Jean-Luc Raymond

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dimanche 21 janvier 2007

Fracture numérique, développement durable, innovation, utilisation des téléphones mobiles chez les enfants... (brèves citoyennes de clavier)

Pour réfléchir, deux articles à lire dans le magazine Sciences Humaines de février : "Le Développement durable" par Sylvie Brunel, Géographe (apparition, principes, contradictions et applications) et "Les jeunes "guerriers des cités"" par Thomas Sauvadet, Sociologue (enquête au cœur des bandes de jeunes, révélatrice d'un microcosme avec ses liens de solidarités, ses codes mais aussi ses lois implacables).


Fracture numérique : Le Môle de Recherche Breton MARSOUIN révise son positionnement de recherche sur la fracture numérique à l'occasion d'un appel à communications : "Espaces publics & TIC : les TIC sont-elles un outil servant le débat public, et en même temps font-elles l'objet d'un débat sur leur usage qui dépasse la question un peu vaine de la "fracture numérique"?". Dans le bilan du bulletin E-Veille 2005-2006 du Ministère des Services Gouvernementaux du Québec, tout un chapitre sur "l'Inclusion numérique : un défi de taille auquel s'attaquent les gouvernements" (en .pdf).


Tutoriels : "Concevoir un sudoku en Flash" (par Le Journal du Net développeur) ; pour la recherche d'emploi : "Faire aboutir ses candidatures spontanées" (par le Journal du Management) ; dans le milieu professionnel, avec les outils technologiques : "S'organiser pour gagner en efficacité" (toujours par le Journal du Management).


Mobilité : "Comment les enfants britanniques de 6 à 13 ans utilisent le téléphone portable ?", résultat d'une étude de Intuitive Media Research : "69 % des 6-13 ans déclarent, en effet, envoyer des SMS à leurs connaissances. Viennent ensuite la prise de photos, qui représente 58 % des réponses, puis la réalisation de vidéos (43 %). Envoyer des MMS est moins répandu mais touche tout de même 42 % de cette classe d'âges. Enfin, les jeux sur téléphone avec des amis ne rallient que 39 % de l'échantillon."


Innovation : "Knowledge and the diversity of innovation systems: a comparative analysis of European regions", article scientifique de Christophe Carricazeaux et Frédéric Gaschet, Université Bordeaux 4, en .pdf de 44 pages qui analyse la diversité des configurations régionales européennes en termes d'accumulation de connaissance et de performances socio-économiques. L'hypothèse est que les liens dynamiques entre connaissance, innovation et performances sont spécifiques au contexte institutionnel au sein duquel interagissent des agents hétérogènes.


Lieux : Edicom nous informe que le Japon a inauguré ce dimanche le plus vaste musée d'art du monde consacré exclusivement à des expositions temporaires (le Centre national d'art de Tokyo), un espace qui veut incarner l'esprit du "21e siècle", ouvert aux collections du monde entier, aux jeunes talents et aux nouvelles technologies. A Paris, jusqu'à fin mars 2007, la Maison A et le Studio B se visitent au 38 bis rue Hallé, 14e arrondissement ; des maisons intelligentes avec innovations technologiques et écologiques.


Sites internet locaux : nouveau, le blog de Bretteville l'Orgueilleuse (plus de 2000 habitants, dans le Calvados) par le Maire Loïc Cavellec qui témoigne de la vie de la commune et des différents projets. A Faulquemont (5500 habitants, Moselle), ce sont les agents qui alimentent le site Internet de la commune selon leur domaine de compétences et ils apprécient l'interactivité du système (article de la Gazette des Communes du 22 janvier 2007).

lundi 15 janvier 2007

100 façons de visualiser l'information, A periodic table of visualization methods

Comment cartographier l'information ? Comment l'explorer ? Les typologies sont diffuses et avec Internet, on a parfois l'impression que le concept d'information se cherche à nouveau.


A ce challenge impossible, Ralph Lengler et Martin J. Eppler (chercheurs à l'Université de Lugano, Suisse qui travaillent sur la Visual literacy) viennent de répondre de façon magistrale sous la forme de la simili-table périodique des éléments de Mendeleïev en présentant une table périodique des méthodes de visualisation ("A periodic table of visualization methods") qui s'affiche sur une page de format A4 en mode portrait.


La présentation de cette table est extrêmement claire : chacun des 100 éléments représente une méthode de visualisation de l'information classée en colonnes de 6 couleurs différentes. On distingue 6 familles de visualisation : données, information, concept, stratégie, métaphore et composé ("data, information, concept, strategy, metaphor et compound").


Une légende dans chaque carré d'élément permet de distinguer : le type de visualisation (procédural ou structurel : process or structure) ; s'il s'agit d'une pensée divergente/divergent (ajout de la complexité) ou convergente/convergent (diminution de la complexité) ou le mode de visualisation (détail ou synthèse ; detail or overview, ou les 2 à la fois).


En survolant chaque élément avec la souris, la méthode de visualisation apparaît afin de se la remémorer plus facilement avec un exemple.


Cette table périodique de 100 méthodes ou façons de visualiser l'information est d'une grande utilité dans la gestion de projets, le domaine de la fomation, le management et les ressources humaines.


En complément, Ralph Lengler et Martin J. Eppler ont écrit un article scientifique pour expliciter cette table périodique de 100 façons de visualiser l'information : "Towards A Periodic Table of Visualization Methods for Management" (6 pages à télécharger ici en .pdf). Via le Center for Teaching and Learning at The University of Georgia.

dimanche 14 janvier 2007

Repenser la solidarité, Serge Paugam

"Repenser la solidarité, l'apport des sciences sociales" de Serge Paugam est un ouvrage différent sur la solidarité. Il comprend 992 pages et a réuni 50 contributeurs (49 Euros aux Presses Universitaires de France, collection Le Lien social). Imposant, ce livre est une élaboration collective de chercheurs et de penseurs suite à un séminaire pluridisciplinaire du CNRS et de l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales : "Repenser la solidarité au 21e siècle" qui s'est déroulé en 2005 et 2006 à l'Ecole Normale Supérieure de Paris.


Serge Paugam est sociologue (directeur de recherche au CNRS et directeur d'études à l'EHESS). C'est l'un des chercheurs qui fait référence sur la pauvreté et la précarité depuis de nombreuses années. Cette publication collective est donc un évènement qui s'attache à comprendre les phénomènes de ségrégation urbaines et scolaires, la crise du salariat, les inégalités de genre, les discriminations multiples, les inégalités entre générations... C'est aussi un ensemble de pages avec des propositions concrètes pour lutter contre la pauvreté, l'exclusion et favoriser les solidarités.


Voici un extrait d'une interview de Serge Paugam pour CCAS Infos (janvier 2007, n°275) à propos de "Repenser la solidarité, l'apport des sciences sociales" :

"Il est impossible de rappeler ici l'ensemble des propositions avancées par les cinquante chercheurs qui ont participé à cet ouvrage. Les auteurs ont cherché les moyens de renouveler l'éthique de la solidarité à la fois au sens des principes généraux de justice sociale et au sens de l'application concrète de ces derniers dans les modes de l'intervention sociale. Ils ont aussi fait l'inventaire des solutions visant à concilier efficacité économique et solidarité sociale dans un environnement marqué par la concurrence internationale. Ils ont évalué les moyens de mieux articuler les solidarités privée et publique. Ils ont enfin fait des propositions pour créer des synergies entre les différentes échelles de la solidarité, du local au national et du national ou supranational. C'est sans arrière-pensées politiques ou morales, en ayant uniquement pour dessein de clarifier le débat et de dissiper les fréquentes confusions entourant les questions de solidarité que les auteurs de cet ouvrage s'adressent aux responsables politiques, aux syndicats, au patronat, aux associations, bref à tous les citoyens attentifs aux enjeux des réformes en cours ou à venir."


Les auteurs de l'ouvrage "Repenser la solidarité au XXIe siècle" organisent un débat "Repenser la solidarité, un enjeu pour la France", le 17 janvier à 19 heures, à la Maison de la Mutualité (24 rue Saint-Victor, Paris 5e), à l'occasion de la publication du livre, en présence de personnalités du monde universitaire, syndical et politique. Seront notamment présents : Martin Hirsch, François Chérèque... Renseignements par téléphone au 01 58 10 31 10 ou par courrier électronique à solidarite@puf.com.

jeudi 11 janvier 2007

Groowe, la barre d'outils idéale qui rassemble toutes vos barres d'outils préférées

Vous travaillez avec une barre d'outils qui vous sied et plutôt celle associée à votre moteur de recherche de prédilection. Il devient vite difficile de s'y retrouver dans la fenêtre de son navigateur si l'on multiplie les barres d'outils par effet de superposition. Risque de s'y perdre et de ne plus indiquer sa requête dans le champ adéquat sans compter sur le fait que l'on réduit inévitablement la fenêtre d'affichage des pages Internet.


Outil judicieux à installer sur son navigateur (Firefox ou Windows Internet Explorer), Groowe est une application qui rassemble toutes vos barres d'outils de moteurs de recherche préférés en une seule : Google,Yahoo, MSN, Ask, Dogpile, HotBot, Teoma... Mais aussi d'applications de partage de favoris comme Del.icio.us ou Digg, de plateformes vidéo comme YouTube, de bases de données en ligne comme IMDB, de boutiques sur Internet.


La particularité qui fait de Groowe, un couteau suisse très convaincant : sélectionnez votre source du moment (moteur de recherche, application de partage de signets...) dans le menu déroulant Groowe et c'est la barre d'outils de votre source qui s'affiche en un clic de souris sans l'avoir téléchargé au préalable. Pratique et utile!


Configuration nécessaire pour télécharger la barre d'outils Groowe :
- PC avec Windows 95/98/Me/NT4/2000/XP,
- Navigateurs : Internet Explorer 5 (ou versions ultérieures), Firefox 1.0 (ou versions ultérieures).

dimanche 7 janvier 2007

Léon Saussine, devineur d'Internet au début du 20e siècle, le cinéma-phono-télégraphique

Frédéric Lambert (professeur et sémiologue à l'Institut Français de Presse) s'intéresse dans le numéro de novembre 2006 du mensuel gratuit Citato, dans un article intitulé "L'avenir du passé, le futur du présent" à un français qui a prédit, il y a plus d'un siècle, l'Internet. Incroyable précurseur que Léon Saussine :

"Au début du XXe siècle, monsieur Léon Saussine, dessinateur et lithographe, s'est amusé à imaginer comment vivraient les habitants de la planète Terre au moment du passage à l'an 2000 en proposant une série d'images intitulées : "En l'An 2000".

Parmi toutes ces propositions qui nous font sourire (...), notre artiste-devin avait prédit la correspondance "cinéma-phono-télégraphique"! Un homme en costume, confortablement installé dans un fauteuil, tient dans sa main un "micro". Une jeune femme, grandeur nature, dans une toilette très recherchée, lui fait face. Mais il ne s'agit que de son image, projetée sur un grand écran. Elle semble cependant lui parler.

(...) Ce qui prime, c'est le dispositif qui autorise cet échange en direct. Un technicien s'affaire et le réseau de fils électriques, d'écouteurs, de sonnettes et de pavillons d'électrophones laisse deviner un appareillage complexe.

Notre peintre en avenir, inspiré par le génie du fantastique, n'avait-il pas inventé tout simplement l'Internet ? Certes, nos ordinateurs et nos web-cams ne ressemblent pas à cette machineri lourde. Mais on peut rendre justice à notre dessinateur d'avioir conçu au début du XXe siècle ce que serait le XXIe siècle et sa révolution numérique : la simultanéité audiovisuelle de nos modes d'échanges."


Cette image peut être vue à l'Historial de la Grande Guerre, Château de Péronne, 80 201 Péronne, France.

samedi 6 janvier 2007

Axel Honneth, les trois sphères de reconnaissance de l'individu

Le philosophe Axel Honneth (ex-assistant de Jürgen Habermas) est l'un des chefs de file de l'Ecole de Francfort et s'attache à une philosophie sociale qui insiste sur l'importance de la relation à autrui, à soi-même et au monde. Dans le numéro de décembre 2006 - janvier 2007 de Philosophie Magazine, il est interrogé par Alexandra Laignel-Lavastine sur la reconnaissance de l'individu et la lutte pour la reconnaissance ; extrait :

"Je distingue trois sphères de reconnaissance, auxquelles correspondent trois types de relation à soi. La première est la sphère de l'amour qui touche aux liens affectifs unissant une personne à un groupe restreint. Seule la solidité et la réciprocité de ces liens confèrent à l'individu cette confiance en soi sans laquelle il ne pourra participer avec assurance à la vie publique. La deuxième sphère est juridico-politique : c'est parce qu'un individu est reconnu comme un sujet universel, porteur de droits et de devoirs, qu'il peut comprendre ses actes comme une manifestation - respectée par tous - de sa propre autonomie. En cela, la reconnaissance juridique se montre indispensable à l'acquisition du respect de soi. Mais ce n'est pas tout. Pour parvenir à établir une relation ininterrompue avec eux-mêmes, les humains doivent encore jouir d'une considération sociale leur permettant de se rapporter positivement à leurs qualités particulières, à leurs capacités concrètes ou à certaines valeurs décrivant leur identité culturelle. Cette troisième sphère - celle de l'estime sociale - est indispensable à l'acquisition de l'estime de soi, ce qu'on appelle le "sentiment de sa propre valeur".

Si l'une de ces trois formes de reconnaissance fait défaut, l'offense sera vécue comme une atteinte menaçant de ruiner l'identité de l'individu tout entier - que cette atteinte porte sur son intégrité physique, juridique ou morale. Il s'ensuit qu'une des questions majeures de notre époque est de savoir quelle forme doit prendre une culture morale et politique soucieuse de conférer aux méprisés et aux exclus la force individuelle d'articuler leurs expériences dans l'espace démocratique au lieu de les mettre en actes dans le cadre de contre-cultures violentes."


A lire : La Société du mépris. Vers une nouvelle théorie critique par Axel Honneth (aux Ed. La Découverte, octobre 2006),

mercredi 3 janvier 2007

Technologies de l'Information et de la Communication et productivité des entreprises industrielles

La lettre du SESSI (Service des Etudes et des Statistiques Industrielles, Ministère de l'Economie et des Finances) du mois de novembre 2006 (n°223) consacre ses 4 pages aux "Technologies de l'Information et de la Communication et la productivité des entreprises" avec le sous-titre "Des liens forts" (édition à télécharger ici en .pdf).


L'analyse microéconomique conduite vise à établir un rapport entre l'utilisation des nouvelles technologies et la productivité des entreprises de l'industrie. Plus les sociétés utilisaient déjà les technologies en 2002, plus les gains ont été importants sur la période 2002-2004 mais ceux-ci restent relativement faibles : une productivité supérieure de 4 % est mesurée dans les entreprises fonctionnant avec un progiciel ou d'autres outils logiciels avancés.

Il semble que l'accompagnement humain est un facteur clé dans la productivité car ce "différentiel atteint 11 % lorsque les sociétés disposent d'un extranet, d'un call-center ou d'un outil de visioconférence." On voit là que le facteur d'assistance à la personne et d'aide en ligne fait quadrupler la productivité. C'est donc la formation dans son aspect formel et informel qui joue un rôle majeur dans l'amélioration des performances des entreprises.


Fait important : "les entreprises dont plus de la moitié des salariés utilisent le courrier électronique en 2002 ont eu une productivité supérieure de 17 % en 2004." Cela signifie clairement que l'utilisation régulière de l'Internet dans ses fonctions basiques (dans l'entreprise ou à l'extérieur de celle-ci) signifient une "montée" en compétence significative pour les employés. Il serait intéressant de quantifier et de qualifier comment ces personnes ont appris à se servir d'un ordinateur et de fonctions/outils liés à l'Internet : Est-ce dans un cadre familial ou amical ? Est-ce dans un Espace Public Numérique ? Est-ce au sein de l'entreprise lors d'une formation ou via l'entraide entre collègues ?


Ces statistiques sont toutefois à prendre avec prudence car la productivité est sujette au jeu et à la conjoncture des marchés. Enfin, cette question du lien entre productivité et Technologies de l'Information et de la Communication (TIC) a été invalidée par l'économiste américain Robert Solow en 1987 avec son "paradoxe de la productivité" qui a montré que l'effet TIC dans les entreprises touche tous les aspects d'une entreprise à l'exception de la productivité.

mardi 2 janvier 2007

L'Observatoire des Inégalités propose un nouveau site avec un outil interactif de mesure et de comparaison sur les inégalités sociales

Le site Internet de l'Observatoire des inégalités fait peau neuve dès aujourd'hui avec une plus grande lisibilité offerte aux informations grâce à une hiérarchisation par sous rubriques (patrimoine, salaires, pauvreté...) et à une nouvelle thématique développée : l'Europe. En quelques années, ce site est devenu la référence sur la thématique des inégalités en France : actualité, compréhension du phénomène, recherche scientifique et références.


Avec cette nouvelle mouture du site, on assiste à une première en France : l'Observatoire des inégalités lance un nouvel outil interactif de mesure et de comparaison sur les inégalités sociales à partir de 250 tableaux, contenant plus de 3 500 données et permettant de sélectionner les informations chiffrées pour des catégories et des thèmes spécifiques, à l'intérieur de la base de données d'Inegalites.fr. Cet outil de comparaison unique en France a été développé spécialement pour l'Observatoire des inégalités par Julien Villalard, du réseau Moduloo.net.


Cet automne, Louis Maurin (directeur de l'Observatoire des inégalités, journaliste au magazine Alternatives Économiques) et Patrick Savidan (président de l'Observatoire des inégalités, maître de conférences en philosophie à l’Université Paris IV - Sorbonne) ont coordonné un remarquable ouvrage d'articles de spécialistes portant le titre "L'Etat des Inégalités en France - 2007" (chez Belin) déjà évoqué sur ce blog dans cette note.

lundi 1 janvier 2007

Daphne Bavelier, Jeux vidéo et attention visuelle

Daphne Bavelier est professeur de neurosciences à l'Université de Rochester (New York) et directrice associée du Rochester Center for Brain Imagining. Elle s'intéresse aux effets cognitifs des jeux vidéo, et est l'auteure d'un article avec C. Shawn Green "Action video game modifies visual selective attention" (Nature n°423, 29 mai 2003). Dans le numéro de janvier 2007 du magazine Sciences Humaines, elle est interrogée par Celia Hodent-Villaman (docteur en psychologie Université de Paris V et psychologue) sur le thème des jeux vidéo et de l'attention visuelle dans un dossier intitulé "Les jeux vidéo sont-ils bons pour le cerveau ?".

"Vous écrivez dans votre article publié dans Nature que, habituellement, l'apprentissage perceptif, lorsqu'il est mis en évidence dans les recherches, tend à être spécifique à la tâche pour laquelle le sujet a été entraîné. Pourquoi ?

La plupart des chercheurs travaillant sur la plasticité cérébrale tentent d'apporter une réponse à cette question. Jusqu'à la fin des années 80, on croyait que le cerveau était figé. Cette croyance a sûrement été alimentée par l'observation des conséquences importantes d'une attaque ou une lésion cérébrale peut avoir chez l'adulte. Ces vingt dernières années, nous avons découvert que le cerveau adulte a les capacités de se modifier. Cependant, les changements semblent se limiter à ce quoi les personnes se sont entraînées. Ceci est particulièrement vrai pour la vision. Il semble qu'il y ait plus de plasticité dans le domaine moteur, comme cela a été illustré par les progrès de la thérapie CI (constraint-induced therapy), qui propose par exemple à une personne handicapée du bras droit d'immobiliser le bras gauche pour la forcer à utiliser son bras affaibli) ou la réhabilitation assistée par robot. Nous ne savons pas pourquoi certains systèmes cérébraux semblent présenter plus de plasticité que d'autres, ni pourquoi la plasticité tend à être hautement spécifique. Des cas d'apprentissage étendu sont typiquement observés lorsque l'apprentissage est induit par des tâches plus complexes et des environnements plus riches. Par exemple, Eric Knudsen a montré que des chouettes élevées en cage n'étaient pas capables d'adapter leur comportement à la suite d'une transformation visuo-motrice induite par des lunettes munies de prisme déviant leur image visuelle. Cependant, ces mêmes chouettes placées dans une grande volière avec des congénères et devant chasser pour survivre ont appris à s'adapter à cette déformation..."

dimanche 31 décembre 2006

Mociologie (tendance 036)

Nouvelle rubrique : tendance. Un mot, une expression, un lieu, une chose comme reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans l'avenir, porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le prononce, dans son champ énonciatif et contextuel. Mot, expression à suivre, objet utile ou inutile, lieu en devenir...


Contraction des mots "mobilité" et "sociologie", la mociologie (en anglais : mociology) est un terme apparu ces derniers mois, d'abord dans le monde anglo-saxon, puis maintenant en français. Le blog Mociologic le définit ainsi :

"La mociologie (mociology) est l'étude du comportement humain dans un monde dans lequel prévaut la mobilité, et plus précisément l'étude des usages d'outils mobiles, tels que les téléphones portables ou encore les PDA."


Le néologisme Mociology fait l'objet d'un article dans Wikipedia :

"Mociology is defined as the study of human behaviour in a mobile world and the study of mobile device/phone lifestyles. This is the direct by-product of how mobile phones and mobility in modern life and modern lifestyles are affecting and changing human inter-action, behaviour and consumption in the 21st century. Mociology and it's financial and economic sub-set, "Mocio-Economics", is the fast-emerging discipline and accumulating body of research, knowledge and science, that studies the impact and effect that mobile phones, mobile technology and mobile lifestyles are having upon every layer of modern urban societies, cities and human endeavour."


Ce papier introduit le terme de mocio-économie (mocioeconomics) et signale que la création du néologisme Mociology en novembre 2005 par Ralph Simon :

"Mociology" and the term, "Mocio-Economics" was expounded by leading international mobile content and entertainment expert, Ralph Simon, (Chairman of the Mobile Entertainment Forum - Americas and President/CEO of The Mobilium Group World-wide) in the late summer of 2005, and officially unveiled at a lecture given by the RSA (Royal Society for the encouragement of Arts, Manufactures and Commerce) in their historic Great Hall, London, UK, on 7 November 2005. The lecture was titled: "Mociology - Mobile technology and culture change: how mociology and mocio-economics is changing the way we live". Ralph Simon chaired a riveting lecture, which saw three of the mobile world's most prominent thought leaders explain just how this new "impact science" is manifesting itself across many pillars of society."

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