Jean-Luc Raymond

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vendredi 7 mars 2008

Déjà... Un an

Déjà un an... Les octets se bousculent. Qu'apprend-t-on de soi ? Qu'apprend-t-on des autres ? Un an à coordonner un réseau d'Espaces Publics Numériques en Région Wallonne ; ces lieux de sens, ces lieux qui font, qui conjuguent l'apprentissage des technologies en perpétuelles nouveautés aux utilisations prosaïques d'un clavier et d'un écran, tout en cherchant à se mouvoir dans un espace où les GSM, GPS et autres outils portables font oublier le lieu. De projet en projet, on esquisse le tracé du sens.

Douze mois à réécrire l'aventure, à redécouvrir le métier d'animateur multimédia de l'extérieur avec le regard intérieur. A le faire autre alors qu'il fut sien. Des semaines à construire pas à pas une démarche qui fait que l'on n'est pas sans les acteurs de terrain. Visiter, entendre, écouter, reformuler, conseiller, expliquer, écrire, expliciter. Refaire la petite histoire sur un chemin sinueux. Les images du réseau des EPN de Wallonie sur un travelling en flashback. De villages en villes belges, de regards de publics attentifs devant des moniteurs devenus depuis quelques temps écrans plats. De l'accueil chaleureux de ces animateurs, agents, chefs de projets et échevins si prompts à entendre le "petit" français égaré dans leur pays... A se demander pourquoi ce consultant hexagonal s'intéresse à leur projet... Et de leur accent chantant du Nord, leur voir prononcer leur attachement naturel à la culture francophone comme d'une fierté qui les rattache au "vieux" pays.

Se souvenir... Inscrire le passé dans le présent pour mieux augurer de l'avenir.

Ecouter la passion de travailleurs sociaux et de prévention de Quaregnon expliquer l'utilité d'Internet pour trouver des schémas de mécanique ou donner envie aux jeunes d'apprendre le Code de la Route.

Pleurer d'émotion dans le Cybernibus "Dragon" de Bernissart (installé sur la place du village de Blaton) durant un atelier d'initiation à The Gimp ; la beauté des échanges intergénérationnels, un moment rare où l'humour et l'amitié étaient de mise.

S'émerveiller dans la caverne d'Ali Baba de la Bibliothèque de Lessines "La Toile de Magritte" où une bibliothécaire confectionne une décoration colorée et personnalisée ; les livres y baignent dans un bonheur qui donne envie de les dévorer.

Se rendre (enfin!) au Net.Galaxy de Huy où je comprends pourquoi l'univers musical et lumineux de l'EPN concourt au cocooning et au plaisir d'apprendre avec décontraction. L'animal préhistorique côtoie la boule à facettes ; unique! Sacré Michel, toi qui m'a fait découvrir la réalité des Espaces Publics Numériques belges, il y a déjà quelques années!

Ai-je un jour imaginé me retrouver une même demi-journée dans deux lieux d'accès publics à l'Internet aux murs datant du Moyen-Age ? La modernité s'inscrit dans l'Histoire à la ferme de Godinne ou dans les murs graniteux de l'EPN d'Yvoir...

Rire aux éclats avec David en découvrant un projet de communication du réseau avec un poster plutôt décalé. On ne pouvait pas faire mieux… Sincèrement… Et ces rires avec Franck (le spécialiste incontournable du café équitable), Cédric (Monsieur Web 2 : JupilR, c'est un peu comme FlickR ; n'est-ce pas ?).

Regarder Valérie défendre bec et ongles la valeur de l'échange entre Espaces Publics Numériques et le réseau lors d'une formation. Sur le coup, j'en suis resté coi. C'était beau ; c'était vrai.

Ecouter Emmanuel évoquer l'avenir des EPN comme d'un hacking pluriculturel où les publics multi-créent, où l'utilisation ne se pré-"fabrique" pas. Le futur des Internets est-il si Web ? Dire que nous rêvions d'un Internet… Je retrouve Alain dans tes mots et tu le sais…

Entendre dans le bureau de la bibliothèque, les mots de l'Echevin sur Péruwelz décrire avec force la nécessité d'un Internet où le recul critique et l'éducation au multimédia aient un sens parce que les jeunes générations s'emparent évidemment de ces "objets" sans en saisir souvent le véritable sens.

Isabelle, je l'ai adoré le Pavé du Nord de Valenciennes. Découvrir ces consoles de jeux vidéo d'un autre temps à Fresnes-sur-Escaut dans un gymnase a cela de merveilleux que la mémoire réactive des moments technologiques d'une enfance pas si proche.

Paysages de câbles, petite loupiote sur "on". De bon matin, des baraques à frites (ou friteries) à n'en plus finir. Le charme d'un ailleurs où les accents diffèrent et se conjuguent de province en province, la SNCB comme hôte de passage…

Après une réunion dans les locaux de la Région, alors que la Meuse s'évanouit aux sons des fanfares des fêtes de Wallonie à Namur, un groupe de jeunes déambule avec sur la joue droite le "W" rouge et de l'autre côté, le drapeau belge grimé comme deux repères à l'unisson.

Et tant d'autres moments… Je vous dois beaucoup.

Drôle d'aventure, va!
Simplement, merci.

Un an, déjà!

(Photo : Plafond magique de La Toile de Magritte, Espace Public Numérique de la Bibliothèque de Lessines, oeuvre d'un employé communal - En juin 2007)

samedi 5 janvier 2008

Meilleurs voeux pour l'An Neuf

C'était à Namur (Belgique), le 12 septembre 2007, une bouteille à la mer urbaine sur un poteau face à la Gare, un support du dire numérique, du faire-savoir le savoir-faire multimédia. J'ai trouvé ça beau et simple, pas inutile... Signe que notre temps virtuel ne peut pas s'affranchir du réel.

En cette année nouvelle, mes meilleurs voeux à ceux qui s'arrêteront un petit moment ici volontairement, aux internautes qui feront un détour par cette page au hasard d'un moteur de recherche ou de je ne sais quelle virée sur le Web, à mes clients partenaires fidèles d'une aventure qui se lie dans la discussion, aux acteurs des Espaces Publics Numériques de Wallonie pour lesquels j'essaye d'être d'abord une oreille attentive et une aide modeste mais effective, aux rencontres éphémères ou non lors de mes formations en France et en Belgique (j'apprends beaucoup de vous), aux amis qui se reconnaîtront, aux paysages traversés, aux rires et sourires des moments futiles et utiles... A la curiosité de la vie, aussi.

Bonne et bien heureuse année 2008!

dimanche 11 novembre 2007

Droit de l'Internet et Espaces Publics Numériques : Dossier de ressources

Droit de l'Internet et Espaces Publics Numériques : Dossier de ressources.

A télécharger en fin de message : version 1.6 du 7 novembre 2007 (38 pages). Cliquez sur Annexe (ou) Annexes.

Avec la participation du Centre de Ressources des Espaces Publics Numériques de Wallonie et de l'Association des Jeudis des EPN.


Ce dossier de ressources francophones (Internet et papier) sur le Droit de l'Internet comprend des documents relatifs aux notions de Droit afférentes aux usages et pratiques en Espaces Publics Numériques. Il est mis à disposition sous licence Paternité - Pas d'Utilisation Commerciale 2.0 France (BY-NC 2.0 FR).

Il se veut volontairement exhaustif, porté vers des notions générales et délivrant des documents clés pour mener des animations et ateliers spécifiques en EPN en rapport avec le Droit de l'Internet au sens large. Ce livret comprend également des liens vers des informations fiables à indiquer aux usagers des lieux d'accès publics à l'Internet.

Initié suite à une intervention lors de la formation "Obligations légales des Points Cyb et des animateurs multimédias" au Centre Régional Information Jeunesse Centre (janvier 2007), le dossier a été étoffé grâce aux conseils, repérages et ressources fournis pour et par les Espaces Publics Numériques de Wallonie (dispositif régional en Belgique), aux rencontres des Jeudis des EPN en Île-de-France et en écho des journées "Internet, Droits et Publics" de la Direction Régionale Jeunesse et Sports de Franche-Comté (novembre 2007) auxquelles j'ai eu l'honneur d'être associées. Mes remerciements aux personnes qui ont rendu possible l'élaboration de ce document.

Ce livret est mis à jour régulièrement et la dernière version disponible figure en fichier joint pdf en fin de cet article (adresse permanente).

Je vous remercie de bien vouloir me signaler par courrier électronique ( jeanluc.raymond@gmail.com ) toute nouvelle ressource pertinente sur les thèmes évoqués.

Dossier créé et mis à jour par Jean-Luc Raymond

Au sommaire :


   1. Sites publics ou parapublics de référence sur le Droit de l’Internet
   2. Autres sites de référence sur le Droit de l’Internet
   3. Sites associatifs et professionnels
   4. Sites commerciaux relatifs au Droit de l’Internet
   5. Sites personnels relatifs au Droit de l’Internet
   6. Gestion des Droits d’auteur
   7. Listes et forums de discussion spécialisés sur le Droit de l’Internet
   8. Solutions techniques et logicielles
   9. Sites avec activités
  10. Documents grand public téléchargeables
  11. Documents spécialisés téléchargeables
  12. Activités en Espaces Publics Numériques
  13. Articles de Presse
  14. Sites annexes
  15. Bibliographie papier

Historique des versions :


Version 1.6 - 7 novembre 2007 - 38 pages (nouveautés : ajout de références bibliographiques et du chapitre "Activités en Espaces Publics Numériques").

vendredi 28 septembre 2007

Changer le Monde, Un Guide pour le Citoyen du XXIe Siècle sous la direction d'Alex Steffen : la force des idées traduites en actions pour sauvegarder notre planète

Il est de ces livres dans lequel on se plonge pour apprendre, comprendre, s'abreuver de mille et une informations. Il est de ces textes où chaque pas est un espoir, de projet en projet, des petites pierres qui forment un parcours sinueux vers un avenir plus respectueux de l'environnement. Il est de ces ouvrages qui transforment notre manière de pensée, nourrissent mille et une idées qui font de la participation et de l'échange une nécessité de vie, une façon de penser et d'agir aussi. Il est de ces livres qu'on choye parce qu'ils tracent des engagements passionnés, des destins modestes qui portent l'avenir entre leurs mains. Des dizaines et dizaines d'initiatives, une Bible d'actions pour être un citoyen responsable de notre planète et de notre Siècle heurté.

Il y a un an, paraissait "World Changing. A User's Guide for the 21st Century" sous la direction d'Alex Steffen (préfacé par Al Gore), un beau livre collectif (au sens noble du terme), épais dictionnaire d'actions dans le monde entier qui tentent invariablement de répondre à cette question de notre temps : Quel genre de futur voulez-vous créer ? Des idées, modèles et outils, c'est ce que propose désormais en français cette Bible enfin traduite : "Changer le monde. Un guide pour le citoyen du XXIe siècle", anti-catalogue par excellence, ouvrant des volets d'exploration sans fin, des actions nouvelles d'une génération de héros ordinaires fourmillant d'idées imaginées pour sauvegarder notre avenir et notre planète ; un livre découpé en 7 chapitres thématiques : Les choses ; L'habitat ; Les villes ; La communauté ; Les affaires; La politique ; La planète, le tout adossé au site participatif World Changing (Change Your Thinking). A lire, à offrir, à faire connaître à sa famille et à ses amis... Passionné et passionnant!

"Changer le Monde, Un Guide pour le Citoyen du XXIe Siècle" est une somme de solutions peu connues mais éprouvées, d'autres innovantes, d'autres encore audacieuses mais plus incertaines. L'ouvrage nous montre ce qui est déjà possible et nous aide à imaginer ce que nous pourrions faire - dans nos propres foyers, dans nos communautés, et pour la planète dans son ensemble. Ainsi rassemblées, ces solutions offrent l'image d'un futur qui n'est ni sombre ni catastrophique, mais au contraire plein d'espoir et à notre portée." (extrait de la préface d'Al Gore)


"Changer le Monde, Un Guide pour le Citoyen du XXIe Siècle" sous la direction d'Alex Steffen est paru aux Editions de la Martinière (596 pages, Septembre 2007 - 39 Euros).

dimanche 20 mai 2007

Sites internet d'observation des changements de la nature en matière de réchauffement climatique : citoyens, scientifiques et territoires unis par un même projet

Un champ de nouveaux sites Internet liées à la vigilance citoyenne en matière de réchauffement climatique et d'observation des changements de la nature est en train de poindre le bout de son nez auprès du grand public. Ils unissent des chercheurs, associations, habitants et territoires.

A la base de ces sites, une exploration de la flore sur un territoire donné, de façon méthodique où la contribution est celle de l'internaute qui rapporte ses clichés et ses observations textuelles.

Scolaires, clubs nature, associations et particuliers sont invités à participer à partir de protocoles de suivi en ligne (fiches de protocoles, espèces d'arbres et de plantes à observer en priorité ; fiches de relevés mais aussi calendrier d’observation, guide photo des stades à observer ; des feuilles de suivi terrain). Les enfants contribuent en classe à ces travaux pédagogiques par un relevé où chacun se sent responsable.

Pour contribuer, deux adresses de sites et de projets de ce type : Phénoclim est un programme de recherche sur l'impact du changement climatique sur la végétation dans les Alpes né à l'automne 2004 et qui se poursuit sur plusieurs années. Les observations concernent les départements 73, 74, 38, 01, 26, 04, 05 et 06 entre 200 et 2200 mètres d'altitude. Au niveau national, deux sites du CNRS, l'un pour les adultes (http://www.obs-saisons.fr), l'autre pour les plus jeunes (http://www.obs-saisons.fr/junior), permettent de télécharger des protocoles très simples pour effectuer et saisir en ligne ses propres observations. Consulter cet article pour en savoir plus sur cette initiative sur le territoire français.

Enfin, il est intéressant de constater que devant l'urgence déclarée et désormais médiatisée des problèmes, les expertises se croisent et que les contributions ne sont plus uniquement scientifiques. Les relevés faits par les citoyens sont tout aussi importants.

samedi 19 mai 2007

Site écocitoyen de Grenoble : la citoyenneté écologique locale au quotidien

La Fédération Rhône-Alpes de Protection de la Nature Isère (FRAPNA) vient de lancer Le site écocitoyen de Grenoble (et de l'agglomération grenobloise) qui recense les informations liées à l'environnement sur ce territoire, capitalisant sur les actions locales afin de faciliter les déplacements en transports en commun et de réduire son empreinte écologique chez soi ou au travail, de faire les bons gestes écocitoyens au quotidien.

Un forum de discussion (sérié en thèmes de préoccupation) permet d'interagir sur des questions techniques ou générales. Véritable guide de bonnes pratiques écocitoyennes, ce site délivre aussi un agenda local et séduit par sa simplicité de navigation et la clarté des énoncés des différentes rubrique.

A terme, le site écocitoyen de Grenoble disposera de nombreuses données environnementales de l'agglomération dans un même espace de téléchargement (Plan Climat, Plan de Protection de l’Atmosphère, expositions, diaporamas, etc.).

vendredi 18 mai 2007

Formation Développement durable et Technologies de l'Information et de la Communication

J'ai modélisé et conduit en avril dernier une formation sur le thème "Développement durable et Technologies de l'Information et de la Communication" au Centre de Compétences Technofutur TIC à Gosselies (Belgique) pour les Espaces Publics Numériques de Wallonie.

"Fait qui s'installe dans les enjeux majeurs d'aujourd'hui et de demain, le rapport de chacun à l'environnement et à son respect devient une question majeure et un enjeu d'éducation prégnant.

Savoir repérer sur Internet et sur son territoire de vie, des ressources pertinentes pour construire un projet, monter des animations ou informer ; tels sont les objectifs de ce séminaire. Des ressources ludo-éducatives en ligne et la connaissance des acteurs locaux existants sur cette thématique seront mises en valeur pour pouvoir aborder ce thème concrètement au plus près des citoyens."


Cette formation Développement durable et TIC (1 journée) sera reconduite au 3e trimestre 2007 à Technofutur TIC pour un public élargi : associations, collectivités territoriales, organismes tutellaires et entreprises souhaitant mettre en place concrètement dans leur organisation une politique liée à la préservation de l'environnement et utiliser pour cela, entre autres des outils technologiques et Internet aussi bien que de s'attacher à utiliser avec intelligence les outils techniques pour réduire leur impact écologique.

Parmi les ressources utiles sur ce sujet, l'espace de coworking de San Francico CitizenSpace est en pointe sur des recommandations. Sur leur wiki, les cotravailleurs de CitizenSpace ont produit une liste de bonnes pratiques (en discussion) à mettre en place dans l'univers professionnel pour préserver l'environnement et réduire la pollution : "San Francisco Green Business Program : Resource Conservation and Pollution Prevention Checklist for Office/Retail".

Consulter également les articles comportant le mot-clé "Environnement" du blog du Centre de Ressources des EPN de Wallonie.

mercredi 9 mai 2007

Festival des Robots de Mantes-la-Jolie du 23 au 27 mai 2007

Du 23 au 27 mai, la Ville de Mantes-La-Jolie organise au Parc des Expositions le premier Festival des Robots avec des compétitions de robots, des conférences, expos et animations. L'entrée est gratuite. Une excellente initiative pour découvrir quels sont les robots d'aujourd'hui et réfléchir à leur place au quotidien et dans la vie professionnelle dans l'avenir.

Le jeudi 24 mai à 10 heures, un workshop sur la mécatronique appliquée appliquée aux transports et la locomotion avec des chercheurs et universitaires. Le lendemain, toujours à 10 heures, une conférence sur l'implication de la robotique dans le développement durable et la vie quotidienne avec des représentants de l'Etat, d'associations, chercheurs et sociétés spécialisées.

Côté animations : mercredi 23 mai de 14h à 19h : lancement du championnat Devyanin, Coupe du Monde de la Robotique Mobile (championnat regroupant des équipes universitaires du monde entier). Samedi 26 mai de 14h à 19h : lancement de la Coupe de Robotique d'Ile-de-France.

Plus de renseignements sur la page dédiée au Festival sur le site de la Ville de Mantes-la-Jolie et par courrier électronique à lefestivaldesrobots@lepublicsysteme.fr

mardi 8 mai 2007

Le téléphone portable par Philippe Delerm, Mythologie 2007

Dans son édition du 15 au 21 mars 2007 (n°2210), Le Nouvel Observateur fête les 50 ans du livre culte de Roland Barthes : Mythologies. Le magazine a demandé a des personnalités de faire une liste des mythologies d'aujourd'hui et de les expliciter.

L'écrivain Philippe Delerm, auteur de "La Tranchée d'Arenberg et autres voluptés sportives" (Paname) y dresse un portrait de l'objet moderne téléphone portable.

"Il n'y a plus de vie où il ne se passe rien. On est prêt à dégainer. Que la sonnerie se déclenche en mode vibreur - il semble alors qu'il fasse partie du corps, on fait semblant de l'éloigner de la cuisse ou de la poitrine, mais c'est aussitôt pour se rapprocher, juste à l'oreille, le visage un peu penché - ou bien qu'elle se module au faux hasard du sac - et dans la précipitation hypocritement dévolue au désir de ne pas déranger l'entourage se cache un manque compulsif, une fêlure de l'autonomie -, il est le maître. On peut faire semblant de le dominer, le mien est presque toujours fermé, je reste parfois des heures sans l'allumer, les phrases de la mauvaise conscience sont les mêmes qu'on emploie à propos de la télé, mais la consultation épisodique n'est pas si olympienne. Un message, un texto. Et rien, parfois. Ce rien-là n'est pas un constat de béance, mais le début d'une attente.
"T'es où ?" "Où es-tu ?" Les codes sociaux, la proximité affective de l'interlocuteur déclinent différemment cette même interrogation métaphysique. Après avoir saisi l'autre dans son temps, on veut le capturer dans son espace. Il y a une anthropophagie du téléphone portable, mais ce désir de manger l'autre, de se rassasier de l'autre quelques secondes, cache une inquiétude plus sourde, inguérissable désormais. On dit : "On ne pourrait plus s'en passer", et c'est vrai. On dit : "C'est pratique", et c'est plus discutable. Est-il si réconfortant de manifester la persistance d'un aveu ? Il va se passer quelque chose. Il doit."

lundi 7 mai 2007

Communautés virtuelles, penser et agir en réseau, Internet, une présence immanente

Publié fin 2006, l'ouvrage scientifique : "Communautés virtuelles, Penser et agir en réseau" sous la direction de Serge Proulx, Louise Poissant et Michel Sénécal (aux Presses de l'Université Laval, collection Laboratoire de communautique appliquée) est composé d'articles proposant de parcourir le concept de communautés virtuelles (définition, pratiques, fondements historiques, théories, actions de coopération, dispositifs interactifs, implantations de communautés virtuelles) et où sont abordés les différents types de communautés (en ligne ou non) : communauté interprétative, communauté de pratique, réseau d'usagers en ligne, communauté imaginée, communauté médiatisée et communauté épistémique.

"Communautés virtuelles, Penser et agir en réseau" présente trois grandes parties : 1. Communautés virtuelles : promesses et désillusions ; 2. Dispositifs interactifs : l'ère de l'interface ; 3. Cartographie des communautés virtuelles.

Dans cet ouvrage, Barry Wellman et Bernie Hogan (Université de Toronto) indiquent dans leur article "Internet, une présence immanente" (lire leur papier original en .pdf : "The Immanent Internet") qu'Internet est étroitement lié à un changement de paradigme élargi qui touche actuellement le rapport des individus entre eux. Anciennent plutôt homogènes, très généraux et unifiants, les groupes ont pris aujourd'hui la forme de réseaux sociaux plus hétérogènes, spécialisés et faiblement reliés. Extrait :

"Avant même l'avènement du téléphone et de l'avion, déjà on entretenait des relations à distance avec les amis ou la famille. Dans les pays développés, la connectivité a été encouragée, depuis les années 1960 au moins, par des changements sociaux touchant la carrière et les horaires familiaux dédoublés, la libéralisation des lois sur le divorce qui ont réduit les cellules familiales ainsi que les changements technologiques qui ont accru la mobilité individuelle et la communication. Les déplacements aériens et autoroutiers, devenus abordables, ont facilité les fréquentations malgré la distance. Le faible coût des appels locaux et interurbains - et maintenant par Internet - permet un contact rapide, contraint plus par les décalages horaires que par la distance.

Par conséquent, il se pourrait qu'on entretienne plus de relations à distance avec les amis, la famille et les collègues que jamais auparavant. Il est maintenant facile pour l'internaute de trouver une communauté éparse qui partage ses intérêts et de participer activement à celle-ci. Les groupes ont peut-être connu un déclin, mais assurément pas la connectivité.

L'individualisme en réseau a de profonds effets sur la cohésion sociale. Plutôt que de faire partie d'une hiérarchie de groupes toujours plus englobants, à l'image des poupées russes, l'individu appartient maintenant à des communautés multiples et partielles. Ce n'est pas une question d'aller de lieu en lieu, mais de personne en personne. L'individu se préoccupe moins de s'assurer l'appui du groupe que de chacun des membres du réseau.

En dépit des réseaux sociaux moins denses, les liens sociaux ont augmenté. La connectivité Internet s'ajoute au contact physique et téléphonique ; la plupart d'entre nous avions cessé de correspondre par courrier bien avant. La possibilité de conserver ses courriels en attendant de les lire accroît les contacts à distance, sans compter la rapidité d'Internet qui approche la vitesse de la lumière, le seul délai considérable du courriel étant celui du décalage entre l'envoi et la lecture. En outre, le courriel est perçu comme étant moins intrusif que le téléphone ou les rencontres. Il en résulte que nos contacts interpersonnels sont plus nombreux et fréquents que jamais auparavant.

Bien que la spécialisation des goûts et des combinaisons de rôles ne soit pas le produit d'Internet, la conception de ce dernier, culturellement enracinée dans un type spécifique d'individualisme, considère l'individu sans tenir compte du lieu ou de structures imposées socialement telles que la famille. En dépit du nombre accru d'internautes, pourtant, la distribution inégale d'Internet dans nos sociétés de réseau individualisés suscite l'exclusion sociale. Non seulement moins de personnes pauvres, peu instruites, de régions rurales et non anglophones accèdent à Internet, mais cela contribue à les exclure des possibilités que procure Internet : information, socialisation et accès à des ressources utilitaires. Cette disparité s'accroît tant entre les pays qu'au sein de ceux-ci.

Dans la foulée du virage vers l'individualisme du réseau, c'est la nature même de la citoyenneté qui change. Cette transformation s'est amorcée avant l'avènement d'Internet, mais c'est la présence immanente de ce dernier qui l'accélère et la remodèle. Pendant que grimpe la connectivité, la cohésion fléchit. Les journalistes demandent souvent : "Est-ce une bonne ou une mauvaise chose ?" Ce à quoi nous répondons : "C'est ainsi, sans plus." Ce sont les conséquences qui seront bonnes ou mauvaises."

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