Jean-Luc Raymond

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lundi 5 février 2007

Sentiers.be, les nouvelles technologies pour sauvegarder et entretenir le patrimoine des sentiers et chemins en Wallonie

Ex-assistant social ayant suivi une formation d'éco-conseiller, Christophe Danaux est concepteur du site Internet Sentiers.be. En s'intéressant aux chemins et sentiers de son village près de Walcourt en Belgique, il a créé l'association Chemins et sentiers de la vallée de l'Eau d'Heure pour recenser les sentiers de sa commune sur Internet et ainsi essayer de sauvegarder ce patrimoine méconnu.


En 2004, l'associaton devient Sentiers.be avec pour objectif de développer le site Web et donc l'information auprès du public mais avec la spécificité que les internautes puissent rédiger leurs propres articles. Avec le temps, Sentiers.be a grandi : cartographie, infos sur les sentiers et chemins vicinaux, lois relatives à l'urbanisme, règles de circulation, signalisation, balisage, un glossaire spécialisé et un forum participatif des chemins et sentiers de Wallonie.


Dans le cadre du programme européen LEADER+, cette expérience vise désormais à informer sur des liaisons inter-villages existantes (et parfois oubliées) de l'Entre-Sambre-et-Meuse (Cerfontaine, Florenne, Gerpinnes) permettant d'offrir à terme "la possibilité de rejoindre le village ou le quartier voisin en toute quiétude et dans des conditions de sécurité optimale. Destiné aux promeneurs, sportifs, écoliers, il encourage à pratiquer une mobilité "douce", non polluante en milieu rural".


Des citoyens volontaires assurent des repérages et un inventaire des sentiers et chemins pour Sentiers.be en coordination avec les autorités locales. Christophe Danaux gère la base de données cartographique, le site Internet (motorisé sur SPIP) et sa conception graphique.


Un superbe projet qui associe la sauvegarde et la conservation d'un patrimoine pour sa revalorisation locale en utilisant les technologies tout en tenant compte du bénéfice humain que cela représente pour redévelopper la mobilité rurale : marche ou sports de plein air comme le VTT ou l'équitation.

samedi 11 novembre 2006

Jean-Jacques Servan-Schreiber, prospectiviste des usages des technologies et précurseur des Espaces Publics Numériques

Comme L'Express et Les Echos ("JJSS et la modernité", 8 novembre 2006) le rappellent cette semaine dans un dossier consacré à sa vie, Jean-Jaques Servan-Schreiber, décédé la semaine dernière à l'âge de 82 ans, fut un visionnaire des technologies. En 1967, il publie "Le Défi Américain", un essai avec un énorme succès qui se vendra à 600 000 exemplaires, où il souligne que l'Europe est dépassée tant au niveau des méthodes de management que de l'équipement technologique et dans sa capacité de mobilisation de la recherche. C'est un livre visionnaire, traduit en 15 langues qui marqua cette époque.


Son second livre à succès, "Le Défi Mondial" sorti en 1980 s'intéressera à la puissance économique du Japon grâce au levier technologique à l'informatisation. En 1981, Jean-Jacques Servan-Schreiber convainc François Mitterrand de créer le Centre pour l'Informatisation de la France (dit "Centre Mondial Informatique et Ressource Humaine") dirigé par Nicolas Negroponte et Seymour Papert. (Photo : Jean-Jacques Servan-Schreiber et des enfants au Centre Mondial de l'Informatique en 1984). Ce centre est en avance sur son temps, il se veut...

"Instiller aux sphères politiciennes le virus micro-processorien et a pour objectifs de mettre au point un nouvel ordinateur individuel ainsi que de servir de base aux programmes pilotes dans les pays en voie de développement, une expérience sociale au profit des jeunes, des chômeurs et des personnes âgées."


Jean-Jacques Servan-Schreiber eut l'idée des Espaces Publics Numériques et d'un réseau des animateurs multimédias plus de 10 ans avant leur existence : "Un réseau national de 50 000 ateliers équipés de micro-ordinateurs professionnels" (document du Centre mondial pour l'informatique et les ressources humaines, novembre 1984), "Coordination entre les responsables de centres et les animateurs" (Note technique, 27 novembre 1984), "L'ordinateur au village : le projet français fait des vagues" (par Daniel Garric, Le Point n° 640, 24 décembre 1984), "Les chantiers populaires de la micro" (Le Matin, 23 janvier 1985).


Le Centre Mondial Informatique ferme en 1985 et on dénonce dans les médias français le gouffre financier (frais de réception et de voyage).


Il demeure de Jean-Jacques Servan-Schreiber une vision de prospectiviste indiscutable dont voici quelques citations qui font sens et qui sont toujours d'actualité plus que jamais :

"Rien n'est donc plus urgent que de tout mettre en œuvre pour brancher la puissance informatique sur le développement, avant tout, des facultés de chaque homme et de chaque femme, dans sa région, dans sa culture , dans sa langue, selon sa vocation, pour faire surgir sa propre ressource, sa propre capacité à créer. C'est vrai au nord comme au sud. Car devant la nouvelle ère qui commence nous sommes tous sous-dévelopés. ". (Le Défi Mondial, 1980)

"En 1980, et probablement avant, l'ensemble des écoles et universités américaines seront reliées avec des consoles aux ordinateurs géants dans les différentes branches des connaissances. Et les programmes d'éducation par classe, peut-être même par élève, seront adaptés et coordonnés directement par les ordinateurs." (Le Défi Mondial, 1980)

"C'est au cours de mes séjours de travail, de plus en plus fréquents, en Amérique et au Japon, que j'ai découvert cet univers tout neuf, pour nous, Français, de l'informatisation. J'ai alors perçu qu'il va tout pénétrer, tout changer - industries, agriculture, services, éducation. Convaincu qu'il était nécessaire d'en savoir rapidement plus long, j'ai participé, pendant trois mois, à des séminaires en Californie, pour mieux m'imprégner de cette nouvelle "révolution" dans les modes de liaisons entre les individus et communautés, cherchant à définir la meilleure ouverture pour une "voie française". Je me suis même fixé, pour un temps, dans la plus avancée des universités américaines en informatique, celle de Carnegie-Mellon, à Pittsburgh. Chaque bureau, chaque chambre, chaque poste de travail, y est doté d'un ordinateur personnel, directement branché sur l'ensemble des banques de données de l'Université et aussi du pays. (Un seul exemple : un étudiant, en fin de cursus, peut, de son ordinateur même, solliciter un poste dans l'ensemble du pays !) Immense progrès, encore inconcevable chez nous." (Le Fossoyeur, 1993).

mercredi 11 octobre 2006

Le déploiement des TIC dans les territoires, le rôle des collectivités par Philippe Bouquillion et Isabelle Pailliart

Intéressant ouvrage : Le Déploiement des TIC dans les territoires : le rôle des collectivités, par Philippe Bouquillion (Professeur à l'Université de Paris 8 et chercheur à la Maison des Sciences de l'Homme) et Isabelle Pailliart (chercheuse au GRESEC, Groupe de Recherche sur les Enjeux de la Communication et Professeur à l'Université Stendhal de Grenoble) paru cette année aux Presses Universitaires de Grenoble.


Les deux chercheurs s'intéressent par un parcours historique, au rôle des techniques d'information et de communication dans le développement du territoire en particulier dans les éléments structurants ou déstructurants des territoires, au renforcement ou non des richesses locales et à la mise en valeur du local. Philippe Bouquillion et Isabelle Pailliart délivrent des pistes pour décrypter les logiques d'actions des pouvoirs publics (État, régions, départements, communes) et montrent comment des actions innovantes dans le domaine des TIC peuvent s'inscrire dans une politique locale. Ils expriment aussi des démarches symboliques souvent prescrites par les acteurs publics dans des utilisations des TIC ; extrait :

"Il est certes difficile d'aborder la question des usages pour une collectivité territoriale. En effet, pour des responsables politiques, cette expression renvoie à une notion floue, difficilement cernable. Les différences - et les inégalités - sociales et culturelles restent fortement déterminantes dans l'appropriation des techniques et des services. Mais celles-ci, de manière générale, sont rarement prises en compte dans les politiques publiques locales, ou du moins n'apparaissent pas en tant que telles, elles vont à l'encontre de la dimension consensuelle des actions menées en matière de TIC. En outre, les usages se forment sur le long terme et s'inscrivent dans des pratiques sociales (les activités professionnelles, les activités ludiques...) qui dépassent le cadre des domaines d'intervention des collectivités territoriales. Les élus, eux, sont tentés par le temps court et par des actions visibles. Enfin, en plus de leur côté insaisissable au premier abord, les usages revêtent une forme d'indécidabilité qui compliquent les choix politiques (les usages intensifs de quelques-uns seront-ils les mêmes dans quelques années ? sont-ils représentatifs de ceux d'une population ?) ; les choix politiques par ailleurs sont eux-mêmes soumis au caractère sans cesse innovant et fluctuant des techniques. Ainsi le terme d'usages est-il employé dans son acception la plus simple et renvoie aux potentialités des techniques, à leur utilisation et non à des pratiques récurrentes, stabilisées et partagées.

Le manque d'analyse concernant les pratiques des utilisateurs pose cependant un double problème : celui de n'envisager les pratiques qu'à travers les représentations qu'en ont les promoteurs des nouvelles techniques, celui encore plus inquiétant d'un décalage, entre d'une part les pratiques effectives, d'autre part les représentations des concepteurs de produit ou de services innovants."

À télécharger gratuitement en .pdf, la première partie de l'ouvrage (pp.13-31) : "Les collectivités territoriales et les TIC: des objectifs aux réalisations" (Chapitre I - Des services locaux, des politiques territorialisées ; Chapitre II - TIC et vie politique ; Chapitre III - Télévisions locales et réseaux de télécommunications).


Source :

Bouquillion, Philippe et Pailliart, Isabelle (2006). Le déploiement des TIC dans les territoires, le rôle des collectivités, Presses Universitaires de Grenoble, Grenoble, 122 p.

mardi 10 octobre 2006

Relais Services Publics (RSP), des lieux informatisés pour effectuer et accompagner les publics dans leurs démarches administratives

Le site Vie-Publique.fr, édité par La Documentation Francaise, a publié aujourd'hui un dossier complet (sur un nouveau dispositif "Relais Services Publics" (R.S.P.) avec liens de références, circulaire du 2 août 2006 sur la labellisation... : "Relais Services Publics : la labellisation lancée" qui peut concerner les Espaces Publics Numériques et lieux d'accès publics à l'internet du monde rural. Cette page complémentaire précise aussi l'essentiel sur les R.S.P.


Ces nouveaux points d'accès locaux à l'administration en ligne donneront accès principalement à des services sociaux et liés à l'emploi par un système de labellisation département par département. Un financement à l'équipement informatique et du local (10 000 Euros par an) est prévu après sélection et un accompagnement humain doit être prévu au sein de chaque "Relais Services Publics" :

"Les RSP doivent permettre au public d'obtenir des informations et d'effectuer des démarches administratives relevant de plusieurs administrations ou organismes publics, principalement en matière d'emploi et de prestations sociales. Une charte nationale de qualité garantit le niveau de prestation de services réalisée. La circulaire du 2 août 2006 apporte les précisions nécessaires aux candidats à l'obtention du label ainsi que sur le financement des projets labellisés."


Source :

Collectif (10 octobre 2006). "Relais Services Publics : la labellisation lancée" (En ligne). Vie-Publique.fr, La Documentation Française, Paris, 1 p. (Page consultée le 10 octobre 2006)

vendredi 1 septembre 2006

Initiatives de solidarité numérique 2005-2006 de IRDC Canada : en Asie, au Pakistan et en Inde

IRDC (ou en français CRDI - Centre de Recherches pour le Développement International) vient de publier son rapport annuel d'activités (86 pages en .pdf. à télécharger à cette adresse). Parmi les initiatives relatives aux Technologies de l'Information et de la Communication, IRDC soutient des projets de développement dont :

- "L'informatisation de langues locales" (initiative décrite à la page 37) dirigé par le National University of Computer and Emerging Sciences du Pakistan qui a permis de créer et de former dans 7 pays des équipes regroupant des chercheurs, praticiens, linguistes... pour mettre au point des outils comme des jeux et polices de caractères, vérificateurs d'orthographe, correcteurs grammaticaux et systèmes de reconnaissance de la parole en 9 langues dont chacune présente des difficultés particulières. Le logiciel Nepalinux 1.0 lancé en décembre 2005, comprend un correcteur orthographique d'environ 22 000 mots népalais d'usage courant,

- "JuriBurkina, accès direct et gratuit à l'information juridique" (initiative décrite à la page 44) : fournir un accès intégral à l'information juridique publique, dont la loi et la jurisprudence, aux juristes et aux citoyens du Burkina Faso via un logiciel d'exploitation libre mis au point par LexUM, le Laboratoire d'informatique juridique de l'Université de Montréal. JuriBukina est en ligne et peut être consulté par tout internaute,

- "L'impact des TIC sur l'allègement de la pauvreté dans la région rurale de Pondichéry en Inde" (initiative décrite page 53) : Donner accès à de l'information fondamentale sur l'économie et l'environnement à 12 000 personnes de 7 villages via des Espaces Publics Numériques appelés "centres de savoirs communautaires". Ce projet est coordonné sur place par la MS Swaminath Research Foundation.


A souligner que IRDC a la particularité de disposer d'un financement conséquent de Microsoft Corporation (lire à ce sujet ce communiqué de Presse, le descriptif du partenariat Unlimited Potential ou encore ce communiqué) pour développer les activités de Telecentre.org, une plateforme d'échanges, de mise en réseau et développement des télécentres prioritairement dans les pays en voie de développement et plus largement à travers le monde.


Source :

Collectif (31 août 2006). Rapport annuel du CRDI 2005-2006 (En ligne), Centre de Recherches pour le Développement International, Ottawa, 86 p. (Page consultée le 31 août 2006)