Jean-Luc Raymond

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mercredi 29 novembre 2006

Bien d'expérience (tendance 019)

Nouvelle rubrique : tendance. Un mot, une expression, un lieu, une chose comme reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans l'avenir, porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le prononce, dans son champ énonciatif et contextuel. Mot, expression à suivre, objet utile ou inutile, lieu en devenir...


Expression qui revient en force au-devant la scène médiatique, la notion de bien informationnel pour caractériser les contenus culturels à l'heure de l'Internet et des échanges dématérialisés. Olivier Bomsel, Anne-Gaëlle Geffroy et Gilles Le Blanc abordent cette caractéristique du monde économique actuel et en devenir dans leur récent ouvrage : "Modem le maudit. Economie de la distribution numérique des contenus" paru aux Editions de l'Ecole des Mines de Paris en juillet 2006.

"Les contenus (culturels) sont des flux d'informations particuliers qui se distinguent par leur statut de "bien d'expérience". Les acheteurs ne peuvent connaître la valeur réelle d'un contenu (sa qualité) avant de l'avoir consommé. Ainsi, la spécificité essentielle des industries de la création par rapport aux industries "banales" est l'absence de caractéristiques objectives du produit. On connaît le niveau de bruit, la puissance, la consommation électrique, le détail des accessoires d'un aspirateur. On connaît également les caractéristiques de certains biens informationnels comme les logiciels par exemple. Mais pour un livre, un disque ou un film, la consommation obéit à des modalités différentes. Les contenus sont en fait des biens d'expérience comme le vin, les parfums ou les voitures d'occasion. Il y a une asymétrie d'information sur la qualité de ces biens entre le vendeur et l'acheteur, entre l'amont et l'aval. C'est typique de l'industrie du cinéma : les producteurs achètent à l'aveugle, sélectionnent sans connaître, sur la base d'un "pitch", c'est-à-dire d'un court résumé de l'histoire. (...) La nouveauté de l'économie numérique est la concurrence entre les multiples systèmes de distribution se disputant la croissance des marchés de contenus. Internet n'est avantagé dans la distribution de contenus audiovisuels que pour le peer-to-peer ou la vidéo à la demande... (...) Internet est en position de force dans les secteurs où n'existe pas de distribution numérique alternative. C'est le cas de la Presse écrite et de la musique. Dans le domaine de la musique, on n'a pas le choix, car il n'existe pas de forme alternative à Internet pour distribuer du contenu sous forme dématérialisée, le mode hertzien ne s'y prête pas. Dans d'autres secteurs, tels que la vidéo, Internet affronte la concurrence de la télédiffusion."



L'expression bien d'expérience n'est pas nouvelle. En 2001, lors d'un séminaire sur la propriété intellectuelle et l'économie des biens informationnels, le chercheur en économie Michel Gensollen évoque l'information comme bien d'expérience comme l'un des mécanismes de formation de la valeur de l'information :

"L''information comme bien d'expérience : l'analyse précédente (l'information comme bien public) néglige le fait que l'information est un bien d'expérience, c’est-à-dire que le consommateur ne peut savoir ex ante si une information dont il connaît l'adresse lui convient ou non ; plus généralement, il est coûteux de rechercher une information, et plus encore lorsqu'on ne sait pas précisément ce qu'on cherche ; la valeur de l'information réside donc également dans les processus d'indexation, de recherche et, éventuellement, de certification de la qualité des données ; cette fonction proprement éditoriale, qui justifiait en fin de compte la rémunération des éditeurs, est remplie aujourd'hui sur Internet plus efficacement par d'autres acteurs : moteurs de recherche, forums de discussion, critiques des consommateurs, etc."

Martin Roulleaux Dugage, Le prix de la confiance : guide pratique de l'entreprise en réseau, ouvrage téléchargeable gratuitement

Martin Roulleaux Dugage (directeur Knowledge Management Schneider-Electric) vient de publier sur son blog une version alpha (donc non finalisée) de 148 pages de son ouvrage "Le prix de la confiance : guide pratique de l'entreprise en réseau" téléchargeable gratuitement à cette adresse en .pdf (2,9 Mo).


Martin Roulleaux Dugage explore les changements dans le monde post-industriel, le présent de l'entreprise collaborative et décrit comment favoriser, faire émerger, gérer et analyser une communauté de pratique professionnelle active, figure émergeante de l'entreprise en réseau moderne.


L'auteur s'attarde également sur les 7 espaces présents dans une grande entreprise ou un structure importante et donne des clés pour réussir une transformation managériale induite par l'utilisation de plus en plus prégnante des Technologies de l'Information et de la Communication où le leadership devient foncièrement collaboratif.


Ce livre concerne bien au-delà de la cible d'un lectorat de managers attentifs aux changements liés au multimédia dans l'entreprise. Il pose des jalons pour les personnes s'intéressant aux phénomènes de communautés de pratiques et d'échanges de flux de connaissances au sein de l'entreprise. Il délivre des grilles de lecture et, en filigrane, un guide pour agir au sein même de l'organisation dans une approche en réseau.

"Le mouvement de transformation de l'entreprise est bien en marche. Il est porté par les nouvelles technologies du Net, et nous sommes encore loin d'en avoir saisi la portée. La mondialisation associée aux nouvelles technologies de communication, maintenant largement démocratisées, donne naissance à des formes nouvelles d'organisation adaptative. Des groupes de personnes se rassemblent et s'auto organisent en réseaux et en communautés, parfois planétaires, et sans rien demander à personne. Bien plus, ces communautés commencent à établir des connexions entre elles, comme autant de neurones d'un gigantesque cerveau mondial en devenir, se jouant des frontières de la géographie et des organisations. Ce réseau mondial d'intelligence collective en est encore à ses balbutiements, mais sa croissance est explosive, et son impact sur le monde du travail est déjà considérable. Quand on sait que la valeur d'un réseau s'accroît en principe comme le carré du nombre de ses connexions, il y a là quelque chose dont l'impact sur le monde du travail est comparable à celui de la météorite qui a tué les dinosaures. Si l’homme se met à externaliser ses fonctions cognitives, les organisations hiérarchiques et cloisonnées n’y survivront pas.

Il faut donc impérativement apprendre aux managers à reconsidérer l'universalité des pratiques de contrôle héritées de l'âge industriel et en adopter de nouvelles dans le but de développer la connaissance et susciter l'innovation. Il faut rééquilibrer le système traditionnel de management de l'entreprise, centré sur la recherche de productivité des structures, par un système complémentaire centré sur les espaces d'apprentissage et d'innovation. Ainsi, aux deux piliers actuels de l'organisation d'entreprise -les hiérarchies fonctionnelles et les équipes projet-, il faudra ajouter un troisième -les communautés- qui donnera aux entreprises les moyens d'une nouvelle croissance. Les entreprises qui survivront au 21e siècle seront celles qui auront su mettre en oeuvre les systèmes d'apprentissage les plus efficaces sur leur coeur de métier, et qui auront externalisé tout le reste."


En complément, Martin Roulleaux Dugage propose un fichier en .pdf sur le thème : "Dynamiques collaboratives au-delà des frontières : éléments de théorie et de pratique pour le développement de l'entreprise en réseau" issu d'une présentation sur la dynamique collaborative des réseaux sociaux et des communautés.

samedi 25 novembre 2006

Logiciel d'administration d'Espace Public Numérique, E-administration au Mali, L'internet sans embrouilles, Fractures dans la société de la connaissance... (brèves citoyennes de clavier)

Nouvelle version du "Guide de l'Internet sans embrouilles" à télécharger édité prochainement pour Sciences et Vie Junior (publics cible : parents et enfants) avec de nouveaux thèmes : les jeux en réseau, l'Internet pédagogique, l'Internet et le téléphone portable, le podcasting et l'utilisation des logiciels libres. Via Mad's blog.


En version bêta, le logiciel ZybaCafe (en GNU-GPL, version anglaise, ex-DireqCafe) permet d'administrer un Espace Public Numérique. À tester.


Infobourg présente une synthèse des travaux du 1er Forum sur la Gouvernance de l'Internet du 30 octobre au 2 novembre 2006 à Athènes : "Un premier pas a été franchi avec le forum sur la gouvernance de l'Internet".


Tout juste paru, le n°45 de la revue scientifique Hermès du CNRS est consacré aux "Fractures dans la société de la connaissance". Cette édition coordonnée par Didier Oillo et Bonaventure Mvé-Ondo fait la part belle à la francophonie et "souhaite contribuer à fonder d'autres paradigmes pour penser la "Société de la connaissance"" avec 4 problématiques "La fracture numérique en recherche de sens. La mise en question des modèles économiques et juridiques. Les limites du virtuel dans les modèles pédagogiques. Les universalismes à l'épreuve de la technique."


Au Mali, l'administration électronique avance avec des pas concrets. Le dernier en date : les citoyens maliens peuvent vérifier leur inscription sur la liste électorale en consultant le site Internet DGE Mali.


A écouter en audio sur le site de la radio BFM, l'enregistrement et podcast de l'émission 01 Business du 23 novembre 2006. Louis Pouzin, l'un des précurseurs de l'Internet et Président du Native Language Internet Consortium, s'y exprime sur l'Histoire de l'Internet et son nouveau projet.


Spécialiste de l'usabilité/ergonomie Web, Jakob Nielsen définit 3 types de la fracture numérique dans l'article : "Digital Divide: The Three Stages" publié le 20 novembre sur son site : la fracture numérique économique ("economic divide"), la fracture numérique d'usabilité ("usability divide") et enfin la fracture numérique de délégation de pouvoir ou d'habilitation ("empowerment divide").


Une réflexion intéressante de vocabulaire du moment par Jacques Le Goff (Professeur de Droit public à Brest) autour de l'évolution de l'emploi et des formes d'emploi, pour y voir plus clair en ce contexte préélectoral : "Flexibilité et précarité n'ont pas forcément le même sens".

dimanche 19 novembre 2006

Entrepreneur de la connaissance (tendance 014)

Nouvelle rubrique : tendance. Un mot, une expression, un lieu, une chose comme reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans l'avenir, porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le prononce, dans son champ énonciatif et contextuel. Mot, expression à suivre, objet utile ou inutile, lieu en devenir...


Dans le "Petit précis d'efficacité collective Tome 01 : Travailler autrement" édité en par Microsoft France en Creative Commons, au 1er semestre 2006 (à commander gracieusement sur cette page), Richard Collin, expert français en Knowledge Management et Président d'ICCE introduit la notion d'entrepreneur de la connaissance en titrant une partie de son article "Travailler, produire et créer autrement" : "Chacun devient un entrepreneur de la connaissance" et en contextualisant son approche :

"Parce que le monde change très vite, chacun peut et doit devenir "chercheur". Chacun peut et devenir professeur, parce qu'il ne suffit pas de produire des informations et des connaissances, il faut aussi les formaliser et les communiquer. Enfin, chacun peut et doit devenir un manager dans sa propre sphère, parce que la coopération et le dialogue entre savoir-faire différents deviennent des exercices indispensables, parce que la décision et la navigation dans un environnement complexe et incertain sont désormais le lot de tous. L'autonomie et l'initiative se déclinent ainsi sous le visage de l'entrepreneur de la connaissance".


L'expression "entrepreneur de la connaissance" est un vocable tiré du Knowledge Management. Il constitue le leitmotiv d'un article du Pôle productique de Rhône-Alpes : "Que chacun devienne un entrepreneur de la connaissance" :

"Les systèmes à base de connaissances, les blogs et wikis, les messageries intelligentes et multimedia, les outils numériques pour la modélisation et la simulation collent à cette nouvelle vision du savoir, à condition, précisément, que nos modes d'organisation et nos mentalités n'y fassent pas obstacle.
Ainsi, l'organisation la mieux armée est celle dont le plus grand nombre de membres sont des agents d'innovations, des "entrepreneurs" au sein de leur structure (Suit la définition déjà inscrite plus haut)".


Sur son site Internet, le penseur canadien Michel Cartier consacre un article au knowledge worker (entrepreneur de la connaissance) qu'il considère en 2003 comme une nouvelle catégorie de travailleurs : "Les travailleurs de l'information" :

"La nouvelle économie fait donc émerger une nouvelle catégorie de travailleurs : ceux de l'information. Ceux-ci doivent créer, capitaliser et partager le capital de connaissances entre les employés de l'entreprise et les partenaires de celle-ci. Une étude américaine a révélé que lorsqu'une entreprise perd un employé, ce sont 30 000 $ en valeur information qui disparaît de son capital savoir. Ce sont des gens dont le métier est en train de muter (RH et veille par exemple), d'autres dont les pratiques sont remplacées par de nouvelles (CRM) ou certaines qui n'existaient pas il y a cinq ans (Web et multimédia)."

samedi 18 novembre 2006

Innovation sociale pédagogique, des projets scolaires concrets porteurs de sens : prix de l'innovation éducative et Taxibrousse

L'innovation sociale peut se passer de la formalisation des Technologies de l'Information et de la Communication dans bien des projets qui visent à favoriser davantage de compréhension et de respect de l'autre.


Taxibrousse relie les pratiques Nord-Sud


L'agence de Presse pédagogique canadienne Infobourg rapporte sur son site la belle initiative de Taxibrousse, une ASBL belge (association) qui propose des stages d'entraide au Sénégal, auxquels des élèves et des enseignants de la Belgique, de la France et du Québec participent : "Taxibrousse : "Je veux aider", "je veux apprendre", "je veux partager"". Ces stages d'entraide et de formation (de 15 jours à 3 mois) pour les enseignants et les élèves font renaître chez ceux qui y participent la notion d'entraide et de partage avec des projets pédagogiques humanitaires. Ce sont 400 personnes qui sont parties depuis 2002 au Sénégal, année où le projet Taxibrousse est né de l'idée Jean-Marc Quinet. Les vécus de ces stages rapportés sur le site Internet de l'ASBL Taxibrousse témoignent de la richesse sociale des échanges.


Claude Leblanc, enseignant au Collège Beaubois de Pierrefonds (au Québec) a participé à Taxibrousse :

"Pendant cinq jours, durant leur semaine de relâche, 16 élèves de 4e et 5e secondaire et leurs deux accompagnateurs se sont envolés pour le Sénégal pour y faire de la remédiation avec les jeunes sénégalais. (...) Selon monsieur Leblanc, le plus difficile pour ses élèves a été "de revenir dans une société matérialiste où ce sont les possessions matérielles qui déterminent la valeur d'une personne, et non la personne elle-même"."


Un des prochains projets de Taxibrousse prévu en août 2007 : "Nous souhaitons mettre sur pied une petite équipe d'enseignants férus d'informatique pour former leurs homologues sénégalais".


Prix de l'innovation éducative 2006 : des actions "trans-"


Le Café pédadogique consacre un reportage au Prix de l'innovation éducative 2006 remis cette année par Philippe Meirieu à deux collèges, une école, un lycée professionnel en France. La Ligue de l'enseignement et l'association "Pour l'école" parrainent cette opération qui valorise des actions innovantes dans les domaines pédagogique et éducatif conduites dans des établissements du premier et du second degré.


Les Lauréats 2006 : l'école maternelle Pablo Picasso de Perpignan a fabriqué des jeux scientifiques pour des enfants aveugles en associant les parents d'élèves. Le collège Jean-Vilar de Grigny (Essonne) s'est illustré en montant une exposition autour du "Pendule de Foucault" avec des élèves en grande difficulté, transformant ainsi leur attitude vis-à-vis des disciplines scientifiques. Le collège Laplace à Créteil (Val-de-Marne) a construit tout un travail avec une maison de retraite : "les élèves ont écrit des textes à partir des récits de vie des personnes âgées" et d'autres collégiens en Zone d'Éducation Prioritaire ont travaillé avec des artistes de l'Opéra pour façonner un spectacle. Enfin, le lycée professionnel Croix Cordier de Tinqueux (Marne) a constitué un recueil sur les poilus reposant dans les cimetières communaux, chaque élève parrainant une tombe.


Ces projets sont porteurs de partage de savoir, de reconstitution de la mémoire et de partage entre des groupes de vie bien différents. Philippe Meirieu a décrit ces projets comme "trans-" : "transgénérationnels, transdisciplinaires, transculturels. En effet, les 4 projets lancent des ponts entre les hommes."


L'UNAF indique sur son site l'ensemble des 11 projets primés. La ligue de l'enseignement présente les lauréats 2006 et invite les écoles et les collèges à participer au Prix de l'innovation éducative 2007.

jeudi 9 novembre 2006

Jacques Attali, Une brève histoire de l'avenir

Dans son nouvel ouvrage de prospective, Une brève histoire de l'avenir, Jacques Attali dessine le futur de l'homme et de la société "hyper". Il prédit que les progrès techniques vont bouleverser le travail, le loisir, l'éducation, la santé, les cultures et les systèmes politiques. La seule rareté de notre monde sera le temps. Dans un point consacré aux technologies, Jacques Attali y décrit le phénomène d'ubiquité nomade, à l'horizon 2030, chacun étant connecté dans l'espace et dans le temps. Extrait :

"Avant 2030, chacun, sauf les plus pauvres, sera connecté en tous lieux à tous les réseaux d'information par des infrastructures à haut débit, mobiles (HSPDA, WiBro, WiFi, WiMax) et fixes (fibre optique). Chacun sera ainsi en situation d'ubiquité nomade. Cela a déjà commencé : Google vient de mettre à disposition des habitants de la ville californienne où est situé son siège, Mountain View, et de ceux de San Francisco, un accès gratuit et universel à Internet sans fil à haut débit. En Corée, des villes entières sont maintenant équipées de réseaux de téléphonie mobile HSDPA, dix fois plus performants que la 3G, et d'accès à Internet mobile (WiBro). Ces infrastructures numériques permettront aussi aux collectivités de mieux gérer la sécurité urbaine, les encombrements dans les transports et la prévention des catastrophes.

Cette mise en réseau des membres de la classe créative dispersés en plusieurs lieux favorisera la création en commun à distance, sans avoir à se réunir dans un même "coeur", de logiciels, de services, de produits, de productions. Des langages permettront d'écrire des programmes accessibles au plus grand nombre et de structurer l'information pour donner accès simultanément aux données et au sens."

(...)

"On assistera à l'ultrapersonnalisation des contenus en fonction des besoins et centres d'intérêt de chaque individu : combinaison de textes, fichiers audio et vidéo sélectionnés selon ses centres d'intérêt. Les distinctions entre presse, radio, télévision et "nouveaux médias" seront de moins en moins pertinentes. Les médias devront, pour survivre, accepter cette marche inéluctable vers des médias gratuits, participatifs et ultra-personnalisés.

Les livres deviendront aussi accessibles sur des écrans bon marché et aussi fins que du papier e-paper et e-ink : nouvel objet nomade en forme de rouleau, donnant ainsi une réalité commerciale aux livres électroniques. Ils ne remplaceront pas les livres, mais auront d'autres usages, pour des oeuvres éphémères, sans cesse actualisées, et écrites spécialement pour ces nouveaux supports."

Sur l'ouvrage de Jacques Attali, Une brève histoire de l'avenir, à consulter : Jacques Attali interviewé par Jean-Pierre Elkabbach sur Europe 1 (25 octobre 2006) et Un entretien avec Christophe Barbier pour l'Express (26 octobre 2006), 


Source :

Attali, Jacques (octobre 2006). Une brève histoire de l'avenir, Fayard, Paris, pp.188-192.

jeudi 2 novembre 2006

Livres sur le Web 2.0 et les médias sociaux, la glocalisation en question

Le journaliste anglais Ian Delaney prépare un ouvrage sur le Web 2.0 et les médias sociaux ("social media"). Dans sa capitalisation de connaissances sur le sujet, il vient de publier un article sur son blog indiquant des eBooks sur ces 2 thèmes, des livres électroniques téléchargeables gratuitement en .pdf : 10 free ebooks about Web 2.0.


Parmi cette sélection de 12 ouvrages, qui augmente au fur et à mesure des contributions des internautes, on peut signaler 2 ouvrages en gestation pour lesquels les auteurs ont délivré leur texte préparatoire en ligne et invitent les visiteurs à complémenter leurs propos afin d'améliorer leur contenu :

- We-think: the power of mass creativity de Charles Leadbetter s'intéresse par des exemples concrets à montrer comment le nouveau Web bouleverse des pans entiers de notre société dans les fondements organisationnels de notre temps : univers de l'entreprise et du travail, monde scolaire, sphère du jeu vidéo, vie de la cité, modes d'innovations... Au coeur de ces changements, ce que Charles Leadbetter appelle la créativité de masse.

- New Influencers par Paul Gillin, prévu pour 2007. Ce journaliste américain, auteur et consultant Internet et nouvelles technologies s'intéresse au phénomène des blogs et à leur influence grandissante dans l'entreprise. Paul Gillin dresse aussi des portraits de blogueurs influenceurs anglo-saxons.


Lecture recommandée par Ian Delaney, une intervention de Danah Boyd (chercheuse doctorante sur les réseaux sociaux en ligne et qui travaille pour Yahoo) en mars 2006 sur une caractéristique très importante des technologies de l'information et de la communication : "G/localization: When Global Information and Local Interaction Collide".


Le sociologue Blaise Galland définit ainsi le processus de glocalisation :

"processus double par lequel la ville se décharge de sa fonction de production, d'échange et de traitement de l'information en la déplaçant dans le cyberespace, tout en développant, conséquemment, de nouvelles formes d'organisations sociospatiales au niveau local."


... à compléter par l'article du Courrier, quotidien suisse, dans un entretien avec le sociologue Roland Robertson : "Nous vivons dans un monde glocalisé" :

"La "glocalisation" est une globalisation qui se donne des limites, qui doit s'adapter aux réalités locales, plutôt que de les ignorer ou les écraser. Par ailleurs, en provoquant une résistance à elle-même – suscitant un mouvement mondial de contestation – la globalisation contribue, ironiquement et paradoxalement, à concentrer l'attention sur les réalités locales. Il est vrai que protester contre la globalisation a parfois eu l'effet contraire, produisant plus de globalisation. Mais l'on a compris que, pour faire avancer la cause du "local", il faut agir au niveau global, en sillonnant la planète, en communiquant à travers les nouvelles technologies, etc."


Source :

Delaney, Ian (October 31, 2006). "10 free ebooks about Web 2.0" (En ligne), TwoPointTouch, Londres, 1 p. (Page consultée le 1er novembre 2006)

dimanche 15 octobre 2006

Thomas Friedman, la Terre est plate, une brève histoire du XXIe siècle

Thomas Friedman est un journaliste américain au New York Times et détenteur de trois Prix Pulitzer. Dans son dernier ouvrage, The World is Flat traduit en La Terre est plate, paru aux Editions Saint-Simon, ce mois-ci, Thomas Friedman (voir son site) s'exprime sur la globalisation. Son livre s'est déjà vendu à 3 millions d'exemplaires aux États-Unis. Le magazine Challenges de cette semaine en publie un extrait.


Thomas Friedman découpe le phénomène de la mondialisation en 3 étapes : le monde de taille moyenne ou "comment collaborer avec les autres nations à l'échelle mondiale" (de 1492 à 1800), le petit monde ou "l'économie mondiale" (de 1800 à 2000) et aujourd'hui, le petit monde en train de devenir minuscule, en même temps que le terrain s'aplatit : "ce ne sont plus ni les pays ni les entreprises qui guident le processus, mais les individus".


Thomas Friedman caractérise ce "nouveau Monde mondialisé" :

"Ce monde plat résulte de la convergence de l'ordinateur personnel (qui a permis à chacun de produire ses propres documents numérisés), du câble à la fibre optique (qui a permis d'avoir accès à de plus en plus d'informations pour un coût quasiment nul) et de l'essor des logiciels de workflow (qui a permis à des individus de collaborer sur le même contenu numérique quelle que soit la distance géographique qui les sépare). Personne n'avait prévu cette convergence. Elle s'est simplement produite, vers l'an 2000, et les hommes ont alors compris qu'ils pouvaient désormais agir à l'échelle planétaire en tant qu'individus. Ils pouvaient travailler avec d'autres individus, et non plus seulement en concurrence avec eux. Chacun doit donc se demander : Quelle est ma place, en tant qu'individu, au sein de la concurrence mondiale ? Comment puis-je, personnellement, collaborer avec d'autres individus à l'échelle planétaire ? (...)

En matière de création de valeur, le monde passe d'un système vertical à un système plus horizontal, tandis que l'on voit s'effondrer les murs, les plafonds et les planchers : les sociétés vont donc faire face à beaucoup de bouleversements à la fois. Et ces changements n'affecteront pas seulement l'économie, mais aussi la manière dont les individus, les communautés et les entreprises s'organisent.

La définition même de l'entreprise et de communauté en sera transformée, de même que notre identité de consommateurs, d'employés, d'actionnaires ou de citoyens, notre identité politique et le rôle joué par les gouvernements. Après la triple convergence qui a commencé vers l'an 2000, nous allons devoir "résoudre les énigmes". (...)

Où commencent et où s'arrêtent les entreprises ? Les relations entre les différents groupes de travailleurs devront être repensées, de même que les relations entre les entreprises et les communautés."


Source :

Friedman, Thomas (12 octobre 2006). La Terre est plate, une brève histoire du XXIe siècle, Éditions Saint-Simon, Paris, 283 p.

vendredi 6 octobre 2006

Banlieues créatives en France : 150 actions dans les quartiers, Guide 2007 (par Anne Dhoquois)

Rédactrice en chef de Place Publique (une agora sur Internet mettant en avant des initiatives citoyennes), Anne Dhoquois vient de signer un remarquable ouvrage d'espoir qui vient trancher avec l'image négative des banlieues à l'automne 2005 : "Banlieues créatives en France : 150 actions dans les quartiers - Guide 2007" (collection Guide des initiatives solidaires, éditions Autrement).


Cet ouvrage présente des monographies et portraits d'acteurs, d'associations, d'entreprises, de collectivités locales et organismes consulaires qui agissent dans une dynamique d'innovation au coeur des quartiers dits "sensibles". Ces expériences humaines, sociales, culturelles, d'entreprises sont au coeur d'une innovation dans des contextes locaux compliqués où le projet collectif est plus fort que l'image souvent écornée du quartier.


En 8 thèmes : Apprendre, Créer son activité, Dialoguer, Participer, Se distraire, S'exprimer, S'insérer, Vivre au quotidien, Anne Dhoquois fait un inventaire étonnant de diversités et d'idées mises en oeuvre qui libèrent la parole, expliquent la volonté de faire, montrent "l'agir concrètement" et témoignent d'un retour d'expériences de vies passionnantes au sein de banlieues, "le lieu du ban" (lieu des bannis) comme l'explique le journaliste Suisse Michel Beuret.


Des initiatives liées à Internet sont présentées comme les activités numériques citoyennes du Centre Social de Belleville à Paris (blog collaboratif, wiki, projet d'ordinateur simplifié MiniNet), l'accompagnement de projets par l'association Génération NTM à Saint-Denis, département de la Seine-Saint-Denis (implication dans le site Espace Citoyen Dyonisien en cherchant à aider au développement de médias indépendants locaux), les HLM connectés de Moulins Habitat à Moulins dans l'Allier (connexion gratuite à Internet dans les logements sociaux via un téléviseur ou un ordinateur avec un accompagnement à l'appropriation, des contenus informatifs propres...), l'Internet dans les quartiers avec l'apport de l'Espace Public Multimédia de Kerourien, à Brest (ateliers d'écritures, aller au-devant des publics éloignés de l'internet avec un ordinateur portable, atelier cuisine multimédia...) ou encore le projet du pôle Internet citoyen de proximité développé par l'association Fraternet dans le Nord (créer un site Internet sur un quartier ou une ville et proposer aux habitants de l'alimenter en organisant en amont des ateliers d'écriture), T.O. Mirail à Toulouse (un portail avec, par et pour les habitants du quartier du Mirail avec des infos, des photos, des reportages...)...


Anne Dhoquois résume ainsi l'aventure de ce livre :

"Force, générosité, inventivité, pragmatisme... Tels sont les maîtres mots qui caractérisent nombre de personnes oeuvrant et vivant dans les quartiers. Mais pas seulement. Au détour d'une réflexion, d'un bilan, d'un constat, s'exprime la détresse, voire le désespoir. Car les temps sont durs - subventions en diminution, secteur de l'insertion en crise, développement de la misère... - et les raisons de la colère nombreuses. Pour autant, les discours de découragement ne sont pas légion tant l'énergie vitale qui anime ces travailleurs sociaux, bénévoles, éducateurs, artistes, militants associatifs, animateurs... rencontrés et interviewés lors de la rédaction de cet ouvrage a été palpable. Et c'est à toute cette richesse humaine que le livre rend hommage. Comme un miroir tendu aux habitants d'autres quartiers, moins en crise, mais qui pourraient être à leur tour gagnés par cette soif de créer du lien, de la solidarité, du mélange. Comme une boîte à outils d'idées, d'initiatives, d'expériences, souvent réussies, parfois ratées, mais toujours en mouvement".


Source :

Dhoquois, Anne (5 octobre 2006). "Banlieues créatives en France : 150 actions dans les quartiers, Guide 2007", Editions Autrement, Guide des initiatives solidaires, Paris, 210 p.

lundi 2 octobre 2006

Référencement 2.0 par Olivier Andrieu : nouveau livre sur l'optimisation du référencement de sites internet

Olivier Andrieu s'est imposé depuis plus de 10 ans comme l'un des meilleurs spécialistes français de la recherche sur Internet et du référencement Web. Depuis, la parution de son ouvrage "Créer du trafic sur son site Web" en 2000 (aux Editions Eyrolles), Olivier Andrieu a poursuivi son aventure sur Internet sur son site Abondance.com ("Toute l'info et l'actu sur les annuaires et moteurs de recherche : recherche d'information et référencement").

Olivier Andrieu vient de publier un nouvel ouvrage "Référencement 2.0" uniquement disponible en .pdf (en vente sur la boutique Abondance), 256 pages, entièrement dédié au référencement, fournissant des clés pour mieux optimiser votre site afin de lui donner une meilleure visibilité sur les moteurs de recherche en 11 chapitres :

Généralités - Définitions ; Préparation d'un référencement ; Optimisation des pages du site ; Les contraintes, obstacles ou frein au référencement ; Référencement ou comment entrer dans les bases de données des outils de recherche ; Comment ne pas être référencé ? ; Les liens sponsorisés ; Le suivi du référencement ; Référencement internalisé ou externalisé ; Conclusion et Webographie.

Voici quelques exemples de positionnement obtenus en suivant les conseils du livre "Référencement 2.0", une foire aux questions sur l'ouvrage.

Sur son blog, Olivier Andrieu dresse un panorama synthétique de l'évolution du référencement Internet depuis 1994 :

"Au début des années 2000, (on a assisté à) la création de pages satellites et (à) une "industrialisation" de certains acteurs, créant quelques "usines à pages satellites" générant des dizaines, parfois des centaines voire plus, de ces documents, le plus souvent pour de gros clients et, donc, de gros budgets.
L'année 2006 marque de façon certaine une nouvelle ère dans ce domaine, avec la fin de ces pages satellites, comme le début des années 2000 a marqué la fin des balises meta.

Aussi, pour mieux marquer cette rupture, depuis l'époque de la "rustine" vers une optimisation des "vraies" pages d'un site web (tout en rappelant que certaines sociétés de référencement suivent cette ligne de conduite depuis presque 10 ans...), j'ai choisi le titre "Référencement 2.0". Un peu, aussi, pour indiquer que l'être humain, quelque part, reprend la main dans le référencement par rapport aux "usines à pages satellites" parfois mises en place dans le passé..."

Source :

Andrieu, Olivier (27 septembre 2006). Livre-referencement.com (En ligne). Olivier Andrieu, Heiligenstein, Site (Page consultée le 2 octobre 2006)

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