Typographe, responsable pendant de nombreuses années des Rencontres internationales de
Lure, Gérard Blanchard fut un brillant sémiologue et chercheur. J'ai eu la
chance de l'avoir comme professeur à l'Université de Paris 3 - Sorbonne
Nouvelle lors de mes études initiales. C'était un personne passsionnée et
passionnante qui savait transmettre son goût immodéré pour la
typographie et l'analyse de l'image, et m'a beaucoup appris sur l'art
de la mise en page alors que la Publication Assistée par Ordinateur se faisait
naissante.
Gérard Blanchard était un proche de Roland Barthes qui a dirigé sa
thèse en 1980. Je viens de redécouvrir un ouvrage de référence de Gérard
Blanchard (décédé en 1998) qui fut sa dernière publication : "Aide au choix de
la typo-graphie, Cours supérieur, A l'usage des personnes qui pratiquent la PAO
(Mac et PC)" (Alexandre Perrousseaux éditeur). Pour les personnes s'intéressant
à la typographie, la consultation de ce livre apporte des bases sur la
connotation des caractères et typos à travers l'Histoire et jusqu'aux Années
90. Gérard Blanchard évoque le rôle de l'informatique et de l'Internet sur la
transformation de la typographie dans un dialogue :
"Le metteur en page. - Typographie ? Pourquoi utilises-tu cette vieille expression ?
L'auteur. - Il n'y en a pas d'autres. On y est confronté tout de suite en ouvrant son ordinateur. Une des premières questions c'est : Quelle typographie ? C'est-à-dire le choix d'un caractère.
Le metteur en page. - Alors, pourquoi l'utilises-tu en séparant les deux mots : typo et graphie ?
L'auteur - Pour montrer que quelque chose d'irréversible s'est produit avec la micro-informatique ; la typo est devenue graphie et la graphie image. La typo-graphie n'est pas seulement une légende d'image, mais une image à part entière qui émerge de plus en plus à la connaissance de notre regard, à cause de son affichage généralisé sur les murs et de son affichage-écran qui commence à poser des problèmes nouveaux de lecture."
En fin d'ouvrage, Gérard Blanchard évoque les typo-graphies "nomades" sur le
Web :
"Avec le XXIe siècle le temps n'est plus ce qu'il était (...) Aujourd'hui, nous sommes dans les marges de la typo-graphie, que Mallarmé aborda il y a un siècle (...) L'image numérique, l'informatique et les télécommunications (Internet) nous invite à une navigation dans un nouvel espace. C'est une nouvelle guerre de course, entre des textes que balisent des mots clefs, des icônes animés, des signaux sonores et des couleurs qu'il est loisible d'arranger selon les lois encore incertaines d'un blason reconsidéré ou selon une palette de peintre. La création des passages (les liens) est la première obligation exigée par les nouveaux médias. (...)
Outre la répartition des paquets de textes dans des "lieux de mémoires", le son, l'animation, la couleur jouent un rôle capital, mais déroutant pour les amateurs de beaux livres et pour les typographes qui n'en finissent pas d'épuiser l'héritage de Gutenberg à travers ses avatars électroniques."
L'essai de
Lawrence Lessig "L'avenir des idées - Le sort des biens communs à l'heure des
réseaux numériques" publié il y a quelques mois en français aux
Béatrice
Copper-Royer (psychologue et psychothérapeute) et Catherine Firmin-Didot
(journaliste à Télérama) ont publié à la fin de l'été 2006
: "Lâche un peu ton ordinateur! Comment mettre des limites ?" (chez Albin
Michel), un livre de conseils responsabilisants pour les parents et
d'explication sur ce que sont les pratiques actuelles de
l'Internet, des jeux vidéos et de la mobilité
technologique chez les jeunes.
Le média
Internet n'est pas le média de la liberté absolue. Internet est un média de
concentration.
Dans le
quotidien Libération daté du mercredi 10 janvier 2007, le journaliste
Christophe Alix signe l'article : "
La rubrique
tendance, c'est un mot, une expression, un lieu, une chose comme
reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans l'avenir,
porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le prononce, dans
son champ énonciatif et contextuel. Mot, expression à suivre, objet utile ou
inutile, lieu en devenir...
Le dernier numéro
de la revue scientifique Réseaux (Volume 24, n°138, 2006, chez
Hermès/Lavoisier) porte le titre "Les blogs" avec un dossier complet sur ce
type de publications. Le sommaire, la présentation du dossier et les résumés
des articles sont téléchargeables
En 2004, l'Institut pour la Ville en Mouvement a publié un recueil de
textes aux Editions Belin dans l'ouvrage "Le sens du mouvement, modernités
et mobilités dans les sociétés urbaines contemporaines" (sous la direction de
Sylvain Allemand, François Ascher et Jacques Lévy) suite au Colloque du même
nom en juin 2003 au Centre Culturel inernational de Cerisy-la-Salle.
En avril
2006, à Mill Valley en Californie,
L'essayiste argentin Alberto Manguel publie aux Editions Actes Sud "La
Bibliothèque, la nuit", un ouvrage passionnant où il explique comment il s'est
installé en 2000 dans un hameau de Poitou-Charentes, près de
Châtellerault, pour amener, dès 2001, les 30 000 ouvrages qu'il possède,
dans un même lieu ; une expérience rare. Lire à ce sujet l'article "