Jean-Luc Raymond

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Tag - livre

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lundi 4 septembre 2006

Sébastien Blondeel, Wikipédia, comprendre et participer

Sébastien Blondeel, ancien élève de l'École Normale Supérieure de Lyon, vient de consacrer un ouvrage à la base de connaissances Wikipédia dans la nouvelle collection à petit prix de Eyrolles : "Connectez-moi!" (ouvrages pratiques très bien conçus) : "Wikipédia : comprendre et participer" :

"Ce livre explique comment l'explorer et y participer, dans quelles limites réutiliser son contenu et quels sont ses secrets de fonctionnement (financement, contexte politique)."


Plusieurs chapitres de ce guide sont téléchargeables gratuitement à partir de cette page du site Internet de l'éditeur :

"Table des matières - Fichier .pdf (169 Ko)
Avant-propos -
Fichier .pdf (278.2 Ko)
Chapitre 1 : Présentation et contexte -
Fichier .pdf (1.1 Mo)
Chapitre 3 : Exploration et recherche -
Fichier .pdf (1.1 Mo)
Chapitre 4 : Réutiliser le contenu de Wikipédia -
Fichier .pdf (384.2 Ko)
Annexe : Projets proches -
Fichier .pdf (233.9 Ko)
Index (pages supplémentaires qui complètent l'édition papier) -
Fichier .pdf (176.3 Ko)"


Source :

Blondeel, Sébastien (28 avril 2006). Wikipédia : comprendre et participer (En ligne), Eyrolles, Collection Connectez-moi!, Paris, 152 p. (Page consultée le 4 septembre 2006)

mardi 25 juillet 2006

Révolutions numériques et industries culturelles par Philippe Chantepie et Alain Le Diberder

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En avril 2005, Philippe Chantepie (chef du Département des Études, de la prospective et des statistiques au Ministère de la Culture et de la Communication) et Alain Le Diberder (PDG de CLVE, société de développement de logiciels pour les nouveaux médias, initiateur de la commmunauté virtuelle Le Deuxième Monde et ancien directeur des nouveaux programmes de Canal Plus) ont publié un ouvrage sur la mise en cause par le numérique des anciens équilibres des industries de la culture et de la communication : ”Révolutions numériques et industries culturelles” :

Ce livre présente le nouveau paysage numérique, les filières de contenus face à la numérisation, le changement dans l’exploitation numérique, les régulations de la communication numérique. Enfin, Philippe Chantepie et Alain Le Diberder montrent des stratégies et tendances actuelles des industries culturelles ; extrait :

“Les mutations numériques ébranlent (…) le fondement des industries de contenu et de leur économie par l’aval. Le contrôle de la reproductibilité pour les industries de supports (musique enregistrée et cinéma), le brouillage des frontières entre le flux et le stock pour les autres, modifient les conditions de commercialisation des programmes. Le rôle des médias de masse est renforcé, même si émerge un champ hybride de médias de masse interactifs et communautaires amalgamant l’information sur les contenus, leur commercialisation et la réaction du public à ces contenus. Le contrôle d’accès généralisé est la réponse marchande à un phénomène qui n’est pas que marchand et qui oblige à repenser l’équilibre entre économie d’accès et économie d’audience, et plus largement entre économie marchande et économie non marchande.

 L’offre des industries culturelles est animée par deux mouvements opposés, celui de la concentration autour d’une poignée de firmes géantes et mondiales d’une part, et celui de la montée de la production de programmes par des particuliers ou de petits groupes dans un cadre non marchand d’autre part.

Les conditions techniques et sociologiques d’une croissance sans précédent de la consommation et de la production d’oeuvres de toute nature sont réunies. Mais cette croissance bute pour l’instant sur la mise en place de nouvelles régulations, car elle se manifeste de manière parfois pathologique (piratage), reste en partie souterraine (le non-marchand) et fait l’objet de discours dévalorisants tant de la part des organisations professionnelles que d’une partie des pouvoirs publics. Les firmes de contenus traversent cette période de transition en renforçant des tendances anciennes (superproduction, star-system, croissance des dépenses marketing, etc.). Les industries techniques se livrent à des guerres de standards de fait (sanctionnées par des effets réseaux conduisant à des monopoles) qui prennent souvent le pas sur la coopération. Les États voient leurs prérogatives traditionnelles dans ce domaine s’éroder et s’en remettent aux tribunaux, dans l’espoir que le droit de la concurrence sera le régulateur suprême qui permettra de franchir cette période de transition, alors même qu’il est soumis à de réels dilemmes pour respecter aussi les droits de propriété intellectuelle et doit respecter des règles d’intérêt général qui le dépassent (pluralisme, diversité, services publics). Mais le mouvement le plus profond, celui qui aura sans doute le dernier mot, est celui des consommateurs de programmes des industries culturelles, de plus en plus nombreux, de plus en plus équipés d’instruments de reproduction et aussi de production, et de moins en moins disposés à n’être qu’un simple “public”.”


Source :

Chantepie, Philippe et Le Diberder, Alain (avril 2005). “Révolution numérique et industries culturelles”, Editions La Découverte, Collection Repères, n°408, Paris, pp. 108-109

jeudi 20 juillet 2006

Alex Mucchielli : faits des communication et messages signifiants pour l’évaluation des dispositifs socio-techniques Internet

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Alex Mucchielli est Professeur à l’Université Paul Valéry-Montpellier 3 et fondateur du département des Sciences de l’Information et la Communication. Son approche s’inscrit dans l’héritage de l’école de Palo Alto.


Dans son dernier ouvrage collectif “Études des communications : Le dialogue avec la technologie” (Ed. Armand Colin), Alex Mucchielli laisse s’exprimer de jeunes chercheurs (en Sciences de la Communication à l’Institut des Technosciences de l’Information et de la Communication de Béziers) dans le domaine des recherches qualitatives appliquées aux dispositifs technologiques (sites Internet, sites Intranet, analyse culturelle des intentions d’un site Internet à travers les réactions d’un internaute…) en s’intéressant au concept de “fait de communication” dans une méthode d’approche “situationnelle” des dispositifs ; extrait de la conclusion de l’ouvrage :

“L’homme contemporain est de plus en plus confronté à des dispositifs socio-techniques : il consulte sur Internet, il communique à distance par techniques interposées, il travaille à distance, il utilise des cédéroms culturels ou d’apprentissage, il est acteur dans des dispositifs complexes qui lui demandent d’inter-agir avec eux… L’homme a toujours été d’ailleurs, un “homme dans un monde technique”. Disons que cet “être au monde technique”, est plus visible désormais et que cette réalité est plus prégnante de nos jours où les outillages technologiques nous englobent constamment dans presque toutes nos activités. (…)

Les “faits de communication” qu’il s’agit d’étudier, à l’instar de la sociologie lorsqu’elle propose d’étudier des “faits sociaux”, sont des faits scientifiquement construits. Ce ne sont pas des “faits” directement observables. Les significations échangées (puisqu’il s’agit d’elles), ne sont pas des données de l’observation, elles sont construites par l’homme. Elles sont cependant des “faits” dont l’homme, acteur en situation, peut avoir l’intuition. Tous les chapitres de cet ouvrage montrent comment on peut “scientifiquement” construire ces significations. En effet, il s’agit de dépasser l’accès intuitif à ce que signifient les choses de l’expérience quotidienne. Il s’agit d’avoir une procédure : partagée, systématique, vérifiable, (c’est-à-dire “scientifique”), pour pouvoir dire : “cet ensemble d’éléments, manipulés de cette manière”, envoie tel “message signifiant” aux acteurs interagissants, de ce fait, compte tenu de leurs enjeux, de leurs cultures…, ces acteurs vont alors réagir comme cela. On accède donc aussi à une compréhension des réactions des acteurs en situation. La communication qui se fait dans l’interaction homme-dispositif, d’une certaine manière les activités humaines.

L’homme n’est plus déterminé par l’organisation interne de son psychisme (psychologisme), il n’est pas non plus déterminé par les contraintes de la situation (sociologisme), il est poussé, dans telle ou telle direction, par les émergences de sens qu’il crée lui-même à travers ses interactions (plus ou moins provoquées par le dispositif), avec ce dispositif socio-technique dans lequel il se trouve.”


Source :

Mucchielli, Alex (dir.) (avril 2006). “Études des communications : Le dialogue avec la technologie”, Armand Colin, Collection U, Paris, pp.259-260

lundi 17 juillet 2006

Alain Milon : “Dans la cyberculture, le corps n’a plus de chair”

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Alain Milon, Docteur en philosophie et docteur en sciences sociales, est professeur de philosophie à l’Université de Paris 10 - Nanterre. Dans l’ouvrage “La Réalité virtuelle, avec ou sans le corps” (Autrement, 2005, cf. cet article du Journal du CNRS), il distingue le “corps virtuel” que produit la modélisation informatique du “cybercorps” mis en scène dans la cyberculture. Dans un entretien pour Enjeux-Les Echos (numéro de l’Eté 2006), Alain Milon explicite les représentations de la cyberculture ; extrait :

“La cyberculture nous enlise dans un fantasme de perfection. Les individus n’ont plus de visages mais des interfaces, ils ne sont pas des sujets mais des avatars, ils n’ont pas de désir mais du plaisir sans sujet (la cybersexualité).

La cyberculture fabrique ainsi un corps sans chair ni souffrance, sans fragilité ni désir, un corps absent accompagné d’un imaginaire fantasmatique de toute-puissance, de réversibilité, de possession, de désincarnation, de délocalisation, hors de toute temporalité. Ce n’est pas un corps fragile, un corps sexuel, un corps tour à tour impudique et pudique, un corps obstacle, un corps avec une figure, un visage, sa chair, sa viande, sa peau, autrement dit ce qui fait son intériorité. Il ne reste de lui que des métaphores psychiatriques : autisme, narcissisme, schizophrénie, délire de grandeur…

La cyberculture cautionne l’idée d’un super-organisme qui n’aurait plus à subir les contraintes physiques d’un corps naturel sans comprendre que c’est la fragilité du corps qui lui permet d’affirmer son principe d’existence, d’appréhender et de mesurer ses limites. Les cybercréatures cinématographiques sont souvent sans faille, autonomes et coupées de la réalité. L’idéologie de la toute-puissance est récurrente. Le corps, sans contrainte et sans matière, est une métaphore de la puissance, de l’omniprésence et de l’omnipotence divine.”


Source :

Vincent, Claude (Juillet-Août 2006). “Entretien avec Alain Milon : “Dans la cyberculture, le corps n’a plus de chair”, Enjeux-Les Echos, n°226, Paris, pp.92-93

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