L'Université de
Jyväskylä en Finlande est porteuse d'un beau projet
concret d'innovation sociale : Viveca, un centre de
recherche de technologique qui s'intéresse aux activités humaines sous le point
du sport et de la santé, créé en 2003. Sur un même lieu, Viveca réunit des
enseignements, une unité de recherche et développement et un centre
d'affaires basé sur l'écosystème universitaire d'une recherche de pointe.
En outre, Viveca favorise les rencontres des professionnels du secteur du
bien-être et de la santé (étudiants, enseignants, chercheurs, cadres
d'entreprises, employés) pour favoriser les idées et des projets technologiques
créateurs d'emploi et ferment d'innovations. Il ne s'agit pas de ce qu'on
appellerait un pôle de compétitivité à la Française mais simplement de croiser
les points de vue et les centres d'intérêt de praticiens et de patients du
système de santé (sportifs, notamment) dans un même lieu ouvert. Viveca a aussi
la spécificité de publier en ligne les travaux des acteurs du centre et de
rendre ainsi visibles auprès des citoyens, les actions entreprises par ce
département originellement universitaire.
Ce projet est basé sur un mode de fonctionnement similaire à une
autre entité existante de l'Université de Jyväskylä, l'Agora center, un
centre d'études, de recherche pluridisciplinaire et de rencontres autour des
technologies et de la société de la connaissance.
Tag - intelligence
dimanche 17 décembre 2006
Viveca, un centre de recherche technologique, d'affaires et de rencontres à l'Université de Jyväskylä en Finlande comme une vaste agora
Par Jean-Luc Raymond le dimanche 17 décembre 2006, 20:46
mercredi 29 novembre 2006
Martin Roulleaux Dugage, Le prix de la confiance : guide pratique de l'entreprise en réseau, ouvrage téléchargeable gratuitement
Par Jean-Luc Raymond le mercredi 29 novembre 2006, 09:11
Martin Roulleaux Dugage (directeur Knowledge Management
Schneider-Electric) vient de publier sur son blog une version
alpha (donc non finalisée) de 148 pages de son ouvrage "Le prix de la
confiance : guide pratique de l'entreprise en réseau" téléchargeable
gratuitement à cette
adresse en .pdf (2,9 Mo).
Martin Roulleaux Dugage explore les changements dans le monde post-industriel,
le présent de l'entreprise collaborative et décrit comment favoriser, faire
émerger, gérer et analyser une communauté de pratique professionnelle active,
figure émergeante de l'entreprise en réseau moderne.
L'auteur s'attarde également sur les 7 espaces présents dans une grande
entreprise ou un structure importante et donne des clés pour réussir une
transformation managériale induite par l'utilisation de plus en plus prégnante
des Technologies de l'Information et de la Communication où le leadership
devient foncièrement collaboratif.
Ce livre concerne bien au-delà de la cible d'un lectorat de managers
attentifs aux changements liés au multimédia dans l'entreprise. Il pose des
jalons pour les personnes s'intéressant aux phénomènes de communautés de
pratiques et d'échanges de flux de connaissances au sein de l'entreprise. Il
délivre des grilles de lecture et, en filigrane, un guide pour agir au sein
même de l'organisation dans une approche en réseau.
"Le mouvement de transformation de l'entreprise est bien en marche. Il est porté par les nouvelles technologies du Net, et nous sommes encore loin d'en avoir saisi la portée. La mondialisation associée aux nouvelles technologies de communication, maintenant largement démocratisées, donne naissance à des formes nouvelles d'organisation adaptative. Des groupes de personnes se rassemblent et s'auto organisent en réseaux et en communautés, parfois planétaires, et sans rien demander à personne. Bien plus, ces communautés commencent à établir des connexions entre elles, comme autant de neurones d'un gigantesque cerveau mondial en devenir, se jouant des frontières de la géographie et des organisations. Ce réseau mondial d'intelligence collective en est encore à ses balbutiements, mais sa croissance est explosive, et son impact sur le monde du travail est déjà considérable. Quand on sait que la valeur d'un réseau s'accroît en principe comme le carré du nombre de ses connexions, il y a là quelque chose dont l'impact sur le monde du travail est comparable à celui de la météorite qui a tué les dinosaures. Si l’homme se met à externaliser ses fonctions cognitives, les organisations hiérarchiques et cloisonnées n’y survivront pas.
Il faut donc impérativement apprendre aux managers à reconsidérer l'universalité des pratiques de contrôle héritées de l'âge industriel et en adopter de nouvelles dans le but de développer la connaissance et susciter l'innovation. Il faut rééquilibrer le système traditionnel de management de l'entreprise, centré sur la recherche de productivité des structures, par un système complémentaire centré sur les espaces d'apprentissage et d'innovation. Ainsi, aux deux piliers actuels de l'organisation d'entreprise -les hiérarchies fonctionnelles et les équipes projet-, il faudra ajouter un troisième -les communautés- qui donnera aux entreprises les moyens d'une nouvelle croissance. Les entreprises qui survivront au 21e siècle seront celles qui auront su mettre en oeuvre les systèmes d'apprentissage les plus efficaces sur leur coeur de métier, et qui auront externalisé tout le reste."
En complément, Martin Roulleaux Dugage propose un fichier
en .pdf sur le thème : "Dynamiques collaboratives au-delà des frontières :
éléments de théorie et de pratique pour le développement de l'entreprise en
réseau" issu d'une présentation sur la dynamique collaborative des réseaux
sociaux et des communautés.
mardi 28 novembre 2006
Un portail d'alerte et d'aide à la décision des ONG en cas de catastrophe humanitaire, projet phare de CIO Sans Frontières
Par Jean-Luc Raymond le mardi 28 novembre 2006, 22:24
Les Chief Information Officers (CIO) français se mobilisent. En 2005,
AT&T, IBM, Oracle, Singapour et les Directeurs de Systèmes d'Information
Pascal Anquetin (Vedior), Karine Durand (Armaris), Yves Trézières (Nexans) et
Isabelle Vialettes (Invivo) ont fondé l'association CIO Sans Frontières, avec
les slogans "unis pour une informatique responsable" et "le coeur
a ses réseaux".
Un an après sa création, CIO Sans Frontières est sur le point
d'aboutir à une belle réalisation utile et concrète : un portail d'alerte
et d'aide à la décision des Organisations Non Gouvernementales en cas de
catastrophe humanitaire.
Yves Trézières, Président de CIO Sans Frontières, évoque le partenariat
avec Télécoms Sans
Frontières et la raison de ce initiative de portail solidaire :
"Notre association va travailler sur du concret, c'est-à-dire sur des projets bien identifiés, des livrables comme nous disons dans notre jargon. Notre objectif est de fédérer des compétences et des ressources au profit d’une action simple : sauver des vies grâce à l’utilisation des technologies de l'information. Télécoms Sans Frontières est une organisation non gouvernementale française qui vient au secours des sinistrés en cas de catastrophe humanitaire par la mise à disposition temporaire des réseaux de télécommunications par satellite.
CIO sans frontières va concevoir et déployer un portail d'aide à la décision imaginé par TSF qui permettra à l'ensemble des ONG de la planète d'être informées en temps réel en cas de catastrophe humanitaire et mettra à leur disposition toutes les données indispensables à l'organisation des secours.
Nous apporterons aussi à TSF notre capacité de mobilisation des acteurs des technologies de l'information par la mise à disposition de matériel, de logiciels ou de personnel. Nous laisserons alors le temps nécessaire à TSF pour remplir sa mission : agir sur le terrain.
Nous ne nous engageons pas pour une seule cause, mais nous serons au service de toutes les ONG. C'est ce qui a retenu mon attention dès mes premiers contacts, et les besoins de TSF sont vitaux pour améliorer les secours aux sinistrés des catastrophes naturelles. Celles-ci frappent de plus en plus fort, de plus en plus souvent, y compris à la porte de chez nous."
Construction des savoirs, PC à 100 Dollars au Brésil, GCompris, principes d'intégration des TIC en milieu scolaire... (brèves citoyennes de clavier)
Par Jean-Luc Raymond le mardi 28 novembre 2006, 10:40 - Brèves citoyennes de clavier
Sur le blog Vagabondages, des notes à la volée d'interventions du colloque
Lyonnais "Savoir, Réseaux et partages" des 23 et 24 novembre 2006, avec une
attention sur les outils collectifs au service de la construction des
savoirs (Web 2.0, wiki, flux RSS...).
Ce sont 49 écoliers brésiliens qui testent le premier prototype
fonctionnel 2B1 du PC à 100 dollars ("One Laptop Per Child") comme le rapporte ZDNet. "Son coût de fabrication se
situe pour l'instant à 150 dollars". NetEco décrit la machine, sa
connectique et son offre logiciels via l'article : "Les PC à 100$ l'unité gagnent le Brésil".
Philippe Larmine présente pour GénérationCyb : "GCompris : un logiciel éducatif libre pour les 2 à 10 ans" qui
propose une centaine d'activités différentes sur des thèmes comme la
manipulation du clavier et de la souris, le calcul et l'écriture, des jeux
(échecs, mémory...), le dessin vectoriel, etc.
François Guité publie une liste
explicative ("work in progress") des 6 principes d'intégration des
TIC en milieu scolaire :
1. La technologie doit servir l'utilisateur sans le déshumaniser,
2. La technologie doit seconder la pensée sans s'y substituer,
3. La technologie doit faciliter les savoirs,
4. La technologie doit se conformer au développement de la personne,
5. La technologie ne doit pas contraindre la liberté dans le choix des
moyens,
6. La technologie ne doit pas entraver l'épanouissement social.
Utile : un recensement de photothèques
gratuites sur Interroge où l'on peut télécharger gratuitement des clichés
numériques de son choix pour des illustrations. Via Techbee.
Christian Bensi signale deux stages organisés par
l'INJEP (Institut National de la Jeunesse et de l'Education Populaire) au
premier semestre 2007, rendez-vous coordonnés par Gérard Marquié (chargé
d’études et de formation) qui prendront notamment en compte la problématique
Internet : "L'information des jeunes dans les politiques publiques d'éducation et de
jeunesse" (du mardi 13 février au vendredi 16 février) et "L'orientation des jeunes dans un parcours de vie" (du mardi 24 avril
au vendredi 27 avril).
Comment choisir le bon outil technologique de communication dans une relation
client - utilisateur (point de vue de l'utilisateur). Voici une excellente
modélisation d'un arbre de décision avec les bonnes questions à se
poser et les choix technologiques qui s'imposent : "Communication
Technologies - A Decision Tree for Users".
L'Arobase espace
public multimédia municipal de Pierrefitte-sur-Seine
(Seine-Saint-Denis) vient de fêter son 5e
anniversaire. Depuis 2001, "ce sont plus de 1000 personnes qui se sont
inscrites pour se former aux multiples usages que permet l'informatique, pour
utiliser l'équipement sur place et pour développer leurs projets personnels ou
collectifs."
Bernard Charlès, le laboratoire virtuel ou la recherche virtuelle
Par Jean-Luc Raymond le mardi 28 novembre 2006, 08:24
Dans le hors-série d'Enjeux Les Echos qui vient de paraître (décembre
2006, n°2) : "La France dans le monde demain", Bernard Charlès, président de
Dassault Systèmes, décrit les
conditions de l'innovation et de la créativité, et le potentiel
technologique français. Il explicite le concept de "recherche virtuelle" comme
futur de la technologie :
"C'est effectivement la prochaine révolution que connaîtra notre société. Une révolution bien plus profonde qu'Internet! Avant, à l'époque de l'artisanat, des compagnons, le savoir-faire, autrement dit la capacité de mettre en oeuvre un savoir, était l'élément de différenciation entre les talents. Aujourd'hui, le savoir est virtualisé, tous les textes, tous les documents sont "en ligne", les enfants font des exercices dont la réponse arrive en quelques secondes sur un moteur de recherche. La prochaine étape sera l'expérimentation virtuelle : nous simulerons des expériences en numérique, nous serons capables d'imaginer le monde réel avant de le faire, et ce dans tous les secteurs de l'économie. Aujourd'hui par exemple, on découvre de nouvelles molécules pharmaceutiques par expérimentation, mais la perspective de créer de véritables laboratoires virtuels serait révolutionnaire. On pourrait même envisager une pédagogie où, avant de lire un manuel de mathématiques ou de physique, l'élève réalise une expérience "virtuelle" pour mieux comprendre ce qu'il apprend. Je suis convaincu que les laboratoires d'apprentissage du futur seront les laboratoires virtuels dans lesquels on jouera et l'on découvrira."
Source :
Bernard, Catherine (décembre 2006). "Bienvenue dans le labo virtuel : entretien avec Bernard Charlès", in "La France dans le monde demain", Enjeux Les Echos, Hors-Série n°2, Paris, pp.72-75.
lundi 20 novembre 2006
E-Artcasting (tendance 015)
Par Jean-Luc Raymond le lundi 20 novembre 2006, 23:45 - Tendance
Nouvelle rubrique : tendance. Un mot, une expression, un lieu, une
chose comme reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans
l'avenir, porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le
prononce, dans son champ énonciatif et contextuel. Mot, expression à suivre,
objet utile ou inutile, lieu en devenir...
L'E-Artcasting est un mot juste né d'un blog en espagnol et en
anglais du même
nom qui cherche à repérer des technologies "sociales" utilisées dans les
musées d'Art à travers le monde, des nouvelles façons de communiquer et
d'interagir avec le public (podcasting, partage de photos, systèmes
d'e-learning...).
L'E-Artcasting serait donc une approche qui permet d'explorer l'Art à travers
l'utilisation de nouveaux outils, de leur impact et de leurs possibilités.
Selon les initiateurs du blog, l'E-Artcasting s'inscrit dans la lignée du
nouveau Web (Web 2.0). Le concept d'E-Artcasting est à suivre...
samedi 18 novembre 2006
Disruptif (tendance 013)
Par Jean-Luc Raymond le samedi 18 novembre 2006, 23:25 - Tendance
Nouvelle rubrique : tendance. Un mot, une expression, un lieu, une
chose comme reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans
l'avenir, porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le
prononce, dans son champ énonciatif et contextuel. Mot, expression à suivre,
objet utile ou inutile, lieu en devenir...
L'adjectif disruptif est d'abord employé dans le champ sémantique de
l'électricité comme l'indique Patrimoine de France dans son dictionnaire :
"Adj. XVIe siècle, au sens de "qui sert à rompre". Dérivé savant du latin disruptum, supin de disrumpere, "briser en morceaux, faire éclater". ÉLECTR. En parlant d'un courant électrique. Qui transperce un isolant en désorganisant sa structure mécanique et chimique, momentanément ou définitivement. Décharge disruptive, claquage disruptif. Champ électrique disruptif."
En septembre 2004, le journaliste Luc Fayard (01 Informatique) voit une
nouvelle utilisation du mot dans le contexte publicitaire (voir la page Web de disruption) et son utilisation dans un
contexte technologique : ""Disruption" de la technologie" :
"A l'origine, l'adjectif "disruptif" - étymologiquement : "qui éclate" - a été astucieusement appliqué par un publicitaire français à ses projets pour persuader ses clients qu'ils étaient meilleurs que ceux de ses concurrents. Depuis, le mot a fait florès, et tout le monde l'exploite à tort et à travers. Notamment les fournisseurs, pour qui toute nouvelle technologie est forcément un levier de changement, voire de "disruption". Linux ? Disruptif, bien sûr, car il éclate les modes traditionnels de conception et de commercialisation du logiciel. Le grid ? Disruptif par sa révolution de l'architecture matérielle. UMTS ? Disruptif encore, parce qu'il change radicalement les modes de travail en facilitant la mobilité non-stop."
L'emploi de "disruption" se généralise et Francis Pisani précise son emploi
dans le Monde de l'Entreprise (16 février 2006) : "Vous dites "disruptif" ?" :
"Les entrepreneurs de Silicon Valley adorent les "disruptive technologies" ou technologies de rupture (on dit aussi "perturbatrices"). Elles changent le panorama existant et permettent de faire des affaires fulgurantes. Quand tout se passe bien, s'entend. Il y a toute une théorie là-dessus (voir Wikipedia en anglais et en français)."
L'innovation disruptive est un modèle élaboré par Clayton M. Christensen et
explicité sur cette page de 12Manage : "Disruptive Innovation (Innovation disruptive) (Christensen)".
Le chercheur breton en Économie Raphaël Suire (Université de Rennes 1) emploie
le terme disruptif en introduction d'un papier scientifique d'octobre 2003
(en .pdf, 29 pages) : "Des réseaux de l'entrepreneur aux ressorts du créatif : quelles
stratégies pour les territoires ?" :
"Nous soutenons l'idée que le comportement disruptif est le produit d'un encastrement socio-technico-économique et d'une inscription territoriale de ces réseaux. Dès lors, les territoires doivent redessiner les contours de leur stratégie dans le sens d'une attractivité et d'une rétention mieux définies."
Avec le nouveau Web (ou Web dit "2.0") et l'évolution du marché de
l'Internet, le terme est revient soudainement d'actualité dans son emploi.
Par exemple, dans les propos du sociologue Jean-Louis Missika,
dans une interview pour le Monde 2 de ce week-end sur l'avenir de la
télévision :
"Nous vivons une période comparable à celle de la révolution industrielle, au début du XIXe siècle. Nous sommes confrontés à ce qu'on appelle une "technologie disruptive", c'est-à-dire qui bouleverse les règles du jeu et les positions de force des principaux acteurs sur le marché (de la télévision). À l'heure d'aujourd'hui, personne ne sait si des médias aussi puissants que TF1 ou Canal+ seront encore indépendants dans les prochaines années..."
vendredi 17 novembre 2006
Oculométrie (tendance 012)
Par Jean-Luc Raymond le vendredi 17 novembre 2006, 23:45 - Tendance
Nouvelle rubrique : tendance. Un mot, une expression, un lieu, une
chose comme reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans
l'avenir, porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le
prononce, dans son champ énonciatif et contextuel. Mot, expression à suivre,
objet utile ou inutile, lieu en devenir...
Jean-Marc Hardy nous rappelle la traduction du terme
"eye-tracking" : "Oculométrie". Il s'agit "de l'enregistrement des mouvements de
l'oeil".
Le Journal du Net indique la définition suivante à Oculométrie
:
"Ensemble de techniques permettant d'enregistrer la position du regard d'un lecteur qui découvre ce qui est affiché sur un écran. On peut ainsi savoir si l'internaute regarde l’écran, lit vraiment ou se contente de balayer les zones; on peut connaître également l'intensité de l'attention qu'il porte sur telle ou telle partie de l'écran. En revanche, ces techniques ne peuvent prouver qu'un internaute a vu ou non une information à l'écran.
Parmi les techniques d'enregistrement de la position du regard, celle du reflet cornéen est sans doute la plus utilisée en ergonomie, car elle permet notamment une bonne précision des mesures tout en laissant le participant libre de ses mouvements. Elle consiste à envoyer des faisceaux de lumière infrarouge émis par un ensemble de diodes au centre de la pupille. Les reflets infrarouges renvoyés par la cornée de l'œil sont ensuite détectés et permettent, après calcul, de repérer le centre de la pupille et de connaître la position de fixation de l'œil sur une cible."
Sur leur site Internet, les deux auteurs de l'Ergonome consacrent un
article (avec ressources) à l'eye-tracking, critère encore méconnu dans la
création de sites Web et délivrent une "Étude du suivi du regard (eye-tracking) et ergonomie des sites Web - 3ème
partie". Benoit Duverneuil anime un blog en français sur le thème de
l'oculométrie : Eye-Tracking The Lab. Professeur de psychologie cognitive à
l'Université de Nice-Sophia Antipolis, Thierry Baccino travaille sur des
systèmes d'oculométrie. Plusieurs de ses travaux de recherche
sont en ligne.
Le Monde 2 signe un numéro spécial brillant : Bienvenue dans la technosphère
Par Jean-Luc Raymond le vendredi 17 novembre 2006, 22:34
Numéro spécial passionnant du Monde 2, ce week-end, avec comme
thème générique et unique : "Bienvenue dans la Technosphère" que son
rédacteur en chef Yann Plougastel présente ainsi :
"Une série d'articles qui décrivent la manière dont les nouvelles technologies ont pris place dans notre vie quotidienne, laquelle ressemble désormais au village global que le visionnaire philosophe canadien Marshall McLuhan avait prophétisé dans les années 1960."
La mort annoncée de la télévision
Le premier article : "La révolution internet sous l'angle
de la sociologie : A l'heure de la convergence numérique" est un entretien avec
Jean-Louis Missika, sociologue, conseiller politique et aussi coach de managers
de grandes entreprises en France, qui a lancé un pavé dans la mare, en
mars 2006, avec la parution d'un essai dont le titre est clair : "La Fin
de la télévision" (Editions du Seuil). Dans cette interview, Jean-Louis Missika
annonce l'annexion de la télévision par le Web et la présence d'écrans
(téléphones mobiles, ordinateurs, consoles vidéo...) qui ne cessent de diffuser
en tous lieux des infos (textes, images et sons) émises par les citoyens :
"On assiste à une profonde transformation socioculturelle : aujourd'hui, la production, l'édition et la diffusion d'une information ont un coût extrêmement bas sur le Web. C'est à la portée des amateurs... Jusqu'à présent, nous étions habitués à des médias puissants et prescripteurs, où la place occupée par celui qui parle et celui qui écoute était claire et immuable. Désormais, nous sommes dans un univers foisonnant et étrange, où celui qui écoute a aussi envie de parler. L'heure est au média conversationnel.
Etre journaliste n'est plus une profession mais une position que chacun peut occuper, de temps en temps, dans sa vie sociale. Nous sommes en quelque sorte revenus en l'an 1815... 15 ans avant la Penny Press, c'est-à-dire l'invention du modèle économique qui régit encore la presse écrite aujourd'hui!"
Se connecter à Internet, visages de l'accès à Internet dans le monde
Claire Ulrich présente un étonnant article illustré sur la
manière dont on peut se connecter sur Internet sur les 5 continents : "Le Net
du bout du monde". Au Brésil, le "computador da um real" est un
cédérom qui fait office de bureau mobile pour les personnes ne possédant pas
d'ordinateurs. A Nyarukamba (Rwanda), sans électricité ni fournisseur
d'accès, le village est connecté à Internet grâce à une station solaire
Internet inventée par la société américaine Inveneo. En Inde, ce sont les DataMules ou facteurs Internet
de DakNet qui
desservent les villages via des motos, des camions ou des autobus, pour relever
les messages de courrier électronique, les fichiers à envoyer et en assurer
aussi la réception.
L'information collective
La même journaliste s'intéresse au phénomène Sud-coréen du site
d'information Ohmynews existant depuis 2002 fait par et pour des internautes : "M.
Oh et ses 40 000 cyber-reporters" :
"La formule de journalisme qu'à inventée dès 2000 M. Oh en Corée s'appelle aujourd'hui Users Generated Content (contenus produits par les particuliers). Les médias traditionnels y voient une bouée de secours. Mais ce sont d'autres investisseurs qui ont finalement permis à Ohmynews de s'exporter : les opérateurs de téléphonie, futurs distributeurs de contenus sur terminaux mobiles".
George Marion conte l'histoire légendaire des appareils photos Leica, derniers
survivants de la photo argentique qui ont décidé, à marche forcée, de passer au
numérique, avec 4 nouveaux modèles.
La révolution de l'encre électronique
Diane Wulweck explore le monde des bibliothèques et de la
lecture en devenir via son article "Lisez branchés" qui évoque le e-book,
le livre électronique et l'e-ink (encre électronique) inventée en 1998 au sein du
Massachusetts Institute of Technology :
"Enfermées dans un support plastique de l'épaisseur de quelques microns, des microcapsules font naître ou disparaître un texte ou une image selon l'information électrique qu'on leur envoie. Légère, interactive, pilotable à distance, très peu gourmande en énergie... l'encre électronique promet de révolutionner le marché de l'imprimé - la presse écrite, l'édition, et bien sûr, l'affichage publicitaire."
Le design de demain se conçoit aujourd'hui
Olivier Dumons fait le portrait de Stefano Marzano, docteur en
architecture et designer, chez Philips, d'objets quotidiens de l'avenir.
Stefano Marzano travaille pendant des périodes de projets de 8 ou 9 mois
""sur des concepts qui sont des stimulations, des provocations, destinées à
ouvrir un nouveau débat". Le véritable travail de fond sera ensuite de
convaincre puis d'adapter ces concepts à des productions, et là, les délais
s'allongent. En effet, ses équipes ne sont pas seulement composées de
designers, mais également d'analystes de tendances, de sociologues,
d'anthropologues culturels et même de psychologues".
Pierre Barthélémy présente les textiles de demain dans son papier
"Tissus d'innovations", des vêtements intelligents sécurisants, augmentations
du corps par leur effet intégrateur (clavier souple, lecture de musique...),
sécurisant ou alertant les personnes aux alentours ("la société
belge Verhaert a conçu un pyjama pour bébé censé prévenir la
mort subite du nourrisson en suivant des données cardiaques et
respiratoires").
Enfin, une saga en images et en textes sur l'histoire du téléphone
de sa naissance au portable 3G compile 130 ans d'histoire de la téléphonie en 9
pages.
Source :
Plougastel, Yann (dir.) (18 novembre 2006). Bienvenue dans la technosphère, Le Monde 2, n°144, Paris, Numéro spécial.
mardi 14 novembre 2006
Territoires urbains, exclusions, représentations et sphères de vie
Par Jean-Luc Raymond le mardi 14 novembre 2006, 21:13
En ces temps
d'accélération de créations hybrides de plateformes du nouveau Web autour de
cartographies annotées par certains utilisateurs internautes et d'une
redécouverte du territoire réel au regard du territoire virtuel, quelques
relectures s'imposent pour prendre un peu de recul sur la notion de territoire
et de ville contemporaine.
En février 2006, le sociologue Jacques Donzelot publie l'article scientifique
"La ville à 3 vitesses" dans la collection Arguments du PUCA (Plan Urbanisme Construction Architecture) du
Ministère des Transports et de l'Équipement, qui comprend des textes
synthétiques sur l'actualité des questionnements relatifs à la recherche
urbaine. Jacques Donzelot y décrit 3 phénomènes majeurs du rapport des
habitants à la ville moderne : la relégation, la péri-urbanisation et la
gentrification. Les classes moyennes et précaires se voient rejeter des villes
centres :
"Il y a la mondialisation par le bas qui se traduit par la concentration de ces minorités visibles dans les territoires de la relégation. Et puis la mondialisation par le haut qui correspond à la classe émergente associée à la gentrification. Entre ces deux pôles, aucune commune mesure ne permet l'établissement d'une relation, conflictuelle ou non. Elles vivent dans la même ville. Mais celle-ci ne relie pas l'une et l'autre des extrémités de ses habitants. Elle vit plutôt au rythme des malaises de la population qui s'intercale entre ces deux éléments sans établir une continuité efficace. Car cette population de classes moyennes qui constitue la principale part de la société contribue à la relégation autant qu'elle se sent rejetée par le processus de gentrification. Autant les classes moyennes ont constitué la solution de la ville industrielle, autant elles sont devenues le problème dans la ville mondialisée. Il n'est pas de moyen que la ville puisse à nouveau "faire société" qui ne nécessite d'apporter une solution aux classes moyennes, celles qui s'estiment, à juste titre, "les oubliées" de la nouvelle configuration pour la pure et simple raison qu'elles se trouvent en position de la subir."
Les classes créatives, puissantes financièrement, tiennent le pouvoir
économique et se concentrent dans les villes centres, autour de bouillonnements
culturels et technologiques, bénéficiant d'accès à des infrastructures
techniques à haut, voire très haut débit.
Dans son essai "La société hypermoderne" (Editions de l'Aube, 2000), François
Ascher, Professeur d'Urbanisme à l'Université de Paris 8, décrit la société moderne dans l'évolution
urbaine et les liens sociaux dans la cité, plus nombreux, mais moins forts, qui
font naître une société de la connaissance, un capitalisme cognitif sur lequel
les individus pensent peser et ainsi transformer le territoire par les
techniques c'est-à-dire les technologies. Les villes changent car la société et
l'économie cognitive imprègnent notamment via les technologies ("les nouvelles
technologies urbaines"), leurs modes de conception, de production et de gestion
:
"Les conceptions et représentations de la métapole seront inévitablement en phase avec la société hypertexte et avec ses représentations multidimensionnelles du monde. Il ne pourra y avoir de séparation radicale entre les manières dont la société se pense et fonctionne, ses paradigmes, et les manières de concevoir les espaces des villes. Le monde du virtuel pénétrera inévitablement les théories et les pratiques de l'urbanisme et de l'architecture urbaine et donnera naissance à des combinaisons nouvelles. Le virtuel augmentera de différentes manières l'actuel. Demain, l'espace des villes n'intégrera pas les TIC seulement comme des métaphores, mais ressemblera davantage, lui aussi, à un hypertexte dans lequel les citadins se fabriqueront des urbanités variées et changeantes. D'ores et déjà, comme le souligne Antoine Picon, les citadins se déplacent souvent dans les villes tels des joueurs de jeux informatiques, sans consulter des modes d'emploi qui n'existent pas ou sont inutilisables, et se dirigeant par "essais, erreurs et reconnaissance".
Plus les technologies se font sensibles dans la reconstruction d'un territoire
virtuel pouvant paraître pratique, volontairement organisé, sécurisant, voire
utopique, plus elles semblent buter sur la réalité physique
tangible du territoire local réel.
Illustration chiffrée, le blog Neighbourhoods, sur le modèle des parcours de
vie, rappelle aujourd'hui la sphère territoriale de vie des
enfants britanniques, une échelle extrêmement réduite : la notion de pas de
porte (à 60 m du domicile en ligne droite, à 100 m en marchant), le voisinage
(à 260 m de la maison en ligne droite, à 400 m à pied) et le local (à 600 m de
l'habitation en ligne droite et à 1 km en marchant). Soudainement, le
territoire se fait plus humain.
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