Jean-Luc Raymond

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jeudi 16 novembre 2006

Café social (tendance 011)

Nouvelle rubrique : tendance. Un mot, une expression, un lieu, une chose comme reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans l'avenir, porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le prononce, dans son champ énonciatif et contextuel. Mot, expression à suivre, objet utile ou inutile, lieu en devenir...


Ayyem Zamen (7 rue de Pali-Kao, 75020 Paris) est un drôle de lieu. Ayyem Zamen est un café social (ouvert du lundi au vendredi de 9 h à 18 h et de 10 h à 17 h) implanté dans le quartier de Belleville qui accueille des migrants retraités depuis janvier 2003. L'association en donne cette définition :

"Le café social est un lieu de convivialité, de rencontre, d’échange et de solidarité. C'est un espace ouvert sur l’intégration et la citoyenneté. Il est animé par des professionnels de l'accueil, de l'écoute et de l'accès aux droits. Le café social est aussi un lieu laïc et de mixité sociale, destiné à recevoir les vieux migrants et leur tend la main, pour apaiser leur détresse, les faire sortir de la solitude et de l'oubli."


À Marseille, le Centre Social Belsunce précise le but du projet d'un café social (et également ses objectifs généraux) :

"Répondre aux attentes de ces migrants qui aspirent aujourd'hui à vieillir dans la dignité en France. Apporter une solution aux problèmes de solitude, d'isolement, de précarité, d'absence de reconnaissance et d'appui (démarches administratives, droits) des migrants."


Un café social est en projet à Grenoble. Créer un café social, c'est aussi de l'innovation sociale. A préciser que le café social  Ayyem Zamen est "un espace équipé en informatique et Internet".

mardi 14 novembre 2006

Semaine de la solidarité internationale, 9e édition

Du 11 au 19 novembre 2006, se tient la 9e édition de la Semaine de la solidarité internationale (avec le soutien du Ministère des Affaires étrangères, du Ministère de l'Éducation Nationale de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, de la Région Ile-de-France, du Conseil Général de l'Essonne, et de la Mairie de Paris).

"En France, tous les jours, des bénévoles, des salariés, s'impliquent dans des projets et des initiatives de solidarité internationale au niveau local, national ou international. Des citoyens, par des gestes concrets (en achetant ou voyageant solidaire, en épargnant éthique, en interpellant les décideurs...) tentent, très simplement, de promouvoir des relations Nord-Sud plus justes et plus équitables. Mais avez-vous entendu parler de ces bénévoles, ces salariés, ces citoyens aux 20 heures ? La solidarité internationale est souvent absente des médias nationaux. Peu de télévisions, de radios ou de journaux nationaux la relaient. C'est pour valoriser ces engagements, dans leur diversité, que la Semaine a été créée. Pour DIRE à voix haute la solidarité internationale et offrir à ses acteurs, une semaine par an, un espace-temps pour faire connaître au grand public les actions menées tout au long de l'année et proposer des pistes d’actions concrètes à la portée de tout un chacun."

Le site Internet de la Semaine de la solidarité internationale répertorie les actions solidaires (recherche multicritères), donne des pistes de gestes solidaires et invite chacun à participer aux animations de ces 8 jours pour un monde plus juste.

lundi 13 novembre 2006

L'Email est mort pour les adolescents, ma définition des sites de réseaux sociaux (Danah Boyd)

La jeune et brillante chercheuse doctorante Danah Boyd qui travaille actuellement pour Yahoo a publié sur son blog deux articles essentiels ces derniers jours :


Le 7 novembre : "What i mean when i say "email is dead" in reference to teens" ("ce que je signifie quand je dis que "l'email est mort" en référence aux adolescents").

En quelques phrases, Danah Boyd développe son argumentation : si les adolescents possèdent des comptes de courrier électronique et qu'ils s'y connectent, en revanche, ils ne s'en servent pas pour converser avec leurs amis. Un article de Steven L. Thorne de 2003 : "Artifacts and Cultures-of-Use in Intercultural Communication" (30 pages, à télécharger ici en .pdf) précise que les enfants entamant par internet une relation de correspondance via l'email la poursuivent sur messagerie instantanée comme média de "socialisation".
En filigrane, la chercheuse explique que ce trait d'utilisation de l'internet est générationnel : les adolescents d'aujourd'hui utilisent prioritairement la messagerie instantanée, MySpaceFacebook et les SMS comme médias principaux de communication avec leurs amis. Même si le courrier électronique est encore usité, ce n'est plus le lieu favori pour les adolescents d'une "communication sociale" ou de "passion émotionnelle profonde" tels nommés par Danah Boyd.


Le 10 novembre : "Social network sites: my definition" ("sites de réseaux sociaux : ma définition").

Pour Danah Boyd, un site de réseau social est :
"A "social network site" is a category of websites with profiles, semi-persistent public commentary on the profile, and a traversable publicly articulated social network displayed in relation to the profile".
("Un site de réseau social" est une catégorie de sites Web avec des profils, un commentaire public du profil semi-persistent et un réseau social publiquement articulé et visitable, montré en rapport au profil").
Danah Boyd explicite ensuite les notions de "profile", "traversable", "publicly articulated social network" et "semi-persistent public comments".
La chercheuse applique cette définition à MySpace, Facebook, Friendster, Cyworld, Mixi, Orkut, etc. et elle explique que cette définition évoluera avec l'avancée de ses travaux.

Informatique durable (tendance 008)

Nouvelle rubrique : tendance. Un mot, une expression, une chose comme reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans l'avenir, porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le prononce, dans son champ énonciatif et contextuel. Mot, expression à suivre, objet utile ou inutile...


Le CNRS propose, via son groupe de travail EcoInfo, des documents et travaux s'inscrivant dans la démarche d'une informatique durable. Toute une page de ressources en ligne réactualisée est disponible sur le sujet : Groupe de travail EcoInfo (dont des documents d'information à destination du public : plaquette et posters de sensibilisation).


Le groupe de travail EcoInfo du CNRS a produit un document phare de 22 pages (en .pdf) : "Les faces cachées de l'informatique : Déchets et énergie, sous-titré : Livre Vert : comment se diriger vers une informatique durable ?" destiné aux gestionnaires de parcs informatiques et aux acheteurs de matériel informatique qui s'avère un guide essentiel pour les personnes s'intéressant aux problématiques écologiques des outils technologiques (consommation énergétique, recyclage, dangerosité des matières premières...). Le concept d'informatique durable sous-tend l'ensemble de ce document de référence présentant un état de la législation, un point sur le choix de son matériel et sur la limitation de l'achat de machines, la maîtrise de la consommation énergétique d'un parc informatique, la gestion responsable des consommables, la sensibilisation des utilisateurs et l'élimination du vieux matériel.


L'informatique durable, c'est donc la prise en compte de l'ensemble de ces préoccupations.

"La croissance du secteur informatique est l'une des facettes de la croissance mondiale, laquelle se heurte de façon de plus en plus visible aux limites de l’environnement. Les responsabilités étant partagées, cette situation résulte en dernière analyse de la somme des comportements individuels, démultipliés à l'échelle de la planète tout entière. (...) L'impact écologique du matériel informatique n'est pas anodin et il est nécessaire de prendre en compte ce facteur dans toutes les phases de sa gestion et de son utilisation. Beaucoup d'entre nous ont déjà réfléchi à ces questions et mis en oeuvre de bons réflexes qu'il faut avoir pour rendre responsable la gestion d’un parc informatique."

Via 01 Informatique - Le blog.

dimanche 12 novembre 2006

Accès public à l'Internet en Afrique : 4 mémoires d'étudiants, travaux de recherche au Mali, Sénégal et au Burkina-Faso

L'association des EPNologues publie 4 travaux d'étudiants du Master 2 CGNPT (Université Paris 10 Nanterre) très intéressants sur l'accès public en Afrique ; une perception de la réalité de l'appropriation des technologies via des expériences différentes et enrichissantes du point de vue humain et pédagogique :


Au Mali, un état des lieux des TIC et des usages diversifiés des technologies

Loïc Baron (Septembre 2006), "Etude des TIC au Mali, lors du Forum Social Mondial 2006. Projet : De l'Ilot Bamako en collaboration avec l'association GNTM de Saint-Denis" (à télécharger ici en .pdf, 72 pages). Au coeur de ce projet, un travail avec un Espace Public Numérique de Saint-Denis (93) permettant à des jeunes du quartier de se rendre au Forum Social Mondial à Bamako (Mali). Un voyage d'études illustré fait un état des lieux de l'accès public à l'Internet au Mali, des utilisations de l'Internet par les Maliens. Extrait :

"Utilisation du GSM dans le désert. Mohamed possède quelques chameaux et un troupeau de chèvres. C'est un Touareg nomade. Mais le seul élevage ne permet pas de vivre convenablement. Sa femme et lui réalisent des objets d’artisanat. Ils invitent des touristes en ballade à dos de chameau qui passent quelques nuits dans leur campement. Ces activités touristiques leur permettent d'acheter en ville des produits de première nécessité. Mais l'arrivée du GSM a considérablement modifié leur mode de vie. En effet, depuis
que Mohamed a acheté un téléphone portable, ils peuvent recevoir des coups de téléphones venant de Tombouctou ville. Ces appels sont ceux de partenaires de Tombouctou qui leur indique l'arrivée de touristes qui souhaitent partir en expédition
dans le désert. Mais la couverture GSM est limitée autour de la ville de Tombouctou. Les touaregs impliqués dans l'activité touristique établissent donc leur campement en fonction de ce nouveau paramètre : être à portée du réseau de téléphonie mobile."

A Dakar, citoyenneté numérique et administration en ligne

Abdoul Aziz Wane (Septembre 2005). "Autre Mairie de Dakar : Audit des Espaces Publics d'Accès Internet : Utilisation des TICs pour une qualité de service public et de bonne gouvernance locale" (à télécharger ici en .pdf, 114 pages). Ce mémoire s'intéresse à la réalité de l'accès public à Internet à Dakar avant de dégager les enjeux des TIC de l'administration locale et d'entrevoir un programme d'actions global par la mairie de Dakar d'appropriation de l'internet, auprès des citoyens de la capitale du Sénégal. Abdoul Aziz Wane dresse une typologie des publics menacés d'exclusion numérique :

"D'après les témoignages recueillis auprès des populations aux alentours des CyberCentres et chez les particuliers (pères et mères de familles), il a été constaté que quelques sous-groupes de la population Dakaroise sont significativement en
marge d'Internet :
- la tranche d'âge des 50 ans et plus (90% de non-utilisateurs),
- ceux qui n'ont pas de diplôme du secondaire (79% de non-utilisateurs),
- ceux qui n'ont pas d'activité professionnelle et ne sont pas demandeurs d'emploi (62% de non-utilisateurs),
Dans une moindre mesure :
- les chômeurs (49% de non-utilisateurs),
- les ouvriers (49% de non-utilisateurs)."


Espaces Numériques Scolaires au Sénégal : pluralité d'expériences

Maty Diallo / Dia (Septembre 2005) "Accès au grand public des Espaces Numériques Scolaires au Sénégal : Situation actuelle et perspectives" (à télécharger ici en .pdf, 97 pages). Ce mémoire de fin d'études dresse un panorama des ENS (Espaces Numériques Scolaires) au Sénégal, des lieux qui sont soit le fait d'une initiative interne (projet d'école ou d'établissement ou encore dans le cadre de partenariat Nord-Sud), soit nés sous l'impulsion des Autorités du Ministère de l'Education ou des Collectivités locales dans le cadre de la décentralisation. Par une méthodologie d'enquête quantitative et qualitative, Maty Diallo / Dia présente la pluralité des approches et des usages en ENS. Dans sa conclusion, il propose des axes de développement pragmatiques :

"Dans le même sens, les Pouvoirs locaux pourraient, toujours en relation avec les ONG, les mouvements associatifs, les artisans, pêcheurs, automobilistes, agriculteurs, les commerçants, etc., initier et promouvoir le développement de cyber-écoles. L'idée serait d'utiliser la puissance des TIC dans les ENS au service de la communauté, afin de mettre en commun les expériences et les activités des groupes socioprofessionnels, dans le but d'une mutualisation des moyens. Ces cyber-écoles, relativement bien implantées, pourraient permettre de faire face aux frais financiers qu'occasionnent aujourd'hui la construction tout azimut de cybercafés et dont les coûts sont souvent de portée des possibilités des habitants. Compte tenu de ce facteur limitant, la mutualisation envisagée pourrait se faire dans le cadre de salles multimédias qui regrouperaient
l'essentiel des moyens informatiques et de communication. Afin d'assurer la pérennisation du projet, il peut être prévu un couplage avec des activités de services telles que l'animation d'un cybercafé, la formation, la vente de produits locaux (artisanat, tourisme) en ligne, la réalisation de sites Web pour les PME locales, etc."


E-formation et formation au Burkina-Faso via des Espaces Publics Numériques en réseau

Emmanuel Tassr Sawadogo (Septembre 2005). "Offre de e-formation en milieu rural au Burkina Faso : Etude de faisabilité d'un projet pilote" (à télécharger ici en .pdf, 79 pages). L'objectif principal de ce projet est la construction d'une offre de e-formation et d'information pour le développement aux communautés rurales du territoire du Sanmatenga, une des 45 provinces du Burkina Faso, en partenariat avec InFoDev (structure de formation et d'information au Burkina). Le mémoire est présenté sous la forme d'une gestion de projet technique. A propos des publics concernés :

"Le choix d'InFoDev de s'intéresser au monde rural prédéfinit les publics cible du projet qui prend désormais le nom de Projet Sanem. En effet, les zones rurales sont constituées presque exclusivement de petits agriculteurs et d'éleveurs. Ces deux secteurs d'activités occupent 85% de la population du Burkina Faso et, paradoxalement, il n'y a pas d’offre de formation
structurée pour ces publics ; ce qui donne déjà à ce projet son caractère innovant. Ce caractère innovant du projet justifie d'ailleurs l'enquête menée pour dresser le relevé des besoins en formation et en information spécifiques à ce milieu. La politique d'InFoDev, le porteur du présent projet, est d'utiliser la médiation de l'ordinateur dans une série d'offres de formation en direction de ces publics localisés dans la province du Sanmatenga dans la perspective d'un développement humain durable et d'éviter les supports non interactifs à quotient phatique médiocre (...) En terme de disponibilité, les deux saisons qui s'alternent dans le pays rythment la vie : la saison des pluies ou hivernage, qui s'étend de mi-mai à mi-octobre est la période et pendant laquelle la totalité des populations rurales sont sollicitées à temps plein dans les travaux champêtres. En revanche, la saison sèche, qui va de la mi-octobre à la première moitié du mois de mai est une période sans activités majeures et offre donc une plage temporelle de disponibilité des publics pour s’impliquer dans d'éventuelles formations."

Paris en images, le patrimoine photographique de Paris sur un site Internet

La Ville de Paris en association avec France Télécom vient de lancer un site Internet expérimental : Paris en Images avec la célèbre agence photos Roger-Viollet pour favoriser l'accès au patrimoine photographique de Paris. 15 000 photos sont consultables et également téléchargeables sur téléphone mobile et assistant personnel (PDA). On y découvre des oeuvres d'Atget, Brassaï, Gustave Le Gray, Disdéri, Hippolyte Blancard... La Bibliothèque Historique de la Ville de Paris et le Musée Carnavalet ont contribué par leurs fonds au site Paris en Images. Le site Internet patrimonial propose des ballades thématiques en 3D dans un quartier de la capitale et ainsi de visionner l'évolution de celui-ci.


À cette occasion, la Ville de Paris a confié la numérisation de ses archives disséminées de daguerréotypes et photos à La Parisienne de Photographies, une Société d'Économie Mixte (qui intègre désormais l'agence photographique Roger-Viollet), ayant pour mission de numériser 500 000 supports en 8 ans. Le site Paris en Images permet la consultation des images en basse résolution et proposera à la vente des reproductions pour les médias et les éditions permettant de contribuer au financement de la numérisation et de la préservation des supports.


Sur le site Paris en Images, un observatoire pédagogique a été mis en place qui présentera différents travaux. Le premier projet pédagogique a consisté en un travail de reconduction photographique pour 25 élèves d'une classe de CM1 de l'école Julien Lacroix dans le 20e arrondissement : reproduction en couleur dans les mêmes conditions de prise de vue des photos de leur quartier et ses environs datant du début du siècle. Les élèves ont aussi photographié le même lieu semaine après semaine afin d'observer les évolutions et changements. Analyser une photographie, observer son quartier, tels étaient les objectifs de cette initiative. Les enfants ont utilisé un outil Rich Media développé par France Télécom : TélénetCité qui a permis de conjuguer différents formats de contenus (textes, image et vidéo).


Source :

Guillot, Claire (10 novembre 2006). "La Ville de Paris diffuse son patrimoine photographique" (En ligne), Le Monde, Paris, 1 p. (Page consultée le 12 novembre 2006).

samedi 11 novembre 2006

Jean-Jacques Servan-Schreiber, prospectiviste des usages des technologies et précurseur des Espaces Publics Numériques

Comme L'Express et Les Echos ("JJSS et la modernité", 8 novembre 2006) le rappellent cette semaine dans un dossier consacré à sa vie, Jean-Jaques Servan-Schreiber, décédé la semaine dernière à l'âge de 82 ans, fut un visionnaire des technologies. En 1967, il publie "Le Défi Américain", un essai avec un énorme succès qui se vendra à 600 000 exemplaires, où il souligne que l'Europe est dépassée tant au niveau des méthodes de management que de l'équipement technologique et dans sa capacité de mobilisation de la recherche. C'est un livre visionnaire, traduit en 15 langues qui marqua cette époque.


Son second livre à succès, "Le Défi Mondial" sorti en 1980 s'intéressera à la puissance économique du Japon grâce au levier technologique à l'informatisation. En 1981, Jean-Jacques Servan-Schreiber convainc François Mitterrand de créer le Centre pour l'Informatisation de la France (dit "Centre Mondial Informatique et Ressource Humaine") dirigé par Nicolas Negroponte et Seymour Papert. (Photo : Jean-Jacques Servan-Schreiber et des enfants au Centre Mondial de l'Informatique en 1984). Ce centre est en avance sur son temps, il se veut...

"Instiller aux sphères politiciennes le virus micro-processorien et a pour objectifs de mettre au point un nouvel ordinateur individuel ainsi que de servir de base aux programmes pilotes dans les pays en voie de développement, une expérience sociale au profit des jeunes, des chômeurs et des personnes âgées."


Jean-Jacques Servan-Schreiber eut l'idée des Espaces Publics Numériques et d'un réseau des animateurs multimédias plus de 10 ans avant leur existence : "Un réseau national de 50 000 ateliers équipés de micro-ordinateurs professionnels" (document du Centre mondial pour l'informatique et les ressources humaines, novembre 1984), "Coordination entre les responsables de centres et les animateurs" (Note technique, 27 novembre 1984), "L'ordinateur au village : le projet français fait des vagues" (par Daniel Garric, Le Point n° 640, 24 décembre 1984), "Les chantiers populaires de la micro" (Le Matin, 23 janvier 1985).


Le Centre Mondial Informatique ferme en 1985 et on dénonce dans les médias français le gouffre financier (frais de réception et de voyage).


Il demeure de Jean-Jacques Servan-Schreiber une vision de prospectiviste indiscutable dont voici quelques citations qui font sens et qui sont toujours d'actualité plus que jamais :

"Rien n'est donc plus urgent que de tout mettre en œuvre pour brancher la puissance informatique sur le développement, avant tout, des facultés de chaque homme et de chaque femme, dans sa région, dans sa culture , dans sa langue, selon sa vocation, pour faire surgir sa propre ressource, sa propre capacité à créer. C'est vrai au nord comme au sud. Car devant la nouvelle ère qui commence nous sommes tous sous-dévelopés. ". (Le Défi Mondial, 1980)

"En 1980, et probablement avant, l'ensemble des écoles et universités américaines seront reliées avec des consoles aux ordinateurs géants dans les différentes branches des connaissances. Et les programmes d'éducation par classe, peut-être même par élève, seront adaptés et coordonnés directement par les ordinateurs." (Le Défi Mondial, 1980)

"C'est au cours de mes séjours de travail, de plus en plus fréquents, en Amérique et au Japon, que j'ai découvert cet univers tout neuf, pour nous, Français, de l'informatisation. J'ai alors perçu qu'il va tout pénétrer, tout changer - industries, agriculture, services, éducation. Convaincu qu'il était nécessaire d'en savoir rapidement plus long, j'ai participé, pendant trois mois, à des séminaires en Californie, pour mieux m'imprégner de cette nouvelle "révolution" dans les modes de liaisons entre les individus et communautés, cherchant à définir la meilleure ouverture pour une "voie française". Je me suis même fixé, pour un temps, dans la plus avancée des universités américaines en informatique, celle de Carnegie-Mellon, à Pittsburgh. Chaque bureau, chaque chambre, chaque poste de travail, y est doté d'un ordinateur personnel, directement branché sur l'ensemble des banques de données de l'Université et aussi du pays. (Un seul exemple : un étudiant, en fin de cursus, peut, de son ordinateur même, solliciter un poste dans l'ensemble du pays !) Immense progrès, encore inconcevable chez nous." (Le Fossoyeur, 1993).

Expo la Terre vue de l'Espace en mode virtuel

La Smithsonian Institution (fondation américaine sur l'éducation et la recherche) propose au Musée National de l'Air et de l'Espade de Washington, du 11 novembre 2006 au 7 janvier 2007, une exposition Earth From Space (La Terre vue de l'Espace) sur l'imagerie satellitaire. L'exposition est complétée par un site Internet ressource qui comprend une exposition en ligne dédiée sur 5 thèmes : la planète vivante, l'eau et l'air, la composition du territoire, la présence humaine et la technologie des satellites. Le site a développé toute une partie pédagogique avec des activités scolaires (plans, liens URL et fichiers .pdf) sur différents sujets liés à l'expo utilisables en classe pour des enfants de 5 à 12 ans.


En complément, pour parcourir l'Espace façon planétarium en 3D, 2 logiciels libres à télécharger : Celestia et Stellarium.


Source :

G. Jérôme (11 novembre 2006) "La Terre vue de l'Espace : exposition cyber-accompagnée" (En ligne), Génération-NT, Asnières, 1 p. (Page consultée le 11 novembre 2006)

jeudi 9 novembre 2006

La vidéo d'opinion amateur et marketing au coeur de la campagne électorale américaine

Les élections de mi-mandat aux États-Unis auront davantage accentué l'aspect marketing des campagnes électorales locales pour un enjeu national. En comparaison avec les élections ayant eu lieu aux États-Unis en 2004, le grand vainqueur technologique de la vague des outils en présence porte un nom : la vidéo.


Pendant plus de 3 mois, les différents candidats se sont affrontés via vidéos interposées diffusées sur YouTube. Cela se surajoute aux spots de pub télévisés habituels des candidats. Mais là où la nouveauté est présente : ce sont des spots de pub amateurs (toujours diffusés sur des plateformes comme YouTube) issus des équipes de campagne des candidats et d'amateurs qui traduisent en mots, en images et en arguments ou simili-preuves des critiques acerbes sur l'adversaire républicain ou démocrate. Les taux de consultation de ces vidéos sont parfois impressionnants. Elles ont servi tour à tour de sources d'informations aux chaînes de télévision locales américaines et ont parfois même été rediffusées sur les chaînes. À côté de cela, on peut trouver des vidéos de la campagne vue de l'intérieur : les bénévoles en action, les galas de dons pour les candidats, les discours au fur et à mesure de la campagne. Partout, la vidéo est présente, omniprésente, intrusive et force de témoignage.


Face à ce raz-de-marée, les grands networks américains ont changé leur fusil d'épaule pour une couverture vidéo amateur des résultats électoraux. Ainsi, ABCNews TV a donné la parole aux internautes 4 fois par heure durant près de 24 heures via un module intitulé "Be seen Be heard" où de simples citoyens ont enregistré des séquences vidéo sur des sujets liés à la campagne ou à leur candidat favori. Le network a fait largement la promotion de ce module sur son antenne plusieurs jours avant "la nuit des résultats". En parallèle, cette chaîne a laissé largement s'exprimer, durant le programme de couverture des résultats, les étudiants des campus américains, parfois avec une image de piètre qualité façon "webcam".

Le site Internet média Cyberjournalist.net indique 3 initiatives médias liées aux élections américaines : Video The Vote (faire filmer des opérations de vote dans le pays par des amateurs pour éviter ou signaler des irrégularités), Polling Place Photo Project (photographier son bureau de vote le jour du vote et l'envoyer sur le site Inernet de l'initiative) et Veek the vote 2006 (le jour du vote, des citoyens des vidéos via leur téléphone portable à Veek The Vote qui les rend disponibles et réutilisables sur des sites ou blogs).

mercredi 8 novembre 2006

De A à Z, Internet, Les nouveaux usages, hors-série de 60 millions de consommateurs

L'Institut National de la Consommation (I.N.C.) vient de publier un hors-série très pratique (n°129) : "De A à Z, Internet, Les nouveaux usages, hors-série de 60 millions de consommateurs, pour surfer efficace et utile". En couverture, l'accent est porté sur le Web 2.0, podcast et wiki comme dans l'éditorial de Marie-Jeanne Husset (directrice de la rédaction) titré : "Le Web fait sa révolution" ; extrait :

"Avec le Web 2.0 se concrétise, plus de dix ans, après, l'utopie initiale d'Internet : la participation et la collaboration des internautes eux-mêmes à la Toile. Le Web 2.0 regroupe ainsi des services beaucoup plus faciles à utiliser, qui ne nécessitent pas le téléchargement d'un programme. Il permet aussi des usages réellement communautaires. (...) Simplicité et diversité des usages réellement communautaires (...) Le Web 2.0 permet enfin à chacun de créer son propre site pour y abriter son journal intime, son blog. (...) Simplicité et diversité des usages caractérisent donc le Web nouveau. L'internaute ne se contente plus de surfer, il devient producteur de contenus, textes, photos, vidéos, etc., qu'il peut partager avec tous ceux qui le souhaitent. C'est la culture de l'échange et de la rencontre qui s'affirme. Certains y voient le paradis de la communication idéale ininterrompue. D'autres, l'enfer, et ils prédisent les pires dérives."

Particulièrement bien conçu, ce hors-série de 60 millions de consommateurs aborde l'internet par la praticité et par le biais d'utilisations thématiques en employant des mots simples et parlants : Albums photos, Archivages, Bonnes causes, Dossier médical personnel, Recherche d'emploi, Renseignements juridiques, Troc, Vidéo à la demande. 61 sujets phare sont explicités avec des captures d'écran, liens de référence et des cadres récapitulatifs intitulés "l'essentiel".


Source :

Collectif (Décembre 2006). "De A à Z, Internet, Les nouveaux usages" (En ligne). 60 Millions de consommateurs, Hors-série n°129, 100 p.

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