Innovant dans
sa démarche de collecte et d'exposition de traces du passé, les habitants de
New York City ont participé de manière active à une exposition temporaire dans
le cadre du projet Best Before ("Meilleur avant"). D'août à octobre
2006, ils ont pu trouver devant leur domicile, une pochette plastique dans
laquelle ils étaient invités à placer un objet de leur passé, un bien dont
l'utilisation a expiré, à donner pour mémoire au lieu de jeter. Les
citoyens New Yorkais pouvaient également indiquer sur un
formulaire, la description de l'utilisation de l'objet, son emplacement
habituel et le pourquoi de son expiration.
Une fois la collecte effectuée, les objets ont été rassemblés au Lower Manhattan Cultural Council pour
être exposés du 13 au 29 octobre sous la forme une installation (sous la forme
de lignes du temps) et avec des clichés retraçant l'historique du projet. On
peut voir quelques photos de l'expo à cette adresse. Ces objets sont marqués par leur usage et la relation
entretenue avec la personne qui s'en s'est servie. Ils sont le reflet d'un
moment inscrit dans une vie, d'un passage de la sphère privée vers la sphère
publique construisant un documentaire exposé sur des réalités d'une
culture urbaine. Ils contextualisent la ville par la vie de ses habitants,
rendent plus proche les habitudes des foyers.
Les objets gardent la mémoire de leur utilisation avec le site
Internet Best Before consacré à ce projet culturel vivifiant qui
présente quelques-uns des objets recueillis.
Tag - mobilite
dimanche 19 novembre 2006
Un projet culturel pour conserver et explorer la mémoire locale à New York, Best Before
Par Jean-Luc Raymond le dimanche 19 novembre 2006, 17:27
vendredi 17 novembre 2006
Le Monde 2 signe un numéro spécial brillant : Bienvenue dans la technosphère
Par Jean-Luc Raymond le vendredi 17 novembre 2006, 22:34
Numéro spécial passionnant du Monde 2, ce week-end, avec comme
thème générique et unique : "Bienvenue dans la Technosphère" que son
rédacteur en chef Yann Plougastel présente ainsi :
"Une série d'articles qui décrivent la manière dont les nouvelles technologies ont pris place dans notre vie quotidienne, laquelle ressemble désormais au village global que le visionnaire philosophe canadien Marshall McLuhan avait prophétisé dans les années 1960."
La mort annoncée de la télévision
Le premier article : "La révolution internet sous l'angle
de la sociologie : A l'heure de la convergence numérique" est un entretien avec
Jean-Louis Missika, sociologue, conseiller politique et aussi coach de managers
de grandes entreprises en France, qui a lancé un pavé dans la mare, en
mars 2006, avec la parution d'un essai dont le titre est clair : "La Fin
de la télévision" (Editions du Seuil). Dans cette interview, Jean-Louis Missika
annonce l'annexion de la télévision par le Web et la présence d'écrans
(téléphones mobiles, ordinateurs, consoles vidéo...) qui ne cessent de diffuser
en tous lieux des infos (textes, images et sons) émises par les citoyens :
"On assiste à une profonde transformation socioculturelle : aujourd'hui, la production, l'édition et la diffusion d'une information ont un coût extrêmement bas sur le Web. C'est à la portée des amateurs... Jusqu'à présent, nous étions habitués à des médias puissants et prescripteurs, où la place occupée par celui qui parle et celui qui écoute était claire et immuable. Désormais, nous sommes dans un univers foisonnant et étrange, où celui qui écoute a aussi envie de parler. L'heure est au média conversationnel.
Etre journaliste n'est plus une profession mais une position que chacun peut occuper, de temps en temps, dans sa vie sociale. Nous sommes en quelque sorte revenus en l'an 1815... 15 ans avant la Penny Press, c'est-à-dire l'invention du modèle économique qui régit encore la presse écrite aujourd'hui!"
Se connecter à Internet, visages de l'accès à Internet dans le monde
Claire Ulrich présente un étonnant article illustré sur la
manière dont on peut se connecter sur Internet sur les 5 continents : "Le Net
du bout du monde". Au Brésil, le "computador da um real" est un
cédérom qui fait office de bureau mobile pour les personnes ne possédant pas
d'ordinateurs. A Nyarukamba (Rwanda), sans électricité ni fournisseur
d'accès, le village est connecté à Internet grâce à une station solaire
Internet inventée par la société américaine Inveneo. En Inde, ce sont les DataMules ou facteurs Internet
de DakNet qui
desservent les villages via des motos, des camions ou des autobus, pour relever
les messages de courrier électronique, les fichiers à envoyer et en assurer
aussi la réception.
L'information collective
La même journaliste s'intéresse au phénomène Sud-coréen du site
d'information Ohmynews existant depuis 2002 fait par et pour des internautes : "M.
Oh et ses 40 000 cyber-reporters" :
"La formule de journalisme qu'à inventée dès 2000 M. Oh en Corée s'appelle aujourd'hui Users Generated Content (contenus produits par les particuliers). Les médias traditionnels y voient une bouée de secours. Mais ce sont d'autres investisseurs qui ont finalement permis à Ohmynews de s'exporter : les opérateurs de téléphonie, futurs distributeurs de contenus sur terminaux mobiles".
George Marion conte l'histoire légendaire des appareils photos Leica, derniers
survivants de la photo argentique qui ont décidé, à marche forcée, de passer au
numérique, avec 4 nouveaux modèles.
La révolution de l'encre électronique
Diane Wulweck explore le monde des bibliothèques et de la
lecture en devenir via son article "Lisez branchés" qui évoque le e-book,
le livre électronique et l'e-ink (encre électronique) inventée en 1998 au sein du
Massachusetts Institute of Technology :
"Enfermées dans un support plastique de l'épaisseur de quelques microns, des microcapsules font naître ou disparaître un texte ou une image selon l'information électrique qu'on leur envoie. Légère, interactive, pilotable à distance, très peu gourmande en énergie... l'encre électronique promet de révolutionner le marché de l'imprimé - la presse écrite, l'édition, et bien sûr, l'affichage publicitaire."
Le design de demain se conçoit aujourd'hui
Olivier Dumons fait le portrait de Stefano Marzano, docteur en
architecture et designer, chez Philips, d'objets quotidiens de l'avenir.
Stefano Marzano travaille pendant des périodes de projets de 8 ou 9 mois
""sur des concepts qui sont des stimulations, des provocations, destinées à
ouvrir un nouveau débat". Le véritable travail de fond sera ensuite de
convaincre puis d'adapter ces concepts à des productions, et là, les délais
s'allongent. En effet, ses équipes ne sont pas seulement composées de
designers, mais également d'analystes de tendances, de sociologues,
d'anthropologues culturels et même de psychologues".
Pierre Barthélémy présente les textiles de demain dans son papier
"Tissus d'innovations", des vêtements intelligents sécurisants, augmentations
du corps par leur effet intégrateur (clavier souple, lecture de musique...),
sécurisant ou alertant les personnes aux alentours ("la société
belge Verhaert a conçu un pyjama pour bébé censé prévenir la
mort subite du nourrisson en suivant des données cardiaques et
respiratoires").
Enfin, une saga en images et en textes sur l'histoire du téléphone
de sa naissance au portable 3G compile 130 ans d'histoire de la téléphonie en 9
pages.
Source :
Plougastel, Yann (dir.) (18 novembre 2006). Bienvenue dans la technosphère, Le Monde 2, n°144, Paris, Numéro spécial.
mardi 14 novembre 2006
Territoires urbains, exclusions, représentations et sphères de vie
Par Jean-Luc Raymond le mardi 14 novembre 2006, 21:13
En ces temps
d'accélération de créations hybrides de plateformes du nouveau Web autour de
cartographies annotées par certains utilisateurs internautes et d'une
redécouverte du territoire réel au regard du territoire virtuel, quelques
relectures s'imposent pour prendre un peu de recul sur la notion de territoire
et de ville contemporaine.
En février 2006, le sociologue Jacques Donzelot publie l'article scientifique
"La ville à 3 vitesses" dans la collection Arguments du PUCA (Plan Urbanisme Construction Architecture) du
Ministère des Transports et de l'Équipement, qui comprend des textes
synthétiques sur l'actualité des questionnements relatifs à la recherche
urbaine. Jacques Donzelot y décrit 3 phénomènes majeurs du rapport des
habitants à la ville moderne : la relégation, la péri-urbanisation et la
gentrification. Les classes moyennes et précaires se voient rejeter des villes
centres :
"Il y a la mondialisation par le bas qui se traduit par la concentration de ces minorités visibles dans les territoires de la relégation. Et puis la mondialisation par le haut qui correspond à la classe émergente associée à la gentrification. Entre ces deux pôles, aucune commune mesure ne permet l'établissement d'une relation, conflictuelle ou non. Elles vivent dans la même ville. Mais celle-ci ne relie pas l'une et l'autre des extrémités de ses habitants. Elle vit plutôt au rythme des malaises de la population qui s'intercale entre ces deux éléments sans établir une continuité efficace. Car cette population de classes moyennes qui constitue la principale part de la société contribue à la relégation autant qu'elle se sent rejetée par le processus de gentrification. Autant les classes moyennes ont constitué la solution de la ville industrielle, autant elles sont devenues le problème dans la ville mondialisée. Il n'est pas de moyen que la ville puisse à nouveau "faire société" qui ne nécessite d'apporter une solution aux classes moyennes, celles qui s'estiment, à juste titre, "les oubliées" de la nouvelle configuration pour la pure et simple raison qu'elles se trouvent en position de la subir."
Les classes créatives, puissantes financièrement, tiennent le pouvoir
économique et se concentrent dans les villes centres, autour de bouillonnements
culturels et technologiques, bénéficiant d'accès à des infrastructures
techniques à haut, voire très haut débit.
Dans son essai "La société hypermoderne" (Editions de l'Aube, 2000), François
Ascher, Professeur d'Urbanisme à l'Université de Paris 8, décrit la société moderne dans l'évolution
urbaine et les liens sociaux dans la cité, plus nombreux, mais moins forts, qui
font naître une société de la connaissance, un capitalisme cognitif sur lequel
les individus pensent peser et ainsi transformer le territoire par les
techniques c'est-à-dire les technologies. Les villes changent car la société et
l'économie cognitive imprègnent notamment via les technologies ("les nouvelles
technologies urbaines"), leurs modes de conception, de production et de gestion
:
"Les conceptions et représentations de la métapole seront inévitablement en phase avec la société hypertexte et avec ses représentations multidimensionnelles du monde. Il ne pourra y avoir de séparation radicale entre les manières dont la société se pense et fonctionne, ses paradigmes, et les manières de concevoir les espaces des villes. Le monde du virtuel pénétrera inévitablement les théories et les pratiques de l'urbanisme et de l'architecture urbaine et donnera naissance à des combinaisons nouvelles. Le virtuel augmentera de différentes manières l'actuel. Demain, l'espace des villes n'intégrera pas les TIC seulement comme des métaphores, mais ressemblera davantage, lui aussi, à un hypertexte dans lequel les citadins se fabriqueront des urbanités variées et changeantes. D'ores et déjà, comme le souligne Antoine Picon, les citadins se déplacent souvent dans les villes tels des joueurs de jeux informatiques, sans consulter des modes d'emploi qui n'existent pas ou sont inutilisables, et se dirigeant par "essais, erreurs et reconnaissance".
Plus les technologies se font sensibles dans la reconstruction d'un territoire
virtuel pouvant paraître pratique, volontairement organisé, sécurisant, voire
utopique, plus elles semblent buter sur la réalité physique
tangible du territoire local réel.
Illustration chiffrée, le blog Neighbourhoods, sur le modèle des parcours de
vie, rappelle aujourd'hui la sphère territoriale de vie des
enfants britanniques, une échelle extrêmement réduite : la notion de pas de
porte (à 60 m du domicile en ligne droite, à 100 m en marchant), le voisinage
(à 260 m de la maison en ligne droite, à 400 m à pied) et le local (à 600 m de
l'habitation en ligne droite et à 1 km en marchant). Soudainement, le
territoire se fait plus humain.
lundi 13 novembre 2006
Colloque "Le Francilien mobile : Téléphone mobile et Cité, nouveaux usages et perspectives"
Par Jean-Luc Raymond le lundi 13 novembre 2006, 15:49 - Evénement
L'Association
des Maires de l'Ile-de-France (AMIF), le Syndicat National des Secrétaires Généraux et Directeurs
Généraux des Collectivités Territoriales, La Gazette des Communes et SFR
organisent le jeudi 7 décembre de 9h à 12h30, à l'Auditorium de l'Hôtel de
Ville de Paris (5 rue de Lobau, Paris 4e), le colloque "Le Francilien
mobile : Téléphone mobile et Cité, nouveaux usages et perspectives" avec deux
tables rondes : "Aujourd'hui, la mobilité au service de la
cité" (expériences à Rennes, Rosny-sous-Bois...) et "Demain, nouvelles
technologies, nouveaux usages mobiles, quelles perspectives, quels besoins ?"
(points de vue économique et réglementaire, régional et de collectivités
territoriales). En ouverture du colloque, Pierre-Michel Attali (Responsable
stratégies territoriales à l'IDATE) dressera un panorama des usages de la téléphonie mobile dans la
Cité en France et à l'étranger avec un zoom sur la Région
Ile-de-France.
Renseignements et inscription obligatoire auprès de l'AMIF. Voir ce lien pour un descriptif complet du programme de la matinée et avoir accès au formulaire d'inscription du colloque.
dimanche 12 novembre 2006
Paris en images, le patrimoine photographique de Paris sur un site Internet
Par Jean-Luc Raymond le dimanche 12 novembre 2006, 11:24
La Ville de Paris en association avec France Télécom vient de
lancer un site Internet expérimental : Paris en Images avec la
célèbre agence photos Roger-Viollet pour favoriser l'accès au patrimoine
photographique de Paris. 15 000 photos sont consultables et également
téléchargeables sur téléphone mobile et assistant personnel (PDA). On y
découvre des oeuvres d'Atget, Brassaï, Gustave Le Gray, Disdéri, Hippolyte
Blancard... La Bibliothèque Historique de la Ville de Paris et le Musée
Carnavalet ont contribué par leurs fonds au site Paris en Images. Le site
Internet patrimonial propose des ballades thématiques en 3D dans un quartier de
la capitale et ainsi de visionner l'évolution de celui-ci.
À cette occasion, la Ville de Paris a confié la numérisation de ses archives
disséminées de daguerréotypes et photos à La Parisienne de
Photographies, une Société d'Économie Mixte (qui intègre désormais
l'agence photographique Roger-Viollet), ayant pour mission de numériser
500 000 supports en 8 ans. Le site Paris en Images permet la consultation des
images en basse résolution et proposera à la vente des reproductions pour les
médias et les éditions permettant de contribuer au financement de la
numérisation et de la préservation des supports.
Sur le site Paris en
Images, un observatoire pédagogique a été mis en place qui présentera
différents travaux. Le premier projet pédagogique a consisté en un travail de
reconduction photographique pour 25 élèves d'une classe de CM1 de l'école
Julien Lacroix dans le 20e arrondissement : reproduction en couleur dans les
mêmes conditions de prise de vue des photos de leur quartier et ses environs
datant du début du siècle. Les élèves ont aussi photographié le même lieu
semaine après semaine afin d'observer les évolutions et changements. Analyser
une photographie, observer son quartier, tels étaient les objectifs de cette
initiative. Les enfants ont utilisé un outil Rich Media développé par France
Télécom : TélénetCité qui a permis de conjuguer différents formats de
contenus (textes, image et vidéo).
Source :
Guillot, Claire (10 novembre 2006). "La Ville de Paris diffuse son patrimoine photographique" (En ligne), Le Monde, Paris, 1 p. (Page consultée le 12 novembre 2006).
jeudi 9 novembre 2006
La vidéo d'opinion amateur et marketing au coeur de la campagne électorale américaine
Par Jean-Luc Raymond le jeudi 9 novembre 2006, 12:05
Les élections de mi-mandat aux États-Unis auront davantage accentué
l'aspect marketing des campagnes électorales locales pour un enjeu national. En
comparaison avec les élections ayant eu lieu aux États-Unis en 2004, le
grand vainqueur technologique de la vague des outils en présence porte un nom :
la vidéo.
Pendant plus de 3 mois, les différents candidats se sont affrontés via vidéos
interposées diffusées sur YouTube. Cela se surajoute aux spots de pub télévisés habituels des
candidats. Mais là où la nouveauté est présente : ce sont des spots de pub
amateurs (toujours diffusés sur des plateformes comme YouTube) issus des
équipes de campagne des candidats et d'amateurs qui traduisent en mots, en
images et en arguments ou simili-preuves des critiques acerbes sur l'adversaire
républicain ou démocrate. Les taux de consultation de ces vidéos sont parfois
impressionnants. Elles ont servi tour à tour de sources d'informations aux
chaînes de télévision locales américaines et ont parfois même été
rediffusées sur les chaînes. À côté de cela, on peut trouver des vidéos de la
campagne vue de l'intérieur : les bénévoles en action, les galas de dons pour
les candidats, les discours au fur et à mesure de la campagne. Partout, la
vidéo est présente, omniprésente, intrusive et force de témoignage.
Face à ce raz-de-marée, les grands networks américains ont changé leur
fusil d'épaule pour une couverture vidéo amateur des résultats électoraux.
Ainsi, ABCNews TV a
donné la parole aux internautes 4 fois par heure durant près de 24 heures via
un module intitulé "Be seen Be heard" où de simples
citoyens ont enregistré des séquences vidéo sur des sujets liés
à la campagne ou à leur candidat favori. Le network a fait largement la
promotion de ce module sur son antenne plusieurs jours avant "la nuit des
résultats". En parallèle, cette chaîne a laissé largement s'exprimer, durant le
programme de couverture des résultats, les étudiants des campus
américains, parfois avec une image de piètre qualité façon "webcam".
Le site Internet média Cyberjournalist.net indique 3 initiatives médias liées aux élections américaines : Video The Vote (faire filmer des opérations de vote dans le pays par des amateurs pour éviter ou signaler des irrégularités), Polling Place Photo Project (photographier son bureau de vote le jour du vote et l'envoyer sur le site Inernet de l'initiative) et Veek the vote 2006 (le jour du vote, des citoyens des vidéos via leur téléphone portable à Veek The Vote qui les rend disponibles et réutilisables sur des sites ou blogs).
Jacques Attali, Une brève histoire de l'avenir
Par Jean-Luc Raymond le jeudi 9 novembre 2006, 09:58
Dans son nouvel ouvrage de prospective, Une brève histoire de l'avenir,
Jacques Attali dessine le futur de l'homme et de la société "hyper". Il prédit
que les progrès techniques vont bouleverser le travail, le loisir, l'éducation,
la santé, les cultures et les systèmes politiques. La seule rareté de notre
monde sera le temps. Dans un point consacré aux technologies, Jacques Attali y
décrit le phénomène d'ubiquité nomade, à l'horizon 2030, chacun étant connecté
dans l'espace et dans le temps. Extrait :
"Avant 2030, chacun, sauf les plus pauvres, sera connecté en tous lieux à tous les réseaux d'information par des infrastructures à haut débit, mobiles (HSPDA, WiBro, WiFi, WiMax) et fixes (fibre optique). Chacun sera ainsi en situation d'ubiquité nomade. Cela a déjà commencé : Google vient de mettre à disposition des habitants de la ville californienne où est situé son siège, Mountain View, et de ceux de San Francisco, un accès gratuit et universel à Internet sans fil à haut débit. En Corée, des villes entières sont maintenant équipées de réseaux de téléphonie mobile HSDPA, dix fois plus performants que la 3G, et d'accès à Internet mobile (WiBro). Ces infrastructures numériques permettront aussi aux collectivités de mieux gérer la sécurité urbaine, les encombrements dans les transports et la prévention des catastrophes.
Cette mise en réseau des membres de la classe créative dispersés en plusieurs lieux favorisera la création en commun à distance, sans avoir à se réunir dans un même "coeur", de logiciels, de services, de produits, de productions. Des langages permettront d'écrire des programmes accessibles au plus grand nombre et de structurer l'information pour donner accès simultanément aux données et au sens."
(...)
"On assistera à l'ultrapersonnalisation des contenus en fonction des besoins et centres d'intérêt de chaque individu : combinaison de textes, fichiers audio et vidéo sélectionnés selon ses centres d'intérêt. Les distinctions entre presse, radio, télévision et "nouveaux médias" seront de moins en moins pertinentes. Les médias devront, pour survivre, accepter cette marche inéluctable vers des médias gratuits, participatifs et ultra-personnalisés.
Les livres deviendront aussi accessibles sur des écrans bon marché et aussi fins que du papier e-paper et e-ink : nouvel objet nomade en forme de rouleau, donnant ainsi une réalité commerciale aux livres électroniques. Ils ne remplaceront pas les livres, mais auront d'autres usages, pour des oeuvres éphémères, sans cesse actualisées, et écrites spécialement pour ces nouveaux supports."
Sur l'ouvrage de Jacques Attali, Une brève histoire de l'avenir, à consulter
: Jacques Attali interviewé par Jean-Pierre Elkabbach sur Europe
1 (25 octobre 2006) et Un entretien avec Christophe Barbier pour l'Express (26 octobre
2006),
Source :
Attali, Jacques (octobre 2006). Une brève histoire de l'avenir, Fayard, Paris, pp.188-192.
mercredi 8 novembre 2006
Définition de la philosophie et du capitalisme, l'ère du numérique par Bernard Stiegler
Par Jean-Luc Raymond le mercredi 8 novembre 2006, 17:37
Dans un remarquable reportage sonore (fichier podcast) de 3 minutes
: "La philosophie, c'est d'abord de la politique", Monsieur
Tympan donne la parole au philosophe Bernard Stiegler qui définit la
philosophie et le capitalisme de notre temps, un capitalisme hyperindustriel,
selon ses termes. Un condensé de la pensée de Bernard Stiegler ainsi mis en
onde est plutôt rare.
Dans son édition du 16 décembre 2005, le quotidien La Croix, sous la plume de
la journaliste Aude Carasco, revenait sur le parcours atypique de Bernard
Stiegler : Stiegler, philosophe de l'ère numérique. Dans ce portrait, le
philosophie s'exprime sur la consommation des outils technologiques
actuels et le temps personnel qui y est consacré chaque jour par
nombre de personnes :
"Comment expliquer cette perte d'identité, cette sensation de n'être rien ni personne ? D'après Bernard Stiegler, nos sociétés de consommation, dans lesquelles le marketing et les industries culturelles prescrivent ce qu'il faut avoir et être, ôteraient aux individus leur "singularité". "Je" s'effacerait ainsi au profit d'un "on" moutonnier.
"L'objet de consommation, le portable, les e-mails… captent notre libido, nos temps disponibles, ce qui nous rend indisponibles pour nos enfants, nos parents, la vie de la cité… Dès lors, il y a une démotivation, un désinvestissement social, qui peut aller jusqu'à un phénomène de destruction. Si bien que lorsqu'il y a passage à l'acte, il n'y a plus de limite. Les gens agissent sans vergogne", explique-t-il.
L'urgence consisterait donc à redonner du sens au "nous". Au collectif. Au vivre ensemble. Entre gens singuliers. "D'accord avec le diagnostic. Mais, qu'allez-vous faire maintenant ?" La sempiternelle question est revenue à l'issue d'une conférence, à Berlin, en avril dernier. Bernard Stiegler a alors décidé, "sur-le-champ", de créer une association (Ars Industrialis)."
mercredi 1 novembre 2006
Jaccède.com, pour une ville accessible
Par Jean-Luc Raymond le mercredi 1 novembre 2006, 13:17
Jaccède.com est un nouveau service utile en ligne s'inscrivant
dans une démarche coopérative. Ce site Internet gratuit collecte et diffuse des
informations sur des lieux accessibles et pour les personnes à mobilité réduite
en France. Après inscription, les personnes peuvent ajouter des lieux
accessibles à la base de données.
L'idée vient de Damien Birambeau, parisien et atteint d'une myopathie de Duchenne et de l'association de création multimédia Créactif dont il est à l'origine, associé à Eddie Baret (graphiste et webmestre) et Julie Carbonnel (qui anime la plateforme). Des bénévoles alimentent la base depuis la création de Jaccède.com et le concept participatif de ce site, militant, mobilisateur et participatif séduit : 238 lieux sont inscrits à ce jour par 144 membres contributeurs. La recherche des lieux accessibles figurant sur Jaccède.com est multicritères : par type de lieu, par code postal ou commune. À noter qu'il existe une version mobile de Jaccède.com.
Ce projet bénéficie du soutien de partenaires publics, privés et associatifs : Association Française contre les Myopathies, Région Ile-de-France, Mairie de Paris...
mercredi 18 octobre 2006
Ile Sans Fil lance le Hub des Artistes Locaux à Montréal, connecter les communautés à leurs artistes
Par Jean-Luc Raymond le mercredi 18 octobre 2006, 01:32
Île Sans Fil (voir site)
est l'initiative d'un groupe communautaire à but non lucratif qui
s'est donné pour mission de fournir un accès à internet sans fil public et
gratuit aux utilisateurs de portables et de PDA à travers la ville de Montréal
au Canada en utilisant des logiciels libres et du Wifi afin de partager des
connexions Internet haut débit. Les personnes dotées d'un outil Wifisé peuvent
se connecter à partir de points d'accès gratuits (cafés, boutiques, organismes
et individus), 105 hotspots répartis sur Montréal. Ce sont plus de 24000
personnes qui utilisent régulièrement les accès d'Île Sans Fil.
Plus que de l'accès Wifi, Île Sans Fil vise à ce que les gens qui utilisent des
connexions Wifi entrent en contact, que de l'information locale soit fournie en
ligne et que le lieu physique "point d'accès Île Sans Fil" puisse
favoriser l'interaction entre les usagers du Wifi. Pour cela, un portail permet
de voir et de communiquer avec les autres personnes connectées dans la même air
d'accès.
Aujourd'hui, Île Sans Fil va plus loin avec le projet HAL (Hub des
Artistes Locaux) : "Connecter les communautés à leurs artistes" (lire le communiqué de Presse) en partenariat avec des médias locaux
(la radio étudiante CHOQ.FM et CUTV, Concordia University Television) qui
associe culture et mobilité, diffusion médiatique interactions sur un
territoire restreint, celui des points d'accès Wifi d'Île Sans Fil :
"Première internationale, HAL encourage les Montréalais à découvrir leurs artistes et producteurs locaux par l'entremise de juke-boxes sans-fil, capables de diffuser du contenu audio et vidéo à haute résolution. Notamment, HAL permet une riche diffusion médiatique, basée sur un concept géographique - un contenu culturel unique est rendu disponible à des endroits spécifiques (...) Il suffit de démarrer le logiciel iTunes (disponible pour Windows et Mac) et de cliquer sur le lien HAL qui apparaîtra au même instant. À ce jour, 12 hotspots d'Île Sans Fil sont munis de la technologie HAL et un treizième sera rendu disponible d'ici la fin du mois de décembre prochain.
Le projet HAL promeut le mandat d'Île Sans Fil, soit l'autonomisation des communautés locales de Montréal, à travers la création et l'implantation d'une technologie basée sur la communauté (...) Tout comme les autres projets d'ISF, l'ensemble de la technologie et des connaissances développées par l'entremise de HAL sera partagé publiquement afin d'encourager son adoption par d'autres communautés."
Sur
cette page, vous trouverez plus d'informations sur HAL : Pourquoi HAL ?
Comment fonctionne HAL ? Où puis-je trouver HAL ? Comment utiliser HAL ? Quel
est le contenu disponible sur HAL ? La liste des partenaires, une Foire Aux
Questions et une carte des HAL déployés.
D'un accès Wifi qui "individualise" la connexion Internet, Île Sans Fil
s'intéresse au collectif et au partage de ressources culturelles sur un
territoire produites par des artistes producteurs médiatiques qui n'ont pas de
place où diffuser leurs contenus ; une initiative technologique qui tient à
favoriser la culture locale.
Source :
Collectif (octobre 2006). Ile Sans Fil (En ligne), Ile Sans Fil, Montréal, Site (Page consultée le 18 octobre 2006)
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