Jean-Luc Raymond

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Tag - fracture numerique

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mercredi 8 novembre 2006

Définition de la philosophie et du capitalisme, l'ère du numérique par Bernard Stiegler

Dans un remarquable reportage sonore (fichier podcast) de 3 minutes : "La philosophie, c'est d'abord de la politique", Monsieur Tympan donne la parole au philosophe Bernard Stiegler qui définit la philosophie et le capitalisme de notre temps, un capitalisme hyperindustriel, selon ses termes. Un condensé de la pensée de Bernard Stiegler ainsi mis en onde est plutôt rare.


Dans son édition du 16 décembre 2005, le quotidien La Croix, sous la plume de la journaliste Aude Carasco, revenait sur le parcours atypique de Bernard Stiegler : Stiegler, philosophe de l'ère numérique. Dans ce portrait, le philosophie s'exprime sur la consommation des outils technologiques actuels et le temps personnel qui y est consacré chaque jour par nombre de personnes :

"Comment expliquer cette perte d'identité, cette sensation de n'être rien ni personne ? D'après Bernard Stiegler, nos sociétés de consommation, dans lesquelles le marketing et les industries culturelles prescrivent ce qu'il faut avoir et être, ôteraient aux individus leur "singularité". "Je" s'effacerait ainsi au profit d'un "on" moutonnier.

"L'objet de consommation, le portable, les e-mails… captent notre libido, nos temps disponibles, ce qui nous rend indisponibles pour nos enfants, nos parents, la vie de la cité… Dès lors, il y a une démotivation, un désinvestissement social, qui peut aller jusqu'à un phénomène de destruction. Si bien que lorsqu'il y a passage à l'acte, il n'y a plus de limite. Les gens agissent sans vergogne", explique-t-il.

L'urgence consisterait donc à redonner du sens au "nous". Au collectif. Au vivre ensemble. Entre gens singuliers. "D'accord avec le diagnostic. Mais, qu'allez-vous faire maintenant ?" La sempiternelle question est revenue à l'issue d'une conférence, à Berlin, en avril dernier. Bernard Stiegler a alors décidé, "sur-le-champ", de créer une association (
Ars Industrialis)."

Haptique (tendance 003)

Nouvelle rubrique : tendance. Un mot, une expression comme reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans l'avenir, porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le prononce, dans son champ énonciatif et contextuel. Mot ou expression à suivre...

En informatique, les technologies d'interface entre l'utilisateur et la machine permettent d'établir une communication. Les logiciels de reconnaissance vocale sont déjà diffusés dans de nombreuses applications. Autre développement à venir : l'interface haptique (du grec haptein "toucher", le terme haptique désigne la science du toucher, par analogie avec acoustique ou optique). Le projet européen de recherche GRAB (Computer GRaphics Access fo Blind People through a haptic virtual environment) veut offrir aux non-voyants un accès au monde graphique des ordinateurs :

"L'utilisateur glisse ses deux index dans des réceptacles portés par des bras montés sur vérins qui vont simuler la résistance qu'offrirait une image en trois dimensions si elle était parcourue du bout des doigts. L'équipement consiste en ce couple de bras articulés - interface haptique -, une unité de reconnaissance et de synthèse vocale permettant la communication entre l'homme et la machine et un logiciel de modélisation de géométrie tactile qui pilote l'interface. Ce logiciel est générique, c'est-à-dire qu'il peut s'adapter à différents types d'interfaces haptiques et utiliser toute image tridimensionnelle encodée selon la norme standard d'échange entre systèmes CAD (conception assistée par ordinateur). Des non-voyants ont pu tester cette innovation, notamment en expérimentant une chasse au trésor dans un bâtiment parsemé de pièges et en découvrant la structure d'une ville à partir d'une carte reconstituée."

Doctorant en réalité virtuelle et infohaptie, Aurélien Pocheville définit ainsi l'haptique :

"L'haptique concerne l'étude du sens du toucher, au sens large. On peut décomposer notre interaction avec des objets par le biais de notre main par exemple, de la façon suivante:

- Le sens kinesthésique : c'est la sensation des forces. Notre système moteur nous informe en permanence de la position de notre bras, ainsi que des efforts que nous effectuons pour le mouvoir. Lorsque nous effectuons un effort, mais que notre bras ne bouge pas, nous avons une sensation de force. C'est par exemple le cas lorsque nous appuyons notre bras sur une table.

- Le sens tactile : c'est la sensation des textures. Au bout de nos doigts (et plus largement sur notre peau), nous possédons des capteurs de pression qui nous donne une information sur le relief de l'objet. C'est ce qui nous permet de différencier facilement un objet lisse d'un objet rugueux, par exemple.

- Le sens thermique : c'est la sensation de froid ou de chaleur. Cette sensation nous renseigne sur deux points: tout d'abord, la température de l'objet par rapport à notre doigt (quand notre doigt est froid, les objets nous paraissent plus chauds). Ensuite, la nature de l'objet. Même si un morceau de bois et un morceau de métal sont à la même température, nous les percevons différemment. Pour nous, le métal est plus "froid" que le bois."

lundi 6 novembre 2006

Solidarité numérique de proximité (tendance 001)

Nouvelle rubrique : tendance. Un mot, une expression comme reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans l'avenir, porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le prononce, dans son champ énonciatif et contextuel. Mot ou expression à suivre...


On connaissait l'expression : "Solidarité Numérique", voici la solidarité numérique de proximité. Samedi 4 novembre sur France Info, Jérôme Colombain dans sa chronique France-Info.com l'inclut dans son discours, via un exemple (à écouter) :

"Solidarité numérique de proximité
Lorsque vous êtes bloqué devant votre ordinateur qui ne marche plus que faites-vous ? En général, vous faites appel à un ami qui s'y connaît. Partant de ce principe, une start up parisienne propose un service original qui permet aux internautes de s'entraider. Votre ami va pouvoir prendre le contrôle de votre ordinateur à distance. C'est gratuit, financé par la publicité. Voilà ce que Franck Rougeau, co-fondateur de
Spark-Angels.com, appelle de la "solidarité numérique de proximité"."


La même société prend comme expression phare-slogan : l'entraide numérique avec en titre de son communiqué de Presse : "Réagissez contre l'exclusion numérique, découvrez l'entraide numérique!".

jeudi 2 novembre 2006

Livres sur le Web 2.0 et les médias sociaux, la glocalisation en question

Le journaliste anglais Ian Delaney prépare un ouvrage sur le Web 2.0 et les médias sociaux ("social media"). Dans sa capitalisation de connaissances sur le sujet, il vient de publier un article sur son blog indiquant des eBooks sur ces 2 thèmes, des livres électroniques téléchargeables gratuitement en .pdf : 10 free ebooks about Web 2.0.


Parmi cette sélection de 12 ouvrages, qui augmente au fur et à mesure des contributions des internautes, on peut signaler 2 ouvrages en gestation pour lesquels les auteurs ont délivré leur texte préparatoire en ligne et invitent les visiteurs à complémenter leurs propos afin d'améliorer leur contenu :

- We-think: the power of mass creativity de Charles Leadbetter s'intéresse par des exemples concrets à montrer comment le nouveau Web bouleverse des pans entiers de notre société dans les fondements organisationnels de notre temps : univers de l'entreprise et du travail, monde scolaire, sphère du jeu vidéo, vie de la cité, modes d'innovations... Au coeur de ces changements, ce que Charles Leadbetter appelle la créativité de masse.

- New Influencers par Paul Gillin, prévu pour 2007. Ce journaliste américain, auteur et consultant Internet et nouvelles technologies s'intéresse au phénomène des blogs et à leur influence grandissante dans l'entreprise. Paul Gillin dresse aussi des portraits de blogueurs influenceurs anglo-saxons.


Lecture recommandée par Ian Delaney, une intervention de Danah Boyd (chercheuse doctorante sur les réseaux sociaux en ligne et qui travaille pour Yahoo) en mars 2006 sur une caractéristique très importante des technologies de l'information et de la communication : "G/localization: When Global Information and Local Interaction Collide".


Le sociologue Blaise Galland définit ainsi le processus de glocalisation :

"processus double par lequel la ville se décharge de sa fonction de production, d'échange et de traitement de l'information en la déplaçant dans le cyberespace, tout en développant, conséquemment, de nouvelles formes d'organisations sociospatiales au niveau local."


... à compléter par l'article du Courrier, quotidien suisse, dans un entretien avec le sociologue Roland Robertson : "Nous vivons dans un monde glocalisé" :

"La "glocalisation" est une globalisation qui se donne des limites, qui doit s'adapter aux réalités locales, plutôt que de les ignorer ou les écraser. Par ailleurs, en provoquant une résistance à elle-même – suscitant un mouvement mondial de contestation – la globalisation contribue, ironiquement et paradoxalement, à concentrer l'attention sur les réalités locales. Il est vrai que protester contre la globalisation a parfois eu l'effet contraire, produisant plus de globalisation. Mais l'on a compris que, pour faire avancer la cause du "local", il faut agir au niveau global, en sillonnant la planète, en communiquant à travers les nouvelles technologies, etc."


Source :

Delaney, Ian (October 31, 2006). "10 free ebooks about Web 2.0" (En ligne), TwoPointTouch, Londres, 1 p. (Page consultée le 1er novembre 2006)

Intermédiation, le mot faux ami de la lutte contre le fossé numérique ou contre l'exclusion numérique

Comme quoi il faut toujours se méfier des mots, même les plus anodins. Depuis quelques années, lorsqu'on évoque la lutte contre l'exclusion numérique, le fossé numérique ou la fracture numérique, plusieurs termes reviennent communément dans les discours, les écrits et les blogs. Pour qu'une personne en difficulté, dite "éloignée" de l'internet puisse s'approprier l'utilisation même basique d'un ordinateur et de l'internet, on parle d'un accompagnement humain ou d'intermédiation. Ce mot "intermédiation" a aussi tendance à s'affirmer dans le champ du social.

Or, "intermédiation" est un terme relevant de l'économie et non du social. Selon le dictionnaire A l'aide.com, l'intermédiation est le "principe de fonctionnement de certains systèmes de paiement faisant appel à une entité qui assure la gestion du paiement sécurisé pour le compte du client et du marchand".

L'I.N.S.E.E. est encore plus précis en définissant ainsi l'intermédiation financière :

"Activité par laquelle une unité institutionnelle acquiert des actifs financiers et, simultanément, contracte des passifs pour son propre compte par le biais d'opérations financières sur le marché. Les actifs des intermédiaires financiers et leurs passifs présentent des caractéristiques différentes, ce qui suppose que, dans le processus d'intermédiation financière, les fonds collectés soient transformés ou regroupés en fonction de leur échéance, leur volume, leur degré de risque."

Comme quoi, il y a toujours des faux amis.

Visage de l'Internet marocain

La connaissance de l'utilisation de l'Internet en Afrique est très parcellaire. Il est assez difficile de donner un visage aux habitudes des internautes de ces pays, d'en dégager des tendances fortes. Le réseau de chercheurs d'Africanti observe depuis plusieurs années l'internet et les nouvelles technologies du Sud. C'est l'une des rares initiatives francophones d'ampleur sur le sujet à compléter par le catalogue de liens d'Africanti et des sites plus locaux ou régionaux.


Le rôle joué par les diasporas (notamment en Europe) pour l'appropriation d'Internet dans les pays africains reste peu souligné dans les grands médias de l'actualité d'Internet. Celle-ci constitue un apport majeur dans l'invitation à la communication pour les familles en Afrique, dans le fait de pouvoir rester en contact avec "le pays" par courrier électronique, mais aussi en pouvant consulter des sites internet de la Presse quotidienne comme Le Soleil (Sénégal), L'Essor ou Le Républicain (au Mali). Le portail panafricain Afrik.com, créé en 2000 par des journalistes, demeure aujourd'hui un site incontournable qui couvre l'actualité de 52 pays du Sud. On ne mesure pas assez ici, en Europe Occidentale, le rôle joué par ces médias.


Autre fait pour être "relié" au pays, les forums d'expression. Ils sont nombreux, dans différentes langues, foisonnants d'expression, d'opinions, de questions et de réponses et d'infos. La plupart des personnes qui y interviennent sont issues de la diaspora mais ont en commun une culture. C'est le cas de Yabiladi par exemple, un étonnant "portail du Maroc et des Marocains dans le monde avec une série de services dédiés aux Marocains : Forum, chat,...". Se plonger dans les forums de Yabiladi est un exercice passionnant : on y découvre les traditions marocaines, des recettes de cuisine, des conseils pour le voyage... Mille et une choses sur des sujets divers avec une réactivité et un échange permanent ; une agora virtuelle dont les préoccupations sont réelles. Yabiladi reprend également des informations marocaines et laisse aux internautes la possibilité de les commenter.


Ainsi, la semaine dernière, Yabiladi a publié sur son site un article de l'hebdomadaire marocain TelQuel (du 27 octobre 2006) : "L'autre Maroc du Net. Au royaume des excès" qui donne une vision critique de l'utilisation de l'Internet au Maroc, un dossier complexe, apparemment passionné, qui conte la jeune histoire du Web dans ce pays, une population d'internautes qui semble saisir à bras le corps la "vague" de l'expression. Un article très intéressant, car non monolithique sur la diversité de l'Internet au Maroc où l'on montre que la nouveauté technologique n'est pas forcément adoptée par les utilisateurs.


En lisant de tels papiers, on comprend mieux le développement d'Internet dans les pays du Sud et on peut aussi avoir un autre regard sur le Web mondialisé vu de la vieille Europe. Extrait :

"Les premiers frémissements de ce raz-de-marée verbal se sont fait sentir avec l'apparition du service gratuit de chat vocal en ligne PalTalk en 2000. Une sorte de "jouqa" (foule) bruyante, où se retrouvaient des internautes des quatre coins du globe. Dans le tas, les chatteurs marocains étaient parmi les plus actifs. Ils ont pris d'assaut les salons de discussions pour y dire tout et son contraire, avec une préférence prononcée pour trois thèmes de prédilection : le sexe, la religion et… l'engueulade gratuite. Un engouement qui trouve son origine dans la nature même du service : en remplaçant le texte par la parole, "le chat vocal a décomplexé ceux qui avaient un problème avec l'écrit", analyse Rachid Jankari, pour expliquer la lame de fond qui a inondé le Net marocain.


Et malgré la vogue des logiciels de messagerie vocale (MSN Messenger, Yahoo! Messenger…) et de téléphonie sur Internet (Skype), PalTalk reste toujours aussi encombré de participants marocains. C'est que ce souk de la parlotte offre l'avantage d'être un espace de rencontres plus ou moins anarchique." (...)


"Il y a quelques années à peine, l'Internet marocain balbutiait comme un bébé, tétant le sein d'une connexion aussi lente qu'une tortue neurasthénique. Aujourd'hui, la Toile marocaine ressemblerait plutôt à un adolescent en pleine crise de croissance. Le pays compte désormais 5000 cybercafés, environ 3 millions d'utilisateurs et 400 000 abonnés, dont 80% à une connexion haut débit, sésame indispensable pour accéder au multimédia. Ainsi, de consommateurs passifs figés devant une page web fixe, les internautes sont devenus acteurs du monde virtuel, via leurs sites personnels, leurs blogs, leurs vidéos ou bien les exploits des hackers marocains. Certes, comme tout ado trop vite grandi, le web marocain est encore brouillon et commet pas mal d’erreurs de jeunesse. Les hormones en ébullition, on s'enflamme vite à cet âge. Ce qui a le don de crisper les milieux conservateurs, prompts à crier au loup au premier scandale sexuel impliquant des Marocains. Mais bonne nouvelle : l'internaute marocain, même s'il dérape bien souvent, est en voie de s'approprier l'outil Internet."



Source :

Hamdani, Hassan et Smyej, Hicham (27 octobre 2006). "Enquête. L'autre Maroc du Net. Au royaume des excès" (En ligne) TelQuel, n°244, Rabat, Maroc, Dossier (page consultée le 2 novembre 2006)

vendredi 20 octobre 2006

TICE et Développement, revue scientifique publiée par l'Université de Yaoundé sur les problématiques numériques et d'enseignements

TICE et Développement est le nom d'une jeune revue scientifique publiée en ligne par l'Université de Yaoundé 1 (Cameroun) en partenariat avec l'Agence Universitaire de la Francophonie sur le thème : "Recherche sur les TICE dans les pays francophones du Sud". Les chercheurs africains peuvent ainsi vulgariser leurs travaux scientifiques plus facilement. La publication fonctionne sur la base d'un partenariat entre les universités du Nord (Mons, Montréal, Strasbourg) et celles du Sud (Dakar, Alger, Maurice, Yaoundé, Tunisie). Tous les 6 mois, avec un nouveau numéro, TICE et développement met en avant les travaux des enseignants et chercheurs en charge de la formation des enseignants :

"La revue se propose aussi de constituer et d'étendre des réseaux de chercheurs en vue de mettre en commun les protocoles de recherche, les outils épistémologiques relatifs aux TICE. On pense par exemple aux données et aux outils d'interprétation, puis au mode de validation des résultats. La revue se propose enfin d'analyser la place des TICE dans la société traditionnelle et dans les systèmes éducatifs de nos pays respectifs. Les thématiques qui constitueront le contenu de TICE ET DÉVELOPEMENT vont donc concerner les usages des TICE dans les sociétés francophones, leur impact dans les systèmes éducatifs et les modes d'apprentissage et d'appropriation. Trois axes thématiques sont retenus :
- L'analyse des pratiques de terrain incluant non seulement l'enseignement, mais aussi l'évaluation ;
- La recherche pour l'innovation de l'enseignement/apprentissage ;
- Les travaux de recherche sur l'intégration des TICE dans la société et sur la contribution des TIC à la culture citoyenne."


Les n°1 et n°2 sont consultables en ligne. Thèmes des prochains numéros :
TICE et Développement n° 3 : Quelles plates-formes d'enseignement à distance pour l'Afrique ?
TICE et Développement n° 4 : Dispositifs et pédagogie pour un enseignement en ligne ?
TICE et Développement n° 5 : Quelles normes pour l'enseignement en ligne en Afrique ?
Info via le Café pédagogique.


Source :

Essono, Louis Martin Onguene (octobre 2006). TICE et Développement (En ligne), Université de Yaoundé 1, Cameroun, Site (Page consultée le 20 octobre 2006).

Philippe Quéau, l'enjeu de l'éducation dans les sociétés du savoir

Philippe Quéau (UNESCO) publie un brillant article sur son blog Metaxu à propos de la marchandisation des savoirs à l'époque actuelle mondialisée et de l'enjeu majeur que constitue l'éducation : De la réforme de l'éducation dans les sociétés du savoir. Il propose une augmentation des compétences en sus de l'acquisition de savoirs faire et la nécessité du travail coopératif ; extrait :

"Au moment où certains fossés s'élargissent et s'approfondissent, il faut y insister, la capacité à travailler en groupe, en réseaux, en partenariat devient primordiale. D'où l'importance de créer un environnement d'apprentissage global, ouvert, au service de tous, en tous lieux, à tous moments et dans tous les domaines du savoir. Les réseaux d'écoles, de bibliothèques, de musées, les laboratoires virtuels, constitueront de plus en plus une nécessaire infrastructure coopérative à large échelle. Car le savoir augmente en se partageant. À ce titre il est l'exemple archétypal du bien public.

Si l'éducation comme l'accès à l'information et au savoir sont, par excellence, des "biens publics mondiaux", il faut noter que les tendances à la marchandisation du savoir et de l'éducation risquent d'aggraver les fossés économiques, culturels, sociaux entre ceux qui sont déjà largement bénéficiaires de la révolution de l'information et ceux qui en subissent les effets pervers."


Source :

Quéau, Philippe (19 octobre 2006). "De la réforme de l'éducation dans les sociétés du savoir" (En ligne), Metaxu, Rabat (Page consultée le 20 octobre 2006).

mercredi 18 octobre 2006

Feirouz Boudokhane, Comprendre le non-usage technique, réflexions théoriques, usages et non-usages des Technologies de l'Information et de la Communication

Feirouz Boudokhane est doctorante en Sciences de l'information et de la communication au sein du GREM (Groupe de Recherche et d'Étude sur les Médias) à l'Université Michel de Montaigne, Bordeaux 3 et prépare actuellement une thèse intitulée "L'Internet refusé : étude sur le non-usage du réseau" sous la direction d'André Vitalis.


Dans un article scientifique (working paper) paru le 16 octobre 2006 : "Comprendre le non-usage technique : réflexions théoriques", Feirouz Boudokhane essaye d'identifier certains éléments explicatifs du non-usage technique des Technologies de l'Information et de la Communication pour sortir du cadre habituel usages/usagers. L'acte de non-usage peut-il être expliqué ? Feirouz Boudokhane présente un état de l'art théorique des recherches sur cette thématique. L'approche est donc multiple : elle va des facteurs explicatifs du non-usage liés aux caractéristiques de la technique (l'inconvénient perçu ; l'incompatibilité perçue ; les risques perçus ; les "faibles" possibilités d'essai et de transfert) aux caractéristiques de l'individu permettant de déterminer le non-usage (l'impact du sentiment d'auto-efficacité sur le non-usage ; autres caractéristiques).


En conclusion, Feirouz Boudokhane fait allusion à Michel de Certeau (le "braconnage", lire à ce propos "Michel de Certeau et la mystique du quotidien" par Pierre Macherey) :

"Dans l'univers des TIC, il n'y a pas que des "braconnages" et des détournements des modes d'emploi, mais il y a aussi des formes de non-usage voir des résistances à ces technologies. Il semble donc nécessaire de comprendre les raisons de ces phénomènes."


Source :

Boudokhane, Feirouz (16 octobre 2006). "Comprendre le non-usage technique : réflexions théoriques" (En ligne), Les Enjeux de l'information et de la communication, Université Stendhal Grenoble 3, 1 p. (Page consultée le 18 octobre 2006). Info via Olivier Trédan.

Ile Sans Fil lance le Hub des Artistes Locaux à Montréal, connecter les communautés à leurs artistes

Île Sans Fil (voir site) est l'initiative d'un groupe communautaire à but non lucratif qui s'est donné pour mission de fournir un accès à internet sans fil public et gratuit aux utilisateurs de portables et de PDA à travers la ville de Montréal au Canada en utilisant des logiciels libres et du Wifi afin de partager des connexions Internet haut débit. Les personnes dotées d'un outil Wifisé peuvent se connecter à partir de points d'accès gratuits (cafés, boutiques, organismes et individus), 105 hotspots répartis sur Montréal. Ce sont plus de 24000 personnes qui utilisent régulièrement les accès d'Île Sans Fil.


Plus que de l'accès Wifi, Île Sans Fil vise à ce que les gens qui utilisent des connexions Wifi entrent en contact, que de l'information locale soit fournie en ligne et que le lieu physique "point d'accès Île Sans Fil" puisse favoriser l'interaction entre les usagers du Wifi. Pour cela, un portail permet de voir et de communiquer avec les autres personnes connectées dans la même air d'accès.


Aujourd'hui, Île Sans Fil va plus loin avec le projet HAL (Hub des Artistes Locaux) : "Connecter les communautés à leurs artistes" (lire le communiqué de Presse) en partenariat avec des médias locaux (la radio étudiante CHOQ.FM et CUTV, Concordia University Television) qui associe culture et mobilité, diffusion médiatique interactions sur un territoire restreint, celui des points d'accès Wifi d'Île Sans Fil :

"Première internationale, HAL encourage les Montréalais à découvrir leurs artistes et producteurs locaux par l'entremise de juke-boxes sans-fil, capables de diffuser du contenu audio et vidéo à haute résolution. Notamment, HAL permet une riche diffusion médiatique, basée sur un concept géographique - un contenu culturel unique est rendu disponible à des endroits spécifiques (...) Il suffit de démarrer le logiciel iTunes (disponible pour Windows et Mac) et de cliquer sur le lien HAL qui apparaîtra au même instant. À ce jour, 12 hotspots d'Île Sans Fil sont munis de la technologie HAL et un treizième sera rendu disponible d'ici la fin du mois de décembre prochain.

Le projet HAL promeut le mandat d'Île Sans Fil, soit l'autonomisation des communautés locales de Montréal, à travers la création et l'implantation d'une technologie basée sur la communauté (...) Tout comme les autres projets d'ISF, l'ensemble de la technologie et des connaissances développées par l'entremise de HAL sera partagé publiquement afin d'encourager son adoption par d'autres communautés."


Sur cette page, vous trouverez plus d'informations sur HAL : Pourquoi HAL ? Comment fonctionne HAL ? Où puis-je trouver HAL ? Comment utiliser HAL ? Quel est le contenu disponible sur HAL ? La liste des partenaires, une Foire Aux Questions et une carte des HAL déployés.


D'un accès Wifi qui "individualise" la connexion Internet, Île Sans Fil s'intéresse au collectif et au partage de ressources culturelles sur un territoire produites par des artistes producteurs médiatiques qui n'ont pas de place où diffuser leurs contenus ; une initiative technologique qui tient à favoriser la culture locale.


Source :

Collectif (octobre 2006). Ile Sans Fil (En ligne), Ile Sans Fil, Montréal, Site (Page consultée le 18 octobre 2006)

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