Jean-Luc Raymond

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jeudi 8 février 2007

Gérard Blanchard, Typographie à l'ère de l'informatique et de l'Internet

Typographe, responsable pendant de nombreuses années des Rencontres internationales de Lure, Gérard Blanchard fut un brillant sémiologue et chercheur. J'ai eu la chance de l'avoir comme professeur à l'Université de Paris 3 - Sorbonne Nouvelle lors de mes études initiales. C'était une personne passionnée et passionnante qui savait transmettre son goût immodéré pour la typographie et l'analyse de l'image, et m'a beaucoup appris sur l'art de la mise en page alors que la Publication Assistée par Ordinateur se faisait naissante.


Gérard Blanchard était un proche de Roland Barthes qui a dirigé sa thèse en 1980. Je viens de redécouvrir un ouvrage de référence de Gérard Blanchard (décédé en 1998) qui fut sa dernière publication : "Aide au choix de la typo-graphie, Cours supérieur, A l'usage des personnes qui pratiquent la PAO (Mac et PC)" (Alexandre Perrousseaux éditeur). Pour les personnes s'intéressant à la typographie, la consultation de ce livre apporte des bases sur la connotation des caractères et typos à travers l'Histoire et jusqu'aux Années 90. Gérard Blanchard évoque le rôle de l'informatique et de l'Internet sur la transformation de la typographie dans un dialogue :

"Le metteur en page. - Typographie ? Pourquoi utilises-tu cette vieille expression ?

L'auteur. - Il n'y en a pas d'autres. On y est confronté tout de suite en ouvrant son ordinateur. Une des premières questions c'est : Quelle typographie ? C'est-à-dire le choix d'un caractère.

Le metteur en page. - Alors, pourquoi l'utilises-tu en séparant les deux mots : typo et graphie ?

L'auteur - Pour montrer que quelque chose d'irréversible s'est produit avec la micro-informatique ; la typo est devenue graphie et la graphie image. La typo-graphie n'est pas seulement une légende d'image, mais une image à part entière qui émerge de plus en plus à la connaissance de notre regard, à cause de son affichage généralisé sur les murs et de son affichage-écran qui commence à poser des problèmes nouveaux de lecture."


En fin d'ouvrage, Gérard Blanchard évoque les typo-graphies "nomades" sur le Web :

"Avec le XXIe siècle le temps n'est plus ce qu'il était (...) Aujourd'hui, nous sommes dans les marges de la typo-graphie, que Mallarmé aborda il y a un siècle (...) L'image numérique, l'informatique et les télécommunications (Internet) nous invite à une navigation dans un nouvel espace. C'est une nouvelle guerre de course, entre des textes que balisent des mots clefs, des icônes animés, des signaux sonores et des couleurs qu'il est loisible d'arranger selon les lois encore incertaines d'un blason reconsidéré ou selon une palette de peintre. La création des passages (les liens) est la première obligation exigée par les nouveaux médias. (...)

Outre la répartition des paquets de textes dans des "lieux de mémoires", le son, l'animation, la couleur jouent un rôle capital, mais déroutant pour les amateurs de beaux livres et pour les typographes qui n'en finissent pas d'épuiser l'héritage de Gutenberg à travers ses avatars électroniques."

mardi 6 février 2007

DixiemeFamille.com, la solidarité de proximité multipliée par dix

A dix, sommes-nous plus solidaires ? Oui, on est certainement plus forts et mieux à même de porter des initiatives solidaires. Dans l'innovation sociale, le principe de tutorat est adapté pour partager des compétences, épauler, motiver.


Gary Généreux, simple citoyen, a réussi à adapter un principe d'entraide efficace : l'association qu'il a créée en 2003, DixièmeFamille.com met en relation via un site Internet une famille en grande difficulté aidée par 9 autres familles, résidant tous dans la même ville ou à proximité. Les 9 familles interviennent selon leurs disponibilités et compétences dans un partage de savoirs. Ce sont donc entre 30 et 40 personnes qui forment autour du foyer en difficulté une galaxie où chacun apprend à se connaître, à résoudre au jour le jour des problèmes, en élaborant des solutions concrètes à partir d'idées par le relationnel et la rencontre de gens qui ne se connaissent pas en amont. L'association Dixième Famille crée du lien social avec cette façon nouvelle de parrainer et d'aider ceux qui en ont besoin en favorisant les échanges intergénérationnels et de différents milieux sociaux.


Le site Internet DixièmeFamille.com permet de s'inscrire en tant que famille ressource ou d'obtenir l'aide d'une famille. Le réseau de partage est organisé en compétences que l'on déclare maîtriser (figurant dans une Banque Universelle des Savoirs) afin de créer de échanges solidaires.


Enfin, dernier projet en date, l'association Dixième Famille souhaite gracieusement mettre à disposition du milieu associatif solidaire, le Solidariciel : "son application logicielle disponible en ligne et permettant  de rassembler la multitude d'initiatives mise en oeuvre sur le terrain dans une banque des actes solidaires, de mutualiser l'expérience de terrain et les ressources en s'appropriant ces idées et d'offrir aux acteurs du tissu associatif une plate-forme permettant de faire connaître et reconnaître le travail réalisé localement".

Rencontres Wallonnes de l'Internet Citoyen 2007 à Charleroi, mission de préparation

Je viens de terminer l'écriture d'un document préparatoire de préconfiguration des ReWICS (Rencontres Wallonnes de l'Internet Citoyen), une rencontre annuelle d'une journée qui réunit au CEME de Charleroi (Belgique) en mars plus de 700 participants, pour la plupart du secteur public, associatif et non marchand de l'Internet. L'édition 2007 des ReWICS se déroulera le 19 mars 2007 avec le thème générique "Innover socialement par les technologies de l'information". Retenez la date et n'hésitez pas à vous y rendre. L'inscription en ligne et la participation sont gratuites.


Intervenant habituel et visiteur passionné de ces rencontres depuis plus de 4 ans, je participe cette année à l'élaboration du programme où j'ai établi une problématique générale "Apprendre ensemble, les savoirs en réseau" et une déclinaison de ce thème en débats, ateliers, rencontres et animations qui me paraissent pertinents au regard non seulement de l'actualité de l'Internet mais plus largement des enjeux des Technologies de l'Information et de la Communication.


Vous trouverez à cette adresse, le texte d'introduction à ce document préparatoire pour l'organisation : "Apprendre ensemble, les savoirs en réseau" décliné en 4 points qui traduisent des préoccupations fortes liées à l'utilisation des technologies :

  • Le pouvoir des savoirs est un enjeu de société investi par le secteur économique privé,
  • Les temps et les espaces bouleversés qui produisent des effets de rupture et une désocialisation pour les plus faibles,
  • Construire une identité numérique est une variante de la capacité d'investigation des champs de connaissance sur le Web,
  • La recréation d'un champ de l'apprentissage et des savoirs en réseau par des capacités d'expressivité, d'échange et d'innovation sociale.


Avec l'infobésité actuelle, les discours technicistes voudraient sans doute nous faire oublier que le citoyen lambda n'a pas toutes les compétences que nous possédons, nous qui sommes rompus aux nouveautés "outils" et "plateformes" à la mode. J'ai donc essayé de dégager des traits pertinents : notamment le lien à l'apprentissage tout au long de la vie et à l'éducation critique aux nouvelles technologies qui sont plus que jamais d'actualité mais aussi des enjeux territoriaux d'appropriation et de coopération notamment de l'informatique et de l'internet.


Au-delà de ces considérations qui me semblent essentielles, c'est plus encore dans la mise en réseau des acteurs et l'animation de ces réseaux que se situe la créativité, le dynamisme, les capacités de création d'emplois de demain. Le savoir n'est plus monolithique et les techniques imprègnent les moindres recoins de nos vies. Avec les technologies, le capital humain et immatériel est la source de nouvelles initiatives de proximité, signes de nouveaux faisceaux d'innovation sociale. Aux citoyens d'investir ces potentialités participatives et collaboratives.

L'entrepreneur social, un innovateur ?

Grand succès de l'Espace Entrepreneuriat Social au Salon des Entrepreneurs (Palais des Congrès des Congrès) du 31 janvier au 2 février 2007. C'était une première pour ce salon ; un espace mis en place par l'AVISE (Agence de valorisation des initiatives socio-économiques) et la Caisse des Dépôts et Consignations.


Jeudi 1er février, se tenait sur le stand Entrepreneuriat Social, un atelier pratique "Nouveaux besoins, nouvelles coopératives : des opportunités pour entreprendre autrement" présentant un panorama d'initiatives coopératives innovantes et positionnées sur de nouveaux besoins : Bearstech (Société Coopérative de services et de conseil en logiciel libre), Scop Services 76 (Scop spécialisée dans les services à la personne) et Enercoop (fournisseur d'électricité verte). Quelques propos de Patrick Behm, gérant de la SCIC (Société Coopérative d'Intérêt Collectif) Enercoop à Paris, s'exprimant sur l'entreprise sociale au coeur de l'innovation :

"Pourquoi une entreprise sociale n'irait-elle pas vers les secteurs high tech ? Face à des problèmes d'intérêt général, comme la crise de l'énergie et le réchauffement climatique, les réponses citoyennes peuvent être aussi pertinentes. Dans ces domaines complexes et innovants, on se heurte à des poids lourds industriels. Mais quand on a la volonté de bien s'informer sur le sujet, de rester en vieille face à des paramètres qui bougent très vite et de construire son projet collectivement, l'entreprise sociale a toute sa place."

mercredi 31 janvier 2007

Animation du réseau des Espaces Publics Numériques de Wallonie

Mardi 23 janvier, j'ai participé dans les locaux de TechnofuturTIC à Gosselies (Belgique) à la première rencontre 2007 du réseau des EPN de Wallonie qui a réuni plus d'une trentaine de personnes : animateurs multimédias, responsables d'EPN, personnel communal impliqués dans les lieux d'accès publics à l'Internet, pour la plupart d'entre eux, récemment ouverts. J'ai publié, il y a quelques jours, un compte-rendu de cette réunion sur le blog EPN-Ressources.be.


Il y a les EPN qui démarrent et les animateurs confirmés. Tous ont le souci de bien faire, de se rendre utile et déjà quelques préoccupations pointent le bout du nez : Comment accueillir un public de séniors ? Avec quels partenaires locaux puis-je travailler localement ? Comment gérer son temps et donner du temps pour le réseau ? Des questions non techniques pourtant si essentielles. J'y ai apporté quelques réponses oralement, collectivement puis individuellement, et poursuivrai ce travail dans les mois qui viennent.


Je collabore par mon expertise au centre de Ressources des EPN de Wallonie sur le volet conseil, animation de réseau, fourniture de contenus sur le blog collectif et l'Egroupware privé et, aussi, par la préparation et la conduite de plusieurs sessions de formation spécifiques pour les EPN de Wallonie dont : "Evaluation et validation de l’information sur Internet", "Mobilité et EPN : soyez mobiles!", "Avoir une démarche de développement durable au sein et dans les activités d'un EPN", "Connaître son territoire et travailler en réseau", "Actions de recherche d’emploi dans un EPN", "Appropriation de l'informatique et de l'internet par des publics précaires". Ces thèmes seront explorés dans une démarche participative et avec une coconstruction de propositions concrètes.


La formation complétant l'animation de réseau est l'un des points forts de la politique des Espaces Publics Numériques soutenu par la Région Wallonie. On mesure combien ce programme s'intéresse à fournir aux personnes en charge des EPN des réponses de terrain à leurs préoccupations, sans langue de bois et perte de temps, ni effet d'annonce en favorisant aussi l'entraide et l'échange de savoirs entre les animateurs multimédias. Les multiples rencontres favorisent la connaissance de ce qui se fait ailleurs. Se lancer dans l'aventure de l'ouverture et de l'animation d'un Espace Public Numérique est une grande aventure, un début de possibles...

lundi 29 janvier 2007

Second Life, jusqu'où ira la fascination médiatique actuelle pour l'univers virtuel Second Life ?

Le samedi 20 janvier, Metropolis, l'émission hebdomadaire d'actualité culturelle de la Chaîne TV ARTE, a consacré un reportage de présentation sur le monde virtuel Second Life (à visionner ici, 5 mn 34 s), un univers persistant qui bénéficie actuellement d'une couverture médiatique mondiale très porteuse lui assurant une visibilité étonnante et un engouement certain dans une frénésie de communication produisant un effet de mode. A la fin du reportage, le journaliste pointe son propos sur certaines limites de Second Life :

"Linden Lab (la société éditrice de Second Life) s'est assurée par contrat tous les droits de régulation des échanges. Linden Lab ne fixe pas seulement les cours, mais aussi le montant des échanges et le délai pendant lequel on peut changer. Linden Lab est la banque mondiale du monde virtuel de Second Life ce qui fait que la partie pourrait bien finir soudainement. Les résidents du jeu en discutent entre eux. Être connecté à l'économie réelle implique certains risques pour le monde virtuel.

Le professeur Winfred Kaminski (Haute Ecole de Cologne, Institut de Recherche des médias) ajoute : "J'ai l'impression que c'est un peu comme le système des chaînes. Je crains que les derniers arrivants y laissent des plumes. Certains peuvent bien évidemment y tirer profit, mais il faut que quelqu'un paye parce que Second Life vit d'espérances. Bien sûr, les espérances font partie de l'économie, mais elles doivent à un moment ou à un autre être exaucées. J'ai peur que pour certains, le réveil soit douloureux. Si les joueurs participants du monde entier veulent transformer leur Linden Dollars en vrais Dollars, nous aurons ce qu'on appelle un crash et la bulle éclatera"."


Sur son blog, l'artiste et philosophe Gregory Chatonsky évoque aujourd'hui Second Life sous l'angle critique d'une façon brillante : "La Seconde fois" :

"Si Second Life a un tel succès médiatique, alors qu’il n’est pas très différent d’Alpha World par exemple, c’est sans doute que l’idéologie technologique a repris espoir avec la seconde vague Internet. Il n’est pas ici question d’innovation technologique mais simplement d’un contexte économique qui permet ou non l’articulation des techniques et des matières et donc l’imaginaire (puisqu’il s’agit de cela) de se développer. Les technologies sont dans une relation de dépendance aux discours qui sont eux-mêmes le produit d’une économie qui elle-même est le fruit d’une spéculation langagière (je te fais croire à mes mots et tu me fournis des investissements pour réaliser mon langage et faire advenir la réalité économique que j’ai anticipé).

Le caractère médiatique de SL reprend les vieux arguments des années 80 et 90 sur la réalité virtuelle et réalise fantasmatiquement la promesse du cyberespace de Gibson: caractère fascinant d’une communauté numérique, effroi devant les risques des abîmes numériques, dénonciation de la coupure psychotique entre la vraie réalité et cette réalité de simulacres (www.getafirstlife.com), etc. Autant de concepts qui plongent de lointaines racines dans notre tradition occidentale et dans la dénonciation de la représentation et de l’image.

Le fait que les médias eux-mêmes aient dénoncés le caractère factice de la surmédiatisation se laissant intoxiqués par le service de communication de Second Life (nombre d’habitants surestimés, gain financier imaginaire, etc.) ne doit pas nous cacher que c’est tout un discours déjà entendu qui se redéploye. Second Life est donc un Second Discours, un goût de déjà-vu (Matrix). Les technologies elles-mêmes se recyclent et l’innovation contemporaine n’est plus celle moderne, elle n’est pas un inanticipable, elle est une revenance."

Tirer profit de la dynamique communautaire sur internet par Manuel Da Rocha (livre blanc)

Manuel Da Rocha (Sopra Business Consulting Group) a publié courant 2006 un livre blanc de 37 pages très intéressant : "Tirer profit de la dynamique communautaire sur internet" (téléchargeable ici en .pdf).


Ces deux dernières années, le développement renouvelé des communautés en ligne ne pouvait pas désintéresser le monde de l'entreprise. Pour le privé, participer à la vie d'une communauté sur Internet, c'est s'inscrire dans une stratégie marketing et commerciale spécifique, qui demande des compétences particulières et une gestion de projet adaptée. La dynamique communautaire demande d'abord a être comprise (clés de lecture) avant de s'engager dans une démarche commerciale et d'une solution de type communautaire.

"Il y a une différence fondamentale entre une action de marketing relationnel et l'animation d'une communauté en ligne : la première utilise la relation comme un moyen de toucher sa cible en collectant au passage toute l'information possible ; la seconde fait de la relation son objectif et de l'authenticité du lien son moyen, pour générer indirectement une meilleure connaissance des individus. Dans cette nouvelle donne, l'entreprise doit savoir perdre une partie du contrôle unilatéral de la relation qui l'unissait jusqu'à présent à son client, et doit au contraire s'attacher à respecter ses valeurs et les rites de la dynamique communautaire auxquels il adhère. Toute action marketing qui voudrait faire de la relation un moyen - et non pas un objectif - entrainerait un rejet immédiat de la part des membres de la communauté."


En présentant une typologie des communautés et l'aspect communautés vs. entreprises, le livre blanc "Tirer profit de la dynamique communautaire sur internet" de Manuel Da Rocha place l'aspect de réseau social sur Internet au coeur de la démarche Internet de l'entreprise pour développer son marché. Via Info TechArt 2.0 par Luc Fayard.

dimanche 28 janvier 2007

Lutte contre la Fracture Numérique : le Libre marque des points !, conférence à Solutions Linux 2007, le 31 janvier

Le Salon Solutions Linux 2007 (CNIT - Paris La Défense, Hall Marie Curie, du 30 janvier au 1er février 2007) propose une conférence gratuite sur le thème : "Lutte contre la fracture numérique : Le Libre marque des points !", le mercredi 31 janvier de 9h30 à 12h, axée sur le développement numérique en Afrique.

Parmi les intervenants de la matinée :

- Frantz Fongang, Chef de projet formations présentielles, Programme "Soutien des TICs à l'enseignement supérieur et à la recherche", "Rectorat-Services Centraux de l'Agence Universitaire de la Francophonie" : "Centre Linux et Logiciels libres pour le Développement (C3LD)et certification internationale (LPI)",

- William Turner, Coordinateur du projet Diaspora Knowledge Network, UNESCO,

- Pierre Bonis, Chef du bureau pour les NTIC, Ministère des Affaires Etrangères : "Lutte contre la fracture numérique : enjeux et perspectives",

- Papa Amadou Konté, Chargé des Nouvelles technologies à la Mairie de Dakar : "Logiciel libre et système d'information de de la Mairie de Dakar. Opportunités et craintes",

- Olakanmi Adewara, formateur ADEN - "Obafemi Awolowo University" Ile-Ife – Nigéria et Nicolas Pejout, projet ADEN (dispositif complet pour la création de points d’accès publics à l’Internet dans des zones numériquement enclavées) du Ministère des Affaires Etrangères : "Le libre au service du développement : l'exemple du projet ADEN",

- et Gonzague Ladmiral, président d'EAH - François Jaffrennou, vice-président et chef du convoi Burkina Faso 2007 - Aurélien Lemoine, chef du Projet Wedus.org avec l'école d'Ingénieurs EFREI. Il s'agit d'un portail éducatif à destination des collégiens et lycéens des pays en voie de développement.

samedi 27 janvier 2007

Journée européenne de la protection des données, Alerte aux traces

Ce dimanche, se déroule la journée européenne de protection des données personnelles et de la vie privée. Une page complète du site du Conseil de l'Europe recense les initiatives sur notre continent dédiées à cette journée. En France, la Commission Nationale de l'Infomatique et des Libertés (CNIL) se mobilise avec une campagne d'information : "Alerte aux traces" :

"De nombreux actes de la vie quotidienne (téléphoner, utiliser sa carte bancaire ou surfer sur internet...) génèrent des "traces" porteuses d'informations sur notre identité. L'utilisation anodine de technologies performantes nous conduit naturellement à dévoiler toujours plus d'informations sur nous, sans pour autant savoir qui y aura accès, pour quoi faire et pour combien de temps. Ces données peuvent être exploitées de plus en plus vite, en plus grand nombre et sont potentiellement accessibles en tout point du globe. Notre vie privée se réduit ainsi petit à petit avec le risque que ce mouvement soit irréversible."


A cette occasion, le journaliste Thomas Bronnec s'entretient avec Yann Padova, secrétaire général de la CNIL, dans un article pour l'Express publié le vendredi 26 janvier 2006 : "Les technologies rognent les libertés". Extrait de cette interview sur le côté intrusif de l'exploitation des technologies où l'on met en avant une sensibilisation indispensable des citoyens sur ces questions :

"Comment s'exprime ce côté intrusif ?

"C'est très simple. Voici quelques exemples, illustrés à travers ces animations. Utiliser un GPS pour se guider sur les routes, c'est très pratique, mais à tout instant on peut savoir où vous êtes, combien de kilomètres vous avez parcouru, etc. C'est la même chose pour ce qu'on appelle la "télébilletique", c'est à dire l'émission des cartes de transport équipées d'une puce. Cela facilite la vie quotidienne, c'est vrai, mais c'est aussi une atteinte à la liberté d'aller et venir anonymement . Or c'est un droit fondamental en démocratie, tout comme la liberté de réunion ou la liberté d'expression. Les technologies, si on n'y prend garde, rognent ces libertés. Si vous avez publié une tribune politique sur le web et que votre employeur, en tapant votre nom sur Google comme cela se fait fréquemment, tombe dessus, vous pouvez avoir des ennuis.""

Lawrence Lessig, L'avenir des idées, Le sort des biens communs à l'heure des réseaux numériques, téléchargeable gratuitement

L'essai de Lawrence Lessig "L'avenir des idées - Le sort des biens communs à l'heure des réseaux numériques" publié il y a quelques mois en français aux Presses Universitaires de Lyon est désormais téléchargeable gratuitement sur le site des PUL à cette adresse en .pdf (306 pages) ; une traduction de l'anglais par Jean-Baptiste Soufron et Alain Bony.


Ouvrage essentiel que le New York Times a qualifié ainsi : "un livre qui vous secoue et vous fait prendre conscience de ce que l'on perd lorsque les idées sont transformées en propriété intellectuelle", "L'avenir des idées" de Lawrence Lessig montre (avec de nombreux exemples) comment les excès de la réglementation et les dérives monoplistiques (notamment le droit d'auteur) dans l'univers de l'Internet ont pour conséquence directe de diminuer les capacités d'innovation et de créativité. L'analyse est abordée sous 3 angles : juridique, politique et philosophique.


Au coeur de ces questions, notre avenir à tous et des questions essentielles : pouvons-nous définir et préserver des biens communs informationnels ? Saurons-nous sauvegarder l'échange de connaissances en ligne ? Quelle place pour le partage de savoirs sur Internet ?


Ce cyberespace, véritable "cité numérique" est un espace de pouvoir, de créativité, d'échange où est établi un jeu d'acteurs industriels qui ont pour dénominateurs communs d'influer mondialement sur nos cultures et sur des projets politiques. A nous de comprendre et d'agir pour que l'innovation et l'expressivité soient aussi au coeur de nos préoccupations. C'est ce à quoi l'essai de Lawrence Lessig nous fait invariablement réfléchir :

"Les innovations que j'ai décrites découlent de l'environnement constitué par le Net. Cet environnement est une association équilibrée entre réglementation et liberté. Il est sensible aux modifications de cet équilibre. Si les contraintes sur la couche des contenus deviennent plus lourdes, l'innovation qui repose sur des contenus libres sera freinée. Si l'accès garanti par le bien commun de la couche du code est soumis à des conditions ou des limitations, alors l'innovation qui en dépend sera menacée. Cet environnement établit un équilibre entre ce qui est libre et ce qui est sous contrôle. Préserver cet environnement implique aussi de préserver cet équilibre."


Lawrence Lessig est Professeur de Droit à la Stanford Law School. Titre original de l'ouvrage : "L'avenir des idées - Le sort des biens communs à l'heure des réseaux numériques" : "The Future of ideas - The Fate Of The Commons In A Connected World".

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