Jean-Luc Raymond

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dimanche 7 janvier 2007

Léon Saussine, devineur d'Internet au début du 20e siècle, le cinéma-phono-télégraphique

Frédéric Lambert (professeur et sémiologue à l'Institut Français de Presse) s'intéresse dans le numéro de novembre 2006 du mensuel gratuit Citato, dans un article intitulé "L'avenir du passé, le futur du présent" à un français qui a prédit, il y a plus d'un siècle, l'Internet. Incroyable précurseur que Léon Saussine :

"Au début du XXe siècle, monsieur Léon Saussine, dessinateur et lithographe, s'est amusé à imaginer comment vivraient les habitants de la planète Terre au moment du passage à l'an 2000 en proposant une série d'images intitulées : "En l'An 2000".

Parmi toutes ces propositions qui nous font sourire (...), notre artiste-devin avait prédit la correspondance "cinéma-phono-télégraphique"! Un homme en costume, confortablement installé dans un fauteuil, tient dans sa main un "micro". Une jeune femme, grandeur nature, dans une toilette très recherchée, lui fait face. Mais il ne s'agit que de son image, projetée sur un grand écran. Elle semble cependant lui parler.

(...) Ce qui prime, c'est le dispositif qui autorise cet échange en direct. Un technicien s'affaire et le réseau de fils électriques, d'écouteurs, de sonnettes et de pavillons d'électrophones laisse deviner un appareillage complexe.

Notre peintre en avenir, inspiré par le génie du fantastique, n'avait-il pas inventé tout simplement l'Internet ? Certes, nos ordinateurs et nos web-cams ne ressemblent pas à cette machineri lourde. Mais on peut rendre justice à notre dessinateur d'avioir conçu au début du XXe siècle ce que serait le XXIe siècle et sa révolution numérique : la simultanéité audiovisuelle de nos modes d'échanges."


Cette image peut être vue à l'Historial de la Grande Guerre, Château de Péronne, 80 201 Péronne, France.

samedi 6 janvier 2007

La démocratie participative numérique et les collectivités territoriales

La Gazette des Communes consacre sa une du 8 janvier 2007 à : "Internet : Les nouveaux usages de la démocratie participative" avec un dossier de 8 pages sur le sujet, coordonné par Maud Parnaudeau. C'est à ma connaissance une première pour l'hebdomadaire de référence des collectivités territoriales en France.


Selon la Gazette, l'essor des réseaux numériques dans la démocratie locale est une "extension" de l'utilisation des Technologies de l'Information et de la Communication. Pourtant, les expériences de démocratie locale sur Internet ont été moteurs dans le processus historique d'Internet. On redécouvre aujourd'hui cette espoir de démocratie locale via le réseau avec la massification du nombre d'internautes.
Le numérique participatif est dans l'air du temps et les Technologies de l'Information et de la Communication sont d'abord considérées par l'immense majorité des collectivités locales comme un média.
Le souci de la transparence via Internet contribue-t-il à un effort démocratique ? Rien ne le prouve. Si le pouvoir des internautes semble plus grand, les actions individuelles ou collectives peuvent faire pression sur les élus mas c'est d'abord l'information et la consultation qui prime pour la collectivité territoriale.


Quid de la liberté d'expression ? Elle est présente sur Internet remettant en cause le fonctionnement même de la démocratie représentative. Si la communication et la publication d'internautes est possible dans les faits et techniquement par le citoyen lambda sous forme de blogs, forums, podcasts audio, vidéos, ce fait en ligne qui agrège les opinions n'est pas forcément représentatif des opinions des citoyens.
Soulignons que le nombre d'internautes en France n'est pas encore écrasant et que les outils techniques évolués sont exploités par les personnes qui savent s'en servir ; une partie très importante de la population n'y a pas recours faute d'accès, de compétences, du niveau d'instruction et d'une culture numérique inexistante.


Dernier point, l'essor des réseaux numériques joue le rôle certain d'aiguillon auprès des pouvoirs politiqurs locaux même si cette forme est largement surévaluée dans le paysage médiatique ambiant.
L'expression citoyenne n'est pas l'expression politique traditionnelle même si elle est foncièrement une expression politique d'engagement dans une réflexion et/ou une critique de la vie de la cité.
Cette distanciation entre ces deux modes d'expression n'est pas seulement culturelle ; elle mêle des intérêts de pouvoir, de représentation, de marchés économiques et de questions sociales redondantes.


Vincent Feltesse, maire de Blanquefort en Gironde, résume ainsi cette nouvelle forme de contestation dans le dossier de la Gazette des Communes :

"Il est vrai qu'internet est davantage un outil de contestation que de construction. Les personnes peinent à s'emparer des espaces de discussion ouverts par les institutions ; il y a un phénomène de défiance. Aussi, pour provoquer des échanges, il peut être plus efficace de poster des messages sur des blogs citoyens que de créer des blogs institutionnels".


Quelques expériences des collectivités locales évoquées dans ce dossier sur la démocratie locale à l'heure du numérique :

Wiki-Brest (encyclopédie brestoise dans lequel chaque internaute peut publier des textes, images ou des sons ayant trait au territoire) ;
- Ma ville en poche à Laxou (portail local consultable sur téléphone mobile) ;
- La WebTV du département de la Seine-Maritime ;
- les blogs Au Fil de Dream+ (mis en place dans le cadre d'un projet de la Région Nord-Pas-de-Calais sur la démocratie locale numérique) et Démocratie participative (initié par le Conseil Régional Rhône-Alpes).

mardi 2 janvier 2007

L'Observatoire des Inégalités propose un nouveau site avec un outil interactif de mesure et de comparaison sur les inégalités sociales

Le site Internet de l'Observatoire des inégalités fait peau neuve dès aujourd'hui avec une plus grande lisibilité offerte aux informations grâce à une hiérarchisation par sous rubriques (patrimoine, salaires, pauvreté...) et à une nouvelle thématique développée : l'Europe. En quelques années, ce site est devenu la référence sur la thématique des inégalités en France : actualité, compréhension du phénomène, recherche scientifique et références.


Avec cette nouvelle mouture du site, on assiste à une première en France : l'Observatoire des inégalités lance un nouvel outil interactif de mesure et de comparaison sur les inégalités sociales à partir de 250 tableaux, contenant plus de 3 500 données et permettant de sélectionner les informations chiffrées pour des catégories et des thèmes spécifiques, à l'intérieur de la base de données d'Inegalites.fr. Cet outil de comparaison unique en France a été développé spécialement pour l'Observatoire des inégalités par Julien Villalard, du réseau Moduloo.net.


Cet automne, Louis Maurin (directeur de l'Observatoire des inégalités, journaliste au magazine Alternatives Économiques) et Patrick Savidan (président de l'Observatoire des inégalités, maître de conférences en philosophie à l’Université Paris IV - Sorbonne) ont coordonné un remarquable ouvrage d'articles de spécialistes portant le titre "L'Etat des Inégalités en France - 2007" (chez Belin) déjà évoqué sur ce blog dans cette note.

lundi 1 janvier 2007

Prédictions 2007 technologiques à foison

Les prédictions 2007 en matière d'utilisation des technologies, de leur appropriation ne cessent de résonner aux quatre coins de l'Internet. Une petite revue de circonstance de quelques visions futorologiques ou prospectivistes pour la nouvelle année.


Quelques tendances fortes se dégagent autour de ces discours ambiants : un développement de services mobiles, des modes de distribution de logiciels évoluant vers le "en ligne", une croissance importante du secteur de la sécurité Internet et de l'identité numérique, la forte pénétration d'échanges de vidéos via des plateformes et l'apparition de nouveaux systèmes de peer to peer générant de véritables micro-chaînes TV thématiques par syndication/agrégation de contenus.


Médéric Morel de SQLI pense que se dessine une informatique-on-demand et ajoute que "les produits Open-Source continueront leur progression, mettant encore davantage la pression sur les éditeurs de logiciels. Leur utilisation en environnements critiques va se banaliser."


Guillaume Frat prédit l'avènement de la mobilité : "Les services mobiles explosent, le "m-Commerce" et la "m-Publicité" montent en flèche".


Anne-Claire Orban fait des prédictions axées sur les jeunes et les nouvelles technologies ; en première première position du Top 5 : ""Sur le Young Web : l'important est d'exister", pas de produire, ou de créer. Une diffusion des contenus des autres, une réappropriation personnelle de textes, vidéos et musiques hébergées par ailleurs. La blogosphère jeune est peu créative. Blogs "larsen" de DailyMotion et YouTube."


Lapnet traduit les 10 prédictions de l'Institut Gartner concernant l'Internet dans les organisations dans cet article avec ce point fort à relever : "Windows Vista sera la dernière publication majeure de Microsoft. La prochaine génération de systèmes d'exploitation se présentera sous la forme de modules et les mises à jour se feront de façon régulière. L'ère de la publication de logiciels monolithes tire vers sa fin. Microsoft fera partie de ce mouvement et les mises à jours de Windows seront plus flexibles et une emphase nouvelle sur la qualité globale du produit sera de mise."


Le journaliste Francis Pisani reprend les prévisions 2007 de Mark Anderson parmi lesquelles "le paiement par téléphones mobiles (qui) devient possible aux États-Unis (les opérateurs ont formé un consortium pour encourager cet usage) ; (la) généralisation des pratiques d'identification personnelles (empreintes digitales sur les ordinateurs et autres reconnaissances biométriques sur un nombre croissant d'appareils)."


Les 30 prédictions 2007 de Fimoculous pour 2007 sont à consulter : médias, technologie et personnalités se côtoient dans cet exercice de futurologie.


Toujours en anglais et plus sérieux, le Top 10 Predictions for Worldwide System Infrastructure Software, 2007 avec ce point très intéressant : "Software appliances will become a household word in 2007. The convergence of virtual machine technology and a new initiative by several tool vendors is giving birth to this new form of software packaging".


Le consultant américain Steve Rubel rêve de découvrir de nouvelles voix dans le monde des blogs.


Robin Good publie ses prédictions 2007 dans le domaine des médias en terme de tendances et d'opportunités en 15 points clés. Les outils ou plateformes évoqués existent déjà pour la plupart mais vont s'amplifier notamment l'agrégation de contenu, le partage vidéo et une plus large reconnaissance par le grand public des moteurs de recherche visuels comme Kartoo ou Grokker.


Dan Gillmor, spécialiste des médias internet, produit une série de prédictions pour les médias en 2007 sous la forme d'un Questionnaire à Choix Multiple. Il pense notamment que Google pourrait lancer un show vidéo en ligne en sélectionnant des vidéos sur YouTube sur la base de leurs audiences et de leurs auteurs afin de mettre à disposition ce programme pour des Chaînes TV indépendantes.

dimanche 31 décembre 2006

Sites Internet et blogs à suivre en 2007

Voici une sélection de sites Internet et blogs (par ordre alphabétique) à suivre en 2007, en français, en anglais et en espagnol. Ils font avancer le monde, réfléchissent à notre présent, à l'avenir et se penchent aussi sur des solidarités numériques.


Collaboratif

Alpes solidaires : Portail exemplaire sur l'Economie Sociale et Solidaire à Grenoble et dans ses environs.

CaféBabel : Magazine européen en 7 langues avec du contenu créé par des rédactions locales et où les contributions sont les bienvenues.

IciLévis.com : Portail animé par les citoyens et citoyennes de Lévis au Québec. Impressionnant contenu informatif participatif pour une petite bourgade.

Numérique : Blog collectif, coopératif et collaboratif des Espaces Publics Numériques au Québec (les CAC). Montre l'utilité de ces lieux d'accès publics à l'Internet via les articles des animateurs multimédias salariés et bénévoles.

Webtrotteur St Maurice de Beynost : Smehene , Méliné et Naty sont trois adolescentes qui réalisent des interviews de personnalités et citoyens impliqués dans la commune de Saint-Maurice-de-Beynost dans l'Ain ; un beau projet local rafraîchissant.


En français

Christian Fauré : Réflexions philosophiques sur le monde d'aujourd'hui et sur la mémoire. Pour prendre de la distance sur notre vie quotidienne. Au passage, belle définition du Web 2.0 par Christian Fauré : "Une application Web 2.0 est un formulaire de saisie en ligne proposant des services adossés aux contenus saisis par les particuliers."

CoopLog : Porte le sous-titre/claim "le blog des technologies qui rassemblent". Fine analyse et mise en perspective des tendances de l'Internet, du Web 2.0 et des services où le contenu des utilisateurs prime ; ceci en des articles compacts.

Jobetic : Indispensable lecture que ce site collaboratif sur la recherche d'emploi sur Internet. A faire connaître autour de soi.

L'autisme ou communiquer autrement : "À vivre avec un enfant autiste, on apprend à voir la vie avec d'autres yeux" écrit en préambule de ce blog, la maman d'Antoine, qui, du Québec, décrit une vie marquée par les difficultés d'Antoine (rentrée des classes, la communication via des pictogrammes...) mais il y a aussi des moments de bonheur.

Les films de poche faits main : Producteur et directeur artistique, Matthieu Chéreau propose un fil d'actualités et de problématiques liées au film de poche (vidéo réalisée avec une caméra numérique tenant dans la poche, qu'il s'agisse d'un téléphone, d'un appareil photo ou encore d'un PDA) : économie, esthétique...

Marketing et Droit de la musique dans l'environnement numérique: l'évolution du marché musical au regard des nouvelles technologies. Nouveautés techniques, marketing, internet et Droit.

SDF : Chronique nécrologique ou épitaphes numériques ? Ce blog à part rend hommage aux SDF décédés avec des informations factuelles. Réalité sinistre.

Sémiotruc : Par Audrey Bartis. Art, images, sémiologie et quotidien.


En anglais

Indexed: Représentations graphiques de concepts et petites choses de la vie quotidienne.

NewTeeVee : Le nouveau blog de Giga OM consacré au phénomène de la vidéo en ligne sous toutes ses coutures (plateformes, peer to peer, modèles économiques, logiciels...).

The Business Innovation Insider : L'un des blogs les plus en pointe sur l'économie de l'innovation dans des champs d'activités divers et variés.

The Nata village blog : 5000 habitants résident à Nata, village du Botswana ravagé le VIH/Sida. Au Botswana, 37% de la population est infectée par le virus du Sida et ce taux est encore plus élevé à Nata qui compte plus de 400 orphelins. Ce blog raconte le combat du village contre le Sida à travers des portraits locaux, des initiatives de prévention, des drames humains aussi. Une leçon d'humanité et d'espoir.

Twopointtouch : Le blog du journaliste anglais Ian Delaney sur le Web 2.0 et les médias sociaux. Informatif, didactique et réflexif.


En espagnol

Administraciones en red : Articles sur les initiatives d'administrations qui travaillent en réseau.

Consultoria artesana en la red : Gestion des connaissances dans les organisations. "Ingrédients" nécessaires : personnes, circulation de l'information, réseaux sociaux et des technologies.

Ciudad e Innovacion : Blog d'Alain Jorda sur l'innovation et la société de la connaissance dans les collectivités locales. Passionnant.

samedi 30 décembre 2006

Rapport et guide sur la participation citoyenne sur Internet du British Council

Le blog collectif espagnol Administraciones en Red a fait état le 26 décembre dernier dans un article intitulé "Typologie d'outils pour la eparticipation" d'un guide passionnant publié en juin 2006 par l'antenne berlinoise du British Council sur la participation en ligne : "Facilitating active citizenship : E-participation in the United Kingdom and Germany. A status report with examples from both countries" (84 pages, téléchargeable ici en .pdf). Ce qui marque dans cette publication, c'est l'absence des poncifs traditionnels de la participation citoyenne sur Internet qui peuvent être débattus sans fin.


Le rapport "Facilitating active citizenship : E-participation in the United Kingdom and Germany" présente une brève contextualisation du sujet avant de s'attarder sur la méthodologie de recherche employée pour façonner cette étude. Suit une typologie exhaustive de formats (et non d'outils) facilitant la prise de parole sur le Web pour le citoyen lambda (avec à chaque fois des exemples). Alors, les auteurs décrivent des projets très concrets en Grande-Bretagne et en Allemagne de participation citoyenne sur le Web que ceux-ci soient à l'initiative d'administrations centrales, de collectivités territoriales, d'associations, d'établissements scolaires ou d'universités. Pour chaque projet, sont indiqués les coordonnées de la structure responsable.


En visant la simplicité et la praticité, ce rapport s'impose comme un véritable vademecum de la e-participation à compléter par des discussions à l'issue de sa lecture qui ont inspiré une liste de 20 questions/lignes de travail autour de la participation sur Internet et une énumération d'avantages et d'inconvénients liés à la participation citoyenne sur Internet (sous deux points de vue : celui de l'organisation qui souhaite cette participation active et celui de l'internaute "usager" qui est invité à participer).


Rien n'est figé dans la e-participation et le virtuel ne remplace pas et ne substitue pas au réel. La clé de cette "eparticipation" repose sur de la formation à l'appropriation non pas seulement à des outils mais aux enjeux qui se dessinent pour les communes, les associations et les citoyens localement. L'animation de réseau est aussi essentielle. Rien ne se construit à distance sans favoiser les rencontres des acteurs locaux et en envisageant de développer des synergies locales de participations citoyennes en ligne autour de projets communs.
Au Royaume-Uni, la participation en ligne est souvent abordée par l'angle du voisinage ("neigbourhood") car ce qui est local et microlocal est immédiatement perceptible par le citoyen et son faisceau relationnel comme facteur du changement du quotidien. Cette approche est appropriée à des projets concrets et utiles où Internet est une des composantes à côté des comités de quartiers, des centres sociaux, des services publics de proximité, de mobilisations citoyennes locales...


Voilà qui devrait intéresser la Région Nord-Pas-de-Calais engagée dans une démarche de financement de la participation citoyenne sur Internet auprès des collectivités locales :


"Le Conseil Régional Nord – Pas de Calais met en œuvre un axe de sa stratégie TIC dédié à l'emploi des TIC au service de la démocratie locale et de la participation citoyenne. Cet axe vise principalement à accompagner l'émergence des projets portés par les collectivités locales : de l'animation pour faire connaître cet usage et faire naître les idées ; de l'accompagnement pour aider les collectivités à formaliser leurs idées en projets ; un soutien pour la réalisation de quelques projets ou initiatives exemplaires pouvant être aisément reproduites dans d'autres collectivités."


Ce programme de participation citoyenne en ligne peut être suivi sur le blog Au fil de Dream+ animé par Alexandre Desrousseaux.

vendredi 29 décembre 2006

Collabulary ou collabulaire (tendance 034)

Nouvelle rubrique : tendance. Un mot, une expression, un lieu, une chose comme reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans l'avenir, porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le prononce, dans son champ énonciatif et contextuel. Mot, expression à suivre, objet utile ou inutile, lieu en devenir...


L'édition de janvier 2007 de Wired s'intéresse au néologisme Collabulary (collabulaire en français) dans sa rubrique Jargon Watch et définit ainsi ce terme récent :

"n. A collaborative vocabulary for tagging Web content. Like the folksonomies used on social bookmarking sites like del.icio.us, collabularies are generated by a community. But unlike folksonomies, they're automatically vetted for consistency, extracting the wisdom of crowds from the cacophony."


On peut traduire cela par :

"Collabulaire. Nom masculin. Un vocabulaire de collaboration pour étiqueter le contenu du Web. Tels les folksonomies utilisés sur les plateformes sociales d'étiquetage comme Del.icio.us, les collabulaires sont produits par une communauté. Mais à la différence des folksonomies, ils sont examinés de près et on extrait de ce corpus "la sagesse des foules" à partir de la cacophonie."


L'article de Wikipedia
 (en anglais) sur le mot Folksonomy (taxonomie, classement de liens par de simples internautes) consacre un point à ce terme et explique qu'il s'agit d'un système d'étiquetage de pages Web a mi-chemin entre la classification par des experts et du contenu mis en signet par des utilisateurs :

"A collabulary (...) can be conceptualized as a compromise between the two: a team of classification experts collaborates with content consumers to create rich, but more systematic content tagging systems. A collabulary arises much the way a folksonomy does, but it is developed in a spirit of collaboration with experts in the field. The result is a system that combines the benefits of folksonomies -- low entry costs, a rich vocabulary that is broadly shared and comprehensible by the user base, and the capacity to respond quickly to language change -- without the errors that inevitably arise in naive, unsupervised folksonomies."


Alex Goodey relève sur son blog dans un article du 8 mars 2006, une autre version de la définition de collabulary par Wikipedia, par l'approche d'une méthode théorique:

"Collabulary refers to a theoretical method of labelling and organising data by collaborative tagging. It can avoid the weaknesses of a controlled vocabulary, ontology and folksonomy while combining their strengths. It is a thesaurus of metadata generated by multiple end users."

ARTE, Thema futur, nouveau rendez-vous pour une exploration des enjeux de l'avenir

La chaîne de télévision ARTE lance à partir de janvier, les soirées Thema Futur, chaque dernier mardi du mois à 20H40, pour une prise de conscience collective des ebjeux des années à venir. Au programme : Sciences, technologies, santé, énergie, démographie, environnement…

"Dans tous ces domaines, les prochaines décennies verront se produire des bouleversements sans précédent. Quelles conséquences ces évolutions auront-elles sur nos vies ? À quoi ressemblera le monde d'ici 2030? Le dernier mardi du mois, "Thema Futur" enquête sur les grands défis de la planète et invite le téléspectateur à imaginer le monde de demain, à comprendre et à préparer l'avenir."

Prochains rendez-vous :

Le mardi 30 janvier à 20h40 : 2026 - La révolution bioéthique

Septembre 2026. Un colis piégé est déposé devant le portail d’une clinique spécialisée dans les soins par cellules souches. Qui cherche à nuire à l'établissement ? La journaliste Ella Vilaine tente d'en savoir plus. Son enquête la fait remonter jusqu'en 2006, une époque charnière.

Le mardi 27 février à 20h40 : 2026 - L'homme immortel

2026. La concurrence bat son plein entre scientifiques et industriels pour remplacer les techniques traditionnelles de transplantation d’organes afin de prolonger la vie humaine. Plusieurs techniques sont disponibles : pose d'organes artificiels, implantation de nanomoteurs et de cellules souches...

Le mardi 27 mars à 20h40 : 2030 - Le big-bang démographique

En 1900, il y avait un milliard d'habitants sur la planète; d'ici à 2030, nous serons plus de 8 milliards! Cette évolution va provoquer une redistribution radicale des cartes géopolitiques, économiques, culturelles et écologiques. "ARTE Futur" envisage les scénarios à venir avec de nombreux reportages et les interventions des meilleurs spécialistes internationaux.

Lache tes coms, la sociabilité numérique des adolescents via les blogs, Dominique Cardon et Hélène Delaunay-Teterel

Le dernier numéro de la revue scientifique Réseaux (Volume 24, n°138, 2006, chez Hermès/Lavoisier) porte le titre "Les blogs" avec un dossier complet sur ce type de publications. Le sommaire, la présentation du dossier et les résumés des articles sont téléchargeables à cette adresse.


Les articles présentés : "Le blogueur à l'épreuve de son blog" par Mathieu Paldacci ; "La sociabilité juvénile instrumentée. L'appropriation des blogs dans un groupe de collégiens" par Cédric Fluckiger ; "Etats-Unis : les weblogs d'actualité ravivent la question de l'identité journalistique" par Florence Le Cam ; "La blogosphère, un cinquième pouvoir ? Critique du journalisme et reconfiguration de l'espace public au Portugal" par Marcia Rogerio Grilo et Nicolas Pélissier ; "Wikipédia, un dispositif médiatique de publics participants" par Julien Levrel ; "L'histoire de la "dog poop girl" revisitée. Usages et mésusages d'un médium hétérotopique" par Samuel Bordreuil.


Dans le premier article "La production de soi comme technique relationnelle. Un essai de typologie des blogs par leurs publics" de Dominique Cardon et Hélène Delaunay-Teterel, on s'attache notamment à évoquer le rôle de ce type de publication en ligne chez les jeunes et des dominantes de pratiques chez les adolescents dans la partie ""Lâchez vos coms!", la sociabilité digitale des adolescents" :

"Le réseau social "gigogne" des adolescents se caractérise par le volume, la faible spécialisation, l'intensité et la variété des liens mêlant amis très proches et simples connaissances, amis d'enfance et connaissances lycéennes, liens forts et liens faibles. Or le blog offre des ressources particulièrement adaptées à la gestion de ces variations d'intensité au sein d'un réseau amical large.

En premier lieu, à la différence du régime de communication des intériorités, le public destinataire du blog est clairement adressé par l'énonciateur. (...)

La constitution du public répond alors à une logique de bande coalisée en amont de la réalisation du blog. En avançant en âge, les jeunes blogueurs écartent progressivement leur famille de leurs blogs pour le réserver à la seule conversation avec les copines et copains. Le blog s'insère, à côté de l'IM et du téléphone portable, parmi les technologies conversationnelles permettant de maintenir un contact continu avec eux. Alors que le téléphone portable est utilisé pour la coordination et l'IM pour des échanges interpersonnels quasi-synchrones en présence intermittente, le blog vient davantage enregistrer les moments forts de la vie collective des adolescents. On y affiche ses goûts, ses emblèmes culturels et le ressenti des auteurs. De sorte que les usages entrelacés du portable, de l'IM et des blogs permettent aux adolescents de confier à ces derniers la mémoire vivante du collectif. En s'inscrivant dans la gamme des technologies de la conversation juvénile, la possession du blog apparaît aussi comme une quasi-obligation pour ne pas être exclu du groupe de pairs. Et cette pression sociale s'exerce encore sur la vie du blog qu'il faut constamment nourrir et commenter. Le public réclame des mises à jour, des nouveautés pour que la conversation dans les commentaires soit dense et régulière. La quête des commentaires constitue alors un défi central pour les jeunes blogueurs, qui demandent inlassablement aux autres sur leur post : Lâchez vos coms!. La réputation des personnes et de leurs blogs se mesure en effet par l'importance du nombre de commentaires reçus et, pour certains skyblogueurs, celle-ci fait l'objet d'une véritable compétition.

En second lieu, la gestion du public s'exerce aussi par l'affichage des goûts et des pratiques culturelles de l'énonciateur. L'affirmation de ses préférences culturelles joue en effet un rôle décisif à la fois comme instrument de conquête d'une réputation auprès des liens faibles et de singularisation auprès des liens forts. Cette affirmation identitaire passe par un processus de stylisation des goûts "qui tend à radicaliser les appartenances culturelles en public". A travers l'énorme production de collages de photos de stars, de paroles de chanson, d'images de films ou de clips vidéo, les blogueurs produisent un travail de stylisation afin d'articuler une image d'eux-mêmes mettant en cohérence, selon des codes complexes, goûts musicaux, pratiques sportives, tenue vestimentaire et rapport aux différents sous-genres cinématographique ou littéraire. Ce travail de stylisation collective à partir des productions culturelles de masse est indispensable aux logiques d'affiliation qui se constituent dans la formation des sociabilités au collège et au lycée. Cependant, les productions de contenus culturels sur les blogs permettent aussi un travail d'individuation de la relation que chacun entretient avec le style collectif que s'est donné le réseau d'amis."

mercredi 27 décembre 2006

Autorité informationnelle (tendance 033)

Nouvelle rubrique : tendance. Un mot, une expression, un lieu, une chose comme reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans l'avenir, porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le prononce, dans son champ énonciatif et contextuel. Mot, expression à suivre, objet utile ou inutile, lieu en devenir...


L'autorité informationnelle est un concept de l'univers documentaire du Web. Dans un article scientifique intitulé "Construction de l'autorité informationnelle sur le web" (11 pages, à télécharger ici en .pdf), la chercheuse Evelyne Broudoux examine ce concept au regard de plusieurs contextes de médiation d'un document numérique (sphère privée, sphère collective et sphère publique) avec des critères :

"l'autorité énonciative personnelle s'appuyant sur l'auteur et sa notoriété, l'autorité de groupe ou institutionnelle triant et établissant les conditions de la confiance en la fiabilité des informations, l'autorité du contenu concernant le document lui-même, son genre et sa qualité, et enfin l'autorité du support qui fixe les frontières matérielles du document."


La notion d'autorité informationnelle est l'un des repères majeurs de notre temps pour mieux situer notre rapport  à l'information, au savoir, à la transmission du savoir, voire à la notion de compétences. L'autorité informationnelle change dans le contexte numérique : "Le changement de support dû au passage au numérique remet en question les "autorités" sur lesquelles étaient basées l'attribution de confiance, la vérification et la légitimation de l'information."


Dans ces travaux de septembre 2004 à juin 2005 , l'atelier-auteur du groupe de travail de recherche RTP-DOC, Programme Société de l'Information (CNRS) délivre une acception de l'autorité informationnelle dans un document de 98 pages (téléchargeable ici en .pdf) : "Documents et contenu : création, indexation, navigation"  :

"Autorité informationnelle (proposition de définition)
- Enonciative (personnelle)
- Institutionnelle (éditeur vérifie la fiabilité des informations)
- Documentaire (type et qualité du document)
- Enoncé (contenu du document)".

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