Jean-Luc Raymond

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Tag - internet

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dimanche 29 avril 2007

Wikipédia, le rêve de Diderot? dans Philosophie Magazine et colloque sur Wikipédia en octobre à Paris

Philosophie Magazine du mois de mai 2007 consacre sous la plume du journaliste Marc Fernandez un article de 6 pages au modèle encyclopédique proposé par Wikipédia : "Wikipédia, le rêve de Diderot ?".

ll y conte l'histoire de ce que certains nomment une "base de connaissances", d'autres une "encyclopédie", d'autres encore un "ensemble de ressources" et donne la parole à des auteurs et acteurs du projet Wikipédia (passés et actuels) sur l'épineux sujet de la validité et du statut des articles figurant sur Wikipédia.


On apprend au cours de ce papier l'organisation prochaine à Paris d'un colloque sur Wikipédia : les 19 et 20 octobre 2007 à la Cité des Sciences et de l'Industrie ; extrait :

"Déjà, en décembre 2004, au sujet de ce que devrait être un article "encyclopédique", un des contributeurs, surnommé Caton, a affirmé, sans craindre l'ironie, qu' "au fond, Wikipédia renseigne sur les oeuvres que Descartes a écrites comme on peut se renseigner sur des horaires de train" : (...) On peut très bien avoir beaucoup d'informations, et être néanmoins au degré zéro de la connaissance (...). C'est pourquoi le danger de toute encyclopédie est de sombrer dans l'insignifiance et le vide culturel. L'information pour l'information est l'opposé de l'instruction, du savoir et de l'amour de la connaissance."

Le débat fait rage, y compris au sein de la communauté. Pour tenter d'y répondre, Wikimédia organise, en octobre prochain, à la Cité des Sciences et de l'Industrie à Paris, un colloque "Wikipédia et les experts".

"C'est un problème inextriquable, admet Barbara Cassin. Si l'on instaure un comité scientifique, on dénature l'instantanéité du projet. Malgré ses inconvénients, l'information qu'offre Wikipédia a cet avantage de ne pas être orpheline : elle cite des sources, renvoie à des liens, etc. Si l'on s'en sert comme d'un point de départ qui nous permette de tirer un fil pour entamer une recherche, alors c'est parfait. Maintenant, est-ce qu'à partir de là, vous avez assez de matériau pour en faire un usage intelligent ? C'est une question qu'il leur faudra affronter pour poursuivre cette magnifique aventure."

lundi 9 avril 2007

Machine omnipotente et polymorphe

David Kuhn, dans son éditorial de l'édition d'Avril 2007 du magazine Carrefour Savoirs, de la chaîne de magasins Carrefour, montre une vision globalisante du multi-média ; "un pour tout" en quelque sorte :

"La révolution numérique que nous sommes en train de vivre, celle qui regarde en "haut" (vers la haute définition et le haut débit) est avant tout une révolution des moeurs. Elle tend à améliorer votre quotidien via un concept simple : le tout en un. En 2007, l'ordinateur est devenu l'assistant personnel de nos existences, le téléphone est devenu son pendant nomade et, pour assurer le divertissement domestique (télévision et Internet), une simple "box" suffit. La machine est devenue omnipotente, polymorphe..."

mardi 3 avril 2007

Google par Jacques-Alain Miller, Mythologie 2007

Dans son édition du 15 au 21 mars 2007 (n°2210), Le Nouvel Observateur fête les 50 ans du livre culte de Roland Barthes : Mythologies. Le magazine a demandé a des personnalités de faire une liste des mythologies d'aujourd'hui et de les expliciter. Le philosophe et psychanalyste Jacques-Alain Miller, auteur du "Neveu de Lacan" (Verdier) y dresse un portrait au vitriol de Google.

"Google est l'araignée de la Toile. Il y assure une métafonction : celle de savoir où est le savoir. Dieu ne répond pas ; Google, toujours, et tout de suite. On lui adresse un signal sans syntaxe, d'une parcimonie extrême ; un clic, et... bingo! C'est la cataracte : le blanc ostentatoire de la page se noircit soudain, le vide se renverse en profusion, la concision en logorrhée. A tous les coups l'on gagne.

Organisant la Très Grande Quantité, Google obéit à un tropisme totalitaire, glouton et digestif. D'où le projet de scanner tous les livres ; d'où les raids sur toutes les archives : cinéma, télévision, presse ; au-delà, la cible logique de la googleïsation, c'est l'univers entier : le regard omnivoyant parcourt le globe, tout en convoitant les petites unités d'information de tout un chacun. Confie-lui ton fatras documentaire, et il mettra chaque chose à sa place - et toi-même par-dessus le marché, qui ne seras plus, et pour l'éternité, que la somme de tes clics. Google "Big Brother" ? Comment ne pas y penser ? D'où la nécessité pour lui de poser en axiome sa bonté foncière.

Est-il méchant ? Ce qui est sûr, c'est qu'il est bête. Si les réponses foisonnent à l'écran, c'est qu'il comprend de travers. Le signal initial est fait de mots, et un mot n'a pas qu'un seul sens. Or le sens échappe à Google, qui chiffre, mais ne déchiffre pas. C'est le mot dans sa matérialité stupide qu'il mémorise. C'est donc toujours à toi de trouver dans le foin des résultats l'aiguille de ce qui fait sens pour toi.

Google serait intelligent si l'on pouvait computer les significations. Mais on ne peut pas. Tel Samson tondu, c'est en aveugle que Google tournera sa meule jusqu'à la fin des temps."

lundi 2 avril 2007

Fernando Savater, Internet et la liberté de la connaissance

Le philosophe espagnol Fernando Savater est un penseur libre, d'abord soucieux d'éthique. Son best-seller demeure Ethique à l'usage de mon fils (Points Seuil). Fernando Savater s'exprime dans le magazine Médias (n°12, Printemps 2007) sur la philosophie et les médias. Extrait de l'entretien avec un passage sur Internet :

"C'est une chose de produire de la liberté d'expression, c'en est une autre d'accéder à la liberté de la connaissance. Cette dernière est plus importante que le fait d'écouter les gens s'exprimer sans que ce qu'ils nous racontent nous intéresse vraiment. Quelques-uns de mes étudiants ont créé un site Internet. Pour en faire la publicité, ils m'ont interviewé. Répondant à une de leurs questions semblable à la vôtre, j'ai expliqué que les blogs nécessitaient beaucoup de discernement pour faire la part de l'information et de l'arbitraire. Quelques jours après avoir mis cet entretien en ligne, mes étudiants ont reçu une volée de e-mails indignés : je prônais une attitude élitiste en soutenant qu'il y avait des opinions vraies et d'autres qui ne le sont pas. Mon argumentation allait à l'encontre de l'idée que, comme tout le monde a le droit de s'exprimer, tout le monde a raison. Les blogs favorisent, en effet, l'expression mais aussi l'illusion que toute opinion est égale et intéressante.

Mon avis sur l'univers n'a strictement aucun intérêt, celui de Stephen Hawking, oui. C'est pourquoi je pense qu'on se méprend en voyant dans cette technologie un progrès pour l'éducation. On dit qu'on va installer un écran connecté à chaque pupitre. C'est une bonne chose, comme le fait que chaque élève ait de quoi écrire. Sauf qu'Internet n'éduque pas, il nécessite même une éducation préalable. Pour un érudit, c'est un outil merveilleux. Si vous êtes versé dans la philosophie orientale, vous pouvez partager votre passion avec d'autres connaisseurs, échanger des informations, apprendre. Mais si vous n'y connaissez rien ou si vous êtes peu formé, vous ne recevrez que de la publicité, c'est-à-dire 90 % de ce qui transite sur le Net. Il n'est pas donné à n'importe qui de trier dans le flux d'informations, de savoir les analyser et les hiérarchise. (...) Nous voulons savoir tout ce qui se passe et nous avons la possibilité de le faire. C'est une sorte de vertige maladif de la connaissance."

dimanche 1 avril 2007

Jacques Attali : l'Art à l'heure du numérique

Dans son édition du 22 au 28 mars 2007 (n°2228), Le Nouvel Observateur a proposé un débat entre Jacques Attali (essayiste, biographe, perspectiviste ; plus récent ouvrage : Une Brève histoire de l'avenir, chez Fayard) et Denis Olivennes (actuel PDG de la FNAC qui vient de publier : La Gratuité, c'est le vol. Quand le piratage tue la culture) sur le thème : "La gratuité va-t-elle tuer la culture ?". Intéressants propos de Jacques Attali sur le devenir de l'Art à l'heure du numérique :

"Le virtuel va provoquer la naissance d'une économie de l'art radicalement nouvelle. Bientôt, les gens disposeront de logiciels de composition musicale permettant de créer facilement, ensemble, en mêlant la mélodie de l'un, le rythme de l'autre, l'orchestration d'un troisième, venus de partout dans le monde. Quand des millions de gens composeront ainsi, ils n'imagineront rien d'autre que le plaisir de créer ensemble, d'échanger, d'écouter, de s'inspirer. L'argent se gagnera sur des logiciels et des instruments de musique et presque plus du tout sur le CD, qui disparaîtra. Le livre résistera un peu plus longtemps : jamais l'industrie de la musique n'a réussi à inventer un objet aussi magique que le livre. (...)

Il va y avoir l'émergence d'oeuvres d'art, comme à chaque période, adaptées au nouveau modèle, qui passeront pour l'essentiel par le mélange des arts les plus éloignés en l'apparence. On le voit déjà avec l'art de la danse, qui est en train de se confondre avec la sculpture, les spectateurs façonnant des formes et les animant comme des marionnettes, mêlées à des danseurs vivants. Ce qui est aussi en train d'apparaître aujourd'hui, c'est par exemple la nécessité d'oeuvres courtes. Un exemple particulièrement rentable et artistiquement douteux : les musiques de sonnerie de téléphone. Le premier producteur de musique en Corée est le France Télécom coréen!

Ces objets nomades à la fois téléphone, vidéo, ordinateur, etc., mais aussi lecteurs de textes vont devenir universels. On verra par exemple l'émergence d'une littérature du feuilleton court, du clip, de nouvelles formes d'écriture, d'images, de cinéma. On écrira des feuilletons de 15 lignes avec des épisodes, qui correspondent tout à fait à l'air du temps. Le SMS en est un premier signe : on va vers ce qu'on pourra appeler un "e-haïku"."

jeudi 8 mars 2007

Travailler après 45 ans : un site ressource de la Cité des Métiers de Marseille

La Cité des Métiers de Marseille a lancé récemment un site Internet très utile : Travailler après 45 ans regroupant des ressources pour aider à se positionner sur le marché du travail et de l'emploi à partir de cet âge. Ce site réalisé par le Réseau des Cité des Métiers a été financé par le Fond Social Européen dans le cadre du programme EQUAL.


Porté par un rubricage clair, le contenu de ce portail n'est pas uniquement réservé aux demandeurs d'emploi. Il permet de pointer vers des perspectives de carrière et d'envisager la création d'entreprise comme l'un des volets dynamiques de sa réflexion sur un futur à modéliser. Intéressant également, l'approche territoriale du contenu qui met en avant des mesures d'aides locales très concrètes pour l'emploi des plus de 45 ans.

mardi 13 février 2007

Barbara Cassin, Google-moi, La deuxième mission de l'Amérique

Barbara Cassin est philosophe et philologue, directrice de recherche au CNRS et codirectrice de la collection "l'Ordre philosophique" aux éditions du Seuil. Elle vient de publier "Google-moi. La deuxième mission de l'Amérique" chez Albin Michel et dans l'hebdomadaire Le Nouvel Observateur du 8 février 2007 (n°2205), elle décrit sa vision de Google, le moteur de recherche américain, qui ambitionne d' "organiser toute l'information du monde". Extrait de cette interview signée Gilles Anquetil et intitulée "Le nouveau monde version Google" :

"Je refuse de dire (que Google est), comme il le prétend, le «champion de la démocratie culturelle». Ou alors il faut revoir à la baisse et la démocratie et la culture. Ce qu'il appelle lui-même la «démocratie des clics» (en gros, «un clic, un vote» pour une publicité, et «un lien, un vote» pour un résultat), ça n'a rien à voir avec de la démocratie. Pour une raison simple : il n'y a aucune dimension politique là-dedans. Cliquer n'est pas voter, avec des clics, on ne construit pas de monde(s) commun(s). Pour la culture, c'est pareil : de l'information, même fiable, ce n'est pas de la culture, c'est à peine de l'information digne de ce nom - structurée. Il manque ce que Hannah Arendt appelle la dimension de l'oeuvre. Elle pense d'ailleurs que les deux se rejoignent - que le goût est une faculté politique. Je ne crois pas que Google soit le premier à (se) tromper sur la "démocratie culturelle"."

lundi 12 février 2007

Article de synthèse sur le Web 2.0 pour le journal de TechnofuturTIC

Je viens de rédiger un article de synthèse de 4500 signes (3 feuillets) sur le Web 2.0 pour le prochain numéro du journal professionnel trimestriel papier du Centre de Compétences TechnofuturTIC en Wallonie (Belgique) qui est diffusé à plus de 10 000 exemplaires.


Objectif : présenter les caractéristiques du Web 2.0, un panel d'application et de services phare avec une mise en perspective. Titre de ce papier : "Web 2.0, nouveau paradis du Net ou ère de l'internaute Roi lambda ?" ; extrait :

"La masse mondialisée d’internautes permet d’alimenter des services où l’on mesure la popularité des articles de sites Internet les plus cités (technorati.com), où l’on rentre en contact les uns avec les autres par affinité via des centres d’intérêts privés (se faire des amis avec myspace.com) ou professionnels (linkedin.com), où l’on situe ses actions ou ses lieux de vie sur des cartes en ligne (maps.google.fr) et où l’on se présente comme un individu participant activement à agréger du contenu d’autrui (ziki.com).
L’internaute est bien plus qu’un contributeur : il catégorise, valorise et trie l’information. Il est aussi un « consomacteur » convoité (
askville.amazon.com, zlio.com)."

Sommes-nous des passeurs de mémoires ? Intervention à Brest pour la 2e édition d'Ecrits Ecrans Publics

J'interviendrai durant la 2e édition d'Ecrits Ecrans Publics qui se déroule les 23 et 24 mars 2007 à Brest. Cette année, les deux jours de rencontres porteront sur le thème : Collectes de mémoires multimédias et lien social.


Seront réunis des acteurs brestois et de Bretagne de l'expression multimédia (institutions, associations, habitants) en les reliant aux multiples initiatives autour de l'histoire et des collectes de mémoires. Le pré-programme de cette rencontre ouverte est en ligne sur un wiki dédié.


Je présenterai à cette occasion un panorama d'initiatives collectives (France, Belgique et monde) reliant des mémoires d'habitants les unes aux autres via les nouvelles technologies pour recréer du sens : "Sommes-nous des passeurs de mémoires ?" dont voici l'explicitation :

"Internet est le creuset de nouvelles solidarités qui s'expriment, de personnes qui coopérent, donnent à voir, partagent leur culture et leur patrimoine local par des textes, des images, des animations et de la vidéo. Ces traces recomposées du passé qui trouvent des liens dans le présent générent des projets culturels participatifs passionnants où l'appropriation des technologies est ressentie comme une aide pour faciliter la prise de parole et l'expressivité des citoyens, nouer des relations intergénérationnelles et construire des ponts entre les cultures.

Prenons le temps d'un voyage sur Internet pour partir à la découverte d'initiatives collectives en France, Belgique et à travers le monde, où des habitants deviennent des passeurs de mémoires en utilisant les technologies (ordinateurs, téléphones mobiles, internet...), donnant du sens à leur participation citoyenne et façonnant une Histoire faite de petits bouts de vies reliés les uns aux autres pour recréer des savoirs."

jeudi 8 février 2007

A vous de juger sur France 2 introduit un nouveau dispositif participatif via webcam

Prenant exemple sur ses homologues chaînes de télévision aux Etats-Unis, France 2, inaugure ce soir 8 février en prime time, avec l'émission politique de Arlette Chabot "A vous de juger", un nouveau dispositif participatif intéressant intégrant Internet qui pourrait faire tâche d'huile et se généraliser dans des émissions politiques et de débat sur les chaînes généralistes à des grandes heures de grande écoute.


Ce service permet à tout internaute, via une webcam, d'enregistrer ses questions, à l'adresse des invités d'Arlette Chabot pour son émission, et dans un deuxième temps, d'enregistrer des réactions à l'émission et de visionner en vidéo les commentaires des internautes. Vos contributions peuvent être postées dès maintenant à partir de la page d'accueil de l'émission. Via Ars Industrialis.

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