Le samedi
20 janvier, Metropolis, l'émission hebdomadaire d'actualité culturelle de
la Chaîne TV ARTE, a consacré un reportage de présentation sur le monde virtuel
Second Life (à
visionner ici, 5 mn 34 s), un univers persistant qui bénéficie
actuellement d'une couverture médiatique mondiale très porteuse lui assurant
une visibilité étonnante et un engouement certain dans une frénésie de
communication produisant un effet de mode. A la fin du reportage, le
journaliste pointe son propos sur certaines limites de Second Life :
"Linden Lab (la société éditrice de Second Life) s'est assurée par contrat tous les droits de régulation des échanges. Linden Lab ne fixe pas seulement les cours, mais aussi le montant des échanges et le délai pendant lequel on peut changer. Linden Lab est la banque mondiale du monde virtuel de Second Life ce qui fait que la partie pourrait bien finir soudainement. Les résidents du jeu en discutent entre eux. Être connecté à l'économie réelle implique certains risques pour le monde virtuel.
Le professeur Winfred Kaminski (Haute Ecole de Cologne, Institut de Recherche des médias) ajoute : "J'ai l'impression que c'est un peu comme le système des chaînes. Je crains que les derniers arrivants y laissent des plumes. Certains peuvent bien évidemment y tirer profit, mais il faut que quelqu'un paye parce que Second Life vit d'espérances. Bien sûr, les espérances font partie de l'économie, mais elles doivent à un moment ou à un autre être exaucées. J'ai peur que pour certains, le réveil soit douloureux. Si les joueurs participants du monde entier veulent transformer leur Linden Dollars en vrais Dollars, nous aurons ce qu'on appelle un crash et la bulle éclatera"."
Sur son blog, l'artiste et philosophe Gregory Chatonsky évoque aujourd'hui
Second Life sous l'angle critique d'une façon brillante : "La Seconde fois" :
"Si Second Life a un tel succès médiatique, alors qu’il n’est pas très différent d’Alpha World par exemple, c’est sans doute que l’idéologie technologique a repris espoir avec la seconde vague Internet. Il n’est pas ici question d’innovation technologique mais simplement d’un contexte économique qui permet ou non l’articulation des techniques et des matières et donc l’imaginaire (puisqu’il s’agit de cela) de se développer. Les technologies sont dans une relation de dépendance aux discours qui sont eux-mêmes le produit d’une économie qui elle-même est le fruit d’une spéculation langagière (je te fais croire à mes mots et tu me fournis des investissements pour réaliser mon langage et faire advenir la réalité économique que j’ai anticipé).
Le caractère médiatique de SL reprend les vieux arguments des années 80 et 90 sur la réalité virtuelle et réalise fantasmatiquement la promesse du cyberespace de Gibson: caractère fascinant d’une communauté numérique, effroi devant les risques des abîmes numériques, dénonciation de la coupure psychotique entre la vraie réalité et cette réalité de simulacres (www.getafirstlife.com), etc. Autant de concepts qui plongent de lointaines racines dans notre tradition occidentale et dans la dénonciation de la représentation et de l’image.
Le fait que les médias eux-mêmes aient dénoncés le caractère factice de la surmédiatisation se laissant intoxiqués par le service de communication de Second Life (nombre d’habitants surestimés, gain financier imaginaire, etc.) ne doit pas nous cacher que c’est tout un discours déjà entendu qui se redéploye. Second Life est donc un Second Discours, un goût de déjà-vu (Matrix). Les technologies elles-mêmes se recyclent et l’innovation contemporaine n’est plus celle moderne, elle n’est pas un inanticipable, elle est une revenance."
Manuel Da Rocha
(
Le Salon
Pour
réfléchir, deux articles à lire dans le magazine Sciences Humaines de
février : "
Comment
cartographier l'information ? Comment l'explorer ? Les typologies sont diffuses
et avec Internet, on a parfois l'impression que le concept d'information se
cherche à nouveau.
La
rubrique tendance, c'est un mot, une expression, un lieu, une
chose comme reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans
l'avenir, porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le
prononce, dans son champ énonciatif et contextuel. Mot, expression à suivre,
objet utile ou inutile, lieu en devenir...
Muhammad
Yunus, Prix Nobel de la Paix 2006, économiste, surnommé le banquier des
pauvres, est fondateur de la
Vous travaillez
avec une barre d'outils qui vous sied et plutôt celle associée à votre moteur
de recherche de prédilection. Il devient vite difficile de s'y retrouver dans
la fenêtre de son navigateur si l'on multiplie les barres d'outils par effet de
superposition. Risque de s'y perdre et de ne plus indiquer sa requête
dans le champ adéquat sans compter sur le fait que l'on réduit inévitablement
la fenêtre d'affichage des pages Internet.
La rubrique
tendance, c'est un mot, une expression, un lieu, une chose comme
reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans l'avenir,
porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le prononce, dans
son champ énonciatif et contextuel. Mot, expression à suivre, objet utile ou
inutile, lieu en devenir...
En
Espagne, sur leurs blogs, des acteurs de terrain des collectivités
territoriales discutent autour d'idées, de suggestions et de conseils
formalisés pour une démarche participative citoyenne en ligne des internautes.
Ces articles qui se répondent les uns les autres, se complètent montrent des
champs des possibles et traduisent avec des mots des recommandations pour une
expression des citoyens sur Internet sur leurs préoccupations locales et dans
un mode d'interaction avec les collectivités locales.