Jean-Luc Raymond

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vendredi 20 octobre 2006

TICE et Développement, revue scientifique publiée par l'Université de Yaoundé sur les problématiques numériques et d'enseignements

TICE et Développement est le nom d'une jeune revue scientifique publiée en ligne par l'Université de Yaoundé 1 (Cameroun) en partenariat avec l'Agence Universitaire de la Francophonie sur le thème : "Recherche sur les TICE dans les pays francophones du Sud". Les chercheurs africains peuvent ainsi vulgariser leurs travaux scientifiques plus facilement. La publication fonctionne sur la base d'un partenariat entre les universités du Nord (Mons, Montréal, Strasbourg) et celles du Sud (Dakar, Alger, Maurice, Yaoundé, Tunisie). Tous les 6 mois, avec un nouveau numéro, TICE et développement met en avant les travaux des enseignants et chercheurs en charge de la formation des enseignants :

"La revue se propose aussi de constituer et d'étendre des réseaux de chercheurs en vue de mettre en commun les protocoles de recherche, les outils épistémologiques relatifs aux TICE. On pense par exemple aux données et aux outils d'interprétation, puis au mode de validation des résultats. La revue se propose enfin d'analyser la place des TICE dans la société traditionnelle et dans les systèmes éducatifs de nos pays respectifs. Les thématiques qui constitueront le contenu de TICE ET DÉVELOPEMENT vont donc concerner les usages des TICE dans les sociétés francophones, leur impact dans les systèmes éducatifs et les modes d'apprentissage et d'appropriation. Trois axes thématiques sont retenus :
- L'analyse des pratiques de terrain incluant non seulement l'enseignement, mais aussi l'évaluation ;
- La recherche pour l'innovation de l'enseignement/apprentissage ;
- Les travaux de recherche sur l'intégration des TICE dans la société et sur la contribution des TIC à la culture citoyenne."


Les n°1 et n°2 sont consultables en ligne. Thèmes des prochains numéros :
TICE et Développement n° 3 : Quelles plates-formes d'enseignement à distance pour l'Afrique ?
TICE et Développement n° 4 : Dispositifs et pédagogie pour un enseignement en ligne ?
TICE et Développement n° 5 : Quelles normes pour l'enseignement en ligne en Afrique ?
Info via le Café pédagogique.


Source :

Essono, Louis Martin Onguene (octobre 2006). TICE et Développement (En ligne), Université de Yaoundé 1, Cameroun, Site (Page consultée le 20 octobre 2006).

mercredi 18 octobre 2006

Feirouz Boudokhane, Comprendre le non-usage technique, réflexions théoriques, usages et non-usages des Technologies de l'Information et de la Communication

Feirouz Boudokhane est doctorante en Sciences de l'information et de la communication au sein du GREM (Groupe de Recherche et d'Étude sur les Médias) à l'Université Michel de Montaigne, Bordeaux 3 et prépare actuellement une thèse intitulée "L'Internet refusé : étude sur le non-usage du réseau" sous la direction d'André Vitalis.


Dans un article scientifique (working paper) paru le 16 octobre 2006 : "Comprendre le non-usage technique : réflexions théoriques", Feirouz Boudokhane essaye d'identifier certains éléments explicatifs du non-usage technique des Technologies de l'Information et de la Communication pour sortir du cadre habituel usages/usagers. L'acte de non-usage peut-il être expliqué ? Feirouz Boudokhane présente un état de l'art théorique des recherches sur cette thématique. L'approche est donc multiple : elle va des facteurs explicatifs du non-usage liés aux caractéristiques de la technique (l'inconvénient perçu ; l'incompatibilité perçue ; les risques perçus ; les "faibles" possibilités d'essai et de transfert) aux caractéristiques de l'individu permettant de déterminer le non-usage (l'impact du sentiment d'auto-efficacité sur le non-usage ; autres caractéristiques).


En conclusion, Feirouz Boudokhane fait allusion à Michel de Certeau (le "braconnage", lire à ce propos "Michel de Certeau et la mystique du quotidien" par Pierre Macherey) :

"Dans l'univers des TIC, il n'y a pas que des "braconnages" et des détournements des modes d'emploi, mais il y a aussi des formes de non-usage voir des résistances à ces technologies. Il semble donc nécessaire de comprendre les raisons de ces phénomènes."


Source :

Boudokhane, Feirouz (16 octobre 2006). "Comprendre le non-usage technique : réflexions théoriques" (En ligne), Les Enjeux de l'information et de la communication, Université Stendhal Grenoble 3, 1 p. (Page consultée le 18 octobre 2006). Info via Olivier Trédan.

lundi 16 octobre 2006

Cartographier les échanges et flux de populations dans le monde globalisé

L'Université de Princeton dans le New Jersey porte un projet passionnant : l'International Networks Archive conduit par le département de sociologie de la faculté. Dans un monde globalisé tel que le nôtre, les réseaux politiques, économiques, sociaux et culturels s'imbriquent dans des faisceaux de réseaux. Si l'on analyse communément les mouvements mondialisés de marchandises, les flux de population sont peu construits sous forme de représentations. Dans le monde, 600 millions de personnes voyagent par an pour différentes raisons et cela ne résulte pas forcément de raisons purement économiques.


L'International Networks Archive tente de rassembler des données et de les cartographier dans les champs des mouvements de biens et de personnes sur la planète afin d'en fournir des représentations comparatives dans 2 champs précis : la communication globale et les technologies de l'information ; la communication et l'inégalité dans le monde. Deux chiffres qui expliquent ces préoccupations : 95 % des machines connectées à Internet se situent dans des pays développés et 90 % des sites Internet les plus visités dans le monde sont américains.


En donnant à voir des cartes et représentations des échanges dans notre monde contemporain, l'International Networks Archive montre comment l'économie est transformée par des contrats internationaux, quelles sont les régions isolées de ces réseaux et comment s'établit une nouvelle hiérarchie des territoires sur notre planète.


Le site International Networks Archive comprend des papiers scientifiques, des données thématiques qui servent à élaborer des cartographies. Ainsi, Mapping Globalization traduit en cartes, en historiques et en analyses de données des tendances de la globalisation. Des infographies présentent la guerre du marché de l'eau, les filières du marché du tabac... Des cartes interactives permettent enfin de construire ses propres représentations en associant des territoires et des thématiques (marchés, infrastructures de communication), des cartes où la géographie habituelle est déformée.


Source :

Centeno, Miguel Angel (octobre 2006). "International Networks Archive" (En ligne), Princeton University's Sociology Department, New Jersey, Site (Page consultée le 16 octobre 2006).

jeudi 12 octobre 2006

Karine Barzilai-Nahon met en lumière les liens entre les facteurs de la fracture numérique en les contextualisant et en les intégrant dans une table de références

Une agence de Presse Américaine, le monde universitaire, celui de l'édition scientifique et par ricochet les médias américains se font l'écho ces jours-ci d'un article de Karine Barzilai-Nahon (Assistant professor du département The Information School, Université de Washington, Seattle, Washington, États-Unis) paru ce mois-ci dans la revue scientifique The Information Society : "Gap and Bits: Conceptualizing Measurements for Digital Divide/s" disponible ici en .pdf.


Ce papier est très critique sur la façon de mesurer traditionnellement ce qu'est la fracture numérique. Karine Barzilai-Nahon indique que les décideurs se contentent de collecter des données existantes et de les organiser pour donner un sens à leur discours au lieu d'essayer de conceptualiser la fracture numérique et ensuite de recueillir des données. En effet, les réseaux et technologies ne sont pas neutres : l'Internet est un espace politique et social structurant au niveau des contenus disponibles en ligne. Aussi, elle propose que le contexte (dans la notion d'actualité du concept du fracture numérique) soit un vrai critère reconnu dans la problématique et la mesure de la fracture numérique.


La chercheuse poursuit en affirmant que les indicateurs de mesure de la fracture numérique technique tels que l'accès à internet, la confiance donnée au e-commerce, l'accès au débit, utilisation de l'ordinateur à domicile ou au travail ne sont pas satisfaisants, . La combinaison accès/utilisation de l'ordinateur et de l'internet construit des systèmes de représentation biaisés de la fracture numérique puisque les indicateurs sociaux et psychologiques sont sous-estimés.


Pour travailler sur la fracture numérique et la mesurer, Karine Barzilai-Nahon propose un cadre de travail renouvelé avec un index intégrateur de composants du concept, un modèle qui a l'originalité de montrer les interrelations entre les facteurs de la fracture numérique ; un modèle conceptuel mêlant des remarques théoriques et empiriques et offrant, pour la première fois, à ma connaissance, une vision de l'historicité des facteurs pouvant être associés à la fracture numérique.


La table métrique de Karine Barzilai-Nahon regroupe 6 familles de facteurs liés à la fracture numérique avec des références de travaux scientifiques item par item identifié :


1. L'accès à l'infrastructure,
2. L'accessibilité (relative aux autres dépenses et au revenu moyen),
3. Utilisation et usages,
4. Les contraintes et aides de nature sociales et gouvernementales,
5. Les facteurs sociodémographiques,
6. L'accessibilité (pour les personnes avec handicaps et les populations avec des besoins spécifiques).


De cette table, Karine Barzilai-Nahon extrait un schéma d'interrelations entre les familles de facteurs qui sont pertinents dans des analyses sur la fracture numérique (p.273)... ce qui l'amène à parler de fractures numériques et non d'une seule fracture numérique.


Source :

Barzilai-Nahon, Karine (octobre 2006). Gaps and Bits: Conceptualizing Measurements for Digital Divide/s (En ligne), in The Information Society, Volume 22, n°5, Washington, pp.269-278 (Page consultée le 12 octobre 2006)

mercredi 11 octobre 2006

Le déploiement des TIC dans les territoires, le rôle des collectivités par Philippe Bouquillion et Isabelle Pailliart

Intéressant ouvrage : Le Déploiement des TIC dans les territoires : le rôle des collectivités, par Philippe Bouquillion (Professeur à l'Université de Paris 8 et chercheur à la Maison des Sciences de l'Homme) et Isabelle Pailliart (chercheuse au GRESEC, Groupe de Recherche sur les Enjeux de la Communication et Professeur à l'Université Stendhal de Grenoble) paru cette année aux Presses Universitaires de Grenoble.


Les deux chercheurs s'intéressent par un parcours historique, au rôle des techniques d'information et de communication dans le développement du territoire en particulier dans les éléments structurants ou déstructurants des territoires, au renforcement ou non des richesses locales et à la mise en valeur du local. Philippe Bouquillion et Isabelle Pailliart délivrent des pistes pour décrypter les logiques d'actions des pouvoirs publics (État, régions, départements, communes) et montrent comment des actions innovantes dans le domaine des TIC peuvent s'inscrire dans une politique locale. Ils expriment aussi des démarches symboliques souvent prescrites par les acteurs publics dans des utilisations des TIC ; extrait :

"Il est certes difficile d'aborder la question des usages pour une collectivité territoriale. En effet, pour des responsables politiques, cette expression renvoie à une notion floue, difficilement cernable. Les différences - et les inégalités - sociales et culturelles restent fortement déterminantes dans l'appropriation des techniques et des services. Mais celles-ci, de manière générale, sont rarement prises en compte dans les politiques publiques locales, ou du moins n'apparaissent pas en tant que telles, elles vont à l'encontre de la dimension consensuelle des actions menées en matière de TIC. En outre, les usages se forment sur le long terme et s'inscrivent dans des pratiques sociales (les activités professionnelles, les activités ludiques...) qui dépassent le cadre des domaines d'intervention des collectivités territoriales. Les élus, eux, sont tentés par le temps court et par des actions visibles. Enfin, en plus de leur côté insaisissable au premier abord, les usages revêtent une forme d'indécidabilité qui compliquent les choix politiques (les usages intensifs de quelques-uns seront-ils les mêmes dans quelques années ? sont-ils représentatifs de ceux d'une population ?) ; les choix politiques par ailleurs sont eux-mêmes soumis au caractère sans cesse innovant et fluctuant des techniques. Ainsi le terme d'usages est-il employé dans son acception la plus simple et renvoie aux potentialités des techniques, à leur utilisation et non à des pratiques récurrentes, stabilisées et partagées.

Le manque d'analyse concernant les pratiques des utilisateurs pose cependant un double problème : celui de n'envisager les pratiques qu'à travers les représentations qu'en ont les promoteurs des nouvelles techniques, celui encore plus inquiétant d'un décalage, entre d'une part les pratiques effectives, d'autre part les représentations des concepteurs de produit ou de services innovants."

À télécharger gratuitement en .pdf, la première partie de l'ouvrage (pp.13-31) : "Les collectivités territoriales et les TIC: des objectifs aux réalisations" (Chapitre I - Des services locaux, des politiques territorialisées ; Chapitre II - TIC et vie politique ; Chapitre III - Télévisions locales et réseaux de télécommunications).


Source :

Bouquillion, Philippe et Pailliart, Isabelle (2006). Le déploiement des TIC dans les territoires, le rôle des collectivités, Presses Universitaires de Grenoble, Grenoble, 122 p.

mercredi 4 octobre 2006

Manuel Castells, Peter Monge et Noshir S. Contractor : atelier sur la théorie des réseaux

Le journaliste Francis Pisani rapporte en 3 billets l'essentiel d'un atelier qu'il a suivi, il y a quelques jours, au Annenberg Center de l'Université de Californie du Sud, sur le sujet de la théorie des réseaux, rendez-vous organisé par Manuel Castells (professeur de sociologie à Barcelone et à Berkeley, spécialiste de l'Internet), Peter Monge (professeur de communication et de management des organisations à l'USC Annenberg School for Communication, spécialiste des réseaux de communication) et Noshir S. Contractor (professeur au département de Communication de l'Énonciation et au département de Psychologie de l'Université de l'Illinois à Urbana-Champaign, spécialiste des réseaux communautaires).

 

La théorie des réseaux est au centre des préoccupations des discours contemporains sur l'économie mondialisée, les échanges interpersonnels, le travail collaboratif et les communautés en ligne via l'utilisation des Technologies de l'Information et de la Communication. Aussi, mieux comprendre la théorie des réseaux, c'est pouvoir mieux analyser les mécanismes en jeu dans ce monde global et local du Web et de ses affluents.

 

Dans le premier article : Théorie des réseaux : la diversité, il est question de "moteur de diversité" de la théorie des réseaux par des observations lors d'études dans un contexte managérial du secteur financier :

"Les meilleures places dans une organisation hiérarchique se trouvent généralement près du sommet. Dans un réseau pourtant, être à la périphérie peut représenter plus d'avantages que d'être près du centre, à condition de pouvoir se placer sur un "trou structurel" (structural hole).

Ainsi baptisée par Ron Burt, professeur à l'Université de Chicago, l'expression, d'abord obscure est en fait parlante et suffisamment imagée pour frapper. Les acteurs qui enjambent les trous structurels permettent à deux réseaux de communiquer par leur intermédiaire."

Dans un 2e papier, Francis Pisani s'intéresse au facteur temps de la Théorie des réseaux, abordé comme sujet complexe dans son évolutivité qui n'est pas une fin en soi :

"Il faut aller plus loin que la simple introduction du temps comme un élément," a proposé David Stark en se fondant sur son étude des investissements étrangers en Hongrie et leur relations avec les réseaux locaux. "Nous voulons introduire l'analyse historique des réseaux. (...) De la même façon que la signification d'un évènement ne peut pas être lue dans l'évènement lui-même,"a-t-il expliqué, "la signification d'un lien ne peut pas se lire dans le lien lui-même.""

Dans une troisième partie, le thème de la complexité dans la théorie des réseaux est abordé notamment par Manuel Castells :

""Manuel Castells, l'un des organisateurs, m'a expliqué par mail que, pour lui, l'originalité de celle-ci tient à "la tentative d'établir des ponts et des relations entre la théorie des réseaux sociaux et la théorie des réseaux neuronaux dans le cerveau, les ordinateurs ainsi que dans la structure territoriale des organisations multinationales ou dans les réseaux des transports aériens. Le projet sous-jacent est de poser les base d'un langage théorique et méthodologique commun qui permette des découvertes cumulatives dans différentes disciplines."

L'enjeu est en fait de reprendre la théorie de la complexité à la mode il y a quelques années. Castells est convaincu que "traduite scientifiquement, elle se convertit en théorie des réseaux et des processus synergiques et auto générés à partir de l'interaction dans les réseaux.""

Le quatrième et dernier volet thématique évoqué par Francis Pisani dans la théorie des réseaux est celui de l'espace et de la politique où Castells fait un point sur ses recherches :

""La globalisation peut être expliquée ou mieux comprise comme un réseau de réseaux" (...) Chaque dimension (sociétale, culture, politique, économique, technologique, etc.) est ainsi "en ensemble de réseaux qui se connectent et se déconnectent au même moment" a expliqué Castells dans une discrète référence aux philosophes Gilles Deleuze et Félix Guattari.

Il pense aussi que "chaque élément ne peut pas être compris isolément, mais dans ses relations avec l'environnement". Cela se matérialise géographiquement "dans des nœuds qui sont des connecteurs de réseaux. Dans chaque pays il y a ainsi deux ou trois centres urbains qui ont cette fonction"."

dimanche 1 octobre 2006

Que sera l'Internet dans X années ? Quel sera le poids des personnes refusant les technologies ? De nouveaux luddites ?

Que sera l'Internet dans X années ? Chacun y va de son pronostic et l'on voit poindre des analyses qui mettent pour la première fois en avant l'idée de personnes refusant les technologies. Ce n'est pas nouveau ; les noms apposés pour caractériser ces personnes sont connotées comme des irréductibles passéistes ; exemple avec cet article du quotidien belge Le Soir (24 septembre 2006) résumant l'étude de Pew Research Future of the Internet 22020, un monde superbranché :

"Une majorité (58%) de ces experts partagent l'opinion que d'ici à 2020 des groupes de "refuznik" hostiles à la technologie feront leur apparition et que certains auront recours à des actions terroristes pour perturber le fonctionnement de l'internet, selon une étude publiée dimanche. (...) Concernant les "refuzniks et autres "techno-terroristes", Ed Lyell, un expert sur les questions de l'internet et d'éducation, souligne que chaque époque a un petit pourcentage de gens qui s'accrochent à un passé sublimé où la technologie était absente, les gens étaient auto-suffisants et avaient besoin de peu pour vivre. Ces adeptes du ludisme n'hésiteront pas à utiliser la violence pour arrêter le progrès même si celui-ci est utile, estime-t-il."

Il est fait référence ici aux Luddites, un phénomène largement relaté dans le magazine Chronic'Art de juin 2006 en parallèle avec les technologies d'aujourd'hui :

"C'est par ce nom que les ouvriers brisant les machines dans les comtés industriels anglais se désignent au début du XIXe siècle. Tiré de la figure de Ludd, un personnage mythique qui aurait détruit des machines textiles à la fin du XVIIIe siècle, le luddisme devient rapidement un mouvement d'une grande ampleur au cours duquel les ouvriers s'organisent pour détruire les procédés techniques accusés de provoquer le chômage et de diminuer la qualité des produits. Apparu en 1811 dans le Comté de Nottingham, ce célèbre mouvement d'opposition à l'industrialisation s'étend progressivement aux autres régions industrielles anglaises dans les années suivantes."

On ressent de façon de plus en plus importante un refus motivé des technologies ou tout du moins de constituer des garde-fous comme ce papier du Soir du 26 septembre le souligne : La course contre la montre des technophiles ; explicitant les résultats d'une étude Yahoo/OMD auprès de 4500 familles américaines (Yahoo! and OMD Research Shows Resurgence of Traditional Values Among Today's Tech-Savvy Families, 26 septembre 2006) :

"72% des familles utilisatrices des nouveaux médias trouvent important de passer du temps ensemble "hors technologie", par exemple de dîner ensemble chaque soir et 90% des parents sondés disent "aimer passer du temps avec leur famille". Pourtant, les nouvelles technologies sont gourmandes en temps."

La question du découpage en temps de vie de la sphère individuelle et familiale introduit fortement la composante "nouvelles technologies" comme activité nouvelle phagocytant du temps et aussi une part exponentielle du budget du foyer ; en 2004 : 115 euros pour un employé et 130 euros pour un cadre d'après l'étude de l'I.D.A.T.E. sur les usages des produits et services de communication électronique. Le refus à venir de la technologie pourrait donc aussi être lié à d'autres motifs du quotidien.

Source :

Anderson Quitney, Janna et Rainie, Lee (29 septembre 2006). The Future of the Internet II (En ligne). Pew Internet & American Life Project, Washington D.C., 115 p. (Page consultée le 1er octobre 2006)

vendredi 29 septembre 2006

Internet média cannibale par Lucas Denjean : études de cas de stratégies internet commerciales

Nouvel ouvrage paru le 28 septembre aux Editions Elenbi, Internet média cannibale de Lucas Denjean analyse 72 cas concrets de grandes marques dans leur stratégie internet commerciale avec un point méthodologique pour chaque étude de cas. L'utilisation du courrier électronique, le marketing viral, le recrutement de prospects, établir une relation directe avec ses clients constituent quelques-uns des sujets analysés avec soin dans ce livre pratique de 544 pages, présenté par l'Electronic Business Group.

Source :

Denjean, Lucas (28 septembre 2006). Internet média cannibale (En ligne), Elenbi, Paris, 544 p. (Page consultée le 29 septembre 2006)

mercredi 6 septembre 2006

Fracture numérique, Inégalités d'accès et d'appropriation à Internet pour les enfants américains de 3 à 12 ans

La nouvelle étude américaine du National Center for Education Statistics "Computer and Internet Use by students in 2003" (72 pages, téléchargeable ici en .pdf) offre un panorama statistique de l'utilisation des technologies de l'information et de la communication par les élèves américains (niveau inférieur au grade 12, à partir de 3 ans jusqu'à 12 ans). On y apprend que plus de 66 % des écoliers utilisent un ordinateur et 25 % se connectent à Internet.


La banalisation de l'usage des TIC est soulignée par ce rapport qui indique toutefois des disparités importantes et la persistance d'un fossé numérique très ancré dans le monde scolaire. Ainsi, les écoliers du privé utilisent plus l'ordinateur à la maison que les moyens informatiques disponibles à l'école, ce qui est le contraire pour les enfants défavorisés. L'accès public à l'internet collectif se révèle donc indispensable pour rendre moins inégalitaire l'appropriation à l'internet.


La Presse américaine (via une dépêche de l'agence Associated Press) relève en outre dans cette étude des critères communautaires discriminatoires d'usage de l'Internet aux États-Unis. Si les populations "blanches" d'élèves sont 67 % à utiliser Internet, les hispaniques ne sont que 44 % et les populations noires 47 %. Cela pose un problème évident pour l'employabilité future de personnes issues des minorités.


Le rapport met clairement en évidence qu'un accès limité à Internet en temps réfrène l'autonomie de l'élève à acquérir des compétences numériques et informationnelles et notamment la capacité à rechercher sur Internet. L'étude indique aussi que le revenu du foyer, l'éducation des parents et la présence de 2 parents (couples) influe sur la présence d'un ordinateur au moins au sein de la sphère familiale et favorise une meilleure appropriation de l'utilisation de l'Internet. Aux États-Unis, chez les enfants, on n'observe plus de différences dans des obstacles à l'utilisation de l'ordinateur pour les filles.


De même, les écoles publiques combinent une utilisation hors ligne et en ligne de l'ordinateur ce qui est beaucoup moins fréquent dans les écoles privées favorisant l'utilisation prépondérante de l'internet. Enfin, l'internet à usage scolaire est seulement l'une des composantes de l'utilisation de l'ordinateur pour les enfants, tout comme le courrier électronique, la messagerie instantanée et les jeux vidéo.


Source :

Chapman, Chris & DeBell Matthew (September 2006). Computer and Internet Use by Students in 2003 - Statistical Analysis Report (En ligne), Institute of Education Sciences, National Center for Education Statistics, U.S. Department of Education, Washington D.C., Report, 72 p. (Page consultée le 6 septembre 2006)

mardi 29 août 2006

Fracture numérique d’utilisation de l’Internet en France et facteurs discriminants d’accès à l’Internet confirmés par l’enquête Ipsos Média Profiling

internautes.jpg

Ipsos Média (voir site) a communiqué ce lundi les tendances de sa 17e enquête “Profiling” version 2006, baromètre semestriel concernant les habitudes média des Français de 15 ans et plus (échantillon représentatif de la population française interrogé par téléphone, complété par un questionnaire en ligne auprès de sites partenaires).


VNuNet reprend substantiellement l’information phare diffusée par Ipsos Média avec l’article ”Plus de la moitié de la population française est connectée à Internet” :

“La France compte aujourd’hui 26,9 millions d’internautes : plus d’un Français sur deux âgé de quinze ans ou plus est désormais connecté à Internet.”


Dans le même papier, la journaliste Sophie Fiévée relativise cet enthousiasme :

“En un an, le taux de pénétration d’Internet a augmenté de 10 points, passant de 44,1% en juin 2005 à 54,6% en juin 2006. Une statistique à relativiser néanmoins, car Médiamétrie indique de son côté un taux de pénétration de 38,8% en France pour la fin du premier semestre 2006.”


Le Figaro, dans son édition du 29 août, donne un relief en panorama sur l’enquête via l’article “Plus d’un français sur deux surfe sur l’Internet“. Si l’on apprend que la population féminine est plus encline à “surfer”, on retiendra la confirmation de certains facteurs discriminants d’accès à l’internet (lieu de vie, catégorie socioprofessionnelle et âge) :

“Les barrières du pouvoir d’achat et de l’âge demeurent. Les internautes se recrutent toujours plus nombreux parmi les catégories socioprofessionnelles aisées : les « CSP + » qui ne représentent que 11 % de la population, comptent 38 % des internautes.”


Easy Bourse affine ces chiffres :

“En ce qui concerne les catégories socio-professionnelles (CSP), les CSP supérieures sont majoritaires avec 38 % d’internautes contre 29 % appartenant aux CSP-.”


La progression de connexion chez les séniors est notée par 01 Net :

“À noter une légère progression chez les seniors (plus de 50 ans) qui représentent désormais 22 % des internautes (contre 19 % auparavant).”


Ipsos-Média classe les usagers de l’internet en 7 profils avec un vocable en anglais : “Master Développeurs” (5 %), “Mass Downloaders” (9 %), “Traders” (6 %), “Companions” (9 %), “Chineurs” (16 %), “Passengers” (27 %), “Expectateurs” (29 %). Bien évidemment, les utilisations d’Internet se croisent entre ces profils qui ne sont pas distincts qu’il y paraît. La fracture numérique d’usages est visible dans ces profils : “Expectateurs” et “Passengers” sont largement majoritaires dans la population des internautes et peu aguerris dans leur autonomie et leur but d’utilisation de l’Internet.


Dans leur ensemble, les médias français demeurent bien silencieux sur le volet de ces internautes débutants et ne s’interrogent guère sur la population des non-internautes qui reste un socle prégnant, dans notre pays.


Source :

Anonyme (29 août 2006). ”Web : 27 millions de français connectés” [En ligne], Easy Bourse, Chiffre du jour, Paris, 1 p. (Page consultée le 29 août 2006)

Fiévée, Sophie (29 août 2006). “Plus de la moitié de la population française est connectée à Internet” [En ligne], VNUnet, Paris, 1 p. (Page consultée le 29 août 2006)

Rédaction (29 août 2006). “La France compte 26,9 millions d’internautes” [En ligne], 01Net, Paris, 1 p. (Page consultée le 29 août 2006)

Renaud, Marie-Cécile (29 août 2006). “Plus d’un français sur deux surfe sur Internet” [En ligne], Le Figaro, Paris, 1 p. (Page consultée le 29 août 2006)

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