Jean-Luc Raymond

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vendredi 1 septembre 2006

Initiatives de solidarité numérique 2005-2006 de IRDC Canada : en Asie, au Pakistan et en Inde

IRDC (ou en français CRDI - Centre de Recherches pour le Développement International) vient de publier son rapport annuel d'activités (86 pages en .pdf. à télécharger à cette adresse). Parmi les initiatives relatives aux Technologies de l'Information et de la Communication, IRDC soutient des projets de développement dont :

- "L'informatisation de langues locales" (initiative décrite à la page 37) dirigé par le National University of Computer and Emerging Sciences du Pakistan qui a permis de créer et de former dans 7 pays des équipes regroupant des chercheurs, praticiens, linguistes... pour mettre au point des outils comme des jeux et polices de caractères, vérificateurs d'orthographe, correcteurs grammaticaux et systèmes de reconnaissance de la parole en 9 langues dont chacune présente des difficultés particulières. Le logiciel Nepalinux 1.0 lancé en décembre 2005, comprend un correcteur orthographique d'environ 22 000 mots népalais d'usage courant,

- "JuriBurkina, accès direct et gratuit à l'information juridique" (initiative décrite à la page 44) : fournir un accès intégral à l'information juridique publique, dont la loi et la jurisprudence, aux juristes et aux citoyens du Burkina Faso via un logiciel d'exploitation libre mis au point par LexUM, le Laboratoire d'informatique juridique de l'Université de Montréal. JuriBukina est en ligne et peut être consulté par tout internaute,

- "L'impact des TIC sur l'allègement de la pauvreté dans la région rurale de Pondichéry en Inde" (initiative décrite page 53) : Donner accès à de l'information fondamentale sur l'économie et l'environnement à 12 000 personnes de 7 villages via des Espaces Publics Numériques appelés "centres de savoirs communautaires". Ce projet est coordonné sur place par la MS Swaminath Research Foundation.


A souligner que IRDC a la particularité de disposer d'un financement conséquent de Microsoft Corporation (lire à ce sujet ce communiqué de Presse, le descriptif du partenariat Unlimited Potential ou encore ce communiqué) pour développer les activités de Telecentre.org, une plateforme d'échanges, de mise en réseau et développement des télécentres prioritairement dans les pays en voie de développement et plus largement à travers le monde.


Source :

Collectif (31 août 2006). Rapport annuel du CRDI 2005-2006 (En ligne), Centre de Recherches pour le Développement International, Ottawa, 86 p. (Page consultée le 31 août 2006)

mercredi 2 août 2006

Robert Castel : La remontée de l’insécurité sociale, c’est aussi le retour de la vie “au jour le jour”

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Robert Castel, sociologue, directeur d’études à l’EHESS et membre du Centre d’étude des mouvements sociaux (voir le site), consacre depuis plusieurs années, ses travaux à la pauvreté et aux précarités. Dans le dossier “La Société précaire” du numéro de février 2006 du magazine Sciences Humaines, il porte son regard sur la protection sociale ; extrait de cet entretien dont les propos ont été recueillis par Xavier Molénat :

“Que pensez-vous de la transformation de la relation des services sociaux aux personnes aidées, avec l’introduction de notions telles que “contrat” ou “projet” ?

Je crois qu’on est dans une certaine ambiguïté. Cela peut avoir un aspect positif mais c’est aussi extrêmement dangereux parce que c’est demander beaucoup à ceux qui ont peu. Faire un projet n’est pas quelque chose que l’on demande tous les jours à quelqu’un qui est installé dans la vie. L’exiger de celui qui, comme le RMIste, a peu de ressources et des difficultés de tous ordres - c’est pour ça qu’il est au RMI! -, c’est prendre le risque que cela se retourne en culpabilité. Ou d’enfermer dans ce que François Dubet appelle la “norme d’internalité”, c’est-à-dire de réduire le travail social à une sorte de dialogue d’accompagnement des gens en difficulté. Alors que si ces gens sont en difficulté, c’est avant tout parce qu’ils manquent de ressources et de droits.

D’autant que la précarité est aussi un rapport au temps. Car pour maîtriser l’avenir, il faut une certaine stabilité du présent. Les droits constitutifs de la propriété sociale permettent de planifier sa vie. Si on en est privé, on est obsédé par le présent sans savoir de quoi demain sera fait. La remontée de l’insécurité sociale, c’est aussi le retour de la vie “au jour le jour”, qui était la condition générale de la plus grande partie du peuple au XIXe siècle, et donc à nouveau le risque de ne pas avoir les éléments de maîtrise de son destin social.

Beaucoup de difficultés actuelles peuvent ainsi se lire en terme de transformation du rapport au temps. La conception que nous pouvions avoir de l’avenir, il y a trente ans, avec la croyance assez générale que demain serait meilleur qu’aujourd’hui, permettait de se projeter. Le salarié pouvait par exemple accéder à la propriété, faire ses emprunts sur dix ans parce qu’il avait la quasi-certitude que dix ans plus tard il travaillerait encore et que son salaire aurait augmenté… Il pouvait maîtriser son avenir.

Comment le salarié qui, aujourd’hui, prend son contrat nouvelle embauche (CNE) et peut être licencié du jour au lendemain, peut-il penser sa vie dans trois ans, voire dans six mois ou dans quinze jours ? C’est aussi cela la précarité.”


Source :

Molénat, Xavier (février 2006). “Robert Castel, sociologue : Repenser la protection sociale”, Sciences Humaines, n°168, p.43

mardi 1 août 2006

Français Langue Etrangère : annuaire de liens pour les projets FLE

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L’apprentissage du Français Langue Etrangère a beaucoup évolué ces dernières années avec l’apport des nouvelles technologies. Des solutions en ligne existent pour apprendre le Français en FLE et d’autres approches proposent l’apprentissage du Français avec un accompagnement humain personnalisé ou en groupe pouvant puiser dans des ressources Internet spécialisées.


Le site Internet Franc-Parler (”La communauté mondiale des professeurs de français”) propose un annuaire ressource de liens vers des portails spécialisés en Français Langue Etrangère visant à faciliter le travail des enseignants et accompagnants : Franc-parler : Annuaire de liens : Pratiques de classe - Français langue étrangère. Vraiment utile et concret!


Source :

Collectif (juillet 2006). “Franc-parler : Annuaire de liens : Pratiques de classe - Français langue étrangère” [En ligne], Organisation Internationale de la Francophonie, Herdon, Virginie, Etats-Unis, 1 p. (Page consultée le 1er août 2006)

dimanche 30 juillet 2006

DismoiTIC : site ressource de méthodologie de projets Web en ingénierie de formation

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Pierre Benech, enseignant formateur à l’Université de Lyon 1, est l’auteur du site Internet collaboratif exemplaire DismoiTIC.net (voir site) qui présente des outils pratiques de gestion de projets Web (cahiers de charge type), d’ingénierie de compétences et de formation et plus largement d’ingénierie pédagogique. Le site DismoiTIC.net, dans sa nouvelle mouture, propose donc conseils, liens et exemples pédagogiques utiles et concrets dans un contexte de formation ou d’accompagnement de projet Internet.


Source :

Benech, Pierre (juillet 2006) Dis-moi TIC [En ligne], Pierre Benech, Lyon, Site (Page consultée le 30 juillet 2006)

Armand Mattelart : “Enseigner l’aspect technique ne suffit pas. Il faut développer une culture critique qui favorise l’appropriation par le plus grand nombre”

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Le Monde de l’Éducation de Juillet-Août 2006 (voir site) donne la parole à des enseignants, pédagogues, penseurs et praticiens sur le thème générique “Penser les savoirs du XXIe siècle”.


Armand Mattelart (professeur de sciences de l’information et de la communication à Paris-VIII et Président de l’Observatoire français des médias) plaide pour une éducation critique et une appropriation citoyenne des nouvelles technologies pour le plus grand nombre (qui fait écho à son article  :

“Il est effectivement souvent fait référence dans les enceintes internationales à la notion de société globale de l’information. Notion en phase avec une vision déterministe, coupée de la multiplicité des contextes culturels où est appelée à s’insérer la technologie. Branchons-nous, et le bonheur des peuples suivra. Mais une autre vision essaie d’émerger que cristallise la notion plurielle de société des savoirs. Elle suppose d’interroger les modes de production et de transmission des savoirs et cherche la façon dont il est possible de les enrichir. Le duo classique de la communication, l’émetteur du message et son récepteur, est potentiellement caduc : le récepteur peut interagir sur l’information reçue. Quel est le type de rapport possible entre les gens qui produisent une parcelle de savoir et les gens qui le reçoivent et peuvent à leur tour produire du sens ? Là aussi, il convient de combattre le phénomène d’accoutumance qui fait qu’on reçoit et s’en contente. Mais beaucoup de logiques s’opposent à cette interactivité sous le signe de l’échange démocratique. Celles qu’épinglait Wiener il y a un demi-siècle ont changé d’apparence mais sont toujours là. (…)

Enseigner l’aspect technique ne suffit pas. Il faut développer la réflexion et la distance critique, faire en sorte que se créent progressivement une culture et une écologie critiques qui favorisent l’appropriation par le plus grand nombre. Cela renvoie à l’interrogation sur la formation et la transmission des savoirs.”


Source :

Bonrepaux, Christian (juin-juillet 2006). “Armand Mattelart : “Le Web permet la démocratisation”, Le Monde de l’Éducation, Paris, n°349, pp. 46-47

mardi 18 juillet 2006

S’unir pour agir : prix de la Fondation de France : des projets pour l’avenir dont 2 initiatives Internet solidaires lauréats 2006

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La Fondation de France a annoncé les résultats du Prix 2006 “S’unir pour agir : 100 projets pour l’avenir” qui récompense des projets solidaires associatifs concrets sur la thématique de la lutte contre l’exclusion et la précarité que ce soient des difficultés d’accès à l’emploi, d’intégration sociale, d’incertitude du lendemain…


Les critères de sélection des Prix 2006, S’unir pour agir :

  • “Les actions sélectionnées sont novatrices et exemplaires ;
  • Elles associent plusieurs types d’acteurs;
  • Elles visent à restaurer et/ou améliorer la qualité de la relation sociale ;
  • Elles s’inscrivent dans une démarche durable ;
  • Elles sont ancrées dans leur environnement local.”


Parmi les 12 prix nationaux (5 000 Euros chacun), récompensés dans les domaines de l’insertion, l’emploi, l’habitat, des personnes âgées ou handicapées, de l’environnement et de la santé, 2 projets liés à un internet solidaire ont été primés :


C’est leur tasse de thé

Présenté par le Centre Social du Grand Parc, Place de l’Europe, 33000 Bordeaux (voir la fiche de projet en .pdf)


Implanté dans un quartier HLM, avec plus d’un tiers d’habitants de plus de 60 ans, le Centre Social du Grand Parc propose depuis 1983 un lieu d’accueil et d’écoute pour les personnes de tous âges dans une optique de développement culturel et d’insertion sociale.


La mise en place d’activités socioculturelles au Centre Social par une vingtaine de personnes âgées autour d’une buvette a permis de rompre l’isolement social et d’améliorer leur quotidien. Parmi les 4 types d’activités dans le cadre de cette buvette, un atelier d’initiation à l’informatique facilite la communication entre les personnes âgées et leur famille dispersée ; avec un souci d’intégration intergénérationnelle. Les personnes sont aidées par un animateur adulte et des bénévoles.


La Fondation de France a financé le renouvellement du parc informatique (5 ordinateurs).


Vite Lu

Présenté par l’Association Lilavie - Vite Lu, 15/17 quai Gambetta, 53000 Laval (voir la fiche de projet en .pdf)


L’association Lilavie est née en 1938 pour permettre aux anciens élèves de l’Institut des Sourds St Louis, à Laval, de partager des relations sociales, notamment via l’accès à l’information au travers de l’écrit.


En 2000, l’association crée le Info-Fax Sourds, un journal bihebdomadaire simplifié traitant de l’actualité nationale et internationale ainsi que des infos pour les sourds, envoyé par télécopie ou pas courrier électronique.En 2003, Lilavie lance un journal simplifié pour les adultes ayant des difficultés avec l’écrit : “Vite Lu” (composé d’une page sur l’actualité avec des mots simples et des phrases courtes) diffusé dans toute la France.


La Fondation de France a permis de développer l’action de “Vite Lu” et de cofinancer la création d’un “Vite Lu Personnes âgées” s’adressant en priorité aux résidents de maisons de retraite et aux personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer.


L’outil informatique est utilisé dans la conception du journal et pour la communication sur Internet afin de faire connaître “Vite Lu Personnes âgées”.


Aujourd’hui, 160 organismes sont abonnés à ce 2 pages : maisons de retraite, foyers logements hôpitaux dans 80 départements.


Source :

Anonyme (juillet 2006). “Fondation de France - Les prix S’unir pour agir - En 2006, 100 projets pour l’avenir” [En ligne], Fondation de France, Paris, Site (Page consultée le 18 juillet 2006)

lundi 26 juin 2006

Diplôme d’Université : Accessibilité des sites Web aux personnes handicapées (Paris 6)

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Depuis 2005, l'Université Pierre et Marie Curie (Paris 6) propose en partenariat avec l'association BrailleNet le premier Diplôme d'Université en France sur l'accessibilité du Web : "Accessibilité des sites Web aux personnes handicapées". Cette formation s'inscrit dans le cadre de l'obligation légale pour les sites des services publics d'être accessibles et pour tous de participer à la construction d'une société numérique équitable.


Ce diplôme de 99 heures sur 6 semaines s'adresse aux responsables de projets Internet/multimédia, responsables informatiques, développeurs, intégrateurs HTML, ergonomes, graphistes Web, webmasters. La formation est sanctionnée par l'obtention d'un Diplôme d'Université de niveau Bac+3.

Objectifs opérationnels de la formation diplomante : 

"Organiser une veille stratégique, législative et technologique sur les questions d'accessibilité du Web

Evaluer l'accessibilité d'un site et service Internet et Intranet.

Conseiller pour sa mise en conformité, connaître les outils du marché (évaluation, gestion de contenu…).

Intégrer les normes d'accessibilité à toutes les étapes d'un projet Internet."


Source :

Chagnon, Gilles (juin 2006). "Fiche du diplôme : Accessibilité du Web : enjeux, normes et application" [En ligne], Université Pierre et Marie Curie, Formation permanente, 1 p. (Page consultée le 26 juin 2006)

Le développement d’Internet et des TIC est-il compatible avec l’école ? (Bruno Devauchelle)

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Responsable de formation au C.E.P.E.C. (Centre d'Etudes Pédagogiques pour l'Expérimentation et le Conseil), Bruno Devauchelle signe pour le Café Pédagogique, un éditorial incisif sur l'univers scolaire et les TIC, à savoir la concurrence de plus en plus évidente en l'utilisation des TIC et l'apprentissage scolaire : "Le développement d'Internet et des TIC est-il compatible avec l'école ?" ; extrait :

"Depuis le début de l'informatique, l'école a été progressivement mise à l'écart ; à l'opposé de l'audiovisuel qui a été largement ignoré et d'abord absent de l'école au début puis progressivement (mais très partiellement) intégré.

(…) Or on observe que, malgré les efforts constants des responsables et des acteurs, les usages sociaux se sont développés beaucoup plus vite dans les familles et l'école ne parvient pas à suivre.

(…) Or il me semble que les technologies qui se développent sont à l'opposé du modèle scolaire : la réussite scolaire est vécue comme individuelle, l'enseignant exerce souvent sa profession dans une certaine solitude (pas ou peu de temps de concertation au collège et au lycée), le modèle dissymétrique maître élève est dominant, etc. Or l'interactivité, la communication interindividuelle, la collaboration sont des valeurs portées par le "web social" qui vont à l'encontre de la "forme scolaire" canonique. La fonction sociale de l'école est plus souvent vécue comme une fonction de tri plutôt que d'intégration. Or la socialisation et la sociabilité se développent désormais de plus en plus en s'appuyant sur les services offerts par les technologies. Soucieuse de contrôle et de sécurité, et à juste titre compte tenu du contexte politique, l'école est progressivement mise "hors jeu" (la métaphore est opportune ici) de ce mouvement qui propose de prendre des risques dans les relations, de dépasser les murs des établissements et des maisons, de s'ouvrir au monde, aux informations et aux savoirs sans médiation.

L'école, lieu de médiation par excellence, est concurrencée par l'intermédiation que proposent les possibilités technologiques accessibles. Peut-elle, doit-elle accepter de prendre en compte cette différence ? Les usagers des technologies et les jeunes en particulier signalent volontiers cet écart aussi bien dans leurs pratiques que dans leurs propos. Il n'est pas sûr qu'ils le déplorent réellement tant, désormais, l'écart s'accroît et cantonne le système éducatif à une fonction annexe, la familiarisation technique pour les plus démunis. On peut penser que les enseignants par leur attitude ne sont que le reflet de cet état de fait qui les touche eux aussi en tant qu'acteur social qui vivent eux aussi ce décalage au quotidien.

A moins que le système scolaire n'opère un changement radical, il y a peu de chances que la tendance s'inverse."


Source :

Bruno Devauchelle (25 juin 2006). "Le développement d'Internet et des TIC est-il compatible avec l'école ?" [En ligne], Association coopérative pour l'information et l'innovation Pédagogique, n°74, Paris, pp. 6-7 (Page consultée le 26 juin 2006)

dimanche 4 juin 2006

InPictures : tutoriels pour apprendre des logiciels (en licence Creative Commons)

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Les licences Creative Commons font leur chemin avec des sites qui permettent l'échange, le partage de savoirs. Ainsi, le site anglosaxon InPictures met à dispostion gratuitement des livres pour apprendre l'utilisation de dizaines de logiciels courants (suite Open Office, suite Microsoft Office et d'autres logiciels graphiques, de création de sites Web et de bases de données) avec des ouvrages basés sur de l'image et non du texte, explicatifs fonction par fonction. Une idée judicieuse voulant avant tout être pratique.

Source :
Charuhas, Chris (june 2006). InPictures [En ligne], Visibooks LLC, Frederick, Etats-Unis, Site (Page consultée le 4 juin 2006)

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