Jean-Luc Raymond

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dimanche 15 octobre 2006

Thomas Friedman, la Terre est plate, une brève histoire du XXIe siècle

Thomas Friedman est un journaliste américain au New York Times et détenteur de trois Prix Pulitzer. Dans son dernier ouvrage, The World is Flat traduit en La Terre est plate, paru aux Editions Saint-Simon, ce mois-ci, Thomas Friedman (voir son site) s'exprime sur la globalisation. Son livre s'est déjà vendu à 3 millions d'exemplaires aux États-Unis. Le magazine Challenges de cette semaine en publie un extrait.


Thomas Friedman découpe le phénomène de la mondialisation en 3 étapes : le monde de taille moyenne ou "comment collaborer avec les autres nations à l'échelle mondiale" (de 1492 à 1800), le petit monde ou "l'économie mondiale" (de 1800 à 2000) et aujourd'hui, le petit monde en train de devenir minuscule, en même temps que le terrain s'aplatit : "ce ne sont plus ni les pays ni les entreprises qui guident le processus, mais les individus".


Thomas Friedman caractérise ce "nouveau Monde mondialisé" :

"Ce monde plat résulte de la convergence de l'ordinateur personnel (qui a permis à chacun de produire ses propres documents numérisés), du câble à la fibre optique (qui a permis d'avoir accès à de plus en plus d'informations pour un coût quasiment nul) et de l'essor des logiciels de workflow (qui a permis à des individus de collaborer sur le même contenu numérique quelle que soit la distance géographique qui les sépare). Personne n'avait prévu cette convergence. Elle s'est simplement produite, vers l'an 2000, et les hommes ont alors compris qu'ils pouvaient désormais agir à l'échelle planétaire en tant qu'individus. Ils pouvaient travailler avec d'autres individus, et non plus seulement en concurrence avec eux. Chacun doit donc se demander : Quelle est ma place, en tant qu'individu, au sein de la concurrence mondiale ? Comment puis-je, personnellement, collaborer avec d'autres individus à l'échelle planétaire ? (...)

En matière de création de valeur, le monde passe d'un système vertical à un système plus horizontal, tandis que l'on voit s'effondrer les murs, les plafonds et les planchers : les sociétés vont donc faire face à beaucoup de bouleversements à la fois. Et ces changements n'affecteront pas seulement l'économie, mais aussi la manière dont les individus, les communautés et les entreprises s'organisent.

La définition même de l'entreprise et de communauté en sera transformée, de même que notre identité de consommateurs, d'employés, d'actionnaires ou de citoyens, notre identité politique et le rôle joué par les gouvernements. Après la triple convergence qui a commencé vers l'an 2000, nous allons devoir "résoudre les énigmes". (...)

Où commencent et où s'arrêtent les entreprises ? Les relations entre les différents groupes de travailleurs devront être repensées, de même que les relations entre les entreprises et les communautés."


Source :

Friedman, Thomas (12 octobre 2006). La Terre est plate, une brève histoire du XXIe siècle, Éditions Saint-Simon, Paris, 283 p.

vendredi 6 octobre 2006

Banlieues créatives en France : 150 actions dans les quartiers, Guide 2007 (par Anne Dhoquois)

Rédactrice en chef de Place Publique (une agora sur Internet mettant en avant des initiatives citoyennes), Anne Dhoquois vient de signer un remarquable ouvrage d'espoir qui vient trancher avec l'image négative des banlieues à l'automne 2005 : "Banlieues créatives en France : 150 actions dans les quartiers - Guide 2007" (collection Guide des initiatives solidaires, éditions Autrement).


Cet ouvrage présente des monographies et portraits d'acteurs, d'associations, d'entreprises, de collectivités locales et organismes consulaires qui agissent dans une dynamique d'innovation au coeur des quartiers dits "sensibles". Ces expériences humaines, sociales, culturelles, d'entreprises sont au coeur d'une innovation dans des contextes locaux compliqués où le projet collectif est plus fort que l'image souvent écornée du quartier.


En 8 thèmes : Apprendre, Créer son activité, Dialoguer, Participer, Se distraire, S'exprimer, S'insérer, Vivre au quotidien, Anne Dhoquois fait un inventaire étonnant de diversités et d'idées mises en oeuvre qui libèrent la parole, expliquent la volonté de faire, montrent "l'agir concrètement" et témoignent d'un retour d'expériences de vies passionnantes au sein de banlieues, "le lieu du ban" (lieu des bannis) comme l'explique le journaliste Suisse Michel Beuret.


Des initiatives liées à Internet sont présentées comme les activités numériques citoyennes du Centre Social de Belleville à Paris (blog collaboratif, wiki, projet d'ordinateur simplifié MiniNet), l'accompagnement de projets par l'association Génération NTM à Saint-Denis, département de la Seine-Saint-Denis (implication dans le site Espace Citoyen Dyonisien en cherchant à aider au développement de médias indépendants locaux), les HLM connectés de Moulins Habitat à Moulins dans l'Allier (connexion gratuite à Internet dans les logements sociaux via un téléviseur ou un ordinateur avec un accompagnement à l'appropriation, des contenus informatifs propres...), l'Internet dans les quartiers avec l'apport de l'Espace Public Multimédia de Kerourien, à Brest (ateliers d'écritures, aller au-devant des publics éloignés de l'internet avec un ordinateur portable, atelier cuisine multimédia...) ou encore le projet du pôle Internet citoyen de proximité développé par l'association Fraternet dans le Nord (créer un site Internet sur un quartier ou une ville et proposer aux habitants de l'alimenter en organisant en amont des ateliers d'écriture), T.O. Mirail à Toulouse (un portail avec, par et pour les habitants du quartier du Mirail avec des infos, des photos, des reportages...)...


Anne Dhoquois résume ainsi l'aventure de ce livre :

"Force, générosité, inventivité, pragmatisme... Tels sont les maîtres mots qui caractérisent nombre de personnes oeuvrant et vivant dans les quartiers. Mais pas seulement. Au détour d'une réflexion, d'un bilan, d'un constat, s'exprime la détresse, voire le désespoir. Car les temps sont durs - subventions en diminution, secteur de l'insertion en crise, développement de la misère... - et les raisons de la colère nombreuses. Pour autant, les discours de découragement ne sont pas légion tant l'énergie vitale qui anime ces travailleurs sociaux, bénévoles, éducateurs, artistes, militants associatifs, animateurs... rencontrés et interviewés lors de la rédaction de cet ouvrage a été palpable. Et c'est à toute cette richesse humaine que le livre rend hommage. Comme un miroir tendu aux habitants d'autres quartiers, moins en crise, mais qui pourraient être à leur tour gagnés par cette soif de créer du lien, de la solidarité, du mélange. Comme une boîte à outils d'idées, d'initiatives, d'expériences, souvent réussies, parfois ratées, mais toujours en mouvement".


Source :

Dhoquois, Anne (5 octobre 2006). "Banlieues créatives en France : 150 actions dans les quartiers, Guide 2007", Editions Autrement, Guide des initiatives solidaires, Paris, 210 p.

lundi 2 octobre 2006

Référencement 2.0 par Olivier Andrieu : nouveau livre sur l'optimisation du référencement de sites internet

Olivier Andrieu s'est imposé depuis plus de 10 ans comme l'un des meilleurs spécialistes français de la recherche sur Internet et du référencement Web. Depuis, la parution de son ouvrage "Créer du trafic sur son site Web" en 2000 (aux Editions Eyrolles), Olivier Andrieu a poursuivi son aventure sur Internet sur son site Abondance.com ("Toute l'info et l'actu sur les annuaires et moteurs de recherche : recherche d'information et référencement").

Olivier Andrieu vient de publier un nouvel ouvrage "Référencement 2.0" uniquement disponible en .pdf (en vente sur la boutique Abondance), 256 pages, entièrement dédié au référencement, fournissant des clés pour mieux optimiser votre site afin de lui donner une meilleure visibilité sur les moteurs de recherche en 11 chapitres :

Généralités - Définitions ; Préparation d'un référencement ; Optimisation des pages du site ; Les contraintes, obstacles ou frein au référencement ; Référencement ou comment entrer dans les bases de données des outils de recherche ; Comment ne pas être référencé ? ; Les liens sponsorisés ; Le suivi du référencement ; Référencement internalisé ou externalisé ; Conclusion et Webographie.

Voici quelques exemples de positionnement obtenus en suivant les conseils du livre "Référencement 2.0", une foire aux questions sur l'ouvrage.

Sur son blog, Olivier Andrieu dresse un panorama synthétique de l'évolution du référencement Internet depuis 1994 :

"Au début des années 2000, (on a assisté à) la création de pages satellites et (à) une "industrialisation" de certains acteurs, créant quelques "usines à pages satellites" générant des dizaines, parfois des centaines voire plus, de ces documents, le plus souvent pour de gros clients et, donc, de gros budgets.
L'année 2006 marque de façon certaine une nouvelle ère dans ce domaine, avec la fin de ces pages satellites, comme le début des années 2000 a marqué la fin des balises meta.

Aussi, pour mieux marquer cette rupture, depuis l'époque de la "rustine" vers une optimisation des "vraies" pages d'un site web (tout en rappelant que certaines sociétés de référencement suivent cette ligne de conduite depuis presque 10 ans...), j'ai choisi le titre "Référencement 2.0". Un peu, aussi, pour indiquer que l'être humain, quelque part, reprend la main dans le référencement par rapport aux "usines à pages satellites" parfois mises en place dans le passé..."

Source :

Andrieu, Olivier (27 septembre 2006). Livre-referencement.com (En ligne). Olivier Andrieu, Heiligenstein, Site (Page consultée le 2 octobre 2006)

dimanche 1 octobre 2006

Le blog Bruits et Chuchotements sur le devenir des bibliothèques et les outils collaboratifs professionnels

Le blog Bruit et Chuchotements s'avère une lecture pertinente si l'on s'intéresse au devenir du monde des bibliothèques et de la documentation sans cesse "secoué" par les technologies de l'information et de la communication. Son auteur cherche à trouver du lien entre des outils "collaboratifs" et à les rendre utiles pour ses confrères bibliothécaires.

Il maintient aussi un fil d'actualités personnalisé sur des projets innovants agissants du monde des livres comme SpecFlic 2.0, installation interactive sous d'une performance multisupports (acteurs + décor + diffusion d'un film vers les PC et téléphones du public, cf. photo ci-dessus), qui s'est déroulée le 9 août dans la cour de la Bibliothèque de San Jose en Californie et qui imagine un bibliothécaire devenu en 2030 "l'Infosphérien", celui qui aide l'usager à voyager dans l'Infosphère, réceptacle mental de l'information universelle. Dans 25 ans, la bibliothèque sera-t-elle un musée ?

La notion de services se développe de plus en plus dans les bibliothèques donnant lieu à de fines analyses, avec comme corollaire des stratégies marketing souvent éloignées des conceptions culturelles classiques d'une bibliothèque de service public et non de services au public. Ce débat sur fond d'arguments budgétaires introduit un système économique dans l'antre des bibliothèques donnant lieu à des débats : Des services (Des services pour concrétiser le rôle social des bibliothèques ; Les services se développent sous la pression & la motivation ; Offrir du bruit ou du calme ? Les deux).

En lien chez Bruit et Chuchotements, Bibliopédia, un wiki "pour le partage d'expériences et de ressources en bibliothèques et centres de documentation" avec de nombreuses ressources pratiques, méthodologiques et de connaissances des publics.

samedi 30 septembre 2006

Savoirs et connaissances dans un monde global et local : enjeux sociaux, culturels et économiques de notre temps et sans doute de notre futur

Lors du dernier entretien du XXIe siècle en date, organisé par l'U.N.E.S.C.O. qui s'est tenu lundi 25 septembre à Paris sur le thème "Le partage du savoir : Toujours pour demain ?", Jacques Attali a resitué la notion de savoir dans un contexte globalisant et localisant, en s'interrogeant sur la question de la transmission du savoir. Demain, avec les technologies, on constatera de plus grands niveaux d'inégalités dans la transmission du savoir. Le pouvoir appartient de plus en plus à ceux qui savent et la fonction de pouvoir sera de savoir sur les autres (une société d'hypersurveillance, en quelque sorte). Or, les technologies sont décentralisatrices et le coût de la distribution du savoir a énormément diminué dans un monde où le savoir n'est pas rare, mais où le temps l'est : je peux échanger du savoir, mais je ne peux pas échanger du temps, mon temps.

Des nouvelles valeurs sont en train d'émerger parmi lesquelles apprendre comme une activité socialement utile. Je suis utile aux autres dans une interdépendance des savoirs. Jacque Attali propose de rémunérer le savoir pour le favoriser car se former (tout au long de la vie) est socialement utile.

En écho, l'économiste Daniel Cohen qui a fait paraître il y a quelques jours l'ouvrage "Trois leçons sur la société post-industrielle" (La Républiques des idées, Seuil) recentre le discours sur les connaissances sur le plan économique. Dans un entretien avec Sabine Delanglade pour L'Express du 28 septembre 2006, il montre combien les enjeux du monde globalisé sont orientés par les connaissances ; extrait :

"L'élite s'est protégée de la démocratisation de l'accès à l'enseignement supérieur en menant une guerre scolaire de plus en plus précoce pour que ses enfants gardent leur place dans les meilleures écoles. La France souffre d'autant plus de cette situation que la société postindustrielle est une société de connaissances. Pour produire cette connaissance qui débouche sur la création de logiciels ou de molécules, il faut des institutions capables de le faire. L'université joue dans la société postindustrielle le rôle qui était celui de l'usine dans la société industrielle. Elle doit être à la fois un lieu de production de savoirs et un lieu d'intégration. C'est pour cela que la France souffre particulièrement, enfermée dans un système qui ne permet ni le brassage social ni la production efficace de savoirs.

L'Europe n'a-t-elle pas permis d'apporter des solutions ?
Non, parce que, à la différence des États-Unis, elle n'a pas su organiser cette production de la connaissance. Retrouver aujourd'hui une Europe des universités comme on l'a connue au Moyen Age est de première importance. Aux États-Unis, la production du savoir est très concentrée géographiquement autour de Boston et de San Francisco et structurée d'une manière qui est à la fois concurrentielle et coopérative. C'est la beauté du système américain d'être à la fois compétitif et coopératif : dès qu'une découverte est réalisée, tout le monde est au courant, et peut en profiter. Le fait que l'Europe ne se soit pas préoccupée du multilinguisme des enfants est d'ailleurs très significatif."

Daniel Cohen n'érige pas la société américaine en exemple, mais s'intéresse plutôt à la France, en expliquant pourquoi la France est mal armée pour la société de connaissances. (Photo : Martin Bobié).

Source :

Delanglade, Sabine (28 septembre 2006). "Le monde sans l'usine. Entretien avec Daniel Cohen" (En ligne), L'Express n°2882, Paris, pp.108-109 (Page consultée le 29 septembre 2006)

vendredi 29 septembre 2006

Ivresses de brumes, griserie de nuages : un nuage vagabond traverse l'azur

"Un nuage vagabond traverse l'azur

Fin de printemps sur fleuve et lac, vent de la chute des fleurs,
Au coucher du soleil un nuage vagabond traverse l'azur,
A son aune on mesure la vanité du monde,
Dix mille affaires toutes oubliées dans un rire"

Ivresse de brumes, griserie de nuages (paru cette année chez Gallimard) contient d'admirables poésies coréennes en une anthologie qui réunit pour la première fois des oeuvres courtes et singulières sur la vie, comme celle mentionnée ci-dessus.

Source :

Collectif. Trad. Ann-Baron, Ok-Sung (3 mai 2006). Ivresse de brumes, griserie de nuages. Poésie bouddhique coréenne (XIIIe - XVIe siècle). Collection Connaissance de l'Orient, Gallimard, Paris, 290 p.

Internet média cannibale par Lucas Denjean : études de cas de stratégies internet commerciales

Nouvel ouvrage paru le 28 septembre aux Editions Elenbi, Internet média cannibale de Lucas Denjean analyse 72 cas concrets de grandes marques dans leur stratégie internet commerciale avec un point méthodologique pour chaque étude de cas. L'utilisation du courrier électronique, le marketing viral, le recrutement de prospects, établir une relation directe avec ses clients constituent quelques-uns des sujets analysés avec soin dans ce livre pratique de 544 pages, présenté par l'Electronic Business Group.

Source :

Denjean, Lucas (28 septembre 2006). Internet média cannibale (En ligne), Elenbi, Paris, 544 p. (Page consultée le 29 septembre 2006)

jeudi 28 septembre 2006

La bibliothèque du 911 avenue Prestes Maia, squat de Sao Paulo au Brésil, née à partir de livres récupérés dans les ordures

911squat

Le 20 septembre, l'émission hebdomadaire ARTE Reportage a présenté un reportage étonnant qui a pour cadre Sao Paulo, plus importante ville d'Amérique Latine (Brésil) et le squat du 911 avenue Prestes Maia, où habitent près de 2000 personnes, dans un immeuble de 25 étages considéré comme le plus grand squat d'Amérique Latine.

Le reportage présente un portrait de Severino de Sousa, 56 ans "cartoneiro" (il trie les poubelles et revend les déchets aux usines de recyclage) qui a sauvé en 6 ans plus de 10 000 livres dans les ordures pour créer une bibliothèque dans ce bâtiment de 25 étages. Ce qui rend cette expérience merveilleuse, ce sont les paroles d'un homme avide de culture malgré les difficultés de la vie quotidienne. Il poétise sur la culture :

"Notre vie est un livre ouvert. Chaque jour est une nouvelle page. Mon rêve, c'est de développer au maximum la littérature et la culture dans le squat. Montrer qu'un sans-abri a aussi de la culture."

Parmi 20 frères et soeurs, Brasiliano da Silva, autre habitant du 911, vend des boissons fraîches sur les voies rapides de São Paulo au péril de sa vie et ne manque pas de conseiller ses livres préférés à l'automobiliste pressé. Lui aussi a une pensée sur le rôle des livres .

"Pour moi, la littérature est la lumière au bout du tunnel, comme si on vivait totalement dans le noir. Mais la littérature nous aide à oublier les problèmes de tous les jours. Grace à la littérature, je me sens l'égal de tous ces gens qui passent à bord de leurs voitures de marque et même supérieurs à eux, car moi, je suis le personnage d'un livre. J'ai le pouvoir de transformer le monde à chaque instant. Il suffit de tourner la page pour changer d'histoire."

Les habitants du 911 s'organisent et proposent des activités pour les 500 familles. Le sous-sol est un lieu de vie et de culture avec des cours d'alphabétisation, des expos... La bibliothèque du 911 est un lieu de refuge où l'écrit aide à poser des mots sur des vies, à partager avec d'autres, avec souvent de la politique au centre des débats. Une bibliothèque d'une prise de conscience en devenir, lieu d'espoir d'un monde où l'on parle de possibles en évoquant la destinée du Président brésilien Lula.

Source :

Monteiro, Melissa (20 septembre 2006). La bibliothèque du squat (En ligne), Arte Geie, Melting Pot Productions, Paris, Reportage vidéo, 12 minutes (Page consultée le 28 septembre 2006)

Jacques Cotta, 7 millions de travailleurs pauvres, la face cachée des temps modernes

Le journaliste Jacques Cotta a publié chez Fayard, le 27 septembre, un récit-essai sur une population française oubliée : les 7 millions de travailleurs pauvres : "7 millions de travailleurs pauvres. La face cachée des temps modernes".


Il y décrit de façon magistrale la vie au quotidien d'hommes et de femmes sans logis qui, la plupart du temps, errent chaque soir pour trouver un logement digne de ce nom, cherchent de quoi manger et désirent se laver ; ces mêmes personnes qui travaillent chaque jour pour un salaire dérisoire.


Crise du logement oblige, ces travailleurs pauvres sont victimes de la gentrification, terme barbare mais urbain, leur faible niveau de revenus les excluant de la ville mais aussi de la périphérie des villes. De plus en plus rejetées dans le rural, ces personnes se voient rejeter de la possibilité d'avoir un travail stable du fait de la difficulté à se déplacer par les modes de transports en commun, leur accès à la culture demeure limité, ne parlons même pas d'un accès à Internet digne de ce nom. Le livre de Jacques Cotta évoque ces gens-là, ceux qui n'ont pas d'organisations représentatives, ceux qui se taisent, dans la société française, qui n'existent pas sauf dans des statistiques liées à des revenus :

"Depuis que j'ai quitté l'homme au costume, je reste en butte à quelques questions qui se bousculent. Qui sont vraiment ces nouveaux pauvres, ces "poor workers" à la française ? La clocharde vautrée est détectable, mais eux ? Y a-t-il une trajectoire bien identifiée qui mène à cette nouvelle pauvreté, ou chaque cas est-il particulier ? Comment ces nouveaux pauvres ont-ils basculé ? Comment vivent-ils au quotidien ? Pour quelle raison l'homme qui vient de me parler a-t-il tout d'un coup sombré ? Il est environ 20h30, la pluie a cessé, et l'agitation habituelledu quartier a repris le dessus. Sous les appareils de chauffage extérieurs, les terrasses sont pleines, la musique resonge, couvrant le bruit des voitures qui passent à toute allure.

Malgré les apparences, statistiquement, il y a là des hommes et des femmes directement concernés que je ne peux repérer. Ils sont en effet 7 millions de France à connaître cette pauvreté, à ne pouvoir se nourrir, subvenir à leurs besoins élémentaires, se loger. Plus de 3 sans domicile fixe sur 10 ont un boulot et pourtant, comme l'homme que j'ai quitté à l'instant, cherchent soir après soir où dormir. Comment les reconnaître alors qu'ils sont comme vous, comme tout le monde, comme moi ?"


Statistiquement en France, plus de 7 millions de salariés perçoivent un salaire inférieur à 722 euros par mois et se trouvent dans l'incapacité de se nourrir, de se loger ou de s'habiller décemment, de même que leur famille. Plus de 12 millions ont moins de 843 euros de revenu mensuel. Entre la moitié et les deux tiers des femmes qui travaillent ont un contrat d'intégration (CES, CIE, CES...) et touchent moins de 750 euros par mois, ont un enfant, vivent seules ou avec un conjoint au chômage et forment 90 % des familles monoparentales.


Alors que la France n'a jamais été aussi riche - le Produit Intérieur Brut est en progression constante depuis le début des années 1990 - la précarité s'est développée sur un mode exponentiel. En 10 ans, l'intérim a augmenté de 130 %, le nombre de CDD de 60 %, les CDI de seulement 2 %. Plus d'un million de personnes bénéficient du RMI, plus de 500 000 de l'allocation solidarité.


Daniel Mermet (France-Inter) a consacré son émission "Là-bas si j'y suis" du 27 septembre à un entretien avec le journaliste Jaques Cotta à l'occasion de la sortie de son livre 7 millions de pauvres. Vous pouvez écouter cette émission à cette adresse.


Source :

Cotta, Jacques (27 septembre 2006). 7 millions de travailleurs pauvres, la face cachée des temps modernes, Fayard, Paris, 308 p.

Premier billet. Modifiez-moi

Je suis le premier billet. Modifiez moi. Voilà donc...

"On connaît le bruit de deux mains qui applaudissent. Mais quel est le bruit d'une seule main qui applaudit ? A. Zen Koan"

Citation en exergue des Nouvelles de Jerome David Salinger, publiées en 1948, en édition compilée originale.

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