Jean-Luc Raymond

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dimanche 6 août 2006

Firevox : synthèse vocale pour navigateur Firefox, Blog Fairytells sur l’accessibilité Internet

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L’accessibilité numérique et des sites Internet est un enjeu de taille sur le Web aussi qu’une nécessité pour qu’au handicap physique ne se surajoute pas un handicap numérique pour consulter Internet et en être un acteur.


Aurélien Lévy (webdesigner, intégrateur et expert accessibilité dans une agence Web, membre du groupe de Travail Accessiweb et Chargé de cours au Diplôme d’Université Accessibilité du Web pour les personnes handicapées : enjeux, normes et application de l’Université Paris 6) tient un blog très intéressant sur l’accessibilité numérique, les CSS et standards du Web : Fairytells.


On y apprend notamment l’existence de Firevox (voir le site), une extension pour le navigateur Firefox de synthèse vocale multiplateforme, gratuite, performante et en licence GNU GP, avec ces fonctionnalités :

“C’est vraiment impressionnant certaines ne sont même pas implémentées dans les synthèses vocales payantes du marché avec par exemple :

  • Support des CSS médias oraux qui permettent entre autres de jouer sur le volume ou la rapidité d’énonciation,
  • Support de la mise à jour de contenu via le DOM ce qui ravira les utilisateurs d’AJAX.
  • Support de MathML qui permet de lire des formules mathématiques complexes.”

Source :

Lévy, Aurélien (août 2006). Fairytells [En ligne], Viroflay, Blog (Page consultée le 6 août 2006)

samedi 5 août 2006

Jean-Yves Boulin : nouveaux rapports au temps et à l’espace : l’ambiguïté du rôle des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication

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Dans l’ouvrage collectif “Nouvelles Technologies et modes de vie : aliénation ou hypermodernité” paru en 2005, sous la direction de Philippe Moati (Professeur de Sciences économiques), Jean-Yves Boulin (sociologue au CNRS et chercheur à l’IRIS, Institut de Recherches Interdisciplinaires en Socioéconomie, voir le site) publie un article intitulé “Nouveaux rapports au temps et à l’espace : l’ambiguïté du rôle des NTIC” décrit le paysage qui se dessine en lien avec les mutations contemporaines au regard du temps et de l’espace avec de nouveaux synchronismes sociaux qui apparaissent, notamment à travers l’usage des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication ; extrait :

“De nouveaux rapports au temps et à l’espace se sont instaurés avec les transformations du travail et de son organisation, avec l’émergence de nouveaux modes de vie et d”habiter, avec l’élargissement des horizons d’appartenance qui est consubstantiel de la mondialisation. De nouvelles opportunités d’utilisation du temps et de l’espace sont apparues, fondées sur la vitesse et la multiappartenance, qui s’imposent comme la condition de l’individu contemporain. Ne pas avoir accès à ces formes d’usage du temps et de l’espace conduit à l’exclusion sociale et citoyenne. Les NTIC participent de ces nouveaux usages et de ces nouvelles représentations du temps et de l’espace avec des effets pour le moins ambivalents. Accélératrices de ces polysynchronies pour certains qui peuvent passer (physiquement ou virtuellement) d’un lieu à l’autre ou user différemment d’un même lieu selon les différents moments de la journée, transiter d’une activité à une autre sans avoir à se déplacer, elles peuvent, en contrepartie, avoir des effets non souhaités sur la quantité du temps disponible et sur la disponibilité du temps. Facteur d’autonomie, les NTIC peuvent se retourner en catalyseur d’une dépendance accrue au regard du temps et de l’espace. Inégalement accessibles dans la configuration sociale actuelle, elles peuvent accélérer le processus actuel d’exclusion sociale et substituer une dynamique d’individuation/atomisation du corps social au processus d’individualisation.

Ces effets que nous estimons négatifs et pervers, apparaissent consubstantiels du développement de ces technologies et proviennent d’une insuffisante articulation entre celui-ci et les dynamiques sociales, sociétales et culturelles caractéristiques du processus continu de modernisation. Elles peuvent aider à une appropriation individuelle et collective du temps et de l’espace sous condition de la mise en oeuvre de politiques qui fassent sens au regard de ces deux ressources, qui construisent un projet collectif dans l’objectif de faire société. Un tél “réencastrement” des NTIC dans les dynamiques sociales et sociétales caractéristiques de la modernisation est nécessaire à leur intégration dans le jeu des acteurs afin qu’elles puissent faire l’objet d’un double procès de réappropriation et de détermination démocratique de leurs finalités. Ces dernières apparaissent en creux lorsque l’on observe que l’usage de ces technologies peut conduire à une segmentation accrue de la société, à un accroissement de la différenciation sociale entre d’un côté les manipulateurs de symboles, polysynchroniques, spatialement hybrides, et de l’autre des individus cantonnés à la monochronie et à l’immobilité sociale et culturelle.”


Source :

Moati, Philippe (dir.) et Boulin, Jean-Yves (juin 2005). “Nouveaux rapports au temps et à l’espace : l’ambiguïté du rôle des NTIC”, in Nouvelles Technologies et modes de vie : aliénation ou hypermodernité, Édition de l’Aube, Collection Petite bibliothèque du Crédoc, Luxembourg, pp. 62-63

vendredi 4 août 2006

Derrick De Kerckhove : mémoires connectives et physiques communautaires

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Derrick de Kerckhove est directeur du Mc Luhan Institute à l’Université de Toronto, Canada (voir le site). Il s’intéresse notamment aux changements qui s’opèrent dans les relations entre médias et sociétés.


Dans l’ouvrage “Mémoire quotidienne, Communautés et Communications à l’Ere des réseaux”, par Federico Casalegno, enseignant-chercheur au MIT (Laboratoire de Communautique Appliquée, Presses de l’Université de Laval, 2005) - voir son site -, son auteur dialogue avec Derrick de Kerckhove sur le thème “La naissance d’une nouvelle physique communautaire et les mémoires connectives”.


L’un des caractères singuliers de nos sociétés est peut-être celui qui pousse les hommes à vouloir construire eux-mêmes leur mémoire, en plus de celle qui émerge par des cérémonies et des traditions. Derrick de Kerckhove (voir sa page) montre comment ce processus est rendu possible par les nouvelles technologies de communication.


Il porte aussi une attention sur la nouvelle “physique communautaire” selon laquelle les liens humains, la qualité de ces liens et leur intensité évoluent selon le type de média utilisé. Cette dynamique a une influence importante dans la création et dans la cohésion communautaire ; extrait de cet article :

“Federico Casalegno : Vous parlez des formes communautaires se fondant sur la dimension physique et sur l’électronique. Comment s’articule, ou s’interpose, cette part de virtuel par rapport à la communauté réelle ?

Derrick de Kerckhove : C’est un domaine qui m’intéresse énormément car je suis en train de porter mes recherches sur la connectivité, l’intelligence connective, l’émotion et les relations connnectives, et sur bien d’autres aspects communautaires.

On s’aperçoit donc que la connectivité c’est le principe qui crée la communauté. Il y a les personnes qui sont nées et habitent dans les mêmes lieux, et qui composent des communautés de présence. Il s’agit de l’ancienne communauté de proximité.

La communauté par connectivité est certainement un nouveau critère d’analyse nous permettant de prendre en considération, à la fois, des communautés en présence et des communautés électroniques.

La connexion devient le principe soutenant la communauté.

La différence, ici, c’est qu’en ligne nous avons des communautés beaucoup plus “just in time”, c’est-à-dire qu’il s’agit des communautés rassemblées autour d’intérêts spécifiques. (…) Par communauté “just in time” vous pouvez voir, à titre d’exemple, ce qui se passe concernant les groupes de discussion de “info-war”, lancés par la “Ars Electronica” de Linz (ils ont lancé cette discussion afin de parler de leur prix, de la guerre d’informations, ou d’autres sujets tels que les zapatistes du Chiapas…). Ces conversations forment des groupes, des communautés avec une structure (chaque groupe a un héros, un modérateur, un leader charismatique, il y a les gens qui calment les esprits échauffés…), mais elles ne durent que le temps d’une conversation, d’un échange, même s’il paraît prolongé.

Je suis certain que le terme “physique de la communauté” nous porte à explorer une hypothèse de travail valide. Je commence à m’apercevoir qu’il y a de nouvelles lois presque physiques des comportements et d’organisation sociale (car elles se fondent sur de nouvelles formes de télécommunication) mais qui se dégagent à partir des communautés existantes. (…)

Chacune de ces communautés mérite d’avoir ses propres analyses sans oublier qu’une communauté est toujours ancrée dans une réalité physique précise. Il ne faut pas oublier qu’il faut bien des corps pour soutenir ces paroles.

J’ai eu le plaisir d’entendre Francisco Varelas lors d’une conférence, et il a éveillé toute mon attention en posant les quatre règles de l’information et de la cognition :

. La première c’est qu’elle est toujours incorporée ; toute cognition est incorporée et plus on va dans le virtuel plus on se rappelle cette dimension corporelle et matérielle.

. Deuxièmement, l’information est toujours le produit d’une émergence, et cette émergence va au-delà de l’esprit individuel.

. Troisièmement, la cognition est faite d’inter-subjectivité, c’est-à-dire qu’elle respecte l’identité de chacun mais en même temps elle se situe entre les individus. Nous faisons maintenant, dans notre entretien, un effort de connaissance qui est intersubjective.

. Quatrièmement, il y a des lois (qu’il ne connaît pas et qu’il est en train d’étudier), et il s’agit de lois spécifiques de circulation de la cognition dans l’intersubjectivité, dans l’émergence et dans cette incorporation. Tout ce qui est “on line”, se réfère finalement à la présence de corps. Mais cette corrélation entre la communauté virtuelle et la communauté réelle a, elle aussi, sa vie et sa dynamique propre, et c’est intéressant de voir si la dispersion des corps affecte différemment la corrélation virtuelle par rapport à la concentration des corps.

Certains disent, par exemple, et peut-être avec raison, qu’Internet n’était pas seulement l’intermédiaire permettant aux gens très éloignés de se relier, mais que cela pourrait constituer une médiation au sein d’une même communauté qui en serait confortée.”


Source :

Casalegno, Federico (janvier 2005). “La naissance d’une nouvelle physique communautaire et les mémoires connectives. Dialogue avec Derrick de Kerckhove”, in Mémoire quotidienne, Communautés et Communications à l’Ere des réseaux, Laboratoire de Communautique Appliquée, Presses de l’Université de Laval, pp. 224-226

jeudi 3 août 2006

700 ordinateurs pour les écoles au Maroc offerts par le Groupe Banque Populaire du Maroc

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On a souvent tendance à évoquer la solidarité numérique Nord-Sud comme la panacée pour une lutte efficace contre l’exclusion numérique dans les pays en voie de développement. Ainsi, les dotations matérielles existent et nécessitent souvent la mise en place de structures logistiques lourdes à gérer dans le suivi et la livraison du matériel (ordinateurs, périphériques…) sans compter l’épineuse question de la maintenance sur place des équipements livrés.


La solidarité numérique Sud-Sud prend tout son sens lorsqu’elle est organisée avec soin et vise des programmes d’action concrets. Le journal marocain Libération (voir le site) relaie une information qui fait sens : la Fondation Banque Populaire du Maroc vient de faire un don de 700 ordinateurs au Ministère de l’Éducation Nationale du pays, destinés aux élèves d’établissements scolaires (lire également le communiqué de Presse du groupe Banques Populaires).


Comme le souligne l’article de Libération : “Maroc: Quand une banque pense à l’éducation”, ce n’est pas la première fois la Fondation Banque Populaire (voir son site) agit pour un public ciblé :

“Ce partenariat inattendu entre une banque et l’école a pris depuis 2003 une autre tournure, qui prend en compte non seulement l’enjeu de l’éducation des générations futures, mais aussi celui tout aussi important, et plus urgent encore, de l’alphabétisation des adultes. Ainsi une action commune entre le secrétariat d’État chargé de l’Alphabétisation et de l’Éducation informelle et la Fondation BP a-t-elle permis d’entreprendre l’alphabétisation des 2400 bénéficiaires de micro-crédit de BP, avec le projet de passer prochainement à 3500 bénéficiaires. Car bien souvent l’illettrisme met en péril la pérennité des micro-entreprises créées.”


Source :

Libération (3 août 2006). “Maroc: Quand une banque pense à l’éducation” [En ligne], All Africa Global Media, Washington DC, 1 p. (Page consultée le 3 août 2006)

Information : besoins et usages : caractériser les besoins, les compétences indispensables et redéfinir la fracture numérique

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Lors de la journée d’étude Thémat’IC 2006 de l’IUT Département Information-Communication de l’Université Robert Schuman de Strasbourg ayant lieu le 17 mars sur le thème : “Information : besoins et usages”, des chercheurs, enseignants et documentalistes ont présenté des travaux recouvrant la notion générique de “besoin d’information” et se sont interrogés sur le lien entre les notions de besoin, d’offre et d’usage de l’information dans notre société contemporaine.


Les actes de cette rencontre, récemment publiés, font état de plusieurs éléments de recherche particulièrement intéressants renvoyant aux notions de compétences numériques et informationnelles qu’un internaute peut développer dans son apprentissage de l’internet. En parallèle, on retiendra que certains publics ne peuvent pas développer ces compétences et sont donc exclus de pratiques numériques… Une fracture numérique d’usages sensible et évidemment liée au capital social, culturel et cognitif de chaque individu.


En introduction de la journée, Sophie Kennel, directrice des études du département Information-Communication de l’IUT Robert Schumann s’interroge sur le contexte d’absence d’usage de l’information (lire la communication) :

“Osera-t-on (…) aller jusqu’à dire aussi que l’absence d’usage n’est que le signe de l’absence de besoin ? N’est-ce pas l’usage qui engendre le besoin d’information ? Est-ce parce que nous avons Google News en page d’accueil de notre navigateur Web que nous ressentons la nécessité de nous informer sur le monde ? Ou est-ce alors le système qui crée le besoin ? Mais n risque alors de tomber dans le domaine commercial de l’offre génératrice du besoin.

Car il est évident que prétendre à une réflexion sur le besoin d’information ne peut rester pertinent que dans une réflexion plus large. Qu’il s’agisse d’un système d’information personnel ou collectif et organisationnel, volontaire ou prescrit, en situation personnelle ou de travail, il est indispensable de considérer les imbrications entre besoin et usage, compétences et savoirs, offre et pratiques informationnelles”.


Brigitte Simonnot, Maître de conférences en Sciences de l’Information et de la Communication à l’Université Paul Verlaine de Metz problématise le besoin d’information dans ces principes et les compétences mises en oeuvre ou à développer (lire la communication) ; avec un accompagnement humain parfois nécessaire qui se dessine :

“Pour répondre à un besoin d’information, il est nécessaire d’aider dans certains cas l’individu d’une part à se former une idée assez précise de la tâche qu’il doit effectuer, du but à atteindre et, en parallèle, si besoin est, à s’approprier peu à peu le domaine du sujet de sa recherche : acquisition du vocabulaire, repérage des sources pertinentes, appropriation des modes de raisonnement du domaine, etc.”


Le besoin d’information et la recherche d’information sont donc complexes et pluriformes dans leur approche, et nécessitent des compétences spécifiques. Sur ce point précis, Brigitte Simonnot ajoute :

“Identifier un besoin d’information n’est pas naturel ou inné. On peut ressentir un besoin sans savoir le caractériser, ne pas savoir de quelle information on a besoin ou ne pas avoir conscience qu’il y a problème ou lacune dans ses connaissances (…). On peut aussi ne pas être conscient de la dynamique dans laquelle le besoin d’information va nous faire entrer. (…) Pour chercher efficacement de l’information, il faut des connaissances préalables : on ne cherche que si l’on sait que l’on ne sait pas et que l’on peut trouver.”


Michèle Archambault, professeur documentaliste, s’intéresse au sujet suivant : “Les jeunes et le besoin d’information” (lire la communication). Elle décrit via une analyse critique pertinente l’environnement informationnel dont les jeunes disposent (offre d’information) et caractérise les pratiques courantes de recherche sur Internet chez les jeunes. Michèle Archambault fait ainsi ce constat dans un contexte de recherche d’information pour un jeune :

“Une question personnelle induit le réflexe d’une mobilisation des connaissances. André Tricot nous a appris que plus une personne a des connaissances plus elle a conscience de ses manques, plus elle élargit son champ d’investigation et donc identifie son besoin d’information, en prend clairement conscience. Le capital culturel et le besoin d’information sont donc liés. Ceci est visible chez le public jeune et se manifeste non par une formulation plus précise du besoin d’information mais par une fréquence moins importante d’interrogation et une rapidité accrue dans la démarche. Le jeune qui identifie clairement son besoin d’information cherche moins et trouve plus vite. Celui qui n’identifie pas son besoin est perpétuellement en quête et reste insatisfait. On se trouve dans la situation paradoxale où celui qui cherche tout le temps (manipule sans cesse) n’apprend pas à cerner son besoin et, à l’inverse, celui qui sait identifier le besoin, poser et traiter une question passe moins de temps devant les systèmes. L’observation de ces pratiques nous montre donc également que la maîtrise des outils et techniques n’est pas une question de fond”.


Plus loin dans sa présentation, Michèle Archambault conclut, en partie, sur une définition renouvelée de la fracture numérique :

“Il est temps de tourner le dos aux fausses définitions (la fracture numérique ne réside pas dans le fait que certains possèdent un ordinateur et d’autres pas, mais dans celui, plus grave, que certains n’ont aucune distance face à ce que l’outil leur propose”.


Source :

Collectif ( 16 avril 2006). “Actes de la journée d’étude Thémat’IC 2006 : “Information : besoins et usages”” [En ligne], IUT Département Information-Communication, Université Robert Schuman, Strasbourg, 1 p. (Page consultée le 3 août 2006)

Les ministres européens définissent des objectifs généraux en matière d’e-inclusion

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Le coût élevé, l’accès, l’accessibilité, les compétences et la motivation sont quelques-uns des obstacles pour les 30 à 40 % d’Européens qui ne sont actuellement pas en mesure de bénéficier des Technologies de l’Information et de la Communication.


La déclaration ministérielle de Riga, comme on l’appelle désormais (voir le site de la conférence européenne Einclusion de Riga), a été signée le 12 juin 2006 par les ministres des États membres de l’Union Européenne, des pays en voie d’adhésion, des pays candidats et des pays de l’Association Européenne de Libre-Echange (A.E.L.E.) et de l’Espace Economique Européen (E.E.E.). Elle fixe les objectifs visant à promouvoir une société de l’information accessible fondée sur l’inclusion qui a pour but de favoriser l’inclusion économique et sociale, à savoir :

“- diviser par deux d’ici à 2010 le nombre de personnes n’utilisant pas l’Internet dans les groupes menacés par l’exclusion, telles que les personnes agées, handicapées et sans emploi ;

- assurer à au moins 90 % du territoire européen un accès à l’internet haut débit ;

- veiller à ce que tous les sites Internet publics soient accessibles d’ici à 2010 ;

- émettre des exigences en vue d’améliorer les compétences numériques d’ici à 2008 ;

- formuler d’ici à 2007 des recommandations sur les normes d’accessibilité qui deviendront obligatoires pour les marchés publics d’ici à 2010;

- évaluer la nécessité de mesures législatives dans le domaine de l’accessibilité en ligne.”

Alors que 2010 est susceptible la date butoir pour nombre de ces objectifs, les ministres ont incité la Commission Européenne à traiter d’urgence avant 2006 certaines questions telles que le vieillissement actif et l’autonomie dans la société de l’information.


Concernant cette déclaration, la Commissaire Européenne en charge de la société de l’information et des médias, Viviane Reding, a indiqué :

“Permettre à tous les Européens de participer à la société de l’information sur un pied d’égalité n’est pas seulement une nécessité sociale, c’est également, sur le plan économique, une formidable chance pour l’industrie. La mise en oeuvre des mesures adoptées à Riga constituera pour les pays européens un grand pas vers la réalisation de cet objectif.”

Viviane Reding a également souligné la nécessité pour les pouvoirs publics à tous les niveaux, l’industrie et les utilisateurs “de travailler ensemble à une approche cohérente et systématique en vue de bâtir une société de l’information accessible fondée sur l’inclusion”.


La Commission Européenne doit préparer une série d’initiatives spécifiques pour faire face à l’exclusion numérique conformément à la déclaration ministérielle. Ces initiatives feront partie d’une initiative communautaire plus large sur l’e-inclusion en 2008, dont le cadre politique sera présenté dans une communication en 2007. La Commission Européenne a également affirmé que ces initiatives sont également prévues au titre du 7e P.C. (Programme Cadre) et du P.C.I. (Programme pour la Compétitivité et l’Innovation).


Source :

Collectif (12 juin 2006). “L’internet pour tous: les ministres européens s’engagent en faveur d’une société de l’information accessible fondée sur l’inclusion” [En ligne], Press Release, European Commission, Brussels, 1 p. (Page consultée le 3 août 2006)

mardi 1 août 2006

Mission Ecoter : colloque 2006 avec un point sur le thème : collectivités locales et non internautes

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La Mission ECOTER, association regroupant des collectivités territoriales et partenaires privés (”pour échanger sur les usages et les services des réseaux de l’Internet”…) organise un colloque au Sénat (Palais du Luxembourg, Salle Monnerville, Paris) le 26 septembre 2006 avec un point sur une approche particulière : l’exclusion numérique vu sous l’angle relations collectivités locales-citoyens :

“11h50 - Les relations entre les collectivités locales et leurs “clients”

Seconde partie : pour leurs “clients” non-internautes

Pour répondre aux attentes économiques et sociales des administrés, les NTIC sont des outils précieux qui contribuent à favoriser l’inclusion – autant qu’elles peuvent être facteur d’accroissement de la fracture sociale et d’exclusion. 48% de la population est non internaute (personnes âgées, chômeurs, personnes immigrées, sans domicile fixe), 3.500 espaces publics numériques sont installés dans l’hexagone, 25% de leur fréquentation est constitué de demandeurs d’emploi; les collectivités locales installent des cyberespaces… Comment ces espaces sont-ils gérés par les collectivités ? Comment sont affectées les ressources humaines ?
Comment les collectivités intègrent-elles ces nouveaux services dans leur stratégie d’organisation et de modernisation ?
Comment les centres communaux d’action sociale font-ils l’usage des NTIC et comment appréhendent-ils les changements ? Le secteur privé peut-il être un soutien ?

Intervenants :
Dominique Blazy, Directrice -CCAS de Cannes
Julien Français, Chef de projet Cyber-Base -Caisse des Dépôts et Consignations
Philippe Oursin, Directeur général adjoint de la modernisation des services - Ville de Saint-Etienne
Syndicat Mixte Manche Numérique
Yannick Landais, Délégué Général - Artesi Ile de France”


L’accès au colloque est payant. Plus de renseignements sur cette page de la Mission ECOTER.


Source :

Collectif (juillet 2006). “Colloque Mission ECOTER” [En ligne], Association Mission ECOTER, Paris, 1 p. (Page consultée le 1er août 2006)

dimanche 30 juillet 2006

Cergy-Pontoise solidaire : un blog sur la solidarité locale… et internationale

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A l’occasion de la semaine de la solidarité internationale qui se déroule en France du 11 au 19 novembre 2006 (voir le site de cette initiative multipartenaires), le Centre Information Jeunesse du Val d’Oise qui possède déjà un impressionnant catalogue de liens sur la solidarité internationale (voir la page) lance avec le Point Cyb (espace multimédia) de Cergy-Pontoise (et sur l’initiative de son responsable Olivier Lacombe), le blog Cergy-Pontoise Solidaire fédérant les associations de la ville investies dans la Semaine de la Solidarité Internationale.


Faisant le lien entre le local et l’international, ce blog se veut permettre…

“De prolonger et faciliter des débats en touchant davantage de publics qui depuis leur domicile, leur école, ou les points d’accès multimédia, peuvent accéder au blog sur Internet, lire des articles, en poster ou ajouter des commentaires. C’est l’occasion de rapprocher les acteurs et le public intéressés par la SSI, sous la forme de questions-réponses qui font la spécificité et la convivialité du blog.”


Plus largement, Cergy-Pontoise Solidaire est un beau projet de solidarité uniquement qui peut être le catalyseur d’initiatives et d’acteurs locaux impliqués ; objectifs :

  • “Élargir le public de la Semaine de la solidarité internationale notamment auprès du public jeune,
  • Valoriser les associations de solidarité de l’agglomération,
  • Favoriser l’interactivité, le dialogue et l’expression citoyenne,
  • Assurer un suivi multimédia et une mutualisation des actions (image, sons, vidéos) de la Semaine et prolonger le débat tout au long de l’année.
  • À moyen terme, élaborer un portail ressource pour l’ensemble des associations de l’agglomération.”


Source :

Lacombe, Olivier (juillet 2006). Cergy-Pontoise solidaire [En ligne], Centre Information Jeunesse du Val d’Oise, Cergy-Pontoise, Blog (Page consultée le 30 juillet 2006)

Armand Mattelart : “Enseigner l’aspect technique ne suffit pas. Il faut développer une culture critique qui favorise l’appropriation par le plus grand nombre”

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Le Monde de l’Éducation de Juillet-Août 2006 (voir site) donne la parole à des enseignants, pédagogues, penseurs et praticiens sur le thème générique “Penser les savoirs du XXIe siècle”.


Armand Mattelart (professeur de sciences de l’information et de la communication à Paris-VIII et Président de l’Observatoire français des médias) plaide pour une éducation critique et une appropriation citoyenne des nouvelles technologies pour le plus grand nombre (qui fait écho à son article  :

“Il est effectivement souvent fait référence dans les enceintes internationales à la notion de société globale de l’information. Notion en phase avec une vision déterministe, coupée de la multiplicité des contextes culturels où est appelée à s’insérer la technologie. Branchons-nous, et le bonheur des peuples suivra. Mais une autre vision essaie d’émerger que cristallise la notion plurielle de société des savoirs. Elle suppose d’interroger les modes de production et de transmission des savoirs et cherche la façon dont il est possible de les enrichir. Le duo classique de la communication, l’émetteur du message et son récepteur, est potentiellement caduc : le récepteur peut interagir sur l’information reçue. Quel est le type de rapport possible entre les gens qui produisent une parcelle de savoir et les gens qui le reçoivent et peuvent à leur tour produire du sens ? Là aussi, il convient de combattre le phénomène d’accoutumance qui fait qu’on reçoit et s’en contente. Mais beaucoup de logiques s’opposent à cette interactivité sous le signe de l’échange démocratique. Celles qu’épinglait Wiener il y a un demi-siècle ont changé d’apparence mais sont toujours là. (…)

Enseigner l’aspect technique ne suffit pas. Il faut développer la réflexion et la distance critique, faire en sorte que se créent progressivement une culture et une écologie critiques qui favorisent l’appropriation par le plus grand nombre. Cela renvoie à l’interrogation sur la formation et la transmission des savoirs.”


Source :

Bonrepaux, Christian (juin-juillet 2006). “Armand Mattelart : “Le Web permet la démocratisation”, Le Monde de l’Éducation, Paris, n°349, pp. 46-47

vendredi 28 juillet 2006

Fracture numérique par Jean-Louis Fulssack, Alain Kiyindou et Michel Mathien

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En février 2005, la Commission Nationale Française pour l’UNESCO a publié des réflexions de spécialistes, experts et chercheurs reconnus dans leur discipline (Pierre Mounier, Dominique Wolton, Divina Frau-Meigs, Philippe Chantepie, Bernard Cornu, Yves Jeanneret, Françoise Massit-Folléa…) dans un glossaire critique : “La Société de l’Information : Glossaire critique” (La Documentation Française, téléchargeable ici en .pdf).


Dans cet ouvrage, Jean-Louis Fulssack (ingénieur en télécommunications, directeur adjoint honoraire de France Télécom, membre du Centre d’Etudes et de Recherches Interdisciplinaires sur les médias en Europe, voir le site, Université Robert Schuman, Strasbourg), Alain Kiyindou (maître de conférences et chef du département de communication de l’IUT de l’Université Robert Schuman, Strasbourg) et Michel Mathien (professeurs de sciences de l’information et de la communication à l’université Robert Schuman de Strasbourg et membre de la Commission française pour l’UNESCO) ont coécrit un article sur la fracture numérique, extrait :

“La fracture numérique relève différentes formes et concerne à la fois l’accès, l’usage, le contenu et la prise de décision.

Dans son acception la plus courante et dans la plupart des débats sur la “société de l’information”, la fracture apparaît comme une délimitation entre territoires connectés et territoires non connectés… Mais, depuis quelques années, suite aux démarches menées dans les pays occidentaux afin de réduire la fracture entre les milieux rural et urbain, d’autres disparités sont apparues, liées à la capacité d’accès à des connexions haut débit et illimitées.

Outre le fait que les technologies ont rarement été utilisées telles que les inventeurs les avaient imaginées, les usagers se les approprient de manières différenciées. C’est à ce niveau que se situe la fracture par l’usage. La complexité des TIC et l’interactivité qu’elles permettent occasionnent des niveaux d’usages qui s’appuient sur les différences culturelles et économiques. L’expression de “non connectés absolus” fait référence à ceux qui ne disposent d’aucun accès physique au réseau et celle de “non connectés relatifs” à ceux qui, bien que disposant d’accès, ne savent pas se servir “efficacement” des outils.

En matière de contenu, seule compte l’information utile et appropriable. L’abondance d’informations sur l’internet est donc plus une illusion entretenue qu’une réalité effective. En effet, les contenus réellement utiles restent peu nombreux. Ce vide ou faible usage de l’internet explique en partie la fracture numérique (loi du mort kilométrique).

Enfin, une fracture souvent ignorée est celle qui sépare les “maîtres du réseau” des autres, c’est-à-dire ceux qui contrôlent l’internet, qui en régulent l’usage et les autres.

Par ailleurs, on peut distinguer plusieurs approches de la fracture numérique, ultra-libérale,citoyenne et militante, et hyperréaliste.

Selon l’approche ultra-libérale qui attribue les inégalités aux imperfections des marchés, la fracture numérique serait due à un rythme trop lent du progrès technique et à une pénétration insuffisante des marchés. Les politiques devraient être axées sur une libéralisation accrue des marchés des télécommunications et des services en ligne, censée faire diminuer les coûts pour les offreurs de services et les consommateurs, favorisant ainsi l’accès et les usages.

Au coeur du SMSI, l’approche citoyenne part du principe que l’accès de tous à l’internet est indispensable. Les débats et action menés dans ce cadre rappellent ceux sur les inégalités sociales des années 70, les prises de positions sur les questions du sous-développement et de la réduction de la pauvreté en Europe, non encore réglées à ce jour.

Enfin, pour les tenants de l’approche hyperréaliste, la fracture numérique n’existe pas en tant que telle, elle n’est que le miroir d’inégalités sociales préexistantes qui se transforment avec l’expansion des TIC. Dans cette perspective, la fracture numérique s’inscrit dans le prolongement et l’amplification de l’exclusion économique et sociale et, à l’instar des autres problèmes liés à l’essor de l’internet, elle est une question de société plutôt que de technologie.”


Source :

Fullsack, Jean-Louis, Kiyindou, Alain et Mathien, Michel (février 2005). “Fracture numérique” in La “société de l’information” : glossaire critique [En ligne], La Documentation Française, Commission Nationale Française pour l’UNESCO, Paris, pp. 75-77 (Page consultée le 28 juillet 2006)

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