Jean-Luc Raymond

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lundi 1 janvier 2007

Prédictions 2007 technologiques à foison

Les prédictions 2007 en matière d'utilisation des technologies, de leur appropriation ne cessent de résonner aux quatre coins de l'Internet. Une petite revue de circonstance de quelques visions futorologiques ou prospectivistes pour la nouvelle année.


Quelques tendances fortes se dégagent autour de ces discours ambiants : un développement de services mobiles, des modes de distribution de logiciels évoluant vers le "en ligne", une croissance importante du secteur de la sécurité Internet et de l'identité numérique, la forte pénétration d'échanges de vidéos via des plateformes et l'apparition de nouveaux systèmes de peer to peer générant de véritables micro-chaînes TV thématiques par syndication/agrégation de contenus.


Médéric Morel de SQLI pense que se dessine une informatique-on-demand et ajoute que "les produits Open-Source continueront leur progression, mettant encore davantage la pression sur les éditeurs de logiciels. Leur utilisation en environnements critiques va se banaliser."


Guillaume Frat prédit l'avènement de la mobilité : "Les services mobiles explosent, le "m-Commerce" et la "m-Publicité" montent en flèche".


Anne-Claire Orban fait des prédictions axées sur les jeunes et les nouvelles technologies ; en première première position du Top 5 : ""Sur le Young Web : l'important est d'exister", pas de produire, ou de créer. Une diffusion des contenus des autres, une réappropriation personnelle de textes, vidéos et musiques hébergées par ailleurs. La blogosphère jeune est peu créative. Blogs "larsen" de DailyMotion et YouTube."


Lapnet traduit les 10 prédictions de l'Institut Gartner concernant l'Internet dans les organisations dans cet article avec ce point fort à relever : "Windows Vista sera la dernière publication majeure de Microsoft. La prochaine génération de systèmes d'exploitation se présentera sous la forme de modules et les mises à jour se feront de façon régulière. L'ère de la publication de logiciels monolithes tire vers sa fin. Microsoft fera partie de ce mouvement et les mises à jours de Windows seront plus flexibles et une emphase nouvelle sur la qualité globale du produit sera de mise."


Le journaliste Francis Pisani reprend les prévisions 2007 de Mark Anderson parmi lesquelles "le paiement par téléphones mobiles (qui) devient possible aux États-Unis (les opérateurs ont formé un consortium pour encourager cet usage) ; (la) généralisation des pratiques d'identification personnelles (empreintes digitales sur les ordinateurs et autres reconnaissances biométriques sur un nombre croissant d'appareils)."


Les 30 prédictions 2007 de Fimoculous pour 2007 sont à consulter : médias, technologie et personnalités se côtoient dans cet exercice de futurologie.


Toujours en anglais et plus sérieux, le Top 10 Predictions for Worldwide System Infrastructure Software, 2007 avec ce point très intéressant : "Software appliances will become a household word in 2007. The convergence of virtual machine technology and a new initiative by several tool vendors is giving birth to this new form of software packaging".


Le consultant américain Steve Rubel rêve de découvrir de nouvelles voix dans le monde des blogs.


Robin Good publie ses prédictions 2007 dans le domaine des médias en terme de tendances et d'opportunités en 15 points clés. Les outils ou plateformes évoqués existent déjà pour la plupart mais vont s'amplifier notamment l'agrégation de contenu, le partage vidéo et une plus large reconnaissance par le grand public des moteurs de recherche visuels comme Kartoo ou Grokker.


Dan Gillmor, spécialiste des médias internet, produit une série de prédictions pour les médias en 2007 sous la forme d'un Questionnaire à Choix Multiple. Il pense notamment que Google pourrait lancer un show vidéo en ligne en sélectionnant des vidéos sur YouTube sur la base de leurs audiences et de leurs auteurs afin de mettre à disposition ce programme pour des Chaînes TV indépendantes.

samedi 30 décembre 2006

Rapport et guide sur la participation citoyenne sur Internet du British Council

Le blog collectif espagnol Administraciones en Red a fait état le 26 décembre dernier dans un article intitulé "Typologie d'outils pour la eparticipation" d'un guide passionnant publié en juin 2006 par l'antenne berlinoise du British Council sur la participation en ligne : "Facilitating active citizenship : E-participation in the United Kingdom and Germany. A status report with examples from both countries" (84 pages, téléchargeable ici en .pdf). Ce qui marque dans cette publication, c'est l'absence des poncifs traditionnels de la participation citoyenne sur Internet qui peuvent être débattus sans fin.


Le rapport "Facilitating active citizenship : E-participation in the United Kingdom and Germany" présente une brève contextualisation du sujet avant de s'attarder sur la méthodologie de recherche employée pour façonner cette étude. Suit une typologie exhaustive de formats (et non d'outils) facilitant la prise de parole sur le Web pour le citoyen lambda (avec à chaque fois des exemples). Alors, les auteurs décrivent des projets très concrets en Grande-Bretagne et en Allemagne de participation citoyenne sur le Web que ceux-ci soient à l'initiative d'administrations centrales, de collectivités territoriales, d'associations, d'établissements scolaires ou d'universités. Pour chaque projet, sont indiqués les coordonnées de la structure responsable.


En visant la simplicité et la praticité, ce rapport s'impose comme un véritable vademecum de la e-participation à compléter par des discussions à l'issue de sa lecture qui ont inspiré une liste de 20 questions/lignes de travail autour de la participation sur Internet et une énumération d'avantages et d'inconvénients liés à la participation citoyenne sur Internet (sous deux points de vue : celui de l'organisation qui souhaite cette participation active et celui de l'internaute "usager" qui est invité à participer).


Rien n'est figé dans la e-participation et le virtuel ne remplace pas et ne substitue pas au réel. La clé de cette "eparticipation" repose sur de la formation à l'appropriation non pas seulement à des outils mais aux enjeux qui se dessinent pour les communes, les associations et les citoyens localement. L'animation de réseau est aussi essentielle. Rien ne se construit à distance sans favoiser les rencontres des acteurs locaux et en envisageant de développer des synergies locales de participations citoyennes en ligne autour de projets communs.
Au Royaume-Uni, la participation en ligne est souvent abordée par l'angle du voisinage ("neigbourhood") car ce qui est local et microlocal est immédiatement perceptible par le citoyen et son faisceau relationnel comme facteur du changement du quotidien. Cette approche est appropriée à des projets concrets et utiles où Internet est une des composantes à côté des comités de quartiers, des centres sociaux, des services publics de proximité, de mobilisations citoyennes locales...


Voilà qui devrait intéresser la Région Nord-Pas-de-Calais engagée dans une démarche de financement de la participation citoyenne sur Internet auprès des collectivités locales :


"Le Conseil Régional Nord – Pas de Calais met en œuvre un axe de sa stratégie TIC dédié à l'emploi des TIC au service de la démocratie locale et de la participation citoyenne. Cet axe vise principalement à accompagner l'émergence des projets portés par les collectivités locales : de l'animation pour faire connaître cet usage et faire naître les idées ; de l'accompagnement pour aider les collectivités à formaliser leurs idées en projets ; un soutien pour la réalisation de quelques projets ou initiatives exemplaires pouvant être aisément reproduites dans d'autres collectivités."


Ce programme de participation citoyenne en ligne peut être suivi sur le blog Au fil de Dream+ animé par Alexandre Desrousseaux.

vendredi 29 décembre 2006

ARTE, Thema futur, nouveau rendez-vous pour une exploration des enjeux de l'avenir

La chaîne de télévision ARTE lance à partir de janvier, les soirées Thema Futur, chaque dernier mardi du mois à 20H40, pour une prise de conscience collective des ebjeux des années à venir. Au programme : Sciences, technologies, santé, énergie, démographie, environnement…

"Dans tous ces domaines, les prochaines décennies verront se produire des bouleversements sans précédent. Quelles conséquences ces évolutions auront-elles sur nos vies ? À quoi ressemblera le monde d'ici 2030? Le dernier mardi du mois, "Thema Futur" enquête sur les grands défis de la planète et invite le téléspectateur à imaginer le monde de demain, à comprendre et à préparer l'avenir."

Prochains rendez-vous :

Le mardi 30 janvier à 20h40 : 2026 - La révolution bioéthique

Septembre 2026. Un colis piégé est déposé devant le portail d’une clinique spécialisée dans les soins par cellules souches. Qui cherche à nuire à l'établissement ? La journaliste Ella Vilaine tente d'en savoir plus. Son enquête la fait remonter jusqu'en 2006, une époque charnière.

Le mardi 27 février à 20h40 : 2026 - L'homme immortel

2026. La concurrence bat son plein entre scientifiques et industriels pour remplacer les techniques traditionnelles de transplantation d’organes afin de prolonger la vie humaine. Plusieurs techniques sont disponibles : pose d'organes artificiels, implantation de nanomoteurs et de cellules souches...

Le mardi 27 mars à 20h40 : 2030 - Le big-bang démographique

En 1900, il y avait un milliard d'habitants sur la planète; d'ici à 2030, nous serons plus de 8 milliards! Cette évolution va provoquer une redistribution radicale des cartes géopolitiques, économiques, culturelles et écologiques. "ARTE Futur" envisage les scénarios à venir avec de nombreux reportages et les interventions des meilleurs spécialistes internationaux.

Lache tes coms, la sociabilité numérique des adolescents via les blogs, Dominique Cardon et Hélène Delaunay-Teterel

Le dernier numéro de la revue scientifique Réseaux (Volume 24, n°138, 2006, chez Hermès/Lavoisier) porte le titre "Les blogs" avec un dossier complet sur ce type de publications. Le sommaire, la présentation du dossier et les résumés des articles sont téléchargeables à cette adresse.


Les articles présentés : "Le blogueur à l'épreuve de son blog" par Mathieu Paldacci ; "La sociabilité juvénile instrumentée. L'appropriation des blogs dans un groupe de collégiens" par Cédric Fluckiger ; "Etats-Unis : les weblogs d'actualité ravivent la question de l'identité journalistique" par Florence Le Cam ; "La blogosphère, un cinquième pouvoir ? Critique du journalisme et reconfiguration de l'espace public au Portugal" par Marcia Rogerio Grilo et Nicolas Pélissier ; "Wikipédia, un dispositif médiatique de publics participants" par Julien Levrel ; "L'histoire de la "dog poop girl" revisitée. Usages et mésusages d'un médium hétérotopique" par Samuel Bordreuil.


Dans le premier article "La production de soi comme technique relationnelle. Un essai de typologie des blogs par leurs publics" de Dominique Cardon et Hélène Delaunay-Teterel, on s'attache notamment à évoquer le rôle de ce type de publication en ligne chez les jeunes et des dominantes de pratiques chez les adolescents dans la partie ""Lâchez vos coms!", la sociabilité digitale des adolescents" :

"Le réseau social "gigogne" des adolescents se caractérise par le volume, la faible spécialisation, l'intensité et la variété des liens mêlant amis très proches et simples connaissances, amis d'enfance et connaissances lycéennes, liens forts et liens faibles. Or le blog offre des ressources particulièrement adaptées à la gestion de ces variations d'intensité au sein d'un réseau amical large.

En premier lieu, à la différence du régime de communication des intériorités, le public destinataire du blog est clairement adressé par l'énonciateur. (...)

La constitution du public répond alors à une logique de bande coalisée en amont de la réalisation du blog. En avançant en âge, les jeunes blogueurs écartent progressivement leur famille de leurs blogs pour le réserver à la seule conversation avec les copines et copains. Le blog s'insère, à côté de l'IM et du téléphone portable, parmi les technologies conversationnelles permettant de maintenir un contact continu avec eux. Alors que le téléphone portable est utilisé pour la coordination et l'IM pour des échanges interpersonnels quasi-synchrones en présence intermittente, le blog vient davantage enregistrer les moments forts de la vie collective des adolescents. On y affiche ses goûts, ses emblèmes culturels et le ressenti des auteurs. De sorte que les usages entrelacés du portable, de l'IM et des blogs permettent aux adolescents de confier à ces derniers la mémoire vivante du collectif. En s'inscrivant dans la gamme des technologies de la conversation juvénile, la possession du blog apparaît aussi comme une quasi-obligation pour ne pas être exclu du groupe de pairs. Et cette pression sociale s'exerce encore sur la vie du blog qu'il faut constamment nourrir et commenter. Le public réclame des mises à jour, des nouveautés pour que la conversation dans les commentaires soit dense et régulière. La quête des commentaires constitue alors un défi central pour les jeunes blogueurs, qui demandent inlassablement aux autres sur leur post : Lâchez vos coms!. La réputation des personnes et de leurs blogs se mesure en effet par l'importance du nombre de commentaires reçus et, pour certains skyblogueurs, celle-ci fait l'objet d'une véritable compétition.

En second lieu, la gestion du public s'exerce aussi par l'affichage des goûts et des pratiques culturelles de l'énonciateur. L'affirmation de ses préférences culturelles joue en effet un rôle décisif à la fois comme instrument de conquête d'une réputation auprès des liens faibles et de singularisation auprès des liens forts. Cette affirmation identitaire passe par un processus de stylisation des goûts "qui tend à radicaliser les appartenances culturelles en public". A travers l'énorme production de collages de photos de stars, de paroles de chanson, d'images de films ou de clips vidéo, les blogueurs produisent un travail de stylisation afin d'articuler une image d'eux-mêmes mettant en cohérence, selon des codes complexes, goûts musicaux, pratiques sportives, tenue vestimentaire et rapport aux différents sous-genres cinématographique ou littéraire. Ce travail de stylisation collective à partir des productions culturelles de masse est indispensable aux logiques d'affiliation qui se constituent dans la formation des sociabilités au collège et au lycée. Cependant, les productions de contenus culturels sur les blogs permettent aussi un travail d'individuation de la relation que chacun entretient avec le style collectif que s'est donné le réseau d'amis."

jeudi 28 décembre 2006

Recherche d'emploi via RSS, l'euphorie de l'e-administration qui retombe en France, nous et les Mass media... (brèves citoyennes de clavier)

Très intéressant et novateur, un article qui porte à l'action par Martin Jacques sur son blog Brouehaha : "Pour une recherche d'emploi à l'aide de RSS" avec une amorce de méthodologie : "En bref, création d'un courriel Gmail pour s'incrire aux sites d'offres d'emplois. Création de requêtes RSS pour les autres sites. Transfert des courriels de Gmail dans le lecteur de fils RSS et donc un seul endroit pour consulter toutes les offres, le lecteur de fils RSS."


L'euphorie autour de l'e-administration est-elle en train de retomber en France ? Comme le souligne Christian Bensi dans son article "Les Français et l'administration électronique en 2006" : "Les raisons qui freinent l'usage d'Internet pour effectuer des démarches administratives y sont abordées. L'absence de contact direct avec une personne, premier handicap traditionnellement cité, ne concerne plus que 18 % des internautes mais reste en tête. Les internautes sont moins anxieux face aux risques de piratage mais cela reste un frein pour 17 % des personnes interrogées. 16 % citent le manque de connaissance relative aux démarches qu’il est possible d’effectuer par le biais des sites d'e-administration. Les risques d’erreur sont cités par 14 % des internautes. La présentation des démarches au sein des sites est qualifiée de peu claire par 6 % des personnes interrogées."


Web 2.0 : Dossier "Médias/ Mondial: L'avenir du Web 2.0" chez EuroTopics en date du 27 décembre 2006 avec revue de Presse de différents journaux en Europe sur cette thématique ; FauxPhoto est une application en ligne de retouches d'images ; MailEmotion pour envoyer un email vidéo simplement en utilisant, par exemple, une webcam.


Didactique : "10 recommandations pour se protéger d'une attaque pirate sur Internet" (relayées par Didier Rossignol Francini d'AOL), différentes options pour faire soi-même son propre calendrier 2007 (par José Luis Orihuela) ; Imagination At Work permet de dessiner en ligne (seul ou à plusieurs), de sauvegarder son dessin et de l'envoyer à une personne ; la Ville de Brest avec l'Espace Culture Multimédia du Fourneau organise 2 sessions d'initiation "Captation et traitement du son" (en janvier et en février) : "s'adressant aux animateurs multimédia et une autre pour les publics "moins à l'aise" d'une journée".


Un bureau virtuel avec Backpack. Explication de Lyonel Kaufmann : "Est-il un rassembleur d'idées ? un bloc-note ? un sac à dos numérique ? un éditeur de sites web ? En tout cas, il offre une forme d'application vraiment nouvelle par ses petites spécificités. Il a été conçu pour vous aider à gérer votre quotidien et vous propose des fonctionnalités collaboratives permettant à plusieurs personnes de travailler sur le même document pour autant que le créateur de celui-ci vous y invite et autorise".


Le Cyberespace de l'Agora (Association Emmaüs, 32 rue des Bourdonnais) organise une journée portes ouvertes le mercredi 17 janvier 2007 de 9h30 à 17h. Bénévoles et usagers seront sur place pour répondre à vos questions sur cet Espace Public Numérique situé dans le plus important centre d'accueil de jour de SDF à Paris.


Economique : La Poste recompose son offre car elle souffre et profite tout à la fois d'Internet (L'Expansion, 21 décembre 2006) ; Rueducommerce.com innove en proposant d'ajouter des séquences vidéo aux petites annonces gratuites diffusées sur son site (via Génération-NT).


Pour réfléchir : "Mass media vs nous les médias", article de François-Bernard Huyghe sur la cohabitation des "vieux" mass media fonctionnant suivant une logique industrielle (un vers tous, contenu standardisé...) avec les médias numériques à la portée de chacun ; à relire "La Société du Spectacle" de Guy Debord

mercredi 27 décembre 2006

Autorité informationnelle (tendance 033)

Nouvelle rubrique : tendance. Un mot, une expression, un lieu, une chose comme reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans l'avenir, porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le prononce, dans son champ énonciatif et contextuel. Mot, expression à suivre, objet utile ou inutile, lieu en devenir...


L'autorité informationnelle est un concept de l'univers documentaire du Web. Dans un article scientifique intitulé "Construction de l'autorité informationnelle sur le web" (11 pages, à télécharger ici en .pdf), la chercheuse Evelyne Broudoux examine ce concept au regard de plusieurs contextes de médiation d'un document numérique (sphère privée, sphère collective et sphère publique) avec des critères :

"l'autorité énonciative personnelle s'appuyant sur l'auteur et sa notoriété, l'autorité de groupe ou institutionnelle triant et établissant les conditions de la confiance en la fiabilité des informations, l'autorité du contenu concernant le document lui-même, son genre et sa qualité, et enfin l'autorité du support qui fixe les frontières matérielles du document."


La notion d'autorité informationnelle est l'un des repères majeurs de notre temps pour mieux situer notre rapport  à l'information, au savoir, à la transmission du savoir, voire à la notion de compétences. L'autorité informationnelle change dans le contexte numérique : "Le changement de support dû au passage au numérique remet en question les "autorités" sur lesquelles étaient basées l'attribution de confiance, la vérification et la légitimation de l'information."


Dans ces travaux de septembre 2004 à juin 2005 , l'atelier-auteur du groupe de travail de recherche RTP-DOC, Programme Société de l'Information (CNRS) délivre une acception de l'autorité informationnelle dans un document de 98 pages (téléchargeable ici en .pdf) : "Documents et contenu : création, indexation, navigation"  :

"Autorité informationnelle (proposition de définition)
- Enonciative (personnelle)
- Institutionnelle (éditeur vérifie la fiabilité des informations)
- Documentaire (type et qualité du document)
- Enoncé (contenu du document)".

mardi 26 décembre 2006

Gilles Brougère, le jouet comme interaction avec les médias

Gilles Brougère, universitaire, professeur de sciences de l'éducation à l'Université de Paris 13 et spécialiste du jeu, auteur du livre "Jouets et compagnie" (Stock, 2003) s'exprime sur la symbolique et le rôle des jouets dans notre société dans un entretien pour le magazine Epok (distribué en Fnac) : "Des jouets à prendre très au sérieux" (n°60, semaine du 15 au 21 décembre 2006). Il répond aussi aux questions de la journaliste Fabienne Jacob sur les jouets au regard des technologies.

"Le jouet a considérablement évolué avec sa médiatisation. Avec les nouvelles technologies aussi. Quels sont les enjeux de cette évolution qui, à bien des égards, ressemble à une révolution ?

Outre l'importance du jeu vidéo, des nouvelles technologies et de l'électronisation des jouets (qui ressemble encore trop souvent à une gadgétisation), le plus notable est à mon sens l'accélération d'un mouvement qui s'est développé il y a 20 ans. Le jouet est au centre de la circulation entre différents supports. Il est pris dans une relation complexe avec les autres médias. C'est ce qu'on appelle les "licences", les mises en relation avec des jeux, des séries télévisées, des dessins animés, des livres... Les jouets prennent naissance dans des films, des séries télé. C'est aussi l'inverse. Tout un système s'instaure et modifie la culture populaire enfantine et, au-delà, la place même de l'enfant dans la société. Une nouvelle norme s'impose. Du fait de cette interaction avec les médias, le jouet n'est plus un objet isolé. Il est accompagné d'une histoire, même potentielle. Ce phénomène n'est pas apparu brutalement.
Auparavant, on produisait déjà des jouets qui s'inspiraient de bandes dessinées, par exemple. Le jouet est de plus en plus narratif et, inversement, les séries télé sont de plus en plus liées au jeu. Les créateurs de séries télé imitent plus ou moins consciemment les "scripts des jeux pour enfants.

On a beaucoup accusé les jeux vidéo sinon de rendre les enfants un peu "autistes", du moins de les enfermer dans un individualisme forcené...

L'argument de la solitude est de plus en plus obsolète. Le jeu vidéo se développe sur une logique collective potentielle puisque l'on peut jouer à plusieurs sur une console. Même sur Internet, on joue en équipe."

dimanche 17 décembre 2006

You (tendance 024)

Nouvelle rubrique : tendance. Un mot, une expression, un lieu, une chose comme reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans l'avenir, porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le prononce, dans son champ énonciatif et contextuel. Mot, expression à suivre, objet utile ou inutile, lieu en devenir...


L'hebdomadaire américain Time a choisi sa personnalité de l'année 2006 (TIME's Person of the Year for 2006) : "You" ("vous, toi"). Avec ce sous-titre en illustration de sa une : "Yes, you. You control the Information Age. Welcome to your world." ("Oui, vous. Vous contrôlez l'âge de l'information. Bienvenu dans votre monde").


Placer ainsi le "vous" comme une tendance idéalisée de notre monde, c'est consacrer l'individu comme acteur de la société de la connaissance ; un homme qui réagit aux évènements de ce monde sur Internet, qui écrit sur la base de connaissances Wikipédia, qui met en ligne ses vidéos sur YouTube ou possède "son" MySpace où il a des amis. Tout ceci a été rendu possible grace au World Wide Web et à ces petites contributions de millions de personnes. C'est le discours de Time.


Dans un lyrisme et un enthousiasme sans mesure, l'éditorial de Lev Grossman dresse un hymne au Web 2.0, une expérimentation qu'il qualifie "de citoyen à citoyen", d'individu à individu :

"But that's what makes all this interesting. Web 2.0 is a massive social experiment, and like any experiment worth trying, it could fail. There's no road map for how an organism that's not a bacterium lives and works together on this planet in numbers in excess of 6 billion. But 2006 gave us some ideas. This is an opportunity to build a new kind of international understanding, not politician to politician, great man to great man, but citizen to citizen, person to person. It's a chance for people to look at a computer screen and really, genuinely wonder who's out there looking back at them. Go on. Tell us you're not just a little bit curious."


Time fait le portrait de 15 individus qui correspondent à l'expression "Power the people" et Richard Stengel explique ce choix de la personnalité de l'année 2006.

Pascale Weil, la fracture générationnelle entre les baby-boomers et les 25-35 ans

Dans Le Monde du 2 décembre 2006, Pascale Weil, sociologue et associée à Publicis Consultants (auteur de "Tels pères... Quels fils ? aux Editions Eyrolles, avril 2006) définit la campagne présidentielle de 2007 comme un "match générationnel" ou "une fracture générationnelle" entre les baby-boomers et leurs enfants. Plus largement, elle montre le regard au monde et l'attitude de rapport aux médias bien différentes de ces deux générations qui trouvent également un écho dans l'utilisation des technologies :

"Les uns ont connu une éducation dure mais une vie douce. Les autres, une éducation douce mais une vie plus dure. Les premiers, le plein-emploi et la libération sexuelle, les seconds, la précarité et le sida. Ces deux générations ne regardent pas le monde du même prisme : les baby-boomers, élevés dans une société de croissance, hiérarchique, respectueuse des autorités, ont connu le modèle vertical et androcentrique qu'ils ont destitué, mais qui les a structurés.

Leurs enfants, dans un modèle inverse, horizontal, de parité et d'autonomisaton au foyer, se méfient de toute élite, mais manquent de repères. Leur modèle est, à l'image du Net, celui de l'instant et de la vitesse ADSL, de la décentralisation et de l'accès direct : sans corps intermédiaires. (...)

Aussi, comment donner confiance aux baby-boomers, pour qui la vérité suppose la médiation des experts, des journalistes et aux 25-35 ans, pour qui elle naît de la confrontation directe des points de vue, sans "filtre" ? Par le JT, la presse ou les blogs ? Par la culture écrite et son articulation linéaire ou la culture multimédia et ses incrustations synchroniques ?"

lundi 11 décembre 2006

La mort du disque

Dans l'une de ses chroniques hebdomadaires pour l'Express : "La musique du monde" (13 avril 2006), Jacques Attali explique en quelques phrases le bouleversement du rapport du consommateur à la musique. Plus encore, il affirme un rôle pivot de la musique : "Or, comme la musique, de tout temps, annonce les changements sociaux, nous entrons dans une toute nouvelle économie, où la seule chose qui restera vraiment rare sera le temps."


Plusieurs blogs d'experts ou de veille sont consacrés aux transformations de valeurs symboliques de la musique en tant que marchandise et notamment à la dématérialisation des supports, à la distribution de pair à pair ("peer to peer") ou à un nouveau rapport économique au bien "musique" : celui d'Alban MartinMyMusic de Sylvie Krstulovic, The Music Crash et Marketing et Droit de la musique dans l'environnement numérique sans oublier Les catalyseurs numériques.


La dernière édition du journal des Allumés du Jazz (n°17, 4e trimestre 2006, à télécharger ici en .pdf), groupement de labels indépendants de ce genre musical, consacre un numéro spécial au titre fort "La mort du disque" ; extrait de l'édito au vitriol de Jean Rochard :

"Téléchââââââââârrrrrrrrrrrrgez !

À deux pas de chez moi, trois librairies viennent d’ouvrir, j’ai trouvé ça joyeux. Toujours pas de disquaire. Pourtant le livre fait 3% de ses ventes par Internet (plus que le disque). Le livre en ligne est en échec. L’objet livre est considéré par ceux-là mêmes qui le façonnent et le vendent (ils ont su faire imposer le prix unique du livre par exemple), ce qui n’est pas le cas de leurs homologues du disque qui ne subsistent que de « Vive la mort ! ». Floués, bluesés, on se demande comment cette industrie proclame aussi facilement le décès de son « protégé », celui sur lequel elle a vécu si longtemps en lui infligeant bien des mauvais traitements. Quelle contradiction dans un monde où la médecine a fait de tels progrès pour maintenir en vie les êtres aux situations physiques les plus précaires ! Quelle contradiction lorsque la défense du bon produit semble être le souhait du citoyen !

(...) Que souhaitons-nous pour la musique, qu’elle soit sur scène ou enregistrée ? La voulons-nous en forme de crottes d’oreilles, activatrices d’une mémoire sélective et atrophiée ? La désirons-nous en simple complément de l’avis général que l’on croit sien (tout le monde a un avis sur tout sans avoir préalablement vu ou entendu – l’écoute n’est là que pour confirmer ce qui se dit que l’on fait sien – sans plus de distinction entre ce que nous sommes et l’espace médiatique). Ou la souhaitons-nous de retour parmi nous ? Car la « mort du disque » annoncée cache en réalité un autre règlement de comptes, celui qui verra la mort de la musique ou, pour être plus précis, sa mise sous anesthésie totale. C’est bien plus grave qu’une sorte d’ingratitude qui consisterait à jeter la carcasse lorsqu’il n’y a plus de gras. Il y a un mouvement qui va dans le sens de la fin de l’expression (Fermez-la et consommez - avec un peu de fond sonore)."

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