Jean-Luc Raymond

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Tag - territoire

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mercredi 11 octobre 2006

Le déploiement des TIC dans les territoires, le rôle des collectivités par Philippe Bouquillion et Isabelle Pailliart

Intéressant ouvrage : Le Déploiement des TIC dans les territoires : le rôle des collectivités, par Philippe Bouquillion (Professeur à l'Université de Paris 8 et chercheur à la Maison des Sciences de l'Homme) et Isabelle Pailliart (chercheuse au GRESEC, Groupe de Recherche sur les Enjeux de la Communication et Professeur à l'Université Stendhal de Grenoble) paru cette année aux Presses Universitaires de Grenoble.


Les deux chercheurs s'intéressent par un parcours historique, au rôle des techniques d'information et de communication dans le développement du territoire en particulier dans les éléments structurants ou déstructurants des territoires, au renforcement ou non des richesses locales et à la mise en valeur du local. Philippe Bouquillion et Isabelle Pailliart délivrent des pistes pour décrypter les logiques d'actions des pouvoirs publics (État, régions, départements, communes) et montrent comment des actions innovantes dans le domaine des TIC peuvent s'inscrire dans une politique locale. Ils expriment aussi des démarches symboliques souvent prescrites par les acteurs publics dans des utilisations des TIC ; extrait :

"Il est certes difficile d'aborder la question des usages pour une collectivité territoriale. En effet, pour des responsables politiques, cette expression renvoie à une notion floue, difficilement cernable. Les différences - et les inégalités - sociales et culturelles restent fortement déterminantes dans l'appropriation des techniques et des services. Mais celles-ci, de manière générale, sont rarement prises en compte dans les politiques publiques locales, ou du moins n'apparaissent pas en tant que telles, elles vont à l'encontre de la dimension consensuelle des actions menées en matière de TIC. En outre, les usages se forment sur le long terme et s'inscrivent dans des pratiques sociales (les activités professionnelles, les activités ludiques...) qui dépassent le cadre des domaines d'intervention des collectivités territoriales. Les élus, eux, sont tentés par le temps court et par des actions visibles. Enfin, en plus de leur côté insaisissable au premier abord, les usages revêtent une forme d'indécidabilité qui compliquent les choix politiques (les usages intensifs de quelques-uns seront-ils les mêmes dans quelques années ? sont-ils représentatifs de ceux d'une population ?) ; les choix politiques par ailleurs sont eux-mêmes soumis au caractère sans cesse innovant et fluctuant des techniques. Ainsi le terme d'usages est-il employé dans son acception la plus simple et renvoie aux potentialités des techniques, à leur utilisation et non à des pratiques récurrentes, stabilisées et partagées.

Le manque d'analyse concernant les pratiques des utilisateurs pose cependant un double problème : celui de n'envisager les pratiques qu'à travers les représentations qu'en ont les promoteurs des nouvelles techniques, celui encore plus inquiétant d'un décalage, entre d'une part les pratiques effectives, d'autre part les représentations des concepteurs de produit ou de services innovants."

À télécharger gratuitement en .pdf, la première partie de l'ouvrage (pp.13-31) : "Les collectivités territoriales et les TIC: des objectifs aux réalisations" (Chapitre I - Des services locaux, des politiques territorialisées ; Chapitre II - TIC et vie politique ; Chapitre III - Télévisions locales et réseaux de télécommunications).


Source :

Bouquillion, Philippe et Pailliart, Isabelle (2006). Le déploiement des TIC dans les territoires, le rôle des collectivités, Presses Universitaires de Grenoble, Grenoble, 122 p.

mardi 10 octobre 2006

Relais Services Publics (RSP), des lieux informatisés pour effectuer et accompagner les publics dans leurs démarches administratives

Le site Vie-Publique.fr, édité par La Documentation Francaise, a publié aujourd'hui un dossier complet (sur un nouveau dispositif "Relais Services Publics" (R.S.P.) avec liens de références, circulaire du 2 août 2006 sur la labellisation... : "Relais Services Publics : la labellisation lancée" qui peut concerner les Espaces Publics Numériques et lieux d'accès publics à l'internet du monde rural. Cette page complémentaire précise aussi l'essentiel sur les R.S.P.


Ces nouveaux points d'accès locaux à l'administration en ligne donneront accès principalement à des services sociaux et liés à l'emploi par un système de labellisation département par département. Un financement à l'équipement informatique et du local (10 000 Euros par an) est prévu après sélection et un accompagnement humain doit être prévu au sein de chaque "Relais Services Publics" :

"Les RSP doivent permettre au public d'obtenir des informations et d'effectuer des démarches administratives relevant de plusieurs administrations ou organismes publics, principalement en matière d'emploi et de prestations sociales. Une charte nationale de qualité garantit le niveau de prestation de services réalisée. La circulaire du 2 août 2006 apporte les précisions nécessaires aux candidats à l'obtention du label ainsi que sur le financement des projets labellisés."


Source :

Collectif (10 octobre 2006). "Relais Services Publics : la labellisation lancée" (En ligne). Vie-Publique.fr, La Documentation Française, Paris, 1 p. (Page consultée le 10 octobre 2006)

mardi 5 septembre 2006

William J. Mitchell, la ville du XXIe siècle

William J. Mitchell est professeur au MIT (Massachusetts Institute of Technology, voir son site) et à la tête du MIT's Program in Media Arts and Sciences qui comprend le MIT media Lab.


Dans le numéro 91 de la revue scientifique en sciences humaines et sociales Sociétés, il s'interroge via l'article "L'espace entre les mots : Symboles, espace et ville" sur l'organisation de l'espace urbain comme constitutive de la relation de la communication dans une dimension narrative ; l'espace comme comme environnement qui se dote technologiquement d'éléments, de symboles et d'informations importés et valorisés in situ ; extrait :

"Ces déplacements, dislocations, insertions et combinaisons d'information numérique en rapport avec les environnements architecturaux et urbains ont toujours été lourds de conséquences, et le seront encore davantage à l'avenir. Un acheteur jadis était cantonné au monde clos d'un magasin ; on peut maintenant passer un coup de fil de son portable pour savoir quoi acheter pour le dîner, ou surfer sur Internet pour comparer les prix. Au moment de payer, un appareil sans fil lira les codes barres sur les produits achetés, les encaissera tout en mettant à jour le système d'inventaire des stocks. Un responsable politique peut désormais rester en contact au moyen de son Blackberry et donner des instructions, le tout sans quitter la salle de réunion, ni interrompre le débat qui s'y tient. L'étudiant dans son amphithéâtre n'interagissait auparavant qu'avec les éléments fournis par le professeur ; il peut désormais taper sur Google le sujet de l'intervention depuis son ordinateur portable, et rassembler des ressources accumulées autour du sujet du cours. (...) 

Contrairement à ce qu'on imaginait couramment il y a quelque temps pourtant, l'ubiquité qui caractérise les réseaux numériques n'a pas tout simplement gommé les différences entre les lieux, permettant à n'importe quoi de se produire n'importe où, à n'importe quel moment. Au contraire, cela s'est mué en mécanisme d'injection permanente d'informations au sein de contextes autrefois inaccessibles, ajoutant une nouvelle couche de sens. 

À mesure que ces différents modes et moyens de communication ont fait leur apparition les uns après les autres, ils se sont partiellement substitués à leurs prédécesseurs ; on peut, par exemple, choisir de décrocher le téléphone ou d'envoyer un e-mail au lieu de donner rendez-vous quelque part à un ami pour une conversation en tête à tête. La plupart du temps cependant, les nouvelles formes d'information se surajoutent et viennent compléter ce qui existait auparavant. Le mot écrit n'a pas mis un terme aux échanges parlés, et le mot électronique n'a pas tué l'imprimerie.

Toutes les pratiques de communication que j'ai décrites ici - de la discussion entre personnes rassemblées à portée de voix à propos de choses à portée de main à l'inscription et la lecture d'étiquettes, la construction et le téléchargement de pages web accessibles à l'échelle planétaire, l'envoi et à la réception d'e-mails jusqu'aux réunions en ligne depuis son ordinateur - travaillent ensemble à la fois dans le but de donner sens aux édifices et aux villes et d'en tirer du sens. Les fonctions sociales et culturelles des espaces construits sont devenues indissociables de l'opération simultanée de multiples systèmes de communication à l'oeuvre autour et à l'intérieur d'eux. On ne peut plus (n’a-t-on jamais pu ?) comprendre l'architecture en tant que médium autonome fait de masses, d'espaces et de lumière ; elle sert de nos jours de base construite à la rencontre et à l'extraction de sens à partir de flots d'information auditive, textuelle, graphique et numérique se recoupant au travers de réseaux planétaires."


Source :

Mitchell, William J. (2006). Trad. Bosqué, Clément. "L'espace entre les mots : Symboles, espace et ville" in Sociétés n°91, De Boeck, Bruxelles, pp.20-21

mardi 29 août 2006

Canal Accessible : repérages et mises en ligne d’obstacles non accessibles dans Barcelone par 40 personnes handicapées

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C’est un projet étonnant et utile qui vient de remporter le grand prix de Digital Communities 2006 (Communautés Digitales) du festival d’art numérique international Ars Electronica (voir site) : Canal*Accessible (voir site), une initiative collaborative conduite à Barcelone par 40 handicapés qui ont mis en ligne depuis décembre 2005, avec des clichés pris à partir de téléphones photos, parfois avec du son et un repérage cartographique, les obstacles et lieux inaccessibles par des handicapés dans la ville de Barcelone.


Ce projet solidaire et bénévole qui utilise des ressources internet liées à la mobilité compte plus de 3500 contributions (lieux repérés) et le site Internet sur lequel figurent ces données ne s’arrête pas là. Des recommandations en terme d’accessibilité sont disponibles ainsi qu’un forum.


Des partenaires publics et privés se sont associés pour cette initiative dont Nokia et la Generalitat de Catalunya, Departament de Cultura.


Source :

Collectif (29 août 2006). Canal*Accessible [En ligne], Antonio Abad Roses, Barcelone, Site (Page consultée le 29 août 2006)

dimanche 20 août 2006

Guide pratique sur les Espaces Publics Numériques en Hongrie : “Telecottage Handbook: How to establish and run a successful telecentre”

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Le Programme des Nations Unies pour le Développement (U.N.D.P. - United Nations Development Program) vient de publier un guide - vademecum en anglais sur l’expérience hongroise des telecottages hongrois (équivalents de nos Espaces Publics Numériques français, voir le site Telehaz.hu) : “Telecottage Handbook: How to establish and run a successful telecentre” (en .pdf, 90 pages, à télécharger à cette adresse) dans une dynamique de faciliter le développement de télécentres et d’EPN en se posant des questions sur le montage du projet : gestion du projet en amont,  idées d’activités à développer, questions financières à prendre en compte, indicateurs des effets de leviers créés par la fréquentation des telecottages.


Le point fort de ce guide pratique est d’insister sur les bénéfices locaux de l’implantation d’un telecottage en terme de dynamiques citoyennes participatives, d’administration électronique, de développement économique. Des bonnes pratiques sont présentées tout au long de ce guide, agrémenté de tableaux récapitulatifs et points explicatifs.


Ce guide est à compléter par un document pratique (livre d’exercices de 30 pages, à télécharger en document Word) co-écrit par Matyas Gaspar (fondateur du 1er telecottage en Hongrie en 1996, et actuel président de l’Europen Union of Telecottage Association, E.U.T.A. à Budapest), Eva Bernat et Peter Palvolgyi : “How community telecentres serve local development - guide for local practitionners” (Comment les Espaces Publics Numériques peuvent contribuer au développement local - guide pour les acteurs de terrain) qui aide à l’analyse des pratiques et de l’environnement d’un Espace Public Numérique dans le cadre d’une création d’E.P.N. ou d’une redéfinition de projet.


Source :

Misnikov, Yuri (June 2006). Telecottage Handbook: How to establish and run a successful telecentre. A practical guide for community development practitioners on strategies for ICT-enabled community empowerment (based on the Hungarian telecottage movement experience) [En ligne], Collection How to Build Open Information Societies, UNDP Regional Bureau for Europe and the Commonwealth of Independent States, Bratislava, 1 p. (Page consultée le 20 août 2006)

samedi 19 août 2006

Chantier de solidarité numérique Nord-Sud : création d’un Espace Public Numérique à Hamady Ounaré (Sénégal)

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A l’initiative de l’Union des Travailleurs Sénégalais en France (section de Champigny-sur-Marne, Val-de-Marne), une dizaine de jeunes du quartier du Bois-l’Abbé (Chennevières-sur-Marne, Champigny-sur-Marne) sont partis en vacances jusqu’au 2 septembre, dans le cadre d’un chantier de solidarité numérique au Sénégal. Ils sont en train d’aménager un centre internet / espace public numérique dans le village de Hamady Ounaré (région de Matam).


Plus de 10 ordinateurs dotés d’une connexion internet et des téléphones sont mis à disposition des habitants dans le cadre de ce chantier et les jeunes du Bois l’Abbé vont initier les villageois et les élèves de l’école à l’informatique.


Sont partenaires de ce chantier de solidarité numérique : la ville de Champigny-sur-Marne, l’Immobilière 3F, le Conseil Général du Val-de-Marne, l’État (via la politique de la Ville) et l’association des ressortissants de Hamady Nouaré.

Economisez l’eau : jeu pour les enfants “Un pour tous, tous pour l’eau”

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L’Agence de l’Eau Seine Normandie propose un jeu utile et éducatif pour les enfants jusqu’au 15 octobre 2006 : “Un pour tous, tous pour l’eau” (voir le site en Flash) pour apprendre les bons gestes pour sauver et économiser l’eau. Pour cela, il faut aider le personnage Ludeau à sauver son poisson en jouant :

“Aide Ludeau à récompenser les personnages qui respectent l’environnement et à punir ceux qui polluent.”


Source :

Collectif (juin 2006). Un pour tous, tous pour l’eau [En ligne], Agence de l’Eau Seine-Normandie, Nanterre, Site (Page consultée le 19 août 2006)

jeudi 10 août 2006

Fabien Girardin, “Ubicity”, la connexion permanente en réseau dans les villes

Dans le premier cahier de tendances sur le thème “Mobilités, la clé des villes” de Jean-Claude Decaux, publié en édition limitée en mai 2006, des chercheurs et penseurs de notre temps s’expriment les villes d’aujourd’hui et de demain.


Dans le chapitre, “La Ville digitale”, Fabien Girardin (ingénieur en informatique, qui prépare une thèse sur le travail collaboratif dans un contexte d’environnements mobiles et ubiquistes) évoque la connexion permanente en réseau et les risques d’exclusion liés aux technologies mobiles dans un article intitulé “Ubicity” ; extrait :

“La technologie, dans sa dimension pervasive, participe d’une reconfiguration de l’espace et des liens sociaux comme elle l’a fait de tout temps. Nous nous dirigeons résolument vers une connectivité généralisée, omniprésente, interconnectée certes et qui devrait servir l’hétérogénéité de nos demandes de citadins dans le mouvement. Admettons les limites d’une “intelligence” qui ne peut encore réellement servir une expérience riche dans la continuité à laquelle elle prétend. Admettons un niveau de complexité sur l’ensemble qui dépasse de très loin la somme de ces composants. Admettons qu’il faudra cheminer sur la ligne étroite qui sépare le pervasif de l’intrusif. Admettons que les modèles économiques sont encore peu clairs.

Dans une vision techno-optimiste, on a tendance à conférer à la technologie des valeurs humanistes, comme si elles étaient source de l’ordre et de la maîtrise, en oubliant que le désordre fait partie intrinsèque du paysage. Nous nous situons dans une phase pré-productive de l’intégration harmonieuse de nos mondes digitaux à notre vie physique. La mise en place de scénarios d’usages massifiés appelle à comprendre les impacts sociaux, humains et environnementaux. Dans ce sens, ne pas offrir au citoyens des moyens d’appropriation et d’accommodation de ces technologies prégnantes et invisibles risque de miner les bénéfices de la cité numérique.”


Source :

Girardin, Fabien (mai 2006). “Ubicity”, in “Mobilités, la clé des villes”, Cahier de tendances, Jean-Claude Decaux, Neuilly-sur-Seine, p.89

mardi 8 août 2006

Podcasting de services publics locaux : quelques exemples type d’utilisation et un portail local citoyen de podcasts

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Est-ce un nouveau canal de communication intégré pour les sites Internet locaux de services publics ? On connait l’utilisation du podcasting ou balladodiffusion (”moyen habituellement gratuit de diffusion de fichiers audio ou vidéo sur Internet”) à partir de sites publics locaux pour :

- la rediffusion de conseils municipaux (à Fontenay-sous-Bois, France),

- un mini-journal local audio à diffusion régulière, hebdomadaire (informations municipales, sports et interviews, à Warren, Michigan, États-Unis… avec même un videopodcast sur le même thème),

- des infos mensuelles (agenda avec un axe très loisirs et culture, à Issy-les-Moulineaux, France),

- des nouvelles plus ou moins régulières avec une thématique différente traitée à chaque fois (à Boston, États-Unis),

- des podcasts audio et vidéos couvrant une actualité saisonnière (l’été, à Montélimar, France),

- des podcasts culturels facilitant la découverte et la visite d’un lieu (comme ceux du Musée Historique de la Ville de Haguenau, France).

Phénomène intéressant, certains citoyens et associations locales se regroupent pour créer des portails locaux de podcasts thématiques sous la forme d’un réseau structuré comme celui de Charlottesville (Virginie, États-Unis) : Charlottesville Podcasting Network. Il est question de sports, arts, politique, discours locaux, documentaires audio, critiques de films… Ce portail fourre-tout existe depuis avril 2005 et des bénévoles assurent une initiation et une formation audio pour que des citoyens découvrent comment manier le son sur Internet dans le but de les faire devenir des podcasteurs en herbe.


En Grande-Bretagne, le site Internet public du Lincolnshire County Council va plus loin avec des podcasts proposant les dernières nouvelles du Comté, un agenda et les offres d’emplois administratifs du Comté.


Va-t-on assister dans les prochains mois à une généralisation de podcasts offrant de nouveaux services à la population ? C’est une question majeure. Le podcasting peut aussi faciliter la vie de citoyens faiblement alphabétisés ; les services publics devraient s’atteler à cet aspect d’une administration en ligne plus respectueuse de la diversité des profils des publics.

lundi 7 août 2006

CF2M à Bruxelles et ENDA Graf à Dakar : Projet Réemploi informatique

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Avant de travailler dans les Technologies de l’Information et de la Communication, Bernard Goffinet était assistant social. Il fut aussi chercheur en sociologie. En 1988, il rejoint le CF2M (Centre de Formation 2 Mille, voir le site), une ASBL établie à Bruxelles créée par des Marocains d’un quartier populaire. L’association se démarque alors en mettant en place des actions d’insertion par l’emploi dans le domaine de l’imprimerie.


Dès 1998, CF2M s’engage dans un partenariat fructueux avec l’O.N.G. sénégalaise ENDA GRAF (ENDA Groupes Recherches Actions Formations, voir le site) où une imprimerie déménage. Mais Bernard Goffinet désire aller plus loin. Avec l’équipe de CF2M, il récupère des ordinateurs ne fonctionnant plus sur le territoire belge, les répare et les envoie au Sénégal, ENDA GRAF assurant uniquement le prix de la main-d’oeuvre utilisée en Belgique. Résultat : un PC ainsi réparé coûte 50 % moins cher qu’un ordinateur à l’achat au Sénégal. En outre, ENDA GRAF revend ces ordinateurs à 75 % du prix du marché. Plusieurs personnes peuvent ainsi vivre de cette activité à Daklar et 7 techniciens informatiques originaires d’Afrique (Mozambique, Togo, Maroc, Burundi…). Description résumée de l’initiative :

“Le projet “Banlieues-Dakar” vise l’envoi de matériel informatique déclassé, de logiciels et de compétences de maintenance, permettant la mise en place de réseaux d’échange avec des initiatives locales (coopératives d’habitat, groupes de socio-alphabétisation…) soutenues par des ONG.

Le projet à Bruxelles vise quant à lui le soutien des ASBL sous-équipées en leur offrant du matériel informatique. En nous cédant votre matériel, vous participez au renforcement de projets dans les quartiers populaires de Lomé, Dakar, Kinshasa, Oujda et au soutien de projets pédagogiques, culturels et sociaux à Bruxelles.”


Bernard Goffinet de CF2M déclarait en 2002 :

“On constate que dans nos pays le matériel est vite obsolète, mais qu’il peut être très utile dans les associations de quartiers : une connexion et un ordinateur installé en réseau servent à environ vingt associations différentes, augmenter l’efficacité des groupes dans les quartiers. Il fonctionne même la nuit. À Dakar, beaucoup de personnes ont une adresse e-mail même si elles n’ont pas d’ordinateur. Il y a une grande pratique d’Internet. Cette information relativise la notion de fracture numérique qui n’est pas toujours le fait d’un public pauvre. Il y a autant de fracture numérique chez nos stagiaires [à Bruxelles] qu’à Dakar. Enda développe des contenus populaires et effectue des échanges avec des universitaires sur des propositions de solutions à leurs problèmes de quartier. (…)

Les TIC doivent permettre de parler autrement des problèmes. Il fait le constat qu’il y a peu d’originalité de la parole et que la parole est peu donnée au public (…) Les TIC sont un moyen de favoriser la prise de parole des gens, l’expression de contenus spécifiques, et les aspects techniques doivent passer au second plan.”


Pour que ce projet entre CF2M et ENDA GRAF soit mené à bien, un pacte engage les deux partenaires avec notamment une traçabilité des PC destinés uniquement aux associations locales, l’interdiction de les revendre au secteur privé ou à des particuliers.


Éthique et autonomie de gestion sont 2 pièces maîtresses de ce programme s’inscrivant dans une démarche d’économie sociale et solidaire… numériquement!

Contact : CF2M ASBL, rue Berthelot 114/116, 1190 Forest, Belgique. Tél. : 02 539 03 60.


Source :

Collectif (août 2006). CF2M - Centre de formation 2 mille [En ligne], ASBL CF2M, Forest, Belgique, Site (Page consultée le 7 août 2006).

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