Jean-Luc Raymond

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Tag - reseau social

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vendredi 23 avril 2010

Cours au CELSA en Sociologie des Médias informatisés, Twitter et Facebook comme objets

Je suis nouvellement chargé de cours au CELSA (Ecole des Hautes études en Sciences de l'Information et de la Communication rattachée à l'Université Paris-Sorbonne - Paris IV) en Master 1 Métiers de la communication et également en Master 2 Communication des entreprises et des institutions. Pour ce dernier parcours diplômant, je dispense un cours de Sociologie des Médias informatisés. Mes remerciements à Valérie Jeanne-Perrier, Maître de conférences CELSA Paris-Sorbonne.

Deux séances ont été consacrés à l'analyse d' "objets" média présélectionnés du point de vue du récepteur afin d'envisager une description critique de ceux-ci via des dispositifs/grilles permettant de proposer une approche décelant les mutations actuelles à l'oeuvre dans les médias.

Chaque séance a alterné une présentation de l'objet média dans son caractère pluriforme et un travail à partir d'exemples d'objets, avec capitalisation permettant d'en distinguer des traits d'analyses du point de vue du récepteur ou de l' "imaginaire" du récepteur : caractéristiques / contextualisations / capitalisations / discours / effets / modes de rediffusion et de re-création / modèle économique en jeu / structuration de la publicité... Ci-après, le plan de cours des deux séances

La Fanpage Facebook : de "l'ami de mon ami" à la figure du "fan"

Contexte

A distinguer de la page individuelle Facebook construite autour du profil et du Mur, le Fanpage Facebook (cf. http://www.facebook.com/pages/create.php ) s'invite comme une exposition d'une entreprise, d'une administration, d'un groupe (communauté, entité), personnalité et comme l'un des objets de communication "tendance" visant à communiquer au sens large (produit, marque, positionnement social et/ou politique...) via un mouvement d'adhésion : "Devenir fan".

Il y a désormais une exploitation communicationnelle majeure de la Fanpage construite comme un dispositif de communication "marketé". Les fameux "community managers" (en agence ou en entreprise) en font un des focus essentiels de leur mission d'animation de "communauté(s)". Le récepteur est au coeur du dispositif dans ce qu'il y a de bâti tout comme l'aspect publicitaire directement associé ; l'entreprise Facebook incitant fortement à promouvoir sa page sur Facebook via un apport publicitaire (régie interne Facebook).

Plan


1. De la relation de pair à pair individuelle à la relation "one to many"

Sur Facebook, le récepteur-acteur se construit comme un individu professionnalisé et utilitaire. La fanpage tend-t-elle à exacerber cette double fonction ? Quel est la place du récepteur en tant que "fan" et que signifie être "fan" ?

2. Le "hacking" ou piratage Web désiré par Facebook du récepteur-contributeur

La structure de la fanpage est assemblée via des applications différentes reconstituant un Web dans le Web : le FBML remplace le HTML, les systèmes de votes/sondages/avis sont possibles, l'agrégation via RSS peut y figurer de toute part, les possibilités d'analyses de l'audience y sont présentes et renforcées avec le temps.

La page ne « fait plus acte de » page mais peut être envisagée comme un jeu d'acteurs où un piratage « conventionnel » fait l'objet d'une forte invitation. Le récepteur "alimente" la fanpage, la rendant davantage attractive (contenu / applications / interactions / commentaires / jeu des onglets) et il se crée une méta-conversation comme variante de Facebook vs. Web.

3. La Fanpage Facebook s'imposant comme page Web : notion de "hub" identitaire

Noeud d'un réseau de récepteurs-contributeurs consommateurs, la fanpage se caractérise également comme un "dazibao" discursif et communicationnel d'interactions mêlant l'annotation, le statut comme témoignage-humeur instantané, l'aspect asynchrone conversationnel et une méta-discussion commentée ("j'aime", "je partage", "je commente").

S'y ajoutent la capitalisation d'éléments visant à constituer chez le récepteur une "identité-réseau" en ligne à la croisée d'affinités avec une stratégie plus ou moins affirmée (selon le positionnement de l’individu).

Bibliographie

ALLARD Laurence, "Blogs, Podcast, Tag, Locative media : le tournant expressiviste du web" in 2.0 ? Culture Numérique, Cultures Expressives, MédiaMorphoses n°21, Paris, INA, Armand Colin, 2007

BAUMAN Zygmunt, "S'acheter une vie", Paris, Actes Sud, 2008

GIFFARD Alain "Des lectures industrielles" in STIEGLER Bernard (dir.), Pour en finir avec la mécroissance, Flammarion, Paris, 2009

ILLOUZ Eva, Les Sentiments du capitalisme, Paris, Seuil, 2006

LEVY Pierre, "Le Jeu de l'intelligence collective" in Technocommunications, Réseaux n°79, Bruxelles, De Broeck, 2003

McKENZIE WARK Kenneth, Un Manifeste hacker, Paris, CriticalSecret, 2006

PETIT Pascal, "TIC et Nouvelle économie : Entre mirages et miracles" in Hermès n°44, Paris, CNRS Editions, 2006

PROULX Serge, "Les Communautés virtuelles : Ce qui fait lien" in PROULX Serge (dir.), Penser et Agir en réseau, Lévis, Québec, Presses de l'Université Laval, 2006

SCHOPFEL Joachim, "Animer le web 2.0 : Community manager" in Veille et recherche de l'information sur le Web, Archimag Guide Pratique, Paris, 2009 (Web)

VOIROL Olivier, "Les Luttes pour la visibilité", Réseaux n°129-130, Paris, Hermès, 2005
Coll., "Sémiotique et visualisation de l'identité numérique: une étude comparée de Facebook et Myspace", Working paper, Montpellier, 2009 (Web)


Le ReTweet chez Twitter : une nouvelle forme de la culture du commentaire ?

Contexte

Twitter est un objet média Web bien particulier, hybride dans sa forme, pluriel dans ses utilisations et au coeur d'un écosystème d'applications (via le dispositif technique partagé des API - Interface de Programmation). Dans le champ des échanges via Twitter, la pratique du ReTweet (republier un message de 140 caractères antérieurement publié par un autre utilisateur) s'est largement diffusée.

Quelle est la place du récepteur lors du ReTweet et que "vaut" le RT (ReTweet) : connivence, approbation, confiance, acceptation du message émis, de l'individu dans son champ relationnel ? Peut-on dire que le RT est une nouvelle forme de commentaire (vs. commentaire des blogs) ?

Plan

1. Le ReTweet scruté, analysé, catégorisé : de l'audience à la stratégie de communication

Aux RT, sont attachés des services tiers de Twitter permettant d'analyser les liens cliqués dans les messages rediffusés. Ces mêmes messages rediffusés sont agrégés, catégorisés et audités au sein de plateformes de popularité.

Le récepteur qui ReTweete est donc aussi un rediffuseur pouvant potentiellement ajouter à son discours une marque d'intérêt, une valeur et assure donc une capillarité du message redistribué vers d'autres récepteurs potentiellement redistributeurs.

Cette rediffusion peut tout à fait s'inscrire dans une stratégie de communication avec des données quantifiées et qualifiées. S'agit-il là d'une nouvelle mesure d'audience en ligne ? D’une syndication « masquée » ?

2. ReTweet et popularité : Sens, concurrence et publics symboliques

Aujourd'hui, popularité faisant, les acteurs de Twitter les plus RT sont souvent considérés comme des "influenceurs" par les marques et les acteurs économiques. Les publics qui RT sont des publics acteurs et leurs RT valent une forme d'approbation et de confiance.

Plus que cela, ces locuteurs « ReTweetés » et « ReTweetant » cherchent à affirmer une position dans la communauté des utilisateurs de Twitter et au-delà dans une perspective liée à un écosystème d’une présence en ligne (blog, réseaux sociaux tels Facebook, LinkedIn...) définie par des acteurs économiques comme « identité numérique », « gestion de la e-réputation », « personal branding » (stratégie de marque personnelle).

L'acte du ReTweet s'affirme-t-il comme un vote, un consentement, un encouragement... ou autre de la part du récepteur ? Essayons de caractériser ce que ReTweeter symbolise. Les publics des ReTweets sont loin d'être uniformes et les récepteurs ne rediffusent-ils pas vers des "figures" de l'internaute-consommateur imaginaire ou imaginé ?

3. Le ReTweet comme commentaire

L’acte du ReTweet met en valeur le message et son univers (contexte, émetteur, lieu de l'énonciation, organisation, représentation). En outre, le ReTweet publié joue sur un espace-temps délimité, et par un aspect éphémère du message diffusé (140 caractères noyés dans une ligne du temps où la diffusion de messages est "réactualisée" techniquement de façon permanente).

Le RT et sa rediffusion valent-ils force de commentaire ? S'agit-il d'une production différenciée et d'un trait de la "culture remix" comme nouvelle « figure de l’amateur » ?

Bibliographie

ASCHER François, "L'Ambition moderne de maîtrise individuelle des espaces-temps : outils et enjeux" in L'Age des métapoles, Paris, L'Aube, 2009

BOYD Danah, GOLDER Scott, and LOTAN Gilad (2010), "Tweet Tweet Retweet: Conversational Aspects of Retweeting on Twitter" - Proceedings of HICSS-42, Persistent Conversation Track. Kauai, HI: IEEE Computer Society. January 5-8, 2010, (Web)

BROUDOUX Evelyne,"L'exercice autoritatif du blogueur et le genre éditorial : un exemple avec le microblogging de Tumblr", Working paper, 2009, (Web)

CASTEL Robert, "Le Défi de devenir individu" in La Montée des incertitudes, Paris, Seuil, 2009

CRAIPEAU, "Le Collectif dans les mailles du réseau" in Communautés et Nouveaux modes de (Télé)communication, Terminal n°97-98, Paris, L'Harmattan, 2006

DOUEIHI Milad, La Grande conversion numérique, Paris, Seuil, 2008

JOANNES Alain, Le Journalisme à l'Ere électronique, Paris, Vuibert, 2007

GALAN Jean-Philippe, VIGNOLLES Alexandra, Twetnographie: Utilisation de Twitter pour la recherche en marketing, 14èmes Journées de Recherche en Marketing de Bourgogne, Dijon, 2009 (Web)

GALAN Jean-Philippe, VIGNOLLES Alexandra, Identification des leaders d'opinion sur internet : utilisation des données secondaires issues de Twitter, International Marketing Trends Conference, ESCP Paris, 2010 (Web)

KLECK Véronique, "L'Internet... et sa disparition" in Numérique et Compagnie, Paris, Ed. Charles Léopold Meyer, 2007

MAHAN Alexander, "De la Société de contrôle au désir de contrôle" in Google et au-delà, Multitudes n°36, Paris, Difpop, 2009

REBILLARD Franck, Le Web 2.0 en perspective, Paris, L'Harmattan, 2008

RHEINGOLD Howard, Smart Mobs, Cambridge, MA, Etats-Unis, Perseus, 2002

STIEGLER Bernard, Réenchanter le monde, Paris, Flammarion, 2006

Crédit photo : Ebauche du projet de logiciel Twitter par Jack Dorsey. Cliché sous Licence Creative Commons.

lundi 28 décembre 2009

Facebook, royaume du narcissisme et de l'exhibitionnisme selon le philosophe Robert Redeker


Dans le nouveau numéro du magazine Médias (Hiver 2009), le philosophe Robert Redeker publie une carte blanche très incisive et critique sur le réseau social Facebook. Titre de cet article "Facebook, narcissisme et exhibitionnisme" ; extraits :
 
"Facebook est surtout un média d'exhibition à laquelle la socialisation sert de masque (...) L'exigence stylistique est elle aussi absente, car, sur Facebook, on n'écrit pas, on communique. L'écriture - qui culmine chez les classiques de la littérature - repose sur un travail d'élaboration. Elle est indirecte. L'impératif du réseau social prône le contraire : dire directement, en quelques mots, sans élaboration. Brut de décoffrage - le contraire de la pensée, le déni de la littérature. Sur Facebook, la communication a tué l'écriture (...) La limitation du nombre de signes laissés aux commentaires est conçue pour empêcher le dialogue. Le fil des discussions en témoigne : sur Facebook, on ne se rencontre pas, on se croise. Les humains y sont des bulles autocentrées dont le lien social se réduit à une forme nouvelle de communication sans rencontre ni dialogue. (...)
 
Rien n'est plus frappant que les photos des pages Facebookiennes. Nos internautes y impriment d'innombrables représentations d'eux-mêmes. La plupart singent, plus ou moins consciemment, l'univers "people". Sur Facebook, l'exhibitionnisme, frontalement tourné vers les voyeurs, épouse le narcisisme, aspiré par une intériorité disparue. Jadis, le narcissisme se repliait sur le moi, la profondeur ; ici, il se replie sur le corps, la surface, l'épiderme, le pixel. Finalement, Facebook désinhibe le narcissisme et l'exhibitionnisme tout en les transformant."

samedi 10 octobre 2009

Profession Twitterer de star ou Twitterer de personnalité

Le journaliste Yves Eudes consacre un truculent article distancié sur un nouveau métier : le nègre Twitter de star dans l'édition du Monde Magazine daté du 10 octobre. Si la profession de Twitter pour les stars est bien établie aux Etats-Unis, elle fait aussi en chemin en Europe et en France ; des missions exercées dans "l'ombre" et très peu publicisées.

En avril 2009, Laura Desjardins consacrait un article à cette profession qui se répand aux Etats-Unis : "Profession: Twitterer de stars" brossant un bref panorama de cette pratique alors naissante avec un aspect réducteur dans les propos relevés d'Annie Colbert qui exerce ce genre de missions : "Le but est que l’on vienne à vous, d’être retweetée".

Outre-Atlantique, la profession s'organise et il devient courant, pour des artistes et des personnalités, que l'offre de webmaster éditorial (site, blog...) se double de la présence et du contenu en ligne sur 4 médias sociaux - réseaux sociaux phare : Facebook, Twitter et MySpace voire YouTube. La gestion du temps chez la personnalité est comptée mais la fidélité du propos est essentielle tout comme celles de l'action de cette même star. Ainsi, un artiste musical connu aux Etats-Unis m'a récemment confié que son Twitterer pro avait publié un message sur Twitter indiquant que ce même client - artiste se trouvait alors dans un avion alors qu'il n'en était rien... Les limites de l'exercice...

Yves Eudes propose un portrait du Twitterer de star ou Twitterer de personnalité très précis et présentant les différentes facettes de ces missions ardues ; un spécialiste portant le pseudonyme de Damien :

Il propose deux types de prestations, car il y a déjà deux écoles chez les Twitterers pro américains : certains se font carrément passer pour la star, d'autres se présentent comme une membre de son entourage, un proche qui la suit partout, un confident. Bien sûr, c'est du boulot. Le Twitterer pro doit s'imprégner de la personnalité de la star, reproduire ses tics de langage.

D'autres Twitterers ont le problème inverse : des tas de choses à raconter ou à vendre, mais peu de suiveurs. Le marché est vaste : génie méconnu, politicien qui tente un come-back ou commercial sur le retour... Damien peut faire en sorte que ces anonymes explosent sur Twitter en quelques jours.

D'abord, établir avec le client le profil-type du "suiveur" idéal - âge, revenus, etc. Puis trouver un logiciel capable de scanner le moteur de recherche interne de Twitter afin de collecter des données sur des millions d'utilisateurs, et faire le tri. Enfin, envoyer des messages aux cibles sélectionnées pour les inciter à suivre le compte Twitter du client. Compliqué, mais une start-up australienne s'est spécialisée dans ce type de prestation. En attendant de s'équiper, Damien pourra sous-traiter.

mercredi 9 septembre 2009

Qu'est-ce que Twitter en 10 tweets ?


Qu'est-ce que Twitter en 10 tweets ? Une définition de Twitter en 10 tweets ; voici un petit exercice amusant de définition et de concision auquel je me livre :


1.
Twitter est un média social hybride donnant la possibilité de publier des messages sous forme de mises à jour de 140 caractères tout au plus

2. Pour publier des messages, s'enregistrer sur Twitter.com . Choisissez une image profil, renseigner la biographie et changer le fond de page

3. Utiliser Twitter: communiquer avec des personnes, partager un centre d'intérêt... Les clés: Objectif, stratégie, personnalité, contenu, style

4. Choisissez l'option "Find people" (trouver des personnes) pour rechercher des profils. Cliquez sur "Follow" (suivre) comme "ami sur Twitter"

5. Répondez publiquement à un message publié (tweet) en utilisant le signe @ suivi (sans espace) du nom d'utilisateur Twitter ou l'icône Flèche

6.
Envoyer un Message Direct ("Direct Message") à un ami Twitter ("Follower" qui doit aussi vous suivre) à partir de son profil puis "Message"

7.
Signaler un article et/ou un lien publié sur Twitter, c'est le "Retweet": tapez RT ou "ReTweet" puis @ et le nom d'utilisateur suivi du tweet

8. Twitter en groupe en créant un Hashtag: # suivi (sans espace) de l'intitulé de l'évènement, du sujet indexe chaque tweet publié sur le thème

9.
Profitez de la fonction "Search": le moteur de recherche Twitter Search pour interroger en temps réel les tweets et Twitter par critères

10. Twitter est multi-plateforme: on peut consulter et publier des tweets via Internet, un téléphone avec connexion Web. L'instantanéité prime


Tweet subsidiaire


11. Les applications liées à Twitter: lecture/écriture, photos, vidéo, localisation... Associées à votre compte. A vous de choisir lesquelles


A savoir...

Je fournis du conseil spécialisé sur l'utilisation de Twitter : formation Twitter (depuis 2007) et consulting (depuis 2008) : Création, Editorial, Coaching concernant Twitter et le microblogging.

Références: TPE-PME, Grandes entreprises, Institutions, ONG.

N'hésitez pas à me contacter : jeanluc.raymond@gmail.com

jeudi 16 avril 2009

Vie privée et Internet, les réseaux sociaux utilisés activement pour des enquêtes

Les détectives privés utilisent bel et bien Internet et notamment les réseaux sociaux pour enquêter. Goolam Monsoor, gérant du groupe AS Consultant Détective révèle quelques-unes des pratiques dans une mini-interview pour le mensuel Chronic’Art du mois d’Avril 2009 (n°54) ; extrait :

"Les moteurs de recherche facilitent les recherches à un niveau international. Hormis les recherches classiques d’informations sur les sites des entreprises, nos abonnements à des banques de données telles que Société.com, Infogreffe, Cadastre et Kompass nous font gagner du temps. Par ailleurs, le logiciel de géolocalisation par satellite facilite les filatures dans des conditions spécifiques et la transmission des images via Internet nous permet de faire des surveillances à distance. D’autres applications permettent de rechercher les preuves de détournement de clientèle, un savoir-faire, dans des disques durs d’ordinateurs.

Facebook, LinkedIn, Plaxo, Twitter, Copains d’Avant et autres réseaux permettent d’obtenir des informations ouvertes, je dirai même « offertes » au grand public. Il est évident que nous utilisons ces réseaux, puisque les gens y exposent naturellement leur vie privée."

dimanche 21 décembre 2008

Facebook, vide d'absence et différenciations générationnelles

Dans la nouvelle édition de la revue Médias (n°19 - Hiver 2008), Bruno Marlière signe un article sur sa découverte de Facebook (en trois jours chrono), de la création de son compte à l'exploration de l'utilisation de  la plateforme "relationnelle", un papier plein d'étonnements, d'humour et de questions : "Comment Facebook est devenu ma cour de récré".

Extrait de cette aventure, le 3e jour :

"Après quatre heures de vertige, je ferme à regret la fenêtre de récréation Facebook et fais ressurgir ma salle de classe, ma page Word. Un léger vide m'envahit, un vide de séparation, de celui que chacun ressent quand il raccroche au téléphone et quand le "bon ben, salut!" semble dérisoire, faible, mal assuré. C'est un vide d'impossibilité de faire, de celui que chacun a ressenti lorsque, dispensé de piscine car enrhumé, il restait assis au bord du bassin à regarder ses copains de classe faire des longueurs. C'est un vide d'absence.

Dire que Facebook est une drogue est faux. Ou alors l'amour est une drogue, l'amitié aussi. Aimer se marrer, manger avec des potes, se raconter des histoires, jouer, aimer tout court, c'est seulement aimer la vie. Dès lors, comment ne pas comprendre l'attraction pour un réseau perpétuellement connecté, où séparation et disparition ne sont qu'actes volontairement et individuellement consentis ?

Entre la page Bruno Marlière et celle de Léa, ma fille de 17 ans, il y a un monde, il y a des siècles. Pourtant, c'est le même outil. Mon Facebook semble statique, littéraire, confiné, organisé, comparé à celui de Léa, si mouvant, rapide, synthétique, expansionniste et surprenant."


Bruno Marlière indique là que l'utilisation de Facebook varie selon les générations avec des différences marquées dans la rapidité des interactions, les textes courts qui y sont présents (micro-publication) et les notes éditées. Les différenciations d'utilisations générationnelles de Facebook sont peu mises en avant dans les médias.