Jean-Luc Raymond

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mercredi 14 octobre 2009

Moyennisation de la société, Gratuité à revers, Idée qu'on s'en fait, Petites oeuvres, Lanceur d'alerte

La rubrique Tendances, c'est un abstract de ce temps qui se résume au présent avec un goût de devenir. Mots en correspondance ou métaphores d'aujourd'hui, pincées de sens sur notre temps, concepts de l'instant... Les mots soulignés signifient des traits de Tendances. Notre planète est en demande non futile de sens. Bonne lecture!

Moyennisation
de la société


"La mutation inachevée de la société française (A partir du livre "Déchiffrer la Société Française de Louis Maurin", Editions La Découverte) : Sommes-nous plus libres qu'hier ? Le processus d'émancipation individuel demeure ambigu. De nouveaux modes d'influence et de contrôle social se mettent en place dans une société de communication de masse. En particulier via la télévision. Pour mieux cibler le consommateur, ses comportements dont fichés de façon de plus en plus détaillée et intrusive. Nous sommes poussés à accepter de livrer une partie de nous-mêmes en contrepartie du bénéfice de l'usage de nouveaux biens. Du côté des pouvoirs publics, la tentation est aussi de plus en plus grande d'utiliser les nouvelles technologies de l'information pour contrôler de façon étroite les comportements des citoyens. En même temps, ces nouvelles libertés, dans un contexte d'accès plus généralisé à la consommation, ont alimenté un discours sur la "moyennisation" de la société. La salarisation de l'emploi a rendu caduque une représentation binaire, fondée sur la domination des détenteurs du capital sur les autres, les prolétaires. Et le déclin du monde ouvrier a réduit la visibilité des milieux populaires. Mais de l'école à la santé, en passant par le mariage et la consommation, les univers sociaux continuent largement à modeler les pratiques et les mécanismes de domination demeurent. Une partie du déficit de compréhension de la société actuelle vient justement d'une confusion entre transformation et disparition des groupes sociaux."

(Alternatives Economiques, Octobre 2009)

La gratuité à revers

"Extrait des Mirages de la Gratuité, un article du journaliste Malcolm Gladwell, journaliste au New Yorker, critiquant l'ouvrage "Free" de Chris Anderson : "De nombreuses autres formes informations ont décidé de prendre la Gratuité à revers. On peut consulter le Times gratuitement sur son site Internet. Mais le Wall Street Journal a découvert que plus d'un million d'abonnés se réjouissaient de payer pour avoir le privilège de le lire en ligne. (...) Et la vente par téléphone des applications pour l'iPhone (des idées) rapportera peut-être bientôt davantage à Apple que la vente de l'appareil lui-même (la matière). Un jour, l'entreprise pourrait faire cadeau de l'iPhone pour développer les téléchargements ; elle pourrait faire cadeau des téléchargements pour stimuler les ventes de l'iPhone ; ou bien elle pourrait continuer de faire payer les deux, comme aujourd'hui. Qui sait ? La seule loi d'Airain qui vaille est trop évidente pour mérite un livre : l'ère numérique a tant transformé la manière dont on fabrique et on vend qu'il n'existe pas de loi d'airain"."

(Booksmag, Octobre 2009)


L'idée qu'on s'en fait

"L'une des clés du succès n'est pas tant le talent, inné ou non, que l'on possède, mais l'idée que l'on se fait du talent et de la manière de l'exercer, estime Carol Dweck, chercheur en psychologie à l'Université de Stanford, en Californie. Ses travaux l'ont conduite à identifier deux attitudes très différentes selon les individus, y compris chez ceux qui ont fait les plus brillantes études. Certains ont tendance à penser, en ce qui les concerne, que les jeux sont faits. Leur intelligence et leur talent ont été déterminés une fois pour toutes, leurs brillantes études en témoignent. Les autres ont tendance à penser que, quels que soient leurs résultats passés, leur intelligence et leur talent sont en construction et le resteront. Les premiers ont une vision "fixée" de leurs facultés, les seconds une vision "de croissance". Ce sont eux qui ont les meilleures chances de réussir".

(Booksmag, Septembre 2009)

Petites oeuvres

"Lorsque les coûts d'accès à la culture sont élevés, nous préférons les oeuvres majeures pour amortir ce coût d'accès. Lorsque l'information est gratuite, nous préférons la multiplication d'éléments qui nous permet de bâtir notre propre histoire. C'est ainsi que se comprend le titre du livre de Tyler Cowen "Create Your Own Economy: The Path to Prosperity in a Disordered World" : la prospérité qu'il évoque ne se mesure pas en unités monétaires mais est créé par la multiplication d'économies individuelles faites d'interactions brèves avec des gens partageant nos centres d'intérêt, de réorganisations d'informations. Dans la culture qui en résulte, chacun produit son oeuvre à partir de multiples matériaux, à la fois consommateur et producteur. Cela implique moins de grandes oeuvres universelles et plus de petites oeuvres personnelles. Ce que montre Tyler Cowen, c'est qu'une culture faite d'un grand nombre de petites oeuvres n'est pas moins riche qu'une culture faite de quelques grandes."

(Enjeux Les Echos, Octobre 2009)

Lanceur d'alerte

"Les lanceurs d'alerte, vous connaissez ? Dans des laboratoires, des universités, des entreprises... des femmes et des hommes, prenant conscience que notre société court un risque majeur, se lèvent et tentent de nous en avertir (...) Cette expression, nous la devons à deux sociologues, Francis Chateaureynaud et Didier Torny. "L'alerte, précisent-ils, prend dans le sens où nous l'entendons, la forme d'une démarche, personnelle ou collective, visant à mobiliser des instances supposées capables d'agir et, pour le moins, d'informer le public d'un danger, de l'imminence d'une catastrophe, du caractère incertain d'une entreprise ou d'un choix technologique." Nous n'avons pas ou pas seulement affaire ici à la dénonciation d'une situation passée, mais bien à un appel tourné vers le futur, à propos d'un risque actuel et à venir, et qui parie donc sur une résolution."

(Imagine Demain Le Monde, Septembre-Octobre 2009)

Crédit photo : Jean-Luc Raymond. Mur d'entrée d'immeuble. Paris 3e. Septembre 2009.

samedi 10 octobre 2009

Profession Twitterer de star ou Twitterer de personnalité

Le journaliste Yves Eudes consacre un truculent article distancié sur un nouveau métier : le nègre Twitter de star dans l'édition du Monde Magazine daté du 10 octobre. Si la profession de Twitter pour les stars est bien établie aux Etats-Unis, elle fait aussi en chemin en Europe et en France ; des missions exercées dans "l'ombre" et très peu publicisées.

En avril 2009, Laura Desjardins consacrait un article à cette profession qui se répand aux Etats-Unis : "Profession: Twitterer de stars" brossant un bref panorama de cette pratique alors naissante avec un aspect réducteur dans les propos relevés d'Annie Colbert qui exerce ce genre de missions : "Le but est que l’on vienne à vous, d’être retweetée".

Outre-Atlantique, la profession s'organise et il devient courant, pour des artistes et des personnalités, que l'offre de webmaster éditorial (site, blog...) se double de la présence et du contenu en ligne sur 4 médias sociaux - réseaux sociaux phare : Facebook, Twitter et MySpace voire YouTube. La gestion du temps chez la personnalité est comptée mais la fidélité du propos est essentielle tout comme celles de l'action de cette même star. Ainsi, un artiste musical connu aux Etats-Unis m'a récemment confié que son Twitterer pro avait publié un message sur Twitter indiquant que ce même client - artiste se trouvait alors dans un avion alors qu'il n'en était rien... Les limites de l'exercice...

Yves Eudes propose un portrait du Twitterer de star ou Twitterer de personnalité très précis et présentant les différentes facettes de ces missions ardues ; un spécialiste portant le pseudonyme de Damien :

Il propose deux types de prestations, car il y a déjà deux écoles chez les Twitterers pro américains : certains se font carrément passer pour la star, d'autres se présentent comme une membre de son entourage, un proche qui la suit partout, un confident. Bien sûr, c'est du boulot. Le Twitterer pro doit s'imprégner de la personnalité de la star, reproduire ses tics de langage.

D'autres Twitterers ont le problème inverse : des tas de choses à raconter ou à vendre, mais peu de suiveurs. Le marché est vaste : génie méconnu, politicien qui tente un come-back ou commercial sur le retour... Damien peut faire en sorte que ces anonymes explosent sur Twitter en quelques jours.

D'abord, établir avec le client le profil-type du "suiveur" idéal - âge, revenus, etc. Puis trouver un logiciel capable de scanner le moteur de recherche interne de Twitter afin de collecter des données sur des millions d'utilisateurs, et faire le tri. Enfin, envoyer des messages aux cibles sélectionnées pour les inciter à suivre le compte Twitter du client. Compliqué, mais une start-up australienne s'est spécialisée dans ce type de prestation. En attendant de s'équiper, Damien pourra sous-traiter.

mardi 6 octobre 2009

Digitainable, Monde transparent, Consubstantielle fragilité démocratique, Ciblage comportemental

La rubrique Tendances, c'est un condensé de ce temps qui s'hume au présent avec un goût d'avenir. Expressions figurées et imagées d'aujourd'hui, bribes de sens sur notre temps, concepts du moment... Les mots soulignés correspondent à des traits de Tendances. Notre monde est en invitation permanente de signifiance. Bonne lecture!

Digitainable : l'open space intelligent

"L'open space avait montré la voie à la rationalisation des m2. Sa version 2009, étendue, pourrait sceller l'union de la rentabilité financière et du bénéfice environnemental par réduction de l'empreinte écologique des entreprises, sur fond de "Clean Tech" alliant numérique et développement durable. "Digitainable" (digital + substainable), c'est justement la formule choisie par François Denieul pour prolonger son défunt "Laboratoire des espaces intelligents" de l'université Paris XIII. Ce gourou, qui conseille banques et multinationales, n'oublie pas la question humaine. "Si les entreprises ont besoin de souplesse dans la gestion de l'espace, l'individu, lui, a toujours besoin de s'approprier un territoire", explique-t-il. Solution du futur (à l'état de prototype) : un poste de travail sensible, capable grâce à ses capteurs, de distiller l'éclairage (LED, bien sûr) approprié, tel un "cocon" lumineux".

(Thalyscope, Septembre-Octobre 2009)

Un monde transparent

"Raphaël Enthoven, philosophe : "Vous avez aimé 1984 ? Vous adorerez les années 2000, c'est-à-dire l'époque où le danger ne vient pas d'en haut, mais d'à côté. Méfiez-vous les uns les uns des autres : désormais, ce n'est plus Big Brother qui vous regarde, c'est votre voisin de portable, que son téléphone transforme en mini-Fouché. Nous avons moins à craindre un retour de la dictature ou de l'ordre moral que le despotisme sournois de la transparence, la transformation de l'espace public en une cage de verre où, devant le tribunal sans appel de l'opinion publique, l'indiscrétion tient lieu de délation, l'information disparaît sous le buzz, Internet et la presse trash font office de police secrète, où la rumeur succède à la calomnie et où l'oeil de Moscou cède la place à l'oeil de boeuf d'un appareil numérique"."

(L'Express, 1er octobre 2009)

La consubstantielle fragilité démocratique

"Jean-Claude Guillebaud : "Comment sauverons-nous la démocratie sans l'élixir de la croissance ? Nul ne le sait. C'est d'ailleurs vers cette Asie mirobolante, cette Chine affolée d'enrichissement et d'Orient industrieux que la croissance s'est expatriée. Ainsi, un fantasme nouveau hante-t-il désormais l'Europe, celui de la consubstantielle fragilité démocratique. Voyez déjà comme nos démocraties se durcissent, se raidissent tandis que réapparaissent, après démaquillage, les corporatismes, les frivolités people, les individualismes obstinés, les égoïsmes nus et cette "avidité des riches" que - bien avant le Christianisme - condamnait Aristote. Danserons-nous encore longtemps sur le Pont d'Avignon ?""

(TéléObs, 1er octobre 2009)

Ciblage comportemental des internautes

"Voilà plus d'un an que les grandes régies publicitaires sur Internet mettent en oeuvre, en catimini, ce "ciblage comportemental". (...) A en croire leurs promoteurs, une campagne ainsi conçue serait 2 à 3 fois plus efficace qu'une publicité classique. Plus besoin de se cantonner aux sites proches de son secteur d'activité pour acheter de l'espace (ciblage contextuel). (...) Tous les grands ténors du Web - Microsoft, Yahoo, AOL... - ont concocté leur offre. Google teste une solution qui devrait être commercialisée avant la fin de l'année (...) Dans son principe, le ciblage comportemental repose sur 2 procédures : le traçage de l'internaute, puis son profilage. La première opération s'effectue à l'aide d'un cookie. Ce fichier informatique envoyé par le site visité sur le disque dur de l'internaute permet de tracer l'historique de sa navigation à chaque connexion. La phase de profilage est plus délicate. Pour être efficace, une régie doit pouvoir s'appuyer sur une audience importante (10 à 15 millions de visiteurs uniques) et suffisamment diversifiée pour constituer un large panel de profils (...) A partir de quand un internaute est-il suffisamment "cerné" pour être rangé dans une famille donnée (cluster) ? L'expertise des opérateurs est encore empirique. Chacun utilise ses propres algorithmes."

(Enjeux Les Echos, Octobre 2009)

Crédit photo : Jean-Luc Raymond. Oeuvre de Street Art. Galerie Agnès B. Paris 4e. Octobre 2009.

samedi 3 octobre 2009

Syndrome Blackberry, Consommation de la data, Réalité augmentée, Autocontrôle

La rubrique Tendances, c'est un condensé de ce qui pointe le bout de son nez. Expressions ou termes d'aujourd'hui, bribes de pensées sur notre temps, concepts du moment... Les mots soulignés correspondent à des traits de Tendances. Notre monde est en recherche permanente d'instances. Bonne lecture!

Syndrome Blackberry

"Marco Diani : "Il existe désormais dans la recherche scientifique mondiale ce qu'on appelle le BlackBerry Syndrom c'est-à-dire le Syndrome des interruptions. C'est gravissime et il y a des recherches très avancées qui vous disent que vous ne pouvez plus fonctionner normalement en tant que processeur humain si vous êtes interrompus toutes les 15 secondes d'une manière ou d'une autre, que ce soit par un ordinateur, un coup de fil ou un mail.""

(Europe 1, Le Temps de le dire, Pierre-Louis Basse, 26 septembre 2009)

La consommation de la data

"Combien y a-t-il d'utilisateurs d'iPhone en France ? Xavier Couture (Directeur des contenus d'Orange) : "1,1 million d'iPhone Orange selon nos dernières statistiques." Comment l'utilisent-ils ? Xavier Couture : "Orange France a constaté que, dans la consommation de la data - c'est-à-dire, à la fois Internet et la télévision -, les propriétaires d'iPhone sont infiniment plus consommateurs que les autres. 6 à 8 fois plus"."

(Médias, Automne 2009)

Réalité Augmentée ou RA

"Frédéric Joignot : "La réalité augmentée (RA) consiste à superposer une créature ou un espace virtuel au réel. Elle dédouble notre monde qui rétrécit. Ainsi Sony propose déjà un "chien virtuel", Eye Pet, avec qui jouer à la balle chez soi, en le faisant apparaître n'importe où (voir la vidéo sur YouTube). Mais la RA se développe surtout sur les téléphones portables. Apple propose Métro Paris, une application pour iPhone utilisable en pleine rue, qui cherche la station la plus proche d'où vous vous trouvez et vous y guide. Google offre sur la plate-forme Android la carte du ciel Sky Map, qui décrit le ciel au-dessus de vous. Le logiciel Kooaba, lui, reconnaît l'affiche ou le package d'un produit culturel, film, CD, DVD ou jeu vidéo. Vous prenez l'objet en photo, et Kooaba vous propose les liens vers le site officiel, Wikipédia, YouTube, etc. C'est la réalité augmentée. Ce n'est que le début"."

(Le Monde Magazine, 26 septembre 2009)

Autocontrôle dans le cadre du travail

"Marin Ledun (Chercheur en Sciences Humaines et Sociales, Ecrivain) et Brigitte Font Le Bret (Psychiatre et Médecin du travail à Grenoble) s'expriment sur l'évaluation individuelle à l'origine du mal-être des salariés : "Les critères arbitraires du "savoir-être" et de "l'employabilité" sont évalués en plus du savoir acquis et du savoir-faire issu de l'expérience. Un double autocontrôle s'instaure : celui de chaque individu sur ses performances, et celui des équipes de travail sur chaque membre. Le modèle de l'autocontrôle (et la peur de perdre son emploi) gagne sur les 2 tableaux : il court-circuite les tendances à former des contre-pouvoirs collectifs par l'individualisation des salariés mis à concurrence, et il déplace la responsabilité des dirigeants vers la pression incontestable de la "demande" et de la concurrence."

(Le Monde, 26 septembre 2009)

Crédit photo : Jean-Luc Raymond. Oeuvre de Street Art. Paris 6e. Mai 2009.

mardi 15 septembre 2009

Sound Design, Trop de proximité nuit, Followers as consumers, Remplir le vide : Tendances

Reprise sur ce blog de la rubrique Tendances. Mots ou expressions du temps, bribes de réflexion sur notre temps, concepts en vogue... Les mots soulignés correspondent  à des amorces de Tendances. Notre monde est en perpétuel devenir. Bonne lecture!

Sound Design : Quelques notes valent mieux qu'un long discours

"Après des décennies de dictature de l'image, l'identité sonore est désormais reconnue comme un argument de vente et une valeur ajoutée dans la communication, constate Julian Treasure, PDG de la Sound Agency à Londres et auteur de Sound Business. Une prise de conscience liée aux évolutions technologiques - podcasts, mp3, plate-formes de téléchargement - qui sont autant de nouveaux moyens d'aller à la rencontre du public. (...) Chez Brandy Sound, on parle de "déterminisme" et de "bonding". "Le but est de créer une intimité entre la marque et le consommateur en entraînant ce dernier sur le registre émotionnel", explique Olivier Covo, son directeur associé et... ancien d'Apple."

(Les Echos, Série Limitée n°76, Septembre 2009)

Trop de proximité nuit : effet limite

"Professeur de Sciences Politiques à l'Université de Lille 2, Rémi Lefebvre met en garde contre le culte de la proximité : "L'imaginaire de la politique fut longtemps marqué par la grandeur et la distance. Celle-ci était gage d'impartialité, de neutralité, d'efficacité et d'égalité. Cette légitimité s'est affaiblie. Les élus doivent montrer qu'ils sont en prise avec le "terrain", autre mot magique. L'action publique doit être réactive et territorialisée. Le terme de proximité s'est un peu usé. Mais la légitimité que le terme désigne reste centrale (...) La proximité, cela peut être aussi l'enfermement territorial ou identitaire le "court-termisme", l'absence de perspectives, la réponse en temps réel aux demandes des citoyens, et donc le consumérisme.""

(La Gazette des Communes, 31 août 2009)

Twitter: Don't Speak to your followers as consumers

"The key thing about Twitter is not to speak to your followers as consumers. Instead, you need to engage them as real people. If you ask them what they think about your programming, you have to have a real give-and-take. This is what motivate people to follow us on Twitter and helps us strengthen their ties to us," said Andrea Chiu, an associate producer with CBC's Radio programming department."

(Radio World International Edition, August 2009)

La consommation : façon de remplir le vide

"Philippe Moati, professeur à l'Université de Paris-Diderot, directeur de recherches au CREDOC : "(Avec la crise), il n'y a pas réellement de prise de distance par rapport à la consommation mais une aspiration à ce qu'elle tienne enfin ses promesses. Les offreurs ont jusqu'ici concentré leurs efforts sur le déclenchement de l'acte d'achat. L'enjeu pour eux est désormais la satisfaction du client en visant, au-delà de l'achat, les usages et les effets utiles. (...) Il faut bien comprendre que la consommation comme affirmation de soi est d'abord une façon de remplir le vide. Réduire son emprise suppose que le vide soit rempli par autre chose, par l'idéologie, par la culture, par d'autres formes de production du lien social. La crise ne devrait donc pas remettre en cause la place de la consommation dans notre société. Elle pourrait accélérer le passage à un modèle de consommation davantage centré sur les effets utiles pour les consommateurs et pour la société dans son ensemble.""

(Alternatives Economiques, Septembre 2009)

Crédit photo : Jean-Luc Raymond. Oeuvre de Street Art. Paris 4e. Septembre 2009.

lundi 5 février 2007

Virtual commerce (tendance 052)

La rubrique tendance, c'est un mot, une expression, un lieu, une chose comme reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans l'avenir, porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le prononce, dans son champ énonciatif et contextuel. Mot, expression à suivre, objet utile ou inutile, lieu en devenir...


Sur son blog marketing, Vanina Delobelle emploie l'expression Virtual commerce dans un contexte particulier, celui du monde virtuel Second Life : "Le virtual commerce vous connaissez ?" :

"(...) On connaissait le e-commerce, le m-commerce (...) mais maintenant il existe le virtual commerce ! Alors pour ceux qui ne sont pas familiers avec ce jeu (...), on est dans un monde virtuel. Mais ce qui est intéressant dans ce monde c'est qu'on peut acheter en "vrai". Ainsi il est possible d'acheter des ordinateurs Dell, des voitures Toyota ou encore une cannette de Coca. Vous configurez en ligne, dans le jeu, le produit que vous souhaitez acheter et ensuite votre monnaie virtuelle sera changée en vrais dollars et vous pourrez acheter directement sur le site du marchand. C'est comme ça que plus de 1,2 millions de dollars de transactions sont effectuées par jour à travers Second Life (...)."


Michel Leblanc évoque ce même terme dès novembre 2006 dans son article : "Le 3D est le futur du Web" :

"cNet a pris pied dans Second Life, de même qu’IBM qui a décidé d’investir massivement dans le jeu. Ils (IBM) ont même inventé un nouveau terme, le v-commerce, pour Virtual commerce. Ils ont déjà 230 employés à plein temps dans l’univers ainsi que plusieurs îles d’expérimentations."


Le 21 janvier 2007, le blog thématique Luxus publie un papier sur l'arrivée de la marque Dior sur Second Life en réemployant l'intitulé Virtual commerce :

"Grande nouvelle dans le domaine du vi-commerce (virtual commerce), Dior est la 1ère marque de luxe à faire irruption dans le monde de 2nd life, auprès de 2.5 millions d’avatars. Sur l’île Belladone, et ce jusqu’à fin juin, seront exposées 4 des 17 pièces de la nouvelle collection créée par Victoire de Castellane."


Le terme Virtual commerce trouve ainsi une nouvelle dénomination. Dans son sens premier, c'est l'un des termes anglais désignant le commerce électronique comme le rappelle le titre de l'ouvrage suivant sur la nouvelle économie : Evans (Philip), Wurster (Thomas), Getting real about virtual commerce, Harvard Business Review, Boston, novembre-décembre 1999 ou encore la page sur l'Electronic commerce de l'Office Québécois de la Langue Française.

lundi 29 janvier 2007

Folksonomies géographiques (tendance 051)

La rubrique tendance, c'est un mot, une expression, un lieu, une chose comme reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans l'avenir, porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le prononce, dans son champ énonciatif et contextuel. Mot, expression à suivre, objet utile ou inutile, lieu en devenir...


Il faudra s'y faire : les folksonomies deviennent géographiques. En clair, on peut désormais présenter sur une carte sur Internet, les mots-clés (tags) qu'on a associés à des photos postés sur une plateforme. Ce projet expérimental développé par Yahoo s'appelle TagMaps utilise la base cartographique Navteq et des clichés extraits de Flickr mais on imagine facilement l'intégration de systèmes tels Delicious ou Digg.


Il y a donc 3 niveaux d'associations imbriquées : le lieu de prise de vue de la photo (coordonnées géographiques), les mots-clés personnalisés affectés à l'image et la situation géographique representée sur le support médiatique Internet. TagMaps permet de naviguer sur la carte et de rechercher des photos par mots-clés et par lieu et de les pré-afficher sur le côté avec des vignettes. On peut explorer cette carte mondiale de jour et de nuit.


Evidemment, on imagine des classifications collectives cartographiques qui seront pertinentes ou non dans une sorte de tryptique Internet ou bien une recherche multi-critères à 3 facettes. Plus d'explications sur TagMaps à cet URL (notamment le module de recherche World Explorer et l'application ZoneTag qui permet de poster des photos sur FlickR à partir d'un téléphone portable et de la géolocaliser). Via Social-Computing.

dimanche 28 janvier 2007

Sobjet (tendance 050)

La rubrique tendance, c'est un mot, une expression, un lieu, une chose comme reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans l'avenir, porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le prononce, dans son champ énonciatif et contextuel. Mot, expression à suivre, objet utile ou inutile, lieu en devenir...


Sylvain Héraut a suggéré par courrier électronique, le néologisme "sobjet". Le 6 janvier 2007, le mot est employé par Vicente Verdu, économiste et journaliste espagnol, auteur de l'ouvrage à paraître "Moi et toi, objets de luxe", à l'occasion d'un entretien publié dans le quotidien Libération : "Le consommateur est devenu critique et conscient de ses droits" où il est question de la figure du consommateur dans la société occidentale :

"Selon vous, cette culture de la consommation a créé une nouvelle figure, à la fois sujet et objet, le «sobjet». Expliquez-nous.

Nous sommes dans un espace général où croît la subjectivité de l'objet, tout comme l'objectivité du sujet. D'où cette créature hybride du «sobjet». On peut donner l'exemple de la relation homme-femme. Fini l'équation l'homme-sujet et la femme-objet. La femme est devenue protagoniste, et l'homme jouit de la satisfaction masculine d'être objet de désir. Dans le monde des marques, même phénomène. Auparavant, les produits n'avaient que des propriétés pratiques ; désormais, ils véhiculent des histoires et des sentiments. «Dessiné pour les sens», dit le slogan de Nokia pour son portable 8800, car les objets naissent aujourd'hui avec la mission de nous séduire, de nous occuper et nous accompagner. Les produits ont aujourd'hui de l'éloquence, ce sont des personnalités. La mascotte est le prototype du «sobjet», le chien de compagnie étant à la fois sujet et objet. De la même façon, les relations humaines relèvent de cette notion mixte. L'autre est à la fois protagoniste et instrument. C'est une sorte d'humanisme utilitariste et affectif. L'autre n'est ni transcendantal ni esclave, il est un mélange des deux."


En Espagnol, on parle de Sobjecto qui est d'ailleurs un personnage de théâtre dans "Mujerfranquicia", une pièce expérimentale de Raquel Tomàs (2006) :

"Quatre personnages cherchent à tirer un rendement optimal d’eux-mêmes et de tout ce qui les entoure. La Mujerfranquicia (La Femmefranchise) ne sait pas qui elle est, mais tout le monde veut lui ressembler. L’Hombreaplazos (L’Hommeàéchéances) ne sait pas ce qu’il veut, mais investit toujours à terme. La NiñaOmega3 (La FilleOméga3) ne sait pas parler, mais elle n’arrête pas de poser des questions. El Sobjeto (Le Sobjet) ne sait pas ce qu’il vaut, mais il achète tout. Quatre velléités de super héros réunies dans le même chapitre d’une histoire éternelle."

samedi 27 janvier 2007

Cyberintimidation (tendance 049)

La rubrique tendance, c'est un mot, une expression, un lieu, une chose comme reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans l'avenir, porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le prononce, dans son champ énonciatif et contextuel. Mot, expression à suivre, objet utile ou inutile, lieu en devenir...


Le terme cyberintimidation est né au Québec et semble souvent employé dans le milieu de l'éducation au Canada. Le portail du gouvernement Fédéral Canadien Strategis évoque ce mot et le définit ainsi :

"L’intimidation n’a rien d’agréable pour personne. Maintenant, elle existe même sur Internet. Ceux qui pratiquent la cyberintimidation utilisent des outils de communication modernes (courriel, messagerie instantanée, téléphone cellulaire, bavardoirs, blogues, etc.) pour menacer leurs victimes et les maltraiter tout en racontant des mensonges et en répandant des rumeurs à leur sujet. D’une certaine façon, la cyberintimidation est pire encore que l’intimidation normale parce que tu ne peux y échapper. La cyberintimidation t’atteint par tous les moyens, sans parler des sites web et des blogues qui racontent toutes sortes de choses sur toi. Cyber ou pas, l’intimidation se pratique par des brutes qui ont en fait une faible estime d’eux-mêmes. Ces gens-là veulent se prouver à eux-mêmes en dominant les autres."


Au Canada, on évoque le phénomène lié à la pratique de l'Internet et à l'utilisation d'outils technologiques chez les adolescents comme le souligne l'article "Tasse-toi, ti-gars!" (publié dans l'actualité en décembre 2005) :

"Autant de cas de «cyberintimidation» (de l'anglais cyberbullying ), phénomène dont sont victimes de plus en plus d'adolescents un peu partout dans le monde. Selon une étude de l'Université de Calgary, publiée en mai, un élève de 1re secondaire sur quatre aurait déjà été intimidé de la sorte. Qu'elle se fasse par courriel ou message texte, dans un site Web ou un salon de clavardage, cette forme d'intimidation se propage à la vitesse des ondes.

«La cyberintimidation fait d'autant plus de ravages qu'elle n'est limitée ni dans le temps ni dans l'espace », observe le Canadien Bill Belsey, un des meilleurs experts mondiaux en la matière. Et elle peut entraîner des répercussions graves, allant jusqu'à la dépression, au suicide (des cas ont été signalés aux États-Unis et en Angleterre) et même au meurtre – au Japon, une jeune victime a fini par tuer son cyberagresseur."


CyberAverti.ca cite le cas de Danny, élève en secondaire 3, "Opprimé par la cyberintimidation". Enfin, le Réseau Education-Médias explique comment "Contrer la cyberintimidation".

samedi 20 janvier 2007

Spam pump and dump (tendance 048)

La rubrique tendance, c'est un mot, une expression, un lieu, une chose comme reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans l'avenir, porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le prononce, dans son champ énonciatif et contextuel. Mot, expression à suivre, objet utile ou inutile, lieu en devenir...


Sur son blog, Jean-Pierre Cloutier évoque le phénomène boursier du spam pump and dump qui prend de l'ampleur et n'est malheureusement pas nouveau : "Le pourriel pump and dump" :

"Depuis un peu plus de deux mois, c'est le "pump and dump" qui, du moins dans ma boîte de courriel, représente la majorité des messages non sollicités. L'astuce pour les fraudeurs consiste d'abord à acheter un certain volume d'actions d'un titre boursier dormant ou coté en cents (penny stock), puis par un pourriel prenant la forme d'une recommandation d'achat de susciter de l'intérêt pour le titre dans le but d'en faire artificiellement gonfler le prix (pump) et, par la suite, une fois atteint le seuil souhaité de liquider rapidement le portefeuille (dump) et d'encaisser la marge. Évidemment, la vente en bloc du portefeuille des fraudeurs fait s'effondrer le titre et les investisseurs qui ont mordu à l'arnaque subissent des pertes."


Le blog Legitiname, dans un article de septembre 2006, parle aussi de ce type de spam : "Pump and dump : quand le spam rejoint la bourse" qui représenterait actuellement 15 % des spam :

"La fraude financière se taille une nouvelle entrée sur Internet. Le "pump and dump" (aussi appelé "stock dump") consiste à gonfler artificiellement le prix d'une action dans le but de réaliser une forte plus-value lors de la revente."


Le 2 septembre 2006, le site Informatique Weka précisait que le stock spam influe sur les cours de la Bourse :

"Un récent exemple de pump and dump montre la puissance du processus. À la fin du printemps 2006, le cours de l'action Southern Cosmetics s'est brutalement mis à grimper de manière totalement anormale. En volume, elle s'est échangée six fois plus qu'à l'accoutumée. Rien de la part de Southern Cosmetics ne laissait présager un tel mouvement vers le haut. En fait, le point de départ du mouvement est le 21 juin. Des centaines de milliers d'internautes jouant à la Bourse en ligne ont reçu un stock spam les informant de l'imminence d'un accord commercial entre Southern Cosmetics et Naomi LLC, une autre société spécialisée dans les cosmétiques et produits de beauté."

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