Jean-Luc Raymond

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Tag - informatique

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lundi 12 février 2007

Sommes-nous des passeurs de mémoires ? Intervention à Brest pour la 2e édition d'Ecrits Ecrans Publics

J'interviendrai durant la 2e édition d'Ecrits Ecrans Publics qui se déroule les 23 et 24 mars 2007 à Brest. Cette année, les deux jours de rencontres porteront sur le thème : Collectes de mémoires multimédias et lien social.


Seront réunis des acteurs brestois et de Bretagne de l'expression multimédia (institutions, associations, habitants) en les reliant aux multiples initiatives autour de l'histoire et des collectes de mémoires. Le pré-programme de cette rencontre ouverte est en ligne sur un wiki dédié.


Je présenterai à cette occasion un panorama d'initiatives collectives (France, Belgique et monde) reliant des mémoires d'habitants les unes aux autres via les nouvelles technologies pour recréer du sens : "Sommes-nous des passeurs de mémoires ?" dont voici l'explicitation :

"Internet est le creuset de nouvelles solidarités qui s'expriment, de personnes qui coopérent, donnent à voir, partagent leur culture et leur patrimoine local par des textes, des images, des animations et de la vidéo. Ces traces recomposées du passé qui trouvent des liens dans le présent générent des projets culturels participatifs passionnants où l'appropriation des technologies est ressentie comme une aide pour faciliter la prise de parole et l'expressivité des citoyens, nouer des relations intergénérationnelles et construire des ponts entre les cultures.

Prenons le temps d'un voyage sur Internet pour partir à la découverte d'initiatives collectives en France, Belgique et à travers le monde, où des habitants deviennent des passeurs de mémoires en utilisant les technologies (ordinateurs, téléphones mobiles, internet...), donnant du sens à leur participation citoyenne et façonnant une Histoire faite de petits bouts de vies reliés les uns aux autres pour recréer des savoirs."

jeudi 8 février 2007

A vous de juger sur France 2 introduit un nouveau dispositif participatif via webcam

Prenant exemple sur ses homologues chaînes de télévision aux Etats-Unis, France 2, inaugure ce soir 8 février en prime time, avec l'émission politique de Arlette Chabot "A vous de juger", un nouveau dispositif participatif intéressant intégrant Internet qui pourrait faire tâche d'huile et se généraliser dans des émissions politiques et de débat sur les chaînes généralistes à des grandes heures de grande écoute.


Ce service permet à tout internaute, via une webcam, d'enregistrer ses questions, à l'adresse des invités d'Arlette Chabot pour son émission, et dans un deuxième temps, d'enregistrer des réactions à l'émission et de visionner en vidéo les commentaires des internautes. Vos contributions peuvent être postées dès maintenant à partir de la page d'accueil de l'émission. Via Ars Industrialis.

mardi 6 février 2007

DixiemeFamille.com, la solidarité de proximité multipliée par dix

A dix, sommes-nous plus solidaires ? Oui, on est certainement plus forts et mieux à même de porter des initiatives solidaires. Dans l'innovation sociale, le principe de tutorat est adapté pour partager des compétences, épauler, motiver.


Gary Généreux, simple citoyen, a réussi à adapter un principe d'entraide efficace : l'association qu'il a créée en 2003, DixièmeFamille.com met en relation via un site Internet une famille en grande difficulté aidée par 9 autres familles, résidant tous dans la même ville ou à proximité. Les 9 familles interviennent selon leurs disponibilités et compétences dans un partage de savoirs. Ce sont donc entre 30 et 40 personnes qui forment autour du foyer en difficulté une galaxie où chacun apprend à se connaître, à résoudre au jour le jour des problèmes, en élaborant des solutions concrètes à partir d'idées par le relationnel et la rencontre de gens qui ne se connaissent pas en amont. L'association Dixième Famille crée du lien social avec cette façon nouvelle de parrainer et d'aider ceux qui en ont besoin en favorisant les échanges intergénérationnels et de différents milieux sociaux.


Le site Internet DixièmeFamille.com permet de s'inscrire en tant que famille ressource ou d'obtenir l'aide d'une famille. Le réseau de partage est organisé en compétences que l'on déclare maîtriser (figurant dans une Banque Universelle des Savoirs) afin de créer de échanges solidaires.


Enfin, dernier projet en date, l'association Dixième Famille souhaite gracieusement mettre à disposition du milieu associatif solidaire, le Solidariciel : "son application logicielle disponible en ligne et permettant  de rassembler la multitude d'initiatives mise en oeuvre sur le terrain dans une banque des actes solidaires, de mutualiser l'expérience de terrain et les ressources en s'appropriant ces idées et d'offrir aux acteurs du tissu associatif une plate-forme permettant de faire connaître et reconnaître le travail réalisé localement".

L'entrepreneur social, un innovateur ?

Grand succès de l'Espace Entrepreneuriat Social au Salon des Entrepreneurs (Palais des Congrès des Congrès) du 31 janvier au 2 février 2007. C'était une première pour ce salon ; un espace mis en place par l'AVISE (Agence de valorisation des initiatives socio-économiques) et la Caisse des Dépôts et Consignations.


Jeudi 1er février, se tenait sur le stand Entrepreneuriat Social, un atelier pratique "Nouveaux besoins, nouvelles coopératives : des opportunités pour entreprendre autrement" présentant un panorama d'initiatives coopératives innovantes et positionnées sur de nouveaux besoins : Bearstech (Société Coopérative de services et de conseil en logiciel libre), Scop Services 76 (Scop spécialisée dans les services à la personne) et Enercoop (fournisseur d'électricité verte). Quelques propos de Patrick Behm, gérant de la SCIC (Société Coopérative d'Intérêt Collectif) Enercoop à Paris, s'exprimant sur l'entreprise sociale au coeur de l'innovation :

"Pourquoi une entreprise sociale n'irait-elle pas vers les secteurs high tech ? Face à des problèmes d'intérêt général, comme la crise de l'énergie et le réchauffement climatique, les réponses citoyennes peuvent être aussi pertinentes. Dans ces domaines complexes et innovants, on se heurte à des poids lourds industriels. Mais quand on a la volonté de bien s'informer sur le sujet, de rester en vieille face à des paramètres qui bougent très vite et de construire son projet collectivement, l'entreprise sociale a toute sa place."

mercredi 31 janvier 2007

Animation du réseau des Espaces Publics Numériques de Wallonie

Mardi 23 janvier, j'ai participé dans les locaux de TechnofuturTIC à Gosselies (Belgique) à la première rencontre 2007 du réseau des EPN de Wallonie qui a réuni plus d'une trentaine de personnes : animateurs multimédias, responsables d'EPN, personnel communal impliqués dans les lieux d'accès publics à l'Internet, pour la plupart d'entre eux, récemment ouverts. J'ai publié, il y a quelques jours, un compte-rendu de cette réunion sur le blog EPN-Ressources.be.


Il y a les EPN qui démarrent et les animateurs confirmés. Tous ont le souci de bien faire, de se rendre utile et déjà quelques préoccupations pointent le bout du nez : Comment accueillir un public de séniors ? Avec quels partenaires locaux puis-je travailler localement ? Comment gérer son temps et donner du temps pour le réseau ? Des questions non techniques pourtant si essentielles. J'y ai apporté quelques réponses oralement, collectivement puis individuellement, et poursuivrai ce travail dans les mois qui viennent.


Je collabore par mon expertise au centre de Ressources des EPN de Wallonie sur le volet conseil, animation de réseau, fourniture de contenus sur le blog collectif et l'Egroupware privé et, aussi, par la préparation et la conduite de plusieurs sessions de formation spécifiques pour les EPN de Wallonie dont : "Evaluation et validation de l’information sur Internet", "Mobilité et EPN : soyez mobiles!", "Avoir une démarche de développement durable au sein et dans les activités d'un EPN", "Connaître son territoire et travailler en réseau", "Actions de recherche d’emploi dans un EPN", "Appropriation de l'informatique et de l'internet par des publics précaires". Ces thèmes seront explorés dans une démarche participative et avec une coconstruction de propositions concrètes.


La formation complétant l'animation de réseau est l'un des points forts de la politique des Espaces Publics Numériques soutenu par la Région Wallonie. On mesure combien ce programme s'intéresse à fournir aux personnes en charge des EPN des réponses de terrain à leurs préoccupations, sans langue de bois et perte de temps, ni effet d'annonce en favorisant aussi l'entraide et l'échange de savoirs entre les animateurs multimédias. Les multiples rencontres favorisent la connaissance de ce qui se fait ailleurs. Se lancer dans l'aventure de l'ouverture et de l'animation d'un Espace Public Numérique est une grande aventure, un début de possibles...

lundi 29 janvier 2007

Folksonomies géographiques (tendance 051)

La rubrique tendance, c'est un mot, une expression, un lieu, une chose comme reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans l'avenir, porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le prononce, dans son champ énonciatif et contextuel. Mot, expression à suivre, objet utile ou inutile, lieu en devenir...


Il faudra s'y faire : les folksonomies deviennent géographiques. En clair, on peut désormais présenter sur une carte sur Internet, les mots-clés (tags) qu'on a associés à des photos postés sur une plateforme. Ce projet expérimental développé par Yahoo s'appelle TagMaps utilise la base cartographique Navteq et des clichés extraits de Flickr mais on imagine facilement l'intégration de systèmes tels Delicious ou Digg.


Il y a donc 3 niveaux d'associations imbriquées : le lieu de prise de vue de la photo (coordonnées géographiques), les mots-clés personnalisés affectés à l'image et la situation géographique representée sur le support médiatique Internet. TagMaps permet de naviguer sur la carte et de rechercher des photos par mots-clés et par lieu et de les pré-afficher sur le côté avec des vignettes. On peut explorer cette carte mondiale de jour et de nuit.


Evidemment, on imagine des classifications collectives cartographiques qui seront pertinentes ou non dans une sorte de tryptique Internet ou bien une recherche multi-critères à 3 facettes. Plus d'explications sur TagMaps à cet URL (notamment le module de recherche World Explorer et l'application ZoneTag qui permet de poster des photos sur FlickR à partir d'un téléphone portable et de la géolocaliser). Via Social-Computing.

dimanche 28 janvier 2007

Bernard Stiegler, Internet, télécratie, contributions, participativité et démocratie

Le philosophe Bernard Stiegler est de plus en plus présent dans l'émission "Ce soir ou jamais" de France 3. Le mardi 23 janvier, il s'est exprimé sur la puissance de l'Internet en particulier dans l'importance des contributeurs internautes dans le débat démocratique. Voici la transcription de ses propos sur les nouvelles technologies dans le cadre de cette émission :

"Je crois qu'Internet est un phénomène très très important qui ne fait que commencer et qu'il faut garder de juger ce qu'il se passe sur Internet avec le très peu de recul historique dont nous disposons. En revanche, je crois qu'il s’y passe des processus participatifs. Je n'oppose pas participation et représentation. La représentation est un processus de délégation. Si par exemple, on regarde ce qui se passe sur Wikipédia qui est quand même un phénomène très intéressant. C'est une encyclopédie que beaucoup regardent de très haut, universitaires ou professeurs, écrivains et intellectuels ou avec mépris. Beaucoup la regardent de haut, mais beaucoup la pratiquent aussi, l'utilisent. L'encyclopédie Wikipédia est un média extrêmement intéressant qui est en reconfiguration permanente et où chacun peut modifier un article qu'il est en train de lire, avec un contrôle bien entendu puisqu'il y a des responsables de rubriques. Et là, on voit comment quelque chose de très intéressant se produit, qui est arrivé aussi dans une association que je préside qui s'appelle Ars Industrialis, où les internautes veulent contribuer aux choses.


La différence entre le média Internet et les grands médias de masse que nous avons connus comme la radio et la télévision, c'est que dans ces médias de masse, il y a une opposition entre les producteurs d'un côté et les consommateurs de l'autre. Sur Internet, il n'y a pas de consommateurs. Il y a des participants, des contributeurs et c'est un processus d'un type tout à fait nouveau. Ce processus est extrêmement intéressant parce qu'il manifeste que les gens ont besoin d'exister, de pouvoir vivre collectivement, d'échanger et qu'il y a là une possibilité de développement tout à fait nouvelle.


Ici, il est très intéressant de faire un rapport entre ce qui se passe sur Internet par rapport à l'information et d'une façon plus générale, le fait que dans la société industrielle contemporaine, l'opposition entre production et consommation, pas simplement dans le domaine de l'internet, commence à devenir problématique.


Sur Internet, un phénomène s'est développé déjà depuis une quinzaine d'années : la production open source, en particulier le monde de ce qu'on appelle le logiciel libre. C'est un modèle industriel nouveau et un modèle économique nouveau. Un logiciel libre est développé par les utilisateurs du logiciel. Ses sources de développement sont ouvertes à tous. Tout le monde peut contribuer à l'évolution du logiciel et les gens en pratiquant le font évoluer et donc existent aussi à travers le développement de ce logiciel. (...)


Ceci, c'est un nouveau projet industriel, un nouveau projet politique, un nouveau projet économique, un projet technologique. Il faut développer les technologies pour cela (...) C'est un enjeu fondamental des décennies qui viennent. Il faut que la société se mobilise pour obliger les candidats à l'élection présidentielle à développer une politique dans ce domaine.


Il faut bien se rendre compte qu'il y a la convergence des technologies, donc convergence d'Internet (France Télévision a un site Internet ; toutes les chaînes de télévision ont un site Internet).


Sur Internet, on voit apparaître l'autoproduction vidéo. L'écrit a repris une seconde vie et c'est très bien aussi que les gens fassent des images et apprennent à manipuler les caméras. Tout ça est en train de se développer et produit la convergence du numérique, convergence entre les télécommunications, l'informatique et l'audiovisuel. C'est colossal, les transformations qui se produisent là, sans parler de ce qu'on appelle les microtechnologies et, derrière les nanotechnologies. Toutes ces technologies des objets communicants, ce sont d'énormes vagues de transformations qui sont en train de se produire. Il faut regarder cela de très très près et les pratiques des individus.


Il faut voir la vitesse à la quelle s'est socialisé internet. Il faut se souvenir qu'il y a 15 ans, Internet n'existait pas. Aujourd'hui, nous pratiquons pratiquement tous de près ou de loin. J'y passe 7, 8 heures par jour devant Internet. Je travaille avec et des centaines de milliers de gens travaillent avec Internet. C'est quelque chose qui va se développer encore beaucoup plus que tout ce que nous pouvons imaginer et il est fondamental de repenser la société industrielle par rapport à cela.


Je pense qu’Internet va transformer très profondément la vie politique. Je crois que ça va conduire à une participativité, à une implication, à une contribution des gens beaucoup plus grande dans la vie politique et c'est une très bonne nouvelle. Il s’est produit une coupure pendant les dernières décennies du fait des médias de masse qui ont produit des courts-circuits dans l'individuation collective, à travers le fait que la radio et la télévision, les médias se sont substitués aux appareils démocratiques (ce que j'appelle la télécratie). Internet permet d'imaginer une relance de la démocratie. Ce peut être aussi un outil de manipulation beaucoup plus fort aussi."

Lutte contre la Fracture Numérique : le Libre marque des points !, conférence à Solutions Linux 2007, le 31 janvier

Le Salon Solutions Linux 2007 (CNIT - Paris La Défense, Hall Marie Curie, du 30 janvier au 1er février 2007) propose une conférence gratuite sur le thème : "Lutte contre la fracture numérique : Le Libre marque des points !", le mercredi 31 janvier de 9h30 à 12h, axée sur le développement numérique en Afrique.

Parmi les intervenants de la matinée :

- Frantz Fongang, Chef de projet formations présentielles, Programme "Soutien des TICs à l'enseignement supérieur et à la recherche", "Rectorat-Services Centraux de l'Agence Universitaire de la Francophonie" : "Centre Linux et Logiciels libres pour le Développement (C3LD)et certification internationale (LPI)",

- William Turner, Coordinateur du projet Diaspora Knowledge Network, UNESCO,

- Pierre Bonis, Chef du bureau pour les NTIC, Ministère des Affaires Etrangères : "Lutte contre la fracture numérique : enjeux et perspectives",

- Papa Amadou Konté, Chargé des Nouvelles technologies à la Mairie de Dakar : "Logiciel libre et système d'information de de la Mairie de Dakar. Opportunités et craintes",

- Olakanmi Adewara, formateur ADEN - "Obafemi Awolowo University" Ile-Ife – Nigéria et Nicolas Pejout, projet ADEN (dispositif complet pour la création de points d’accès publics à l’Internet dans des zones numériquement enclavées) du Ministère des Affaires Etrangères : "Le libre au service du développement : l'exemple du projet ADEN",

- et Gonzague Ladmiral, président d'EAH - François Jaffrennou, vice-président et chef du convoi Burkina Faso 2007 - Aurélien Lemoine, chef du Projet Wedus.org avec l'école d'Ingénieurs EFREI. Il s'agit d'un portail éducatif à destination des collégiens et lycéens des pays en voie de développement.

samedi 27 janvier 2007

Journée européenne de la protection des données, Alerte aux traces

Ce dimanche, se déroule la journée européenne de protection des données personnelles et de la vie privée. Une page complète du site du Conseil de l'Europe recense les initiatives sur notre continent dédiées à cette journée. En France, la Commission Nationale de l'Infomatique et des Libertés (CNIL) se mobilise avec une campagne d'information : "Alerte aux traces" :

"De nombreux actes de la vie quotidienne (téléphoner, utiliser sa carte bancaire ou surfer sur internet...) génèrent des "traces" porteuses d'informations sur notre identité. L'utilisation anodine de technologies performantes nous conduit naturellement à dévoiler toujours plus d'informations sur nous, sans pour autant savoir qui y aura accès, pour quoi faire et pour combien de temps. Ces données peuvent être exploitées de plus en plus vite, en plus grand nombre et sont potentiellement accessibles en tout point du globe. Notre vie privée se réduit ainsi petit à petit avec le risque que ce mouvement soit irréversible."


A cette occasion, le journaliste Thomas Bronnec s'entretient avec Yann Padova, secrétaire général de la CNIL, dans un article pour l'Express publié le vendredi 26 janvier 2006 : "Les technologies rognent les libertés". Extrait de cette interview sur le côté intrusif de l'exploitation des technologies où l'on met en avant une sensibilisation indispensable des citoyens sur ces questions :

"Comment s'exprime ce côté intrusif ?

"C'est très simple. Voici quelques exemples, illustrés à travers ces animations. Utiliser un GPS pour se guider sur les routes, c'est très pratique, mais à tout instant on peut savoir où vous êtes, combien de kilomètres vous avez parcouru, etc. C'est la même chose pour ce qu'on appelle la "télébilletique", c'est à dire l'émission des cartes de transport équipées d'une puce. Cela facilite la vie quotidienne, c'est vrai, mais c'est aussi une atteinte à la liberté d'aller et venir anonymement . Or c'est un droit fondamental en démocratie, tout comme la liberté de réunion ou la liberté d'expression. Les technologies, si on n'y prend garde, rognent ces libertés. Si vous avez publié une tribune politique sur le web et que votre employeur, en tapant votre nom sur Google comme cela se fait fréquemment, tombe dessus, vous pouvez avoir des ennuis.""

Lawrence Lessig, L'avenir des idées, Le sort des biens communs à l'heure des réseaux numériques, téléchargeable gratuitement

L'essai de Lawrence Lessig "L'avenir des idées - Le sort des biens communs à l'heure des réseaux numériques" publié il y a quelques mois en français aux Presses Universitaires de Lyon est désormais téléchargeable gratuitement sur le site des PUL à cette adresse en .pdf (306 pages) ; une traduction de l'anglais par Jean-Baptiste Soufron et Alain Bony.


Ouvrage essentiel que le New York Times a qualifié ainsi : "un livre qui vous secoue et vous fait prendre conscience de ce que l'on perd lorsque les idées sont transformées en propriété intellectuelle", "L'avenir des idées" de Lawrence Lessig montre (avec de nombreux exemples) comment les excès de la réglementation et les dérives monoplistiques (notamment le droit d'auteur) dans l'univers de l'Internet ont pour conséquence directe de diminuer les capacités d'innovation et de créativité. L'analyse est abordée sous 3 angles : juridique, politique et philosophique.


Au coeur de ces questions, notre avenir à tous et des questions essentielles : pouvons-nous définir et préserver des biens communs informationnels ? Saurons-nous sauvegarder l'échange de connaissances en ligne ? Quelle place pour le partage de savoirs sur Internet ?


Ce cyberespace, véritable "cité numérique" est un espace de pouvoir, de créativité, d'échange où est établi un jeu d'acteurs industriels qui ont pour dénominateurs communs d'influer mondialement sur nos cultures et sur des projets politiques. A nous de comprendre et d'agir pour que l'innovation et l'expressivité soient aussi au coeur de nos préoccupations. C'est ce à quoi l'essai de Lawrence Lessig nous fait invariablement réfléchir :

"Les innovations que j'ai décrites découlent de l'environnement constitué par le Net. Cet environnement est une association équilibrée entre réglementation et liberté. Il est sensible aux modifications de cet équilibre. Si les contraintes sur la couche des contenus deviennent plus lourdes, l'innovation qui repose sur des contenus libres sera freinée. Si l'accès garanti par le bien commun de la couche du code est soumis à des conditions ou des limitations, alors l'innovation qui en dépend sera menacée. Cet environnement établit un équilibre entre ce qui est libre et ce qui est sous contrôle. Préserver cet environnement implique aussi de préserver cet équilibre."


Lawrence Lessig est Professeur de Droit à la Stanford Law School. Titre original de l'ouvrage : "L'avenir des idées - Le sort des biens communs à l'heure des réseaux numériques" : "The Future of ideas - The Fate Of The Commons In A Connected World".

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