Jean-Luc Raymond

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Tag - social

Fil des billets

mercredi 2 août 2006

Robert Castel : La remontée de l’insécurité sociale, c’est aussi le retour de la vie “au jour le jour”

robertcastel.jpg

Robert Castel, sociologue, directeur d’études à l’EHESS et membre du Centre d’étude des mouvements sociaux (voir le site), consacre depuis plusieurs années, ses travaux à la pauvreté et aux précarités. Dans le dossier “La Société précaire” du numéro de février 2006 du magazine Sciences Humaines, il porte son regard sur la protection sociale ; extrait de cet entretien dont les propos ont été recueillis par Xavier Molénat :

“Que pensez-vous de la transformation de la relation des services sociaux aux personnes aidées, avec l’introduction de notions telles que “contrat” ou “projet” ?

Je crois qu’on est dans une certaine ambiguïté. Cela peut avoir un aspect positif mais c’est aussi extrêmement dangereux parce que c’est demander beaucoup à ceux qui ont peu. Faire un projet n’est pas quelque chose que l’on demande tous les jours à quelqu’un qui est installé dans la vie. L’exiger de celui qui, comme le RMIste, a peu de ressources et des difficultés de tous ordres - c’est pour ça qu’il est au RMI! -, c’est prendre le risque que cela se retourne en culpabilité. Ou d’enfermer dans ce que François Dubet appelle la “norme d’internalité”, c’est-à-dire de réduire le travail social à une sorte de dialogue d’accompagnement des gens en difficulté. Alors que si ces gens sont en difficulté, c’est avant tout parce qu’ils manquent de ressources et de droits.

D’autant que la précarité est aussi un rapport au temps. Car pour maîtriser l’avenir, il faut une certaine stabilité du présent. Les droits constitutifs de la propriété sociale permettent de planifier sa vie. Si on en est privé, on est obsédé par le présent sans savoir de quoi demain sera fait. La remontée de l’insécurité sociale, c’est aussi le retour de la vie “au jour le jour”, qui était la condition générale de la plus grande partie du peuple au XIXe siècle, et donc à nouveau le risque de ne pas avoir les éléments de maîtrise de son destin social.

Beaucoup de difficultés actuelles peuvent ainsi se lire en terme de transformation du rapport au temps. La conception que nous pouvions avoir de l’avenir, il y a trente ans, avec la croyance assez générale que demain serait meilleur qu’aujourd’hui, permettait de se projeter. Le salarié pouvait par exemple accéder à la propriété, faire ses emprunts sur dix ans parce qu’il avait la quasi-certitude que dix ans plus tard il travaillerait encore et que son salaire aurait augmenté… Il pouvait maîtriser son avenir.

Comment le salarié qui, aujourd’hui, prend son contrat nouvelle embauche (CNE) et peut être licencié du jour au lendemain, peut-il penser sa vie dans trois ans, voire dans six mois ou dans quinze jours ? C’est aussi cela la précarité.”


Source :

Molénat, Xavier (février 2006). “Robert Castel, sociologue : Repenser la protection sociale”, Sciences Humaines, n°168, p.43

mardi 1 août 2006

Mission Ecoter : colloque 2006 avec un point sur le thème : collectivités locales et non internautes

internaute.jpg

La Mission ECOTER, association regroupant des collectivités territoriales et partenaires privés (”pour échanger sur les usages et les services des réseaux de l’Internet”…) organise un colloque au Sénat (Palais du Luxembourg, Salle Monnerville, Paris) le 26 septembre 2006 avec un point sur une approche particulière : l’exclusion numérique vu sous l’angle relations collectivités locales-citoyens :

“11h50 - Les relations entre les collectivités locales et leurs “clients”

Seconde partie : pour leurs “clients” non-internautes

Pour répondre aux attentes économiques et sociales des administrés, les NTIC sont des outils précieux qui contribuent à favoriser l’inclusion – autant qu’elles peuvent être facteur d’accroissement de la fracture sociale et d’exclusion. 48% de la population est non internaute (personnes âgées, chômeurs, personnes immigrées, sans domicile fixe), 3.500 espaces publics numériques sont installés dans l’hexagone, 25% de leur fréquentation est constitué de demandeurs d’emploi; les collectivités locales installent des cyberespaces… Comment ces espaces sont-ils gérés par les collectivités ? Comment sont affectées les ressources humaines ?
Comment les collectivités intègrent-elles ces nouveaux services dans leur stratégie d’organisation et de modernisation ?
Comment les centres communaux d’action sociale font-ils l’usage des NTIC et comment appréhendent-ils les changements ? Le secteur privé peut-il être un soutien ?

Intervenants :
Dominique Blazy, Directrice -CCAS de Cannes
Julien Français, Chef de projet Cyber-Base -Caisse des Dépôts et Consignations
Philippe Oursin, Directeur général adjoint de la modernisation des services - Ville de Saint-Etienne
Syndicat Mixte Manche Numérique
Yannick Landais, Délégué Général - Artesi Ile de France”


L’accès au colloque est payant. Plus de renseignements sur cette page de la Mission ECOTER.


Source :

Collectif (juillet 2006). “Colloque Mission ECOTER” [En ligne], Association Mission ECOTER, Paris, 1 p. (Page consultée le 1er août 2006)

dimanche 7 mai 2006

Nidouillet, café des enfants social et solidaire à Caen avec 6 blogs pour expliquer et présenter le projet

nidouillet.png

Il y avait déjà le Cafézoïde à Paris qui est un modèle du genre. Alexandra Blanchon, maman d'une enfant de 6 ans, s'est inspirée de cette expérience réussie du café pour enfants associatif parisien pour créer à Caen (17 rue des Boutiques. Tél. : 06 12 96 87 88), un lieu de convivialité-café intitulé "Nidouillet" au sens social du terme où les enfants accompagnés des parents peuvent pratiquer des activités d'éveil conçues et élaborées ensemble dans le respect de règles comme la libre expression, la démarche participative, l'éco-citoyenneté, le commerce équitable…


L'idée d'Alexandra est née après la naissance de sa fille où elle s'est retrouvée avec d'autres mamans pour échanger sur leurs pratiques éducatives et artistiques. Ce déclic leur fera créer l'association Carte Blanche (animation des temps du midi à l'école). Alexandra va suivre dans la foulée une formation auprès de la couveuse d'entreprise de l'Université de Caen pour affiner son projet.


L'ARDES (Association Régionale pour le Développement de l'Economie Solidaire) l'a soutenu en 2004 pour la création d'un café des enfants nomade lors des journées du développement durable à Louvigny (Picardie) qui rencontre un grand succès et génère un partenariat avec une galerie d'art.


Le Café des Enfants "fixe" Nidouillet a vu le jour le 17 mars à Caen, dans le quartier de la Folie-Couvrechef. Alexandra a mobilisé 24000 Euros via des partenaires privés (Fondation Vinci, Fondation JM Bruneau) et publics (Direction Régionale Jeunesse et Sports, Ville de Caen, Région de Basse-Normandie) et a loué un local au pied des immeubles. Au 1er trimestre 2006, se poursuivent les travaux d'aménagement des locaux avant l'ouverture.


L'adhésion annuelle (1 Euro par enfant, 5 Euros par adulte) permet aux participants d'accéder au "bar" et aux activités libres en journée. Les associations du quartier participent à l'animation du lieu tout comme les parents qui imaginent des activités et partagent leur savoir-faire lors d'une matinée "boîte à outil". Ce sont les petites et grandes idées qui font fonctionner Nidouillet.


Solidaire "numériquement", le café pour enfants Nidouillet a décidé de ne pas créer de site internet mais de communiquer sur ses activités via un réseau de 7 blogs qui montre le dynamisme de la structure et son attachement à des valeurs d'expression et de transparence sur Internet :

- Nidouillet présente le programme d'activités et les nouveautés du café associatif pour enfants,

- Fonctionnement pour savoir comment marche le Nidouillet,

- L'Association qui propose en ligne les statuts de Nidouillet,

- Exposition et produits : "dans le café des enfants, les murs sont expos et un coin pour le commerce équitable et commerce artisanal",

- Le Journal des enfants : "tous les jours le lieu sera vécu par vous, par les enfants et nous, voici le journal semaine par semaine du Nidouillet",

- Des Partenaires : "le Nidouillet sans ses multiples partenaires n'existerait",

- et l'Histoire de l'aménagement de Nidouillet : La construction d'un lieu : "voici le Nidouillet qui se construit au jour le jour".


Sources :

Associated Press (3 avril 2006). “Un Café pour les enfants ouvert en France” [En ligne], Cyberpresse, Montréal, 1 p. (Page consultée le 7 mai 2006)

Zazial, Christiane (6 novembre 2003). “Un café pour les enfants : Le Cafézoïde”  [En ligne], France 5 Les Maternelles, Paris, 1 p. (Page consultée le 7 mai 2006)

page 4 de 4 -