Jean-Luc Raymond

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lundi 20 novembre 2006

Internet, passeport pour l'inégalité ? (Nicolas Arpagian, Grégoire Lucas)

Nicolas Arpagian (grand reporter) et Grégoire Lucas (consultant) ont récemment participé à la rédaction de l'ouvrage L'Opinion numérique (sorti en novembre aux Editions Dalloz), sous la direction d'Agathe Lepage (cf. la présentation du livre). Dans une tribune des Echos (daté du mercredi 15 novembre 2006) intitulée : "Internet : passeport pour l'inégalité", les deux auteurs s'interrogent sur le mot "information" comme matière première, comme témoignage ou comme information erronée et nous questionnent sur un fait saillant avec une conclusion très optimiste :

"Avec l'avènement d'Internet, notre société est-elle dès lors condamnée à compter deux sortes de populations ? Celle des initiés, capable de faire le tri parmi le foisonnement d'informations. L'autre, dont les connaissances plus limitées ne lui permettraient pas de discerner la bonne information de la mauvaise. La réponse passe avant tout par l'éducation et l'apprentissage au plus jeune âge des enjeux de la Toile.

"Science sans conscience n'est que ruine de l'âme", disait Rabelais. On pourrait penser que la consommation d'Internet dès le berceau, et son usage presque inné chez les jeunes générations, fera émerger une capacité d'utilisation éclairée, une consommation éduquée, au fait de son potentiel et de ses limites. Et que bientôt ses utilisateurs sauront "traiter" et discerner l'information présente sur le Web, et percevoir "in fine", ce qu'elle est et surtout ce qu'elle n'est pas... C'est sans nul doute le meilleur sinon le seul rempart contre certains excès et dérives que l'on peut craindre".


Source :

Arpagian, Nicolas et Lucas, Grégoire (15 novembre 2006). "Internet, passeport pour l'inégalité ?", Les Echos, Point de vue, Paris, 1 p.

dimanche 19 novembre 2006

Entrepreneur de la connaissance (tendance 014)

Nouvelle rubrique : tendance. Un mot, une expression, un lieu, une chose comme reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans l'avenir, porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le prononce, dans son champ énonciatif et contextuel. Mot, expression à suivre, objet utile ou inutile, lieu en devenir...


Dans le "Petit précis d'efficacité collective Tome 01 : Travailler autrement" édité en par Microsoft France en Creative Commons, au 1er semestre 2006 (à commander gracieusement sur cette page), Richard Collin, expert français en Knowledge Management et Président d'ICCE introduit la notion d'entrepreneur de la connaissance en titrant une partie de son article "Travailler, produire et créer autrement" : "Chacun devient un entrepreneur de la connaissance" et en contextualisant son approche :

"Parce que le monde change très vite, chacun peut et doit devenir "chercheur". Chacun peut et devenir professeur, parce qu'il ne suffit pas de produire des informations et des connaissances, il faut aussi les formaliser et les communiquer. Enfin, chacun peut et doit devenir un manager dans sa propre sphère, parce que la coopération et le dialogue entre savoir-faire différents deviennent des exercices indispensables, parce que la décision et la navigation dans un environnement complexe et incertain sont désormais le lot de tous. L'autonomie et l'initiative se déclinent ainsi sous le visage de l'entrepreneur de la connaissance".


L'expression "entrepreneur de la connaissance" est un vocable tiré du Knowledge Management. Il constitue le leitmotiv d'un article du Pôle productique de Rhône-Alpes : "Que chacun devienne un entrepreneur de la connaissance" :

"Les systèmes à base de connaissances, les blogs et wikis, les messageries intelligentes et multimedia, les outils numériques pour la modélisation et la simulation collent à cette nouvelle vision du savoir, à condition, précisément, que nos modes d'organisation et nos mentalités n'y fassent pas obstacle.
Ainsi, l'organisation la mieux armée est celle dont le plus grand nombre de membres sont des agents d'innovations, des "entrepreneurs" au sein de leur structure (Suit la définition déjà inscrite plus haut)".


Sur son site Internet, le penseur canadien Michel Cartier consacre un article au knowledge worker (entrepreneur de la connaissance) qu'il considère en 2003 comme une nouvelle catégorie de travailleurs : "Les travailleurs de l'information" :

"La nouvelle économie fait donc émerger une nouvelle catégorie de travailleurs : ceux de l'information. Ceux-ci doivent créer, capitaliser et partager le capital de connaissances entre les employés de l'entreprise et les partenaires de celle-ci. Une étude américaine a révélé que lorsqu'une entreprise perd un employé, ce sont 30 000 $ en valeur information qui disparaît de son capital savoir. Ce sont des gens dont le métier est en train de muter (RH et veille par exemple), d'autres dont les pratiques sont remplacées par de nouvelles (CRM) ou certaines qui n'existaient pas il y a cinq ans (Web et multimédia)."

vendredi 17 novembre 2006

Oculométrie (tendance 012)

Nouvelle rubrique : tendance. Un mot, une expression, un lieu, une chose comme reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans l'avenir, porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le prononce, dans son champ énonciatif et contextuel. Mot, expression à suivre, objet utile ou inutile, lieu en devenir...


Jean-Marc Hardy nous rappelle la traduction du terme "eye-tracking" : "Oculométrie". Il s'agit "de l'enregistrement des mouvements de l'oeil".


Le Journal du Net indique la définition suivante à Oculométrie :

"Ensemble de techniques permettant d'enregistrer la position du regard d'un lecteur qui découvre ce qui est affiché sur un écran. On peut ainsi savoir si l'internaute regarde l’écran, lit vraiment ou se contente de balayer les zones; on peut connaître également l'intensité de l'attention qu'il porte sur telle ou telle partie de l'écran. En revanche, ces techniques ne peuvent prouver qu'un internaute a vu ou non une information à l'écran.
Parmi les techniques d'enregistrement de la position du regard, celle du reflet cornéen est sans doute la plus utilisée en ergonomie, car elle permet notamment une bonne précision des mesures tout en laissant le participant libre de ses mouvements. Elle consiste à envoyer des faisceaux de lumière infrarouge émis par un ensemble de diodes au centre de la pupille. Les reflets infrarouges renvoyés par la cornée de l'œil sont ensuite détectés et permettent, après calcul, de repérer le centre de la pupille et de connaître la position de fixation de l'œil sur une cible."


Sur leur site Internet, les deux auteurs de l'Ergonome consacrent un article (avec ressources) à l'eye-tracking, critère encore méconnu dans la création de sites Web et délivrent une "Étude du suivi du regard (eye-tracking) et ergonomie des sites Web - 3ème partie". Benoit Duverneuil anime un blog en français sur le thème de l'oculométrie : Eye-Tracking The Lab. Professeur de psychologie cognitive à l'Université de Nice-Sophia Antipolis, Thierry Baccino travaille sur des systèmes d'oculométrie. Plusieurs de ses travaux de recherche sont en ligne.

jeudi 16 novembre 2006

Jean-Claude Guillebaud, critique des médias, info-marchandise et info-connaissance

Dans sa chronique hebdomadaire pour Le Nouvel Observateur, Jean-Claude Guillebaud s'interroge sur la critique des médias, un sujet qui fait partie des moeurs démocratiques de notre temps en développant son argumentation en plusieurs points ; extraits :

"En réalité, c'est parce que la réflexion sur les médias a progressé qu'on sait maintenant opérer une distinction entre des questions particulières qui furent trop longtemps mêlées dans une vaine confusion. Savoir, c'est d'abord trier. Connaître, c'est d'abord classer, identifier, catégoriser. Or, les fameuses dérives médiatiques mettent en jeu des mécanismes bien distincts qu'il n'est plus possible de confondre. (...)

La prévalence de l'argent, le fait que s'appesantissent les lois du marché, le poids du fric sur le journalisme favorisent-ils de façon mécanique la sous-information du citoyen et la corruption de la démocratie ? En d'autres termes, peut-on ramener l'information au rang de pure marchandise, peut-on privilégier la distraction (le spectacle) sur la connaissance sans conséquences funestes. Au cours des dernières années, en effet, s'est peu à peu trouvé rompu, dans nos pays, ce subtil équilibre établi après la Libération entre l'info-marchandise et l'info-connaissance. Comment y remédier ? Vaste sujet."


Source :

Guillebaud, Jean-Claude (16 novembre 2006). "La preuve par quatre", Chronique Écoutez Voir, TéléObs, Le Nouvel Observateur, n°2193, 1 p.

samedi 11 novembre 2006

Jean-Jacques Servan-Schreiber, prospectiviste des usages des technologies et précurseur des Espaces Publics Numériques

Comme L'Express et Les Echos ("JJSS et la modernité", 8 novembre 2006) le rappellent cette semaine dans un dossier consacré à sa vie, Jean-Jaques Servan-Schreiber, décédé la semaine dernière à l'âge de 82 ans, fut un visionnaire des technologies. En 1967, il publie "Le Défi Américain", un essai avec un énorme succès qui se vendra à 600 000 exemplaires, où il souligne que l'Europe est dépassée tant au niveau des méthodes de management que de l'équipement technologique et dans sa capacité de mobilisation de la recherche. C'est un livre visionnaire, traduit en 15 langues qui marqua cette époque.


Son second livre à succès, "Le Défi Mondial" sorti en 1980 s'intéressera à la puissance économique du Japon grâce au levier technologique à l'informatisation. En 1981, Jean-Jacques Servan-Schreiber convainc François Mitterrand de créer le Centre pour l'Informatisation de la France (dit "Centre Mondial Informatique et Ressource Humaine") dirigé par Nicolas Negroponte et Seymour Papert. (Photo : Jean-Jacques Servan-Schreiber et des enfants au Centre Mondial de l'Informatique en 1984). Ce centre est en avance sur son temps, il se veut...

"Instiller aux sphères politiciennes le virus micro-processorien et a pour objectifs de mettre au point un nouvel ordinateur individuel ainsi que de servir de base aux programmes pilotes dans les pays en voie de développement, une expérience sociale au profit des jeunes, des chômeurs et des personnes âgées."


Jean-Jacques Servan-Schreiber eut l'idée des Espaces Publics Numériques et d'un réseau des animateurs multimédias plus de 10 ans avant leur existence : "Un réseau national de 50 000 ateliers équipés de micro-ordinateurs professionnels" (document du Centre mondial pour l'informatique et les ressources humaines, novembre 1984), "Coordination entre les responsables de centres et les animateurs" (Note technique, 27 novembre 1984), "L'ordinateur au village : le projet français fait des vagues" (par Daniel Garric, Le Point n° 640, 24 décembre 1984), "Les chantiers populaires de la micro" (Le Matin, 23 janvier 1985).


Le Centre Mondial Informatique ferme en 1985 et on dénonce dans les médias français le gouffre financier (frais de réception et de voyage).


Il demeure de Jean-Jacques Servan-Schreiber une vision de prospectiviste indiscutable dont voici quelques citations qui font sens et qui sont toujours d'actualité plus que jamais :

"Rien n'est donc plus urgent que de tout mettre en œuvre pour brancher la puissance informatique sur le développement, avant tout, des facultés de chaque homme et de chaque femme, dans sa région, dans sa culture , dans sa langue, selon sa vocation, pour faire surgir sa propre ressource, sa propre capacité à créer. C'est vrai au nord comme au sud. Car devant la nouvelle ère qui commence nous sommes tous sous-dévelopés. ". (Le Défi Mondial, 1980)

"En 1980, et probablement avant, l'ensemble des écoles et universités américaines seront reliées avec des consoles aux ordinateurs géants dans les différentes branches des connaissances. Et les programmes d'éducation par classe, peut-être même par élève, seront adaptés et coordonnés directement par les ordinateurs." (Le Défi Mondial, 1980)

"C'est au cours de mes séjours de travail, de plus en plus fréquents, en Amérique et au Japon, que j'ai découvert cet univers tout neuf, pour nous, Français, de l'informatisation. J'ai alors perçu qu'il va tout pénétrer, tout changer - industries, agriculture, services, éducation. Convaincu qu'il était nécessaire d'en savoir rapidement plus long, j'ai participé, pendant trois mois, à des séminaires en Californie, pour mieux m'imprégner de cette nouvelle "révolution" dans les modes de liaisons entre les individus et communautés, cherchant à définir la meilleure ouverture pour une "voie française". Je me suis même fixé, pour un temps, dans la plus avancée des universités américaines en informatique, celle de Carnegie-Mellon, à Pittsburgh. Chaque bureau, chaque chambre, chaque poste de travail, y est doté d'un ordinateur personnel, directement branché sur l'ensemble des banques de données de l'Université et aussi du pays. (Un seul exemple : un étudiant, en fin de cursus, peut, de son ordinateur même, solliciter un poste dans l'ensemble du pays !) Immense progrès, encore inconcevable chez nous." (Le Fossoyeur, 1993).

vendredi 10 novembre 2006

Creative Commons, qu'est-ce que c'est ? A quoi ça sert ?

Les licences Creative Commons sont de plus en plus utilisées sur les publications personnelles et collectives dans le partage de la création. Le Journal du Net publie un point complet et synthétique sur les licences Creative Commons sous la plume de Guillaume Devaux "Creative Commons : une réécriture du droit d'auteur à l'ère du Web" en 5 questions/réponses : 1. Quelle est l'origine des Creative Commons ? ; 2. Qu'est-ce qu'une licence Creative Commons ? ; 3. Quel est l'objectif de ces licences ? ; 4. Que se passe-t-il en cas d'usage commercial d'une oeuvre sous licence Creative Commons ? ; 5. Comment expliquer le succès des Creative Commons, en particulier sur Internet ?


Sur la définition de Creative Commons :

"La licence Creative Commons est un dérivé flexible du droit d'auteur adapté à tous les supports, numériques ou non, et qui repose sur un tronc commun : l'autorisation tacite de reproduction non exclusive de l'œuvre. A ce tronc commun, viennent se greffer quatre conditions complémentaires auxquelles les créateurs d'œuvres peuvent choisir de souscrire ou non : le respect du nom de l'auteur, le choix d'une utilisation non commerciale par les utilisateurs de l'oeuvre, la limitation de la réutilisation de tout ou partie de l'œuvre et l'autorisation du partage à l'identique, c'est-à-dire l'obligation de rediffuser selon la même licence. Autrement dit : si l'œuvre initiale est modifiée, le résultat sera tributaire des mêmes conditions d'utilisation et sera donc lui-même modifiable. La licence Creative Commons est donc un contrat conclu entre l'auteur et le destinataire de l'œuvre autorisant ce dernier à utiliser l'œuvre selon ces conditions préderminées. Une signalétique simplifiée résume les caractéristiques générales des licences, facilitant ainsi l'information des utilisateurs non juristes."


A compléter par une vidéo en anglais signalée par Henri Labarre sur son blog 2803 : Les Creative Commons expliquées simplement, par le film sous-titré en français Soyez Créatifs diffusé sur le site ressource Creative Commons France

jeudi 9 novembre 2006

Actualités de la Recherche en Histoire Visuelle, un blog de veille de l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, Paris

Passionnant pour ceux qui s'intéressent à l'image contemporaine et en particulier à ce qui fait son actualité dans les médias, sur Internet et dans le champ culturel, Actualités de la Recherche en Histoire Visuelle est le blog du Laboratoire d'Histoire Visuelle Contemporaine - LHIVIC (de l'EHESS - École des Hautes Etudes en Sciences Sociales, Paris), conçu pour informer les étudiants et le public intéressé des activités des chercheurs dans ce domaine. C'est un blog de veille dédié à la recherche dans le domaine des études visuelles (photographie, cinéma, médias illustrés, etc.). Le directeur de la publication est Andre Gunthert, chercheur et maître de conférences à l'EHESS.


Source :

Gunther, Andre (novembre 2006). "Actualités de la Recherche en Histoire Visuelle" (En ligne), Laboratoire d'Histoire Visuelle Contemporaine, EHESS, Paris, Blog (Page consultée le 9 novembre 2006)

mardi 7 novembre 2006

Nettoyeur de réputation (tendance 002)

Nouvelle rubrique : tendance. Un mot, une expression comme reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans l'avenir, porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le prononce, dans son champ énonciatif et contextuel. Mot ou expression à suivre...

Il y avait la gestion de la réputation puis se trouve au coeur des préoccupations actuelles : la réputation numérique, une question au centre de l'identité numérique. Bertrand Duperrin explique un nouveau métier et un nouveau service : Nettoyeur de réputation :

"Un pas de plus vient d'être franchi aux USA avec ReputationDefender. Un discours bien huilé qui peut faire froid dans le dos vous fait comprendre que quelle que soit votre situation, il ne doit rien rester de compromettant pour vous sur le web. Alors, on vous propose de tout effacer. Auraient-ils une technologie spéciale? Non, juste une armée d'avocats prêts à bondir sur le moindre webmaster pour qu'il fasse le ménage dans ce qu'il a pu publier sur vous."

Via Arkandis.

mardi 31 octobre 2006

Internet chez les jeunes américains : de la personnalisation de la Messagerie instantanée à la personnalisation de MySpace

Aux Etats-Unis, The Center For Media Research publie tout au long de l'année des articles sur les usages d'Internet et des nouvelles technologies comme médias. Sa publication en ligne Research Brief vient de mettre en lumière une tendance intéressante via l'article "Teens Shift IM Buddy Iicons to Social Networking" reprenant des éléments d'une étude Nielsen/Netratings : l'utilisation abondante des banques de smileys, émoticônes et petits personnages figuratifs ("buddy icons") utilisés habituellement par les adolescents dans le contexte de la messagerie instantanée (MSN Messenger ou Live messenger, AOL IM, Yahoo Messenger...) avec des sites tels que Originalicons.comBlunt Truth ou Buddy4u.com déclinerait en faveur de sites offrant des outils aidant à fournir un contenu supplémentaire aux espaces personnels sur les plateformes de "réseaux sociaux" ("social networking") telles que MySpace ou YouTube avec des sites proposant des paroles de chansons (PLyrics.com), la possibilité de mettre en ligne des messages audio par téléphone (Snapvine), des images et fonctionnalités prêtes à l'emploi pour améliorer son profil de présentation (POQbum), des répertoires de citation ou des modèles de mise en page (WhatEverLife).


Là où les présences en ligne adolescentes étaient très liées en 2003 à l'interaction dans un modèle synchrone communicationnel, l'essor des blogs et MySpace ou plateformes apparentées a fait naître ces 2 dernières années de façon exponentielle un marché de la personnalisation d'espace en ligne pour les 12-17 ans et donc d'une construction identitaire en ligne sur le Web.


Une tendance à mettre en relief avec le temps consacré à Internet par les jeunes américains connectés chaque semaine : 6 h 39 (en 2003) pour les 2-11 ans contre 9 h 24 en 2006 pour cette même tranche d'âge. Les 12-17 ans passaient 21 h 04 par semaine sur Internet en septembre 2003 contre 26h48 en septembre 2006.


Source :

Loechner, Jack (October 20, 2006). "Teens Shift From IM Buddy Icons to Social Networking" (En ligne), Research Brief, The Center For Media Research, MediaPost Publications, New York City, 1 p. (Page consultée le 31 octobre 2006)

Bausch, Suzy and Han Leilani (October 11, 2006). "U.S. Teens Graduate From Choosing IM Buddy Icons To Creating Elaborate Social Networking Profiles, According To Nielsen/Netratings" (En ligne), Press Release, Nielsen/NetRatings, New York City, 3 p. (Page consultée le 31 octobre 2006)

dimanche 1 octobre 2006

Que sera l'Internet dans X années ? Quel sera le poids des personnes refusant les technologies ? De nouveaux luddites ?

Que sera l'Internet dans X années ? Chacun y va de son pronostic et l'on voit poindre des analyses qui mettent pour la première fois en avant l'idée de personnes refusant les technologies. Ce n'est pas nouveau ; les noms apposés pour caractériser ces personnes sont connotées comme des irréductibles passéistes ; exemple avec cet article du quotidien belge Le Soir (24 septembre 2006) résumant l'étude de Pew Research Future of the Internet 22020, un monde superbranché :

"Une majorité (58%) de ces experts partagent l'opinion que d'ici à 2020 des groupes de "refuznik" hostiles à la technologie feront leur apparition et que certains auront recours à des actions terroristes pour perturber le fonctionnement de l'internet, selon une étude publiée dimanche. (...) Concernant les "refuzniks et autres "techno-terroristes", Ed Lyell, un expert sur les questions de l'internet et d'éducation, souligne que chaque époque a un petit pourcentage de gens qui s'accrochent à un passé sublimé où la technologie était absente, les gens étaient auto-suffisants et avaient besoin de peu pour vivre. Ces adeptes du ludisme n'hésiteront pas à utiliser la violence pour arrêter le progrès même si celui-ci est utile, estime-t-il."

Il est fait référence ici aux Luddites, un phénomène largement relaté dans le magazine Chronic'Art de juin 2006 en parallèle avec les technologies d'aujourd'hui :

"C'est par ce nom que les ouvriers brisant les machines dans les comtés industriels anglais se désignent au début du XIXe siècle. Tiré de la figure de Ludd, un personnage mythique qui aurait détruit des machines textiles à la fin du XVIIIe siècle, le luddisme devient rapidement un mouvement d'une grande ampleur au cours duquel les ouvriers s'organisent pour détruire les procédés techniques accusés de provoquer le chômage et de diminuer la qualité des produits. Apparu en 1811 dans le Comté de Nottingham, ce célèbre mouvement d'opposition à l'industrialisation s'étend progressivement aux autres régions industrielles anglaises dans les années suivantes."

On ressent de façon de plus en plus importante un refus motivé des technologies ou tout du moins de constituer des garde-fous comme ce papier du Soir du 26 septembre le souligne : La course contre la montre des technophiles ; explicitant les résultats d'une étude Yahoo/OMD auprès de 4500 familles américaines (Yahoo! and OMD Research Shows Resurgence of Traditional Values Among Today's Tech-Savvy Families, 26 septembre 2006) :

"72% des familles utilisatrices des nouveaux médias trouvent important de passer du temps ensemble "hors technologie", par exemple de dîner ensemble chaque soir et 90% des parents sondés disent "aimer passer du temps avec leur famille". Pourtant, les nouvelles technologies sont gourmandes en temps."

La question du découpage en temps de vie de la sphère individuelle et familiale introduit fortement la composante "nouvelles technologies" comme activité nouvelle phagocytant du temps et aussi une part exponentielle du budget du foyer ; en 2004 : 115 euros pour un employé et 130 euros pour un cadre d'après l'étude de l'I.D.A.T.E. sur les usages des produits et services de communication électronique. Le refus à venir de la technologie pourrait donc aussi être lié à d'autres motifs du quotidien.

Source :

Anderson Quitney, Janna et Rainie, Lee (29 septembre 2006). The Future of the Internet II (En ligne). Pew Internet & American Life Project, Washington D.C., 115 p. (Page consultée le 1er octobre 2006)

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