Jean-Luc Raymond

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lundi 18 mai 2009

La vie en ligne et en flux



Dans l'espace-temps contemporain, la vie se confond en la gestion de flux de différentes natures. Ces flux tendent à disputer la place au mode relationnel classique. Dans les univers technologiques, les flux s'adoptent, se maîtrisent, se corrèlent, se rapprochent et jouent de leur multi-diffusion, de la multiplicité de leur captation, d'un accaparement éphémère de la part de l'utilisateur qui a des difficultés à en épouser le sens. Les informations se fanent dans des annexes documentées ou non, archives classées souvent dans des modes empiriques.

Les "channels" comme signaux de monstration

Dans le corps de l'existence du flux, se retrouvent les "channels", ces canaux qui telle la Citizen Band dans les années 1970-1980 célèbrent le pseudonyme, la personnalité (plus que la personne), un avatar de soi plus ou moins disposé à interagir avec d'autres. Le flux oblige à la constance du média, à une stabilité de la présentation, à des habitudes qui s'appuient plus sur la monstration (paraître) que la démonstration (parcours réflexif).

Des individus renseignés

L'économie des flux prédomine aujourd'hui dans une effervescence dont les modèles économiques demeurent incertains car le flux connaît un coût récurrent de fonctionnament considérable (bande passante des vidéos chez YouTube et DailyMotion) bien que se substituant de plus en plus au téléchargement (cf. le succès de Deezer, service d'écoute de musique en ligne). L'économie du flux s'appuie sur une économie de l'attention en offrant une hyper-personnalisation des flux (sélection des sources, des thèmes, des variations musicales ou des vidéos). Cette nouvelle programmatique s'affiche abondamment dans les médias comme variable de remplacement des mass media traditionnels. La monétisation des flux est consubstantielle à la notion de profil et donc de qualification de l'individu, une représentation en ligne renseignée (avec précision) dans ses flux d’interactions avec d’autres flux. Facebook et surtout Twitter s'inscrivent dans ce cadre de flux d'interactions perturbés par le bruit de la massification de l'utilisation d'une plateforme à la recherche permanente de signifiances.

L'acte de présence

Dans ces agglomérats organisés en flux, chaque personnalité joue d’une stratégie habile, malhabile ou d’une naïveté (socio-cognitive) pour attraper ce temps si précieusement disponible. La présence vaut acte de constance, d’installation d’un pouvoir qui occupe le terrain des mots, des échanges dans les espaces médiatiques. L’absence est aussi pouvoir sur Internet ; on l’oublie trop souvent. Occuper le terrain de l’expressivité, c’est proposer du contenu de flux, du contenu redistribuable… Le devoir de présence devient une obsession communicationnelle de notre temps ("à la demande"), bien plus que la problématisation du contenu produit… Drôle d’invariance sublimée et évaporée, un oubli...

Crédit illustration : Geek And Poke "
Social duties", 21 janvier 2008 sous Licence Creative Commons.

mercredi 15 avril 2009

Robert Redeker, Conduire l'information

Dans la nouvelle édition de Médias (numéro 30 – Printemps 2009), le philosophe Robert Redeker s’interroge sur le statut de l’information, de sa distribution à sa rediffusion, à l’heure du Web, dans une tribune intitulée : Le journalisme au défi d’Internet. Robert Redeker présente la métaphore de l’électricité :

"Dans cette nouvelle forme de société, les informations ne se consomment pas (d’où la double crise du modèle télévisuel charpenté autour de la grand-messe du journal de 20 heures, et de la presse quotidienne version papier) : elles traversent, elles parcourent ; chacun est appelé à les faire circuler, les faire rebondir, les renvoyer (les « forwarder »). Les blogs et les sites participatifs s’inscrivent dans cette nouvelle approche de l’information. Plutôt que produit de consommation, l’information est, désormais, une sorte de courant électrique, électronique, ou de fluide, qui traverse chacun : nous sommes tous des conducteurs d’informations.

Rien n’est plus assuré : le consommateur d’informations tel qu’on a pu le connaître depuis une quarantaine d’années est destiné à sombrer dans la caducité pour la bonne raison que nous entrons, avec Internet, dans un régime inédit de l’information, le conducteur ayant pris la place du consommateur.

Nous ne consommons plus les informations, nous les conduisons à l’instar de ces corps dont on dit qu’ils sont « conducteurs » de courant électrique. Ou bien, pour reprendre la métaphore spirite, parfaitement descriptive ici : le médium, chacun d’entre nous, conduit et reconduit le fluide qui le traverse, l’information. C’est la circulation à la plus grande vitesse possible, celle qui frôle la vitesse infinie, qui constitue l’impératif catégorique de la société de l’information, pas la consommation."

lundi 12 janvier 2009

Zygmunt Bauman : 3 traits caractéristiques des réseaux sociaux

Zygmunt Bauman est un sociologue et philosophe polonais et anglais qui a traversé le 20e siècle avec une description du monde qu’il désigne « liquide », les liens sociaux devenant de plus en plus difficiles à décrire car improbables à saisir.

Dans son dernier ouvrage traduit en français "S'Acheter une vie" (Editions Jacqueline Chambon ; septembre 2008), passionnant s’il en est, Zygmunt Bauman franchit un pas, en indiquant que les individus sont à la fois les promoteurs des produits et les produits dont ils assurent la promotion, le marketing et la communication. Nous sommes tout à la fois la marchandise et le vendeur, les biens et leurs prescripteurs… Dans un même espace social : le « marché ».

Aussi, pour accéder à une position sociale favorable, il convient que les individus se reconditionnent sans cesse en produits pour attirer une attention continue ou discontinue. Cette captation permanente de l’attention est un fait majeur de notre monde contemporain occidental. Autrement dit, sans consommation, nous ne sommes pas.

Dans le 3e chapitre de l’ouvrage (« La culture consumériste »), Zygmunt Bauman définit 3 angoisses du monde moderne qui épousent étrangement 3 traits caractéristiques des réseaux sociaux (Facebook, Twitter, LinkedIn...) :

L’angoisse d’être de rester en tête

« Le fait d’être « en tête » présage une possibilité de sécurité, de certitude et de certitude de la sécurité – précisément les types d’expérience qui font le plus terriblement défaut à la vie de consommation, bien qu’elle soit guidée par le désir de les acquérir.

La référence au fait d’ « être en tête du peloton du style » semble promettre une forte valeur marchande et une demande abondante (traduites l’une comme l’autre par une certitude de reconnaissance, d’approbation et d’inclusion). Dans le cas d’une tentative globalement réduite à la présentation d’emblèmes, une tentative qui commence par l’achat d’emblèmes, puis passe par l’annonce publique de leur possession avant d’être perçue comme achevée une fois que la possession devient publique, cela se traduit alors par un sentiment d’ « appartenance ». »

Le message s’accompagne d’une date limite d’utilisation

« Le message ne vaut que « pour les mois à venir », pas plus. Il s’accorde bien avec l’expérience du temps pointilliste composé d’instants, d’épisodes à durée déterminée et de nouveaux départs ; il libère le présent, qu’il convient d’explorer et d’exploiter à fond, des distractions du passé et du futur qui auraient pu empêcher la concentration  et gâter l’ivresse du libre choix. Il offre un double bonus : celui d’être momentanément à la page, tout en comportant une garantie contre tout décrochage futur (du moins pour ce qui est du futur prévisible, si tant est qu’il existe). Les consommateurs chevronnés comprendront ce message ; celui-ci les poussera à se presser et leur rappellera qu’ils n’ont pas de temps à perdre.

Ce message comprend donc un avertissement, qu’on aurait tort d’ignorer : les bénéfices qu’on retire d’une réponse rapide à l’appel, pour mirifiques qu’ils puissent être, ne sont pas éternels. Toute assurance de sécurité acquise devra être renouvelée une fois les « mois à venir » passés. « Le degré de la vitesse est directement proportionnel à l’intensité de l’oubli ». Pourquoi ? Parce que si la conquête de la scène implique d’en tenir à l’écart d’autres personnes, alors la conquête de la scène connue sous le nom d’ « attention publique » (plus exactement, l’attention du public désigné pour être recyclé sous la forme de consommateurs) exige d’en écarter d’autres objets d’attention – d’autres personnages et d’autres intrigues, y compris celles que les chercheurs d’attention avaient montées hier (…) Dans le monde moderne liquide, la lenteur annonce la mort sociale. »

Le choix du look

« On peut se choisir un look, choisir, en soi – choisir un look -, n’a pas d’intérêt puisque c’est ce qu’on doit faire, et que l’on ne peut s’en désister ou y échapper qu’au risque de se faire exclure. On n’est pas non plus libre d’influencer l’ensemble des choix disponibles (de looks) : il n’en reste pas d’autres puisque toutes les possibilités réalistes et recommandables ont déjà été présélectionnées, pré-écrites et prescrites.

(…) La pression du temps, la nécessité de se faire bien voir aux yeux du « peloton du style » au cas où ses membres vous regarderaient, au cas où ils remarqueraient et mémoriseraient votre tenue et votre maintien, ou le nombre strictement limité des choix que vous pouvez faire (« une demi-douzaine », pas plus). Ce qui compte vraiment, c’est ce que ce soit vous qui ayez maintenant les choses en main. Et vous devez les avoir en main : le choix vous revient peut-être, mais n’oubliez pas qu’il est obligatoire de choisir (…) Dans la culture de consommation, choix et liberté désignent la même condition ; on aura donc raison de les traiter en synonymes, du moins au sens où l’on ne peut s’abstenir de choisir qu’en abdiquant en même temps sa liberté ».

Les mots de Zygmunt Bauman font réfléchir sur ce que nous sommes comme êtres dans cette réalité virtuelle si attachée au réel.

dimanche 21 décembre 2008

Facebook, vide d'absence et différenciations générationnelles

Dans la nouvelle édition de la revue Médias (n°19 - Hiver 2008), Bruno Marlière signe un article sur sa découverte de Facebook (en trois jours chrono), de la création de son compte à l'exploration de l'utilisation de  la plateforme "relationnelle", un papier plein d'étonnements, d'humour et de questions : "Comment Facebook est devenu ma cour de récré".

Extrait de cette aventure, le 3e jour :

"Après quatre heures de vertige, je ferme à regret la fenêtre de récréation Facebook et fais ressurgir ma salle de classe, ma page Word. Un léger vide m'envahit, un vide de séparation, de celui que chacun ressent quand il raccroche au téléphone et quand le "bon ben, salut!" semble dérisoire, faible, mal assuré. C'est un vide d'impossibilité de faire, de celui que chacun a ressenti lorsque, dispensé de piscine car enrhumé, il restait assis au bord du bassin à regarder ses copains de classe faire des longueurs. C'est un vide d'absence.

Dire que Facebook est une drogue est faux. Ou alors l'amour est une drogue, l'amitié aussi. Aimer se marrer, manger avec des potes, se raconter des histoires, jouer, aimer tout court, c'est seulement aimer la vie. Dès lors, comment ne pas comprendre l'attraction pour un réseau perpétuellement connecté, où séparation et disparition ne sont qu'actes volontairement et individuellement consentis ?

Entre la page Bruno Marlière et celle de Léa, ma fille de 17 ans, il y a un monde, il y a des siècles. Pourtant, c'est le même outil. Mon Facebook semble statique, littéraire, confiné, organisé, comparé à celui de Léa, si mouvant, rapide, synthétique, expansionniste et surprenant."


Bruno Marlière indique là que l'utilisation de Facebook varie selon les générations avec des différences marquées dans la rapidité des interactions, les textes courts qui y sont présents (micro-publication) et les notes éditées. Les différenciations d'utilisations générationnelles de Facebook sont peu mises en avant dans les médias.

dimanche 14 décembre 2008

Twitter et microblogging : reconstruire des histoires et donc du sens

Dans son édition du samedi 13 décembre, Le Monde consacre un quart de page à la chronique hebdomadaire "Storytelling" de Christian Salmon (écrivain et chercheur) du nom de son essai best seller paru chez La Découverte en 2007 et désormais disponible en poche, toujours chez La Découverte.

Thème de ce nouvel épisode made in Christian Salmon : "L"histoire vouée à la casse ?" et plus exactement : l'adaptation des formats classiques de la narration aux nouveaux médias, à Internet et à l'hypercommunication... et la disparition des histoires.

L'avenir est-il aux microrécits ?

A la lecture de cette chronique, Christian Salmon explique que la narration est partiellement remise en cause par les outils multimédia et son utilisation et des microrécits (de l'ère Twitter ?) :

"Après la fin du star-system tant de fois annoncée, c'est une autre composante de son succès qui serait vouée à la casse : la "story". La bonne vieille histoire, avec un début un milieu et une fin, sans laquelle il n'y aurait tout simplement pas de cinéma hollywoodien.

(...)

Ce modèle d'écriture et de transmission des récits serait sérieusement en danger, menacé par l'explosion de la communication numérique, l'apparition de médias interactifs (téléphones, iPhones, micro-ordinateurs), la multiplication d'univers immersifs nouveaux (jeux vidéo, Second Life, "reality shows"...) et l'apparition de nouveaux formats de narration (hypertextes, multimédias).

L'audience se détournerait de plus en plus des longs tunnels narratifs de la production hollywoodienne pour se consacrer à d'autres formes et supports de lectures et d'écritures, comme les écrans et les téléphones portables. La capacité d'Hollywood à raconter une histoire serait progressivement grignotée par l'expansion des messages et des microrécits dans la médiasphère. Le récit traditionnel avec suspense, conflit et résolution serait en passe d'être noyé dans le bruit universel et le désordre visuel. Une nouvelle version de la fable du lion hollywoodien mis en échec par les moustiques de la Toile. "J'ai même vu un écran plasma au-dessus d'un urinoir", a déclaré le producteur Peter Guber (Midnight Express, The Color Purple, Rain Man, Batman...) qui donne à l'université de Californie un cours intitulé "Naviguer dans un monde narratif"..."

"Reconstruire" du narratif

La micro-écriture (phrases courtes et cadencées par le temps) offre en effet une autre rythmique aux récits. Celle-ci est témoignage (de par l'instantanéité), se veut un fil continu (dont il est difficile de relier les phrases parce que les outils s'inscrivent dans un flux qui est également un bruit) et interroge immédiatement l'autre (le locuteur - interlocuteur). C'est donc la forme narrative traditionnelle qui est froissée et élaguée.

Reconstruire des histoires... Si l'on y regarde, les services connexes développés pour Twitter (ou plateformes de microblogging similaires) tentent de reconstruire des histoires autour d'un flux échevelé (les groupes chez Twitter Groups, les indices de popularité, les sujets d'actualité chez TweeTag, les photos à partager chez Twitpic, la géolocalisation chez BrightKite...).

Ne pas rester confiné dans un bruit permanent est un enjeu tout comme reconstruire du sens qui ne soit pas uniquement synonyme de visibilité ou d'attention permanente.

samedi 16 février 2008

Pratiques Internet en réseau des adolescents et identité numérique, 3 articles scientifiques de Danah Boyd

Les articles scientifiques en Sciences Humaines de chercheurs américains sont peu traduits en français ou bien il faut compter de nombreux mois pour pouvoir les consulter dans la langue de Molière. Doctorante en Science de l'Information à l'Université de Californie (Berkeley), Danah Boyd est l'une des spécialistes des usages en réseau du multimédia par les jeunes et les adolescents et porte actuellement ses travaux sur la notion d'identité numérique.

La chercheuse américaine Danah Boyd vient d'informer sur son blog de la mise à disposition de trois de ces papiers scientifiques récents :

Titre original : "Identity Production in a Networked Culture: Why Youth Heart MySpace" (2006). Traduction de Noël Burch. Paru sous le titre "Pourquoi les jeunes adorent MySpace" dans le numéro 21 de la revue Médiamorphoses (Septembre 2007, Armand Colin) : "2.0 ? Culture numérique, cultures expressives" :

"Je vais parler aujourd’hui de l’utilisation par des adolescents d’un site Internet nommé MySpace.com. Une description d’abord, puis une analyse de l’usage qu’en font les jeunes comme outil de production d’identité et de socialisation dans la société étasunienne contemporaine (...)"

Titre original : "Information Access in a Networked World" (2007). Traduction de Tilly Bayard-Richard :

"Nos jeunes grandissent dans une société qui est fortement structurée en réseaux. Réseaux d'information, réseaux de personnes, réseaux d'équipements. Ce ne sont pas les réseaux en eux-mêmes qui sont nouveaux, c'est le rôle qu'ils jouent qui est aujourd'hui pour tous plus important qu'il ne l'a jamais été par le passé. Et si nous y voyons une révolution technologique, c'est simplement parce que ce sont les nouvelles technologies qui ont permis leur mise au grand jour (...)"

Titre original : "Social Network Sites: Public, Private, or What?" (2007). Traduction de Tilly Bayard-Richard :

"Les réseaux sociaux numériques comme MySpace, Facebook,et Bebo sont omniprésents et les jeunes passent aujourd'hui une grande partie de leur temps à les utiliser pour communiquer avec le monde extérieur. La vie publique est-elle touchée par les nouvelles technologies sociales, et de quelle façon ? Où se situent les différences, si elles existent, entre les sphères sociales qui ne s'appuient pas sur les nouveaux médias, et ces réseaux sociaux numériques ?
Cet article explore les mécanismes et la dynamique sociale de la vie publique numérique avec pour objectif d'aider les enseignants à mieux comprendre le rôle qui est le leur dans l'initiation des jeunes à la vie en société (...)"

lundi 8 octobre 2007

Révolution 2.0 : Musique, Jeux, Politique, Information, Rencontres ; hors-série de Courrier International

Le magazine Courrier International vient de publier un hors-série passionnant entièrement consacré à l’impact des nouvelles technologies dans notre société (octobre-novembre-décembre 2007 ; 7 euros). Intitulé « Révolution 2.0 : Musique, Jeux, Politique, Information, Rencontres », ce numéro de Courrier International est judicieusement sous-titré « Comment le Net va (encore) changer votre vie ».

Au sommaire, le principe récurrent qui a érigé ce magazine en référence : des articles de la Presse internationale traduits en Français, certains ont déjà figuré dans des éditions antérieures de Courrier International, d’autres sont inédits dans leur version dans la langue de Molière.

En introduction, une superbe iconographie met en avant six cybercitoyens avec le mot « Respect » en exergue. Ils ont joué pour certains joué un rôle fondateur dans l’informatique de ces 20 dernières années, pour d’autres, ils tendent à être les personnages phare de l’Internet d’aujourd’hui : Tim Berners-Lee (celui qui a créé le World Wide Web en 1989), Richard Stallman (« le logiciel libre, c’est la liberté »), Linus Torvalds (l’homme du noyau Linux), Jimmy Wales (cofondateur de la base de connaissances Wikipedia), Chris DeWolfe (un deux créateurs de MySpace) et Marc Zuckerberg (il a lancé Facebook, la plateforme qui compte 40 millions d’utilisateurs).

Courrier International décline ensuite 5 thématiques clé de l’Internet en 2007 :

  • Libérez-vous : Historique du Web 2.0, l’avènement de la culture libre, les intermédiaires remis en cause, le jeu de la célébrité en ligne, gratuit et copyright font bon ménage, la productivité réinventée du travail,
  • Partagez : Une analyse du phénomène Wikipédia, la montée en puissance de Facebook, la radiodiffusion revue et corrigée avec le podcasting, le nouveau règne de la cartographie en ligne, l’artiste amateur qui gagne à être connu sur Internet, la remise en cause de l’expert,
  • Militez : La citoyenneté en ligne et son impact sur les campagnes électorales, la liberté d’expression via le Net, le pouvoir des blogueurs d’opinion, les actions collectives des internautes,
  • Informez-vous : L’impact des blogs et des blogueurs dans les médias, la fiabilité de l’information à l’épreuve de l’opinion, la photographie amateur imprègne nos perceptions de la réalité, le statut du journaliste largement égratigné, la mobilité accélératrice de la diffusion de l’information, la vidéo et la télévision favorisant les formats courts,
  • Jouez : Plongée dans les univers virtuels Second Life et Cyworld, leurs dangers et l’économie de ces mondes, les jeux interactifs, les sitcoms interagissent avec les internautes (webcoms).

Pour chaque article, une webographie est fournie et des ouvrages faisant autorité sur les sujets évoqués sont présentés tout au cours de ce numéro hors-série. Cartes, graphiques et cartoons viennent complémenter les papiers. « Révolution 2.0 » est un guide de référence pour naviguer dans les méandres du nouveau Web de par la qualité des articles sélectionnés et la pluralité des points de vue proposés.

dimanche 30 septembre 2007

Place de la toile, nouvelle émission de France Culture sur l'Internet, les réseaux et la révolution numérique

En cette rentrée 2007, la station de radio France Culture innove avec une nouvelle émission hebdomadaire de réflexion consacrée à l'Internet et aux réseaux : Place de la Toile conçue et animée par Caroline Broué et Thomas Baumgartner avec une chronique de Bruno Patino (réalisation : Doria Zénine).

Place de la Toile est diffusée chaque vendredi de 11h à 12h. Le programme aborde la révolution numérique sous ses aspects usages, techniques en s'appuyant sur une analyse des changements en cours de notre société (liens sociaux). Pour cela, l'émission s'appuie sur des entretiens et débats avec des spécialistes des questions abordées en s'attachant à inviter des personnes publiant de nouveaux ouvrages sur les questions évoquées.

Chaque rendez-vous de Place de la Toile est podcasté (archive sonore) ce qui permet de la réécouter à son gré via un ordinateur ou un lecteur mp3. Une bibliographie et une webographie sont proposés sur le site Internet de l'émission pour chaque édition. Emissions déjà archivées : Ciné, télé, internet, mobile : quatre écrans pour quelle image ? Les enjeux économiques et esthétiques des nouveaux modes de diffusion audiovisuels (28 septembre) ; Voulez-vous "googler" avec moi ? Moteurs de recherche : Google et les autres (21 septembre) ; En quoi internet peut-il changer notre rapport au politique ? (14 septembre) ; Rira bien qui payera le dernier ! (7 septembre) ; Quelle révolution numérique ? (31 août).

Prochains rendez-vous de Place de la Toile : Au boulot partout : nouvelles technologies et conditions de travail (5 octobre) ; Comment le réseau bouscule les journalistes (12 octobre).

vendredi 28 septembre 2007

Changer le Monde, Un Guide pour le Citoyen du XXIe Siècle sous la direction d'Alex Steffen : la force des idées traduites en actions pour sauvegarder notre planète

Il est de ces livres dans lequel on se plonge pour apprendre, comprendre, s'abreuver de mille et une informations. Il est de ces textes où chaque pas est un espoir, de projet en projet, des petites pierres qui forment un parcours sinueux vers un avenir plus respectueux de l'environnement. Il est de ces ouvrages qui transforment notre manière de pensée, nourrissent mille et une idées qui font de la participation et de l'échange une nécessité de vie, une façon de penser et d'agir aussi. Il est de ces livres qu'on choye parce qu'ils tracent des engagements passionnés, des destins modestes qui portent l'avenir entre leurs mains. Des dizaines et dizaines d'initiatives, une Bible d'actions pour être un citoyen responsable de notre planète et de notre Siècle heurté.

Il y a un an, paraissait "World Changing. A User's Guide for the 21st Century" sous la direction d'Alex Steffen (préfacé par Al Gore), un beau livre collectif (au sens noble du terme), épais dictionnaire d'actions dans le monde entier qui tentent invariablement de répondre à cette question de notre temps : Quel genre de futur voulez-vous créer ? Des idées, modèles et outils, c'est ce que propose désormais en français cette Bible enfin traduite : "Changer le monde. Un guide pour le citoyen du XXIe siècle", anti-catalogue par excellence, ouvrant des volets d'exploration sans fin, des actions nouvelles d'une génération de héros ordinaires fourmillant d'idées imaginées pour sauvegarder notre avenir et notre planète ; un livre découpé en 7 chapitres thématiques : Les choses ; L'habitat ; Les villes ; La communauté ; Les affaires; La politique ; La planète, le tout adossé au site participatif World Changing (Change Your Thinking). A lire, à offrir, à faire connaître à sa famille et à ses amis... Passionné et passionnant!

"Changer le Monde, Un Guide pour le Citoyen du XXIe Siècle" est une somme de solutions peu connues mais éprouvées, d'autres innovantes, d'autres encore audacieuses mais plus incertaines. L'ouvrage nous montre ce qui est déjà possible et nous aide à imaginer ce que nous pourrions faire - dans nos propres foyers, dans nos communautés, et pour la planète dans son ensemble. Ainsi rassemblées, ces solutions offrent l'image d'un futur qui n'est ni sombre ni catastrophique, mais au contraire plein d'espoir et à notre portée." (extrait de la préface d'Al Gore)


"Changer le Monde, Un Guide pour le Citoyen du XXIe Siècle" sous la direction d'Alex Steffen est paru aux Editions de la Martinière (596 pages, Septembre 2007 - 39 Euros).

dimanche 20 mai 2007

Sites internet d'observation des changements de la nature en matière de réchauffement climatique : citoyens, scientifiques et territoires unis par un même projet

Un champ de nouveaux sites Internet liées à la vigilance citoyenne en matière de réchauffement climatique et d'observation des changements de la nature est en train de poindre le bout de son nez auprès du grand public. Ils unissent des chercheurs, associations, habitants et territoires.

A la base de ces sites, une exploration de la flore sur un territoire donné, de façon méthodique où la contribution est celle de l'internaute qui rapporte ses clichés et ses observations textuelles.

Scolaires, clubs nature, associations et particuliers sont invités à participer à partir de protocoles de suivi en ligne (fiches de protocoles, espèces d'arbres et de plantes à observer en priorité ; fiches de relevés mais aussi calendrier d’observation, guide photo des stades à observer ; des feuilles de suivi terrain). Les enfants contribuent en classe à ces travaux pédagogiques par un relevé où chacun se sent responsable.

Pour contribuer, deux adresses de sites et de projets de ce type : Phénoclim est un programme de recherche sur l'impact du changement climatique sur la végétation dans les Alpes né à l'automne 2004 et qui se poursuit sur plusieurs années. Les observations concernent les départements 73, 74, 38, 01, 26, 04, 05 et 06 entre 200 et 2200 mètres d'altitude. Au niveau national, deux sites du CNRS, l'un pour les adultes (http://www.obs-saisons.fr), l'autre pour les plus jeunes (http://www.obs-saisons.fr/junior), permettent de télécharger des protocoles très simples pour effectuer et saisir en ligne ses propres observations. Consulter cet article pour en savoir plus sur cette initiative sur le territoire français.

Enfin, il est intéressant de constater que devant l'urgence déclarée et désormais médiatisée des problèmes, les expertises se croisent et que les contributions ne sont plus uniquement scientifiques. Les relevés faits par les citoyens sont tout aussi importants.

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