Jean-Luc Raymond

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mardi 8 mai 2007

Fracture numérique, l'écart d'accès à l'internet s'explique en grande partie par le niveau de diplôme

La Direction de la Recherche, des Etudes, de l'Evaluation et des Statistiques (DREES, Ministère de la Santé) a publié un numéro spécial de sa publication Etudes & Résultats en février 2007 (n°557) consacré aux laissés-pour-compte de l'infomatique et de l'Internet : "L'accès des ménages à bas revenus aux Technologies et de la Communication" (en .pdf, téléchargeable à cette adresse).

En 8 pages, cette édition synthétise différents rapports statistiques et études, principalement de ces deux dernières années, reprenant les constats de freins à l'accès et à l'utilisation de l'ordinateur, de l'Internet et de la téléphonie mobile ; un constat maheureusement redondant appuyé par des chiffres pas très enthousiastes. Les points marquants évoqués dans ce dossier :

  • Parmi les ménages à bas revenus, l’accès à un micro-ordinateur et à l’internet est beaucoup moins répandu,
  • Un quart des ménages à bas revenus disposent uniquement d’un téléphone portable (sans téléphone fixe),
  • À caractéristiques sociodémographiques comparables, le lien entre pauvreté et accès aux TIC reste manifeste,
  • Le moindre accès des ménages à bas revenus au téléphone fixe reflète la surreprésentation des personnes seules et des familles monoparentales,
  • L’écart d’accès à l’internet s’explique en grande partie par le niveau de diplôme,
  • Un sixième des ménages non équipés en micro-ordinateur l’expliquent principalement par des raisons financières (cela tord le cou à des analyses populistes signifiant que le fait d'équiper les personnes va résoudre le problème d'appropriation de l'Internet),
  • Près d’un quart des ménages ayant un micro-ordinateur mais pas l’internet parlent d’un coût élevé,
  • Parmi ceux qui n’utilisent pas de téléphone portable, un sur dix considère que c’est trop cher,
  • Ne pas avoir accès aux TIC est davantage perçu comme un manque lorsque la raison est financière.

samedi 28 avril 2007

Internet, un rendez-vous pour les personnes en difficulté par Dominique Lang, quotidien La Croix, 23 avril 2007

Le journaliste Dominique Lang a signé un article dans le quotidien La Croix du 23 avril 2007 : "Internet, un rendez-vous pour les personnes en difficulté", papier publié sur internet le dimanche 22 avril au soir. J'ai été interrogé par Dominique Lang sur l'apport de l'Internet pour les publics précaires ; vaste et complexe sujet. Voici l'article dans son intégralité :


INTERNET, UN RENDEZ-VOUS POUR LES PERSONNES EN DIFFICULTE

De nombreuses associations permettent l'accès à l'informatique des personnes exclues afin de faciliter leur insertion sociale


Sadok a le sourire. Ce retraité d’origine tunisienne se rend plusieurs fois par semaine au « cyberespace » de l’Agora-Emmaüs. Dans ce centre d’accueil parisien, un local discret jouxtant la laverie abrite depuis quatre ans une série d’ordinateurs connectés à Internet.

« J’envoie des messages à ma fille et à ma famille, en Tunisie », explique l’ancien travailleur immigré, en France depuis 1956. « Je laisse des messages et quelques jours plus tard, je viens consulter les réponses », dit-il.

Comme lui, chaque jour, une cinquantaine de personnes, pour beaucoup sans domicile fixe, passent quelques instants ici. Une population en marge de la société, mais qui a bien compris la chance que peut constituer l’informatique.

D’ailleurs, avec ses neuf postes, le cyberespace n’arrive pas à suivre la demande. « Bien sûr, l’informatique n’est pas un besoin vital pour des personnes qui sont à la rue ou qui ont faim », concède Ricardo Parrilla, responsable et fondateur du lieu. « Mais l’usage montre qu’elle peut devenir un outil essentiel pour l’insertion sociale. »

"Dans ces lieux, on oublie ses soucis"

Depuis 2003, l’association Emmaüs a ainsi créé neuf cyberespaces en région parisienne. Plus de 4.000 personnes ont profité des consultations en libre-service en 2006 et plus de 2.000 autres ont bénéficié d’une formation en informatique, dispensée par des bénévoles. Ainsi, ce que les collectivités locales avaient lancé depuis une dizaine d’années, en créant des médiathèques et des « Espaces numériques publics », rejoint désormais, par le biais des associations, les populations les plus exclues.

Jean-Luc Raymond, « vieux routard des espaces multimédia », comme il le dit lui-même, estime à plus de 4.000 les lieux d’accès gratuit à Internet référencés en France. « Ils facilitent l’accès au service public et jouent souvent un rôle d’éducation citoyenne », s’enthousiasme celui qui a notamment participé à la mission interministérielle lancée en 1998 sur la question.

« Dans ces lieux, on vient non seulement pour consulter des offres d’emploi, mais aussi pour naviguer sur des sites culturels ou se former. Pendant ce temps, on oublie ses soucis. » Pour Marion Desrumeaux, une étudiante en sociologie qui a travaillé sur la question, l’accès direct à l’actualité est aussi essentiel. « La connexion à Internet permet de ne pas être exclu de l’information », soutient-elle.

Lieux prétextes pour nouer des liens

Ces espaces d’information constituent également des lieux prétextes pour nouer des liens avec d’autres. Avec les bénévoles bien sûr, mais aussi, du fait de la neutralité de l’ordinateur, avec des inconnus rencontrés sur Internet. Beaucoup utilisent les messageries instantanées, parfois même les webcams, ces petites caméras numériques qui permettent aux interlocuteurs de se voir en direct.

« Quand une personne reçoit une réponse à son premier message Internet, c’est comme si une nouvelle place dans la société lui était reconnue : “On me parle” », commente Jean-Luc Raymond.

Après avoir connu l’anonymat des rues et des files d’attente, l’interactivité d’Internet devient alors une vraie chance. Les administrations l’ont d’ailleurs bien compris : les caisses d’allocations familiales, par exemple, ont mis en place un site et des bornes d’accès pour les personnes bénéficiant de diverses aides sociales.

Certains sites restent trop complexes à manipuler

Mais tout n’est pas réglé pour autant. Certains sites restent trop complexes à manipuler et nécessitent encore un accompagnement personnalisé. D’autant que les personnes à la rue ont leurs propres limites que l’ordinateur peut révéler cruellement : analphabétisme, maîtrise limitée du français, déficits visuels ou manuels, voire pertes de mémoire ou de concentration.

Pour autant, les personnes qui franchissent le pas progressent nécessairement. Bruno Oudet, qui a lancé le projet « Internet de rue » destiné aux SDF du quartier de Belleville, à Paris, l’a expérimenté à maintes reprises sur le coin d’un trottoir, avec des personnes à la rue.

Plus étonnant encore, la fréquentation d’un cyberespace pousse souvent l’usager à numériser les éléments essentiels de son identité : courriers électroniques, copies scannées de documents importants, voire photos de famille. Un espace d’intimité et de mémoire préservé sur un petit support informatique individuel, de type clé USB.

L’adresse électronique remplace alors les boîtes à lettres en poste restante que proposent certaines associations. Une manière de donner du sens au virtuel, au profit de ceux qui vivent une exclusion bien réelle."

Dominique LANG

mercredi 31 janvier 2007

Animation du réseau des Espaces Publics Numériques de Wallonie

Mardi 23 janvier, j'ai participé dans les locaux de TechnofuturTIC à Gosselies (Belgique) à la première rencontre 2007 du réseau des EPN de Wallonie qui a réuni plus d'une trentaine de personnes : animateurs multimédias, responsables d'EPN, personnel communal impliqués dans les lieux d'accès publics à l'Internet, pour la plupart d'entre eux, récemment ouverts. J'ai publié, il y a quelques jours, un compte-rendu de cette réunion sur le blog EPN-Ressources.be.


Il y a les EPN qui démarrent et les animateurs confirmés. Tous ont le souci de bien faire, de se rendre utile et déjà quelques préoccupations pointent le bout du nez : Comment accueillir un public de séniors ? Avec quels partenaires locaux puis-je travailler localement ? Comment gérer son temps et donner du temps pour le réseau ? Des questions non techniques pourtant si essentielles. J'y ai apporté quelques réponses oralement, collectivement puis individuellement, et poursuivrai ce travail dans les mois qui viennent.


Je collabore par mon expertise au centre de Ressources des EPN de Wallonie sur le volet conseil, animation de réseau, fourniture de contenus sur le blog collectif et l'Egroupware privé et, aussi, par la préparation et la conduite de plusieurs sessions de formation spécifiques pour les EPN de Wallonie dont : "Evaluation et validation de l’information sur Internet", "Mobilité et EPN : soyez mobiles!", "Avoir une démarche de développement durable au sein et dans les activités d'un EPN", "Connaître son territoire et travailler en réseau", "Actions de recherche d’emploi dans un EPN", "Appropriation de l'informatique et de l'internet par des publics précaires". Ces thèmes seront explorés dans une démarche participative et avec une coconstruction de propositions concrètes.


La formation complétant l'animation de réseau est l'un des points forts de la politique des Espaces Publics Numériques soutenu par la Région Wallonie. On mesure combien ce programme s'intéresse à fournir aux personnes en charge des EPN des réponses de terrain à leurs préoccupations, sans langue de bois et perte de temps, ni effet d'annonce en favorisant aussi l'entraide et l'échange de savoirs entre les animateurs multimédias. Les multiples rencontres favorisent la connaissance de ce qui se fait ailleurs. Se lancer dans l'aventure de l'ouverture et de l'animation d'un Espace Public Numérique est une grande aventure, un début de possibles...

lundi 22 janvier 2007

L'Abbé Pierre : appel du 1er février 1954, Abbé Pierre (1912 - 2007)

L'Abbé Pierre a marqué le siècle et les esprits. Prêtre, résistant et fondateur d'Emmaüs, organisation destinée à aider les pauvres et les réfugiés, l'Abbé Pierre est décédé à l'âge de 94 ans.


Hiver 54, on meurt dans les rues des villes de France. Le 1er février 1954, à midi, Henri Grouès dit l'Abbé Pierre lance un appel sur les ondes de Radio Luxembourg. Cet appel citoyen fait exploser le standard de la station de radio où le dons affluent. Il n'existe pas d'enregistrement original de cet appel. Au début des années 90, l'Abbé Pierre l'a réenregistré ; en voici le texte :

"Mes amis, au secours… Une femme vient de mourir gelée, cette nuit à trois heures, sur le trottoir du boulevard Sébastopol, serrant sur elle le papier par lequel, avant hier, on l’avait expulsée… Chaque nuit, ils sont plus de 2000 recroquevillés sous le gel, sans toit, sans pain, plus d’un presque nu. Devant l’horreur, les cités d’urgence, ce n’est même plus assez urgent !

Écoutez-moi : en trois heures, deux premiers centres de dépannage viennent de se créer : l’un sous la tente au pied du Panthéon, rue de la Montagne Sainte Geneviève ; l’autre à Courbevoie. Ils regorgent déjà, il faut en ouvrir partout. Il faut que ce soir même, dans toutes les villes de France, dans chaque quartier de Paris, des pancartes s’accrochent sous une lumière dans la nuit, à la porte de lieux où il y ait couvertures, paille, soupe, et où l’on lise sous ce titre CENTRE FRATERNEL DE DEPANNAGE, ces simples mots : « TOI QUI SOUFFRES, QUI QUE TU SOIS, ENTRE, DORS, MANGE, REPREND ESPOIR, ICI ON T’AIME »

La météo annonce un mois de gelées terribles. Tant que dure l’hiver, que ces centres subsistent, devant leurs frères mourant de misère, une seule opinion doit exister entre hommes : la volonté de rendre impossible que cela dure.

Je vous prie, aimons-nous assez tout de suite pour faire cela. Que tant de douleur nous ait rendu cette chose merveilleuse : l’âme commune de la France. Merci !

Chacun de nous peut venir en aide aux “sans abri”. Il nous faut pour ce soir, et au plus tard pour demain :
• 5000 couvertures,
• 300 grandes tentes américaines,
• 200 poêles catalytiques

Déposez les vite à l’hôtel Rochester, 92 rue de la Boétie. Rendez-vous des volontaires et des camions pour le ramassage, ce soir à 23 heures, devant la tente de la montagne Sainte Geneviève.

Grâce à vous, aucun homme, aucun gosse ne couchera ce soir sur l’asphalte ou sur les quais de Paris.

Merci !"

dimanche 14 janvier 2007

Repenser la solidarité, Serge Paugam

"Repenser la solidarité, l'apport des sciences sociales" de Serge Paugam est un ouvrage différent sur la solidarité. Il comprend 992 pages et a réuni 50 contributeurs (49 Euros aux Presses Universitaires de France, collection Le Lien social). Imposant, ce livre est une élaboration collective de chercheurs et de penseurs suite à un séminaire pluridisciplinaire du CNRS et de l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales : "Repenser la solidarité au 21e siècle" qui s'est déroulé en 2005 et 2006 à l'Ecole Normale Supérieure de Paris.


Serge Paugam est sociologue (directeur de recherche au CNRS et directeur d'études à l'EHESS). C'est l'un des chercheurs qui fait référence sur la pauvreté et la précarité depuis de nombreuses années. Cette publication collective est donc un évènement qui s'attache à comprendre les phénomènes de ségrégation urbaines et scolaires, la crise du salariat, les inégalités de genre, les discriminations multiples, les inégalités entre générations... C'est aussi un ensemble de pages avec des propositions concrètes pour lutter contre la pauvreté, l'exclusion et favoriser les solidarités.


Voici un extrait d'une interview de Serge Paugam pour CCAS Infos (janvier 2007, n°275) à propos de "Repenser la solidarité, l'apport des sciences sociales" :

"Il est impossible de rappeler ici l'ensemble des propositions avancées par les cinquante chercheurs qui ont participé à cet ouvrage. Les auteurs ont cherché les moyens de renouveler l'éthique de la solidarité à la fois au sens des principes généraux de justice sociale et au sens de l'application concrète de ces derniers dans les modes de l'intervention sociale. Ils ont aussi fait l'inventaire des solutions visant à concilier efficacité économique et solidarité sociale dans un environnement marqué par la concurrence internationale. Ils ont évalué les moyens de mieux articuler les solidarités privée et publique. Ils ont enfin fait des propositions pour créer des synergies entre les différentes échelles de la solidarité, du local au national et du national ou supranational. C'est sans arrière-pensées politiques ou morales, en ayant uniquement pour dessein de clarifier le débat et de dissiper les fréquentes confusions entourant les questions de solidarité que les auteurs de cet ouvrage s'adressent aux responsables politiques, aux syndicats, au patronat, aux associations, bref à tous les citoyens attentifs aux enjeux des réformes en cours ou à venir."


Les auteurs de l'ouvrage "Repenser la solidarité au XXIe siècle" organisent un débat "Repenser la solidarité, un enjeu pour la France", le 17 janvier à 19 heures, à la Maison de la Mutualité (24 rue Saint-Victor, Paris 5e), à l'occasion de la publication du livre, en présence de personnalités du monde universitaire, syndical et politique. Seront notamment présents : Martin Hirsch, François Chérèque... Renseignements par téléphone au 01 58 10 31 10 ou par courrier électronique à solidarite@puf.com.

jeudi 11 janvier 2007

Muhammad Yunus, prix Nobel de la Paix 2006, et la mondialisation

Muhammad Yunus, Prix Nobel de la Paix 2006, économiste, surnommé le banquier des pauvres, est fondateur de la Grameen Bank au Bangladesh, un organisme spécialiste du micro-crédit qui compte près de 7 millions de bénéficiaires.


Muhammad Yunus est interrogé dans la dernière édition du magazine L'Express (11 janvier 2007, n°2897) par son ami Jacques Attali, Eric Chol et Christian Makarian. Le Prix Nobel de la Paix 2006 s'exprime sur des enjeux majeurs du monde : l'extrême pauvreté, l'éducation, la santé, la paix et aussi sur la mondialisation ; extrait :

"Je comparerais la mondialisation à une centaine de voies d'autoroute traversant le monde de part en part. Sur ces autoroutes circulent de gros camions qui sont les grandes multinationales issues des pays riches. Il n'y a guère de couloir réservé à des pays tels que le Bangladesh. Donc, si l'on veut donner un sens à la mondialisation, il faut discerner la bonne de la mauvaise. La "bonne mondialisation", pour moi, cela consiste à instaurer un code de la route avec des voies rapides, des voies ouvertes aux poids lourds, mais aussi des voies réservées aux véhicules roulant à faible allure. Sans ces règles, la liberté de circuler ne profitera qu'aux poids lourds : c'est ce que j'appelle la "mauvaise mondialisation". Cela dit, la "bonne mondialisation" ne viendra pas d'elle-même, automatiquement. Car l'automaticité, c'est avant tout la mécanique des puissants et l'écrasement des faibles. Il faut donc instaurer un code de la route qui soit d'abord acceptable et respecté par les Grands. Des principes fondamentaux, au nombre de cinq ou de dix, posés à l'échelle internationale et appliqués par toutes les grandes compagnies partout dans le monde. Cela permettrait de limiter les dégâts de la mondialisation et d'ouvrir un espace de négociation pour les pays les plus pauvres. Le problème est de convaincre les puissants de la nécessité d'instaurer ces règles de conduite."

jeudi 4 janvier 2007

Guide solidarité Paris 2007 publié sur Internet

Vademecum indispensable des dispositifs d'aide aux personnes en situation d'exclusion, le Guide Solidarité Paris 2007 vient de paraître. Ce livret édité chaque année par la Mairie de Paris apporte des réponses concrètes en orientant les personnes en difficulté vers des structures, des lieux d'accueil et d'aide sociale spécialisées pour favoriser une réinsertion.


Le guide comprend des rubriques identifiées par des pictogrammes signifiants portant différentes couleurs : S'orienter ; Chercher un hébergement ; Se nourrir ; Se réinsérer ; Se soigner ; Vivre au quotidien. Pour chaque adresse, sont mentionnés les services fournis et les horaires d'ouverture. Les lieux d'accès à internet sont également indiqués.


Le Guide Solidarité Paris 2007 est téléchargeable à cette adresse (64 pages, en .pdf). La rubrique Personnes en difficultés du portail Solidarités de la Mairie de Paris reprend le contenu du guide, point par point, pour une consultation sans téléchargement.

mardi 2 janvier 2007

L'Observatoire des Inégalités propose un nouveau site avec un outil interactif de mesure et de comparaison sur les inégalités sociales

Le site Internet de l'Observatoire des inégalités fait peau neuve dès aujourd'hui avec une plus grande lisibilité offerte aux informations grâce à une hiérarchisation par sous rubriques (patrimoine, salaires, pauvreté...) et à une nouvelle thématique développée : l'Europe. En quelques années, ce site est devenu la référence sur la thématique des inégalités en France : actualité, compréhension du phénomène, recherche scientifique et références.


Avec cette nouvelle mouture du site, on assiste à une première en France : l'Observatoire des inégalités lance un nouvel outil interactif de mesure et de comparaison sur les inégalités sociales à partir de 250 tableaux, contenant plus de 3 500 données et permettant de sélectionner les informations chiffrées pour des catégories et des thèmes spécifiques, à l'intérieur de la base de données d'Inegalites.fr. Cet outil de comparaison unique en France a été développé spécialement pour l'Observatoire des inégalités par Julien Villalard, du réseau Moduloo.net.


Cet automne, Louis Maurin (directeur de l'Observatoire des inégalités, journaliste au magazine Alternatives Économiques) et Patrick Savidan (président de l'Observatoire des inégalités, maître de conférences en philosophie à l’Université Paris IV - Sorbonne) ont coordonné un remarquable ouvrage d'articles de spécialistes portant le titre "L'Etat des Inégalités en France - 2007" (chez Belin) déjà évoqué sur ce blog dans cette note.

dimanche 24 décembre 2006

Offrir un zébu à Madagascar, un cadeau solidaire... Internet crée du lien

L'entreprise Zebu Overseas Board vous propose d'investir à Madagascar dans un zébu. Pour 300 Euros, le zébu est mis à disposition d'une famille malgache, en location-vente, qui l'utilise au quotidien comme animal d'élevage ("pour produire du lait, labourer sa terre, engendrer des veaux ou tirer une charrette et produire du fumier naturel").


Au terme de deux ou trois années de remboursements mensuels, le paysan devient à son tour le propriétaire de l'animal et votre capital est alors réinvesti dans d'autres projets de développement agricole à Madagascar. Le Zebu Overseas Board applique le principe du micro-crédit. Internet joue un vrai rôle dans cette aventure solidaire : chaque investisseur peut voir son animal en photo sur l'espace privé de Zebu Overseas Board et avoir des nouvelles de la famille qui s'en occupe. Une action solidaire d'investissement local qui destinée directement à une population qui en a besoin. Plus de renseignements sur le site Internet Zebu Overseas Board.

mercredi 6 décembre 2006

Infopauvres et inforiches (tendance 020)

Nouvelle rubrique : tendance. Un mot, une expression, un lieu, une chose comme reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans l'avenir, porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le prononce, dans son champ énonciatif et contextuel. Mot, expression à suivre, objet utile ou inutile, lieu en devenir...


Un récent article scientifique "La fracture numérique, paradoxe de la génération internet" de Caroline Rizza (Maître de Conférences en Sciences de l’information - communication - Ecole Normale Supérieure des Télécommunications Paris) traite de la problématique du facteur humain dans la société en réseau en mettant en évidence que les Technologies de l'Information et de la Communication sont à la fois créatrices et destructrices de lien social. Dans sa conclusion, elle aborde la fracture numérique en introduisant deux néologismes : "inforiches" et "infopauvres" :

"Les inforiches (sont ceux) qui ont accès aux TIC et ont les connaissances requises pour les utiliser et en recevoir les messages, et qui peuvent donc communiquer avec le reste du monde et agir en son sein. Sur le versant d'en face, demeurent les infopauvres qui n'ont pas accès aux TIC et à Internet, qui ne savent pas les utiliser et qui ne peuvent donc pas agir dans un monde désormais régi par l'information."


Ces 2 termes ne sont pas nouveaux et on retrouve le mot "infopauvre" défini dans la bibliothèque virtuelle de l'Office québécois de la langue française dans un sens "mondialisé" (à partir de l'anglais "info have-nots" en signalant un équivalent "infodémunis") :

"Personnes, généralement d'un pays en développement, qui n'ont pas accès à l'information diffusée par Internet, ne pouvant profiter des infrastructures de télécommunication ou des équipements informatiques nécessaires au développement de l'inforoute et de la société de l'information. 
Note(s) : Cet accès inégal aux nouvelles technologies et aux services Internet renforce le déséquilibre Nord-Sud. Il est important de combler le retard concernant l'utilisation d'ordinateurs personnels reliés à Internet et de s'assurer que ce développement ne crée pas une nouvelle inégalité, un nouveau fossé entre les inforiches et les infopauvres. 
Mais, au Nord comme au Sud, le manque d'équipement informatique marginalise des millions de personnes."


Toujours au Canada, le pédagogue Pierre Simard parlait déjà d'inforiches et d'infopauvres en 1999 dans un scénario pédagogique sur les Questions d'accessibilité : "Exemple de mesures qui peuvent être prises pour réduire l’écart entre les infopauvres et les inforiches."


L'acception semble généralisée au Québec comme le prouve le mémoire "L'action communautaire : un outil pour la démocratisation de l'inforoute" (2000) mis en ligne par Communautique au Québec (alors qu'elle est encore peu usitée en France) :

"En 1995, l'Institut canadien d'éducation aux adultes (ICÉA) et La Puce communautaire, préoccupés par l'écart qui ne cesse de se creuser entre inforiches et infopauvres dans le contexte de l'arrivée des technologies de l'information et de la communication, unissent leurs efforts et leurs expertises pour mettre sur pied le projet Communautique."

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