Jean-Luc Raymond

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mercredi 14 octobre 2009

Moyennisation de la société, Gratuité à revers, Idée qu'on s'en fait, Petites oeuvres, Lanceur d'alerte

La rubrique Tendances, c'est un abstract de ce temps qui se résume au présent avec un goût de devenir. Mots en correspondance ou métaphores d'aujourd'hui, pincées de sens sur notre temps, concepts de l'instant... Les mots soulignés signifient des traits de Tendances. Notre planète est en demande non futile de sens. Bonne lecture!

Moyennisation
de la société


"La mutation inachevée de la société française (A partir du livre "Déchiffrer la Société Française de Louis Maurin", Editions La Découverte) : Sommes-nous plus libres qu'hier ? Le processus d'émancipation individuel demeure ambigu. De nouveaux modes d'influence et de contrôle social se mettent en place dans une société de communication de masse. En particulier via la télévision. Pour mieux cibler le consommateur, ses comportements dont fichés de façon de plus en plus détaillée et intrusive. Nous sommes poussés à accepter de livrer une partie de nous-mêmes en contrepartie du bénéfice de l'usage de nouveaux biens. Du côté des pouvoirs publics, la tentation est aussi de plus en plus grande d'utiliser les nouvelles technologies de l'information pour contrôler de façon étroite les comportements des citoyens. En même temps, ces nouvelles libertés, dans un contexte d'accès plus généralisé à la consommation, ont alimenté un discours sur la "moyennisation" de la société. La salarisation de l'emploi a rendu caduque une représentation binaire, fondée sur la domination des détenteurs du capital sur les autres, les prolétaires. Et le déclin du monde ouvrier a réduit la visibilité des milieux populaires. Mais de l'école à la santé, en passant par le mariage et la consommation, les univers sociaux continuent largement à modeler les pratiques et les mécanismes de domination demeurent. Une partie du déficit de compréhension de la société actuelle vient justement d'une confusion entre transformation et disparition des groupes sociaux."

(Alternatives Economiques, Octobre 2009)

La gratuité à revers

"Extrait des Mirages de la Gratuité, un article du journaliste Malcolm Gladwell, journaliste au New Yorker, critiquant l'ouvrage "Free" de Chris Anderson : "De nombreuses autres formes informations ont décidé de prendre la Gratuité à revers. On peut consulter le Times gratuitement sur son site Internet. Mais le Wall Street Journal a découvert que plus d'un million d'abonnés se réjouissaient de payer pour avoir le privilège de le lire en ligne. (...) Et la vente par téléphone des applications pour l'iPhone (des idées) rapportera peut-être bientôt davantage à Apple que la vente de l'appareil lui-même (la matière). Un jour, l'entreprise pourrait faire cadeau de l'iPhone pour développer les téléchargements ; elle pourrait faire cadeau des téléchargements pour stimuler les ventes de l'iPhone ; ou bien elle pourrait continuer de faire payer les deux, comme aujourd'hui. Qui sait ? La seule loi d'Airain qui vaille est trop évidente pour mérite un livre : l'ère numérique a tant transformé la manière dont on fabrique et on vend qu'il n'existe pas de loi d'airain"."

(Booksmag, Octobre 2009)


L'idée qu'on s'en fait

"L'une des clés du succès n'est pas tant le talent, inné ou non, que l'on possède, mais l'idée que l'on se fait du talent et de la manière de l'exercer, estime Carol Dweck, chercheur en psychologie à l'Université de Stanford, en Californie. Ses travaux l'ont conduite à identifier deux attitudes très différentes selon les individus, y compris chez ceux qui ont fait les plus brillantes études. Certains ont tendance à penser, en ce qui les concerne, que les jeux sont faits. Leur intelligence et leur talent ont été déterminés une fois pour toutes, leurs brillantes études en témoignent. Les autres ont tendance à penser que, quels que soient leurs résultats passés, leur intelligence et leur talent sont en construction et le resteront. Les premiers ont une vision "fixée" de leurs facultés, les seconds une vision "de croissance". Ce sont eux qui ont les meilleures chances de réussir".

(Booksmag, Septembre 2009)

Petites oeuvres

"Lorsque les coûts d'accès à la culture sont élevés, nous préférons les oeuvres majeures pour amortir ce coût d'accès. Lorsque l'information est gratuite, nous préférons la multiplication d'éléments qui nous permet de bâtir notre propre histoire. C'est ainsi que se comprend le titre du livre de Tyler Cowen "Create Your Own Economy: The Path to Prosperity in a Disordered World" : la prospérité qu'il évoque ne se mesure pas en unités monétaires mais est créé par la multiplication d'économies individuelles faites d'interactions brèves avec des gens partageant nos centres d'intérêt, de réorganisations d'informations. Dans la culture qui en résulte, chacun produit son oeuvre à partir de multiples matériaux, à la fois consommateur et producteur. Cela implique moins de grandes oeuvres universelles et plus de petites oeuvres personnelles. Ce que montre Tyler Cowen, c'est qu'une culture faite d'un grand nombre de petites oeuvres n'est pas moins riche qu'une culture faite de quelques grandes."

(Enjeux Les Echos, Octobre 2009)

Lanceur d'alerte

"Les lanceurs d'alerte, vous connaissez ? Dans des laboratoires, des universités, des entreprises... des femmes et des hommes, prenant conscience que notre société court un risque majeur, se lèvent et tentent de nous en avertir (...) Cette expression, nous la devons à deux sociologues, Francis Chateaureynaud et Didier Torny. "L'alerte, précisent-ils, prend dans le sens où nous l'entendons, la forme d'une démarche, personnelle ou collective, visant à mobiliser des instances supposées capables d'agir et, pour le moins, d'informer le public d'un danger, de l'imminence d'une catastrophe, du caractère incertain d'une entreprise ou d'un choix technologique." Nous n'avons pas ou pas seulement affaire ici à la dénonciation d'une situation passée, mais bien à un appel tourné vers le futur, à propos d'un risque actuel et à venir, et qui parie donc sur une résolution."

(Imagine Demain Le Monde, Septembre-Octobre 2009)

Crédit photo : Jean-Luc Raymond. Mur d'entrée d'immeuble. Paris 3e. Septembre 2009.

samedi 3 octobre 2009

Syndrome Blackberry, Consommation de la data, Réalité augmentée, Autocontrôle

La rubrique Tendances, c'est un condensé de ce qui pointe le bout de son nez. Expressions ou termes d'aujourd'hui, bribes de pensées sur notre temps, concepts du moment... Les mots soulignés correspondent à des traits de Tendances. Notre monde est en recherche permanente d'instances. Bonne lecture!

Syndrome Blackberry

"Marco Diani : "Il existe désormais dans la recherche scientifique mondiale ce qu'on appelle le BlackBerry Syndrom c'est-à-dire le Syndrome des interruptions. C'est gravissime et il y a des recherches très avancées qui vous disent que vous ne pouvez plus fonctionner normalement en tant que processeur humain si vous êtes interrompus toutes les 15 secondes d'une manière ou d'une autre, que ce soit par un ordinateur, un coup de fil ou un mail.""

(Europe 1, Le Temps de le dire, Pierre-Louis Basse, 26 septembre 2009)

La consommation de la data

"Combien y a-t-il d'utilisateurs d'iPhone en France ? Xavier Couture (Directeur des contenus d'Orange) : "1,1 million d'iPhone Orange selon nos dernières statistiques." Comment l'utilisent-ils ? Xavier Couture : "Orange France a constaté que, dans la consommation de la data - c'est-à-dire, à la fois Internet et la télévision -, les propriétaires d'iPhone sont infiniment plus consommateurs que les autres. 6 à 8 fois plus"."

(Médias, Automne 2009)

Réalité Augmentée ou RA

"Frédéric Joignot : "La réalité augmentée (RA) consiste à superposer une créature ou un espace virtuel au réel. Elle dédouble notre monde qui rétrécit. Ainsi Sony propose déjà un "chien virtuel", Eye Pet, avec qui jouer à la balle chez soi, en le faisant apparaître n'importe où (voir la vidéo sur YouTube). Mais la RA se développe surtout sur les téléphones portables. Apple propose Métro Paris, une application pour iPhone utilisable en pleine rue, qui cherche la station la plus proche d'où vous vous trouvez et vous y guide. Google offre sur la plate-forme Android la carte du ciel Sky Map, qui décrit le ciel au-dessus de vous. Le logiciel Kooaba, lui, reconnaît l'affiche ou le package d'un produit culturel, film, CD, DVD ou jeu vidéo. Vous prenez l'objet en photo, et Kooaba vous propose les liens vers le site officiel, Wikipédia, YouTube, etc. C'est la réalité augmentée. Ce n'est que le début"."

(Le Monde Magazine, 26 septembre 2009)

Autocontrôle dans le cadre du travail

"Marin Ledun (Chercheur en Sciences Humaines et Sociales, Ecrivain) et Brigitte Font Le Bret (Psychiatre et Médecin du travail à Grenoble) s'expriment sur l'évaluation individuelle à l'origine du mal-être des salariés : "Les critères arbitraires du "savoir-être" et de "l'employabilité" sont évalués en plus du savoir acquis et du savoir-faire issu de l'expérience. Un double autocontrôle s'instaure : celui de chaque individu sur ses performances, et celui des équipes de travail sur chaque membre. Le modèle de l'autocontrôle (et la peur de perdre son emploi) gagne sur les 2 tableaux : il court-circuite les tendances à former des contre-pouvoirs collectifs par l'individualisation des salariés mis à concurrence, et il déplace la responsabilité des dirigeants vers la pression incontestable de la "demande" et de la concurrence."

(Le Monde, 26 septembre 2009)

Crédit photo : Jean-Luc Raymond. Oeuvre de Street Art. Paris 6e. Mai 2009.

mardi 15 septembre 2009

Sound Design, Trop de proximité nuit, Followers as consumers, Remplir le vide : Tendances

Reprise sur ce blog de la rubrique Tendances. Mots ou expressions du temps, bribes de réflexion sur notre temps, concepts en vogue... Les mots soulignés correspondent  à des amorces de Tendances. Notre monde est en perpétuel devenir. Bonne lecture!

Sound Design : Quelques notes valent mieux qu'un long discours

"Après des décennies de dictature de l'image, l'identité sonore est désormais reconnue comme un argument de vente et une valeur ajoutée dans la communication, constate Julian Treasure, PDG de la Sound Agency à Londres et auteur de Sound Business. Une prise de conscience liée aux évolutions technologiques - podcasts, mp3, plate-formes de téléchargement - qui sont autant de nouveaux moyens d'aller à la rencontre du public. (...) Chez Brandy Sound, on parle de "déterminisme" et de "bonding". "Le but est de créer une intimité entre la marque et le consommateur en entraînant ce dernier sur le registre émotionnel", explique Olivier Covo, son directeur associé et... ancien d'Apple."

(Les Echos, Série Limitée n°76, Septembre 2009)

Trop de proximité nuit : effet limite

"Professeur de Sciences Politiques à l'Université de Lille 2, Rémi Lefebvre met en garde contre le culte de la proximité : "L'imaginaire de la politique fut longtemps marqué par la grandeur et la distance. Celle-ci était gage d'impartialité, de neutralité, d'efficacité et d'égalité. Cette légitimité s'est affaiblie. Les élus doivent montrer qu'ils sont en prise avec le "terrain", autre mot magique. L'action publique doit être réactive et territorialisée. Le terme de proximité s'est un peu usé. Mais la légitimité que le terme désigne reste centrale (...) La proximité, cela peut être aussi l'enfermement territorial ou identitaire le "court-termisme", l'absence de perspectives, la réponse en temps réel aux demandes des citoyens, et donc le consumérisme.""

(La Gazette des Communes, 31 août 2009)

Twitter: Don't Speak to your followers as consumers

"The key thing about Twitter is not to speak to your followers as consumers. Instead, you need to engage them as real people. If you ask them what they think about your programming, you have to have a real give-and-take. This is what motivate people to follow us on Twitter and helps us strengthen their ties to us," said Andrea Chiu, an associate producer with CBC's Radio programming department."

(Radio World International Edition, August 2009)

La consommation : façon de remplir le vide

"Philippe Moati, professeur à l'Université de Paris-Diderot, directeur de recherches au CREDOC : "(Avec la crise), il n'y a pas réellement de prise de distance par rapport à la consommation mais une aspiration à ce qu'elle tienne enfin ses promesses. Les offreurs ont jusqu'ici concentré leurs efforts sur le déclenchement de l'acte d'achat. L'enjeu pour eux est désormais la satisfaction du client en visant, au-delà de l'achat, les usages et les effets utiles. (...) Il faut bien comprendre que la consommation comme affirmation de soi est d'abord une façon de remplir le vide. Réduire son emprise suppose que le vide soit rempli par autre chose, par l'idéologie, par la culture, par d'autres formes de production du lien social. La crise ne devrait donc pas remettre en cause la place de la consommation dans notre société. Elle pourrait accélérer le passage à un modèle de consommation davantage centré sur les effets utiles pour les consommateurs et pour la société dans son ensemble.""

(Alternatives Economiques, Septembre 2009)

Crédit photo : Jean-Luc Raymond. Oeuvre de Street Art. Paris 4e. Septembre 2009.

lundi 27 avril 2009

Boris Vian, informaticien avant l'heure

50 ans après sa mort, le génie pluriel de Boris Vian (chanteur, auteur, romancier, poète, ingénieur, inventeur) demeure inclassable. L’homme savait rêver, imaginer et fut en avance sur son époque. Une vie trop brève, pleine de sens ; une œuvre pléthorique et un personnage hors du commun que l’on a plaisir à redécouvrir dans le mensuel Lire (n°374, avril 2009).

François Roulmann, expert en livres anciens et auteur de "Boris Vian, le swing et le verbe" (Textuel) avec Nicole Bertolt, évoque le travail de Boris Vian à l’AFNOR (Association Française de Normalisation) et à l’Office du papier :

"Il a été déçu de se retrouver à faire de la normalisation de tubes en verre. Et il avait manifestement pas mal de temps à lui. Il faisait un travail d’ingénieur, mais assez fonctionnarisé. Ses différents postes sont vite devenus alimentaires, car l’autre facette de sa vie, la volonté de devenir écrivain, s’est épanouie à ce moment-là. Il a pu écrire, pendant ses heures de bureau, "L’Écume des jours" et "L’Automne à Pékin", entre autres. Mais il a conservé cet esprit d’ingénieur. Il a déposé en 1955, un brevet tout à fait sérieux de « roue à élastique ». C’était en fait un pneu sans chambre à air, qui a été testé, je crois, sur le tramway de Saint-Étienne (…)
maticien-avant-l-heure
Dans un texte, il parle d’une "machine à fabriquer du Mozart". Dans les années 50, on était au tout début des ordinateurs et il avait été frappé par une machine qui repérait les passages apocryphes dans Saint-Thomas-d'Aquin. Il a déclaré qu’en repérant les différentes formules musicales dans l’œuvre de Mozart, on pouvait écrire du Mozart. Et il ne se trompait pas. Il a eu l’intuition des développements de l’informatique, des compressions et des repérages de mots, comme on le fait aujourd’hui avec Google."

dimanche 11 novembre 2007

Droit de l'Internet et Espaces Publics Numériques : Dossier de ressources

Droit de l'Internet et Espaces Publics Numériques : Dossier de ressources.

A télécharger en fin de message : version 1.6 du 7 novembre 2007 (38 pages). Cliquez sur Annexe (ou) Annexes.

Avec la participation du Centre de Ressources des Espaces Publics Numériques de Wallonie et de l'Association des Jeudis des EPN.


Ce dossier de ressources francophones (Internet et papier) sur le Droit de l'Internet comprend des documents relatifs aux notions de Droit afférentes aux usages et pratiques en Espaces Publics Numériques. Il est mis à disposition sous licence Paternité - Pas d'Utilisation Commerciale 2.0 France (BY-NC 2.0 FR).

Il se veut volontairement exhaustif, porté vers des notions générales et délivrant des documents clés pour mener des animations et ateliers spécifiques en EPN en rapport avec le Droit de l'Internet au sens large. Ce livret comprend également des liens vers des informations fiables à indiquer aux usagers des lieux d'accès publics à l'Internet.

Initié suite à une intervention lors de la formation "Obligations légales des Points Cyb et des animateurs multimédias" au Centre Régional Information Jeunesse Centre (janvier 2007), le dossier a été étoffé grâce aux conseils, repérages et ressources fournis pour et par les Espaces Publics Numériques de Wallonie (dispositif régional en Belgique), aux rencontres des Jeudis des EPN en Île-de-France et en écho des journées "Internet, Droits et Publics" de la Direction Régionale Jeunesse et Sports de Franche-Comté (novembre 2007) auxquelles j'ai eu l'honneur d'être associées. Mes remerciements aux personnes qui ont rendu possible l'élaboration de ce document.

Ce livret est mis à jour régulièrement et la dernière version disponible figure en fichier joint pdf en fin de cet article (adresse permanente).

Je vous remercie de bien vouloir me signaler par courrier électronique ( jeanluc.raymond@gmail.com ) toute nouvelle ressource pertinente sur les thèmes évoqués.

Dossier créé et mis à jour par Jean-Luc Raymond

Au sommaire :


   1. Sites publics ou parapublics de référence sur le Droit de l’Internet
   2. Autres sites de référence sur le Droit de l’Internet
   3. Sites associatifs et professionnels
   4. Sites commerciaux relatifs au Droit de l’Internet
   5. Sites personnels relatifs au Droit de l’Internet
   6. Gestion des Droits d’auteur
   7. Listes et forums de discussion spécialisés sur le Droit de l’Internet
   8. Solutions techniques et logicielles
   9. Sites avec activités
  10. Documents grand public téléchargeables
  11. Documents spécialisés téléchargeables
  12. Activités en Espaces Publics Numériques
  13. Articles de Presse
  14. Sites annexes
  15. Bibliographie papier

Historique des versions :


Version 1.6 - 7 novembre 2007 - 38 pages (nouveautés : ajout de références bibliographiques et du chapitre "Activités en Espaces Publics Numériques").

lundi 8 octobre 2007

Révolution 2.0 : Musique, Jeux, Politique, Information, Rencontres ; hors-série de Courrier International

Le magazine Courrier International vient de publier un hors-série passionnant entièrement consacré à l’impact des nouvelles technologies dans notre société (octobre-novembre-décembre 2007 ; 7 euros). Intitulé « Révolution 2.0 : Musique, Jeux, Politique, Information, Rencontres », ce numéro de Courrier International est judicieusement sous-titré « Comment le Net va (encore) changer votre vie ».

Au sommaire, le principe récurrent qui a érigé ce magazine en référence : des articles de la Presse internationale traduits en Français, certains ont déjà figuré dans des éditions antérieures de Courrier International, d’autres sont inédits dans leur version dans la langue de Molière.

En introduction, une superbe iconographie met en avant six cybercitoyens avec le mot « Respect » en exergue. Ils ont joué pour certains joué un rôle fondateur dans l’informatique de ces 20 dernières années, pour d’autres, ils tendent à être les personnages phare de l’Internet d’aujourd’hui : Tim Berners-Lee (celui qui a créé le World Wide Web en 1989), Richard Stallman (« le logiciel libre, c’est la liberté »), Linus Torvalds (l’homme du noyau Linux), Jimmy Wales (cofondateur de la base de connaissances Wikipedia), Chris DeWolfe (un deux créateurs de MySpace) et Marc Zuckerberg (il a lancé Facebook, la plateforme qui compte 40 millions d’utilisateurs).

Courrier International décline ensuite 5 thématiques clé de l’Internet en 2007 :

  • Libérez-vous : Historique du Web 2.0, l’avènement de la culture libre, les intermédiaires remis en cause, le jeu de la célébrité en ligne, gratuit et copyright font bon ménage, la productivité réinventée du travail,
  • Partagez : Une analyse du phénomène Wikipédia, la montée en puissance de Facebook, la radiodiffusion revue et corrigée avec le podcasting, le nouveau règne de la cartographie en ligne, l’artiste amateur qui gagne à être connu sur Internet, la remise en cause de l’expert,
  • Militez : La citoyenneté en ligne et son impact sur les campagnes électorales, la liberté d’expression via le Net, le pouvoir des blogueurs d’opinion, les actions collectives des internautes,
  • Informez-vous : L’impact des blogs et des blogueurs dans les médias, la fiabilité de l’information à l’épreuve de l’opinion, la photographie amateur imprègne nos perceptions de la réalité, le statut du journaliste largement égratigné, la mobilité accélératrice de la diffusion de l’information, la vidéo et la télévision favorisant les formats courts,
  • Jouez : Plongée dans les univers virtuels Second Life et Cyworld, leurs dangers et l’économie de ces mondes, les jeux interactifs, les sitcoms interagissent avec les internautes (webcoms).

Pour chaque article, une webographie est fournie et des ouvrages faisant autorité sur les sujets évoqués sont présentés tout au cours de ce numéro hors-série. Cartes, graphiques et cartoons viennent complémenter les papiers. « Révolution 2.0 » est un guide de référence pour naviguer dans les méandres du nouveau Web de par la qualité des articles sélectionnés et la pluralité des points de vue proposés.

vendredi 28 septembre 2007

Changer le Monde, Un Guide pour le Citoyen du XXIe Siècle sous la direction d'Alex Steffen : la force des idées traduites en actions pour sauvegarder notre planète

Il est de ces livres dans lequel on se plonge pour apprendre, comprendre, s'abreuver de mille et une informations. Il est de ces textes où chaque pas est un espoir, de projet en projet, des petites pierres qui forment un parcours sinueux vers un avenir plus respectueux de l'environnement. Il est de ces ouvrages qui transforment notre manière de pensée, nourrissent mille et une idées qui font de la participation et de l'échange une nécessité de vie, une façon de penser et d'agir aussi. Il est de ces livres qu'on choye parce qu'ils tracent des engagements passionnés, des destins modestes qui portent l'avenir entre leurs mains. Des dizaines et dizaines d'initiatives, une Bible d'actions pour être un citoyen responsable de notre planète et de notre Siècle heurté.

Il y a un an, paraissait "World Changing. A User's Guide for the 21st Century" sous la direction d'Alex Steffen (préfacé par Al Gore), un beau livre collectif (au sens noble du terme), épais dictionnaire d'actions dans le monde entier qui tentent invariablement de répondre à cette question de notre temps : Quel genre de futur voulez-vous créer ? Des idées, modèles et outils, c'est ce que propose désormais en français cette Bible enfin traduite : "Changer le monde. Un guide pour le citoyen du XXIe siècle", anti-catalogue par excellence, ouvrant des volets d'exploration sans fin, des actions nouvelles d'une génération de héros ordinaires fourmillant d'idées imaginées pour sauvegarder notre avenir et notre planète ; un livre découpé en 7 chapitres thématiques : Les choses ; L'habitat ; Les villes ; La communauté ; Les affaires; La politique ; La planète, le tout adossé au site participatif World Changing (Change Your Thinking). A lire, à offrir, à faire connaître à sa famille et à ses amis... Passionné et passionnant!

"Changer le Monde, Un Guide pour le Citoyen du XXIe Siècle" est une somme de solutions peu connues mais éprouvées, d'autres innovantes, d'autres encore audacieuses mais plus incertaines. L'ouvrage nous montre ce qui est déjà possible et nous aide à imaginer ce que nous pourrions faire - dans nos propres foyers, dans nos communautés, et pour la planète dans son ensemble. Ainsi rassemblées, ces solutions offrent l'image d'un futur qui n'est ni sombre ni catastrophique, mais au contraire plein d'espoir et à notre portée." (extrait de la préface d'Al Gore)


"Changer le Monde, Un Guide pour le Citoyen du XXIe Siècle" sous la direction d'Alex Steffen est paru aux Editions de la Martinière (596 pages, Septembre 2007 - 39 Euros).

dimanche 20 mai 2007

Notre seconde vie par Alain Monnier

Le romancier Alain Monnier vient de faire paraître "Notre Seconde vie" (chez Flammarion), un roman inspiré de l'univers virtuel Second Life où il décrit une société privée de transports et d'emplois avec des individus livrés à la virtualité.

Le quotidien suisse Le Temps a interrogé Alain Monnier pour son édition du 19 mars : "Pour un romancier, le monde virtuel, c'est du pain bénit!".

L'auteur y livre un regard très critique sur Second Life. Extrait :

"Je me projette quelques années en avant. Les mondes virtuels de demain permettront de donner beaucoup plus de réalisme à la virtualité (...) Je décris une société du spectacle, une société du client roi, où tout le monde peut se faire enterrer au Panthéon, rencontrer Jeanne d'Arc ou Marilyn Monroe. Pour un romancier, le monde virtuel, c'est du pain bénit. C'est le lieu de tous les possibles (...) J'explorerais davantage le relationnel, les contacts qui se créent les ressentis qui sont très différents dans un monde virtuel. Quand je rencontre une vraie femme, je sais quoi lui dire. Mais quand je rencontre un avatar féminin, je suis bloqué. Cela remet en cause tout mon réseau de certitudes et d'échelles de valeur. C'est très intéressant. Un peu comme si je replongeais dans l'adolescence."

samedi 19 mai 2007

Chris Anderson, la longue traîne, internet et consommation

Chris Anderson, rédacteur en chef du magazine Wired, est en interview dans Le Monde daté du samedi 19 mai 2007 sur le thème des habitudes, modes de consommation et de distribution renouvelés à l'ère de l'Internet : "Des consommateurs li-bé-rés !".

Il développe allègrement sa théorie de la Long Tail (longue traîne) à travers ces propos :

"Si on propose en ligne au consommateur 10 ou 100 fois plus de produits, son choix se répartit sur un nombre bien plus important d'articles. En conséquence, les 10 produits phares sont proportionnellement moins vendus. Cela paraît logique, mais nous en avons désormais les preuves, chiffres à l'appui, sur des marchés de plusieurs millions de produits."

Chris Anderson, dont l'ouvrage "La Longue Traîne" est désormais disponible en français (chez Pearson Education) s'attache aussi à évoquer la consommation chez les jeunes et comment elle se "modélise" au quotidien et offre de nouvelles perspectives au marketing et au mode relationnel entre les marques et les adolescents :

"Cette activité qui consiste à deviner ce qui va se vendre ou pas ne me semble plus promise à un si bel avenir. Bientôt, tout arrivera sur le marché en ligne, et la grande aventure sera d'en faire le tri. (...)

Ce seront ensuite des filtres, comme Google, qui mesureront l'intérêt des consommateurs. Les blogs sont également de plus en plus une source de recommandation. Nous avons déjà sur Internet une génération pour laquelle la valeur d'une marque n'est pas ce qu'une entreprise dit mais ce qui apparaît sur Google. (...)

La génération qui grandit actuellement sur le Net, bien qu'elle n'achète pas tout en ligne, établit ses goûts à partir du réseau. Ces jeunes, en gros les moins de 25 ans, ont la certitude qu'ils peuvent tout trouver grâce au Net. C'est la première génération exposée à une telle richesse culturelle, d'une diversité infinie. Cela va influer sur la façon dont elle s'habille, ce qu'elle mange, les vidéos qu'elle regarde, ses hobbies... En Californie, par exemple, les enfants sont désormais fans de mangas. Pas des mangas américanisés, non, des mangas japonais, et ils apprennent des mots pour les comprendre. Je pense que cette génération sera moins satisfaite que la précédente des produits imaginés pour plaire au plus grand nombre. D'ailleurs, les entreprises de grande consommation l'ont compris et sont en train de cibler ces différentes niches de consommation, l'underground, la culture souterraine."

mercredi 9 mai 2007

Qu'est-ce que l'innovation ? Par Marc Giget : poussée technologique et synthèse créative

Marc Giget est professeur titulaire de la chaire d'économie de la technologie et de l'innovation au Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM) de Paris. Il anime Les mardis de l'innovation et est l'auteur de "La dynamique stratégique de l'entreprise : Innovation, croissance et redéploiement à partir de l'arbre de compétences" paru en 1998 chez Dunod.

Dans le numéro d'avril 2007 de Sciences et Avenir (n°2667), Marc Giget s'exprime sur la créativité et la capacité d'innovation. Au coeur du potentiel créatif, il met en exergue l'accumulation de l'expérience comme facteur favorable. Extrait :

"Il y a de nombreuses définitions (de l'innovation). On peut dire qu'il s'agit d'intégrer le meilleur état des connaissances dans des produits ou des services qui vont plus loin dans la satisfaction des individus. C'est quelque chose en mouvement permanent, qui résulte du progrès des connaissances (...)

(La poussée technologique), c'est le stade où seuls les ingénieurs comprennent à quoi servent ces machines qu'ils mettent au point dans leurs labos, vous savez ces trucs ennuyeux et moches avec des fils qui dépassent! L'homme de la rue, lui, n'en voit pas l'intérêt. Il n'y a rien d'excitant, à vrai dire, dans un microprocesseur quadruple coeur, une mémoire RAM, un serveur ou un "Wireless Access Protocol"! Jusqu'à ce que quelqu'un imagine qu'avec ces techniques, on va pouvoir surfer sans fil sur Internet avec un ordinateur portable. Cela devient alors une application utile, plaisante, pratique, d'un ensemble de technologies complètement obscures pour la plupart des gens (...)

(Pour basculer vers l'innovation, il faut) la synthèse créative! Il faut un groupe d'individus créatifs qui prend le meilleur de la technologie du moment et invente... l'iPod! Là, l'innovation est tellement réussie qu'elle en devient un objet culte. Derrière ce produit, il y a des dizaines et des dizaines de brevets d'ingénieurs. Mais les utilisateurs n'en ont pas conscience et c'est tant mieux, car ça ne les intéresse pas. L'innovation coïncide avec ce que les gens attendent, désirent."

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