L'Agence de Valorisation des Initiatives
Socio-Economiques (AVISE) édite un site Internet ressource en
matière d'innovation sociale. L'AVISE agit pour une meilleure connaissance et
la consolidation des initiatives entrepreneuriales existantes et pour favoriser
l'émergence de nouvelles initiatives créatrices d'emploi et porteuses de
cohésion sociale. Elle base son action sur la valorisation de projets plaçant
l'homme au coeur de l'entreprise et de son développement.
L'AVISE s'adresse aux promoteurs d'initiatives au carrefour du social et de
l'économique, ainsi qu'à leurs réseaux ; son action bénéficie également aux
services de l'Etat, aux collectivités locales, aux organismes publics ainsi
qu'au milieux économiques. Son site fourmille d'idées et de bonnes pratiques de
l'Economie Sociale et Solidaire. Elle publie aussi des guides à
télécharger gratuitement dont deux ressources utiles pour le secteur des
Technologies de l'Information et de la Communication :
- "Annuaire 2007 DEEE : Choisir les entreprises de l’économie sociale et
solidaire" : Qui informe les acteurs de la filière "DEEE" (Déchets
d'Equipements Electriques et Electroniques) sur les ressources que constituent
les entreprises de l'économie sociale et solidaire. On y trouve des
cartographies rendant compte de leurs implantations sur le territoire national
(279 établissements) et des fiches par entreprise sociale qui précisent leurs
domaines privilégiés d'intervention,
- "Coopératives d'Activités et d'Emploi - L'entreprise partagée" : Mieux
faire comprendre le concept de CAE à partir de témoignages d'acteurs... Dans la
collection "Choisir d'entreprendre autrement", la publication "Coopératives
d'Activités et d'Emploi - L'entreprise partagée" propose un ensemble de
repères, de témoignages et de ressources qui permettent de mieux
comprendre la réalité et l'intérêt de cette forme novatrice d'entreprise
sociale. Ce mini-guide comprend un carnet d'adresses et une carte de France des
Coopératives d'Activités et d'Emploi (CAE) du réseau Coopérer pour
entreprendre.
Tag - social
dimanche 24 décembre 2006
Agence de Valorisation des Initiatives Socio-Economiques, acteurs de la filière Déchets d'Equipements Electriques et Electroniques, Coopératives d'Activités et d'Emploi
Par Jean-Luc Raymond le dimanche 24 décembre 2006, 18:59
dimanche 17 décembre 2006
Viveca, un centre de recherche technologique, d'affaires et de rencontres à l'Université de Jyväskylä en Finlande comme une vaste agora
Par Jean-Luc Raymond le dimanche 17 décembre 2006, 20:46
L'Université de
Jyväskylä en Finlande est porteuse d'un beau projet
concret d'innovation sociale : Viveca, un centre de
recherche de technologique qui s'intéresse aux activités humaines sous le point
du sport et de la santé, créé en 2003. Sur un même lieu, Viveca réunit des
enseignements, une unité de recherche et développement et un centre
d'affaires basé sur l'écosystème universitaire d'une recherche de pointe.
En outre, Viveca favorise les rencontres des professionnels du secteur du
bien-être et de la santé (étudiants, enseignants, chercheurs, cadres
d'entreprises, employés) pour favoriser les idées et des projets technologiques
créateurs d'emploi et ferment d'innovations. Il ne s'agit pas de ce qu'on
appellerait un pôle de compétitivité à la Française mais simplement de croiser
les points de vue et les centres d'intérêt de praticiens et de patients du
système de santé (sportifs, notamment) dans un même lieu ouvert. Viveca a aussi
la spécificité de publier en ligne les travaux des acteurs du centre et de
rendre ainsi visibles auprès des citoyens, les actions entreprises par ce
département originellement universitaire.
Ce projet est basé sur un mode de fonctionnement similaire à une
autre entité existante de l'Université de Jyväskylä, l'Agora center, un
centre d'études, de recherche pluridisciplinaire et de rencontres autour des
technologies et de la société de la connaissance.
mercredi 13 décembre 2006
Michel Maffesoli et les communautés
Par Jean-Luc Raymond le mercredi 13 décembre 2006, 22:20
Le
quotidien gratuit Metro France de ce jour offre un espace de tribune au
sociologue Michel Maffesoli (Professeur à l'Université Paris 5, fondateur
et directeur du CEAQ - Centre d'Etudes sur l'Actuel et le Quotidien) titrée
"Singulières communautés" dans lequel il cherche à définir la
notion de communauté dans une historicité. Depuis de nombreuses années, Michel
Maffesoli étudie la postmodernité au regard du nomadisme et de la
tribalité.
"La communauté, c’est ne pas être ensemble uniquement par rapport à un idéal lointain rationnel démocratique, sur lequel s’était élaborée la société moderne, mais c’est le retour de l’affect. C’est le sentiment d’appartenance qui prédomine. Cela peut prendre des formes différentes, mais le dénominateur commun, c’est le partage du sentiment.
Une communauté se forme et se déforme à cause de cette espèce de pulsion qui fait que l’on a envie d’être avec des gens semblables. L’idée d’homo-socialité signifie un lien social qui va reposer sur le partage du même, même goût, même désir, même passion. C’est ce désir de rencontrer du même, pour quelque chose de particulier. Comme tout un chacun est pluriel, je vais virevolter d’une tribu à l’autre en fonction de mon intérêt du moment. Je peux avoir telle attitude dans une réunion mondaine et ce soir traîner dans un bar louche.
Le besoin d’appartenance à une communauté est un changement de peau. Comme le corps peut changer de peau, la société est en train de changer de peau. Au XVIIIe siècle, il y avait un enfermement de l’individu dans lui-même. "Je pense, donc je suis dans la forteresse de mon esprit. Très enfermé dans mon esprit."
lundi 11 décembre 2006
Rue de la Solidarité à Paris, un projet de développement local du secteur de l'économie sociale et solidaire
Par Jean-Luc Raymond le lundi 11 décembre 2006, 18:04
La
Mairie de Paris et l'O.P.A.C. innove socialement en lançant un
audacieux appel à projets auprès des associations, des coopératives
ou les entreprises inscrites dans le champ de l'économie sociale et solidaire
pour créer une rue sur le thème de la Solidarité dans le 19e arrondissement de
la capitale.
L'objectif est intéressant : il s'agit de rassembler dans des locaux
d'activités en pieds d'immeuble des acteurs de l'économie solidaire au sens
large avec un loyer adapté, leur permettant de créer une activité ou de
développer un projet. Les structures retenues bénéficieront d'un
écosystème local dans le même champ éthique et social favorisant le
développement économique local.
Vous pouvez télécharger le dossier de candidature au format .pdf à partir de cette page. La date limite pour l'envoi du
dossier est fixée au 12 janvier 2007. Renseignements complémentaires : Mairie
de Paris, Délégation à la Politique de la ville et à l'intégration - 6, rue du
département, 75019 Paris. Par courriel : sebastien.arvis@paris.fr .
Le quartier concerné :
"Le quartier Danube-Solidarité est situé à l'ouest du 19e arrondissement
dans le quartier Amérique. A l'instar des territoires relevant de la politique
de la ville, le secteur concentre certaines difficultés et souffre d'un certain
enclavement. Composé de 5400 habitants, le quartier héberge majoritairement une
population issue des classes populaires. Plus des trois quarts des logements
relèvent du parc social, constitué d'un patrimoine qui conserve les traces des
mutations urbaines successives et se distingue par la grande diversité de ses
constructions.
La revitalisation des locaux d'activités en pieds d'immeuble est l'un des
enjeux fort qui permettra de modifier le fonctionnement urbain et l'image de ce
quartier. La ville de Paris et l'OPAC qui, depuis 2 ans, conjuguent leurs
efforts pour favoriser l'installation d'associations souhaitent aujourd'hui
diversifier les activités de la rue de la Solidarité en privilégiant la
dimension économique pour les nouveaux projets d'implantation Les associations
qui ont été installées jusqu'ici, proposent des activités ou services de
proximité qui faisaient défaut auparavant (permanences écrivain public, CAF,
Equipe Emploi Insertion, activités audiovisuelles, culturelles et sportives…)
et contribuent en ce sens fortement au développement
local."
lundi 27 novembre 2006
Centre for Social Innovation à Toronto, l'innovation sociale collaborative en action
Par Jean-Luc Raymond le lundi 27 novembre 2006, 01:16
Ovni de l'innovation, lieu qui n'a pas encore
d'autre équivalent dans le monde occidental, superbe idée mise en mouvement, le
Centre for Social
Innovation (Centre pour l'innovation sociale) réunit à Toronto (Canada),
dans un même bâtiment, des structures d'innovations qui développent des
approches créatives, entrepreneuriales et à des stratégies collaboratives
s'intéressant à des thématiques sociales, culturelles, environnementales et
économiques.
Sous la forme d'une entreprise sociale, le Centre for Social Innovation aide
des porteurs de projets de l'innovation sociale (acteurs associatifs,
entrepreneurs sociaux, artistes, animateurs de réseaux et artistes) qui croient
à de nouvelles idées pouvant changer le monde. Cette organisation, unique en
son genre, catalyse, informe, inspire et fournit son expertise à des
initiatives sociales.
Le Centre for Social
Innovation est un centre "communautaire" qui accueille des innovateurs
sociaux au sens large du terme en leur proposant des espaces de travail,
services partagés et une aide à l'incubation de projets en montrant ce qu'est
l'innovation sociale (documentation, repérage des meilleures pratiques), en
explorant de nouvelles idées, en expérimentant de nouvelles formes de
collaboration, en apportant des solutions pratiques, de l'information et de
l'aide organisationnelle aux innovateurs.
Le Centre for Social
Innovation accueille actuellement plus d'une dizaine d'associations,
fondations et entreprises sociales dans ses locaux et 6 structures en mode
"virtuel" (hébergement de sites, bureaux virtuels...). Il comprend une
bibliothèque et un répertoire de sites Internet sur la thématique du
secteur associatif et caritatif.
Tout au long de l'année, le Centre propose un programme de séminaires et de
formations à prix très réduit qui mettent en avant l'expertise des structures
accueillies et permettent de formaliser des projets avec des acteurs
locaux.
Ce "hub" de l'action sociale va s'agrandir dès février 2007 avec la mise à
disposition aux innovateurs de 10 000 m2 d'espace pour créer, collaborer,
échanger, se réunir et entreprendre. Un projet passionnant en plein
développement.
jeudi 28 septembre 2006
Jacques Cotta, 7 millions de travailleurs pauvres, la face cachée des temps modernes
Par Jean-Luc Raymond le jeudi 28 septembre 2006, 21:39

Le journaliste Jacques Cotta a publié chez Fayard, le 27 septembre, un
récit-essai sur une population française oubliée : les 7 millions de
travailleurs pauvres : "7 millions de travailleurs pauvres. La face cachée des
temps modernes".
Il y décrit de façon magistrale la vie au quotidien d'hommes et de femmes
sans logis qui, la plupart du temps, errent chaque soir pour trouver un
logement digne de ce nom, cherchent de quoi manger et désirent se
laver ; ces mêmes personnes qui travaillent chaque jour pour un salaire
dérisoire.
Crise du logement oblige, ces travailleurs pauvres sont victimes de la
gentrification, terme barbare mais urbain, leur faible niveau de revenus les
excluant de la ville mais aussi de la périphérie des villes. De plus en plus
rejetées dans le rural, ces personnes se voient rejeter de la
possibilité d'avoir un travail stable du fait de la difficulté à se déplacer
par les modes de transports en commun, leur accès à la culture demeure
limité, ne parlons même pas d'un accès à Internet digne de ce nom. Le livre de
Jacques Cotta évoque ces gens-là, ceux qui n'ont pas d'organisations
représentatives, ceux qui se taisent, dans la société française, qui
n'existent pas sauf dans des statistiques liées à des revenus :
"Depuis que j'ai quitté l'homme au costume, je reste en butte à quelques questions qui se bousculent. Qui sont vraiment ces nouveaux pauvres, ces "poor workers" à la française ? La clocharde vautrée est détectable, mais eux ? Y a-t-il une trajectoire bien identifiée qui mène à cette nouvelle pauvreté, ou chaque cas est-il particulier ? Comment ces nouveaux pauvres ont-ils basculé ? Comment vivent-ils au quotidien ? Pour quelle raison l'homme qui vient de me parler a-t-il tout d'un coup sombré ? Il est environ 20h30, la pluie a cessé, et l'agitation habituelledu quartier a repris le dessus. Sous les appareils de chauffage extérieurs, les terrasses sont pleines, la musique resonge, couvrant le bruit des voitures qui passent à toute allure.
Malgré les apparences, statistiquement, il y a là des hommes et des femmes directement concernés que je ne peux repérer. Ils sont en effet 7 millions de France à connaître cette pauvreté, à ne pouvoir se nourrir, subvenir à leurs besoins élémentaires, se loger. Plus de 3 sans domicile fixe sur 10 ont un boulot et pourtant, comme l'homme que j'ai quitté à l'instant, cherchent soir après soir où dormir. Comment les reconnaître alors qu'ils sont comme vous, comme tout le monde, comme moi ?"
Statistiquement en France, plus de 7 millions de salariés perçoivent un salaire
inférieur à 722 euros par mois et se trouvent dans l'incapacité de se nourrir,
de se loger ou de s'habiller décemment, de même que leur famille. Plus de 12
millions ont moins de 843 euros de revenu mensuel. Entre la moitié et les deux
tiers des femmes qui travaillent ont un contrat d'intégration (CES, CIE,
CES...) et touchent moins de 750 euros par mois, ont un enfant, vivent seules
ou avec un conjoint au chômage et forment 90 % des familles monoparentales.
Alors que la France n'a jamais été aussi riche - le Produit Intérieur Brut est
en progression constante depuis le début des années 1990 - la précarité s'est
développée sur un mode exponentiel. En 10 ans, l'intérim a augmenté de 130 %,
le nombre de CDD de 60 %, les CDI de seulement 2 %. Plus d'un million de
personnes bénéficient du RMI, plus de 500 000 de l'allocation solidarité.
Daniel Mermet (France-Inter) a consacré son émission "Là-bas si j'y suis" du 27
septembre à un entretien avec le journaliste Jaques Cotta à l'occasion de la
sortie de son livre 7 millions de pauvres. Vous pouvez écouter cette émission
à cette
adresse.
Source :
Cotta, Jacques (27 septembre 2006). 7 millions de travailleurs pauvres, la face cachée des temps modernes, Fayard, Paris, 308 p.
mardi 5 septembre 2006
William J. Mitchell, la ville du XXIe siècle
Par Jean-Luc Raymond le mardi 5 septembre 2006, 22:34

William J. Mitchell est professeur au MIT (Massachusetts Institute of
Technology, voir son site) et à la
tête du MIT's Program in Media Arts and Sciences qui comprend le MIT media Lab.
Dans le numéro 91 de la revue scientifique en sciences humaines et sociales
Sociétés, il s'interroge via l'article "L'espace entre les mots :
Symboles, espace et ville" sur l'organisation de l'espace urbain comme
constitutive de la relation de la communication dans une dimension
narrative ; l'espace comme comme environnement qui se dote technologiquement
d'éléments, de symboles et d'informations importés et valorisés in situ ;
extrait :
"Ces déplacements, dislocations, insertions et combinaisons d'information numérique en rapport avec les environnements architecturaux et urbains ont toujours été lourds de conséquences, et le seront encore davantage à l'avenir. Un acheteur jadis était cantonné au monde clos d'un magasin ; on peut maintenant passer un coup de fil de son portable pour savoir quoi acheter pour le dîner, ou surfer sur Internet pour comparer les prix. Au moment de payer, un appareil sans fil lira les codes barres sur les produits achetés, les encaissera tout en mettant à jour le système d'inventaire des stocks. Un responsable politique peut désormais rester en contact au moyen de son Blackberry et donner des instructions, le tout sans quitter la salle de réunion, ni interrompre le débat qui s'y tient. L'étudiant dans son amphithéâtre n'interagissait auparavant qu'avec les éléments fournis par le professeur ; il peut désormais taper sur Google le sujet de l'intervention depuis son ordinateur portable, et rassembler des ressources accumulées autour du sujet du cours. (...)
Contrairement à ce qu'on imaginait couramment il y a quelque temps pourtant, l'ubiquité qui caractérise les réseaux numériques n'a pas tout simplement gommé les différences entre les lieux, permettant à n'importe quoi de se produire n'importe où, à n'importe quel moment. Au contraire, cela s'est mué en mécanisme d'injection permanente d'informations au sein de contextes autrefois inaccessibles, ajoutant une nouvelle couche de sens.
À mesure que ces différents modes et moyens de communication ont fait leur apparition les uns après les autres, ils se sont partiellement substitués à leurs prédécesseurs ; on peut, par exemple, choisir de décrocher le téléphone ou d'envoyer un e-mail au lieu de donner rendez-vous quelque part à un ami pour une conversation en tête à tête. La plupart du temps cependant, les nouvelles formes d'information se surajoutent et viennent compléter ce qui existait auparavant. Le mot écrit n'a pas mis un terme aux échanges parlés, et le mot électronique n'a pas tué l'imprimerie.
Toutes les pratiques de communication que j'ai décrites ici - de la discussion entre personnes rassemblées à portée de voix à propos de choses à portée de main à l'inscription et la lecture d'étiquettes, la construction et le téléchargement de pages web accessibles à l'échelle planétaire, l'envoi et à la réception d'e-mails jusqu'aux réunions en ligne depuis son ordinateur - travaillent ensemble à la fois dans le but de donner sens aux édifices et aux villes et d'en tirer du sens. Les fonctions sociales et culturelles des espaces construits sont devenues indissociables de l'opération simultanée de multiples systèmes de communication à l'oeuvre autour et à l'intérieur d'eux. On ne peut plus (n’a-t-on jamais pu ?) comprendre l'architecture en tant que médium autonome fait de masses, d'espaces et de lumière ; elle sert de nos jours de base construite à la rencontre et à l'extraction de sens à partir de flots d'information auditive, textuelle, graphique et numérique se recoupant au travers de réseaux planétaires."
Source :
Mitchell, William J. (2006). Trad. Bosqué, Clément. "L'espace entre les mots : Symboles, espace et ville" in Sociétés n°91, De Boeck, Bruxelles, pp.20-21
mercredi 2 août 2006
Robert Castel : La remontée de l’insécurité sociale, c’est aussi le retour de la vie “au jour le jour”
Par Jean-Luc Raymond le mercredi 2 août 2006, 21:50

Robert Castel, sociologue, directeur d’études à l’EHESS et membre du Centre d’étude des mouvements sociaux (voir le site), consacre depuis plusieurs années, ses travaux à la pauvreté et aux précarités. Dans le dossier “La Société précaire” du numéro de février 2006 du magazine Sciences Humaines, il porte son regard sur la protection sociale ; extrait de cet entretien dont les propos ont été recueillis par Xavier Molénat :
“Que pensez-vous de la transformation de la relation des services sociaux aux personnes aidées, avec l’introduction de notions telles que “contrat” ou “projet” ?
Je crois qu’on est dans une certaine ambiguïté. Cela peut avoir un aspect positif mais c’est aussi extrêmement dangereux parce que c’est demander beaucoup à ceux qui ont peu. Faire un projet n’est pas quelque chose que l’on demande tous les jours à quelqu’un qui est installé dans la vie. L’exiger de celui qui, comme le RMIste, a peu de ressources et des difficultés de tous ordres - c’est pour ça qu’il est au RMI! -, c’est prendre le risque que cela se retourne en culpabilité. Ou d’enfermer dans ce que François Dubet appelle la “norme d’internalité”, c’est-à-dire de réduire le travail social à une sorte de dialogue d’accompagnement des gens en difficulté. Alors que si ces gens sont en difficulté, c’est avant tout parce qu’ils manquent de ressources et de droits.
D’autant que la précarité est aussi un rapport au temps. Car pour maîtriser l’avenir, il faut une certaine stabilité du présent. Les droits constitutifs de la propriété sociale permettent de planifier sa vie. Si on en est privé, on est obsédé par le présent sans savoir de quoi demain sera fait. La remontée de l’insécurité sociale, c’est aussi le retour de la vie “au jour le jour”, qui était la condition générale de la plus grande partie du peuple au XIXe siècle, et donc à nouveau le risque de ne pas avoir les éléments de maîtrise de son destin social.
Beaucoup de difficultés actuelles peuvent ainsi se lire en terme de transformation du rapport au temps. La conception que nous pouvions avoir de l’avenir, il y a trente ans, avec la croyance assez générale que demain serait meilleur qu’aujourd’hui, permettait de se projeter. Le salarié pouvait par exemple accéder à la propriété, faire ses emprunts sur dix ans parce qu’il avait la quasi-certitude que dix ans plus tard il travaillerait encore et que son salaire aurait augmenté… Il pouvait maîtriser son avenir.
Comment le salarié qui, aujourd’hui, prend son contrat nouvelle embauche (CNE) et peut être licencié du jour au lendemain, peut-il penser sa vie dans trois ans, voire dans six mois ou dans quinze jours ? C’est aussi cela la précarité.”
Source :
Molénat, Xavier (février 2006). “Robert Castel, sociologue : Repenser la protection sociale”, Sciences Humaines, n°168, p.43
mardi 1 août 2006
Mission Ecoter : colloque 2006 avec un point sur le thème : collectivités locales et non internautes
Par Jean-Luc Raymond le mardi 1 août 2006, 17:06 - Evénement
La Mission ECOTER, association regroupant des collectivités territoriales et partenaires privés (”pour échanger sur les usages et les services des réseaux de l’Internet”…) organise un colloque au Sénat (Palais du Luxembourg, Salle Monnerville, Paris) le 26 septembre 2006 avec un point sur une approche particulière : l’exclusion numérique vu sous l’angle relations collectivités locales-citoyens :
“11h50 - Les relations entre les collectivités locales et leurs “clients”
Seconde partie : pour leurs “clients” non-internautes
Pour répondre aux attentes économiques et sociales des administrés, les NTIC sont des outils précieux qui contribuent à favoriser l’inclusion – autant qu’elles peuvent être facteur d’accroissement de la fracture sociale et d’exclusion. 48% de la population est non internaute (personnes âgées, chômeurs, personnes immigrées, sans domicile fixe), 3.500 espaces publics numériques sont installés dans l’hexagone, 25% de leur fréquentation est constitué de demandeurs d’emploi; les collectivités locales installent des cyberespaces… Comment ces espaces sont-ils gérés par les collectivités ? Comment sont affectées les ressources humaines ?
Comment les collectivités intègrent-elles ces nouveaux services dans leur stratégie d’organisation et de modernisation ?
Comment les centres communaux d’action sociale font-ils l’usage des NTIC et comment appréhendent-ils les changements ? Le secteur privé peut-il être un soutien ?Intervenants :
Dominique Blazy, Directrice -CCAS de Cannes
Julien Français, Chef de projet Cyber-Base -Caisse des Dépôts et Consignations
Philippe Oursin, Directeur général adjoint de la modernisation des services - Ville de Saint-Etienne
Syndicat Mixte Manche Numérique
Yannick Landais, Délégué Général - Artesi Ile de France”
L’accès au colloque est payant. Plus de renseignements sur cette page de la Mission
ECOTER.
Source :
Collectif (juillet 2006). “Colloque Mission ECOTER” [En ligne], Association Mission ECOTER, Paris, 1 p. (Page consultée le 1er août 2006)
dimanche 7 mai 2006
Nidouillet, café des enfants social et solidaire à Caen avec 6 blogs pour expliquer et présenter le projet
Par Jean-Luc Raymond le dimanche 7 mai 2006, 20:15
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Il y avait déjà le Cafézoïde à Paris qui est un modèle du genre.
Alexandra Blanchon, maman d'une enfant de 6 ans, s'est inspirée de cette
expérience réussie du café pour enfants associatif parisien pour créer à Caen
(17 rue des Boutiques. Tél. : 06 12 96 87 88), un lieu de convivialité-café
intitulé "Nidouillet" au sens social du terme où les enfants accompagnés des
parents peuvent pratiquer des activités d'éveil conçues et élaborées
ensemble dans le respect de règles comme la libre expression, la démarche
participative, l'éco-citoyenneté, le commerce équitable…
L'idée d'Alexandra est née après la naissance de sa fille où elle s'est
retrouvée avec d'autres mamans pour échanger sur leurs pratiques éducatives et
artistiques. Ce déclic leur fera créer l'association Carte Blanche (animation
des temps du midi à l'école). Alexandra va suivre dans la foulée une formation
auprès de la couveuse
d'entreprise de l'Université de Caen pour affiner son projet.
L'ARDES (Association Régionale pour le
Développement de l'Economie Solidaire) l'a soutenu en 2004 pour la création
d'un café des enfants nomade lors des journées du développement durable à
Louvigny (Picardie) qui rencontre un grand succès et génère un partenariat avec
une galerie d'art.
Le Café des Enfants "fixe" Nidouillet a vu le jour le 17 mars à Caen, dans le
quartier de la Folie-Couvrechef. Alexandra a mobilisé 24000 Euros via des
partenaires privés (Fondation Vinci,
Fondation JM Bruneau) et publics (Direction Régionale Jeunesse et Sports, Ville
de Caen, Région de Basse-Normandie) et a loué un local au pied des immeubles.
Au 1er trimestre 2006, se poursuivent les travaux d'aménagement des locaux
avant l'ouverture.
L'adhésion annuelle (1 Euro par enfant, 5 Euros par adulte) permet aux
participants d'accéder au "bar" et aux activités libres en journée. Les
associations du quartier participent à l'animation du lieu tout comme les
parents qui imaginent des activités et partagent leur savoir-faire lors d'une
matinée "boîte à outil". Ce sont les petites et grandes idées qui font
fonctionner Nidouillet.
Solidaire "numériquement", le café pour enfants Nidouillet a décidé de ne pas
créer de site internet mais de communiquer sur ses activités via un réseau
de 7 blogs qui montre le dynamisme de la structure et son attachement à
des valeurs d'expression et de transparence sur Internet :
- Nidouillet présente le programme d'activités et les nouveautés du café associatif pour enfants,
- Fonctionnement pour savoir comment marche le Nidouillet,
- L'Association qui propose en ligne les statuts de Nidouillet,
- Exposition et produits : "dans le café des enfants, les murs sont expos et un coin pour le commerce équitable et commerce artisanal",
- Le Journal des enfants : "tous les jours le lieu sera vécu par vous, par les enfants et nous, voici le journal semaine par semaine du Nidouillet",
- Des Partenaires : "le Nidouillet sans ses multiples partenaires n'existerait",
- et l'Histoire de l'aménagement de Nidouillet : La construction d'un lieu : "voici le Nidouillet qui se construit au jour le jour".
Sources :
Associated Press (3 avril 2006). “Un Café pour les enfants ouvert en France” [En ligne], Cyberpresse, Montréal, 1 p. (Page consultée le 7 mai 2006)
Zazial, Christiane (6 novembre 2003). “Un café pour les enfants : Le Cafézoïde” [En ligne], France 5 Les Maternelles, Paris, 1 p. (Page consultée le 7 mai 2006)
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