Jean-Luc Raymond

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lundi 4 mai 2009

Twitter et enseignement : exemple en philosophie

Dans son édition du 30 avril 2009 (n°3322), l’hebdomadaire La Vie consacre un dossier de 4 pages sur les réseaux sociaux intitulé "Développez vos relations sur Internet" dans la rubrique Vivre Ensemble. L’accroche est séduisante : "My Space, Twitter, Facebook… Les clés pour faire un bon usage des réseaux sociaux". Vous retrouverez sur le portail de La Vie, un article largement consacré à Twitter ainsi qu’une présentation de 4 réseaux sociaux en quelques clics : Facebook, Twitter, MySpace et Beboomer.

Dans la version papier de l’hebdomadaire, un encart est consacré à une utilisation intéressante de Twitter dans un contexte pédagogique. La parole appartient à un professeur de philosophie : "François Jourde, prof de philo : Un apprentissage déterminant" ; extrait :

"Pour mes élèves, j’ai choisi Twitter, qui a l’avantage d’être simple dépouillé, sans publicité (pour l’instant) et encore en développement. Je leur ai demandé d’ouvrir un compte afin de se familiariser avec cet outil, puis d’inviter des personnes à les rejoindre. Peu à peu, notre réseau a formé une toile qui n’a pas de centre. L’utilisation de Twitter a permis de décomplexer mes élèves, surtout ceux qui avaient des difficultés à s’exprimer ou à nouer des contacts à l’extérieur. Certains ont même sollicité des spécialistes pour enrichir leurs exposés, ce qu’ils n’auraient jamais fait autrement. Avec l’arrivée des réseaux sociaux, avoir une identité numérique est devenu une nécessité. Encore faut-il savoir la construire. C’est pourquoi il faut accompagner les jeunes, afin qu’ils utilisent ces outils de façon intelligente. Dans le monde actuel, savoir faire communauté est un apprentissage déterminant. Si Twitter peut y aider, pourquoi s’en priver ?"

François Jourde est Professeur de Philosophie et de Psychosociologie de la communication (Lille, France). Voici l'adresse de son Twitter : http://twitter.com/francoisjourde .

dimanche 26 avril 2009

Joël de Rosnay, Internet s'auto-organise en un méta-ordinateur mondial



Dans le nouveau numéro de Research.eu - Magazine de l'espace européen de la Recherche (n°59, Mars 2009),  parole est donnée au scientifique français Joël de Rosnay qui s'exprime sur l'avenir de la civilisation numérique et d'un Internet "vivant" avec des risques inhérent à son développement ; extrait :

"(…) La civilisation numérique dans laquelle nous entrons progressivement ne se résume pas à Internet, mais elle englobe également les télécommunications (téléphone, télévision), les satellites, les environnements intelligents… Il reste que l’Internet de demain, avec ses blogs, emails, vidéo, messageries, systèmes mobiles, favorisera une encore plus grande interaction entre les utilisateurs. Internet s’est développé comme un système darwinien, de manière buissonnante comme la vie elle-même, à l’image de l’arbre de l’évolution du vivant. Il y a peu de planification d’ensemble dans l’évolution du réseau mondial, mais des myriades d’initiatives individuelles ou de petits groupes. On assiste à l’auto-organisation d’une intelligence "collaborative" ou "connective" - termes que je préfère à "collectives" (...)

Les potentiels sont très grands : par exemple, en repensant les rapports entre les politiques et les cybercitoyens, ce qu’il faudra de toute façon faire, on pourrait inventer une véritable cyberdémocratie, bien plus participative, qui viendrait compléter la démocratie représentative traditionnelle. Cela suppose évidemment d’œuvrer pour que cette intelligence émergente conduise à ce que James Surowiecki appelle "The Wisdom of Crowd" (la Sagesse des foules). Mais rien ne dit que cette sagesse se manifestera toujours dans la bonne direction. Les foules peuvent aussi devenir folles, amplifier des effets minimes, réagir de manière épidermique ou se retourner contre ceux qui posent des questions (…)

Le risque principal (au développement de la civilisation numérique) est celui d’une société duale, qui cumulerait un individualisme forcené (tel qu’on le voit souvent chez les jeunes) et un tribalisme croissant, un communautarisme de plus en plus fort, ce qui me fait craindre des mouvements grégaires emmenant des gens ensemble vers des directions auxquelles ils n’ont pas assez réfléchi. J’ai déjà écrit que plus le monde se mondialise, plus il se tribalise. C’est à la fois positif et négatif : les gens tiennent à leur pays, à leur culture, à leur langue, à leurs racines, à leur territoire, tout cela est un plus. Mais poussé à l’extrême, cela débouche sur un nationalisme exacerbé qui devient dangereux."


jeudi 16 avril 2009

Vie privée et Internet, les réseaux sociaux utilisés activement pour des enquêtes

Les détectives privés utilisent bel et bien Internet et notamment les réseaux sociaux pour enquêter. Goolam Monsoor, gérant du groupe AS Consultant Détective révèle quelques-unes des pratiques dans une mini-interview pour le mensuel Chronic’Art du mois d’Avril 2009 (n°54) ; extrait :

"Les moteurs de recherche facilitent les recherches à un niveau international. Hormis les recherches classiques d’informations sur les sites des entreprises, nos abonnements à des banques de données telles que Société.com, Infogreffe, Cadastre et Kompass nous font gagner du temps. Par ailleurs, le logiciel de géolocalisation par satellite facilite les filatures dans des conditions spécifiques et la transmission des images via Internet nous permet de faire des surveillances à distance. D’autres applications permettent de rechercher les preuves de détournement de clientèle, un savoir-faire, dans des disques durs d’ordinateurs.

Facebook, LinkedIn, Plaxo, Twitter, Copains d’Avant et autres réseaux permettent d’obtenir des informations ouvertes, je dirai même « offertes » au grand public. Il est évident que nous utilisons ces réseaux, puisque les gens y exposent naturellement leur vie privée."

mercredi 15 avril 2009

Robert Redeker, Conduire l'information

Dans la nouvelle édition de Médias (numéro 30 – Printemps 2009), le philosophe Robert Redeker s’interroge sur le statut de l’information, de sa distribution à sa rediffusion, à l’heure du Web, dans une tribune intitulée : Le journalisme au défi d’Internet. Robert Redeker présente la métaphore de l’électricité :

"Dans cette nouvelle forme de société, les informations ne se consomment pas (d’où la double crise du modèle télévisuel charpenté autour de la grand-messe du journal de 20 heures, et de la presse quotidienne version papier) : elles traversent, elles parcourent ; chacun est appelé à les faire circuler, les faire rebondir, les renvoyer (les « forwarder »). Les blogs et les sites participatifs s’inscrivent dans cette nouvelle approche de l’information. Plutôt que produit de consommation, l’information est, désormais, une sorte de courant électrique, électronique, ou de fluide, qui traverse chacun : nous sommes tous des conducteurs d’informations.

Rien n’est plus assuré : le consommateur d’informations tel qu’on a pu le connaître depuis une quarantaine d’années est destiné à sombrer dans la caducité pour la bonne raison que nous entrons, avec Internet, dans un régime inédit de l’information, le conducteur ayant pris la place du consommateur.

Nous ne consommons plus les informations, nous les conduisons à l’instar de ces corps dont on dit qu’ils sont « conducteurs » de courant électrique. Ou bien, pour reprendre la métaphore spirite, parfaitement descriptive ici : le médium, chacun d’entre nous, conduit et reconduit le fluide qui le traverse, l’information. C’est la circulation à la plus grande vitesse possible, celle qui frôle la vitesse infinie, qui constitue l’impératif catégorique de la société de l’information, pas la consommation."

mardi 14 avril 2009

Une actualité en évaporation


Comment se distinguer, se différencier dans les médias, sur Internet et en dehors d’Internet. L’excellent magazine trimestriel XXI (Vingt et un) se pose la question dans l’éditorial de son nouveau numéro (numéro 6, Printemps 2009). Laurent Beccaria et Patrick de Saint-Exupéry pensent que l’ « actualité profonde » et « la force des choses vues », le pouvoir du « raconter » et les reportages, les « histoires » sont une des façons efficaces de mettre en forme une information qui ne s’évapore pas. Leur analyse de l’information liquide est particulièrement intéressante :

"Les « événements » sont désormais traités en temps réel, rien qu’en France, par six radios, trois chaînes de télévision d’information continue, une vingtaine de sites Internet liés aux quotidiens ou aux hebdomadaires, cinq rédactions exclusivement Web qui sont nées depuis deux ans, et une kyrielle de blogs en tout genre. Ces médias s’interpénètrent de plus en plus. Le dernier site à la mode, Twitter, invite ses adeptes à envoyer de très courts messages sur tout ce qu’ils voient, pensent et dénichent. L’internaute devient ainsi une agence de Presse ou un moteur de recherche ambulant pour les autres.

Il faut pourtant se méfier des illusions d’optique. Les études montrent que 70% des informations qui circulent dans ces gigantesques accélérateurs de particules sont… les mêmes dépêches, indéfiniment dupliquées. À chaque jour son « buzz », sa rumeur qui enfle, sa polémique, sa révélation sur laquelle nous sommes aussitôt sommés d’avoir un point de vue. À peine avons-nous forgé une opinion que l’information est aussitôt remplacée par une autre, toute aussi capitale que la précédente et ainsi de suite.

Cette circulation circulaire de l’information finit par créer une représentation du monde virtuelle, chaotique et inintelligible, qui n’a plus de liens avec ce que chacun d’entre nous peut vivre, ressentir et voir."

dimanche 21 décembre 2008

Facebook, vide d'absence et différenciations générationnelles

Dans la nouvelle édition de la revue Médias (n°19 - Hiver 2008), Bruno Marlière signe un article sur sa découverte de Facebook (en trois jours chrono), de la création de son compte à l'exploration de l'utilisation de  la plateforme "relationnelle", un papier plein d'étonnements, d'humour et de questions : "Comment Facebook est devenu ma cour de récré".

Extrait de cette aventure, le 3e jour :

"Après quatre heures de vertige, je ferme à regret la fenêtre de récréation Facebook et fais ressurgir ma salle de classe, ma page Word. Un léger vide m'envahit, un vide de séparation, de celui que chacun ressent quand il raccroche au téléphone et quand le "bon ben, salut!" semble dérisoire, faible, mal assuré. C'est un vide d'impossibilité de faire, de celui que chacun a ressenti lorsque, dispensé de piscine car enrhumé, il restait assis au bord du bassin à regarder ses copains de classe faire des longueurs. C'est un vide d'absence.

Dire que Facebook est une drogue est faux. Ou alors l'amour est une drogue, l'amitié aussi. Aimer se marrer, manger avec des potes, se raconter des histoires, jouer, aimer tout court, c'est seulement aimer la vie. Dès lors, comment ne pas comprendre l'attraction pour un réseau perpétuellement connecté, où séparation et disparition ne sont qu'actes volontairement et individuellement consentis ?

Entre la page Bruno Marlière et celle de Léa, ma fille de 17 ans, il y a un monde, il y a des siècles. Pourtant, c'est le même outil. Mon Facebook semble statique, littéraire, confiné, organisé, comparé à celui de Léa, si mouvant, rapide, synthétique, expansionniste et surprenant."


Bruno Marlière indique là que l'utilisation de Facebook varie selon les générations avec des différences marquées dans la rapidité des interactions, les textes courts qui y sont présents (micro-publication) et les notes éditées. Les différenciations d'utilisations générationnelles de Facebook sont peu mises en avant dans les médias.

dimanche 14 décembre 2008

Formation Twitter et microblogging

Formation Twitter et microblogging en Belgique

Si vous vous intéressez à Twitter et au microblogging, je coordonne nouvellement une formation gratuite sur ce thème, le 17 décembre 2008 (de 9h à 17h) dans les locaux de Technofutur TIC (Gosselies, Belgique) : “Créer et animer un Twitter et microblog en mode interactif : Communiquer en ciblant et diffuser de l’information avec une plus-value” auquel peuvent s’inscrire les Espaces Publics Numériques et les habitants en Belgique.

En fin d'article, vous trouverez le descriptif de formation. N'hésitez pas à vous inscrire à cette adresse.

Formation Twitter et microblogging

Mon offre de formation Twitter et microblogging est également disponible en France en inter ou en intra.

Gestion de projets et coaching Twitter et microblogging

Mes compétences concernent également la gestion de projet et le coaching Twitter et microblogging.

En août et septembre 2008, je suis intervenu pour le compte d'une Organisation Non Gouvernementale internationale à Bruxelles (Belgique) en gestion de projet : Création, animation et gestion d'un Twitter de communication et d'échanges sur les activités grand public de l'ONG. Résultat en 75 jours : Création d'une communauté en ligne active de 500 internautes autour de cet espace Web Twitter.

Formation Twitter et microblogging : "Créer et animer un microblog en mode interactif : Communiquer en ciblant et diffuser de l'information avec une plus-value"

Présentation

Au début des années 2000, le blog a révolutionné le Web. Aujourd’hui, le microblogging suit le même chemin. Nouvel outil en devenir, le microblog permet de communiquer avec des articles de moins de 150 caractères (via le Web, la messagerie instantanée et les SMS) et est déjà utilisé dans le monde par plus de 5 millions de personnes… Une croissance exponentielle ! Entreprises, associations, médias et services publics investissent les services de microblogging et inventent des usages jour après jour.

Les microblogs sont de nouveaux types blogs à messages courts (moins de 150 caractères) permettant :

  • de formaliser des usages d'indication de présence (informer de ses activités en cours),
  • de communiquer au sein de groupes formels ou informels de personnes,
  • de rester en contact et d'échanger avec des relations professionnelles, et de cultiver son réseau,
  • de publier des notes rapides et d'indiquer des liens intéressants…

Public

Toute personne ayant à créer un microblog dans le contexte d'une entreprise ou d'une organisation.

Prérequis
 
Utilisation courante de fonctions de base sur Windows XP ou Vista, d'un navigateur Internet, d'un moteur de recherche, d'un client de messagerie ou outil de courrier électronique et du traitement de texte.
 
Contenu

Objectifs pédagogiques :

Connaître l'univers et les potentialités des outils de microblogging en communication et marketing. Créer et gérer un microblog au quotidien. Savoir utiliser des outils complémentaires aux microblogs pour ajouter un plus à son projet Web et/ou mobile Web.

Contenu du stage :

Les microblogs : Pourquoi faire dans un contexte d'entreprise ? Les choix techniques

  • Les basiques du microblogging : articles courts, canaux de distribution/diffusion et de réception de l'information (Web, RSS, messagerie instantanée, SMS, Web mobile), flux continu, la notion de multi-applicatif (blogs, réseaux sociaux, RSS),        
  • Panorama, fonctionnalités et comparatif des outils existants : Twitter, Pownce, Jaiku, Plurk...       
  • Usages phares des microblogs en mode projet, information/communication, veille/intelligence économique, marketing, systèmes d'alerte.


Création et gestion d'un microblog :

  • Création et gestion d'un microblog sur Twitter : mise en page et importance de l'avatar, paramètrage, apprentissage des spécificités de l'écriture microblog,    
  • Les multiples modes de partage, de communication, d'interaction et d'échanges avec les microblogueurs,     
  • La netiquette du microblogging : règles d'usage et modes de socialisation,    
  • Usages en mode collectif et capitalisation de l'information : l'agrégation de contenu.


Les plus du microblogging

  • Utilisation des clients légers Web et plug-in de navigateurs pour optimiser son utilisation du microblogging,    
  • Outils spécialisés microblogs : moteurs de recherche, géolocalisation,    
  • Rôle et utilisation des API (interfaces de programmation) et des mashups pour des fonctionnalités additionnelles au microblogging, 
  • Les tendances émergentes techniques du microblogging : agrégateurs de microblogs, microblogging vidéo, microblogs marque-pages...   
  • Utilisations innovantes des microblogs : microcommunication et microjournalisme, micromarketing, créativité et microapprentissage.

Twitter et microblogging : reconstruire des histoires et donc du sens

Dans son édition du samedi 13 décembre, Le Monde consacre un quart de page à la chronique hebdomadaire "Storytelling" de Christian Salmon (écrivain et chercheur) du nom de son essai best seller paru chez La Découverte en 2007 et désormais disponible en poche, toujours chez La Découverte.

Thème de ce nouvel épisode made in Christian Salmon : "L"histoire vouée à la casse ?" et plus exactement : l'adaptation des formats classiques de la narration aux nouveaux médias, à Internet et à l'hypercommunication... et la disparition des histoires.

L'avenir est-il aux microrécits ?

A la lecture de cette chronique, Christian Salmon explique que la narration est partiellement remise en cause par les outils multimédia et son utilisation et des microrécits (de l'ère Twitter ?) :

"Après la fin du star-system tant de fois annoncée, c'est une autre composante de son succès qui serait vouée à la casse : la "story". La bonne vieille histoire, avec un début un milieu et une fin, sans laquelle il n'y aurait tout simplement pas de cinéma hollywoodien.

(...)

Ce modèle d'écriture et de transmission des récits serait sérieusement en danger, menacé par l'explosion de la communication numérique, l'apparition de médias interactifs (téléphones, iPhones, micro-ordinateurs), la multiplication d'univers immersifs nouveaux (jeux vidéo, Second Life, "reality shows"...) et l'apparition de nouveaux formats de narration (hypertextes, multimédias).

L'audience se détournerait de plus en plus des longs tunnels narratifs de la production hollywoodienne pour se consacrer à d'autres formes et supports de lectures et d'écritures, comme les écrans et les téléphones portables. La capacité d'Hollywood à raconter une histoire serait progressivement grignotée par l'expansion des messages et des microrécits dans la médiasphère. Le récit traditionnel avec suspense, conflit et résolution serait en passe d'être noyé dans le bruit universel et le désordre visuel. Une nouvelle version de la fable du lion hollywoodien mis en échec par les moustiques de la Toile. "J'ai même vu un écran plasma au-dessus d'un urinoir", a déclaré le producteur Peter Guber (Midnight Express, The Color Purple, Rain Man, Batman...) qui donne à l'université de Californie un cours intitulé "Naviguer dans un monde narratif"..."

"Reconstruire" du narratif

La micro-écriture (phrases courtes et cadencées par le temps) offre en effet une autre rythmique aux récits. Celle-ci est témoignage (de par l'instantanéité), se veut un fil continu (dont il est difficile de relier les phrases parce que les outils s'inscrivent dans un flux qui est également un bruit) et interroge immédiatement l'autre (le locuteur - interlocuteur). C'est donc la forme narrative traditionnelle qui est froissée et élaguée.

Reconstruire des histoires... Si l'on y regarde, les services connexes développés pour Twitter (ou plateformes de microblogging similaires) tentent de reconstruire des histoires autour d'un flux échevelé (les groupes chez Twitter Groups, les indices de popularité, les sujets d'actualité chez TweeTag, les photos à partager chez Twitpic, la géolocalisation chez BrightKite...).

Ne pas rester confiné dans un bruit permanent est un enjeu tout comme reconstruire du sens qui ne soit pas uniquement synonyme de visibilité ou d'attention permanente.

dimanche 17 février 2008

Twitter, du microblogging aux micromédias

La vague des micro

Microlearning, micromédias, microblogs, microcélébrités, microédition, microformats… Le début de l’année 2008 est marqué par l’ascension du «micro » acoquiné à toutes les sauces. Alors que le macro est forcément impersonnel (vécu comme un tourbillon de la mondialisation), l’individu Internet noyé parmi des millions d’utilisateurs, le micro ne personnalise pas, il construit un univers d’un à un autre, d’un à d’autres, dans une relation « one-to-many » plongée dans une quête de sens et à la recherche d’un entre-soi formalisé. D’aubes annoncées en révolutions incertaines, les Second Life et autres Facebook sont renvoyés dans leurs gonds par des médias traditionnels cherchant leur nouvelle coqueluche technologique.

Le Deuxième Monde cherche un nouveau souffle

Exit des médias traditionnels : l’univers virtuel Second Life, miroir aux alouettes célébré un temps par le marketing comme un nouveau Deuxième Monde. Il préfigure sans doute des "metaverses" davantage participatifs et ergonomiques dans un esprit « ouvert » où les « worlds » se combinent plus qu’ils ne s’excluent et qu’ils n’excluent, où les soucis de connexion ne sont plus légion et où la compatibilité matérielle nécessite un commun minimum abordable. Second Life peine à devenir « mainstream » et donc à toucher le grand public.

"Poker" : "Tu es là ?"

Exit des médias traditionnels, peu à peu : Facebook, monde de l’Internet fermé, boum du deuxième semestre 2007 où l’identité numérique devient le cœur d’un service codifiant et qualifiant une publicité hyper-personnalisée. Cet internet de groupes où le « poke » se substitue au « hug », phagocyte le temps, sacralise à son maximum l’ami de mon ami dans un effet paroxystique où la nuée d’applications forme un univers avec une clé où l’appartenance permet d’ouvrir la porte de la connexion et de l’interaction. Sans cette clé, point de salut. Facebook gère l’existence et l'organise. Facebook signifie la présence. Existence et présence se confondent.

Twitter : remise en cause de l’outil et vie ritualisée en 140 caractères

A l’intersection du courrier électronique (email) et de la messagerie instantanée (IM), Evan Williams et son équipe ont réinventé la simplicité qui avait concouru au succès de l’adoption de la solution de blogs Blogger. Concevoir un outil ergonomique, facile à prendre en main, mu par un champ des possibles d’utilisations non définies. Twitter, c’est gazouiller et derrière le leitmotiv du cadre perpétuel à remplir « Qu’êtes-vous en train de faire ? » (« What are you doing ? ») en 140 caractères, se joue d’abord l’effet transgressif de ne pas répondre à la question, de braconner invariablement pour lancer des bouteilles à la mer, témoigner, informer, alerter, annoter, saisir l’inattendu, créer en mots...

Avec Twitter, c’est la remise en cause même de l’outil qui se manifeste. Etre prévenu par email, messagerie instantanée et par SMS en fait une machine douée d’ubiquité plongée dans le désir d’un monde occidental où la connexion à l’Internet se veut et se proclame permanente, non finie, sans frontière avouée. Sur Twitter, l’ultime barrière temporelle des fuseaux horaires n’existe plus. La « public timeline » (ligne du temps) est un flux cyclique, une humeur médiatique évènementielle et une garantie émotionnelle voguant sur les « marronniers » circonstanciés des saisons (Nouvel An, Soldes, Saint-Valentin, vacances) ; un univers de vie ritualisé.

Les sur-outils dévorent Twitter

Le nombre d’applications périphériques adjointes à Twitter ne cesse d’augmenter. Géolocalisation, popularité, audience (par followers), discussions à capitaliser, tendances sémantiques, modes d’alimentation de tweets… Invariablement, l’outil Twitter se laisse dévorer par ces modules. Hybride dans ses basiques, dépouillé dans son interface, Twitter est en outre d’une insatisfaction permanente : saturation de bande passante de la plateforme, réception plus ou moins aléatoire des SMS, implémentation minimale en interne de nouvelles fonctionnalités, utilisateurs toujours en quête d’un mieux.

Twitter est un outil de l’économie du désir qui vit de l’économie de la contribution tout en fixant l’attention. Son écosystème montre une instabilité certaine, épicentre d’un mouvement où l’on peut tour à tour renforcer sa tour d’ivoire en une solitude voulue et ou vécue, interagir en groupes établis ou naissants, composer des discussions s’évaporant quasi-instantanément, esquissant des traces censées indélébiles dans des moteurs de recherche…

Twitter, la micro-célébrité par la particularité

Avec Twitter, la célébrité est micro tout comme l’expertise emprunte des niches de sujets, préoccupations et thématiques qui poussent à la bribe de sens ou de synthèse, au dialogue contemplé ou à l’échange en interlocution. Outil « inter- » par nature et ambivalent par les sens qu’il peut construire et signifier, Twitter signifie dans l’utilisation propre non induite qu’en font les individus mêlée au devenir des 140 caractères alignés en mots.

Sur Twitter : la flexibilité de l’objet numérique

"Si son évolution actuelle se poursuit, Twitter s’engage potentiellement sur un chemin qui le conduit de son état initial de simple outil de communication à celui de puissante plateforme de gestion de présence, qui peut finir par impulser des pratiques sociales nouvelles. Twitter est unique en ce qu’il restreint le volume de la communication tout en permettant de partager largement des échanges issus de sources très diverses. A cet égard, sa singularité est d’être le premier outil de deuxième génération qui s’appuie exclusivement sur la flexibilité de l’objet numérique, sur sa taille relativement réduite quand il se limite à exprimer une option individuelle à un moment précis, et sur sa facilité d’agrégation. La tendance anthologique, en évolution constante, devient ainsi la clé d’une forme de densité sociale au sein d’une plateforme répartie de partage du savoir. La pratique anthologique actuelle est un immense succès à cause de sa façon d’exploiter l’interface entre le technologique (facilité d’accès, outils permettant d’exercer la fonction d’auteur, mots clés, etc.) et une aspiration individualiste à la distinction. Elle illustre aussi certains traits « littéraires » de la nouvelle compétence numérique, et la façon dont celle-ci récupère et s’approprie les modèles de la culture imprimée."

 
Milad Doueihi, La Grande Conversion numérique, Editions du Seuil, Paris, Janvier 2008, Collection La Librairie du XXIe siècle, Traduit de l’anglais par Paul Chemla.

Sur la micro-célébrité : contribuer marginalement

"La microcélébrité, c’est le phénomène d’être très connu, mais pas par des millions de personnes, plutôt par un millier de personnes voire quelques douzaines" selon le magazine américain Wired.

"La microcélébrité, c’est une réalité des signaux et coopérations faibles : je donne en permanence des signaux très faibles, je contribue très marginalement mais très souvent. Le moindre de mes gestes sur la Toile est un signe porteur de sens et de valeurs pour mes contacts" selon Pierre-Yves Platini du cabinet FaberNovel Consulting.

Technikart, dossier Tous micro-célèbres, Paris, Février 2008.

dimanche 11 novembre 2007

Droit de l'Internet et Espaces Publics Numériques : Dossier de ressources

Droit de l'Internet et Espaces Publics Numériques : Dossier de ressources.

A télécharger en fin de message : version 1.6 du 7 novembre 2007 (38 pages). Cliquez sur Annexe (ou) Annexes.

Avec la participation du Centre de Ressources des Espaces Publics Numériques de Wallonie et de l'Association des Jeudis des EPN.


Ce dossier de ressources francophones (Internet et papier) sur le Droit de l'Internet comprend des documents relatifs aux notions de Droit afférentes aux usages et pratiques en Espaces Publics Numériques. Il est mis à disposition sous licence Paternité - Pas d'Utilisation Commerciale 2.0 France (BY-NC 2.0 FR).

Il se veut volontairement exhaustif, porté vers des notions générales et délivrant des documents clés pour mener des animations et ateliers spécifiques en EPN en rapport avec le Droit de l'Internet au sens large. Ce livret comprend également des liens vers des informations fiables à indiquer aux usagers des lieux d'accès publics à l'Internet.

Initié suite à une intervention lors de la formation "Obligations légales des Points Cyb et des animateurs multimédias" au Centre Régional Information Jeunesse Centre (janvier 2007), le dossier a été étoffé grâce aux conseils, repérages et ressources fournis pour et par les Espaces Publics Numériques de Wallonie (dispositif régional en Belgique), aux rencontres des Jeudis des EPN en Île-de-France et en écho des journées "Internet, Droits et Publics" de la Direction Régionale Jeunesse et Sports de Franche-Comté (novembre 2007) auxquelles j'ai eu l'honneur d'être associées. Mes remerciements aux personnes qui ont rendu possible l'élaboration de ce document.

Ce livret est mis à jour régulièrement et la dernière version disponible figure en fichier joint pdf en fin de cet article (adresse permanente).

Je vous remercie de bien vouloir me signaler par courrier électronique ( jeanluc.raymond@gmail.com ) toute nouvelle ressource pertinente sur les thèmes évoqués.

Dossier créé et mis à jour par Jean-Luc Raymond

Au sommaire :


   1. Sites publics ou parapublics de référence sur le Droit de l’Internet
   2. Autres sites de référence sur le Droit de l’Internet
   3. Sites associatifs et professionnels
   4. Sites commerciaux relatifs au Droit de l’Internet
   5. Sites personnels relatifs au Droit de l’Internet
   6. Gestion des Droits d’auteur
   7. Listes et forums de discussion spécialisés sur le Droit de l’Internet
   8. Solutions techniques et logicielles
   9. Sites avec activités
  10. Documents grand public téléchargeables
  11. Documents spécialisés téléchargeables
  12. Activités en Espaces Publics Numériques
  13. Articles de Presse
  14. Sites annexes
  15. Bibliographie papier

Historique des versions :


Version 1.6 - 7 novembre 2007 - 38 pages (nouveautés : ajout de références bibliographiques et du chapitre "Activités en Espaces Publics Numériques").

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