Jean-Luc Raymond

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mercredi 14 octobre 2009

Moyennisation de la société, Gratuité à revers, Idée qu'on s'en fait, Petites oeuvres, Lanceur d'alerte

La rubrique Tendances, c'est un abstract de ce temps qui se résume au présent avec un goût de devenir. Mots en correspondance ou métaphores d'aujourd'hui, pincées de sens sur notre temps, concepts de l'instant... Les mots soulignés signifient des traits de Tendances. Notre planète est en demande non futile de sens. Bonne lecture!

Moyennisation
de la société


"La mutation inachevée de la société française (A partir du livre "Déchiffrer la Société Française de Louis Maurin", Editions La Découverte) : Sommes-nous plus libres qu'hier ? Le processus d'émancipation individuel demeure ambigu. De nouveaux modes d'influence et de contrôle social se mettent en place dans une société de communication de masse. En particulier via la télévision. Pour mieux cibler le consommateur, ses comportements dont fichés de façon de plus en plus détaillée et intrusive. Nous sommes poussés à accepter de livrer une partie de nous-mêmes en contrepartie du bénéfice de l'usage de nouveaux biens. Du côté des pouvoirs publics, la tentation est aussi de plus en plus grande d'utiliser les nouvelles technologies de l'information pour contrôler de façon étroite les comportements des citoyens. En même temps, ces nouvelles libertés, dans un contexte d'accès plus généralisé à la consommation, ont alimenté un discours sur la "moyennisation" de la société. La salarisation de l'emploi a rendu caduque une représentation binaire, fondée sur la domination des détenteurs du capital sur les autres, les prolétaires. Et le déclin du monde ouvrier a réduit la visibilité des milieux populaires. Mais de l'école à la santé, en passant par le mariage et la consommation, les univers sociaux continuent largement à modeler les pratiques et les mécanismes de domination demeurent. Une partie du déficit de compréhension de la société actuelle vient justement d'une confusion entre transformation et disparition des groupes sociaux."

(Alternatives Economiques, Octobre 2009)

La gratuité à revers

"Extrait des Mirages de la Gratuité, un article du journaliste Malcolm Gladwell, journaliste au New Yorker, critiquant l'ouvrage "Free" de Chris Anderson : "De nombreuses autres formes informations ont décidé de prendre la Gratuité à revers. On peut consulter le Times gratuitement sur son site Internet. Mais le Wall Street Journal a découvert que plus d'un million d'abonnés se réjouissaient de payer pour avoir le privilège de le lire en ligne. (...) Et la vente par téléphone des applications pour l'iPhone (des idées) rapportera peut-être bientôt davantage à Apple que la vente de l'appareil lui-même (la matière). Un jour, l'entreprise pourrait faire cadeau de l'iPhone pour développer les téléchargements ; elle pourrait faire cadeau des téléchargements pour stimuler les ventes de l'iPhone ; ou bien elle pourrait continuer de faire payer les deux, comme aujourd'hui. Qui sait ? La seule loi d'Airain qui vaille est trop évidente pour mérite un livre : l'ère numérique a tant transformé la manière dont on fabrique et on vend qu'il n'existe pas de loi d'airain"."

(Booksmag, Octobre 2009)


L'idée qu'on s'en fait

"L'une des clés du succès n'est pas tant le talent, inné ou non, que l'on possède, mais l'idée que l'on se fait du talent et de la manière de l'exercer, estime Carol Dweck, chercheur en psychologie à l'Université de Stanford, en Californie. Ses travaux l'ont conduite à identifier deux attitudes très différentes selon les individus, y compris chez ceux qui ont fait les plus brillantes études. Certains ont tendance à penser, en ce qui les concerne, que les jeux sont faits. Leur intelligence et leur talent ont été déterminés une fois pour toutes, leurs brillantes études en témoignent. Les autres ont tendance à penser que, quels que soient leurs résultats passés, leur intelligence et leur talent sont en construction et le resteront. Les premiers ont une vision "fixée" de leurs facultés, les seconds une vision "de croissance". Ce sont eux qui ont les meilleures chances de réussir".

(Booksmag, Septembre 2009)

Petites oeuvres

"Lorsque les coûts d'accès à la culture sont élevés, nous préférons les oeuvres majeures pour amortir ce coût d'accès. Lorsque l'information est gratuite, nous préférons la multiplication d'éléments qui nous permet de bâtir notre propre histoire. C'est ainsi que se comprend le titre du livre de Tyler Cowen "Create Your Own Economy: The Path to Prosperity in a Disordered World" : la prospérité qu'il évoque ne se mesure pas en unités monétaires mais est créé par la multiplication d'économies individuelles faites d'interactions brèves avec des gens partageant nos centres d'intérêt, de réorganisations d'informations. Dans la culture qui en résulte, chacun produit son oeuvre à partir de multiples matériaux, à la fois consommateur et producteur. Cela implique moins de grandes oeuvres universelles et plus de petites oeuvres personnelles. Ce que montre Tyler Cowen, c'est qu'une culture faite d'un grand nombre de petites oeuvres n'est pas moins riche qu'une culture faite de quelques grandes."

(Enjeux Les Echos, Octobre 2009)

Lanceur d'alerte

"Les lanceurs d'alerte, vous connaissez ? Dans des laboratoires, des universités, des entreprises... des femmes et des hommes, prenant conscience que notre société court un risque majeur, se lèvent et tentent de nous en avertir (...) Cette expression, nous la devons à deux sociologues, Francis Chateaureynaud et Didier Torny. "L'alerte, précisent-ils, prend dans le sens où nous l'entendons, la forme d'une démarche, personnelle ou collective, visant à mobiliser des instances supposées capables d'agir et, pour le moins, d'informer le public d'un danger, de l'imminence d'une catastrophe, du caractère incertain d'une entreprise ou d'un choix technologique." Nous n'avons pas ou pas seulement affaire ici à la dénonciation d'une situation passée, mais bien à un appel tourné vers le futur, à propos d'un risque actuel et à venir, et qui parie donc sur une résolution."

(Imagine Demain Le Monde, Septembre-Octobre 2009)

Crédit photo : Jean-Luc Raymond. Mur d'entrée d'immeuble. Paris 3e. Septembre 2009.

mardi 6 octobre 2009

Digitainable, Monde transparent, Consubstantielle fragilité démocratique, Ciblage comportemental

La rubrique Tendances, c'est un condensé de ce temps qui s'hume au présent avec un goût d'avenir. Expressions figurées et imagées d'aujourd'hui, bribes de sens sur notre temps, concepts du moment... Les mots soulignés correspondent à des traits de Tendances. Notre monde est en invitation permanente de signifiance. Bonne lecture!

Digitainable : l'open space intelligent

"L'open space avait montré la voie à la rationalisation des m2. Sa version 2009, étendue, pourrait sceller l'union de la rentabilité financière et du bénéfice environnemental par réduction de l'empreinte écologique des entreprises, sur fond de "Clean Tech" alliant numérique et développement durable. "Digitainable" (digital + substainable), c'est justement la formule choisie par François Denieul pour prolonger son défunt "Laboratoire des espaces intelligents" de l'université Paris XIII. Ce gourou, qui conseille banques et multinationales, n'oublie pas la question humaine. "Si les entreprises ont besoin de souplesse dans la gestion de l'espace, l'individu, lui, a toujours besoin de s'approprier un territoire", explique-t-il. Solution du futur (à l'état de prototype) : un poste de travail sensible, capable grâce à ses capteurs, de distiller l'éclairage (LED, bien sûr) approprié, tel un "cocon" lumineux".

(Thalyscope, Septembre-Octobre 2009)

Un monde transparent

"Raphaël Enthoven, philosophe : "Vous avez aimé 1984 ? Vous adorerez les années 2000, c'est-à-dire l'époque où le danger ne vient pas d'en haut, mais d'à côté. Méfiez-vous les uns les uns des autres : désormais, ce n'est plus Big Brother qui vous regarde, c'est votre voisin de portable, que son téléphone transforme en mini-Fouché. Nous avons moins à craindre un retour de la dictature ou de l'ordre moral que le despotisme sournois de la transparence, la transformation de l'espace public en une cage de verre où, devant le tribunal sans appel de l'opinion publique, l'indiscrétion tient lieu de délation, l'information disparaît sous le buzz, Internet et la presse trash font office de police secrète, où la rumeur succède à la calomnie et où l'oeil de Moscou cède la place à l'oeil de boeuf d'un appareil numérique"."

(L'Express, 1er octobre 2009)

La consubstantielle fragilité démocratique

"Jean-Claude Guillebaud : "Comment sauverons-nous la démocratie sans l'élixir de la croissance ? Nul ne le sait. C'est d'ailleurs vers cette Asie mirobolante, cette Chine affolée d'enrichissement et d'Orient industrieux que la croissance s'est expatriée. Ainsi, un fantasme nouveau hante-t-il désormais l'Europe, celui de la consubstantielle fragilité démocratique. Voyez déjà comme nos démocraties se durcissent, se raidissent tandis que réapparaissent, après démaquillage, les corporatismes, les frivolités people, les individualismes obstinés, les égoïsmes nus et cette "avidité des riches" que - bien avant le Christianisme - condamnait Aristote. Danserons-nous encore longtemps sur le Pont d'Avignon ?""

(TéléObs, 1er octobre 2009)

Ciblage comportemental des internautes

"Voilà plus d'un an que les grandes régies publicitaires sur Internet mettent en oeuvre, en catimini, ce "ciblage comportemental". (...) A en croire leurs promoteurs, une campagne ainsi conçue serait 2 à 3 fois plus efficace qu'une publicité classique. Plus besoin de se cantonner aux sites proches de son secteur d'activité pour acheter de l'espace (ciblage contextuel). (...) Tous les grands ténors du Web - Microsoft, Yahoo, AOL... - ont concocté leur offre. Google teste une solution qui devrait être commercialisée avant la fin de l'année (...) Dans son principe, le ciblage comportemental repose sur 2 procédures : le traçage de l'internaute, puis son profilage. La première opération s'effectue à l'aide d'un cookie. Ce fichier informatique envoyé par le site visité sur le disque dur de l'internaute permet de tracer l'historique de sa navigation à chaque connexion. La phase de profilage est plus délicate. Pour être efficace, une régie doit pouvoir s'appuyer sur une audience importante (10 à 15 millions de visiteurs uniques) et suffisamment diversifiée pour constituer un large panel de profils (...) A partir de quand un internaute est-il suffisamment "cerné" pour être rangé dans une famille donnée (cluster) ? L'expertise des opérateurs est encore empirique. Chacun utilise ses propres algorithmes."

(Enjeux Les Echos, Octobre 2009)

Crédit photo : Jean-Luc Raymond. Oeuvre de Street Art. Galerie Agnès B. Paris 4e. Octobre 2009.

vendredi 25 septembre 2009

Crisogène, Archipels urbains, Webnapperon, Buzz-moi

Suite sur ce blog de la rubrique Tendances. Expressions ou termes du moment, bribes d'idées sur notre temps, concepts à la mode... Les mots soulignés correspondent à des amorces de Tendances. Notre monde est en perpétuel recherche de repères. Bonne lecture!

Crisogène comme crise

"D'abord la société se judiciarise : tout dommage doit être réparé et chaque accident, avoir son responsable. On veut des coupables, on adore les victimes ; ensuite, les salariés se distancient de l'entreprise et balancent plus volontiers : les contre-pouvoirs associatifs se sont structurés et bénéficient d'un énorme capital de confiance ; le Web 2.0 sert de formidable caisse de résonance et relaie sans aucune médiation une "opinion publique" sans visage ayant la capacité terrifiante de surveiller et punir. Mais la crise médiatique fleurit surtout sur la nouvelle charge morale qui pèse sur l'entreprise. Finie, l'époque où l'on demandait juste à une boîte de produire des bien, aujourd'hui, on exige de la moralité des dirigeants - voir la multiplication des crises liées aux salaires des patrons - et des politiques. (...) Par-dessus tout, on exige le respect de la Valeur Sacrée : l'écologie. "On voit de plus en plus de crises qui naissent de la nécessité de communiquer sur autre chose que son propre savoir-faire" explique Christophe Reille, conseiller en communication. "Avoir un rôle citoyen est devenu une préoccupation stratégique pour les entreprises. En conséquence, lorsqu'il y a une grande différence entre les attentes de l'opinion publique et la réalité des pratiques, on est dans une situation hautement crisogène". Le communicant de crise se trouve précisément là, entre la moralisation des rapports sociaux, la compassion placée au coeur du discours public et notre goût pour la mise en récit de l'actualité, surtout quand elle est trop ennuyeuse ou complexe."

(Technikart, Septembre 2009)


Un monde d'archipels urbains

"Marcel Hénaff, anthropologue et professeur à l'Université de San Diego : "Quelque chose s'est passé dans les villes européennes, qui n'a paseu lieu dans les villes au Moyen-Orient, de Chine ou du Japon : la formation ce que nous appelons un "espace public". A Athènes, l'assemblée était originairement faite du cercle des guerriers, dégageant en son milieu un espace neutre, où l'on déposait le butin et d'où devait se prendre la parole. (...) Cette idée d'un espace public ouvert à tous, fondamentale dans notre culture politique, est restée en grande partie étrangère aux villes des autres cultures. Elle est liée à notre philosophie : c'est l'idée selon laquelle, à la parole autoritaire ou magique, doit succéder une parole débattue, contradictoire, falsifiable, celle de la science. (...) Je crois en effet que nous sommes en train de sortir du modèle centré, qui était celui des villes européennes mais aussi asiatiques. Nous allons vers des conurbations, vers un monde d'archipels urbains de plus en plus étalé. Cette évolution correspond à l'apparition d'une nouvelle complexité, d'un autre mode de relation entre le local et le global. La globalisation a fait naître la peur d'une homogénéisation. Avec l'essor de la ville-réseau, nous nous trouvons au contraire, comme le montre Los Angeles, nébuleuse de villes-îles dans la Mégapole, devant un triomphe du vernaculaire, une multiplication des communautés locales et une nouvelle chance qui leur est offerte."

(Philosophie Magazine, Septembre 2009)

Webnapperon : une histoire de cartes-objets

"La personne âgée pose la carte d'anniversaire sur le napperon (webnapperon) et aussitôt ses petits-enfants apparaissent dans un film vidéo sur l'écran numérique ; puis elle place un boîtier de CD sur le napperon et peut écouter ses musiques préférées ; un autre geste pour déposer une boîte de médicaments, et les données de la prescription s'affichent à l'écran. Magique, le napperon ? Plutôt technologique, car ce qui s'apparente à un tour de passe-passe suppose au préalable une configuration réunissant trois éléments : un écran ou cadre-photo avec une connexion internet, un lecteur de cartes RFID (codes-barres sans fil) placé sous le napperon et autant d'étiquettes RFID qu'il y a de cartes ou d'objets correspondant aux applications souhaitées. Bien entendu, les tags RFID sont collés sur les cartes ou les objets. Ultime condition, la famille ou les proches auront auparavant publié sur un site internet dédié les contenus destinés à être "lus" par la personnage âgée. Les contenus associés aux cartes-objets sont reconnus et affichés en provenance du Web et grâce à des flux RSS et des podcasts (informations/émissions radios). Le webnapperon permet également d'envoyer des messages SMS via Twitter."

(La Gazette des Communes, 7 Septembre 2009)

Buzz-moi


"Christophe Donner à propos du nouveau livre d'Aurélia Aurita : "Buzz-moi : "Tout le monde en a parlé, il y a eu un buzz, elle en a vendu des milliers, 3 ans après, elle raconte, toujours en images, les aventures d'une jeune auteure catapultée dans les sphères de la gloire. Elle n'a pas peur de dire les choses, de donner des noms (...) Et elle, en tant que quoi elle est là ? Blandine entre dans la fosse aux lions. Interruption de programme. La mire. Comme si on l'avait anesthésiée pour l'opération. Le soulagement qu'elle ressent en sortant lui fait croire qu'elle en gardera un bon souvenir. En vérité, elle ne se souvient de rien, pas même d'avoir d'avoir été charcutée, promue, bouffée toute crue. Et ça ne lui sert pas de leçon. (...) On reconnaît le sommet de la gloire quand la rédactrice de Elle vous interroge sur le sommet de la gloire. (...) Heureusement, il y a les lecteurs. Les rencontres. Les gens humbles, authentiques, timides, des muets (...)"

(Le Monde 2, 12 septembre 2009)

Crédit photo : Jean-Luc Raymond. Oeuvre de Street Art. Paris 1er. Septembre 2009.

mardi 15 septembre 2009

Sound Design, Trop de proximité nuit, Followers as consumers, Remplir le vide : Tendances

Reprise sur ce blog de la rubrique Tendances. Mots ou expressions du temps, bribes de réflexion sur notre temps, concepts en vogue... Les mots soulignés correspondent  à des amorces de Tendances. Notre monde est en perpétuel devenir. Bonne lecture!

Sound Design : Quelques notes valent mieux qu'un long discours

"Après des décennies de dictature de l'image, l'identité sonore est désormais reconnue comme un argument de vente et une valeur ajoutée dans la communication, constate Julian Treasure, PDG de la Sound Agency à Londres et auteur de Sound Business. Une prise de conscience liée aux évolutions technologiques - podcasts, mp3, plate-formes de téléchargement - qui sont autant de nouveaux moyens d'aller à la rencontre du public. (...) Chez Brandy Sound, on parle de "déterminisme" et de "bonding". "Le but est de créer une intimité entre la marque et le consommateur en entraînant ce dernier sur le registre émotionnel", explique Olivier Covo, son directeur associé et... ancien d'Apple."

(Les Echos, Série Limitée n°76, Septembre 2009)

Trop de proximité nuit : effet limite

"Professeur de Sciences Politiques à l'Université de Lille 2, Rémi Lefebvre met en garde contre le culte de la proximité : "L'imaginaire de la politique fut longtemps marqué par la grandeur et la distance. Celle-ci était gage d'impartialité, de neutralité, d'efficacité et d'égalité. Cette légitimité s'est affaiblie. Les élus doivent montrer qu'ils sont en prise avec le "terrain", autre mot magique. L'action publique doit être réactive et territorialisée. Le terme de proximité s'est un peu usé. Mais la légitimité que le terme désigne reste centrale (...) La proximité, cela peut être aussi l'enfermement territorial ou identitaire le "court-termisme", l'absence de perspectives, la réponse en temps réel aux demandes des citoyens, et donc le consumérisme.""

(La Gazette des Communes, 31 août 2009)

Twitter: Don't Speak to your followers as consumers

"The key thing about Twitter is not to speak to your followers as consumers. Instead, you need to engage them as real people. If you ask them what they think about your programming, you have to have a real give-and-take. This is what motivate people to follow us on Twitter and helps us strengthen their ties to us," said Andrea Chiu, an associate producer with CBC's Radio programming department."

(Radio World International Edition, August 2009)

La consommation : façon de remplir le vide

"Philippe Moati, professeur à l'Université de Paris-Diderot, directeur de recherches au CREDOC : "(Avec la crise), il n'y a pas réellement de prise de distance par rapport à la consommation mais une aspiration à ce qu'elle tienne enfin ses promesses. Les offreurs ont jusqu'ici concentré leurs efforts sur le déclenchement de l'acte d'achat. L'enjeu pour eux est désormais la satisfaction du client en visant, au-delà de l'achat, les usages et les effets utiles. (...) Il faut bien comprendre que la consommation comme affirmation de soi est d'abord une façon de remplir le vide. Réduire son emprise suppose que le vide soit rempli par autre chose, par l'idéologie, par la culture, par d'autres formes de production du lien social. La crise ne devrait donc pas remettre en cause la place de la consommation dans notre société. Elle pourrait accélérer le passage à un modèle de consommation davantage centré sur les effets utiles pour les consommateurs et pour la société dans son ensemble.""

(Alternatives Economiques, Septembre 2009)

Crédit photo : Jean-Luc Raymond. Oeuvre de Street Art. Paris 4e. Septembre 2009.

lundi 18 mai 2009

La vie en ligne et en flux



Dans l'espace-temps contemporain, la vie se confond en la gestion de flux de différentes natures. Ces flux tendent à disputer la place au mode relationnel classique. Dans les univers technologiques, les flux s'adoptent, se maîtrisent, se corrèlent, se rapprochent et jouent de leur multi-diffusion, de la multiplicité de leur captation, d'un accaparement éphémère de la part de l'utilisateur qui a des difficultés à en épouser le sens. Les informations se fanent dans des annexes documentées ou non, archives classées souvent dans des modes empiriques.

Les "channels" comme signaux de monstration

Dans le corps de l'existence du flux, se retrouvent les "channels", ces canaux qui telle la Citizen Band dans les années 1970-1980 célèbrent le pseudonyme, la personnalité (plus que la personne), un avatar de soi plus ou moins disposé à interagir avec d'autres. Le flux oblige à la constance du média, à une stabilité de la présentation, à des habitudes qui s'appuient plus sur la monstration (paraître) que la démonstration (parcours réflexif).

Des individus renseignés

L'économie des flux prédomine aujourd'hui dans une effervescence dont les modèles économiques demeurent incertains car le flux connaît un coût récurrent de fonctionnament considérable (bande passante des vidéos chez YouTube et DailyMotion) bien que se substituant de plus en plus au téléchargement (cf. le succès de Deezer, service d'écoute de musique en ligne). L'économie du flux s'appuie sur une économie de l'attention en offrant une hyper-personnalisation des flux (sélection des sources, des thèmes, des variations musicales ou des vidéos). Cette nouvelle programmatique s'affiche abondamment dans les médias comme variable de remplacement des mass media traditionnels. La monétisation des flux est consubstantielle à la notion de profil et donc de qualification de l'individu, une représentation en ligne renseignée (avec précision) dans ses flux d’interactions avec d’autres flux. Facebook et surtout Twitter s'inscrivent dans ce cadre de flux d'interactions perturbés par le bruit de la massification de l'utilisation d'une plateforme à la recherche permanente de signifiances.

L'acte de présence

Dans ces agglomérats organisés en flux, chaque personnalité joue d’une stratégie habile, malhabile ou d’une naïveté (socio-cognitive) pour attraper ce temps si précieusement disponible. La présence vaut acte de constance, d’installation d’un pouvoir qui occupe le terrain des mots, des échanges dans les espaces médiatiques. L’absence est aussi pouvoir sur Internet ; on l’oublie trop souvent. Occuper le terrain de l’expressivité, c’est proposer du contenu de flux, du contenu redistribuable… Le devoir de présence devient une obsession communicationnelle de notre temps ("à la demande"), bien plus que la problématisation du contenu produit… Drôle d’invariance sublimée et évaporée, un oubli...

Crédit illustration : Geek And Poke "
Social duties", 21 janvier 2008 sous Licence Creative Commons.

lundi 12 janvier 2009

Zygmunt Bauman : 3 traits caractéristiques des réseaux sociaux

Zygmunt Bauman est un sociologue et philosophe polonais et anglais qui a traversé le 20e siècle avec une description du monde qu’il désigne « liquide », les liens sociaux devenant de plus en plus difficiles à décrire car improbables à saisir.

Dans son dernier ouvrage traduit en français "S'Acheter une vie" (Editions Jacqueline Chambon ; septembre 2008), passionnant s’il en est, Zygmunt Bauman franchit un pas, en indiquant que les individus sont à la fois les promoteurs des produits et les produits dont ils assurent la promotion, le marketing et la communication. Nous sommes tout à la fois la marchandise et le vendeur, les biens et leurs prescripteurs… Dans un même espace social : le « marché ».

Aussi, pour accéder à une position sociale favorable, il convient que les individus se reconditionnent sans cesse en produits pour attirer une attention continue ou discontinue. Cette captation permanente de l’attention est un fait majeur de notre monde contemporain occidental. Autrement dit, sans consommation, nous ne sommes pas.

Dans le 3e chapitre de l’ouvrage (« La culture consumériste »), Zygmunt Bauman définit 3 angoisses du monde moderne qui épousent étrangement 3 traits caractéristiques des réseaux sociaux (Facebook, Twitter, LinkedIn...) :

L’angoisse d’être de rester en tête

« Le fait d’être « en tête » présage une possibilité de sécurité, de certitude et de certitude de la sécurité – précisément les types d’expérience qui font le plus terriblement défaut à la vie de consommation, bien qu’elle soit guidée par le désir de les acquérir.

La référence au fait d’ « être en tête du peloton du style » semble promettre une forte valeur marchande et une demande abondante (traduites l’une comme l’autre par une certitude de reconnaissance, d’approbation et d’inclusion). Dans le cas d’une tentative globalement réduite à la présentation d’emblèmes, une tentative qui commence par l’achat d’emblèmes, puis passe par l’annonce publique de leur possession avant d’être perçue comme achevée une fois que la possession devient publique, cela se traduit alors par un sentiment d’ « appartenance ». »

Le message s’accompagne d’une date limite d’utilisation

« Le message ne vaut que « pour les mois à venir », pas plus. Il s’accorde bien avec l’expérience du temps pointilliste composé d’instants, d’épisodes à durée déterminée et de nouveaux départs ; il libère le présent, qu’il convient d’explorer et d’exploiter à fond, des distractions du passé et du futur qui auraient pu empêcher la concentration  et gâter l’ivresse du libre choix. Il offre un double bonus : celui d’être momentanément à la page, tout en comportant une garantie contre tout décrochage futur (du moins pour ce qui est du futur prévisible, si tant est qu’il existe). Les consommateurs chevronnés comprendront ce message ; celui-ci les poussera à se presser et leur rappellera qu’ils n’ont pas de temps à perdre.

Ce message comprend donc un avertissement, qu’on aurait tort d’ignorer : les bénéfices qu’on retire d’une réponse rapide à l’appel, pour mirifiques qu’ils puissent être, ne sont pas éternels. Toute assurance de sécurité acquise devra être renouvelée une fois les « mois à venir » passés. « Le degré de la vitesse est directement proportionnel à l’intensité de l’oubli ». Pourquoi ? Parce que si la conquête de la scène implique d’en tenir à l’écart d’autres personnes, alors la conquête de la scène connue sous le nom d’ « attention publique » (plus exactement, l’attention du public désigné pour être recyclé sous la forme de consommateurs) exige d’en écarter d’autres objets d’attention – d’autres personnages et d’autres intrigues, y compris celles que les chercheurs d’attention avaient montées hier (…) Dans le monde moderne liquide, la lenteur annonce la mort sociale. »

Le choix du look

« On peut se choisir un look, choisir, en soi – choisir un look -, n’a pas d’intérêt puisque c’est ce qu’on doit faire, et que l’on ne peut s’en désister ou y échapper qu’au risque de se faire exclure. On n’est pas non plus libre d’influencer l’ensemble des choix disponibles (de looks) : il n’en reste pas d’autres puisque toutes les possibilités réalistes et recommandables ont déjà été présélectionnées, pré-écrites et prescrites.

(…) La pression du temps, la nécessité de se faire bien voir aux yeux du « peloton du style » au cas où ses membres vous regarderaient, au cas où ils remarqueraient et mémoriseraient votre tenue et votre maintien, ou le nombre strictement limité des choix que vous pouvez faire (« une demi-douzaine », pas plus). Ce qui compte vraiment, c’est ce que ce soit vous qui ayez maintenant les choses en main. Et vous devez les avoir en main : le choix vous revient peut-être, mais n’oubliez pas qu’il est obligatoire de choisir (…) Dans la culture de consommation, choix et liberté désignent la même condition ; on aura donc raison de les traiter en synonymes, du moins au sens où l’on ne peut s’abstenir de choisir qu’en abdiquant en même temps sa liberté ».

Les mots de Zygmunt Bauman font réfléchir sur ce que nous sommes comme êtres dans cette réalité virtuelle si attachée au réel.

vendredi 7 mars 2008

Déjà... Un an

Déjà un an... Les octets se bousculent. Qu'apprend-t-on de soi ? Qu'apprend-t-on des autres ? Un an à coordonner un réseau d'Espaces Publics Numériques en Région Wallonne ; ces lieux de sens, ces lieux qui font, qui conjuguent l'apprentissage des technologies en perpétuelles nouveautés aux utilisations prosaïques d'un clavier et d'un écran, tout en cherchant à se mouvoir dans un espace où les GSM, GPS et autres outils portables font oublier le lieu. De projet en projet, on esquisse le tracé du sens.

Douze mois à réécrire l'aventure, à redécouvrir le métier d'animateur multimédia de l'extérieur avec le regard intérieur. A le faire autre alors qu'il fut sien. Des semaines à construire pas à pas une démarche qui fait que l'on n'est pas sans les acteurs de terrain. Visiter, entendre, écouter, reformuler, conseiller, expliquer, écrire, expliciter. Refaire la petite histoire sur un chemin sinueux. Les images du réseau des EPN de Wallonie sur un travelling en flashback. De villages en villes belges, de regards de publics attentifs devant des moniteurs devenus depuis quelques temps écrans plats. De l'accueil chaleureux de ces animateurs, agents, chefs de projets et échevins si prompts à entendre le "petit" français égaré dans leur pays... A se demander pourquoi ce consultant hexagonal s'intéresse à leur projet... Et de leur accent chantant du Nord, leur voir prononcer leur attachement naturel à la culture francophone comme d'une fierté qui les rattache au "vieux" pays.

Se souvenir... Inscrire le passé dans le présent pour mieux augurer de l'avenir.

Ecouter la passion de travailleurs sociaux et de prévention de Quaregnon expliquer l'utilité d'Internet pour trouver des schémas de mécanique ou donner envie aux jeunes d'apprendre le Code de la Route.

Pleurer d'émotion dans le Cybernibus "Dragon" de Bernissart (installé sur la place du village de Blaton) durant un atelier d'initiation à The Gimp ; la beauté des échanges intergénérationnels, un moment rare où l'humour et l'amitié étaient de mise.

S'émerveiller dans la caverne d'Ali Baba de la Bibliothèque de Lessines "La Toile de Magritte" où une bibliothécaire confectionne une décoration colorée et personnalisée ; les livres y baignent dans un bonheur qui donne envie de les dévorer.

Se rendre (enfin!) au Net.Galaxy de Huy où je comprends pourquoi l'univers musical et lumineux de l'EPN concourt au cocooning et au plaisir d'apprendre avec décontraction. L'animal préhistorique côtoie la boule à facettes ; unique! Sacré Michel, toi qui m'a fait découvrir la réalité des Espaces Publics Numériques belges, il y a déjà quelques années!

Ai-je un jour imaginé me retrouver une même demi-journée dans deux lieux d'accès publics à l'Internet aux murs datant du Moyen-Age ? La modernité s'inscrit dans l'Histoire à la ferme de Godinne ou dans les murs graniteux de l'EPN d'Yvoir...

Rire aux éclats avec David en découvrant un projet de communication du réseau avec un poster plutôt décalé. On ne pouvait pas faire mieux… Sincèrement… Et ces rires avec Franck (le spécialiste incontournable du café équitable), Cédric (Monsieur Web 2 : JupilR, c'est un peu comme FlickR ; n'est-ce pas ?).

Regarder Valérie défendre bec et ongles la valeur de l'échange entre Espaces Publics Numériques et le réseau lors d'une formation. Sur le coup, j'en suis resté coi. C'était beau ; c'était vrai.

Ecouter Emmanuel évoquer l'avenir des EPN comme d'un hacking pluriculturel où les publics multi-créent, où l'utilisation ne se pré-"fabrique" pas. Le futur des Internets est-il si Web ? Dire que nous rêvions d'un Internet… Je retrouve Alain dans tes mots et tu le sais…

Entendre dans le bureau de la bibliothèque, les mots de l'Echevin sur Péruwelz décrire avec force la nécessité d'un Internet où le recul critique et l'éducation au multimédia aient un sens parce que les jeunes générations s'emparent évidemment de ces "objets" sans en saisir souvent le véritable sens.

Isabelle, je l'ai adoré le Pavé du Nord de Valenciennes. Découvrir ces consoles de jeux vidéo d'un autre temps à Fresnes-sur-Escaut dans un gymnase a cela de merveilleux que la mémoire réactive des moments technologiques d'une enfance pas si proche.

Paysages de câbles, petite loupiote sur "on". De bon matin, des baraques à frites (ou friteries) à n'en plus finir. Le charme d'un ailleurs où les accents diffèrent et se conjuguent de province en province, la SNCB comme hôte de passage…

Après une réunion dans les locaux de la Région, alors que la Meuse s'évanouit aux sons des fanfares des fêtes de Wallonie à Namur, un groupe de jeunes déambule avec sur la joue droite le "W" rouge et de l'autre côté, le drapeau belge grimé comme deux repères à l'unisson.

Et tant d'autres moments… Je vous dois beaucoup.

Drôle d'aventure, va!
Simplement, merci.

Un an, déjà!

(Photo : Plafond magique de La Toile de Magritte, Espace Public Numérique de la Bibliothèque de Lessines, oeuvre d'un employé communal - En juin 2007)

samedi 5 janvier 2008

Meilleurs voeux pour l'An Neuf

C'était à Namur (Belgique), le 12 septembre 2007, une bouteille à la mer urbaine sur un poteau face à la Gare, un support du dire numérique, du faire-savoir le savoir-faire multimédia. J'ai trouvé ça beau et simple, pas inutile... Signe que notre temps virtuel ne peut pas s'affranchir du réel.

En cette année nouvelle, mes meilleurs voeux à ceux qui s'arrêteront un petit moment ici volontairement, aux internautes qui feront un détour par cette page au hasard d'un moteur de recherche ou de je ne sais quelle virée sur le Web, à mes clients partenaires fidèles d'une aventure qui se lie dans la discussion, aux acteurs des Espaces Publics Numériques de Wallonie pour lesquels j'essaye d'être d'abord une oreille attentive et une aide modeste mais effective, aux rencontres éphémères ou non lors de mes formations en France et en Belgique (j'apprends beaucoup de vous), aux amis qui se reconnaîtront, aux paysages traversés, aux rires et sourires des moments futiles et utiles... A la curiosité de la vie, aussi.

Bonne et bien heureuse année 2008!

dimanche 11 novembre 2007

Droit de l'Internet et Espaces Publics Numériques : Dossier de ressources

Droit de l'Internet et Espaces Publics Numériques : Dossier de ressources.

A télécharger en fin de message : version 1.6 du 7 novembre 2007 (38 pages). Cliquez sur Annexe (ou) Annexes.

Avec la participation du Centre de Ressources des Espaces Publics Numériques de Wallonie et de l'Association des Jeudis des EPN.


Ce dossier de ressources francophones (Internet et papier) sur le Droit de l'Internet comprend des documents relatifs aux notions de Droit afférentes aux usages et pratiques en Espaces Publics Numériques. Il est mis à disposition sous licence Paternité - Pas d'Utilisation Commerciale 2.0 France (BY-NC 2.0 FR).

Il se veut volontairement exhaustif, porté vers des notions générales et délivrant des documents clés pour mener des animations et ateliers spécifiques en EPN en rapport avec le Droit de l'Internet au sens large. Ce livret comprend également des liens vers des informations fiables à indiquer aux usagers des lieux d'accès publics à l'Internet.

Initié suite à une intervention lors de la formation "Obligations légales des Points Cyb et des animateurs multimédias" au Centre Régional Information Jeunesse Centre (janvier 2007), le dossier a été étoffé grâce aux conseils, repérages et ressources fournis pour et par les Espaces Publics Numériques de Wallonie (dispositif régional en Belgique), aux rencontres des Jeudis des EPN en Île-de-France et en écho des journées "Internet, Droits et Publics" de la Direction Régionale Jeunesse et Sports de Franche-Comté (novembre 2007) auxquelles j'ai eu l'honneur d'être associées. Mes remerciements aux personnes qui ont rendu possible l'élaboration de ce document.

Ce livret est mis à jour régulièrement et la dernière version disponible figure en fichier joint pdf en fin de cet article (adresse permanente).

Je vous remercie de bien vouloir me signaler par courrier électronique ( jeanluc.raymond@gmail.com ) toute nouvelle ressource pertinente sur les thèmes évoqués.

Dossier créé et mis à jour par Jean-Luc Raymond

Au sommaire :


   1. Sites publics ou parapublics de référence sur le Droit de l’Internet
   2. Autres sites de référence sur le Droit de l’Internet
   3. Sites associatifs et professionnels
   4. Sites commerciaux relatifs au Droit de l’Internet
   5. Sites personnels relatifs au Droit de l’Internet
   6. Gestion des Droits d’auteur
   7. Listes et forums de discussion spécialisés sur le Droit de l’Internet
   8. Solutions techniques et logicielles
   9. Sites avec activités
  10. Documents grand public téléchargeables
  11. Documents spécialisés téléchargeables
  12. Activités en Espaces Publics Numériques
  13. Articles de Presse
  14. Sites annexes
  15. Bibliographie papier

Historique des versions :


Version 1.6 - 7 novembre 2007 - 38 pages (nouveautés : ajout de références bibliographiques et du chapitre "Activités en Espaces Publics Numériques").

vendredi 28 septembre 2007

Changer le Monde, Un Guide pour le Citoyen du XXIe Siècle sous la direction d'Alex Steffen : la force des idées traduites en actions pour sauvegarder notre planète

Il est de ces livres dans lequel on se plonge pour apprendre, comprendre, s'abreuver de mille et une informations. Il est de ces textes où chaque pas est un espoir, de projet en projet, des petites pierres qui forment un parcours sinueux vers un avenir plus respectueux de l'environnement. Il est de ces ouvrages qui transforment notre manière de pensée, nourrissent mille et une idées qui font de la participation et de l'échange une nécessité de vie, une façon de penser et d'agir aussi. Il est de ces livres qu'on choye parce qu'ils tracent des engagements passionnés, des destins modestes qui portent l'avenir entre leurs mains. Des dizaines et dizaines d'initiatives, une Bible d'actions pour être un citoyen responsable de notre planète et de notre Siècle heurté.

Il y a un an, paraissait "World Changing. A User's Guide for the 21st Century" sous la direction d'Alex Steffen (préfacé par Al Gore), un beau livre collectif (au sens noble du terme), épais dictionnaire d'actions dans le monde entier qui tentent invariablement de répondre à cette question de notre temps : Quel genre de futur voulez-vous créer ? Des idées, modèles et outils, c'est ce que propose désormais en français cette Bible enfin traduite : "Changer le monde. Un guide pour le citoyen du XXIe siècle", anti-catalogue par excellence, ouvrant des volets d'exploration sans fin, des actions nouvelles d'une génération de héros ordinaires fourmillant d'idées imaginées pour sauvegarder notre avenir et notre planète ; un livre découpé en 7 chapitres thématiques : Les choses ; L'habitat ; Les villes ; La communauté ; Les affaires; La politique ; La planète, le tout adossé au site participatif World Changing (Change Your Thinking). A lire, à offrir, à faire connaître à sa famille et à ses amis... Passionné et passionnant!

"Changer le Monde, Un Guide pour le Citoyen du XXIe Siècle" est une somme de solutions peu connues mais éprouvées, d'autres innovantes, d'autres encore audacieuses mais plus incertaines. L'ouvrage nous montre ce qui est déjà possible et nous aide à imaginer ce que nous pourrions faire - dans nos propres foyers, dans nos communautés, et pour la planète dans son ensemble. Ainsi rassemblées, ces solutions offrent l'image d'un futur qui n'est ni sombre ni catastrophique, mais au contraire plein d'espoir et à notre portée." (extrait de la préface d'Al Gore)


"Changer le Monde, Un Guide pour le Citoyen du XXIe Siècle" sous la direction d'Alex Steffen est paru aux Editions de la Martinière (596 pages, Septembre 2007 - 39 Euros).

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