Ex-assistant
social ayant suivi une formation d'éco-conseiller, Christophe Danaux est
concepteur du site Internet Sentiers.be. En s'intéressant aux chemins et sentiers de son village
près de Walcourt en Belgique, il a créé l'association Chemins et sentiers de la
vallée de l'Eau d'Heure pour recenser les sentiers de sa commune sur Internet
et ainsi essayer de sauvegarder ce patrimoine méconnu.
En 2004, l'associaton devient Sentiers.be avec pour objectif de développer le
site Web et donc l'information auprès du public mais avec la spécificité que
les internautes puissent rédiger leurs propres articles. Avec le temps,
Sentiers.be a grandi : cartographie, infos sur les sentiers et chemins
vicinaux, lois relatives à l'urbanisme, règles de circulation, signalisation,
balisage, un glossaire spécialisé et un forum participatif des chemins et sentiers de Wallonie.
Dans le cadre du programme européen LEADER+, cette expérience vise désormais à
informer sur des liaisons inter-villages existantes (et parfois oubliées) de
l'Entre-Sambre-et-Meuse (Cerfontaine, Florenne, Gerpinnes) permettant
d'offrir à terme "la possibilité de rejoindre le village ou le quartier
voisin en toute quiétude et dans des conditions de sécurité optimale. Destiné
aux promeneurs, sportifs, écoliers, il encourage à pratiquer une mobilité
"douce", non polluante en milieu rural".
Des citoyens volontaires assurent des repérages et un inventaire des sentiers
et chemins pour Sentiers.be en coordination avec les autorités locales. Christophe
Danaux gère la base de données cartographique, le site Internet (motorisé sur
SPIP) et sa conception graphique.
Un superbe projet qui associe la sauvegarde et la conservation d'un
patrimoine pour sa revalorisation locale en utilisant les technologies tout en
tenant compte du bénéfice humain que cela représente pour redévelopper la
mobilité rurale : marche ou sports de plein air comme le VTT ou
l'équitation.
Tag - reseau
lundi 5 février 2007
Sentiers.be, les nouvelles technologies pour sauvegarder et entretenir le patrimoine des sentiers et chemins en Wallonie
Par Jean-Luc Raymond le lundi 5 février 2007, 21:06
Le capital humain engendre l'innovation
Par Jean-Luc Raymond le lundi 5 février 2007, 18:58
La
dernière édition d'Innovation européenne, magazine de la Commission Européenne
(édition de janvier 2007), propose un article très intéressant intitulé :
"Comment le capital humain engendre l'innovation" qui reprend des résultats
d'une récente étude de Peer Ederer, Philipp Schuller et Stephan Willms (du
groupe de réflexion allemand Deutschland Denken) : "Innovation at Work: The European Human
Capital Index" (à télécharger ici en .pdf, 24 pages).
Ce rapport indique que les pays Européens doivent consentir d'importants
efforts pour aider au développement des compétences et connaissances des
citoyens ; extrait :
"Le capital humain représente beaucoup plus que le niveau d'éducation et le savoir-faire professionnel qu'on reçoit dans les écoles et les universités. Le capital humain englobe aussi les compétences culturelles et les normes sociétales que l'on inculque aux enfants à la maison, l'éducation informelle que les adultes acquièrent volontairement durant leur vie, ainsi que l'apprentissage constant qui accompagne les changements dans l'environnement de travail.
Donc pour appréhender le potentiel d'inventivité d'une société - et la croissance économique qui peut résulter de cette capacité d'innovation - il est nécessaire de prendre en considération chacune des cinq composantes du capital humain : l'éducation parentale, la scolarité, l'enseignement professionnel/universitaire, la formation des adultes et l'éducation sur le lieu de travail. (...)
Il y a lieu d'envisager le lien entre le capital humain et capacité d'innovation dans un sens beaucoup plus large que le seul niveau d'éducation reçu dans les écoles et les universités, ou le volume d'investissement dans la R&D et les installations high-tech."
Peer Ederer est membre de The Innovation and Growth Academy, un groupe international de
chercheurs et d'acteursde terrain qui ont pour sujet de prédilection :
l'innovation.
mercredi 31 janvier 2007
Animation du réseau des Espaces Publics Numériques de Wallonie
Par Jean-Luc Raymond le mercredi 31 janvier 2007, 09:50 - Mes missions
Mardi
23 janvier, j'ai participé dans les locaux de TechnofuturTIC à Gosselies
(Belgique) à la première rencontre 2007 du réseau des EPN de Wallonie qui
a réuni plus d'une trentaine de personnes : animateurs multimédias,
responsables d'EPN, personnel communal impliqués dans les lieux d'accès publics
à l'Internet, pour la plupart d'entre eux, récemment ouverts. J'ai publié, il y
a quelques jours, un compte-rendu de cette réunion sur le blog EPN-Ressources.be.
Il y a les EPN qui démarrent et les animateurs confirmés. Tous ont le souci de
bien faire, de se rendre utile et déjà quelques préoccupations pointent le
bout du nez : Comment accueillir un public de séniors ? Avec quels
partenaires locaux puis-je travailler localement ? Comment gérer son temps et
donner du temps pour le réseau ? Des questions non techniques pourtant si
essentielles. J'y ai apporté quelques réponses oralement, collectivement
puis individuellement, et poursuivrai ce travail dans les mois qui
viennent.
Je collabore par mon expertise au centre de Ressources des EPN de
Wallonie sur le volet conseil, animation de réseau, fourniture de contenus sur
le blog collectif et l'Egroupware privé et, aussi, par la préparation
et la conduite de plusieurs sessions de formation spécifiques
pour les EPN de Wallonie dont : "Evaluation et validation de l’information
sur Internet", "Mobilité et
EPN : soyez mobiles!", "Avoir
une démarche de développement durable au sein et dans les activités
d'un EPN", "Connaître son
territoire et travailler en réseau", "Actions de recherche d’emploi dans un
EPN", "Appropriation de
l'informatique et de l'internet par des publics précaires". Ces thèmes
seront explorés dans une démarche participative et avec une
coconstruction de propositions concrètes.
La formation complétant l'animation de réseau est l'un des points forts de la
politique des Espaces Publics Numériques soutenu par la Région Wallonie. On
mesure combien ce programme s'intéresse à fournir aux personnes en charge des
EPN des réponses de terrain à leurs préoccupations, sans langue de
bois et perte de temps, ni effet d'annonce en favorisant aussi l'entraide et
l'échange de savoirs entre les animateurs multimédias. Les multiples rencontres
favorisent la connaissance de ce qui se fait ailleurs. Se lancer dans
l'aventure de l'ouverture et de l'animation d'un Espace Public Numérique est
une grande aventure, un début de possibles...
mardi 30 janvier 2007
Nouvelles technologies et nouvelles formes de violence chez les adolescents
Par Jean-Luc Raymond le mardi 30 janvier 2007, 11:50
Voici un florilège de
citations rapportées par Philomène Bouillon, journaliste à l'Agence
France Presse, propos qui ont été tenus dans le cadre d'un colloque à Paris, le
mercredi 24 janvier 2007 sur le thème des nouvelles formes de violence
chez les adolescents, organisé par la Région Ile-de-France et l'Ecole des
parents (cf. dépêche AFP : "Les blogs et l'image, seconde peau des ados assoiffés de
sensations fortes") :
"L'identité numérique est devenue aussi importante que l'identité physique chez
les adolescents (...) Toutes sortes de violences sont exprimées sur ces blogs,
mais nous faisons de la modération et de la prévention" dit Pierre
Bellanger, président fondateur de Skyrock et de Skyblog.
"Les blogs sont un outil de créativité impressionnant. Notre société est de
plus en plus de l'ordre du visible et le blog est une forme d'exhibitionnisme
(...) L'adolescent a besoin d'exercer la violence par l'image, auparavant on
caricaturait l'image du prof sur le tableau" déclare Michael
Stora, psychologue et psychanalyste dans un centre médico-psychologique à
Pantin (Seine-Saint-Denis) et créateur d'un "atelier blog" à la maison des
adolescents à l'hôpital Avicenne à Bobigny.
"(Les nouvelles technologies) changent notre rapport à la violence dans
l'éducation (comme le happy slapping ou tabassage filmé par téléphone portable)
et jouent un rôle très important dans la diffusion de la violence et la
banalisation d'un acte cruel" ajoute Yves Montoya, sociologue à
Bordeaux II et membre de l'Observatoire international de la violence scolaire.
lundi 29 janvier 2007
Tirer profit de la dynamique communautaire sur internet par Manuel Da Rocha (livre blanc)
Par Jean-Luc Raymond le lundi 29 janvier 2007, 11:50
Manuel Da Rocha
(Sopra Business
Consulting Group) a publié courant 2006 un livre blanc de 37 pages très
intéressant : "Tirer profit de la dynamique communautaire sur internet"
(téléchargeable ici en .pdf).
Ces deux dernières années, le développement renouvelé des communautés
en ligne ne pouvait pas désintéresser le monde de l'entreprise. Pour le
privé, participer à la vie d'une communauté sur Internet, c'est s'inscrire dans
une stratégie marketing et commerciale spécifique, qui demande des compétences
particulières et une gestion de projet adaptée. La dynamique communautaire
demande d'abord a être comprise (clés de lecture) avant de s'engager dans une
démarche commerciale et d'une solution de type communautaire.
"Il y a une différence fondamentale entre une action de marketing relationnel et l'animation d'une communauté en ligne : la première utilise la relation comme un moyen de toucher sa cible en collectant au passage toute l'information possible ; la seconde fait de la relation son objectif et de l'authenticité du lien son moyen, pour générer indirectement une meilleure connaissance des individus. Dans cette nouvelle donne, l'entreprise doit savoir perdre une partie du contrôle unilatéral de la relation qui l'unissait jusqu'à présent à son client, et doit au contraire s'attacher à respecter ses valeurs et les rites de la dynamique communautaire auxquels il adhère. Toute action marketing qui voudrait faire de la relation un moyen - et non pas un objectif - entrainerait un rejet immédiat de la part des membres de la communauté."
En présentant une typologie des communautés et l'aspect communautés vs.
entreprises, le livre blanc "Tirer profit de la dynamique communautaire sur
internet" de Manuel Da Rocha place l'aspect de réseau social sur Internet au
coeur de la démarche Internet de l'entreprise pour développer son marché.
Via Info TechArt 2.0 par Luc Fayard.
dimanche 28 janvier 2007
Bernard Stiegler, Internet, télécratie, contributions, participativité et démocratie
Par Jean-Luc Raymond le dimanche 28 janvier 2007, 11:09
Le
philosophe Bernard Stiegler est de plus en plus présent dans
l'émission "Ce soir ou jamais" de France 3. Le mardi 23 janvier, il s'est exprimé sur la puissance de
l'Internet en particulier dans l'importance des contributeurs internautes dans
le débat démocratique. Voici la transcription de ses propos sur les
nouvelles technologies dans le cadre de cette émission :
"Je crois qu'Internet est un phénomène très très important qui ne fait que commencer et qu'il faut garder de juger ce qu'il se passe sur Internet avec le très peu de recul historique dont nous disposons. En revanche, je crois qu'il s’y passe des processus participatifs. Je n'oppose pas participation et représentation. La représentation est un processus de délégation. Si par exemple, on regarde ce qui se passe sur Wikipédia qui est quand même un phénomène très intéressant. C'est une encyclopédie que beaucoup regardent de très haut, universitaires ou professeurs, écrivains et intellectuels ou avec mépris. Beaucoup la regardent de haut, mais beaucoup la pratiquent aussi, l'utilisent. L'encyclopédie Wikipédia est un média extrêmement intéressant qui est en reconfiguration permanente et où chacun peut modifier un article qu'il est en train de lire, avec un contrôle bien entendu puisqu'il y a des responsables de rubriques. Et là, on voit comment quelque chose de très intéressant se produit, qui est arrivé aussi dans une association que je préside qui s'appelle Ars Industrialis, où les internautes veulent contribuer aux choses.
La différence entre le média Internet et les grands médias de masse que nous avons connus comme la radio et la télévision, c'est que dans ces médias de masse, il y a une opposition entre les producteurs d'un côté et les consommateurs de l'autre. Sur Internet, il n'y a pas de consommateurs. Il y a des participants, des contributeurs et c'est un processus d'un type tout à fait nouveau. Ce processus est extrêmement intéressant parce qu'il manifeste que les gens ont besoin d'exister, de pouvoir vivre collectivement, d'échanger et qu'il y a là une possibilité de développement tout à fait nouvelle.
Ici, il est très intéressant de faire un rapport entre ce qui se passe sur Internet par rapport à l'information et d'une façon plus générale, le fait que dans la société industrielle contemporaine, l'opposition entre production et consommation, pas simplement dans le domaine de l'internet, commence à devenir problématique.
Sur Internet, un phénomène s'est développé déjà depuis une quinzaine d'années : la production open source, en particulier le monde de ce qu'on appelle le logiciel libre. C'est un modèle industriel nouveau et un modèle économique nouveau. Un logiciel libre est développé par les utilisateurs du logiciel. Ses sources de développement sont ouvertes à tous. Tout le monde peut contribuer à l'évolution du logiciel et les gens en pratiquant le font évoluer et donc existent aussi à travers le développement de ce logiciel. (...)
Ceci, c'est un nouveau projet industriel, un nouveau projet politique, un nouveau projet économique, un projet technologique. Il faut développer les technologies pour cela (...) C'est un enjeu fondamental des décennies qui viennent. Il faut que la société se mobilise pour obliger les candidats à l'élection présidentielle à développer une politique dans ce domaine.
Il faut bien se rendre compte qu'il y a la convergence des technologies, donc convergence d'Internet (France Télévision a un site Internet ; toutes les chaînes de télévision ont un site Internet).
Sur Internet, on voit apparaître l'autoproduction vidéo. L'écrit a repris une seconde vie et c'est très bien aussi que les gens fassent des images et apprennent à manipuler les caméras. Tout ça est en train de se développer et produit la convergence du numérique, convergence entre les télécommunications, l'informatique et l'audiovisuel. C'est colossal, les transformations qui se produisent là, sans parler de ce qu'on appelle les microtechnologies et, derrière les nanotechnologies. Toutes ces technologies des objets communicants, ce sont d'énormes vagues de transformations qui sont en train de se produire. Il faut regarder cela de très très près et les pratiques des individus.
Il faut voir la vitesse à la quelle s'est socialisé internet. Il faut se souvenir qu'il y a 15 ans, Internet n'existait pas. Aujourd'hui, nous pratiquons pratiquement tous de près ou de loin. J'y passe 7, 8 heures par jour devant Internet. Je travaille avec et des centaines de milliers de gens travaillent avec Internet. C'est quelque chose qui va se développer encore beaucoup plus que tout ce que nous pouvons imaginer et il est fondamental de repenser la société industrielle par rapport à cela.
Je pense qu’Internet va transformer très profondément la vie politique. Je crois que ça va conduire à une participativité, à une implication, à une contribution des gens beaucoup plus grande dans la vie politique et c'est une très bonne nouvelle. Il s’est produit une coupure pendant les dernières décennies du fait des médias de masse qui ont produit des courts-circuits dans l'individuation collective, à travers le fait que la radio et la télévision, les médias se sont substitués aux appareils démocratiques (ce que j'appelle la télécratie). Internet permet d'imaginer une relance de la démocratie. Ce peut être aussi un outil de manipulation beaucoup plus fort aussi."
Lutte contre la Fracture Numérique : le Libre marque des points !, conférence à Solutions Linux 2007, le 31 janvier
Par Jean-Luc Raymond le dimanche 28 janvier 2007, 09:50 - Evénement
Le Salon Solutions Linux 2007 (CNIT - Paris La Défense, Hall Marie Curie, du 30
janvier au 1er février 2007) propose une conférence gratuite sur le thème : "Lutte contre la fracture
numérique : Le Libre marque des points !", le mercredi 31 janvier de 9h30 à
12h, axée sur le développement numérique en Afrique.
Parmi les intervenants de la matinée :
- Frantz Fongang, Chef de projet formations présentielles, Programme "Soutien des TICs à l'enseignement supérieur et à la recherche", "Rectorat-Services Centraux de l'Agence Universitaire de la Francophonie" : "Centre Linux et Logiciels libres pour le Développement (C3LD)et certification internationale (LPI)",
- William Turner, Coordinateur du projet Diaspora Knowledge Network, UNESCO,
- Pierre Bonis, Chef du bureau pour les NTIC, Ministère des Affaires Etrangères : "Lutte contre la fracture numérique : enjeux et perspectives",
- Papa Amadou Konté, Chargé des Nouvelles technologies à la Mairie de Dakar : "Logiciel libre et système d'information de de la Mairie de Dakar. Opportunités et craintes",
- Olakanmi Adewara, formateur ADEN - "Obafemi Awolowo University" Ile-Ife – Nigéria et Nicolas Pejout, projet ADEN (dispositif complet pour la création de points d’accès publics à l’Internet dans des zones numériquement enclavées) du Ministère des Affaires Etrangères : "Le libre au service du développement : l'exemple du projet ADEN",
- et Gonzague Ladmiral, président d'EAH - François Jaffrennou, vice-président et chef du convoi Burkina Faso 2007 - Aurélien Lemoine, chef du Projet Wedus.org avec l'école d'Ingénieurs EFREI. Il s'agit d'un portail éducatif à destination des collégiens et lycéens des pays en voie de développement.
samedi 27 janvier 2007
Journée européenne de la protection des données, Alerte aux traces
Par Jean-Luc Raymond le samedi 27 janvier 2007, 21:18

Ce dimanche, se déroule la journée européenne de protection des données personnelles et de la vie privée. Une page complète du site du Conseil de l'Europe recense les initiatives sur notre continent dédiées à cette journée. En France, la Commission Nationale de l'Infomatique et des Libertés (CNIL) se mobilise avec une campagne d'information : "Alerte aux traces" :
"De nombreux actes de la vie quotidienne (téléphoner, utiliser sa carte bancaire ou surfer sur internet...) génèrent des "traces" porteuses d'informations sur notre identité. L'utilisation anodine de technologies performantes nous conduit naturellement à dévoiler toujours plus d'informations sur nous, sans pour autant savoir qui y aura accès, pour quoi faire et pour combien de temps. Ces données peuvent être exploitées de plus en plus vite, en plus grand nombre et sont potentiellement accessibles en tout point du globe. Notre vie privée se réduit ainsi petit à petit avec le risque que ce mouvement soit irréversible."
A cette occasion, le journaliste Thomas Bronnec s'entretient avec Yann Padova,
secrétaire général de la CNIL, dans un article pour l'Express publié le
vendredi 26 janvier 2006 : "Les
technologies rognent les libertés". Extrait de cette interview sur le côté
intrusif de l'exploitation des technologies où l'on met en avant une
sensibilisation indispensable des citoyens sur ces questions :
"Comment s'exprime ce côté intrusif ?
"C'est très simple. Voici quelques exemples, illustrés à travers ces animations. Utiliser un GPS pour se guider sur les routes, c'est très pratique, mais à tout instant on peut savoir où vous êtes, combien de kilomètres vous avez parcouru, etc. C'est la même chose pour ce qu'on appelle la "télébilletique", c'est à dire l'émission des cartes de transport équipées d'une puce. Cela facilite la vie quotidienne, c'est vrai, mais c'est aussi une atteinte à la liberté d'aller et venir anonymement . Or c'est un droit fondamental en démocratie, tout comme la liberté de réunion ou la liberté d'expression. Les technologies, si on n'y prend garde, rognent ces libertés. Si vous avez publié une tribune politique sur le web et que votre employeur, en tapant votre nom sur Google comme cela se fait fréquemment, tombe dessus, vous pouvez avoir des ennuis.""
Lawrence Lessig, L'avenir des idées, Le sort des biens communs à l'heure des réseaux numériques, téléchargeable gratuitement
Par Jean-Luc Raymond le samedi 27 janvier 2007, 18:47
L'essai de
Lawrence Lessig "L'avenir des idées - Le sort des biens communs à l'heure des
réseaux numériques" publié il y a quelques mois en français aux Presses Universitaires de
Lyon est désormais téléchargeable gratuitement sur le site des
PUL à cette adresse en .pdf (306 pages) ; une traduction de
l'anglais par Jean-Baptiste Soufron et Alain Bony.
Ouvrage essentiel que le New York Times a qualifié ainsi : "un livre
qui vous secoue et vous fait prendre conscience de ce que l'on perd lorsque les
idées sont transformées en propriété intellectuelle", "L'avenir des idées"
de Lawrence Lessig montre (avec de nombreux exemples) comment les excès de la
réglementation et les dérives monoplistiques (notamment le droit
d'auteur) dans l'univers de l'Internet ont pour conséquence directe de
diminuer les capacités d'innovation et de créativité. L'analyse est abordée
sous 3 angles : juridique, politique et philosophique.
Au coeur de ces questions, notre avenir à tous et des questions essentielles :
pouvons-nous définir et préserver des biens communs informationnels ?
Saurons-nous sauvegarder l'échange de connaissances en ligne ? Quelle place
pour le partage de savoirs sur Internet ?
Ce cyberespace, véritable "cité numérique" est un espace de pouvoir, de
créativité, d'échange où est établi un jeu d'acteurs industriels qui ont pour
dénominateurs communs d'influer mondialement sur nos cultures et sur des
projets politiques. A nous de comprendre et d'agir pour que l'innovation et
l'expressivité soient aussi au coeur de nos préoccupations. C'est ce à quoi
l'essai de Lawrence Lessig nous fait invariablement réfléchir :
"Les innovations que j'ai décrites découlent de l'environnement constitué par le Net. Cet environnement est une association équilibrée entre réglementation et liberté. Il est sensible aux modifications de cet équilibre. Si les contraintes sur la couche des contenus deviennent plus lourdes, l'innovation qui repose sur des contenus libres sera freinée. Si l'accès garanti par le bien commun de la couche du code est soumis à des conditions ou des limitations, alors l'innovation qui en dépend sera menacée. Cet environnement établit un équilibre entre ce qui est libre et ce qui est sous contrôle. Préserver cet environnement implique aussi de préserver cet équilibre."
Lawrence Lessig est
Professeur de Droit à la Stanford Law School. Titre original de l'ouvrage : "L'avenir des idées
- Le sort des biens communs à l'heure des réseaux numériques" : "The Future of ideas - The
Fate Of The Commons In A Connected World".
dimanche 21 janvier 2007
Eric Maurin, la ségrégation urbaine et la gentrification
Par Jean-Luc Raymond le dimanche 21 janvier 2007, 20:30
Economiste, directeur de recherche à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences
Sociales (Paris), Eric Maurin est l'auteur de plusieurs ouvrages dont "Le Ghetto
français" où il met en avant le phénomène urbain de la gentrification qui
exclut les populations paupérisées et classes moyennes des villes
centres.
Dans l'ouvrage collectif "Repenser la solidarité. L'apport des sciences
sociales" sous la direction de Serge Paugam qui vient de paraître (PUF,
collection Le Lien Social), Eric Maurin évoque de nouveau la gentrification et
le séparatisme social de l'habitation et des lieux de vie dans un brillant
article : "La ségrégation urbaine, son intensité et ses causes". Au regard des
connexions aux technologies et des infrastructures dans les villes, cette
ségrégation urbaine trouve en écho particulier. Extrait de l'article d'Eric
Maurin :
"L'une des formes marquantes de la ségrégation territoriale est aujourd'hui celle qui éloigne les personnes les plus riches de la société - matériellement comme culturellement - de toutes les autres. Selon l'Enquête Emploi de l'INSEE, lorsqu'on divise le territoire en petits voisinages d'une trentaine de logements adjacents, on constate que les 10 % de personnes ayant les salaires les plus élevés se concentrent dans leur très grande majorité dans une petite majorité de voisinages. Inversement on ne trouve aucune personne à salaire élevé dans près de la moitié des voisinages, ceux-là même où se concentrent par ailleurs les 10 % de salariés les plus pauvres. Au total, les 10 % de salariés les plus riches et les 10 % les plus pauvres ne résident quasi jamais dans les mêmes voisinages. (...)
La concentration de la richesse dans quelques voisinages seulement est l'expression d'un choix, celui des personnes les plus aisées et les mieux informées de s'installer dans les environnements les plus stables et les plus protégés possible. La focalisation de la demande de logement des personnes les plus riches sur quelques voisinages seulement contribue à y maintenir le prix des logements à des niveaux élevés. Mécaniquement les personnes les plus pauvres sont condamnées à habiter ailleurs. Il en résulte une concentration territoriale des personnes les plus pauvres, mais il s'agit beaucoup plus d'un phénomène par défaut que le résultat d'une stratégie active de leur part (de type communautaire par exemple). C'est sans doute la raison pour laquelle, contrairement à une idée reçue, les personnes les plus pauvres et les plus démunies de diplômes sont aujourd'hui plutôt moins concentrées sur le territoire que les personnes les plus riches. Tandis que celles-ci mobilisent désormais toutes leurs ressources pour s'isoler, celles là subissent les dynamiques de la ségrégation. La richesse - notamment celle que confère un diplôme prestigieux - est moins visible à l'oeil nu que la pauvreté et c'est peut-être ce qui explique la relative transparence des enclaves chic."
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