Jean-Luc Raymond

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dimanche 28 janvier 2007

Bernard Stiegler, Internet, télécratie, contributions, participativité et démocratie

Le philosophe Bernard Stiegler est de plus en plus présent dans l'émission "Ce soir ou jamais" de France 3. Le mardi 23 janvier, il s'est exprimé sur la puissance de l'Internet en particulier dans l'importance des contributeurs internautes dans le débat démocratique. Voici la transcription de ses propos sur les nouvelles technologies dans le cadre de cette émission :

"Je crois qu'Internet est un phénomène très très important qui ne fait que commencer et qu'il faut garder de juger ce qu'il se passe sur Internet avec le très peu de recul historique dont nous disposons. En revanche, je crois qu'il s’y passe des processus participatifs. Je n'oppose pas participation et représentation. La représentation est un processus de délégation. Si par exemple, on regarde ce qui se passe sur Wikipédia qui est quand même un phénomène très intéressant. C'est une encyclopédie que beaucoup regardent de très haut, universitaires ou professeurs, écrivains et intellectuels ou avec mépris. Beaucoup la regardent de haut, mais beaucoup la pratiquent aussi, l'utilisent. L'encyclopédie Wikipédia est un média extrêmement intéressant qui est en reconfiguration permanente et où chacun peut modifier un article qu'il est en train de lire, avec un contrôle bien entendu puisqu'il y a des responsables de rubriques. Et là, on voit comment quelque chose de très intéressant se produit, qui est arrivé aussi dans une association que je préside qui s'appelle Ars Industrialis, où les internautes veulent contribuer aux choses.


La différence entre le média Internet et les grands médias de masse que nous avons connus comme la radio et la télévision, c'est que dans ces médias de masse, il y a une opposition entre les producteurs d'un côté et les consommateurs de l'autre. Sur Internet, il n'y a pas de consommateurs. Il y a des participants, des contributeurs et c'est un processus d'un type tout à fait nouveau. Ce processus est extrêmement intéressant parce qu'il manifeste que les gens ont besoin d'exister, de pouvoir vivre collectivement, d'échanger et qu'il y a là une possibilité de développement tout à fait nouvelle.


Ici, il est très intéressant de faire un rapport entre ce qui se passe sur Internet par rapport à l'information et d'une façon plus générale, le fait que dans la société industrielle contemporaine, l'opposition entre production et consommation, pas simplement dans le domaine de l'internet, commence à devenir problématique.


Sur Internet, un phénomène s'est développé déjà depuis une quinzaine d'années : la production open source, en particulier le monde de ce qu'on appelle le logiciel libre. C'est un modèle industriel nouveau et un modèle économique nouveau. Un logiciel libre est développé par les utilisateurs du logiciel. Ses sources de développement sont ouvertes à tous. Tout le monde peut contribuer à l'évolution du logiciel et les gens en pratiquant le font évoluer et donc existent aussi à travers le développement de ce logiciel. (...)


Ceci, c'est un nouveau projet industriel, un nouveau projet politique, un nouveau projet économique, un projet technologique. Il faut développer les technologies pour cela (...) C'est un enjeu fondamental des décennies qui viennent. Il faut que la société se mobilise pour obliger les candidats à l'élection présidentielle à développer une politique dans ce domaine.


Il faut bien se rendre compte qu'il y a la convergence des technologies, donc convergence d'Internet (France Télévision a un site Internet ; toutes les chaînes de télévision ont un site Internet).


Sur Internet, on voit apparaître l'autoproduction vidéo. L'écrit a repris une seconde vie et c'est très bien aussi que les gens fassent des images et apprennent à manipuler les caméras. Tout ça est en train de se développer et produit la convergence du numérique, convergence entre les télécommunications, l'informatique et l'audiovisuel. C'est colossal, les transformations qui se produisent là, sans parler de ce qu'on appelle les microtechnologies et, derrière les nanotechnologies. Toutes ces technologies des objets communicants, ce sont d'énormes vagues de transformations qui sont en train de se produire. Il faut regarder cela de très très près et les pratiques des individus.


Il faut voir la vitesse à la quelle s'est socialisé internet. Il faut se souvenir qu'il y a 15 ans, Internet n'existait pas. Aujourd'hui, nous pratiquons pratiquement tous de près ou de loin. J'y passe 7, 8 heures par jour devant Internet. Je travaille avec et des centaines de milliers de gens travaillent avec Internet. C'est quelque chose qui va se développer encore beaucoup plus que tout ce que nous pouvons imaginer et il est fondamental de repenser la société industrielle par rapport à cela.


Je pense qu’Internet va transformer très profondément la vie politique. Je crois que ça va conduire à une participativité, à une implication, à une contribution des gens beaucoup plus grande dans la vie politique et c'est une très bonne nouvelle. Il s’est produit une coupure pendant les dernières décennies du fait des médias de masse qui ont produit des courts-circuits dans l'individuation collective, à travers le fait que la radio et la télévision, les médias se sont substitués aux appareils démocratiques (ce que j'appelle la télécratie). Internet permet d'imaginer une relance de la démocratie. Ce peut être aussi un outil de manipulation beaucoup plus fort aussi."

Lutte contre la Fracture Numérique : le Libre marque des points !, conférence à Solutions Linux 2007, le 31 janvier

Le Salon Solutions Linux 2007 (CNIT - Paris La Défense, Hall Marie Curie, du 30 janvier au 1er février 2007) propose une conférence gratuite sur le thème : "Lutte contre la fracture numérique : Le Libre marque des points !", le mercredi 31 janvier de 9h30 à 12h, axée sur le développement numérique en Afrique.

Parmi les intervenants de la matinée :

- Frantz Fongang, Chef de projet formations présentielles, Programme "Soutien des TICs à l'enseignement supérieur et à la recherche", "Rectorat-Services Centraux de l'Agence Universitaire de la Francophonie" : "Centre Linux et Logiciels libres pour le Développement (C3LD)et certification internationale (LPI)",

- William Turner, Coordinateur du projet Diaspora Knowledge Network, UNESCO,

- Pierre Bonis, Chef du bureau pour les NTIC, Ministère des Affaires Etrangères : "Lutte contre la fracture numérique : enjeux et perspectives",

- Papa Amadou Konté, Chargé des Nouvelles technologies à la Mairie de Dakar : "Logiciel libre et système d'information de de la Mairie de Dakar. Opportunités et craintes",

- Olakanmi Adewara, formateur ADEN - "Obafemi Awolowo University" Ile-Ife – Nigéria et Nicolas Pejout, projet ADEN (dispositif complet pour la création de points d’accès publics à l’Internet dans des zones numériquement enclavées) du Ministère des Affaires Etrangères : "Le libre au service du développement : l'exemple du projet ADEN",

- et Gonzague Ladmiral, président d'EAH - François Jaffrennou, vice-président et chef du convoi Burkina Faso 2007 - Aurélien Lemoine, chef du Projet Wedus.org avec l'école d'Ingénieurs EFREI. Il s'agit d'un portail éducatif à destination des collégiens et lycéens des pays en voie de développement.

samedi 27 janvier 2007

Journée européenne de la protection des données, Alerte aux traces

Ce dimanche, se déroule la journée européenne de protection des données personnelles et de la vie privée. Une page complète du site du Conseil de l'Europe recense les initiatives sur notre continent dédiées à cette journée. En France, la Commission Nationale de l'Infomatique et des Libertés (CNIL) se mobilise avec une campagne d'information : "Alerte aux traces" :

"De nombreux actes de la vie quotidienne (téléphoner, utiliser sa carte bancaire ou surfer sur internet...) génèrent des "traces" porteuses d'informations sur notre identité. L'utilisation anodine de technologies performantes nous conduit naturellement à dévoiler toujours plus d'informations sur nous, sans pour autant savoir qui y aura accès, pour quoi faire et pour combien de temps. Ces données peuvent être exploitées de plus en plus vite, en plus grand nombre et sont potentiellement accessibles en tout point du globe. Notre vie privée se réduit ainsi petit à petit avec le risque que ce mouvement soit irréversible."


A cette occasion, le journaliste Thomas Bronnec s'entretient avec Yann Padova, secrétaire général de la CNIL, dans un article pour l'Express publié le vendredi 26 janvier 2006 : "Les technologies rognent les libertés". Extrait de cette interview sur le côté intrusif de l'exploitation des technologies où l'on met en avant une sensibilisation indispensable des citoyens sur ces questions :

"Comment s'exprime ce côté intrusif ?

"C'est très simple. Voici quelques exemples, illustrés à travers ces animations. Utiliser un GPS pour se guider sur les routes, c'est très pratique, mais à tout instant on peut savoir où vous êtes, combien de kilomètres vous avez parcouru, etc. C'est la même chose pour ce qu'on appelle la "télébilletique", c'est à dire l'émission des cartes de transport équipées d'une puce. Cela facilite la vie quotidienne, c'est vrai, mais c'est aussi une atteinte à la liberté d'aller et venir anonymement . Or c'est un droit fondamental en démocratie, tout comme la liberté de réunion ou la liberté d'expression. Les technologies, si on n'y prend garde, rognent ces libertés. Si vous avez publié une tribune politique sur le web et que votre employeur, en tapant votre nom sur Google comme cela se fait fréquemment, tombe dessus, vous pouvez avoir des ennuis.""

Lawrence Lessig, L'avenir des idées, Le sort des biens communs à l'heure des réseaux numériques, téléchargeable gratuitement

L'essai de Lawrence Lessig "L'avenir des idées - Le sort des biens communs à l'heure des réseaux numériques" publié il y a quelques mois en français aux Presses Universitaires de Lyon est désormais téléchargeable gratuitement sur le site des PUL à cette adresse en .pdf (306 pages) ; une traduction de l'anglais par Jean-Baptiste Soufron et Alain Bony.


Ouvrage essentiel que le New York Times a qualifié ainsi : "un livre qui vous secoue et vous fait prendre conscience de ce que l'on perd lorsque les idées sont transformées en propriété intellectuelle", "L'avenir des idées" de Lawrence Lessig montre (avec de nombreux exemples) comment les excès de la réglementation et les dérives monoplistiques (notamment le droit d'auteur) dans l'univers de l'Internet ont pour conséquence directe de diminuer les capacités d'innovation et de créativité. L'analyse est abordée sous 3 angles : juridique, politique et philosophique.


Au coeur de ces questions, notre avenir à tous et des questions essentielles : pouvons-nous définir et préserver des biens communs informationnels ? Saurons-nous sauvegarder l'échange de connaissances en ligne ? Quelle place pour le partage de savoirs sur Internet ?


Ce cyberespace, véritable "cité numérique" est un espace de pouvoir, de créativité, d'échange où est établi un jeu d'acteurs industriels qui ont pour dénominateurs communs d'influer mondialement sur nos cultures et sur des projets politiques. A nous de comprendre et d'agir pour que l'innovation et l'expressivité soient aussi au coeur de nos préoccupations. C'est ce à quoi l'essai de Lawrence Lessig nous fait invariablement réfléchir :

"Les innovations que j'ai décrites découlent de l'environnement constitué par le Net. Cet environnement est une association équilibrée entre réglementation et liberté. Il est sensible aux modifications de cet équilibre. Si les contraintes sur la couche des contenus deviennent plus lourdes, l'innovation qui repose sur des contenus libres sera freinée. Si l'accès garanti par le bien commun de la couche du code est soumis à des conditions ou des limitations, alors l'innovation qui en dépend sera menacée. Cet environnement établit un équilibre entre ce qui est libre et ce qui est sous contrôle. Préserver cet environnement implique aussi de préserver cet équilibre."


Lawrence Lessig est Professeur de Droit à la Stanford Law School. Titre original de l'ouvrage : "L'avenir des idées - Le sort des biens communs à l'heure des réseaux numériques" : "The Future of ideas - The Fate Of The Commons In A Connected World".

dimanche 21 janvier 2007

Eric Maurin, la ségrégation urbaine et la gentrification

Economiste, directeur de recherche à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (Paris), Eric Maurin est l'auteur de plusieurs ouvrages dont "Le Ghetto français" où il met en avant le phénomène urbain de la gentrification qui exclut les populations paupérisées et classes moyennes des villes centres.


Dans l'ouvrage collectif "Repenser la solidarité. L'apport des sciences sociales" sous la direction de Serge Paugam qui vient de paraître (PUF, collection Le Lien Social), Eric Maurin évoque de nouveau la gentrification et le séparatisme social de l'habitation et des lieux de vie dans un brillant article : "La ségrégation urbaine, son intensité et ses causes". Au regard des connexions aux technologies et des infrastructures dans les villes, cette ségrégation urbaine trouve en écho particulier. Extrait de l'article d'Eric Maurin :

"L'une des formes marquantes de la ségrégation territoriale est aujourd'hui celle qui éloigne les personnes les plus riches de la société - matériellement comme culturellement - de toutes les autres. Selon l'Enquête Emploi de l'INSEE, lorsqu'on divise le territoire en petits voisinages d'une trentaine de logements adjacents, on constate que les 10 % de personnes ayant les salaires les plus élevés se concentrent dans leur très grande majorité dans une petite majorité de voisinages. Inversement on ne trouve aucune personne à salaire élevé dans près de la moitié des voisinages, ceux-là même où se concentrent par ailleurs les 10 % de salariés les plus pauvres. Au total, les 10 % de salariés les plus riches et les 10 % les plus pauvres ne résident quasi jamais dans les mêmes voisinages. (...)

La concentration de la richesse dans quelques voisinages seulement est l'expression d'un choix, celui des personnes les plus aisées et les mieux informées de s'installer dans les environnements les plus stables et les plus protégés possible. La focalisation de la demande de logement des personnes les plus riches sur quelques voisinages seulement contribue à y maintenir le prix des logements à des niveaux élevés. Mécaniquement les personnes les plus pauvres sont condamnées à habiter ailleurs. Il en résulte une concentration territoriale des personnes les plus pauvres, mais il s'agit beaucoup plus d'un phénomène par défaut que le résultat d'une stratégie active de leur part (de type communautaire par exemple). C'est sans doute la raison pour laquelle, contrairement à une idée reçue, les personnes les plus pauvres et les plus démunies de diplômes sont aujourd'hui plutôt moins concentrées sur le territoire que les personnes les plus riches. Tandis que celles-ci mobilisent désormais toutes leurs ressources pour s'isoler, celles là subissent les dynamiques de la ségrégation. La richesse - notamment celle que confère un diplôme prestigieux - est moins visible à l'oeil nu que la pauvreté et c'est peut-être ce qui explique la relative transparence des enclaves chic."

Fracture numérique, développement durable, innovation, utilisation des téléphones mobiles chez les enfants... (brèves citoyennes de clavier)

Pour réfléchir, deux articles à lire dans le magazine Sciences Humaines de février : "Le Développement durable" par Sylvie Brunel, Géographe (apparition, principes, contradictions et applications) et "Les jeunes "guerriers des cités"" par Thomas Sauvadet, Sociologue (enquête au cœur des bandes de jeunes, révélatrice d'un microcosme avec ses liens de solidarités, ses codes mais aussi ses lois implacables).


Fracture numérique : Le Môle de Recherche Breton MARSOUIN révise son positionnement de recherche sur la fracture numérique à l'occasion d'un appel à communications : "Espaces publics & TIC : les TIC sont-elles un outil servant le débat public, et en même temps font-elles l'objet d'un débat sur leur usage qui dépasse la question un peu vaine de la "fracture numérique"?". Dans le bilan du bulletin E-Veille 2005-2006 du Ministère des Services Gouvernementaux du Québec, tout un chapitre sur "l'Inclusion numérique : un défi de taille auquel s'attaquent les gouvernements" (en .pdf).


Tutoriels : "Concevoir un sudoku en Flash" (par Le Journal du Net développeur) ; pour la recherche d'emploi : "Faire aboutir ses candidatures spontanées" (par le Journal du Management) ; dans le milieu professionnel, avec les outils technologiques : "S'organiser pour gagner en efficacité" (toujours par le Journal du Management).


Mobilité : "Comment les enfants britanniques de 6 à 13 ans utilisent le téléphone portable ?", résultat d'une étude de Intuitive Media Research : "69 % des 6-13 ans déclarent, en effet, envoyer des SMS à leurs connaissances. Viennent ensuite la prise de photos, qui représente 58 % des réponses, puis la réalisation de vidéos (43 %). Envoyer des MMS est moins répandu mais touche tout de même 42 % de cette classe d'âges. Enfin, les jeux sur téléphone avec des amis ne rallient que 39 % de l'échantillon."


Innovation : "Knowledge and the diversity of innovation systems: a comparative analysis of European regions", article scientifique de Christophe Carricazeaux et Frédéric Gaschet, Université Bordeaux 4, en .pdf de 44 pages qui analyse la diversité des configurations régionales européennes en termes d'accumulation de connaissance et de performances socio-économiques. L'hypothèse est que les liens dynamiques entre connaissance, innovation et performances sont spécifiques au contexte institutionnel au sein duquel interagissent des agents hétérogènes.


Lieux : Edicom nous informe que le Japon a inauguré ce dimanche le plus vaste musée d'art du monde consacré exclusivement à des expositions temporaires (le Centre national d'art de Tokyo), un espace qui veut incarner l'esprit du "21e siècle", ouvert aux collections du monde entier, aux jeunes talents et aux nouvelles technologies. A Paris, jusqu'à fin mars 2007, la Maison A et le Studio B se visitent au 38 bis rue Hallé, 14e arrondissement ; des maisons intelligentes avec innovations technologiques et écologiques.


Sites internet locaux : nouveau, le blog de Bretteville l'Orgueilleuse (plus de 2000 habitants, dans le Calvados) par le Maire Loïc Cavellec qui témoigne de la vie de la commune et des différents projets. A Faulquemont (5500 habitants, Moselle), ce sont les agents qui alimentent le site Internet de la commune selon leur domaine de compétences et ils apprécient l'interactivité du système (article de la Gazette des Communes du 22 janvier 2007).

lundi 15 janvier 2007

100 façons de visualiser l'information, A periodic table of visualization methods

Comment cartographier l'information ? Comment l'explorer ? Les typologies sont diffuses et avec Internet, on a parfois l'impression que le concept d'information se cherche à nouveau.


A ce challenge impossible, Ralph Lengler et Martin J. Eppler (chercheurs à l'Université de Lugano, Suisse qui travaillent sur la Visual literacy) viennent de répondre de façon magistrale sous la forme de la simili-table périodique des éléments de Mendeleïev en présentant une table périodique des méthodes de visualisation ("A periodic table of visualization methods") qui s'affiche sur une page de format A4 en mode portrait.


La présentation de cette table est extrêmement claire : chacun des 100 éléments représente une méthode de visualisation de l'information classée en colonnes de 6 couleurs différentes. On distingue 6 familles de visualisation : données, information, concept, stratégie, métaphore et composé ("data, information, concept, strategy, metaphor et compound").


Une légende dans chaque carré d'élément permet de distinguer : le type de visualisation (procédural ou structurel : process or structure) ; s'il s'agit d'une pensée divergente/divergent (ajout de la complexité) ou convergente/convergent (diminution de la complexité) ou le mode de visualisation (détail ou synthèse ; detail or overview, ou les 2 à la fois).


En survolant chaque élément avec la souris, la méthode de visualisation apparaît afin de se la remémorer plus facilement avec un exemple.


Cette table périodique de 100 méthodes ou façons de visualiser l'information est d'une grande utilité dans la gestion de projets, le domaine de la fomation, le management et les ressources humaines.


En complément, Ralph Lengler et Martin J. Eppler ont écrit un article scientifique pour expliciter cette table périodique de 100 façons de visualiser l'information : "Towards A Periodic Table of Visualization Methods for Management" (6 pages à télécharger ici en .pdf). Via le Center for Teaching and Learning at The University of Georgia.

Journée portes ouvertes à l'Espace Public Numérique Cyberespace de l'Agora - Association Emmaüs, Paris 1er, le mercredi 17 janvier

L'Espace Public Numérique Cyberagora - Association Emmaüs est un lieu d'accès public à l'Internet complètement atypique. Il est situé dans l'Agora, plus grand centre d'accueil de jour de Sans Domicile Fixe à Paris (32 rue des Bourdonnais, 1er arrondissement) en plein centre de la capitale, tout près des Halles.


Depuis 2003, cet EPN accueille pour des initiations à l'informatique et à l'Internet, du libre service, des personnes défavorisées, à la rue, gratuitement avec un accompagnement spécifique assuré par un coordinateur travailleur social (Ricardo Parrilla) et des bénévoles de tous les âges et de toutes les professions.


Cette réelle mixité sociale au service des gens démunis en fait un lieu attachant où les ordinateurs sont des outils au service d'un réel plus pour ces personnes. L'EPN Cyberagora possède un blog depuis 2005 où usagers, bénévoles et salariés s'expriment ; un même espace en ligne pour une expression plurielle.


Le mercredi 17 janvier 2007, de 9h30 jusqu'à 17h, le Cyberespace de l'Agora propose une journée portes ouvertes. Au 32 rue des Bourdonnais, bénévoles, usagers et coordinateur vous guideront pour faire connaissance avec l'informatique et découvrir ce lieu où le bénévolat est toujours le bienvenu.


Voici ce qu'on fait au Cyberespace de l'Agora : "Repérer vos trajets. Regarder des vidéos. Faire de jolies présentations. Envoyer et recevoir des e-mails.Trouver des photos, et en envoyer. Regarder les actualités de tous les pays. Retrouver des personnes et leurs coordonnées. Regarder des vues de paysages ou de villages. Communiquer avec les administrations, CAF, ANPE, etc. Écrire des textes, lettres, poèmes, nouvelles, romans etc. Écouter des musiques, retrouver les paroles des chansons... Et ce ne sont là que quelques exemples!


Pour tout renseignements, contacter Ricardo Parrilla par courrier électronique agora@emmaus.asso.fr ou par téléphone au 01 55 34 74 84.

Le multitâche ou le plurimédia chez les jeunes internautes

Béatrice Copper-Royer (psychologue et psychothérapeute) et Catherine Firmin-Didot (journaliste à Télérama) ont publié à la fin de l'été 2006 : "Lâche un peu ton ordinateur! Comment mettre des limites ?" (chez Albin Michel), un livre de conseils responsabilisants pour les parents et d'explication sur ce que sont les pratiques actuelles de l'Internet, des jeux vidéos et de la mobilité technologique chez les jeunes.


Sans diaboliser les risques de l'Internet, dans "Lâche un peu ton ordinateur! Comment mettre des limites ?", Béatrice Copper-Royer et Catherine Firmin-Didot posent des jalons pour réfléchir en famille aux utilisations des outils technologiques par les enfants et les adolescents. Extrait de cet ouvrage sur le multi-tâche ou le plurimédia utilisé par les enfants.

"Nous n'avons jamais bien compris comment certains enfants pouvaient faire leurs devoirs tout en regardant la télévision. Avec Internet, ils ont franchi un échelon de plus dans cette acrobatie. Car l'ordinateur n'a pas toujours remplacé le petit écran : dans certains cas, il s'y ajoute! Il n'est pas rare, en effet, que des enfants suivent d'un oeil une conversation sur MSN, tout en jetant l'autre sur un travail scolaire, le tout devant la télévision allumée ou sur un fond de musique téléchargée! Si vous vous en étonnez, ils rétorquent que le travail en question n'est du recopiage, lequel ne demande aucune concentration.

La nouvelle génération semble s'être habituée aux sollicitations multiples qui, désormais, nous assaillent sans cesse, dans la rue, dans les magasins, mais aussi dans nos foyers. On ne peut effectuer un trajet dans une ville sans subir quantité d'incitations visuelles ou sonores, par le biais de publicités, de messages ou de musique de fond. Tant de loisirs nous sont proposés que nous ne savons plus très bien où donner de la tête. Prenant conscience que nous n'aurons jamais le temps de profiter de tout, nous éprouvons un sentiment diffus de frustration. Ce problème de la pléthore que nous avons évoquée précédemment, nos enfants s'y sont adaptés à leur manière : ils consomment tout en même temps! Pas forcément pour le meilleur : les professeurs soulignent leurs difficultés croissantes à approfondir leurs idées."

dimanche 14 janvier 2007

Cistes (tendance 046)

La rubrique tendance, c'est un mot, une expression, un lieu, une chose comme reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans l'avenir, porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le prononce, dans son champ énonciatif et contextuel. Mot, expression à suivre, objet utile ou inutile, lieu en devenir...


Les cistes (ou le geocaching) ? Drôle de mots dont le site des cistes fait ainsi l'historique :

"Selon le Petit Larousse, une ciste, dans la Grèce antique, était une corbeille ou un coffret comportant des offrandes destinées aux dieux. Max Valentin, père des chasses au trésor ludiques francophones et auteur, notamment, de la célèbre Chouette d’Or (qui reste introuvable depuis plus de 12 ans en dépit des efforts de centaines de milliers de chercheurs), a choisi le mot "cistes" pour adapter au contexte français un concept qui fait fureur outre-Atlantique sous le nom de Geocaching."


Les cistes, c'est une chasse au trésor qui prend en compte Internet où les indices y sont déposés. Ce mode de chasse de trésor se développe en France avec des passionnés bénévoles de ce modèle de jeu. Les cistes sont des boîtes hermétiques dissimulées dans la nature (dans un lieu public et jamais enterrées) et qui renferment des petits objets originaux (pas de denrée périssable). Pour qu'on puisse les trouver, les cacheurs auront laissé quelques indices sur Internet afin de les localiser. Ils glissent aussi dans leur trésor un carnet avec un stylo pour que les trouveurs puissent y laisser un message. Le cacheur peut aussi lancer un défi supplémentaire en glissant un bourdon dans la ciste, c'est-à-dire un message qui amènera le trouveur à voyager de ciste en ciste jusqu'à un lieu déterminé. Une fois la boîte découverte, ce dernier ne devra, quant à lui, pas oublié de remplacer le petit objet qu'il aura choisi par un autre. Ce jeu de piste moderne est généralement familial.


Pour jouer aux cistes, on peut consulter le site Internet Cistes.netle site des Cistes et New Forez - Le forum sur la piste des cistes.

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