Jean-Luc Raymond

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lundi 29 janvier 2007

Second Life, jusqu'où ira la fascination médiatique actuelle pour l'univers virtuel Second Life ?

Le samedi 20 janvier, Metropolis, l'émission hebdomadaire d'actualité culturelle de la Chaîne TV ARTE, a consacré un reportage de présentation sur le monde virtuel Second Life (à visionner ici, 5 mn 34 s), un univers persistant qui bénéficie actuellement d'une couverture médiatique mondiale très porteuse lui assurant une visibilité étonnante et un engouement certain dans une frénésie de communication produisant un effet de mode. A la fin du reportage, le journaliste pointe son propos sur certaines limites de Second Life :

"Linden Lab (la société éditrice de Second Life) s'est assurée par contrat tous les droits de régulation des échanges. Linden Lab ne fixe pas seulement les cours, mais aussi le montant des échanges et le délai pendant lequel on peut changer. Linden Lab est la banque mondiale du monde virtuel de Second Life ce qui fait que la partie pourrait bien finir soudainement. Les résidents du jeu en discutent entre eux. Être connecté à l'économie réelle implique certains risques pour le monde virtuel.

Le professeur Winfred Kaminski (Haute Ecole de Cologne, Institut de Recherche des médias) ajoute : "J'ai l'impression que c'est un peu comme le système des chaînes. Je crains que les derniers arrivants y laissent des plumes. Certains peuvent bien évidemment y tirer profit, mais il faut que quelqu'un paye parce que Second Life vit d'espérances. Bien sûr, les espérances font partie de l'économie, mais elles doivent à un moment ou à un autre être exaucées. J'ai peur que pour certains, le réveil soit douloureux. Si les joueurs participants du monde entier veulent transformer leur Linden Dollars en vrais Dollars, nous aurons ce qu'on appelle un crash et la bulle éclatera"."


Sur son blog, l'artiste et philosophe Gregory Chatonsky évoque aujourd'hui Second Life sous l'angle critique d'une façon brillante : "La Seconde fois" :

"Si Second Life a un tel succès médiatique, alors qu’il n’est pas très différent d’Alpha World par exemple, c’est sans doute que l’idéologie technologique a repris espoir avec la seconde vague Internet. Il n’est pas ici question d’innovation technologique mais simplement d’un contexte économique qui permet ou non l’articulation des techniques et des matières et donc l’imaginaire (puisqu’il s’agit de cela) de se développer. Les technologies sont dans une relation de dépendance aux discours qui sont eux-mêmes le produit d’une économie qui elle-même est le fruit d’une spéculation langagière (je te fais croire à mes mots et tu me fournis des investissements pour réaliser mon langage et faire advenir la réalité économique que j’ai anticipé).

Le caractère médiatique de SL reprend les vieux arguments des années 80 et 90 sur la réalité virtuelle et réalise fantasmatiquement la promesse du cyberespace de Gibson: caractère fascinant d’une communauté numérique, effroi devant les risques des abîmes numériques, dénonciation de la coupure psychotique entre la vraie réalité et cette réalité de simulacres (www.getafirstlife.com), etc. Autant de concepts qui plongent de lointaines racines dans notre tradition occidentale et dans la dénonciation de la représentation et de l’image.

Le fait que les médias eux-mêmes aient dénoncés le caractère factice de la surmédiatisation se laissant intoxiqués par le service de communication de Second Life (nombre d’habitants surestimés, gain financier imaginaire, etc.) ne doit pas nous cacher que c’est tout un discours déjà entendu qui se redéploye. Second Life est donc un Second Discours, un goût de déjà-vu (Matrix). Les technologies elles-mêmes se recyclent et l’innovation contemporaine n’est plus celle moderne, elle n’est pas un inanticipable, elle est une revenance."

Tirer profit de la dynamique communautaire sur internet par Manuel Da Rocha (livre blanc)

Manuel Da Rocha (Sopra Business Consulting Group) a publié courant 2006 un livre blanc de 37 pages très intéressant : "Tirer profit de la dynamique communautaire sur internet" (téléchargeable ici en .pdf).


Ces deux dernières années, le développement renouvelé des communautés en ligne ne pouvait pas désintéresser le monde de l'entreprise. Pour le privé, participer à la vie d'une communauté sur Internet, c'est s'inscrire dans une stratégie marketing et commerciale spécifique, qui demande des compétences particulières et une gestion de projet adaptée. La dynamique communautaire demande d'abord a être comprise (clés de lecture) avant de s'engager dans une démarche commerciale et d'une solution de type communautaire.

"Il y a une différence fondamentale entre une action de marketing relationnel et l'animation d'une communauté en ligne : la première utilise la relation comme un moyen de toucher sa cible en collectant au passage toute l'information possible ; la seconde fait de la relation son objectif et de l'authenticité du lien son moyen, pour générer indirectement une meilleure connaissance des individus. Dans cette nouvelle donne, l'entreprise doit savoir perdre une partie du contrôle unilatéral de la relation qui l'unissait jusqu'à présent à son client, et doit au contraire s'attacher à respecter ses valeurs et les rites de la dynamique communautaire auxquels il adhère. Toute action marketing qui voudrait faire de la relation un moyen - et non pas un objectif - entrainerait un rejet immédiat de la part des membres de la communauté."


En présentant une typologie des communautés et l'aspect communautés vs. entreprises, le livre blanc "Tirer profit de la dynamique communautaire sur internet" de Manuel Da Rocha place l'aspect de réseau social sur Internet au coeur de la démarche Internet de l'entreprise pour développer son marché. Via Info TechArt 2.0 par Luc Fayard.

samedi 27 janvier 2007

Amazon est de moins en moins un cybermarchand et de plus en plus une plateforme technologique

Amazon est-il arrivé à maturité ? Est-il encore un cybermarchand ? Amazon est devenu avec le temps une plateforme technologique protéiforme diversifiée où les fonctionnalités sont organisées dans un écosystème de plus en plus porté vers des applications en ligne ouvertes (via les API) et en même temps très liées à Amazon.


Le cybermarchand teste constamment des nouveaux services en les mettant d'abord en ligne à destination de ses partenaires et des revendeurs. Aussi, la base de données des revendeurs Amazon constitue un point d'entrée unique pour analyser ce qui fonctionne, plaît, est utilisé ou non et permet à la société américaine d'avoir une force de frappe inégalée (à l'exception d'Ebay) sur Internet, d'autant plus impressionnante qu'elle est mondiale.


Le lancement d' "Amapedia, la Wikipedia d'Amazon" signalé notamment par le journaliste Francis Pisani, s'inscrit dans cette dynamique de lier le contenu, l'expertise du lecteur-fan-contributeur-consommateur-distributeur à l'univers Amazon. A suivre : Amapedia :

"Le contenu est pour le moment des plus limités : 800 articles créés en interne et 5 000 qui viennent d'essais antérieurs (ProductWiki). Les sections les plus populaires semblent être livres (science-fiction) et jeux de stratégie. Les geeks mènent l'offensive. Ça changera."


Le Journal du Net analyse historiquement et avec une analyse chiffrée ce que devient Amazon via un dossier actualisé : "Amazon est-il encore un cybermarchand ?" :

"En fait, cela fait des années que Jeff Bezos annonce où il veut en venir. "Les services pourraient devenir notre activité première". Technologie et services : c'est ainsi que sont nés en 2002 les web services d'Amazon, des applications Web pouvant interagir dynamiquement avec d'autres programmes, et sur lesquelles les développeurs peuvent s'appuyer pour bâtir de nouvelles applications adaptées à leur activité. A l'heure actuelle, plus de 180.000 développeurs conçoivent des solutions et des sites à partir des web services d'Amazon.

Cela fait longtemps qu'Amazon n'est plus un simple magasin de produits culturels en ligne. Amazon est devenu une plate-forme technologique, et c'est cette compétence que l'entreprise cherche à monétiser, en prenant en charge les opérations en ligne d'autres distributeurs, comme Target, en louant une partie de ses serveurs et de ses capacités informatiques, en ouvrant la porte de ses programmes aux développeurs, etc. La société fait la même chose offline, en proposant aux sites marchands de sous-traiter leur logistique ou en mettant à disposition une partie de ses 20 centres logistiques, qu'elle a patiemment construit pour environ 300 millions de dollars."

dimanche 21 janvier 2007

Fracture numérique, développement durable, innovation, utilisation des téléphones mobiles chez les enfants... (brèves citoyennes de clavier)

Pour réfléchir, deux articles à lire dans le magazine Sciences Humaines de février : "Le Développement durable" par Sylvie Brunel, Géographe (apparition, principes, contradictions et applications) et "Les jeunes "guerriers des cités"" par Thomas Sauvadet, Sociologue (enquête au cœur des bandes de jeunes, révélatrice d'un microcosme avec ses liens de solidarités, ses codes mais aussi ses lois implacables).


Fracture numérique : Le Môle de Recherche Breton MARSOUIN révise son positionnement de recherche sur la fracture numérique à l'occasion d'un appel à communications : "Espaces publics & TIC : les TIC sont-elles un outil servant le débat public, et en même temps font-elles l'objet d'un débat sur leur usage qui dépasse la question un peu vaine de la "fracture numérique"?". Dans le bilan du bulletin E-Veille 2005-2006 du Ministère des Services Gouvernementaux du Québec, tout un chapitre sur "l'Inclusion numérique : un défi de taille auquel s'attaquent les gouvernements" (en .pdf).


Tutoriels : "Concevoir un sudoku en Flash" (par Le Journal du Net développeur) ; pour la recherche d'emploi : "Faire aboutir ses candidatures spontanées" (par le Journal du Management) ; dans le milieu professionnel, avec les outils technologiques : "S'organiser pour gagner en efficacité" (toujours par le Journal du Management).


Mobilité : "Comment les enfants britanniques de 6 à 13 ans utilisent le téléphone portable ?", résultat d'une étude de Intuitive Media Research : "69 % des 6-13 ans déclarent, en effet, envoyer des SMS à leurs connaissances. Viennent ensuite la prise de photos, qui représente 58 % des réponses, puis la réalisation de vidéos (43 %). Envoyer des MMS est moins répandu mais touche tout de même 42 % de cette classe d'âges. Enfin, les jeux sur téléphone avec des amis ne rallient que 39 % de l'échantillon."


Innovation : "Knowledge and the diversity of innovation systems: a comparative analysis of European regions", article scientifique de Christophe Carricazeaux et Frédéric Gaschet, Université Bordeaux 4, en .pdf de 44 pages qui analyse la diversité des configurations régionales européennes en termes d'accumulation de connaissance et de performances socio-économiques. L'hypothèse est que les liens dynamiques entre connaissance, innovation et performances sont spécifiques au contexte institutionnel au sein duquel interagissent des agents hétérogènes.


Lieux : Edicom nous informe que le Japon a inauguré ce dimanche le plus vaste musée d'art du monde consacré exclusivement à des expositions temporaires (le Centre national d'art de Tokyo), un espace qui veut incarner l'esprit du "21e siècle", ouvert aux collections du monde entier, aux jeunes talents et aux nouvelles technologies. A Paris, jusqu'à fin mars 2007, la Maison A et le Studio B se visitent au 38 bis rue Hallé, 14e arrondissement ; des maisons intelligentes avec innovations technologiques et écologiques.


Sites internet locaux : nouveau, le blog de Bretteville l'Orgueilleuse (plus de 2000 habitants, dans le Calvados) par le Maire Loïc Cavellec qui témoigne de la vie de la commune et des différents projets. A Faulquemont (5500 habitants, Moselle), ce sont les agents qui alimentent le site Internet de la commune selon leur domaine de compétences et ils apprécient l'interactivité du système (article de la Gazette des Communes du 22 janvier 2007).

lundi 15 janvier 2007

100 façons de visualiser l'information, A periodic table of visualization methods

Comment cartographier l'information ? Comment l'explorer ? Les typologies sont diffuses et avec Internet, on a parfois l'impression que le concept d'information se cherche à nouveau.


A ce challenge impossible, Ralph Lengler et Martin J. Eppler (chercheurs à l'Université de Lugano, Suisse qui travaillent sur la Visual literacy) viennent de répondre de façon magistrale sous la forme de la simili-table périodique des éléments de Mendeleïev en présentant une table périodique des méthodes de visualisation ("A periodic table of visualization methods") qui s'affiche sur une page de format A4 en mode portrait.


La présentation de cette table est extrêmement claire : chacun des 100 éléments représente une méthode de visualisation de l'information classée en colonnes de 6 couleurs différentes. On distingue 6 familles de visualisation : données, information, concept, stratégie, métaphore et composé ("data, information, concept, strategy, metaphor et compound").


Une légende dans chaque carré d'élément permet de distinguer : le type de visualisation (procédural ou structurel : process or structure) ; s'il s'agit d'une pensée divergente/divergent (ajout de la complexité) ou convergente/convergent (diminution de la complexité) ou le mode de visualisation (détail ou synthèse ; detail or overview, ou les 2 à la fois).


En survolant chaque élément avec la souris, la méthode de visualisation apparaît afin de se la remémorer plus facilement avec un exemple.


Cette table périodique de 100 méthodes ou façons de visualiser l'information est d'une grande utilité dans la gestion de projets, le domaine de la fomation, le management et les ressources humaines.


En complément, Ralph Lengler et Martin J. Eppler ont écrit un article scientifique pour expliciter cette table périodique de 100 façons de visualiser l'information : "Towards A Periodic Table of Visualization Methods for Management" (6 pages à télécharger ici en .pdf). Via le Center for Teaching and Learning at The University of Georgia.

samedi 13 janvier 2007

Mobi, Third age suit, une combinaison qui simule le quotidien des seniors

Le Monde 2 de cette semaine (numéro 152 du 13 au 19 janvier) évoque l'expérience d'une innovation : Mobi, un simulateur de vieillesse sous la forme d'une combinaison qui permet aux plus jeunes de ressentir les sensations de savoir ce que c'est que d'avoir 80 ans. Extrait de cet article : "Une combinaison simule le quotidien des seniors. Coup de vieux sur l'innovation" par Pascale Krémer :

"Mobi, cette combinaison qui simule le vieillissement est une invention des chercheurs de l'université anglaise de Leads conçue, à l'origine, pour répondre à une demande du constructeur Ford (afin de faire comprendre aux trentenaires et quadragénaires qui conçoivent les autos les besoins spécifiques des plus de 50 ans). (...)

Sur une sorte de bleu de travail en coton épais se surajoutent des prothèses qui raidissent les principales articulations, simulant l'effet de l'arthrose. (...)

Armés de cette combinaison qui vaut tous les discours théoriques, Sophie Schmitt et Cristelle Ghekière (fondatrices de Seniosphère, un cabinet de conseils en innovations sur le marché des seniors, qui se sont emparées pour l'Europe - hors Grande-Bretagne - de la licence du "third age suit" - "costume du 3e âge") sensibilisent l'entreprise à la "planète senior" et l'aident à repenser son offre, à développer aussi de nouveaux produits et services : "Lors des formations, on choisit quelqu'un pour enfiler Mobi et décrire ses sensations aux autres. Ce qui est frappant, c'est de voir que même un jeune adopte instantanément la démarche et le comportement d'un septuagénaire.""

vendredi 12 janvier 2007

Séminaires et intervention au Master 2 Management de l'Intégration des Technologies de l'Information et de la Communication (MITIC), Université de Marne-la-Vallée

Je me suis rendu cet après-midi à l'un des séminaires de la spécialité Collectivités Territoriales du Master 2 Management de l'Intégration des Technologies de l'Information et de la Communication (MITIC) de l'Université de Marne-la-Vallée. Le programme de ces cours est coordonné par Bernard Corbineau (enseignant-chercheur et responsable de la spécialité) et comprend 14 rendez-vous sur toute l'année universitaire avec une présentation des thématiques par les étudiants en duo.


Des discutants et intervenants professionnels sont également présents et apportent leur éclairage sur les sujets. Peuvent assister ponctuellement à ces séminaires, des personnes impliquées dans le monde de l'informatique, de l'internet et des collectivités locales ainsi que des étudiants en universités ou grandes écoles. Le programme complet des séminaires M2 MITIC est indiqué sur le blog créé par les étudiants.


Pour en revenir au sujet de ce séminaire, Delphine Cuq et Sylvain Héraut sont intervenus sur le thème : "Etude des usages et des expériences menées en milieu rural et analyse autour de la notion de fracture numérique" avec un exposé très vivant où ils ont mis en relief les problèmes d'infrastructures (accès haut débit) dans les zones blanches en France et ont souligné des expériences intéressantes de création d'Espaces Publics Numériques dans le milieu rural ou de services publics de proximité utilisant des réseaux à large bande. Quelques unes de leurs références sont répertoriées sur le blog de la spécialité.


Gilles Coester (DIACT) a présenté quelques points forts de l'action de l'Etat dans l'aménagement du territoire en matière d'infrastructures haut débit et Hervé Deleersnyder (chargé de mission TIC, Communauté de communes de l'Atrébatie) est intervenu en visioconférence soulignant combien l'accès au haut débit est important dans le rural pour l'accès à l'administration électronique, la possibilité d'acheter en ligne pour les consommateurs ou pour une démarche de démocratie participative en ligne. En fin de séminaire, a été présenté une solution commerciale de mise en valeur du patrimoine touristique et patrimonial via un système d'information géographique multimédia à contenu rédactionnel et vidéo : SIGM, actuellement en expérimentation en Seine-et-Marne.


Ecouter des étudiants (tous quasiment sont en apprentissage), parler, argumenter et contextualiser l'actualité de l'Internet et les enjeux des technologies s'avère d'une grande utilité. Ils appartiennent à une génération des moins de 25 ans, rompus à l'utilisation des différents outils TIC et leur vision de notre monde et de son avenir décrit des interrogations notamment sur l'équité de l'accès et de l'appropriation de l'informatique et de l'internet, des notions comme le service universel Internet. Assister à l'un de ces séminaires est "rafraichissant" lorsqu'on est plongé dans des pratiques au quotidien afin de saisir des réflexions abouties ou en cours sur notre avenir.


Pour la deuxième année consécutive, j'interviens en mars dans ce Master 2 MITIC pour les 2 spécialités : collectivités locales et entreprises. Nouveau thème que j'aborderai cette année : le Nouvel Internet, en invitant les étudiants à poser un regard critique sur ce thème d'actualité. Nous y réfléchirons ensemble avec des ressources bibliographiques hors ligne, des informations en ligne et des outils technologiques.

mercredi 10 janvier 2007

Papier équitable (tendance 044)

La rubrique tendance, c'est un mot, une expression, un lieu, une chose comme reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans l'avenir, porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le prononce, dans son champ énonciatif et contextuel. Mot, expression à suivre, objet utile ou inutile, lieu en devenir...


Le papier équitable est l'objet d'un article dans Le Journal de Montréal dans un article du 6 janvier 2007 : "Place au papier équitable" par la journaliste Jessica Nadeau. Le papier équitable n'est pas 100 % recyclé. Il s'agit d'un papier écologique certifié Forest Council Stewardship (FSC). Il est précisé avec des arguments commerciaux, économiques et écologiques :

"La papetière québécoise Domtar s'est lancée dans la production de papier écologique certifié dit papier équitable. "Domtar serait la première société nord-américaine de produits de la forêt à s'engager à ce que toutes les étapes de sa chaîne d'approvisionnement entrent dans le cadre d'une certification Forest Stewardship Council (...) L'idée, c'est de réduire au maximum les impacts sur l'écosystème à toutes les étapes de la production. Sa nouvelle gamme de papier (équitable), EarthChoice, est faite à 35 % de fibres recyclées et la certification assure aux consommateurs que le papier provient de forêts gérées de façon écologique (...) Pour être certifié FSC, il faut respecter une dizaine de critères qui permettent d'assurer le renouvellement des forêts et la protection durable des plantes et des animaux (...) En plus d'encourager la réflexion sur la consommation responsable, cette initiative permet de réduire les fameux gaz à effets de serre".

dimanche 7 janvier 2007

Auberge numérique (tendance 042)

La rubrique tendance, c'est un mot, une expression, un lieu, une chose comme reflet de notre temps, miroir de l'instant ou inscrit dans l'avenir, porteur de sens dans les circonstances dans lequel on le prononce, dans son champ énonciatif et contextuel. Mot, expression à suivre, objet utile ou inutile, lieu en devenir...


C'est une association belge, l'Asbl Fobagra qui créé un concept nouveau d'Espace Public Numérique, une sorte d'auberge numérique inaugurée le 1er juin 2006 avec la mission locale de Schaerbeek (Bruxelles). De quoi s'agit-il ? Un partenariat unit deux Asbl : l'une met à disposition le local (la mission locale) et l'autre (Fobagra) fournit le matériel informatique reconditionné et en assure la maintenance technique.


Ce projet original va plus loin dans la démarche qui lie les deux Asbl. La mission locale "hôte" dispose d'une salle informatique et de l'utilisation du matériel informatique à moindre coût qu'elle utilise à mi-temps. L'autre mi-temps est investi par Fobagra pour développer un service de maintenance et de formation à l'informatique en recrutant des personnes faiblement qualifiées pour qu'elles apprennent un métier d'agent de maintenance ou de formateur qualifié au multimédia. Le lieu peut aussi être loué ponctuellement à des associations locales.


L'auberge numérique est donc tout à la fois un Espace Public Numérique ouvert sur la ville et ses habitants, et également un espace de formation et de professionnalisation pour des personnes en difficulté. On y optimise les coûts d'équipement, de fonctionnement, et son taux d'occupation pour des services citoyens. Une belle innovation sociale qui devrait essaimer dans d'autres communes en Belgique.


Coordonnées :
Espace Public Numérique 1030 - Maison de l'Emploi - auberge numérique
Rue de Jérusalem, 6
1030 Schaerbeek
Tél. : 02 247 77 20


Asbl Fobagra
Rue d'Alost, 7
1000 Bruxelles
Tél. : 02/213 37 90
Courriel : fobagra@win.be
Site : http://www.fobagra.org

vendredi 5 janvier 2007

Le Web 2.0, évolution ou révolution ? Point de vue de Hervé Cuviliez

Dans l'édition du quotidien Les Echos du 4 janvier, le journaliste Grégoire Poussièlgue interroge Hervé Cuviliez (coprésident de l'agence Rapp Collins en France, entreprise spécialisée dan la relation client) sur les conséquences de l'émergence du concept Web 2.0 aussi bien pour les entreprises que pour les marques et leur stratégie de communication.


"Le Web 2 est-il la véritable révolution de l'Internet ?

C'est plus le signe d'une évolution naturelle que d'une révolution. Je dirais qu'Internet tient enfin les promesses qu'on attendait depuis plusieurs années. Aujourd'hui, ce n'est plus seulement de la technologie : Internet est devenu plus accessible, ce que prouve son audience vers un public de plus en plus large. En revanche, dire qu'avec le Web 2.0 tous les gens ont du talent me paraît faux. On vit aujourd'hui dans une sorte d'euphorie globale. Il n'y a plus aucun recul et nous sommes dans une logique de surenchère. Internet donne simplement la possibilité de se faire connaître et met ainsi tout le monde sur un pied d'égalité. Et le plus vu n'est pas le meilleur. Je remarque aussi que les gens les plus admiratifs du Web 2.0 sont les convertis les plus récents à Internet."

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