait fréquemment, tombe dessus, vous pouvez avoir des ennuis.""
dimanche 21 janvier 2007
Eric Maurin, la ségrégation urbaine et la gentrification
Par Jean-Luc Raymond le dimanche 21 janvier 2007, 20:30
Economiste, directeur de recherche à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences
Sociales (Paris), Eric Maurin est l'auteur de plusieurs ouvrages dont "Le Ghetto
français" où il met en avant le phénomène urbain de la gentrification qui
exclut les populations paupérisées et classes moyennes des villes
centres.
Dans l'ouvrage collectif "Repenser la solidarité. L'apport des sciences
sociales" sous la direction de Serge Paugam qui vient de paraître (PUF,
collection Le Lien Social), Eric Maurin évoque de nouveau la gentrification et
le séparatisme social de l'habitation et des lieux de vie dans un brillant
article : "La ségrégation urbaine, son intensité et ses causes". Au regard des
connexions aux technologies et des infrastructures dans les villes, cette
ségrégation urbaine trouve en écho particulier. Extrait de l'article d'Eric
Maurin :
"L'une des formes marquantes de la ségrégation territoriale est aujourd'hui celle qui éloigne les personnes les plus riches de la société - matériellement comme culturellement - de toutes les autres. Selon l'Enquête Emploi de l'INSEE, lorsqu'on divise le territoire en petits voisinages d'une trentaine de logements adjacents, on constate que les 10 % de personnes ayant les salaires les plus élevés se concentrent dans leur très grande majorité dans une petite majorité de voisinages. Inversement on ne trouve aucune personne à salaire élevé dans près de la moitié des voisinages, ceux-là même où se concentrent par ailleurs les 10 % de salariés les plus pauvres. Au total, les 10 % de salariés les plus riches et les 10 % les plus pauvres ne résident quasi jamais dans les mêmes voisinages. (...)
La concentration de la richesse dans quelques voisinages seulement est l'expression d'un choix, celui des personnes les plus aisées et les mieux informées de s'installer dans les environnements les plus stables et les plus protégés possible. La focalisation de la demande de logement des personnes les plus riches sur quelques voisinages seulement contribue à y maintenir le prix des logements à des niveaux élevés. Mécaniquement les personnes les plus pauvres sont condamnées à habiter ailleurs. Il en résulte une concentration territoriale des personnes les plus pauvres, mais il s'agit beaucoup plus d'un phénomène par défaut que le résultat d'une stratégie active de leur part (de type communautaire par exemple). C'est sans doute la raison pour laquelle, contrairement à une idée reçue, les personnes les plus pauvres et les plus démunies de diplômes sont aujourd'hui plutôt moins concentrées sur le territoire que les personnes les plus riches. Tandis que celles-ci mobilisent désormais toutes leurs ressources pour s'isoler, celles là subissent les dynamiques de la ségrégation. La richesse - notamment celle que confère un diplôme prestigieux - est moins visible à l'oeil nu que la pauvreté et c'est peut-être ce qui explique la relative transparence des enclaves chic."
Fracture numérique, développement durable, innovation, utilisation des téléphones mobiles chez les enfants... (brèves citoyennes de clavier)
Par Jean-Luc Raymond le dimanche 21 janvier 2007, 17:38 - Brèves citoyennes de clavier
Pour
réfléchir, deux articles à lire dans le magazine Sciences Humaines de
février : "Le Développement durable" par Sylvie Brunel, Géographe
(apparition, principes, contradictions et applications) et "Les jeunes
"guerriers des cités"" par Thomas Sauvadet, Sociologue (enquête au cœur des
bandes de jeunes, révélatrice d'un microcosme avec ses liens de solidarités,
ses codes mais aussi ses lois implacables).
Fracture numérique : Le Môle de Recherche Breton MARSOUIN révise son
positionnement de recherche sur la fracture numérique à
l'occasion d'un appel à
communications : "Espaces publics & TIC : les TIC sont-elles un
outil servant le débat public, et en même temps font-elles l'objet d'un débat
sur leur usage qui dépasse la question un peu vaine de la "fracture
numérique"?". Dans le bilan du bulletin E-Veille 2005-2006 du Ministère
des Services Gouvernementaux du Québec, tout un chapitre sur "l'Inclusion
numérique : un défi de taille auquel s'attaquent les gouvernements" (en .pdf).
Tutoriels : "Concevoir un sudoku en Flash" (par Le Journal du Net
développeur) ; pour la recherche d'emploi : "Faire aboutir ses candidatures spontanées" (par le Journal du
Management) ; dans le milieu professionnel, avec les outils technologiques
: "S'organiser pour gagner en efficacité" (toujours par le
Journal du Management).
Mobilité : "Comment les enfants britanniques de 6 à 13 ans utilisent le téléphone
portable ?", résultat d'une étude de Intuitive Media Research : "69 %
des 6-13 ans déclarent, en effet, envoyer des SMS à leurs connaissances.
Viennent ensuite la prise de photos, qui représente 58 % des réponses, puis la
réalisation de vidéos (43 %). Envoyer des MMS est moins répandu mais touche
tout de même 42 % de cette classe d'âges. Enfin, les jeux sur téléphone avec
des amis ne rallient que 39 % de l'échantillon."
Innovation : "Knowledge and the diversity of innovation systems: a comparative analysis
of European regions", article scientifique de Christophe Carricazeaux et
Frédéric Gaschet, Université Bordeaux 4, en .pdf de 44 pages qui
analyse la diversité des configurations régionales européennes en termes
d'accumulation de connaissance et de performances socio-économiques.
L'hypothèse est que les liens dynamiques entre connaissance, innovation et
performances sont spécifiques au contexte institutionnel au sein duquel
interagissent des agents hétérogènes.
Lieux : Edicom nous
informe que le Japon a inauguré ce dimanche le plus vaste musée d'art du
monde consacré exclusivement à des expositions temporaires (le Centre national
d'art de Tokyo), un espace qui veut incarner l'esprit du "21e siècle", ouvert
aux collections du monde entier, aux jeunes talents et aux nouvelles
technologies. A Paris, jusqu'à fin mars 2007, la Maison A et le Studio B se
visitent au 38 bis rue Hallé, 14e arrondissement ; des maisons
intelligentes avec innovations technologiques et écologiques.
Sites internet locaux : nouveau, le blog de
Bretteville l'Orgueilleuse (plus de 2000 habitants, dans le
Calvados) par le Maire Loïc Cavellec qui témoigne de la vie de la commune
et des différents projets. A Faulquemont (5500 habitants, Moselle), ce sont les
agents qui alimentent le site Internet de la commune selon leur domaine de compétences et
ils apprécient l'interactivité du système (article de la Gazette des Communes
du 22 janvier 2007).
samedi 20 janvier 2007
Jean-Pierre Vernant, le progrès
Par Jean-Luc Raymond le samedi 20 janvier 2007, 23:06
Agrégé de philosophie et spécialiste de la Grèce Antique, Jean-Pierre
Vernant est décédé le 9 janvier 2007 à Sèvres à l'âge de 93 ans. Son oeuvre a été
marquée par une connaissance renouvelée des Grecs vs. l'Occident
moderne, notamment en terme d'exercice de la démocratie.
Le Nouvel Observateur de cette semaine rend hommage à Jean-Pierre Vernant avec
un article intitulé "Ma traversée du siècle" qui reprend ses mots dans un
entretien pour l'hebdomadaire en juillet 2004. Le philosophe aborde notamment
la notion de progrès :
"Il y a eu toute une période où un grand nombre de gens, en Occident, ont vécu avec l'idée que le passé et le présent n'avaient pas d'autre sens que de préparer un avenir qui apporterait des solutions et briserait les égoïsmes nationaux et les injustices sociales. Je ne crois plus au progrès. J'ai cru à un moment donné dans ma jeunesse, qui n'était pas une jeunesse folle, qu'il y avait un progrès. (...) De la même façon que le développement des sciences physiques et chimiques donnait une maîtrise de la nature, l'essor de la sociologie pouvait nous apporter une certaine maîtrise de l'évolution sociale. (...) Aujourd'hui, je me rends compte qu'il y a un élément temporel capital : l'imprévisibilité. Après tout, la physique contemporaine ne croit plus à la causalité mécanique. Dans le domaine de la vie sociale ou intellectuelle, il y a également de l'imprévisibilité, et je dirais que c'est ce qui nous sauve : c'est d'autant plus intéressant que c'est imprévisible. C'est-à-dire qu'on est toujours surpris par ce qui arrive, et que l'explication du fait intervient toujours a posteriori. On s'aperçoit que les techniques que nous avons développées, les formes d'énergie que nous avons découvertes, peuvent avoir des conséquences que leurs découvreurs n'imaginaient pas du tout. Notre avenir humain est remis en cause par le développement technique. Il y a le Prométhée de Marx, qui veut changer le monde. Mais le Prométhée grec n'était pas celui-là. Le progrès est une idée grecque dans la mesure où l'on passe du stade de la barbarie ou de la vie quasi animale à la vie civilisée. Le tout, pour Prométhée, est de ne jamais renoncer."
dimanche 14 janvier 2007
Repenser la solidarité, Serge Paugam
Par Jean-Luc Raymond le dimanche 14 janvier 2007, 23:16 - Evénement
"Repenser
la solidarité, l'apport des sciences sociales" de Serge Paugam est un ouvrage
différent sur la solidarité. Il comprend 992 pages et a réuni 50 contributeurs
(49 Euros aux Presses Universitaires de France, collection Le Lien social).
Imposant, ce livre est une élaboration collective de chercheurs et de penseurs
suite à un séminaire pluridisciplinaire du CNRS et de l'Ecole des Hautes Etudes
en Sciences Sociales : "Repenser la solidarité au 21e siècle" qui s'est
déroulé en 2005 et 2006 à l'Ecole Normale Supérieure de Paris.
Serge Paugam est sociologue (directeur de recherche au CNRS et directeur
d'études à l'EHESS). C'est l'un des chercheurs qui fait référence sur
la pauvreté et la précarité depuis de nombreuses années. Cette publication
collective est donc un évènement qui s'attache à comprendre les phénomènes de
ségrégation urbaines et scolaires, la crise du salariat, les inégalités de
genre, les discriminations multiples, les inégalités entre générations... C'est
aussi un ensemble de pages avec des propositions concrètes pour lutter contre
la pauvreté, l'exclusion et favoriser les solidarités.
Voici un extrait d'une interview de Serge Paugam pour CCAS Infos (janvier
2007, n°275) à propos de "Repenser la solidarité, l'apport des sciences
sociales" :
"Il est impossible de rappeler ici l'ensemble des propositions avancées par les cinquante chercheurs qui ont participé à cet ouvrage. Les auteurs ont cherché les moyens de renouveler l'éthique de la solidarité à la fois au sens des principes généraux de justice sociale et au sens de l'application concrète de ces derniers dans les modes de l'intervention sociale. Ils ont aussi fait l'inventaire des solutions visant à concilier efficacité économique et solidarité sociale dans un environnement marqué par la concurrence internationale. Ils ont évalué les moyens de mieux articuler les solidarités privée et publique. Ils ont enfin fait des propositions pour créer des synergies entre les différentes échelles de la solidarité, du local au national et du national ou supranational. C'est sans arrière-pensées politiques ou morales, en ayant uniquement pour dessein de clarifier le débat et de dissiper les fréquentes confusions entourant les questions de solidarité que les auteurs de cet ouvrage s'adressent aux responsables politiques, aux syndicats, au patronat, aux associations, bref à tous les citoyens attentifs aux enjeux des réformes en cours ou à venir."
Les auteurs de l'ouvrage "Repenser la solidarité au XXIe siècle" organisent un
débat "Repenser la solidarité, un enjeu pour la France", le 17 janvier à 19
heures, à la Maison de la Mutualité (24 rue Saint-Victor, Paris 5e), à
l'occasion de la publication du livre, en présence de personnalités du monde
universitaire, syndical et politique. Seront notamment présents : Martin
Hirsch, François Chérèque... Renseignements par téléphone au 01 58 10 31 10 ou
par courrier électronique à solidarite@puf.com.
samedi 13 janvier 2007
Mobi, Third age suit, une combinaison qui simule le quotidien des seniors
Par Jean-Luc Raymond le samedi 13 janvier 2007, 15:37
Le Monde 2
de cette semaine (numéro 152 du 13 au 19 janvier) évoque l'expérience d'une
innovation : Mobi, un simulateur de vieillesse sous la forme d'une combinaison
qui permet aux plus jeunes de ressentir les sensations de savoir ce que c'est
que d'avoir 80 ans. Extrait de cet article : "Une combinaison simule le
quotidien des seniors. Coup de vieux sur l'innovation" par Pascale Krémer :
"Mobi, cette combinaison qui simule le vieillissement est une invention des chercheurs de l'université anglaise de Leads conçue, à l'origine, pour répondre à une demande du constructeur Ford (afin de faire comprendre aux trentenaires et quadragénaires qui conçoivent les autos les besoins spécifiques des plus de 50 ans). (...)
Sur une sorte de bleu de travail en coton épais se surajoutent des prothèses qui raidissent les principales articulations, simulant l'effet de l'arthrose. (...)Armés de cette combinaison qui vaut tous les discours théoriques, Sophie Schmitt et Cristelle Ghekière (fondatrices de Seniosphère, un cabinet de conseils en innovations sur le marché des seniors, qui se sont emparées pour l'Europe - hors Grande-Bretagne - de la licence du "third age suit" - "costume du 3e âge") sensibilisent l'entreprise à la "planète senior" et l'aident à repenser son offre, à développer aussi de nouveaux produits et services : "Lors des formations, on choisit quelqu'un pour enfiler Mobi et décrire ses sensations aux autres. Ce qui est frappant, c'est de voir que même un jeune adopte instantanément la démarche et le comportement d'un septuagénaire.""
Le 1er février de 19h55 à 20h, on éteint tout
Par Jean-Luc Raymond le samedi 13 janvier 2007, 15:03 - Evénement
Le
journaliste John
Paul Lepers signale sur son blog l'initiative de l'Alliance pour la Planète
(groupement national d'associations environnementales en France) qui invite les
citoyens à se mobiliser pour une action coordonnée le 1er février de 19h55
à 20h qui consiste à éteindre ses systèmes de veille électriques et ses
lumières pour alerter l'opinion publique, les médias et les politiques sur les
préoccupations environnementales :
"Le 1er février 2007, dans toute la France :
Participez à la plus grande mobilisation des citoyens contre le Changement Climatique !
L'Alliance pour la Planète (groupement national d'associations environnementales) lance un appel simple à tous les citoyens, 5 minutes de répit pour la planète :Tout le monde éteint ses veilles et lumières le 1er février 2007 entre 19h55 et 20h00.
Il ne s'agit pas d'économiser 5 minutes d'électricité uniquement ce jour-là, mais d'attirer l'attention des citoyens, des médias et des décideurs sur le gaspillage d'énergie et l'urgence de passer à l'action ! 5 minutes de répit pour la planète : ça ne prend pas longtemps, ça ne coûte rien, et ça montrera aux candidats à la Présidentielle que le changement climatique est un sujet qui doit peser dans le débat politique. Pourquoi le 1er février ? Ce jour là sortira, à Paris, le nouveau rapport du groupe d'experts climatiques des Nations Unies. Cet événement aura lieu en France : il ne faut pas laisser passer cette occasion de braquer les projecteurs sur l'urgence de la situation climatique mondiale. Si nous y participons tous, cette action aura un réel poids médiatique et politique, moins de trois mois avant l'élection présidentielle! Faites circuler au maximum cet appel autour de vous et dans tous vos réseaux ! Faites-le aussi apparaître sur votre site Internet et dans vos news letters."
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