En cette rentrée 2007, la station de radio France Culture innove avec une nouvelle émission hebdomadaire de
réflexion consacrée à l'Internet et aux réseaux : Place de la Toile conçue et animée par Caroline Broué et
Thomas Baumgartner avec une chronique de Bruno Patino (réalisation : Doria
Zénine).
Place de la Toile est diffusée chaque vendredi de 11h à 12h. Le
programme aborde la révolution numérique sous ses aspects usages,
techniques en s'appuyant sur une analyse des changements en cours de notre
société (liens sociaux). Pour cela, l'émission s'appuie sur des entretiens et
débats avec des spécialistes des questions abordées en s'attachant à inviter
des personnes publiant de nouveaux ouvrages sur les questions évoquées.
Chaque rendez-vous de Place de la Toile est podcasté (archive sonore) ce qui
permet de la réécouter à son gré via un ordinateur ou un lecteur mp3. Une
bibliographie et une webographie sont proposés sur le site Internet de
l'émission pour chaque édition. Emissions déjà archivées : Ciné, télé, internet, mobile : quatre
écrans pour quelle image ? Les enjeux économiques et esthétiques des nouveaux
modes de diffusion audiovisuels (28 septembre) ; Voulez-vous "googler" avec moi
? Moteurs de recherche : Google et les autres (21 septembre) ; En quoi
internet peut-il changer notre rapport au politique ? (14 septembre) ;
Rira bien qui payera le dernier ! (7 septembre) ; Quelle révolution numérique ?
(31 août).
Prochains rendez-vous de Place de la Toile : Au boulot partout : nouvelles
technologies et conditions de travail (5 octobre) ; Comment le réseau bouscule
les journalistes (12 octobre).
Tag - podcasting
dimanche 30 septembre 2007
Place de la toile, nouvelle émission de France Culture sur l'Internet, les réseaux et la révolution numérique
Par Jean-Luc Raymond le dimanche 30 septembre 2007, 14:34
samedi 20 janvier 2007
Industrie musicale, dématérialisation, modèle économique publicitaire renouvelé, culture remix et nouvelles formes de créations musicales snacking
Par Jean-Luc Raymond le samedi 20 janvier 2007, 16:20 - Mes réflexions
Depuis le début des années 2000, l'Internet, la téléphonie mobile et
l'apparition des lecteurs mp3 bouleversent l'univers de la musique avec comme
effet visible, des modes de distribution de la musique qui changent
: on passe d'un support matériel à immatériel d'où un changement de
valeurs et de symbolique importants de ce type de création artistique dans
notre esprit associé à la consommation même de l'oeuvre sonore
construite.
Les modèles économiques des major companies du disque stabilisés depuis la fin
de la Seconde Guerre Mondiale ne sont plus pertinents et rentables. Production,
composition, édition, fabrication, distribution, promotion et
répartition des Droits sont aujourd'hui remis en cause.
La massification du nombre d'utilisateurs d'Internet, de possesseurs de
téléphones portables et de lecteurs mp3 a favorisé cette "perte" de valeurs
patrimoniales d'une culture métier de l'industrie du disque en faveur d'une
musique instrumentée par d'autres acteurs de l'industrie : les fournisseurs
d'accès à Internet (passage obligé), les opérateurs de téléphonie mobile, les
constructeurs d'appareillage physique (lecteurs mp3, téléphones portables)
et logiciels principalement pour lire des fichiers. La "convergence" téléphonie
portable - lecteur mp3 magnifiée actuellement par la campagne de communication
de l'iPhone
générée et relayée sur Internet est l'une des étapes de ce processus.
Il faut se souvenir que les acteurs du marketing sans une véritable culture
métier du disque ont investi les organigrammes de direction de l'industrie
du disque au début des années 90 suite à l'apparition du support CD.
Cette nouvelle industrie musicale est dominée aujourd'hui par des acteurs
médiatiques informatiques qui ont façonné une restriction des droits
d'usage et de partage des créations (Microsoft, Apple, Sony),
des médias traditionnels qui ont investi dans des plateformes en ligne
comme News Corp. de
Rupert Murdoch (qui possède MySpace), des sociétés informatiques médiatiques ayant valorisé la
musique via des capacités de recherche et d'indexation multimédia
textuelles, imagées, animées et vidéo (Google, Yahoo) et tout un
champ qui se façonne mêlant le non marchand au marchand (BitTorrent,
réseaux de pair à pair...). Tous ont un point commun : chercher
dans la publicité le nirvana d'une nouvelle rentabilité où la musique devient
en quelque sorte un "addendum" à une promotion autre.
En parallèle, l'irruption du peer-to-peer (au sens large et
générique) et de réseaux d'échanges immatériels induisent un nouveau
changement de paradigme chez les consommateurs de musique : la remise en cause
de la valeur du coût de la démarche de création musicale et une course à se
procurer de manière gratuite ce qui était "traditionnellement" payant. Les
acteurs de ce marché, en amont, intermédiaires ou utilisateurs
doivent supporter le coût incompressible de la bande passante, donc de
l'utilisation des tuyaux.
Au-delà du changement des modes de distribution, ce nouveau "business model"
publicitaire renouvelé (la musique a toujours entretenu depuis le début du 20e
siècle un rapport très étroit avec l'univers publicitaire et le marketing)
est micro-discriminant car il induit une communautarisation des genres musicaux
et au sein de plateformes "reliant" des individus profilés ayant les
mêmes désirs et affects (gothiques, punk, rap...).
Cet écosystème publicitaire médiatique et économique (adjectif intimement liés)
fait renaître d'une part une culture du remix (générer une oeuvre musicale
d'autres oeuvres musicales existantes) ; lire à ce propos l'article
d'Anne-Marie Boisvert : "Idées sur le remix : du bricolage : une culture assemblée avec
les moyens du bord" (avril, mai 2003) :
"(...) La culture remix : une culture qui embrasse le recyclage et le glanage, et dont l'originalité est d'avoir transformé les oeuvres préenregistrées et les moyens de diffusion comme les tables tournantes (outils traditionnels des DJs) en moyens de création. Ici, ce sont les moyens de reproduction qui précèdent et servent à la production6. Ainsi, le concept même d'oeuvre originale s'estompe et perd son sens.
La culture remix est une culture de la citation et du remake, certes, mais aussi une culture de l'intervention et de la réinvention, avec pour but le divertissement, mais aussi la communion et la libération. L'artiste aux commandes fait sciemment place au hasard (entre autres, sous la forme de glitches) et aux moyens du bord dans son processus créatif. Car le résultat importe, mais moins que le processus, la performance et l'événement. La culture remix emprunte ainsi à la société postindustrielle sa sursaturation sensorielle, en la reproduisant dans un contexte esthétique qui la canalise. Ses oeuvres demeurent ouvertes, introduisant, au moins pour un moment, un sens dans la cacophonie du monde, au moyen d'assemblages bricolés et éphémères, toujours sujets à transformation et toujours susceptibles d'une réorganisation."
D'autre part, l'écosystème publicitaire médiatique et économique génère
des nouvelles formes courtes d'oeuvres (sonneries musicales, mini-extraits
vidéo, cartes postales virtuelles musicales) que le quotidien Le Monde qualifie
du côté des consommateurs, d'effet snacking dans un article du 19 janvier
2007 : "L'image en renfort de la musique", venant peu à peu se placer à côté
des traditionnels morceaux et albums mais ne qui manqueront pas, avec le temps,
à se substituer à ces derniers, dans la forme même créative :
""Carl Watts, directeur des programmes chez Sony-BMG, est chargé de développer des formats vidéo courts (1 min 30 maximum), adaptés aux usages des nouveaux médias, aux sites d'artistes et aux baladeurs vidéo, téléphones portables, consoles de jeu numériques. Ces "divertissements informatifs" ont gagné des noms génériques : le blogsong (un artiste explique, avec son morceau en fond sonore, son état d'esprit lors de la création du titre) ; le live and rare (extrait de concert inédit) ; le in the mix (travail en studio)... Chez Sony-BMG, on travaille à la réalisation de "documentaires" sur les artistes, des 52-minutes faciles à tronçonner sous forme de feuilleton quotidien, et destinés à forger l'image marketing d'un artiste.
Après le clip, le "snacking"
Tout cela devient du "contenu embarqué", c'est-à-dire proposé à la vente sur les consoles, téléphones, cartes mémoires, clés USB. On peut aussi les visionner sur le Net - nous voici dans la sphère du "marketing viral", où l'internaute sert de relais immédiat. "Les années 1980 ont connu le clip, poursuit Carl Watts. En 2006, les formats courts correspondent aux habitudes du "snacking" (picorage) des consommateurs.""
lundi 8 janvier 2007
Bruno Devauchelle, Web 2.0 et chosification de l'information à l'épreuve du monde de l'éducation
Par Jean-Luc Raymond le lundi 8 janvier 2007, 23:50
Bruno
Devauchelle, formateur et chercheur au CEPEC de Lyon décrit sur son blog, dans son article
"Fin d'année, TIC et monde scolaire" l'agitation autour du Web
2.0 et parle de "chosification de l"information" en invitant à porter une
réflexion profonde sur les démarches et l'utilisation des outils aussi
dans un cadre scolaire ; extrait :
"Il s'est agit de montrer qu'il y avait du nouveau sur le web et que c'est en particulier parce que chacun pouvait produire et diffuser tout ce qu'il voulait qu'une révolution serait en cours. Web interactif et autres qualificatifs sont venus peupler les feuilles des médias prompts à suivre les courants d'airs du moment. La réalité est beaucoup plus triviale pour moi. Toute "information" est désormais diffusable. Autrement dit l'information revient à sa nature première "un signal". La masse de documents mis à disposition, blog, podcasts, vidéos en tout genres etc... amène à une réification de l'acte d'énonciation. Shannon avait donc bien vu l'origine du problème. Les cybernéticiens avaient emboité le pas en s'intéressant au signal mais aussi à son devenir dans le milieu dans lequel il est envoyé.
Même si les nouveaux zélateurs du web nous invitent à parler d'interaction, de citoyenneté et de démocratie, pour l'instant il s'agit d'abord d'un brouillard. Certes des niches existent et fonctionnent selon leur approche, il faut le reconnaître. Mais ce sont des niches. Pour le reste nous assistons progressivement à la chosification de l'information, c'est à dire à la dépersonnalisation de l'acte d'énonciation. Lorsque une journaliste de Télérama m'avait dit que l'anonymat était indispensable pour libérer la parole, il y a de cela quatre ou cinq années, je pensais seulement à une question d'éthique. Mais non, l'affaire est beaucoup plus grave. Il s'agit de la dépersonnalisation de l'information, ou plutôt de se déshumanisation. Illusion, bien sûr, dans le fond, mais réalité dans la forme quand une émission de télévision a pour projet de montrer les vidéos les plus... déposées par les internautes. L'émergence de cette formidable possibilité d'expression est bien perçue par de nombreux enseignants, souvent pionniers, mais pas toujours (ce qui est nouveau)."
jeudi 28 décembre 2006
Recherche d'emploi via RSS, l'euphorie de l'e-administration qui retombe en France, nous et les Mass media... (brèves citoyennes de clavier)
Par Jean-Luc Raymond le jeudi 28 décembre 2006, 12:35 - Brèves citoyennes de clavier
Très intéressant et novateur, un article qui porte à l'action par
Martin Jacques sur son blog Brouehaha : "Pour une recherche
d'emploi à l'aide de RSS" avec une amorce de méthodologie : "En bref,
création d'un courriel Gmail pour s'incrire aux sites d'offres d'emplois.
Création de requêtes RSS pour les autres sites. Transfert des courriels de
Gmail dans le lecteur de fils RSS et donc un seul endroit pour consulter toutes
les offres, le lecteur de fils RSS."
L'euphorie autour de l'e-administration est-elle en train de
retomber en France ? Comme le souligne Christian Bensi dans son article
"Les Français et l'administration électronique en 2006" :
"Les raisons qui freinent l'usage d'Internet pour effectuer des démarches
administratives y sont abordées. L'absence de contact direct avec une personne,
premier handicap traditionnellement cité, ne concerne plus que 18 % des
internautes mais reste en tête. Les internautes sont moins anxieux face aux
risques de piratage mais cela reste un frein pour 17 % des personnes
interrogées. 16 % citent le manque de connaissance relative aux démarches qu’il
est possible d’effectuer par le biais des sites d'e-administration. Les risques
d’erreur sont cités par 14 % des internautes. La présentation des démarches au
sein des sites est qualifiée de peu claire par 6 % des personnes
interrogées."
Web 2.0 : Dossier "Médias/ Mondial: L'avenir du Web 2.0" chez EuroTopics en date
du 27 décembre 2006 avec revue de Presse de différents journaux en
Europe sur cette thématique ; FauxPhoto est une application en ligne de retouches d'images
; MailEmotion pour
envoyer un email vidéo simplement en utilisant, par exemple,
une webcam.
Didactique : "10 recommandations pour se protéger d'une attaque pirate sur
Internet" (relayées par Didier Rossignol Francini d'AOL), différentes
options pour faire
soi-même son propre calendrier 2007 (par José Luis Orihuela)
; Imagination At Work permet de dessiner en ligne (seul ou à plusieurs),
de sauvegarder son dessin et de l'envoyer à une personne ; la Ville de Brest
avec l'Espace Culture Multimédia du Fourneau organise 2 sessions d'initiation
"Captation et traitement du son" (en janvier et en février) :
"s'adressant aux animateurs multimédia et une autre pour les publics "moins
à l'aise" d'une journée".
Un bureau virtuel avec Backpack. Explication de Lyonel Kaufmann : "Est-il un rassembleur
d'idées ? un bloc-note ? un sac à dos numérique ? un éditeur de sites web ? En
tout cas, il offre une forme d'application vraiment nouvelle par ses petites
spécificités. Il a été conçu pour vous aider à gérer votre quotidien et vous
propose des fonctionnalités collaboratives permettant à plusieurs personnes de
travailler sur le même document pour autant que le créateur de celui-ci vous y
invite et autorise".
Le Cyberespace de l'Agora (Association Emmaüs, 32 rue des Bourdonnais)
organise une journée portes ouvertes le mercredi 17 janvier 2007 de 9h30 à 17h.
Bénévoles et usagers seront sur place pour répondre à vos questions sur cet
Espace Public Numérique situé dans le plus important centre d'accueil de jour
de SDF à Paris.
Economique : La Poste recompose son offre car elle souffre et
profite tout à la fois d'Internet (L'Expansion, 21 décembre
2006) ; Rueducommerce.com innove en proposant d'ajouter des séquences
vidéo aux petites annonces gratuites diffusées sur son site (via Génération-NT).
Pour réfléchir : "Mass media vs nous les médias", article de
François-Bernard Huyghe sur la cohabitation des "vieux" mass media fonctionnant
suivant une logique industrielle (un vers tous, contenu standardisé...) avec
les médias numériques à la portée de chacun ; à relire "La Société du
Spectacle" de Guy Debord
mardi 19 décembre 2006
Sur YouTube, des communautés de sourds qui s'expriment et communiquent
Par Jean-Luc Raymond le mardi 19 décembre 2006, 23:35
Les plateformes de
partage vidéo connaissent des utilisations inattendues. Si les personnes
handicapées exploitent les technologies avec une dextérité
surprenante, elles font naître des usages différents, immédiats et
pratiques à partir d'outils souvent basiques (de simples webcams, par
exemple) mais essentiels pour développer un mode communicationnel qui
revêt tout son sens.
C'est ainsi que sur YouTube, on note l'existence de cercles de personnes sourdes qui
créent des groupes d'échange en langue des signes tel Rob
Wilks de Deaf UK donnant son opinion sur la modération des
propos d'un cercle de malentendants qui communiquent entre eux, qui
mettent en scène des création artistiques comme ce sketch à deux
ou ce karaoke humoristique en vidéo pour personnes malendantes
qui nous réunit tous, entendants ou pas.
Comme le fait remarquer l'article de Making Light "Deaf video: the street finds its own uses (again)", la volonté des
personnes sourdes de communiquer entre elles en utilisant YouTube comme caisse
de résonnance permet d'informer à plus large échelle sur des préoccupations ou
une actualité entre sourds, de porter un message politique, de se raconter au
quotidien, de construire des récits ou de fournir des didacticiels/tutoriels
vidéo telle cette explication du RSS en langue des signes. Via TechBee.
lundi 11 décembre 2006
La mort du disque
Par Jean-Luc Raymond le lundi 11 décembre 2006, 22:40
Dans
l'une de ses chroniques hebdomadaires pour l'Express : "La musique du monde" (13 avril 2006), Jacques
Attali explique en quelques phrases le bouleversement du rapport du
consommateur à la musique. Plus encore, il affirme un rôle pivot de la
musique : "Or, comme la musique, de tout temps, annonce les changements
sociaux, nous entrons dans une toute nouvelle économie, où la seule chose qui
restera vraiment rare sera le temps."
Plusieurs blogs d'experts ou de veille sont consacrés aux
transformations de valeurs symboliques de la musique en tant que marchandise
et notamment à la dématérialisation des supports, à la
distribution de pair à pair ("peer to peer") ou à un nouveau
rapport économique au bien "musique" : celui d'Alban Martin, MyMusic de Sylvie Krstulovic,
The Music
Crash et Marketing et Droit de la musique dans l'environnement
numérique sans oublier Les catalyseurs numériques.
La dernière édition du journal des Allumés du Jazz (n°17, 4e trimestre 2006,
à
télécharger ici en .pdf), groupement de labels indépendants de ce genre
musical, consacre un numéro spécial au titre fort "La mort du disque" ; extrait
de l'édito au vitriol de Jean Rochard :
"Téléchââââââââârrrrrrrrrrrrgez !
À deux pas de chez moi, trois librairies viennent d’ouvrir, j’ai trouvé ça joyeux. Toujours pas de disquaire. Pourtant le livre fait 3% de ses ventes par Internet (plus que le disque). Le livre en ligne est en échec. L’objet livre est considéré par ceux-là mêmes qui le façonnent et le vendent (ils ont su faire imposer le prix unique du livre par exemple), ce qui n’est pas le cas de leurs homologues du disque qui ne subsistent que de « Vive la mort ! ». Floués, bluesés, on se demande comment cette industrie proclame aussi facilement le décès de son « protégé », celui sur lequel elle a vécu si longtemps en lui infligeant bien des mauvais traitements. Quelle contradiction dans un monde où la médecine a fait de tels progrès pour maintenir en vie les êtres aux situations physiques les plus précaires ! Quelle contradiction lorsque la défense du bon produit semble être le souhait du citoyen !
(...) Que souhaitons-nous pour la musique, qu’elle soit sur scène ou enregistrée ? La voulons-nous en forme de crottes d’oreilles, activatrices d’une mémoire sélective et atrophiée ? La désirons-nous en simple complément de l’avis général que l’on croit sien (tout le monde a un avis sur tout sans avoir préalablement vu ou entendu – l’écoute n’est là que pour confirmer ce qui se dit que l’on fait sien – sans plus de distinction entre ce que nous sommes et l’espace médiatique). Ou la souhaitons-nous de retour parmi nous ? Car la « mort du disque » annoncée cache en réalité un autre règlement de comptes, celui qui verra la mort de la musique ou, pour être plus précis, sa mise sous anesthésie totale. C’est bien plus grave qu’une sorte d’ingratitude qui consisterait à jeter la carcasse lorsqu’il n’y a plus de gras. Il y a un mouvement qui va dans le sens de la fin de l’expression (Fermez-la et consommez - avec un peu de fond sonore)."
lundi 27 novembre 2006
Cutlife (tendance 017)
Par Jean-Luc Raymond le lundi 27 novembre 2006, 19:05 - Tendance
Nouvelle rubrique : tendance. Un mot, une expression, un lieu, une
chose comme reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans
l'avenir, porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le
prononce, dans son champ énonciatif et contextuel. Mot, expression à suivre,
objet utile ou inutile, lieu en devenir...
Le cutlife est une forme de show personnel enregistré en vidéo
et mis à disposition par une personne inscrite sur une plateforme
communautaire de type MySpace ou YouTube pour un public choisi et donc restreint (profils amis). Ce
show consiste à "découper" sa vie, à en montrer ou à en
conter une partie comme une "tranche de vie quotidienne". Par
ricochet, la personne se mettant en scène est surnommée cutlifer ou
cutlifeuse.
Le marketing manager Carl Hallard évoque ce phénomène de l'internet
"communautaire" vidéo sur son blog dans le billet : "De l'intérêt des UGC (User Generated Content)" (consulter
également les commentaires de cet article) et donne un exemple vidéo avec une
séquence d'Ilana.
lundi 20 novembre 2006
E-Artcasting (tendance 015)
Par Jean-Luc Raymond le lundi 20 novembre 2006, 23:45 - Tendance
Nouvelle rubrique : tendance. Un mot, une expression, un lieu, une
chose comme reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans
l'avenir, porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le
prononce, dans son champ énonciatif et contextuel. Mot, expression à suivre,
objet utile ou inutile, lieu en devenir...
L'E-Artcasting est un mot juste né d'un blog en espagnol et en
anglais du même
nom qui cherche à repérer des technologies "sociales" utilisées dans les
musées d'Art à travers le monde, des nouvelles façons de communiquer et
d'interagir avec le public (podcasting, partage de photos, systèmes
d'e-learning...).
L'E-Artcasting serait donc une approche qui permet d'explorer l'Art à travers
l'utilisation de nouveaux outils, de leur impact et de leurs possibilités.
Selon les initiateurs du blog, l'E-Artcasting s'inscrit dans la lignée du
nouveau Web (Web 2.0). Le concept d'E-Artcasting est à suivre...
mercredi 8 novembre 2006
De A à Z, Internet, Les nouveaux usages, hors-série de 60 millions de consommateurs
Par Jean-Luc Raymond le mercredi 8 novembre 2006, 18:40
L'Institut National de la Consommation (I.N.C.) vient de publier un
hors-série très pratique (n°129) : "De A à Z, Internet, Les nouveaux usages,
hors-série de 60
millions de consommateurs, pour surfer efficace et utile". En couverture,
l'accent est porté sur le Web 2.0, podcast et wiki comme dans l'éditorial de
Marie-Jeanne Husset (directrice de la rédaction) titré : "Le Web fait sa
révolution" ; extrait :
"Avec le Web 2.0 se concrétise, plus de dix ans, après, l'utopie initiale d'Internet : la participation et la collaboration des internautes eux-mêmes à la Toile. Le Web 2.0 regroupe ainsi des services beaucoup plus faciles à utiliser, qui ne nécessitent pas le téléchargement d'un programme. Il permet aussi des usages réellement communautaires. (...) Simplicité et diversité des usages réellement communautaires (...) Le Web 2.0 permet enfin à chacun de créer son propre site pour y abriter son journal intime, son blog. (...) Simplicité et diversité des usages caractérisent donc le Web nouveau. L'internaute ne se contente plus de surfer, il devient producteur de contenus, textes, photos, vidéos, etc., qu'il peut partager avec tous ceux qui le souhaitent. C'est la culture de l'échange et de la rencontre qui s'affirme. Certains y voient le paradis de la communication idéale ininterrompue. D'autres, l'enfer, et ils prédisent les pires dérives."
Particulièrement bien conçu, ce hors-série de 60 millions de consommateurs
aborde l'internet par la praticité et par le biais d'utilisations
thématiques en employant des mots simples et parlants : Albums photos,
Archivages, Bonnes causes, Dossier médical personnel, Recherche d'emploi,
Renseignements juridiques, Troc, Vidéo à la demande. 61 sujets phare sont
explicités avec des captures d'écran, liens de référence et des cadres
récapitulatifs intitulés "l'essentiel".
Source :
Collectif (Décembre 2006). "De A à Z, Internet, Les nouveaux usages" (En ligne). 60 Millions de consommateurs, Hors-série n°129, 100 p.
Définition de la philosophie et du capitalisme, l'ère du numérique par Bernard Stiegler
Par Jean-Luc Raymond le mercredi 8 novembre 2006, 17:37
Dans un remarquable reportage sonore (fichier podcast) de 3 minutes
: "La philosophie, c'est d'abord de la politique", Monsieur
Tympan donne la parole au philosophe Bernard Stiegler qui définit la
philosophie et le capitalisme de notre temps, un capitalisme hyperindustriel,
selon ses termes. Un condensé de la pensée de Bernard Stiegler ainsi mis en
onde est plutôt rare.
Dans son édition du 16 décembre 2005, le quotidien La Croix, sous la plume de
la journaliste Aude Carasco, revenait sur le parcours atypique de Bernard
Stiegler : Stiegler, philosophe de l'ère numérique. Dans ce portrait, le
philosophie s'exprime sur la consommation des outils technologiques
actuels et le temps personnel qui y est consacré chaque jour par
nombre de personnes :
"Comment expliquer cette perte d'identité, cette sensation de n'être rien ni personne ? D'après Bernard Stiegler, nos sociétés de consommation, dans lesquelles le marketing et les industries culturelles prescrivent ce qu'il faut avoir et être, ôteraient aux individus leur "singularité". "Je" s'effacerait ainsi au profit d'un "on" moutonnier.
"L'objet de consommation, le portable, les e-mails… captent notre libido, nos temps disponibles, ce qui nous rend indisponibles pour nos enfants, nos parents, la vie de la cité… Dès lors, il y a une démotivation, un désinvestissement social, qui peut aller jusqu'à un phénomène de destruction. Si bien que lorsqu'il y a passage à l'acte, il n'y a plus de limite. Les gens agissent sans vergogne", explique-t-il.
L'urgence consisterait donc à redonner du sens au "nous". Au collectif. Au vivre ensemble. Entre gens singuliers. "D'accord avec le diagnostic. Mais, qu'allez-vous faire maintenant ?" La sempiternelle question est revenue à l'issue d'une conférence, à Berlin, en avril dernier. Bernard Stiegler a alors décidé, "sur-le-champ", de créer une association (Ars Industrialis)."
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