Jean-Luc Raymond

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jeudi 2 novembre 2006

Visage de l'Internet marocain

La connaissance de l'utilisation de l'Internet en Afrique est très parcellaire. Il est assez difficile de donner un visage aux habitudes des internautes de ces pays, d'en dégager des tendances fortes. Le réseau de chercheurs d'Africanti observe depuis plusieurs années l'internet et les nouvelles technologies du Sud. C'est l'une des rares initiatives francophones d'ampleur sur le sujet à compléter par le catalogue de liens d'Africanti et des sites plus locaux ou régionaux.


Le rôle joué par les diasporas (notamment en Europe) pour l'appropriation d'Internet dans les pays africains reste peu souligné dans les grands médias de l'actualité d'Internet. Celle-ci constitue un apport majeur dans l'invitation à la communication pour les familles en Afrique, dans le fait de pouvoir rester en contact avec "le pays" par courrier électronique, mais aussi en pouvant consulter des sites internet de la Presse quotidienne comme Le Soleil (Sénégal), L'Essor ou Le Républicain (au Mali). Le portail panafricain Afrik.com, créé en 2000 par des journalistes, demeure aujourd'hui un site incontournable qui couvre l'actualité de 52 pays du Sud. On ne mesure pas assez ici, en Europe Occidentale, le rôle joué par ces médias.


Autre fait pour être "relié" au pays, les forums d'expression. Ils sont nombreux, dans différentes langues, foisonnants d'expression, d'opinions, de questions et de réponses et d'infos. La plupart des personnes qui y interviennent sont issues de la diaspora mais ont en commun une culture. C'est le cas de Yabiladi par exemple, un étonnant "portail du Maroc et des Marocains dans le monde avec une série de services dédiés aux Marocains : Forum, chat,...". Se plonger dans les forums de Yabiladi est un exercice passionnant : on y découvre les traditions marocaines, des recettes de cuisine, des conseils pour le voyage... Mille et une choses sur des sujets divers avec une réactivité et un échange permanent ; une agora virtuelle dont les préoccupations sont réelles. Yabiladi reprend également des informations marocaines et laisse aux internautes la possibilité de les commenter.


Ainsi, la semaine dernière, Yabiladi a publié sur son site un article de l'hebdomadaire marocain TelQuel (du 27 octobre 2006) : "L'autre Maroc du Net. Au royaume des excès" qui donne une vision critique de l'utilisation de l'Internet au Maroc, un dossier complexe, apparemment passionné, qui conte la jeune histoire du Web dans ce pays, une population d'internautes qui semble saisir à bras le corps la "vague" de l'expression. Un article très intéressant, car non monolithique sur la diversité de l'Internet au Maroc où l'on montre que la nouveauté technologique n'est pas forcément adoptée par les utilisateurs.


En lisant de tels papiers, on comprend mieux le développement d'Internet dans les pays du Sud et on peut aussi avoir un autre regard sur le Web mondialisé vu de la vieille Europe. Extrait :

"Les premiers frémissements de ce raz-de-marée verbal se sont fait sentir avec l'apparition du service gratuit de chat vocal en ligne PalTalk en 2000. Une sorte de "jouqa" (foule) bruyante, où se retrouvaient des internautes des quatre coins du globe. Dans le tas, les chatteurs marocains étaient parmi les plus actifs. Ils ont pris d'assaut les salons de discussions pour y dire tout et son contraire, avec une préférence prononcée pour trois thèmes de prédilection : le sexe, la religion et… l'engueulade gratuite. Un engouement qui trouve son origine dans la nature même du service : en remplaçant le texte par la parole, "le chat vocal a décomplexé ceux qui avaient un problème avec l'écrit", analyse Rachid Jankari, pour expliquer la lame de fond qui a inondé le Net marocain.


Et malgré la vogue des logiciels de messagerie vocale (MSN Messenger, Yahoo! Messenger…) et de téléphonie sur Internet (Skype), PalTalk reste toujours aussi encombré de participants marocains. C'est que ce souk de la parlotte offre l'avantage d'être un espace de rencontres plus ou moins anarchique." (...)


"Il y a quelques années à peine, l'Internet marocain balbutiait comme un bébé, tétant le sein d'une connexion aussi lente qu'une tortue neurasthénique. Aujourd'hui, la Toile marocaine ressemblerait plutôt à un adolescent en pleine crise de croissance. Le pays compte désormais 5000 cybercafés, environ 3 millions d'utilisateurs et 400 000 abonnés, dont 80% à une connexion haut débit, sésame indispensable pour accéder au multimédia. Ainsi, de consommateurs passifs figés devant une page web fixe, les internautes sont devenus acteurs du monde virtuel, via leurs sites personnels, leurs blogs, leurs vidéos ou bien les exploits des hackers marocains. Certes, comme tout ado trop vite grandi, le web marocain est encore brouillon et commet pas mal d’erreurs de jeunesse. Les hormones en ébullition, on s'enflamme vite à cet âge. Ce qui a le don de crisper les milieux conservateurs, prompts à crier au loup au premier scandale sexuel impliquant des Marocains. Mais bonne nouvelle : l'internaute marocain, même s'il dérape bien souvent, est en voie de s'approprier l'outil Internet."



Source :

Hamdani, Hassan et Smyej, Hicham (27 octobre 2006). "Enquête. L'autre Maroc du Net. Au royaume des excès" (En ligne) TelQuel, n°244, Rabat, Maroc, Dossier (page consultée le 2 novembre 2006)

mercredi 1 novembre 2006

Blogs sur la veille et l'intelligence économique

Christophe Asselin a mis en ligne sur son blog Influx une liste de 50 blogs dédiés à la veille et l'intelligence économique classés en 2 sous thématiques : veille et knowledge management, intelligence économique. Utile pour découvrir ces univers et organiser sa méthodologie de veille.


Cet article de Christophe s'inscrit dans la série de repérages dits "bookmarks". En avril dernier, son bookmark n°1 s'intéressait à une liste de pages personnalisables sur Internet (exemple : Netvibes, Webwag...) : "Services proposant des pages personnalisables qui vous permettent d'afficher les flux RSS de votre choix et un certain nombre de rubriques (météo, notes, ...)".


Source :

Asselin, Christophe (14 octobre 2006). "50 blogs dédiés à la veille et l'intelligence économique" (En ligne), Intelligence Center, Paris, 1 p. (Page consultée le 1er novembre 2006)

mardi 31 octobre 2006

Internet chez les jeunes américains : de la personnalisation de la Messagerie instantanée à la personnalisation de MySpace

Aux Etats-Unis, The Center For Media Research publie tout au long de l'année des articles sur les usages d'Internet et des nouvelles technologies comme médias. Sa publication en ligne Research Brief vient de mettre en lumière une tendance intéressante via l'article "Teens Shift IM Buddy Iicons to Social Networking" reprenant des éléments d'une étude Nielsen/Netratings : l'utilisation abondante des banques de smileys, émoticônes et petits personnages figuratifs ("buddy icons") utilisés habituellement par les adolescents dans le contexte de la messagerie instantanée (MSN Messenger ou Live messenger, AOL IM, Yahoo Messenger...) avec des sites tels que Originalicons.comBlunt Truth ou Buddy4u.com déclinerait en faveur de sites offrant des outils aidant à fournir un contenu supplémentaire aux espaces personnels sur les plateformes de "réseaux sociaux" ("social networking") telles que MySpace ou YouTube avec des sites proposant des paroles de chansons (PLyrics.com), la possibilité de mettre en ligne des messages audio par téléphone (Snapvine), des images et fonctionnalités prêtes à l'emploi pour améliorer son profil de présentation (POQbum), des répertoires de citation ou des modèles de mise en page (WhatEverLife).


Là où les présences en ligne adolescentes étaient très liées en 2003 à l'interaction dans un modèle synchrone communicationnel, l'essor des blogs et MySpace ou plateformes apparentées a fait naître ces 2 dernières années de façon exponentielle un marché de la personnalisation d'espace en ligne pour les 12-17 ans et donc d'une construction identitaire en ligne sur le Web.


Une tendance à mettre en relief avec le temps consacré à Internet par les jeunes américains connectés chaque semaine : 6 h 39 (en 2003) pour les 2-11 ans contre 9 h 24 en 2006 pour cette même tranche d'âge. Les 12-17 ans passaient 21 h 04 par semaine sur Internet en septembre 2003 contre 26h48 en septembre 2006.


Source :

Loechner, Jack (October 20, 2006). "Teens Shift From IM Buddy Icons to Social Networking" (En ligne), Research Brief, The Center For Media Research, MediaPost Publications, New York City, 1 p. (Page consultée le 31 octobre 2006)

Bausch, Suzy and Han Leilani (October 11, 2006). "U.S. Teens Graduate From Choosing IM Buddy Icons To Creating Elaborate Social Networking Profiles, According To Nielsen/Netratings" (En ligne), Press Release, Nielsen/NetRatings, New York City, 3 p. (Page consultée le 31 octobre 2006)

vendredi 20 octobre 2006

TICE et Développement, revue scientifique publiée par l'Université de Yaoundé sur les problématiques numériques et d'enseignements

TICE et Développement est le nom d'une jeune revue scientifique publiée en ligne par l'Université de Yaoundé 1 (Cameroun) en partenariat avec l'Agence Universitaire de la Francophonie sur le thème : "Recherche sur les TICE dans les pays francophones du Sud". Les chercheurs africains peuvent ainsi vulgariser leurs travaux scientifiques plus facilement. La publication fonctionne sur la base d'un partenariat entre les universités du Nord (Mons, Montréal, Strasbourg) et celles du Sud (Dakar, Alger, Maurice, Yaoundé, Tunisie). Tous les 6 mois, avec un nouveau numéro, TICE et développement met en avant les travaux des enseignants et chercheurs en charge de la formation des enseignants :

"La revue se propose aussi de constituer et d'étendre des réseaux de chercheurs en vue de mettre en commun les protocoles de recherche, les outils épistémologiques relatifs aux TICE. On pense par exemple aux données et aux outils d'interprétation, puis au mode de validation des résultats. La revue se propose enfin d'analyser la place des TICE dans la société traditionnelle et dans les systèmes éducatifs de nos pays respectifs. Les thématiques qui constitueront le contenu de TICE ET DÉVELOPEMENT vont donc concerner les usages des TICE dans les sociétés francophones, leur impact dans les systèmes éducatifs et les modes d'apprentissage et d'appropriation. Trois axes thématiques sont retenus :
- L'analyse des pratiques de terrain incluant non seulement l'enseignement, mais aussi l'évaluation ;
- La recherche pour l'innovation de l'enseignement/apprentissage ;
- Les travaux de recherche sur l'intégration des TICE dans la société et sur la contribution des TIC à la culture citoyenne."


Les n°1 et n°2 sont consultables en ligne. Thèmes des prochains numéros :
TICE et Développement n° 3 : Quelles plates-formes d'enseignement à distance pour l'Afrique ?
TICE et Développement n° 4 : Dispositifs et pédagogie pour un enseignement en ligne ?
TICE et Développement n° 5 : Quelles normes pour l'enseignement en ligne en Afrique ?
Info via le Café pédagogique.


Source :

Essono, Louis Martin Onguene (octobre 2006). TICE et Développement (En ligne), Université de Yaoundé 1, Cameroun, Site (Page consultée le 20 octobre 2006).

Philippe Quéau, l'enjeu de l'éducation dans les sociétés du savoir

Philippe Quéau (UNESCO) publie un brillant article sur son blog Metaxu à propos de la marchandisation des savoirs à l'époque actuelle mondialisée et de l'enjeu majeur que constitue l'éducation : De la réforme de l'éducation dans les sociétés du savoir. Il propose une augmentation des compétences en sus de l'acquisition de savoirs faire et la nécessité du travail coopératif ; extrait :

"Au moment où certains fossés s'élargissent et s'approfondissent, il faut y insister, la capacité à travailler en groupe, en réseaux, en partenariat devient primordiale. D'où l'importance de créer un environnement d'apprentissage global, ouvert, au service de tous, en tous lieux, à tous moments et dans tous les domaines du savoir. Les réseaux d'écoles, de bibliothèques, de musées, les laboratoires virtuels, constitueront de plus en plus une nécessaire infrastructure coopérative à large échelle. Car le savoir augmente en se partageant. À ce titre il est l'exemple archétypal du bien public.

Si l'éducation comme l'accès à l'information et au savoir sont, par excellence, des "biens publics mondiaux", il faut noter que les tendances à la marchandisation du savoir et de l'éducation risquent d'aggraver les fossés économiques, culturels, sociaux entre ceux qui sont déjà largement bénéficiaires de la révolution de l'information et ceux qui en subissent les effets pervers."


Source :

Quéau, Philippe (19 octobre 2006). "De la réforme de l'éducation dans les sociétés du savoir" (En ligne), Metaxu, Rabat (Page consultée le 20 octobre 2006).

dimanche 15 octobre 2006

Thomas Friedman, la Terre est plate, une brève histoire du XXIe siècle

Thomas Friedman est un journaliste américain au New York Times et détenteur de trois Prix Pulitzer. Dans son dernier ouvrage, The World is Flat traduit en La Terre est plate, paru aux Editions Saint-Simon, ce mois-ci, Thomas Friedman (voir son site) s'exprime sur la globalisation. Son livre s'est déjà vendu à 3 millions d'exemplaires aux États-Unis. Le magazine Challenges de cette semaine en publie un extrait.


Thomas Friedman découpe le phénomène de la mondialisation en 3 étapes : le monde de taille moyenne ou "comment collaborer avec les autres nations à l'échelle mondiale" (de 1492 à 1800), le petit monde ou "l'économie mondiale" (de 1800 à 2000) et aujourd'hui, le petit monde en train de devenir minuscule, en même temps que le terrain s'aplatit : "ce ne sont plus ni les pays ni les entreprises qui guident le processus, mais les individus".


Thomas Friedman caractérise ce "nouveau Monde mondialisé" :

"Ce monde plat résulte de la convergence de l'ordinateur personnel (qui a permis à chacun de produire ses propres documents numérisés), du câble à la fibre optique (qui a permis d'avoir accès à de plus en plus d'informations pour un coût quasiment nul) et de l'essor des logiciels de workflow (qui a permis à des individus de collaborer sur le même contenu numérique quelle que soit la distance géographique qui les sépare). Personne n'avait prévu cette convergence. Elle s'est simplement produite, vers l'an 2000, et les hommes ont alors compris qu'ils pouvaient désormais agir à l'échelle planétaire en tant qu'individus. Ils pouvaient travailler avec d'autres individus, et non plus seulement en concurrence avec eux. Chacun doit donc se demander : Quelle est ma place, en tant qu'individu, au sein de la concurrence mondiale ? Comment puis-je, personnellement, collaborer avec d'autres individus à l'échelle planétaire ? (...)

En matière de création de valeur, le monde passe d'un système vertical à un système plus horizontal, tandis que l'on voit s'effondrer les murs, les plafonds et les planchers : les sociétés vont donc faire face à beaucoup de bouleversements à la fois. Et ces changements n'affecteront pas seulement l'économie, mais aussi la manière dont les individus, les communautés et les entreprises s'organisent.

La définition même de l'entreprise et de communauté en sera transformée, de même que notre identité de consommateurs, d'employés, d'actionnaires ou de citoyens, notre identité politique et le rôle joué par les gouvernements. Après la triple convergence qui a commencé vers l'an 2000, nous allons devoir "résoudre les énigmes". (...)

Où commencent et où s'arrêtent les entreprises ? Les relations entre les différents groupes de travailleurs devront être repensées, de même que les relations entre les entreprises et les communautés."


Source :

Friedman, Thomas (12 octobre 2006). La Terre est plate, une brève histoire du XXIe siècle, Éditions Saint-Simon, Paris, 283 p.

mercredi 11 octobre 2006

Le déploiement des TIC dans les territoires, le rôle des collectivités par Philippe Bouquillion et Isabelle Pailliart

Intéressant ouvrage : Le Déploiement des TIC dans les territoires : le rôle des collectivités, par Philippe Bouquillion (Professeur à l'Université de Paris 8 et chercheur à la Maison des Sciences de l'Homme) et Isabelle Pailliart (chercheuse au GRESEC, Groupe de Recherche sur les Enjeux de la Communication et Professeur à l'Université Stendhal de Grenoble) paru cette année aux Presses Universitaires de Grenoble.


Les deux chercheurs s'intéressent par un parcours historique, au rôle des techniques d'information et de communication dans le développement du territoire en particulier dans les éléments structurants ou déstructurants des territoires, au renforcement ou non des richesses locales et à la mise en valeur du local. Philippe Bouquillion et Isabelle Pailliart délivrent des pistes pour décrypter les logiques d'actions des pouvoirs publics (État, régions, départements, communes) et montrent comment des actions innovantes dans le domaine des TIC peuvent s'inscrire dans une politique locale. Ils expriment aussi des démarches symboliques souvent prescrites par les acteurs publics dans des utilisations des TIC ; extrait :

"Il est certes difficile d'aborder la question des usages pour une collectivité territoriale. En effet, pour des responsables politiques, cette expression renvoie à une notion floue, difficilement cernable. Les différences - et les inégalités - sociales et culturelles restent fortement déterminantes dans l'appropriation des techniques et des services. Mais celles-ci, de manière générale, sont rarement prises en compte dans les politiques publiques locales, ou du moins n'apparaissent pas en tant que telles, elles vont à l'encontre de la dimension consensuelle des actions menées en matière de TIC. En outre, les usages se forment sur le long terme et s'inscrivent dans des pratiques sociales (les activités professionnelles, les activités ludiques...) qui dépassent le cadre des domaines d'intervention des collectivités territoriales. Les élus, eux, sont tentés par le temps court et par des actions visibles. Enfin, en plus de leur côté insaisissable au premier abord, les usages revêtent une forme d'indécidabilité qui compliquent les choix politiques (les usages intensifs de quelques-uns seront-ils les mêmes dans quelques années ? sont-ils représentatifs de ceux d'une population ?) ; les choix politiques par ailleurs sont eux-mêmes soumis au caractère sans cesse innovant et fluctuant des techniques. Ainsi le terme d'usages est-il employé dans son acception la plus simple et renvoie aux potentialités des techniques, à leur utilisation et non à des pratiques récurrentes, stabilisées et partagées.

Le manque d'analyse concernant les pratiques des utilisateurs pose cependant un double problème : celui de n'envisager les pratiques qu'à travers les représentations qu'en ont les promoteurs des nouvelles techniques, celui encore plus inquiétant d'un décalage, entre d'une part les pratiques effectives, d'autre part les représentations des concepteurs de produit ou de services innovants."

À télécharger gratuitement en .pdf, la première partie de l'ouvrage (pp.13-31) : "Les collectivités territoriales et les TIC: des objectifs aux réalisations" (Chapitre I - Des services locaux, des politiques territorialisées ; Chapitre II - TIC et vie politique ; Chapitre III - Télévisions locales et réseaux de télécommunications).


Source :

Bouquillion, Philippe et Pailliart, Isabelle (2006). Le déploiement des TIC dans les territoires, le rôle des collectivités, Presses Universitaires de Grenoble, Grenoble, 122 p.

lundi 9 octobre 2006

Manuel Castells, émergence des médias de masse individuels, mass self communication

Paru en août 2006 dans Le Monde Diplomatique, l'article de Manuel Castells (Professeur de Communication et chercheur spécialiste des réseaux et de la galaxie Internet) intitulé "Émergence des "médias de masse individuels" " figure désormais en intégralité dans les archives du site Internet du mensuel.

Dans ce papier, Manuel Castells évoque comment s'est constitué ces dernières années, via l'utilisation des technologies, "une nouvelle forme sociale de communication, certes massive, mais produite, reçue et ressentie individuellement" qu'il définit comme "la Mass Self Communication (la communication de masse individuelle)" :

"Techniquement, cette communication de masse individuelle participe d'Internet, mais aussi du développement des téléphones portables. Il y aurait à ce jour plus d'un milliard d'utilisateurs de la Toile et près de deux milliards d'abonnés au téléphone mobile. Les deux tiers des habitants de la planète peuvent communiquer grâce à un portable, y compris là où il n'y a ni électricité ni lignes de téléphone fixe. En très peu de temps, les nouvelles formes de communication ont explosé. Les gens ont développé leurs propres systèmes : SMS, blogs, skype... Le peer-to-peer (en français,"poste à poste") ou P2P rend possible le transfert de n'importe quelle donnée numérisée."

(...)

"Ce phénomène constitue ainsi une nouvelle forme sociale de communication certes massive, mais pourtant produite, reçue et ressentie individuellement. Partout dans le monde, elle a été récupérée par les mouvements sociaux. Mais ils ne sont en aucun cas les seuls à utiliser ce nouvel outil de mobilisation et d'organisation. À leur tour, les médias traditionnels tentent de s'arrimer à ce mouvement, et, en utilisant leur puissance commerciale et médiatique, ils sont en train de créer un maximum de blogs possible autour d'eux. Il n'en reste pas moins que, à travers la communication de masse individuelle, les mouvements sociaux comme les individus en rébellion sont en mesure d'agir sur les grands médias, de contrôler les informations, de les démentir le cas échéant, ou même d'en produire."


Dans une conclusion dans le champ des possibles, Manuel Castells voit dans ces phénomènes, une ressemblance avec la reconstruction de nouvelles formes politiques, dont on ne connaît pas le futur :

"L'existence et le développement des réseaux électroniques offrent à la société une plus grande faculté de contrôle, d'intervention. Et une capacité supérieure d'organisation politique à ceux qui se tiennent en dehors du système traditionnel."


L'article du Monde Diplomatique est tiré de l'intervention de Manuel Castells au séminaire "Media Between Citizens and Power" qui s'est tenu les 23 et 24 juin 2006 à San Servolo, Italie.


Source :

Castells, Manuel (août 2006). "Émergence des "médias de masse individuels"" (En ligne), Le Monde Diplomatique, Paris, n°629, pp.16-17

Web2Bretagne : une initiative régionale sur le Web 2.0

A l'initiative de Michel Briand, maire adjoint de Brest en charge de la démocratie locale, de la citoyenneté et des nouvelles technologies, et d'acteurs bretons (Ecole Normale Supérieure des Telecoms, France Telecom Recherche & Développement, pôle de recherche M.A.R.S.O.U.I.N, associations, collectivités locales...), vient de naître l'initiative Web2Bretagne qui vise à donner à voir les initiatives locales Web 2.0 (répertorier les actions existantes), à faire naître des projets collaboratifs dans une dynamique coopérative et à mettre en lumière régionalement le Web 2.0 et ses enjeux :

"L'initiative web2bretagne mêle innovation horizontale, informatique en réseau, logiciel libre et espace commun de création collective. Elle s'inscrit dans le mouvement du Web 2.0 et s'appuie sur les territoires. Elle est née de l'initiative plus large Overcrowded".



L'initiative Web2Bretagne s'appuie sur un Wiki et une liste de diffusion Groupe de travail sur le Web 2.0 en Bretagne. Un calendrier d'actions et de rendez-vous en Bretagne est déjà en ligne. Merci à Michel Briand pour ces infos.


Source :


Collectif (9 octobre 2006). Web2Bretagne (En ligne), Association Infini, Brest, Wiki (Page consultée le 9 octobre 2006).

Patient Opinion : Les patients anglais donnent avis et suggestions sur leurs hôpitaux et partagent ces témoignages sur Internet

Le pouvoir de l'internet est aussi celui des citoyens... et donc aussi des assurés sociaux. Lancé en septembre 2005, le service Patient Opinion est un site internet interactif créé au Royaume-Uni par Paul Hodgkin, Médecin à Sheffield et le Department of Health and South Yorkshire Strategic Health Authority, avec un groupe d'associés et bénéficiant d'un développement informatique de la société Headshift qui permet aux patients du système de santé britannique d'exprimer ce qu'ils pensent des services hospitaliers locaux et d'écrire leur vécu sur les satisfecit, opinions ou conseils qu'ils ont à formuler pour améliorer les conditions de soins en Angleterre.


Patient Opinion est une organisation à but non lucratif qui inscrit son action dans la durée en signalant aux autorités publiques les dysfonctionnements notoires et les difficultés rencontrées par les patients dans leur parcours à l'hôpital que ce soit pour une simple consultation ou une intervention chirurgicale.


Grâce à ce système, le Dr. Hodgkin espère une meilleure orientation des citoyens britanniques vers des médecins spécialistes correspondant à leurs pathologies et aussi délivrer des informations crédibles en terme d'accessibilité sur les lieux de soins (modalités de transports, accès aux personnes à mobilité réduite...). Patient Opinion permet aussi de noter des défaillances et difficultés redondantes pour les notifier aux pouvoirs locaux et à l'administration de Santé au Royaume-Uni.


Concrètement, le système s'appuie sur des écrits postés sur le site par des patients à partir d'un formulaire très simple à compléter (rappelant une page d'un logiciel de traitement de texte) où l'on doit indiquer le lieu de soin (code postal) et sa remarque classée par catégorie (histoire, suggestion, critique, remerciement, aide, remarque négative). Chaque texte est ensuite modéré avant d'être disponible sur la plateforme par tout internaute qui souhaite consulter ces témoignages (avec une recherche par nom du centre hospitalier ou code postal).


Le contenu de chaque remarque est anonyme et les informations personnelles n'y figurent pas. 2000 contributions ont été postées depuis septembre 2005. Expérimenté dans le South Yorkshire depuis septembre 2005, le service a été étendu en janvier 2006 à tous les établissements hospitaliers de l'Angleterre. Ce sont les hôpitaux et le Primary Care Trusts qui financent ce site. En échange, ils peuvent répondre aux patients et comparer leurs rapports d'activités avec les remarques des patients placés sur Patient Opinion. Le site est sous une licence Creative Commons et répond aux normes d'accessibilité du W3C. Un site interactif, utile et solidaire!


Source :


Hodgkin, Paul (octobre 2006). Patient Opinion (En ligne), Patient Opinion, Sheffield, Site (Page consultée le 9 octobre 2006).

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