Jean-Luc Raymond

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

lundi 10 novembre 2008

Bernard Stiegler : éducation critique et économie de la contribution

Dans le nouveau numéro du mensuel papier Technikart, au sein d'un dossier consacré à une firme de téléphonie mobile bien connue et à sa nouvelle offre télévisuelle, il est donné la parole au philosophe Bernard Stiegler qui s'exprime sur les médias délinéarisés (on regarde le programme que l'on veut quand on veut) et sur cette nouvelle offre de télévision. Des propos intéressants d'analyse critique des médias :

"La délinéarisation (en télévision mobile) peut être une chance. Elle permet d'envisager un film comme un espace et non plus comme un temps. La délinéarisation rend possible le retour de la critique. Mais toutes ces techniques sont des pharmaka, c'est-à-dire des drogues qui peuvent servir aussi bien à soigner les gens qu'à les empoisonner (...)

Il faudrait développer, via un plan à long terme, des médias de masse qui soient au service de l'intelligence. Cela permettrait de passer de la société de consommation à une économie de la contribution. Dans ce cadre, la participation de chacun conduirait à élever le niveau individuel et global de sérénité. Ce serait une vraie écologie de la conscience. Au lieu de ça, on nous vend de la pseudo interactivité qui s'appuie sur l'exploitation des pulsions, un peu comme le fait le jeu vidéo."

lundi 8 octobre 2007

Révolution 2.0 : Musique, Jeux, Politique, Information, Rencontres ; hors-série de Courrier International

Le magazine Courrier International vient de publier un hors-série passionnant entièrement consacré à l’impact des nouvelles technologies dans notre société (octobre-novembre-décembre 2007 ; 7 euros). Intitulé « Révolution 2.0 : Musique, Jeux, Politique, Information, Rencontres », ce numéro de Courrier International est judicieusement sous-titré « Comment le Net va (encore) changer votre vie ».

Au sommaire, le principe récurrent qui a érigé ce magazine en référence : des articles de la Presse internationale traduits en Français, certains ont déjà figuré dans des éditions antérieures de Courrier International, d’autres sont inédits dans leur version dans la langue de Molière.

En introduction, une superbe iconographie met en avant six cybercitoyens avec le mot « Respect » en exergue. Ils ont joué pour certains joué un rôle fondateur dans l’informatique de ces 20 dernières années, pour d’autres, ils tendent à être les personnages phare de l’Internet d’aujourd’hui : Tim Berners-Lee (celui qui a créé le World Wide Web en 1989), Richard Stallman (« le logiciel libre, c’est la liberté »), Linus Torvalds (l’homme du noyau Linux), Jimmy Wales (cofondateur de la base de connaissances Wikipedia), Chris DeWolfe (un deux créateurs de MySpace) et Marc Zuckerberg (il a lancé Facebook, la plateforme qui compte 40 millions d’utilisateurs).

Courrier International décline ensuite 5 thématiques clé de l’Internet en 2007 :

  • Libérez-vous : Historique du Web 2.0, l’avènement de la culture libre, les intermédiaires remis en cause, le jeu de la célébrité en ligne, gratuit et copyright font bon ménage, la productivité réinventée du travail,
  • Partagez : Une analyse du phénomène Wikipédia, la montée en puissance de Facebook, la radiodiffusion revue et corrigée avec le podcasting, le nouveau règne de la cartographie en ligne, l’artiste amateur qui gagne à être connu sur Internet, la remise en cause de l’expert,
  • Militez : La citoyenneté en ligne et son impact sur les campagnes électorales, la liberté d’expression via le Net, le pouvoir des blogueurs d’opinion, les actions collectives des internautes,
  • Informez-vous : L’impact des blogs et des blogueurs dans les médias, la fiabilité de l’information à l’épreuve de l’opinion, la photographie amateur imprègne nos perceptions de la réalité, le statut du journaliste largement égratigné, la mobilité accélératrice de la diffusion de l’information, la vidéo et la télévision favorisant les formats courts,
  • Jouez : Plongée dans les univers virtuels Second Life et Cyworld, leurs dangers et l’économie de ces mondes, les jeux interactifs, les sitcoms interagissent avec les internautes (webcoms).

Pour chaque article, une webographie est fournie et des ouvrages faisant autorité sur les sujets évoqués sont présentés tout au cours de ce numéro hors-série. Cartes, graphiques et cartoons viennent complémenter les papiers. « Révolution 2.0 » est un guide de référence pour naviguer dans les méandres du nouveau Web de par la qualité des articles sélectionnés et la pluralité des points de vue proposés.

mardi 13 février 2007

Barbara Cassin, Google-moi, La deuxième mission de l'Amérique

Barbara Cassin est philosophe et philologue, directrice de recherche au CNRS et codirectrice de la collection "l'Ordre philosophique" aux éditions du Seuil. Elle vient de publier "Google-moi. La deuxième mission de l'Amérique" chez Albin Michel et dans l'hebdomadaire Le Nouvel Observateur du 8 février 2007 (n°2205), elle décrit sa vision de Google, le moteur de recherche américain, qui ambitionne d' "organiser toute l'information du monde". Extrait de cette interview signée Gilles Anquetil et intitulée "Le nouveau monde version Google" :

"Je refuse de dire (que Google est), comme il le prétend, le «champion de la démocratie culturelle». Ou alors il faut revoir à la baisse et la démocratie et la culture. Ce qu'il appelle lui-même la «démocratie des clics» (en gros, «un clic, un vote» pour une publicité, et «un lien, un vote» pour un résultat), ça n'a rien à voir avec de la démocratie. Pour une raison simple : il n'y a aucune dimension politique là-dedans. Cliquer n'est pas voter, avec des clics, on ne construit pas de monde(s) commun(s). Pour la culture, c'est pareil : de l'information, même fiable, ce n'est pas de la culture, c'est à peine de l'information digne de ce nom - structurée. Il manque ce que Hannah Arendt appelle la dimension de l'oeuvre. Elle pense d'ailleurs que les deux se rejoignent - que le goût est une faculté politique. Je ne crois pas que Google soit le premier à (se) tromper sur la "démocratie culturelle"."

vendredi 12 janvier 2007

Eric Klinenberg, Internet et la concentration des contenus par les groupes d'informations traditionnels

Le média Internet n'est pas le média de la liberté absolue. Internet est un média de concentration. Professeur de sociologie à la New York University, Eric Klinenberg publie ce mois-ci un livre qui va à contre-courant du discours actuel commun sur la libération de la parole sur Internet, la prolifération des contenus, le fonctionnement des médias sur Internet et la distribution via le Web de l'audio et de la vidéo : Eric Klinenberg "Fighting for Air: The Battle to Control America's Media" (chez Metropolitan Books, 352 pages).


Eric Klinenberg centre son discours sur le fossé numérique : "Les personnes disposant de revenus importants et d'un bon niveau d'instruction sont plus aptes à se servir d'Internet et donc plus capables d'accéder en ligne aux dernières nouvelles, à la documentation et aux services disponibles" et sur la concentration des contenus par de grands groupes de médias.


Vous pouvez consulter une interview vidéo d'Eric Klinenberg par Bill Moyers (PBS) à propos de son essai "Fighting for Air: The Battle to Control America's Media" en ligne à cette adresse.


Le Monde Diplomatique de Janvier 2007 reproduit un extrait de l'ouvrage d'Eric Klinenberg en 2 pages avec le titre : "Les bénéficiaires inattendus du miracle internet. Ce rêve envolé d'une information égalitaire" ; extrait :

"Les discours convenus sur l'essor révolutionnaire d'un journalisme de terrain pratiqué par une infinité de "blogueurs", menacent de dissimuler que les multinationales de la communication convergent vers Internet pour y amplifier leur voix et leur pouvoir. L'idée selon laquelle les nouvelles technologies de l'infrmation auraient rendu caducs les risques de concentration constitue le mythe principal et le plus dangereux de l'ère numérique.

Selon le "Rapport sur les médias 2006" du Project for Excellence in Journalism (PEJ) "Internet a longtemps été caractérisé par le nombre illimité de ses nouveaux sites d'un bout à l'autre du spectre des opinions politiques. Toutefois, les sites les plus populaires sont associés aux groupes de médias les plus puissants. Parmi les 20 sites les plus visités en 2005, d'après l'indice Nielsen-Net, 17 étaient liés à des groupes d'information traditionnels, c'est-à-dire produisaient l'essentiel de leur contenu mis en ligne pour des quotidiens, des chaînes de télévision ou des magazines." (...)

Les grandes entreprises de médias ont ainsi transformé les vastes espaces d'Internet en une énorme caisse de résonance où des textes identiques se font écho d'un site à l'autre sans que le journalisme original y gagne. Ne disposant pas d'un modèle économique pour Internet, les gestionnaires des principaux sites ont même eu tendance à réduire le nombre de professionnels qui y travaillaient à des tâches d'édition, de réécriture et de recherche de contenus entre 2003 et 2004.
Résultat : près de 60 % des dépêches d'agence étaient mises en ligne telles quelles. Analysant près de 2000 publiés par les 9 principaux sites, le PEJ a conclu que "le contenu qu'ils offrent sur la Toile, s'il a augmenté en volume, en actualité, et en sophistication technique, demeure largement une morgue à dépêches, sujets de seconde main et articles recyclés à partir des quotidiens du matin"."

jeudi 11 janvier 2007

Muhammad Yunus, prix Nobel de la Paix 2006, et la mondialisation

Muhammad Yunus, Prix Nobel de la Paix 2006, économiste, surnommé le banquier des pauvres, est fondateur de la Grameen Bank au Bangladesh, un organisme spécialiste du micro-crédit qui compte près de 7 millions de bénéficiaires.


Muhammad Yunus est interrogé dans la dernière édition du magazine L'Express (11 janvier 2007, n°2897) par son ami Jacques Attali, Eric Chol et Christian Makarian. Le Prix Nobel de la Paix 2006 s'exprime sur des enjeux majeurs du monde : l'extrême pauvreté, l'éducation, la santé, la paix et aussi sur la mondialisation ; extrait :

"Je comparerais la mondialisation à une centaine de voies d'autoroute traversant le monde de part en part. Sur ces autoroutes circulent de gros camions qui sont les grandes multinationales issues des pays riches. Il n'y a guère de couloir réservé à des pays tels que le Bangladesh. Donc, si l'on veut donner un sens à la mondialisation, il faut discerner la bonne de la mauvaise. La "bonne mondialisation", pour moi, cela consiste à instaurer un code de la route avec des voies rapides, des voies ouvertes aux poids lourds, mais aussi des voies réservées aux véhicules roulant à faible allure. Sans ces règles, la liberté de circuler ne profitera qu'aux poids lourds : c'est ce que j'appelle la "mauvaise mondialisation". Cela dit, la "bonne mondialisation" ne viendra pas d'elle-même, automatiquement. Car l'automaticité, c'est avant tout la mécanique des puissants et l'écrasement des faibles. Il faut donc instaurer un code de la route qui soit d'abord acceptable et respecté par les Grands. Des principes fondamentaux, au nombre de cinq ou de dix, posés à l'échelle internationale et appliqués par toutes les grandes compagnies partout dans le monde. Cela permettrait de limiter les dégâts de la mondialisation et d'ouvrir un espace de négociation pour les pays les plus pauvres. Le problème est de convaincre les puissants de la nécessité d'instaurer ces règles de conduite."

mercredi 3 janvier 2007

Internet et la fin du journalisme ?

Dans le numéro de Enjeux - Les Echos de janvier 2007, François Ewald, professeur au Conservatoire National des Arts et Métiers (philosophe et ancien assistant de Michel Foucault) publie un point de vue sur le journalisme au coeur du modèle d'une presse opinion, aujourd'hui battu en brêche par le développement des médias participatifs. La question est posée dans le titre : "Internet, la fin du journalisme ?" François Ewald tente d'y répondre :

"Les journalistes et les journaux d'opinion n'existeront peut-être bientôt plus, en tout cas au sens où nous les connaissons aujourd'hui. A cause des nouvelles technologies. Avec Internet et les moteurs de recherche, l'information ne se fait plus du haut vers le bas, d'une élite journalistique vers un peuple dépendant et assoiffé d'une information rare et contrôlée, mais dans une capacité infinie de communication latérale de chacun avec tous. La grande révolution de la démocatie en cours est que le citoyen trouve avec Internet l'espace et le moyen d'une liberté d'expression affranchie de tout pouvoir - y compris de ce pouvoir de la Presse - censé l'affranchir de tous les pouvoirs. (...)

Pour mesurer cette révolution, le mieux est d'écouter ceux qui la font. Pierre Bellanger, le patron de Skyrock, parle de l'avènement "d'une culture participative, c'est-à-dire d'une oeuvre contributive et collective, le passage à une société d'auteurs." Jean-François Fogel et Bruno Pattino*, qui ont travaillé à construire le site Internet du Monde, soulignent "qu'Internet génère une implacable disruption : information gratuite et déconstruction/reconstruction permanente de l'oeuvre collective. Tout est à rebâtir autour du seul point de référence : l'audience. Pour elle, le temps nécessaire à prendre connaissance de l'information est devenu un bien plus rare que l'information elle-même.""


* Jean-François Fogel et Bruno Pattino sont les auteurs d'un livre-essai très réussi : "Une Presse sans Gutenberg" (2005) aux Editions Grasset qui traite du journalisme transformé à l'Ere de l'Internet.

vendredi 17 novembre 2006

Le Monde 2 signe un numéro spécial brillant : Bienvenue dans la technosphère

Numéro spécial passionnant du Monde 2, ce week-end, avec comme thème générique et unique : "Bienvenue dans la Technosphère" que son rédacteur en chef Yann Plougastel présente ainsi :

"Une série d'articles qui décrivent la manière dont les nouvelles technologies ont pris place dans notre vie quotidienne, laquelle ressemble désormais au village global que le visionnaire philosophe canadien Marshall McLuhan avait prophétisé dans les années 1960."


La mort annoncée de la télévision


Le premier article : "La révolution internet sous l'angle de la sociologie : A l'heure de la convergence numérique" est un entretien avec Jean-Louis Missika, sociologue, conseiller politique et aussi coach de managers de grandes entreprises en France, qui a lancé un pavé dans la mare, en mars 2006, avec la parution d'un essai dont le titre est clair : "La Fin de la télévision" (Editions du Seuil). Dans cette interview, Jean-Louis Missika annonce l'annexion de la télévision par le Web et la présence d'écrans (téléphones mobiles, ordinateurs, consoles vidéo...) qui ne cessent de diffuser en tous lieux des infos (textes, images et sons) émises par les citoyens :

"On assiste à une profonde transformation socioculturelle : aujourd'hui, la production, l'édition et la diffusion d'une information ont un coût extrêmement bas sur le Web. C'est à la portée des amateurs... Jusqu'à présent, nous étions habitués à des médias puissants et prescripteurs, où la place occupée par celui qui parle et celui qui écoute était claire et immuable. Désormais, nous sommes dans un univers foisonnant et étrange, où celui qui écoute a aussi envie de parler. L'heure est au média conversationnel.

Etre journaliste n'est plus une profession mais une position que chacun peut occuper, de temps en temps, dans sa vie sociale. Nous sommes en quelque sorte revenus en l'an 1815... 15 ans avant la Penny Press, c'est-à-dire l'invention du modèle économique qui régit encore la presse écrite aujourd'hui!"


Se connecter à Internet, visages de l'accès à Internet dans le monde


Claire Ulrich présente un étonnant article illustré sur la manière dont on peut se connecter sur Internet sur les 5 continents : "Le Net du bout du monde". Au Brésil, le "computador da um real" est un cédérom qui fait office de bureau mobile pour les personnes ne possédant pas d'ordinateurs. A Nyarukamba (Rwanda), sans électricité ni fournisseur d'accès, le village est connecté à Internet grâce à une station solaire Internet inventée par la société américaine Inveneo. En Inde, ce sont les DataMules ou facteurs Internet de DakNet qui desservent les villages via des motos, des camions ou des autobus, pour relever les messages de courrier électronique, les fichiers à envoyer et en assurer aussi la réception.


L'information collective


La même journaliste s'intéresse au phénomène Sud-coréen du site d'information Ohmynews existant depuis 2002 fait par et pour des internautes : "M. Oh et ses 40 000 cyber-reporters" :

"La formule de journalisme qu'à inventée dès 2000 M. Oh en Corée s'appelle aujourd'hui Users Generated Content (contenus produits par les particuliers). Les médias traditionnels y voient une bouée de secours. Mais ce sont d'autres investisseurs qui ont finalement permis à Ohmynews de s'exporter : les opérateurs de téléphonie, futurs distributeurs de contenus sur terminaux mobiles".


George Marion conte l'histoire légendaire des appareils photos Leica, derniers survivants de la photo argentique qui ont décidé, à marche forcée, de passer au numérique, avec 4 nouveaux modèles.


La révolution de l'encre électronique


Diane Wulweck explore le monde des bibliothèques et de la lecture en devenir via son article "Lisez branchés" qui évoque le e-book, le livre électronique et l'e-ink (encre électronique) inventée en 1998 au sein du Massachusetts Institute of Technology :

"Enfermées dans un support plastique de l'épaisseur de quelques microns, des microcapsules font naître ou disparaître un texte ou une image selon l'information électrique qu'on leur envoie. Légère, interactive, pilotable à distance, très peu gourmande en énergie... l'encre électronique promet de révolutionner le marché de l'imprimé - la presse écrite, l'édition, et bien sûr, l'affichage publicitaire."


Le design de demain se conçoit aujourd'hui


Olivier Dumons fait le portrait de Stefano Marzano, docteur en architecture et designer, chez Philips, d'objets quotidiens de l'avenir. Stefano Marzano travaille pendant des périodes de projets de 8 ou 9 mois ""sur des concepts qui sont des stimulations, des provocations, destinées à ouvrir un nouveau débat". Le véritable travail de fond sera ensuite de convaincre puis d'adapter ces concepts à des productions, et là, les délais s'allongent. En effet, ses équipes ne sont pas seulement composées de designers, mais également d'analystes de tendances, de sociologues, d'anthropologues culturels et même de psychologues".


Pierre Barthélémy présente les textiles de demain dans son papier "Tissus d'innovations", des vêtements intelligents sécurisants, augmentations du corps par leur effet intégrateur (clavier souple, lecture de musique...), sécurisant ou alertant les personnes aux alentours ("la société belge Verhaert a conçu un pyjama pour bébé censé prévenir la mort subite du nourrisson en suivant des données cardiaques et respiratoires").


Enfin, une saga en images et en textes sur l'histoire du téléphone de sa naissance au portable 3G compile 130 ans d'histoire de la téléphonie en 9 pages.


Source :

Plougastel, Yann (dir.) (18 novembre 2006). Bienvenue dans la technosphère, Le Monde 2, n°144, Paris, Numéro spécial.

jeudi 16 novembre 2006

Jean-Claude Guillebaud, critique des médias, info-marchandise et info-connaissance

Dans sa chronique hebdomadaire pour Le Nouvel Observateur, Jean-Claude Guillebaud s'interroge sur la critique des médias, un sujet qui fait partie des moeurs démocratiques de notre temps en développant son argumentation en plusieurs points ; extraits :

"En réalité, c'est parce que la réflexion sur les médias a progressé qu'on sait maintenant opérer une distinction entre des questions particulières qui furent trop longtemps mêlées dans une vaine confusion. Savoir, c'est d'abord trier. Connaître, c'est d'abord classer, identifier, catégoriser. Or, les fameuses dérives médiatiques mettent en jeu des mécanismes bien distincts qu'il n'est plus possible de confondre. (...)

La prévalence de l'argent, le fait que s'appesantissent les lois du marché, le poids du fric sur le journalisme favorisent-ils de façon mécanique la sous-information du citoyen et la corruption de la démocratie ? En d'autres termes, peut-on ramener l'information au rang de pure marchandise, peut-on privilégier la distraction (le spectacle) sur la connaissance sans conséquences funestes. Au cours des dernières années, en effet, s'est peu à peu trouvé rompu, dans nos pays, ce subtil équilibre établi après la Libération entre l'info-marchandise et l'info-connaissance. Comment y remédier ? Vaste sujet."


Source :

Guillebaud, Jean-Claude (16 novembre 2006). "La preuve par quatre", Chronique Écoutez Voir, TéléObs, Le Nouvel Observateur, n°2193, 1 p.

dimanche 12 novembre 2006

Génération M (tendance 007)

Nouvelle rubrique : tendance. Un mot, une expression, une chose comme reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans l'avenir, porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le prononce, dans son champ énonciatif et contextuel. Mot, expression à suivre, objet utile ou inutile...


Génération M... Dans l'édition d'août 2006, le magazine américain Wired (spécialisé nouvelles technologies) reprend les propos en condensé du blog de Derek Powazek, cofondateur de JPG Magazine, qui définit sur son blog, dans un article du 31 mai 2006, la Génération M dont il se déclare faire partie : Generation M :

"What truly defines my generation - us Web geeks, iPodders, and remixers? I think we're Generation M.
M for multitask: We listen to music while surfing the Web and having four IM conversations.
M for mashup, my favorite example of multitask culture.
Finally, M for media, with emphasis on the me.
There is no corner of our lives undocumented, no niche topic left unexplored".


Patrick Giroux
 et François Guité font allusion sur leurs blogs à une acception moins large de la Génération M : les pratiques multimédia chez les jeunes de 8 à 18 ans :

"Ainsi, les médias occupent presque autant de place dans leur vie que l'école. Face à pareille compétition, celle-ci, avec les pauvres moyens qui lui sont donnés, ne peut plus rivaliser. ... Peut-être faut-il dire multimédia plutôt que media, car les jeunes vivent à l'ère de l'électronique. Ils gobent non seulement la télé, les jeux vidéo et l'ordinateur, mais aussi les lecteurs MP3, les téléphones cellulaires et les Palms."


Les deux spécialistes de la pédagogie font en fait référence à une étude américaine de la Kaiser Family Foundation publiée en mars 2005 sur les habitudes de consommation des médias par les jeunes américains de 8 à 18 ans : "Generation M: Media in the Lives of 8-18 Year-olds" (rapport complet téléchargeable ici en .pdf, 145 pages).

mercredi 8 novembre 2006

De A à Z, Internet, Les nouveaux usages, hors-série de 60 millions de consommateurs

L'Institut National de la Consommation (I.N.C.) vient de publier un hors-série très pratique (n°129) : "De A à Z, Internet, Les nouveaux usages, hors-série de 60 millions de consommateurs, pour surfer efficace et utile". En couverture, l'accent est porté sur le Web 2.0, podcast et wiki comme dans l'éditorial de Marie-Jeanne Husset (directrice de la rédaction) titré : "Le Web fait sa révolution" ; extrait :

"Avec le Web 2.0 se concrétise, plus de dix ans, après, l'utopie initiale d'Internet : la participation et la collaboration des internautes eux-mêmes à la Toile. Le Web 2.0 regroupe ainsi des services beaucoup plus faciles à utiliser, qui ne nécessitent pas le téléchargement d'un programme. Il permet aussi des usages réellement communautaires. (...) Simplicité et diversité des usages réellement communautaires (...) Le Web 2.0 permet enfin à chacun de créer son propre site pour y abriter son journal intime, son blog. (...) Simplicité et diversité des usages caractérisent donc le Web nouveau. L'internaute ne se contente plus de surfer, il devient producteur de contenus, textes, photos, vidéos, etc., qu'il peut partager avec tous ceux qui le souhaitent. C'est la culture de l'échange et de la rencontre qui s'affirme. Certains y voient le paradis de la communication idéale ininterrompue. D'autres, l'enfer, et ils prédisent les pires dérives."

Particulièrement bien conçu, ce hors-série de 60 millions de consommateurs aborde l'internet par la praticité et par le biais d'utilisations thématiques en employant des mots simples et parlants : Albums photos, Archivages, Bonnes causes, Dossier médical personnel, Recherche d'emploi, Renseignements juridiques, Troc, Vidéo à la demande. 61 sujets phare sont explicités avec des captures d'écran, liens de référence et des cadres récapitulatifs intitulés "l'essentiel".


Source :

Collectif (Décembre 2006). "De A à Z, Internet, Les nouveaux usages" (En ligne). 60 Millions de consommateurs, Hors-série n°129, 100 p.

- page 1 de 2