Jean-Luc Raymond

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Tag - initiative

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lundi 31 juillet 2006

Le campanier : fruits et légumes bio par abonnement

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Une bonne idée qui associe l’utilisation de l’Internet et le développement durable. Johan Marcus Zeiher, un entrepreneur allemand et écologiste a lancé en France, au début des années 2000, Le Campanier, un abonnement qui donne droit chaque semaine à un panier de fruits et légumes biologiques de saison livré dans un point relais dimensionné pour le foyer : les sacs de légumes sont prévus pour une base de 4 repas environ. L’idée lui est venue de l’un de ses distributeurs-grossistes hollandais. Aux Pays-Bas, de nombreux agriculteurs distribuent leur production localement aux habitants des alentours.


Deux formules de sacs sont proposées : le petit sac pour une ou deux personnes ou le grand sac pour une famille de 3 ou 4 personnes. Chaque panier est accompagné du bulletin de la semaine avec des suggestions de recettes utilisant le contenu du sac hebdomadaire. Un seul abonnement convertit 200 m2 de terre en production biologique. Le site Internet du Campanier propose de découvrir chaque semaine le contenu des sacs et les recettes de la semaine.


Source :

Zeiher, Johan Marcus (juillet 2006). Le Campanier [En ligne], Dynamis France, Rungis, Site (Page consultée le 31 juillet 2006)

dimanche 30 juillet 2006

Cergy-Pontoise solidaire : un blog sur la solidarité locale… et internationale

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A l’occasion de la semaine de la solidarité internationale qui se déroule en France du 11 au 19 novembre 2006 (voir le site de cette initiative multipartenaires), le Centre Information Jeunesse du Val d’Oise qui possède déjà un impressionnant catalogue de liens sur la solidarité internationale (voir la page) lance avec le Point Cyb (espace multimédia) de Cergy-Pontoise (et sur l’initiative de son responsable Olivier Lacombe), le blog Cergy-Pontoise Solidaire fédérant les associations de la ville investies dans la Semaine de la Solidarité Internationale.


Faisant le lien entre le local et l’international, ce blog se veut permettre…

“De prolonger et faciliter des débats en touchant davantage de publics qui depuis leur domicile, leur école, ou les points d’accès multimédia, peuvent accéder au blog sur Internet, lire des articles, en poster ou ajouter des commentaires. C’est l’occasion de rapprocher les acteurs et le public intéressés par la SSI, sous la forme de questions-réponses qui font la spécificité et la convivialité du blog.”


Plus largement, Cergy-Pontoise Solidaire est un beau projet de solidarité uniquement qui peut être le catalyseur d’initiatives et d’acteurs locaux impliqués ; objectifs :

  • “Élargir le public de la Semaine de la solidarité internationale notamment auprès du public jeune,
  • Valoriser les associations de solidarité de l’agglomération,
  • Favoriser l’interactivité, le dialogue et l’expression citoyenne,
  • Assurer un suivi multimédia et une mutualisation des actions (image, sons, vidéos) de la Semaine et prolonger le débat tout au long de l’année.
  • À moyen terme, élaborer un portail ressource pour l’ensemble des associations de l’agglomération.”


Source :

Lacombe, Olivier (juillet 2006). Cergy-Pontoise solidaire [En ligne], Centre Information Jeunesse du Val d’Oise, Cergy-Pontoise, Blog (Page consultée le 30 juillet 2006)

DismoiTIC : site ressource de méthodologie de projets Web en ingénierie de formation

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Pierre Benech, enseignant formateur à l’Université de Lyon 1, est l’auteur du site Internet collaboratif exemplaire DismoiTIC.net (voir site) qui présente des outils pratiques de gestion de projets Web (cahiers de charge type), d’ingénierie de compétences et de formation et plus largement d’ingénierie pédagogique. Le site DismoiTIC.net, dans sa nouvelle mouture, propose donc conseils, liens et exemples pédagogiques utiles et concrets dans un contexte de formation ou d’accompagnement de projet Internet.


Source :

Benech, Pierre (juillet 2006) Dis-moi TIC [En ligne], Pierre Benech, Lyon, Site (Page consultée le 30 juillet 2006)

samedi 29 juillet 2006

Guide des subventions européennes pour les associations

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Associatis.com (Groupe Caisse d’Épargne) met gracieusement en ligne à disposition de tout internaute une ressource utile actualisée chaque année : “Guide des subventions européennes pour les associations (édition 2006)” (à consulter ici) édité par ECAS (European Citizen Action Service), organisation internationale sans but lucratif fondée en 1990.


En 4 chapitres, le “Guide des subventions européennes pour les associations (édition 2006)” fait le point sur l’accès aux subventions européennes, avec une présentation des subventions thème par thème pour des actions à l’intérieur et à l’extérieur de l’Union Européenne et un point sur la recherche de cofinancements. Via Christophe Ducamp.


Source :

ECAS (juillet 2006). “Guide des subventions européennes (édition 2006)” [En ligne], Associatis.com, Groupe Caisse d’Épargne, Paris, Guide (Page consultée le 29 juillet 2006)

jeudi 27 juillet 2006

Sortir du fossé numérique : nouveau blog de Communautique qui relie les pratiques dans les CAC (Espaces Publics Numériques au Canada)

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Monique Chartrand, directrice générale de Communautique au Québec (“organisme [très actif] à but non lucratif visant l’appropriation collective des Technologies de l’Information et la Communication œuvrant pour les organismes communautaires et les populations à risque d’exclusion des technologies”, voir le tout nouveau site) a annoncé le 24 juillet que son organisme Communautique, avec l’équipe d’animation du Programme d’accès communautaire d’Industrie Canada, Initiative-Jeunesse (PAC-IJ), met en place en collaboration avec Parole Citoyenne un carnet web/blog pour l’été intitulé Sortir du fossé numérique.


13 articles ont déjà été publiés par les animatrices et animateurs de différents groupes communautaires à travers le Québec, des jeunes qui encouragent la population à s’initier à Internet et à la micro-informatique par le biais de formation et d’animation dans les Centres d’Accès Communautaire Internet (CACI). Des billets qui montrent des initiatives de lieux d’appropriation des nouvelles technologies comme :

- Le Chic Resto Pop du quartier Hochelaga-Maisonneuve à Montréal (restaurant communautaire offrant des repas à prix modique et entreprise d’insertion portant un souci particulier à la conciliation de ses objectifs de rentabilité économique et de lien social),

- Le Collectif des femmes immigrantes du Québec à Montréal qui offre “des formations sur Internet, Word Excel, Windows XP, Microsoft Outlook, mais aussi des ateliers pour la préparation de CV, pour la recherche de travail et la préparation pour une entrevue d’embauche”


Au cours de l’été 2006, plus d’une centaine d’animatrices et d’animateurs offrent plus de 35 000 heures d’animation gratuite à la population.Le Programme d’accès communautaire d’Industrie Canada, Initiative-Jeunesse (PAC-IJ), favorise l’appropriation des nouvelles technologies par les populations potentiellement exclues dans une perspective d’inclusion numérique. En outre, il permet à des jeunes d’acquérir une expérience unique dans le domaine des technologies de l’information et des communications (TIC).


Source :

Collectif (juillet 2006). Sortir du fossé numérique [En ligne], Parole Citoyenne, Organisme National du Film du Canada, Montréal, Blog (Page consultée le 27 juillet 2006)

mardi 25 juillet 2006

Espace Bénévolat : un site Internet pour agir

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Le centre du Volontariat de Paris, eSolidarnet (spécialiste du recrutement de bénévoles sur Internet) et l’association de lutte contre l’illettrisme Coeurs à Lire ont créé Espace Bénévolat, un site Internet pour aider les associations à recruter des bénévoles et permettre aux bénévoles de trouver une action correspondant à leurs aspirations et à leurs compétences.


Pour cela, Espace Bénévolat joue à plein la synergie Web et présence physique. L’équipe d’accueillants reçoit des “candidats” bénévoles dans 12 permanences à Paris lors d’entretiens permettant d’affiner la demande du futur bénévole et de l’orienter vers des associations correspondant à ses affinités, ses compétences et sa disponibilité.


Le site Internet EspaceBenevolat.org recense les propositions de 600 associations adhérentes, soit 3000 actions en France et permet aux bénévoles de rentrer en contact avec elles. Chaque association possède une page de présentation sur le site.


Espace Bénévolat propose en outre, via ses experts bénévoles, un service de management aux petites et moyennes associations qui n’ont pas toujours le temps de gérer leur croissance ou d’accroître leur efficacité dans des actions.


Source :

Collectif (juillet 2006). Espace bénévolat [En ligne], Association Espace bénévolat, Paris, Site (Page consultée le 25 juillet 2006)

lundi 24 juillet 2006

Consultations à l’UNESCO du 16 au 19 octobre post-Sommet Mondial sur la Société de l’Information pour 5 lignes d’actions

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A la suite du Sommet Mondial sur la Société de l’Information, l’U.N.E.S.C.O. organise à son siège de Paris du 16 au 19 octobre des consultations dans les 5 champs suivants/lignes d’actions : accès à l’information et à la connaissance; dimension éthique de la Société de l’Information, e-learning, e-science et médias.


L’U.N.E.S.C.O. a pour mission de mettre en relation des parties prenantes (”stakeholders” comme le définit R. Edward Freeeman : “groupes d’individus qui sont affectés ou qui peuvent affecter l’accomplissement des objectifs de l’organisation”, cf. l’article d’EducNet sur le développement durable à ce sujet) en terme de priorités et d’expertise sur l’implémentation d’initiatives sur chaque ligne d’actions avec l’établissement d’une équipe partie prenante et la nomination d’un facilitateur. Chaque équipe partie prenante devra définir une méthodologie de travail et les résultats attendus.


Les parties prenantes intéressées (déjà actives lors du Sommet Mondial sur la Société de l’Information) sont invitées à s’inscrire en ligne pour participer à cette phase.


Source :

Plathe, Axel (July 24, 2006). “UNESCO organizes consultations on post-WSIS action in October in Paris and Beijing” [En ligne], U.N.E.S.C.O., Communication et information, Service des actualités, Paris, 1 p. (Page consultée le 24 juillet 2006)

ANPE, Internet et emploi : le e-recrutement analysé (par Carole Tuchszirer)

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Le numéro de juin 2006 d’Alternatives Economiques propose un dossier très intéressant de 12 pages ”Quand Internet bouscule les marchés” (”Tourisme, musique, médias, marché du travail, de l’occasion…, L’irruption d’Internet remet en cause les positions de nombre d’acteurs économiques traditionnels et change en profondeur les rapports entre offreurs et clients”).


Dans un article de ce dossier titré “Le marché du travail à l’épreuve du e-recrutement”, Carole Tuchszirer, économiste à l’Institut de Recherches Economiques et Sociales, I.R.E.S. et co-auteur de l’excellent blog Sur l’Emploi et le marché du travail, analyse comment le recrutement sur Internet a modifié l’activité des intermédiaires du travail, dont l’A.N.P.E., ce qui n’est pas sans conséquence pour les chômeurs :

“Pour le service public de l’emploi (…), l’utilisation d’Internet n’a pas été sans contradiction. Ce n’est pas que le virage n’a pas été pris : le site le plus utilisé par les entreprises reste anpe.fr (cf. “Les employeurs qui recrutent par Internet”, par Jean-Louis Zanda, Observatoire de l’ANPE, avril 2005). Mais l’ANPE doit assurer une circulation optimale de l’information entre les usagers pour améliorer la fluidité du marché du travail, tout en veillant à favoriser l’accès à l’emploi des personnes qui en sont le plus éloignées. L’ANPE s’est donc acquittée de sa première mission en basculant sur anpe.fr quasiment toutes les offres d’emploi figurant dans ses fichiers internes. Elle en facilite ainsi l’accès à des internautes qui ne se seraient pas forcément déplacés à l’agence.

Ces offres d’emploi, pour la plupart anonymes, imposent l’intervention d’un conseiller ANPE pour mettre effectivement en relation les demandeurs d’emploi avec les entreprises. Anpe.fr ne fait donc pas disparaître le travail d’intermédiaire physique de l’agence. Cependant, 10 % des offres d’emploi sont directement déposées sur anpe.fr de façon nominative par les employeurs. Les internautes peuvent alors entrer en contact avec l’entreprise sans passer par l’ANPE.

Mais jusqu’où faut-il pousser l’information sur anpe.fr sans contrevenir à la mission de placement des publics les plus en difficulté ? L’ANPE a fait en particulier le choix de ne pas laisser aux entreprises la possibilité de déposer directement en ligne des offres de contrats aidés relevant de la politique de l’emploi. Afin de pourvoir ces emplois par une exploitation en interne des fichiers de l’agence. L’idée est de privilégier les plus fragiles et de ne pas recourir au dépôt en ligne que dans un second temps. De la même façon, la CVthèque de l’ANPE, qui est composée à 40 % de salariés en activité, pourrait poser problème si les agents de l’ANPE cherchaient à pourvoir les offres d’emploi confiées par ces candidats supposés moins éloignés de l’emploi que d’autres. Voilà pourquoi l’ANPE cherche à favoriser l’accès à Internet au plus grand nombre de chômeurs, en privilégiant ceux d’entre eux qui n’ont pas forcément intégré cette nouvelle technique de recherche d’emploi. Des dispositifs de formation ont été mis en place pour aider les chômeurs à rechercher des offres d’emploi sur Internet, à s’y abonner et à déposer leur CV en ligne.

Les sites d’emploi, en augmentant la visibilité des annonces et des CV, permettent de réduire la part du chômage, dit frictionnel, liée à une mauvaise circulation des informations sur le marché du travail. (…) Mais la contribution des sites emploi à la lutte contre le chômage ne peut aller au-delà. Le recrutement en ligne ne peut venir à bout ni du chômage structurel, lié à une mauvaise formation des salariés, ni du chômage conjoncturel, lié à un déficit de croissance.

Par ailleurs, Internet peut produire un effet d’appel sur des salariés en poste qui n’hésitent déjà plus à recourir aux sites d’emploi pour jauger leur valeur sur le marché du travail.”


Source :

Tuchszirer, Carole (juin 2006). “Le marché du travail à l’épreuve du e-recrutement”, Alternatives Economiques, Paris, n°248, pp.55-56

dimanche 23 juillet 2006

Val de Loire Insertion : un blog de chantier d’insertion

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Initiative originale et porteuse de sens. L’association Val de Loir Insertion à La Chartre-sur-le-Loir (dans la Sarthe, voir le site) a mis en place depuis début mars avec les communes du canton, un chantier d’insertion où 12 bénéficiaires restaurent des chemins de randonnée et des berges de rivières situées sur le canton ainsi que quelques travaux de restauration immobilière et mobilière (travaux de peinture et de maçonnerie).


Cette initiative est doublée d’un blog Val de Loire Insertion qui présente en textes et en photos les avancées du chantier d’insertion, les techniques découvertes par les salariés et les difficultés du travail au quotidien. Le blog sert d’outil de médiation, de mémoire pour le groupe, de repère pour situer la qualité et la quantité du travail fourni et s’inscrit dans une démarche de réinsertion professionnelle.


Pour ces personnes, le dispositif chantier d’insertion a les objectifs suivants :

“- Apporter un soutien social,
- Mettre en situation de travail et de formation,
- Reprendre confiance,
- Travailler à des heures fixes et régulières,
- Travailler en équipe,
- Définir ou préciser un projet professionnel,
- Réaliser des travaux d’utilité collective et visible par tous,
- Retrouver un rythme et une discipline de travail,
- Redécouvrir des gestes techniques simples,
- Se resocialiser par une activité,
- Favoriser une démarche éducative permettant de développer les capacités d’autonomie et d’initiation…”


Source :

Collectif (juillet 2006). Val de Loir Insertion [En ligne], Association Val de Loir Insertion, La Chartre-sur-le-Loir, Blog (Page consultée le 23 juillet 2006)

mardi 18 juillet 2006

Ecrits publics, écrits privés (par Yves Bucas-Français)

Au cyberespace, il n’a jamais été autant question d’écriture

Depuis l’ouverture du cyberespace et de manière paradoxale, il n’a jamais été autant question d’écriture. Action particulière au sein de l’Agora, le cyberespace évolue, avec les différentes personnes qui transitent. Ils ont comme projet d’obtenir la possibilité d’utiliser quelques heures par semaine un poste informatique. Ils apprennent le fonctionnement de systèmes techniques dont ils entendent bien se servir. De fait, ils sont immergés dans des opérations où la lecture et l’écriture sont indispensables. Il est important de remarquer combien cette activité s’affirme en synergie avec les différentes activités proposées par l’Agora. Ne serait-ce qu’à partir des innombrables productions de C.V et autres lettres de motivation.


Quelques acteurs du cybercentre suivent ou ont suivi l’ensemble du parcours. Au préalable, ils profitent des cours de français dispensés par l’Agora. Toutes les personnes au départ ne sont pas francophones. Elles viennent, à la suite, rédiger des emails, et faire des recherches sur Internet, comme application. Les candidats ont intégré l’idée qu’ils sont en mesure de suivre des cours intensifs dans les salles au fond de l’accueil de jour. Ils ont appris à corriger le verbe avoir à tous les temps et savent que si c’est le verbe avoir, le participe passé s’accorde avec l’auxiliaire si… les travaux pratiques deviennent naturels. Devant la porte du cyberespace, ils s’inscrivent par la suite aux séances de self service du cyberespace. Ils souhaitent accéder aux formations. Avec assiduité, ils suivent les cours et se lancent dans l’écriture d’un mail.


Ce demandeur d’asile était fier d’avoir pu déposer quelques lignes dans un message. Il rassure sa famille. La réponse en atteste, le mail envoyé en Afrique a été lu. Tapé par lui, le mail a été envoyé, Simplement, il a été aidé par un bénévole pour les manipulations informatiques. Avant de l’envoyer, il demandera aux bénévoles de vérifier les fautes d’orthographe, petite perte de confiance en soi, afin qu’elles ne gênent pas la lecture. Stagiaire studieux, la grammaire « Bled » l’accompagne et dépasse de son sac.


Après les cours de français et l’atelier d’écriture, ils peuvent ainsi rédiger des mails adressés à leurs amis, leurs parents : « mon cher papa » ou même à « Sa seigneurie le pape ». Ainsi, le message tapé « touche après touche » recueille des sentiments « je vais très bien » ou « Paris est jolie ». Le formateur bénévole ne peut pas oublier que l’histoire écrite à l’atelier d’écriture, où il était question de bicyclette, de poulet et de pirogue participe à la construction d’un rapport particulier à la communication et du plaisir d’écrire.


Le sourire confiant des bénévoles présents provoque des : « c’est bon, vous pouvez envoyer ». La barrière de la langue est en train d’être contournée. La lettre est corrigée. Dans un moment, bientôt grâce à la souris et à son clic gauche elle rejoindra l’Afrique, une petite cité où il est parfois difficile d’imaginer qu’il y ait un ordinateur. Les représentations quand elles nous tiennent ! Quelques jours après, les réponses étaient là. Il y avait même en document attaché des photos de la famille. Bien que par moments l’électricité soit défaillante, Internet est en fonction partout. La fiabilité de l’électricité était un vrai sujet en atelier d’écriture. Elle revenait comme question permanente. Les écrits en étaient pleins. Devant cette prouesse technique qui contourne les défaillances, nous pouvons nous interroger sur les nouveaux usages de réseaux adoptés par des personnes auxquelles les concepteurs étaient loin d’avoir pensé. Les écrits produits doivent se conformer à l’usage d’une autre « grammaire » et de la pratique d’une autre « langue » et sa proximité avec le domaine universel : l’informatique.


Les écrits des cris


Parmi les personnes qui fréquentent le cyberespace, nous sommes régulièrement en présence « d’écrivains des rues ». Bien que largement minoritaires parmi les utilisateurs du cyberespace, ils sont reconnaissables à leurs sacs imposants. Ils recèlent manuscrits et disquettes comme de véritables trésors. Les papiers sont salis, mais noircis par les crayons. Ils contiennent toutes les notes écrites dans la rue ou sur les tables hautes de l’Agora. Lorsqu’ils écrivent, ils notent partout tout ce qu’ils vivent, pêle-mêle. Peut-être ont-ils peur d’oublier ? Pour garder trace, ils viennent travailler sur l’ordinateur, mettre au propre ce qu’ils ont à dire. Les cahiers sortis des fatras, des sacs, contiennent les récits de nomades, à la manière des légendes modernes. Ils récitent les litanies du mal-être. Ils abordent le rapport qu’il entretiennent au monde urbain et envisagent de traiter de la pathologie des corps et la difficulté sociale. Ils n’ont pas nécessairement de projet éditorial. Malgré tout, ils se confient en permanence à travers le cahier ou la feuille et maintenant à l’écran. Ils transcrivent sur traitement de texte pour mettre au propre ce qu’ils vivent de « sale ». Pour eux, il est naturel que l’écrit puisse contenir des cris. Ils n’en restent pas là. Bien que certains parfois en caressent l’espoir, jamais ce qu’ils abordent ne sera publié. En attendant, ils se confient à l’ordinateur et gardent ainsi une preuve sur disquette. Pour certains, la disquette reste au cyberespace, elle a son statut de preuve. Nos candidats écrivains reconnaissent que même si la précarité est transcrite, décrite, écrite, elle ne permet pas de se construire nécessairement un meilleur rôle.


Parmi ces « écrivains des rues », quelques-uns ont un projet suffisamment élaboré pour avoir une existence rythmée autour de l’écrit. Ils en assurent la pratique raisonnée du traitement de texte. Ils viennent au cyberespace régulièrement avec un stock de disquettes. Bien que les sujets traités fassent parfois sourire les bénévoles. Ils sont en présence, avec la qualité du traitement de texte, de véritables livres suspendus. Ils recèlent des sujets étonnants, ce qui suppose de nombreuses heures d’écriture, de longs moments de retour sur soi. L’étonnement des animateurs du self service est à la hauteur des manuscrits et du nombre de pages camouflées dans un sac de Monoprix largement usé et taché. La curiosité des bénévoles est légitime, ils peuvent se poser la question : où ces heures de travail à gratter ces feuilles de papier se sont-elles passées ? Les nomades des rues s’expriment. Afficher la prégnance de l’écriture, c’est reconnaître que certaines personnes profitent du lieu, de la grande salle de l’Agora pour écrire. Mais qu’écrivent-ils avec tant d’ardeur ?


L’atelier photo


De manière complémentaire, au cyberespace, il est indispensable de mesurer combien l’atelier photo a été fécond. L’année dernière, nous étions partis du principe que toute personne en situation de connaissance photographique, devait maîtriser les paramètres techniques de la prise de vue et ses différents traitements numériques. La pratique du cours du jeudi après-midi bruissait. La volonté de participer à la création et de construire des éléments d’expression personnels émergeait, nous avons essayé d’accompagner et de favoriser de manière complémentaire l’expression à travers l’atelier d’écriture. Nous avions pour a priori que le fait d’écrire une histoire, une lettre, un texte répond et participe à la démarche de création dont la photo est une excuse. L’approche d’un atelier d’écriture qui accompagne la pratique photographique vise, en parallèle, à travailler en même temps sur une pratique et sa technicité tout en construisant un rapport particulier à la langue en tant qu’expression.


Nous avions l’ambition de participer aux côtés de la pratique technique photographique existante, au sein du cyberespace. Nous entendions permettre en parallèle la production de langage écrit. Ce qui a été fait durant une petite année. L’écriture était au cœur de notre interrogation. Non seulement les stagiaires s’exprimaient avec la lumière mais en plus ils ajoutaient, pour quelques-uns, l’apprentissage de la langue française. Ils ponctuaient leurs photos de courts textes. Ils approfondissaient des gestes techniques et exprimaient des sentiments. Nous sommes allés au-delà de ces enjeux. Nous avons pu ainsi mettre en ligne des textes et des photos en répondant aux souhaits d’inscription dans la démarche inscrite sur le Web par le journal Télérama.


Le cyberespace et la gestion de l’urgence


Souvent les candidats au cyberespace font une demande d’intervention sur injonction des travailleurs sociaux qui accueillent à l’Agora, ou d’assistants sociaux connaissant l’existence du cyberespace. Émanant des professionnels, les demandes d’interventions d’urgence sont importantes. Les personnes ne doivent pas perdre leurs droits. Une assistante sociale d’un centre d’accueil ou d’un hôpital téléphone, elle souhaite que le cyberespace accueille en urgence une personne qui se trouve face à elle. Cette personne a besoin de consulter sa boîte email. Elle attend une réponse pour occuper un logement ou un hébergement. Alors, il faut tenter de repérer au cyberespace les postes libres et demander si quelqu’un veut bien céder sa place. Le bénévole a le sentiment d’être un maillon indispensable dans l’urgence de la situation. Toutes les ressources sont mobilisées. Il faut aboutir aux inscriptions rapides sur la « toile » avec les portails ouverts par des administrations. Les connexions pour l’emploi, le social, le logement se déploient : les ASSEDIC, L’ANPE, les contacts avec les employeurs qui émettent des messages positifs, les allocations de type CMU ou le RMI voir l’hébergement sont autant d’éléments importants de cette intervention d’urgence. Les acteurs s’aperçoivent régulièrement qu’il est bien tard pour intervenir. Le traitement informatique permet de raccourcir les délais. Lors des vacations du self service il faut toutes affaires cessantes, tenter de régler le cas sur place. La date limite de renseignement joue contre celui ou celle qui a déjà du mal à se débattre avec une temporalité et ne pas perdre des droits.


Les bénévoles agissent dans ces cas complexes et singuliers, ils sont des passeurs. Ils connectent, mettent en réseau, remplissent, corrigent et accompagnent toutes ces demandes urgentes. Ils traduisent des termes administratifs incompréhensifs « qu’est ce que c’est la civilité ? » question posée au moment du renseignement d’un masque de saisie formaté par une administration. Non seulement, il faut connaître le langage informatique et sa grammaire, mais en plus, la question se double d’une interrogation juridique. La fracture est grande dans un domaine inconnu, dont il faut s’affranchir.


Il faut en même temps prendre en compte les besoins de rangements suscités par la culture informatique alors que beaucoup n’ont pas de quoi ranger. Les disquettes sont la plupart du temps gardées au cyberespace. Ceux qui se trouvent en foyer émettent des interrogations. Ils ont des difficultés pour classer, sauvegarder. L’informatique comme système, suppose une façon de vivre standard. Une maison, un bureau permettent d’effectuer des rangements avec des dossiers. « Et si nous n’avons pas de maison, ni de bureau comment fait-on ? » En même temps, le fait de travailler sur des procédures informatiques et ses différentes options gestionnaires demande de transmettre des règles de rangements qui ne sont pas seulement techniques mais aussi sociales. Au cours des formations, les formateurs transmettent des consignes « grammaticales » informatiques difficiles à intégrer. Elles doivent être compréhensibles pour tous les publics. La pratique des formations nous amène des questions pratiques à résoudre comme traduire des paramètres indispensables à la pratique du traitement de texte : la police des caractères n’est en rien nationale, de la même manière impulser systématiquement la sauvegarde des documents sur support se heurte à parfois des incompréhensions.


Lutter contre l’oubli


Lutter contre l’oubli est indispensable. L’informatique n’est pas nécessairement comme le vélo. Il y a des moments où, bien que la personne s’en soit servie un jour, elle ne s’en rappelle pas nécessairement. Le cyberespace permet de lutter contre l’absence de matériel. Il tente d’entretenir des gestes, des habitudes. Des stagiaires se présentent aux formations, ils ont eu, auparavant, l’occasion, dans leur vie professionnelle, de se servir de tels outils. Ils en ont oublié les principes. L’absence de pratique, liée à des mises à l’écart, la nouveauté des procédures, imposent que ces personnes retrouvent les gestes et recommencent. Parmi les utilisateurs, certains étaient cadres, d’autres employés ou ouvriers, ils ont été socialement déclassés et les périodes d’absences d’activités sont plus ou moins longues. Lorsqu’ils viennent, ils entendent reconstruire un chemin pour maintenir leur intérêt à la cause informatique, et recommencer avec des logiciels toujours en évolution. Cet état de fait se renforce avec un certain nombre de personnes qui compte tenu de leur âge n’ont pas connu de métiers où l’informatique était nécessaire. Aujourd’hui leurs anciens métiers sont largement dominés par l’informatique. Ils ont été mis de côté, ils se sentent en difficulté, ils ne connaissaient pas cette technologie. Bien qu’ils le sachent, ils ne retourneront jamais dans la production, ils conjurent le mauvais sort et s’imprègnent de cette pratique qui, en quelque sorte, a participé à leur remplacement.


S’il fallait conclure ces quelques notes prises sur une situation qui ne fait qu’évoluer. Nous ne pouvons que livrer à la lecture ces quelques lignes. Elles vont à l’encontre de représentations toutes faites sur la nature des personnes qui peuvent fréquenter le cyberespace. Ils rejoignent en nombre les personnes qui pour une raison ou une autre appartiennent au domaine de l’exclusion sociale en général et des sans domiciles fixes en particulier. Domaine où la question de l’illettrisme fait toujours irruption. Elle est énoncée comme simple cause, et permet souvent d’expliquer la situation de précarité. Ce texte entend non pas en démontrer le contraire, mais surtout de rendre compte des évènements vécus au cyberespace et aborder la complexité du changement qui s’opère sous l’impulsion de nouvelles technologies.


Yves Bucas-Français

(sociologue et bénévole à l’Espace Public Numérique CyberAgora de l’Association Emmaüs, 32 rue des Bourdonnais, 75001 Paris)

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