Jean-Luc Raymond

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Tag - technologie

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samedi 20 janvier 2007

Spam pump and dump (tendance 048)

La rubrique tendance, c'est un mot, une expression, un lieu, une chose comme reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans l'avenir, porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le prononce, dans son champ énonciatif et contextuel. Mot, expression à suivre, objet utile ou inutile, lieu en devenir...


Sur son blog, Jean-Pierre Cloutier évoque le phénomène boursier du spam pump and dump qui prend de l'ampleur et n'est malheureusement pas nouveau : "Le pourriel pump and dump" :

"Depuis un peu plus de deux mois, c'est le "pump and dump" qui, du moins dans ma boîte de courriel, représente la majorité des messages non sollicités. L'astuce pour les fraudeurs consiste d'abord à acheter un certain volume d'actions d'un titre boursier dormant ou coté en cents (penny stock), puis par un pourriel prenant la forme d'une recommandation d'achat de susciter de l'intérêt pour le titre dans le but d'en faire artificiellement gonfler le prix (pump) et, par la suite, une fois atteint le seuil souhaité de liquider rapidement le portefeuille (dump) et d'encaisser la marge. Évidemment, la vente en bloc du portefeuille des fraudeurs fait s'effondrer le titre et les investisseurs qui ont mordu à l'arnaque subissent des pertes."


Le blog Legitiname, dans un article de septembre 2006, parle aussi de ce type de spam : "Pump and dump : quand le spam rejoint la bourse" qui représenterait actuellement 15 % des spam :

"La fraude financière se taille une nouvelle entrée sur Internet. Le "pump and dump" (aussi appelé "stock dump") consiste à gonfler artificiellement le prix d'une action dans le but de réaliser une forte plus-value lors de la revente."


Le 2 septembre 2006, le site Informatique Weka précisait que le stock spam influe sur les cours de la Bourse :

"Un récent exemple de pump and dump montre la puissance du processus. À la fin du printemps 2006, le cours de l'action Southern Cosmetics s'est brutalement mis à grimper de manière totalement anormale. En volume, elle s'est échangée six fois plus qu'à l'accoutumée. Rien de la part de Southern Cosmetics ne laissait présager un tel mouvement vers le haut. En fait, le point de départ du mouvement est le 21 juin. Des centaines de milliers d'internautes jouant à la Bourse en ligne ont reçu un stock spam les informant de l'imminence d'un accord commercial entre Southern Cosmetics et Naomi LLC, une autre société spécialisée dans les cosmétiques et produits de beauté."

Industrie musicale, dématérialisation, modèle économique publicitaire renouvelé, culture remix et nouvelles formes de créations musicales snacking

Depuis le début des années 2000, l'Internet, la téléphonie mobile et l'apparition des lecteurs mp3 bouleversent l'univers de la musique avec comme effet visible, des modes de distribution de la musique qui changent : on passe d'un support matériel à immatériel d'où un changement de valeurs et de symbolique importants de ce type de création artistique dans notre esprit associé à la consommation même de l'oeuvre sonore construite.


Les modèles économiques des major companies du disque stabilisés depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale ne sont plus pertinents et rentables. Production, composition, édition, fabrication, distribution, promotion et répartition des Droits sont aujourd'hui remis en cause.


La massification du nombre d'utilisateurs d'Internet, de possesseurs de téléphones portables et de lecteurs mp3 a favorisé cette "perte" de valeurs patrimoniales d'une culture métier de l'industrie du disque en faveur d'une musique instrumentée par d'autres acteurs de l'industrie : les fournisseurs d'accès à Internet (passage obligé), les opérateurs de téléphonie mobile, les constructeurs d'appareillage physique (lecteurs mp3, téléphones portables) et logiciels principalement pour lire des fichiers. La "convergence" téléphonie portable - lecteur mp3 magnifiée actuellement par la campagne de communication de l'iPhone générée et relayée sur Internet est l'une des étapes de ce processus.


Il faut se souvenir que les acteurs du marketing sans une véritable culture métier du disque ont investi les organigrammes de direction de l'industrie du disque au début des années 90 suite à l'apparition du support CD.


Cette nouvelle industrie musicale est dominée aujourd'hui par des acteurs médiatiques informatiques qui ont façonné une restriction des droits d'usage et de partage des créations (Microsoft, Apple, Sony), des médias traditionnels qui ont investi dans des plateformes en ligne comme News Corp. de Rupert Murdoch (qui possède MySpace), des sociétés informatiques médiatiques ayant valorisé la musique via des capacités de recherche et d'indexation multimédia textuelles, imagées, animées et vidéo (Google, Yahoo) et tout un champ qui se façonne mêlant le non marchand au marchand (BitTorrent, réseaux de pair à pair...). Tous ont un point commun : chercher dans la publicité le nirvana d'une nouvelle rentabilité où la musique devient en quelque sorte un "addendum" à une promotion autre.


En parallèle, l'irruption du peer-to-peer (au sens large et générique) et de réseaux d'échanges immatériels induisent un nouveau changement de paradigme chez les consommateurs de musique : la remise en cause de la valeur du coût de la démarche de création musicale et une course à se procurer de manière gratuite ce qui était "traditionnellement" payant. Les acteurs de ce marché, en amont, intermédiaires ou utilisateurs doivent supporter le coût incompressible de la bande passante, donc de l'utilisation des tuyaux.


Au-delà du changement des modes de distribution, ce nouveau "business model" publicitaire renouvelé (la musique a toujours entretenu depuis le début du 20e siècle un rapport très étroit avec l'univers publicitaire et le marketing) est micro-discriminant car il induit une communautarisation des genres musicaux et au sein de plateformes "reliant" des individus profilés ayant les mêmes désirs et affects (gothiques, punk, rap...).


Cet écosystème publicitaire médiatique et économique (adjectif intimement liés) fait renaître d'une part une culture du remix (générer une oeuvre musicale d'autres oeuvres musicales existantes) ; lire à ce propos l'article d'Anne-Marie Boisvert : "Idées sur le remix : du bricolage : une culture assemblée avec les moyens du bord" (avril, mai 2003) :

"(...) La culture remix : une culture qui embrasse le recyclage et le glanage, et dont l'originalité est d'avoir transformé les oeuvres préenregistrées et les moyens de diffusion comme les tables tournantes (outils traditionnels des DJs) en moyens de création. Ici, ce sont les moyens de reproduction qui précèdent et servent à la production6. Ainsi, le concept même d'oeuvre originale s'estompe et perd son sens.

La culture remix est une culture de la citation et du remake, certes, mais aussi une culture de l'intervention et de la réinvention, avec pour but le divertissement, mais aussi la communion et la libération. L'artiste aux commandes fait sciemment place au hasard (entre autres, sous la forme de glitches) et aux moyens du bord dans son processus créatif. Car le résultat importe, mais moins que le processus, la performance et l'événement. La culture remix emprunte ainsi à la société postindustrielle sa sursaturation sensorielle, en la reproduisant dans un contexte esthétique qui la canalise. Ses oeuvres demeurent ouvertes, introduisant, au moins pour un moment, un sens dans la cacophonie du monde, au moyen d'assemblages bricolés et éphémères, toujours sujets à transformation et toujours susceptibles d'une réorganisation."


D'autre part, l'écosystème publicitaire médiatique et économique génère des nouvelles formes courtes d'oeuvres (sonneries musicales, mini-extraits vidéo, cartes postales virtuelles musicales) que le quotidien Le Monde qualifie du côté des consommateurs, d'effet snacking dans un article du 19 janvier 2007 : "L'image en renfort de la musique", venant peu à peu se placer à côté des traditionnels morceaux et albums mais ne qui manqueront pas, avec le temps, à se substituer à ces derniers, dans la forme même créative :

""Carl Watts, directeur des programmes chez Sony-BMG, est chargé de développer des formats vidéo courts (1 min 30 maximum), adaptés aux usages des nouveaux médias, aux sites d'artistes et aux baladeurs vidéo, téléphones portables, consoles de jeu numériques. Ces "divertissements informatifs" ont gagné des noms génériques : le blogsong (un artiste explique, avec son morceau en fond sonore, son état d'esprit lors de la création du titre) ; le live and rare (extrait de concert inédit) ; le in the mix (travail en studio)... Chez Sony-BMG, on travaille à la réalisation de "documentaires" sur les artistes, des 52-minutes faciles à tronçonner sous forme de feuilleton quotidien, et destinés à forger l'image marketing d'un artiste.

Après le clip, le "snacking"

Tout cela devient du "contenu embarqué", c'est-à-dire proposé à la vente sur les consoles, téléphones, cartes mémoires, clés USB. On peut aussi les visionner sur le Net - nous voici dans la sphère du "marketing viral", où l'internaute sert de relais immédiat. "Les années 1980 ont connu le clip, poursuit Carl Watts. En 2006, les formats courts correspondent aux habitudes du "snacking" (picorage) des consommateurs.""

lundi 15 janvier 2007

100 façons de visualiser l'information, A periodic table of visualization methods

Comment cartographier l'information ? Comment l'explorer ? Les typologies sont diffuses et avec Internet, on a parfois l'impression que le concept d'information se cherche à nouveau.


A ce challenge impossible, Ralph Lengler et Martin J. Eppler (chercheurs à l'Université de Lugano, Suisse qui travaillent sur la Visual literacy) viennent de répondre de façon magistrale sous la forme de la simili-table périodique des éléments de Mendeleïev en présentant une table périodique des méthodes de visualisation ("A periodic table of visualization methods") qui s'affiche sur une page de format A4 en mode portrait.


La présentation de cette table est extrêmement claire : chacun des 100 éléments représente une méthode de visualisation de l'information classée en colonnes de 6 couleurs différentes. On distingue 6 familles de visualisation : données, information, concept, stratégie, métaphore et composé ("data, information, concept, strategy, metaphor et compound").


Une légende dans chaque carré d'élément permet de distinguer : le type de visualisation (procédural ou structurel : process or structure) ; s'il s'agit d'une pensée divergente/divergent (ajout de la complexité) ou convergente/convergent (diminution de la complexité) ou le mode de visualisation (détail ou synthèse ; detail or overview, ou les 2 à la fois).


En survolant chaque élément avec la souris, la méthode de visualisation apparaît afin de se la remémorer plus facilement avec un exemple.


Cette table périodique de 100 méthodes ou façons de visualiser l'information est d'une grande utilité dans la gestion de projets, le domaine de la fomation, le management et les ressources humaines.


En complément, Ralph Lengler et Martin J. Eppler ont écrit un article scientifique pour expliciter cette table périodique de 100 façons de visualiser l'information : "Towards A Periodic Table of Visualization Methods for Management" (6 pages à télécharger ici en .pdf). Via le Center for Teaching and Learning at The University of Georgia.

Journée portes ouvertes à l'Espace Public Numérique Cyberespace de l'Agora - Association Emmaüs, Paris 1er, le mercredi 17 janvier

L'Espace Public Numérique Cyberagora - Association Emmaüs est un lieu d'accès public à l'Internet complètement atypique. Il est situé dans l'Agora, plus grand centre d'accueil de jour de Sans Domicile Fixe à Paris (32 rue des Bourdonnais, 1er arrondissement) en plein centre de la capitale, tout près des Halles.


Depuis 2003, cet EPN accueille pour des initiations à l'informatique et à l'Internet, du libre service, des personnes défavorisées, à la rue, gratuitement avec un accompagnement spécifique assuré par un coordinateur travailleur social (Ricardo Parrilla) et des bénévoles de tous les âges et de toutes les professions.


Cette réelle mixité sociale au service des gens démunis en fait un lieu attachant où les ordinateurs sont des outils au service d'un réel plus pour ces personnes. L'EPN Cyberagora possède un blog depuis 2005 où usagers, bénévoles et salariés s'expriment ; un même espace en ligne pour une expression plurielle.


Le mercredi 17 janvier 2007, de 9h30 jusqu'à 17h, le Cyberespace de l'Agora propose une journée portes ouvertes. Au 32 rue des Bourdonnais, bénévoles, usagers et coordinateur vous guideront pour faire connaissance avec l'informatique et découvrir ce lieu où le bénévolat est toujours le bienvenu.


Voici ce qu'on fait au Cyberespace de l'Agora : "Repérer vos trajets. Regarder des vidéos. Faire de jolies présentations. Envoyer et recevoir des e-mails.Trouver des photos, et en envoyer. Regarder les actualités de tous les pays. Retrouver des personnes et leurs coordonnées. Regarder des vues de paysages ou de villages. Communiquer avec les administrations, CAF, ANPE, etc. Écrire des textes, lettres, poèmes, nouvelles, romans etc. Écouter des musiques, retrouver les paroles des chansons... Et ce ne sont là que quelques exemples!


Pour tout renseignements, contacter Ricardo Parrilla par courrier électronique agora@emmaus.asso.fr ou par téléphone au 01 55 34 74 84.

NégaWatts (tendance 047)

La rubrique tendance, c'est un mot, une expression, un lieu, une chose comme reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans l'avenir, porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le prononce, dans son champ énonciatif et contextuel. Mot, expression à suivre, objet utile ou inutile, lieu en devenir...


On doit le concept de négaWatts à l'américain Amory Bloch Lovins, écologiste professionnel et auteur de plusieurs livres sur l'efficacité énergétique auprès des entreprises et du grand public. Comme l'indique la base de connaissances Wikipédia, on parle de négaWatts lorsqu'on utilise moins d'énergie pour assurer un même service.


Pour illustrer ce concept, le gouvernement britannique a pris la décision d'interdire la mise en vente d'appareils disposant d'une fonction de veille : téléviseurs, lecteurs musicaux, DVD, équipement informatiques... Une mesure radicale. La veille "provoque plus de 8 pour cent de la consommation électrique des ménages".


Wikipédia précise un exemple à propos des négaWatts :

"L'exemple le plus courant consiste à remplacer une classique ampoule de 100 Watts par une lampe fluorescente de 20 Watts revient à utiliser 5 fois moins d'énergie pour assurer un même niveau d'éclairage. La puissance électrique nécessaire est ainsi réduite de 80 Watts. En d'autres termes, le remplacement de cette lampe génère "80 Watts en moins", soit une production de 80 négaWatts.

Les négaWatts peuvent être produits par une amélioration de l'isolation et de l'efficacité énergétique des bâtiments, la régulation du chauffage pour réduire la consommation d'énergie, l'autopartage et le co-voiturage, la relocalisation des circuits économiques, le transfert du transport routier sur les rails, la construction de commerce et de restaurant proche des zones résidentielles..."


En France, l'association négaWatt a pour objectif de promouvoir et développer le concept et la pratique "négaWatts" à tous les niveaux de la société.

Le multitâche ou le plurimédia chez les jeunes internautes

Béatrice Copper-Royer (psychologue et psychothérapeute) et Catherine Firmin-Didot (journaliste à Télérama) ont publié à la fin de l'été 2006 : "Lâche un peu ton ordinateur! Comment mettre des limites ?" (chez Albin Michel), un livre de conseils responsabilisants pour les parents et d'explication sur ce que sont les pratiques actuelles de l'Internet, des jeux vidéos et de la mobilité technologique chez les jeunes.


Sans diaboliser les risques de l'Internet, dans "Lâche un peu ton ordinateur! Comment mettre des limites ?", Béatrice Copper-Royer et Catherine Firmin-Didot posent des jalons pour réfléchir en famille aux utilisations des outils technologiques par les enfants et les adolescents. Extrait de cet ouvrage sur le multi-tâche ou le plurimédia utilisé par les enfants.

"Nous n'avons jamais bien compris comment certains enfants pouvaient faire leurs devoirs tout en regardant la télévision. Avec Internet, ils ont franchi un échelon de plus dans cette acrobatie. Car l'ordinateur n'a pas toujours remplacé le petit écran : dans certains cas, il s'y ajoute! Il n'est pas rare, en effet, que des enfants suivent d'un oeil une conversation sur MSN, tout en jetant l'autre sur un travail scolaire, le tout devant la télévision allumée ou sur un fond de musique téléchargée! Si vous vous en étonnez, ils rétorquent que le travail en question n'est du recopiage, lequel ne demande aucune concentration.

La nouvelle génération semble s'être habituée aux sollicitations multiples qui, désormais, nous assaillent sans cesse, dans la rue, dans les magasins, mais aussi dans nos foyers. On ne peut effectuer un trajet dans une ville sans subir quantité d'incitations visuelles ou sonores, par le biais de publicités, de messages ou de musique de fond. Tant de loisirs nous sont proposés que nous ne savons plus très bien où donner de la tête. Prenant conscience que nous n'aurons jamais le temps de profiter de tout, nous éprouvons un sentiment diffus de frustration. Ce problème de la pléthore que nous avons évoquée précédemment, nos enfants s'y sont adaptés à leur manière : ils consomment tout en même temps! Pas forcément pour le meilleur : les professeurs soulignent leurs difficultés croissantes à approfondir leurs idées."

dimanche 14 janvier 2007

La santé des seniors et les technologies

L'un des enjeux majeurs des Technologies de l'Information et de la Communication dans les années à venir est le développement d'outils, de logiciels et d'innovation favorisant le maintien à domicile des seniors. En France, l'espérance de vie augmente de trois mois par an. Le nombre de centenaires a quintuplé en 5 ans et pourrait atteindre 300 000 en 2050. C'est pourquoi c'est un enjeu de société conséquent.


Dans l'édition du Monde du 13 novembre 2006, le journaliste Benoît Hopquin se penche sur les solutions technologiques pour les seniors en matière de sécurité, de maintien d'un contact social et dans l'instauration d'un lien médical permanent. Le Professeur et chercheur Vincent Rialle travaille sur ces sujets. Exemples de ces nouvelles applications :

"Des ordinateurs permettent, en pointant des icônes simples sur des écrans tactiles ou même par commande vocale, d'entrer en contact visiophonique avec la famille ou le médecin par exemple. (...) Arrivent également des bracelets qui détectent les chutes, des capteurs capables de diagnostiquer des apnées du sommeil, des détecteurs d'inconscience ou des GPS qui permettent de localiser précisément et même sa position, debout, assise ou couchée. Des gilets "actimétriques" mesurent la fréquence de mouvements et les données vitales de la personne qui les porte. Il existe aussi des systèmes qui permettent de détecter des durées anormales dans certains lieux, comme les toilettes... Des techniques permettant des téléconsultations médicales sont au point mais se heurtent aujourd'hui à des restrictions du Conseil de l'Ordre.

La robotique, moins onéreuse que les aides à domicile, va seconder les personnes dans leurs tâches quotidiennes : travaux domestiques, aide à la marche, etc. Mais des faux humains ou des faux animaux de compagnie sont également pensés pour répondre aux besoins affectifs. Les Japonais ont ainsi testé un bébé phoque, Paro, qui bouge, pleure ou se montre joyeux réagissant aux émotions de son interlocuteur."

samedi 13 janvier 2007

Mobi, Third age suit, une combinaison qui simule le quotidien des seniors

Le Monde 2 de cette semaine (numéro 152 du 13 au 19 janvier) évoque l'expérience d'une innovation : Mobi, un simulateur de vieillesse sous la forme d'une combinaison qui permet aux plus jeunes de ressentir les sensations de savoir ce que c'est que d'avoir 80 ans. Extrait de cet article : "Une combinaison simule le quotidien des seniors. Coup de vieux sur l'innovation" par Pascale Krémer :

"Mobi, cette combinaison qui simule le vieillissement est une invention des chercheurs de l'université anglaise de Leads conçue, à l'origine, pour répondre à une demande du constructeur Ford (afin de faire comprendre aux trentenaires et quadragénaires qui conçoivent les autos les besoins spécifiques des plus de 50 ans). (...)

Sur une sorte de bleu de travail en coton épais se surajoutent des prothèses qui raidissent les principales articulations, simulant l'effet de l'arthrose. (...)

Armés de cette combinaison qui vaut tous les discours théoriques, Sophie Schmitt et Cristelle Ghekière (fondatrices de Seniosphère, un cabinet de conseils en innovations sur le marché des seniors, qui se sont emparées pour l'Europe - hors Grande-Bretagne - de la licence du "third age suit" - "costume du 3e âge") sensibilisent l'entreprise à la "planète senior" et l'aident à repenser son offre, à développer aussi de nouveaux produits et services : "Lors des formations, on choisit quelqu'un pour enfiler Mobi et décrire ses sensations aux autres. Ce qui est frappant, c'est de voir que même un jeune adopte instantanément la démarche et le comportement d'un septuagénaire.""

Vidéo à la demande (tendance 045)

La rubrique tendance, c'est un mot, une expression, un lieu, une chose comme reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans l'avenir, porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le prononce, dans son champ énonciatif et contextuel. Mot, expression à suivre, objet utile ou inutile, lieu en devenir...


La Video On Demand ou Vidéo à la Demande (VOD) consiste à louer une vidéo (film, match, concert, émission de télévision...) par Internet ou par un réseau cablé. C'est le principe de la location mais dématérialisée, sans avoir à se déplacer et avec un choix bien plus vaste. Le fichier reste visible 24 heures après le début de la première lecture. Plusieurs acteurs, dont des chaînes de télévision publiques ou privées, des opérateurs de VOD privés, fournisseurs d'accès internet et opérateurs de téléphonie privée, proposent déjà un service de Video On Demand (ou Vidéo à la Demande).


L'article de Wikipédia sur la Vidéo à la demande décrit les procédés techniques de la VOD.

vendredi 12 janvier 2007

Eric Klinenberg, Internet et la concentration des contenus par les groupes d'informations traditionnels

Le média Internet n'est pas le média de la liberté absolue. Internet est un média de concentration. Professeur de sociologie à la New York University, Eric Klinenberg publie ce mois-ci un livre qui va à contre-courant du discours actuel commun sur la libération de la parole sur Internet, la prolifération des contenus, le fonctionnement des médias sur Internet et la distribution via le Web de l'audio et de la vidéo : Eric Klinenberg "Fighting for Air: The Battle to Control America's Media" (chez Metropolitan Books, 352 pages).


Eric Klinenberg centre son discours sur le fossé numérique : "Les personnes disposant de revenus importants et d'un bon niveau d'instruction sont plus aptes à se servir d'Internet et donc plus capables d'accéder en ligne aux dernières nouvelles, à la documentation et aux services disponibles" et sur la concentration des contenus par de grands groupes de médias.


Vous pouvez consulter une interview vidéo d'Eric Klinenberg par Bill Moyers (PBS) à propos de son essai "Fighting for Air: The Battle to Control America's Media" en ligne à cette adresse.


Le Monde Diplomatique de Janvier 2007 reproduit un extrait de l'ouvrage d'Eric Klinenberg en 2 pages avec le titre : "Les bénéficiaires inattendus du miracle internet. Ce rêve envolé d'une information égalitaire" ; extrait :

"Les discours convenus sur l'essor révolutionnaire d'un journalisme de terrain pratiqué par une infinité de "blogueurs", menacent de dissimuler que les multinationales de la communication convergent vers Internet pour y amplifier leur voix et leur pouvoir. L'idée selon laquelle les nouvelles technologies de l'infrmation auraient rendu caducs les risques de concentration constitue le mythe principal et le plus dangereux de l'ère numérique.

Selon le "Rapport sur les médias 2006" du Project for Excellence in Journalism (PEJ) "Internet a longtemps été caractérisé par le nombre illimité de ses nouveaux sites d'un bout à l'autre du spectre des opinions politiques. Toutefois, les sites les plus populaires sont associés aux groupes de médias les plus puissants. Parmi les 20 sites les plus visités en 2005, d'après l'indice Nielsen-Net, 17 étaient liés à des groupes d'information traditionnels, c'est-à-dire produisaient l'essentiel de leur contenu mis en ligne pour des quotidiens, des chaînes de télévision ou des magazines." (...)

Les grandes entreprises de médias ont ainsi transformé les vastes espaces d'Internet en une énorme caisse de résonance où des textes identiques se font écho d'un site à l'autre sans que le journalisme original y gagne. Ne disposant pas d'un modèle économique pour Internet, les gestionnaires des principaux sites ont même eu tendance à réduire le nombre de professionnels qui y travaillaient à des tâches d'édition, de réécriture et de recherche de contenus entre 2003 et 2004.
Résultat : près de 60 % des dépêches d'agence étaient mises en ligne telles quelles. Analysant près de 2000 publiés par les 9 principaux sites, le PEJ a conclu que "le contenu qu'ils offrent sur la Toile, s'il a augmenté en volume, en actualité, et en sophistication technique, demeure largement une morgue à dépêches, sujets de seconde main et articles recyclés à partir des quotidiens du matin"."

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