Jean-Luc Raymond

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vendredi 6 octobre 2006

Banlieues créatives en France : 150 actions dans les quartiers, Guide 2007 (par Anne Dhoquois)

Rédactrice en chef de Place Publique (une agora sur Internet mettant en avant des initiatives citoyennes), Anne Dhoquois vient de signer un remarquable ouvrage d'espoir qui vient trancher avec l'image négative des banlieues à l'automne 2005 : "Banlieues créatives en France : 150 actions dans les quartiers - Guide 2007" (collection Guide des initiatives solidaires, éditions Autrement).


Cet ouvrage présente des monographies et portraits d'acteurs, d'associations, d'entreprises, de collectivités locales et organismes consulaires qui agissent dans une dynamique d'innovation au coeur des quartiers dits "sensibles". Ces expériences humaines, sociales, culturelles, d'entreprises sont au coeur d'une innovation dans des contextes locaux compliqués où le projet collectif est plus fort que l'image souvent écornée du quartier.


En 8 thèmes : Apprendre, Créer son activité, Dialoguer, Participer, Se distraire, S'exprimer, S'insérer, Vivre au quotidien, Anne Dhoquois fait un inventaire étonnant de diversités et d'idées mises en oeuvre qui libèrent la parole, expliquent la volonté de faire, montrent "l'agir concrètement" et témoignent d'un retour d'expériences de vies passionnantes au sein de banlieues, "le lieu du ban" (lieu des bannis) comme l'explique le journaliste Suisse Michel Beuret.


Des initiatives liées à Internet sont présentées comme les activités numériques citoyennes du Centre Social de Belleville à Paris (blog collaboratif, wiki, projet d'ordinateur simplifié MiniNet), l'accompagnement de projets par l'association Génération NTM à Saint-Denis, département de la Seine-Saint-Denis (implication dans le site Espace Citoyen Dyonisien en cherchant à aider au développement de médias indépendants locaux), les HLM connectés de Moulins Habitat à Moulins dans l'Allier (connexion gratuite à Internet dans les logements sociaux via un téléviseur ou un ordinateur avec un accompagnement à l'appropriation, des contenus informatifs propres...), l'Internet dans les quartiers avec l'apport de l'Espace Public Multimédia de Kerourien, à Brest (ateliers d'écritures, aller au-devant des publics éloignés de l'internet avec un ordinateur portable, atelier cuisine multimédia...) ou encore le projet du pôle Internet citoyen de proximité développé par l'association Fraternet dans le Nord (créer un site Internet sur un quartier ou une ville et proposer aux habitants de l'alimenter en organisant en amont des ateliers d'écriture), T.O. Mirail à Toulouse (un portail avec, par et pour les habitants du quartier du Mirail avec des infos, des photos, des reportages...)...


Anne Dhoquois résume ainsi l'aventure de ce livre :

"Force, générosité, inventivité, pragmatisme... Tels sont les maîtres mots qui caractérisent nombre de personnes oeuvrant et vivant dans les quartiers. Mais pas seulement. Au détour d'une réflexion, d'un bilan, d'un constat, s'exprime la détresse, voire le désespoir. Car les temps sont durs - subventions en diminution, secteur de l'insertion en crise, développement de la misère... - et les raisons de la colère nombreuses. Pour autant, les discours de découragement ne sont pas légion tant l'énergie vitale qui anime ces travailleurs sociaux, bénévoles, éducateurs, artistes, militants associatifs, animateurs... rencontrés et interviewés lors de la rédaction de cet ouvrage a été palpable. Et c'est à toute cette richesse humaine que le livre rend hommage. Comme un miroir tendu aux habitants d'autres quartiers, moins en crise, mais qui pourraient être à leur tour gagnés par cette soif de créer du lien, de la solidarité, du mélange. Comme une boîte à outils d'idées, d'initiatives, d'expériences, souvent réussies, parfois ratées, mais toujours en mouvement".


Source :

Dhoquois, Anne (5 octobre 2006). "Banlieues créatives en France : 150 actions dans les quartiers, Guide 2007", Editions Autrement, Guide des initiatives solidaires, Paris, 210 p.

jeudi 5 octobre 2006

Le Wifi dans les villes... et dans les stades

Nouvel eldorado pour le Wifi aux États-Unis, les offres d'entreprises montant des réseaux Wifi dans des villes (comme la firme Earthlink) souhaitent désormais fournir des réseaux internet sans fil dans des stades de baseball. Sur les rangs, le Oakland Coliseum (Californie) et le stade de Cincinnati. Le stade des San Francisco Giants est déjà équipé en Wifi mais il est bien difficile de savoir comment ce réseau est utilisé par le public. On imagine déjà des services sportifs d'infos ou vidéos couplés avec cet internet sans fil d'un nouveau genre. Le potentiel de spectateurs présents simultanément lors de matchs de baseball a de quoi séduire le marché de la fourniture de Wifi et de services Web additionnels.

Source :

Fehrenbacher, Katie (October 4, 2006). "The Path to Muni Wifi... Baseball?" (En ligne), GigaOM, Om Malik, San Francsco, 1 p. (Page consultée le 5 octobre 2006)

mercredi 4 octobre 2006

Manuel Castells, Peter Monge et Noshir S. Contractor : atelier sur la théorie des réseaux

Le journaliste Francis Pisani rapporte en 3 billets l'essentiel d'un atelier qu'il a suivi, il y a quelques jours, au Annenberg Center de l'Université de Californie du Sud, sur le sujet de la théorie des réseaux, rendez-vous organisé par Manuel Castells (professeur de sociologie à Barcelone et à Berkeley, spécialiste de l'Internet), Peter Monge (professeur de communication et de management des organisations à l'USC Annenberg School for Communication, spécialiste des réseaux de communication) et Noshir S. Contractor (professeur au département de Communication de l'Énonciation et au département de Psychologie de l'Université de l'Illinois à Urbana-Champaign, spécialiste des réseaux communautaires).

 

La théorie des réseaux est au centre des préoccupations des discours contemporains sur l'économie mondialisée, les échanges interpersonnels, le travail collaboratif et les communautés en ligne via l'utilisation des Technologies de l'Information et de la Communication. Aussi, mieux comprendre la théorie des réseaux, c'est pouvoir mieux analyser les mécanismes en jeu dans ce monde global et local du Web et de ses affluents.

 

Dans le premier article : Théorie des réseaux : la diversité, il est question de "moteur de diversité" de la théorie des réseaux par des observations lors d'études dans un contexte managérial du secteur financier :

"Les meilleures places dans une organisation hiérarchique se trouvent généralement près du sommet. Dans un réseau pourtant, être à la périphérie peut représenter plus d'avantages que d'être près du centre, à condition de pouvoir se placer sur un "trou structurel" (structural hole).

Ainsi baptisée par Ron Burt, professeur à l'Université de Chicago, l'expression, d'abord obscure est en fait parlante et suffisamment imagée pour frapper. Les acteurs qui enjambent les trous structurels permettent à deux réseaux de communiquer par leur intermédiaire."

Dans un 2e papier, Francis Pisani s'intéresse au facteur temps de la Théorie des réseaux, abordé comme sujet complexe dans son évolutivité qui n'est pas une fin en soi :

"Il faut aller plus loin que la simple introduction du temps comme un élément," a proposé David Stark en se fondant sur son étude des investissements étrangers en Hongrie et leur relations avec les réseaux locaux. "Nous voulons introduire l'analyse historique des réseaux. (...) De la même façon que la signification d'un évènement ne peut pas être lue dans l'évènement lui-même,"a-t-il expliqué, "la signification d'un lien ne peut pas se lire dans le lien lui-même.""

Dans une troisième partie, le thème de la complexité dans la théorie des réseaux est abordé notamment par Manuel Castells :

""Manuel Castells, l'un des organisateurs, m'a expliqué par mail que, pour lui, l'originalité de celle-ci tient à "la tentative d'établir des ponts et des relations entre la théorie des réseaux sociaux et la théorie des réseaux neuronaux dans le cerveau, les ordinateurs ainsi que dans la structure territoriale des organisations multinationales ou dans les réseaux des transports aériens. Le projet sous-jacent est de poser les base d'un langage théorique et méthodologique commun qui permette des découvertes cumulatives dans différentes disciplines."

L'enjeu est en fait de reprendre la théorie de la complexité à la mode il y a quelques années. Castells est convaincu que "traduite scientifiquement, elle se convertit en théorie des réseaux et des processus synergiques et auto générés à partir de l'interaction dans les réseaux.""

Le quatrième et dernier volet thématique évoqué par Francis Pisani dans la théorie des réseaux est celui de l'espace et de la politique où Castells fait un point sur ses recherches :

""La globalisation peut être expliquée ou mieux comprise comme un réseau de réseaux" (...) Chaque dimension (sociétale, culture, politique, économique, technologique, etc.) est ainsi "en ensemble de réseaux qui se connectent et se déconnectent au même moment" a expliqué Castells dans une discrète référence aux philosophes Gilles Deleuze et Félix Guattari.

Il pense aussi que "chaque élément ne peut pas être compris isolément, mais dans ses relations avec l'environnement". Cela se matérialise géographiquement "dans des nœuds qui sont des connecteurs de réseaux. Dans chaque pays il y a ainsi deux ou trois centres urbains qui ont cette fonction"."

mardi 3 octobre 2006

Quividi : système d'intelligence de réseaux d'écrans

Repéré sur le blog d'Olivier Ezratty, les solutions de mesure d'audience, de personnalisation de contenus dans les lieux publics développées par la société Quividi qui utilise un système d'intelligence de réseaux d'écrans.

"Quividi propose une solution matérielle et logicielle permettant d'optimiser les points de vente dans la distribution en mesurant dynamiquement l’affluence devant des rayonnages, boutiques ou écrans.

Concrètement, l'ensemble repose sur un logiciel de détection temps réel de visages capturés avec une simple webcam. Il tourne sur un PC embarqué miniature connecté à la webcam sous TCP/IP. Ce genre de logiciel existe déjà dans différents domaines comme la biométrie, mais ici, il s'agit d'une application véritablement innovante. Et en plus, elle ne présente aucun risque sur la vie privée."

Par un système d'analyse de l'activité, on peut de communiquer à des services des informations anonymes sur la clientèle qui visite ces lieux et ainsi optimiser leur communication avec ces publics.

Les gens regardent-ils les écrans ? S'intéressent-ils aux contenus diffusés ? Manifestent-ils l'envie d'en savoir plus ? Les messages peuvent-ils être adaptés aux spectateurs ? Le système compte et qualifie les regards des personnes qui passent dans le champ de vision de ses capteurs. Il peut ainsi dire combien de personnes ont réellement regardé un objet particulier, par exemple un écran, une affiche, une vitrine… Pour chaque personne détectée, le système précise s'il s’agit d'un homme ou d'une femme, d'un adolescent, d'un adulte ou d'un senior, s'il porte des lunettes, etc.

La solution détecte les regards réels, calcule le temps d'attention de la personne, estime le sexe et l'âge de la personne et interprète les mouvements du corps. Le système n'enregistre aucune image et ne stocke pas d'information nominative, mais délivre des statistiques sur les comportements des visiteurs devant la webcam.

La gamme Vidi de Quividi est lauréate du concours Création d'Entreprise 2006, catégorie "création-développement". La société est actuellement hébergée dans le centre de Paris par l'incubateur Paris Innovation.

Contact :

Quividi - Paris Innovation, 5 rue d'Uzès, 75002 Paris
Téléphone : 01 40 13 53 53
Fax : 01 40 13 53 01
Courriel : info@quividi.com

jeudi 31 août 2006

Le partage du savoir, toujours pour demain, Entretien du 21e siècle à l'UNESCO le 25 septembre 2006

Dans le cadre du cycle des "Entretiens du XXIe siècle", la Division de la prospective de l'UNESCO, organise dans ses locaux  (7 place de Fontenoy, Paris 7e), une rencontre-événement le lundi 25 septembre 2006 de 18h30 à 20h30 sur le thème "Le Partage du savoir" qui s'annonce passionnante.


Jacques Attali (Président fondateur de Planet Finance, organisation oeuvrant pour le développement de la microfinance), Boutros Boutros-Ghali (Ex-Secrétaire Général de l'ONU) et et Nouzha Guessous Idrissi (Présidente du Comité International de Bioéthique) dialogueront autour du thème :

"Le partage du savoir : toujours pour demain ?"


Inscription obligatoire et renseignements : Maison de l'UNESCO, 7 Place de Fontenoy, Paris 7e
Courriel : as.de-goy@unesco.org
Téléphone : 01 45 68 46 67

mercredi 30 août 2006

Framakey, une clé USB avec logiciels libres et gratuits préinstallés pour transporter avec soi ses documents, fichiers et logiciels

Les nouvelles clés USB dites "U3" permettent d'utiliser des logiciels ou des documents sur PC (Windows 2000 ou XP) sans installation préalable. Une alternative efficace et bien conçue existe avec Framakey, une compilation de logiciels libres et gratuits préinstallés pour Windows (bureautique, graphisme et PAO, multimédia, jeux, internet et des utilitaires) qui peuvent être installés directement sur Internet sur une clé USB classique en téléchargeant le contenu de Framakey sur un ordinateur. Il est conseillé une clé d'une capacité d'au moins 512 Mo de mémoire pour une utilisation optimale.


Quelques mots supplémentaires sur Framakey :

"Son objectif est de vous proposer les meilleurs des logiciels libres sous système Windows, préinstallés et prêts à être utilisés directement depuis votre clef USB. Par conséquent, vous n'avez rien à installer, et l'utilisation des logiciels se fait de façon sécurisée et sans laisser d’informations personnelles sur les machines sur lesquelles vous utilisez votre Framakey.

L'intérêt principal étant que vous pouvez alors transporter partout avec vous non seulement vos documents et vos fichiers, mais aussi les logiciels que vous connaissez, maîtrisez, et qui vous font vous sentir "chez vous". Et cela, sans avoir à installer quoi que ce soit sur la machine qui utilisera la Framakey."


Framakey est une réalisation de bénévoles du site Internet Framasoft. Il existe une version française, anglaise et espagnole de Framakey.


Source :

Collectif (août 2006). Framakey (En ligne), Framasoft, Paris, Site (Page consultée le 30 août 2006)

dimanche 20 août 2006

Guide pratique sur les Espaces Publics Numériques en Hongrie : “Telecottage Handbook: How to establish and run a successful telecentre”

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Le Programme des Nations Unies pour le Développement (U.N.D.P. - United Nations Development Program) vient de publier un guide - vademecum en anglais sur l’expérience hongroise des telecottages hongrois (équivalents de nos Espaces Publics Numériques français, voir le site Telehaz.hu) : “Telecottage Handbook: How to establish and run a successful telecentre” (en .pdf, 90 pages, à télécharger à cette adresse) dans une dynamique de faciliter le développement de télécentres et d’EPN en se posant des questions sur le montage du projet : gestion du projet en amont,  idées d’activités à développer, questions financières à prendre en compte, indicateurs des effets de leviers créés par la fréquentation des telecottages.


Le point fort de ce guide pratique est d’insister sur les bénéfices locaux de l’implantation d’un telecottage en terme de dynamiques citoyennes participatives, d’administration électronique, de développement économique. Des bonnes pratiques sont présentées tout au long de ce guide, agrémenté de tableaux récapitulatifs et points explicatifs.


Ce guide est à compléter par un document pratique (livre d’exercices de 30 pages, à télécharger en document Word) co-écrit par Matyas Gaspar (fondateur du 1er telecottage en Hongrie en 1996, et actuel président de l’Europen Union of Telecottage Association, E.U.T.A. à Budapest), Eva Bernat et Peter Palvolgyi : “How community telecentres serve local development - guide for local practitionners” (Comment les Espaces Publics Numériques peuvent contribuer au développement local - guide pour les acteurs de terrain) qui aide à l’analyse des pratiques et de l’environnement d’un Espace Public Numérique dans le cadre d’une création d’E.P.N. ou d’une redéfinition de projet.


Source :

Misnikov, Yuri (June 2006). Telecottage Handbook: How to establish and run a successful telecentre. A practical guide for community development practitioners on strategies for ICT-enabled community empowerment (based on the Hungarian telecottage movement experience) [En ligne], Collection How to Build Open Information Societies, UNDP Regional Bureau for Europe and the Commonwealth of Independent States, Bratislava, 1 p. (Page consultée le 20 août 2006)

mardi 8 août 2006

Podcasting de services publics locaux : quelques exemples type d’utilisation et un portail local citoyen de podcasts

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Est-ce un nouveau canal de communication intégré pour les sites Internet locaux de services publics ? On connait l’utilisation du podcasting ou balladodiffusion (”moyen habituellement gratuit de diffusion de fichiers audio ou vidéo sur Internet”) à partir de sites publics locaux pour :

- la rediffusion de conseils municipaux (à Fontenay-sous-Bois, France),

- un mini-journal local audio à diffusion régulière, hebdomadaire (informations municipales, sports et interviews, à Warren, Michigan, États-Unis… avec même un videopodcast sur le même thème),

- des infos mensuelles (agenda avec un axe très loisirs et culture, à Issy-les-Moulineaux, France),

- des nouvelles plus ou moins régulières avec une thématique différente traitée à chaque fois (à Boston, États-Unis),

- des podcasts audio et vidéos couvrant une actualité saisonnière (l’été, à Montélimar, France),

- des podcasts culturels facilitant la découverte et la visite d’un lieu (comme ceux du Musée Historique de la Ville de Haguenau, France).

Phénomène intéressant, certains citoyens et associations locales se regroupent pour créer des portails locaux de podcasts thématiques sous la forme d’un réseau structuré comme celui de Charlottesville (Virginie, États-Unis) : Charlottesville Podcasting Network. Il est question de sports, arts, politique, discours locaux, documentaires audio, critiques de films… Ce portail fourre-tout existe depuis avril 2005 et des bénévoles assurent une initiation et une formation audio pour que des citoyens découvrent comment manier le son sur Internet dans le but de les faire devenir des podcasteurs en herbe.


En Grande-Bretagne, le site Internet public du Lincolnshire County Council va plus loin avec des podcasts proposant les dernières nouvelles du Comté, un agenda et les offres d’emplois administratifs du Comté.


Va-t-on assister dans les prochains mois à une généralisation de podcasts offrant de nouveaux services à la population ? C’est une question majeure. Le podcasting peut aussi faciliter la vie de citoyens faiblement alphabétisés ; les services publics devraient s’atteler à cet aspect d’une administration en ligne plus respectueuse de la diversité des profils des publics.

lundi 7 août 2006

Info-ado : site internet de questions réponses pour adolescents sur la sexualité, la contraception et les maladies sexuellement transmissibles

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Info Ado (cf. le site) n’est pas le site Internet le plus connu en France en matière d’inforation sur la contraception et la sexualité des adolescents. Pourtant, il joue un vrai rôle solidaire : des jeunes peuvent poser à une équipe spcécialisée, tout au long de l’année depuis juillet 2001, des questions relatives à la sexualité, à la contraception et aux maladies sexuellement transmissibles ou consulter les réponses déjà formulées sur le site Internet.


Qui répond ? Une équipe de médecins, internet et sages-femmes qui interviennent en Alsace dans les collèges et lycées pour faire de la prévention à propos de la sexualité, la contraception et les MST. Des étudiants en médecine à Strasbourg peuvent intégrer l’équipe après une formation dispensée par la Faculté de Médecine de Strasbourg.


Ce site est hébergé par l’Université Louis Pasteur de Strasbourg et a été réalisé par le pôle de développement multimédia de l’Université (16 rue René Descartes, Strasbourg). L’application informatique est articulée autour d’une base de données, accessible par internet qui permet la gestion de est hébergé par l’université Louis Pasteur.

“Le site info-ado est, en fait, une application informatique articulée autour d’une base de données, accessible par internet. Il permet la gestion de l’envoi de questions par les internautes et la présentation des questions/réponses classées par thèmes. Une rubrique “en savoir plus” permet la consultation d’un abécédaire. C’est également sous cette rubrique que les questions les plus souvent posées sur un thème donné, sont consultables. La formulation des réponses, le classement des questions par thèmes, la mise en ligne d’informations complémentaires, se fait au travers d’internet, dans un espace spécialisé et sécurisé.”

Le site Internet Info Ado connaît un succès grandissant avec plus de 20 000 visites par jour et plus de 13000 réponses aux questions depuis l’ouverture du site. Les réponses sont signées et mises en ligne très rapidement. Les questions peuvent bien évidemment être anonymes. Entre 3% et 5% des visiteurs posent une question.


À noter qu’il existe un site Internet Info-Ado spécifique pour le Cameroun basé sur le même principe de questions réponses : Espace Yohyette et Yoh.


Source :

Collectif (août 2006). Info-ado [En ligne], l’Université Louis Pasteur de Strasbourg, Site (Page consultée le 7 août 2006).

vendredi 4 août 2006

Derrick De Kerckhove : mémoires connectives et physiques communautaires

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Derrick de Kerckhove est directeur du Mc Luhan Institute à l’Université de Toronto, Canada (voir le site). Il s’intéresse notamment aux changements qui s’opèrent dans les relations entre médias et sociétés.


Dans l’ouvrage “Mémoire quotidienne, Communautés et Communications à l’Ere des réseaux”, par Federico Casalegno, enseignant-chercheur au MIT (Laboratoire de Communautique Appliquée, Presses de l’Université de Laval, 2005) - voir son site -, son auteur dialogue avec Derrick de Kerckhove sur le thème “La naissance d’une nouvelle physique communautaire et les mémoires connectives”.


L’un des caractères singuliers de nos sociétés est peut-être celui qui pousse les hommes à vouloir construire eux-mêmes leur mémoire, en plus de celle qui émerge par des cérémonies et des traditions. Derrick de Kerckhove (voir sa page) montre comment ce processus est rendu possible par les nouvelles technologies de communication.


Il porte aussi une attention sur la nouvelle “physique communautaire” selon laquelle les liens humains, la qualité de ces liens et leur intensité évoluent selon le type de média utilisé. Cette dynamique a une influence importante dans la création et dans la cohésion communautaire ; extrait de cet article :

“Federico Casalegno : Vous parlez des formes communautaires se fondant sur la dimension physique et sur l’électronique. Comment s’articule, ou s’interpose, cette part de virtuel par rapport à la communauté réelle ?

Derrick de Kerckhove : C’est un domaine qui m’intéresse énormément car je suis en train de porter mes recherches sur la connectivité, l’intelligence connective, l’émotion et les relations connnectives, et sur bien d’autres aspects communautaires.

On s’aperçoit donc que la connectivité c’est le principe qui crée la communauté. Il y a les personnes qui sont nées et habitent dans les mêmes lieux, et qui composent des communautés de présence. Il s’agit de l’ancienne communauté de proximité.

La communauté par connectivité est certainement un nouveau critère d’analyse nous permettant de prendre en considération, à la fois, des communautés en présence et des communautés électroniques.

La connexion devient le principe soutenant la communauté.

La différence, ici, c’est qu’en ligne nous avons des communautés beaucoup plus “just in time”, c’est-à-dire qu’il s’agit des communautés rassemblées autour d’intérêts spécifiques. (…) Par communauté “just in time” vous pouvez voir, à titre d’exemple, ce qui se passe concernant les groupes de discussion de “info-war”, lancés par la “Ars Electronica” de Linz (ils ont lancé cette discussion afin de parler de leur prix, de la guerre d’informations, ou d’autres sujets tels que les zapatistes du Chiapas…). Ces conversations forment des groupes, des communautés avec une structure (chaque groupe a un héros, un modérateur, un leader charismatique, il y a les gens qui calment les esprits échauffés…), mais elles ne durent que le temps d’une conversation, d’un échange, même s’il paraît prolongé.

Je suis certain que le terme “physique de la communauté” nous porte à explorer une hypothèse de travail valide. Je commence à m’apercevoir qu’il y a de nouvelles lois presque physiques des comportements et d’organisation sociale (car elles se fondent sur de nouvelles formes de télécommunication) mais qui se dégagent à partir des communautés existantes. (…)

Chacune de ces communautés mérite d’avoir ses propres analyses sans oublier qu’une communauté est toujours ancrée dans une réalité physique précise. Il ne faut pas oublier qu’il faut bien des corps pour soutenir ces paroles.

J’ai eu le plaisir d’entendre Francisco Varelas lors d’une conférence, et il a éveillé toute mon attention en posant les quatre règles de l’information et de la cognition :

. La première c’est qu’elle est toujours incorporée ; toute cognition est incorporée et plus on va dans le virtuel plus on se rappelle cette dimension corporelle et matérielle.

. Deuxièmement, l’information est toujours le produit d’une émergence, et cette émergence va au-delà de l’esprit individuel.

. Troisièmement, la cognition est faite d’inter-subjectivité, c’est-à-dire qu’elle respecte l’identité de chacun mais en même temps elle se situe entre les individus. Nous faisons maintenant, dans notre entretien, un effort de connaissance qui est intersubjective.

. Quatrièmement, il y a des lois (qu’il ne connaît pas et qu’il est en train d’étudier), et il s’agit de lois spécifiques de circulation de la cognition dans l’intersubjectivité, dans l’émergence et dans cette incorporation. Tout ce qui est “on line”, se réfère finalement à la présence de corps. Mais cette corrélation entre la communauté virtuelle et la communauté réelle a, elle aussi, sa vie et sa dynamique propre, et c’est intéressant de voir si la dispersion des corps affecte différemment la corrélation virtuelle par rapport à la concentration des corps.

Certains disent, par exemple, et peut-être avec raison, qu’Internet n’était pas seulement l’intermédiaire permettant aux gens très éloignés de se relier, mais que cela pourrait constituer une médiation au sein d’une même communauté qui en serait confortée.”


Source :

Casalegno, Federico (janvier 2005). “La naissance d’une nouvelle physique communautaire et les mémoires connectives. Dialogue avec Derrick de Kerckhove”, in Mémoire quotidienne, Communautés et Communications à l’Ere des réseaux, Laboratoire de Communautique Appliquée, Presses de l’Université de Laval, pp. 224-226

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